Bible Chouraqui 1985
Job 10
1Mon être abhorre ma vie, je m’abandonne à mon épanchement, et parle dans l’amertume de mon être.
2Je dis à Eloha : Ne m’incrimine pas ; fais-moi connaître en quoi tu me combats !
3Est-il bien pour toi d’opprimer ? Oui, de rejeter la peine de tes paumes et de te manifester au conseil des criminels ?
4As-tu des yeux de chair ? Vois-tu comme voit l’homme ?
5Tes jours sont-ils comme les jours des hommes ? Tes années comme les jours d’un brave ?
6Oui, tu cherches mon tort et demandes ma faute.
7Or, à ta connaissance, je ne suis pas un criminel ; et plus, il n’est pas, contre ta main, de sauveteur.
8Tes mains m’ont façonné ; elles m’ont fait en unité tout autour ; et tu m’engloutis !
9Souviens-toi donc de ce que tu m’as fait d’argile, et que tu me feras retourner à la glèbe.
10Tu m’as trait comme du lait et coagulé comme un fromage.
11Tu m’as vêtu de peau, de chair ; d’os et de nerfs, tu m’as couvert.
12Tu m’as fait vie et chérissement ; ta sanction garde mon souffle.
13Et cela, tu le recèles dans ton cœur ; je le sais, oui, cela est avec toi :
14quand je faute, tu me surveilles et, de mon tort, ne m’innocentes pas.
15Si je suis criminel, mes alalas sont à moi. Ou, justifié, je ne peux lever la tête, rassasié de turpitude, voyeur d’humiliation.
16Si elle se redresse, comme un léopard tu me pourchasses ; tu retournes et fais prodige contre moi.
17Tu renouvelles tes hostilités contre moi, et avec moi multiplies ton exaspération ; avec moi assauts et corvées.
18Pourquoi m’as-tu fait sortir de la matrice ? J’aurais agonisé ; pas un œil ne m’aurait vu.
19J’aurais été comme n’étant pas, transporté du ventre au sépulcre.
20Mes jours ne sont-ils pas un rien qui cesse ? Place-toi loin de moi : je me contiendrai un peu,
21avant que je m’en aille sans retour en la terre de ténèbre et d’ombremort,
22terre noire comme l’obscurité, d’ombremort sans ordre, qui apparaît comme l’obscurité.
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Bible Chouraqui 1985 — © 1977 Editions Desclée de Brouwer
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