Commentaires de saint AugustinJob 10
Augustin d’Hippone
Lire Job 10 dans la BibleJob 10:2
2. « Et je dirai au Seigneur : Ne m’enseignez pas à devenir impie. » Ne m’éprouvez pas au-delà de mes forces, et lie laissez point venir à moi ce qui m’entraînerait à l’impiété :
Job 10:3
3. « Vous semble-t-il bon que.j'aie commis l’iniquité ? » Vous n’approuvez pas, assurément, que je l’aie commise ; vous n’avez donc pas été injuste, en disposant ainsi de moi. « Puisque vous méprisez l’ouvrage de vos mains ; » si néanmoins vous méprisez après l’ouvrage de vos mains. « Considérez-vous les desseins des impies ? » Il n’est point question de l’impiété qui se montre aux hommes. Ces mots : « Considérez-vous les desseins des impies ? » ne signifient pas que Dieu se plaît à les voir commettre l’iniquité.
Job 10:4
4. « Regardez-vous comme l’homme regarde ? » Évidemment vous ne voyez point comme l’homme. C’est pourquoi vous avez considéré les projets des impies ; je veux parler de l’impiété connue de vous seul, et que les hommes ne peuvent voir.
Job 10:5
5. « Ou votre vie est-elle la vie de l’homme ? », c’est-à-dire de peu de durée, de manière à ne pouvoir juger de ce qui est éternel.
Job 10:6
6. « Vous avez sondé mes iniquités. » Car on ne peut vous cacher ce que l’on cache aux hommes.
Job 10:7
7. « Vous savez que je ne suis pas un impie. » Jamais devant les hommes je n’ai agi avec impiété. « Mais qui peut s’échapper de vos mains ? » lorsque vous jugez, car vous jugez en Dieu, vous voyez des impiétés que l’homme ne peut découvrir.
Job 10:8
8. « Mais ensuite changeant vos desseins, vous m’avez frappé. » C’est lui et non pas Dieu qui a changé : mais l’homme, en se pervertissant, croit que Dieu change à son tour, pareil aux yeux longtemps habitués aux ténèbres et pour qui le soleil semble ensuite être changé.
Job 10:9
9. « Souvenez-vous donc que vous m’avez pétri d’argile. » Ainsi j’ai besoin de votre miséricorde. « Et que vous me ferez retourner en terre », par la mort qui est la peine du péché.
Job 10:10
10. « N’avez-vous pas épaissi ma substance comme le lait ? » C’est que Dieu témoigne sa miséricorde aux mortels, dès le moment même où il les forme de la substance informe de leurs parents.
Job 10:13
13. « Vous contenez tous ces trésors en vous-même, et vous pouvez tout. » Telle est leur bonté, qu’ils produisent les principes vivants de la chair.
Job 10:14
14. « Si je commets le péché, vous me protégez encore », soit pour ne point me perdre, soit pour ne point me laisser ignorer mon péché.
Job 10:15
15. « Et si je suis juste, à peine osè-je respirer », devant les autres hommes : car vous découvrez des péchés qu’ils ne peuvent connaître. « Je suis couvert de confusion », en votre présente.
Job 10:16
16. « Je suis pris comme le lion que l’on conduit à la mort. » C’est le péché d’orgueil que les hommes ne voient point, et qui peut se glisser même dans les actions dignes de louanges. « Et « vous avez changé de nouveau pour me tourmenter cruellement. » Après.la peine du péché qui a soumis l’homme à la mort. Il parle ici des maux que les hommes ont à souffrir ici-bas : la plupart nous arrivent subitement, et troublent le repos que donnent à la vie présente la santé et la paisible possession des biens temporels, qu’on reçoit de la bonté divine.
Job 10:17
17. « Ranimant contre moi mon supplice. » Car c’est déjà une peine que d’être sujet à la mort, et cette peine produit les autres tribulations.
Job 10:18
18. « Pourquoi donc m’avez-vous tiré du sein de ma mère ? » D’une condition obscure à un rang illustre ; ce rang est à lui seul la source d’une misère plus grand, quand on en est précipité. Il a déjà plus haut rappelé cette naissance.
Job 10:19
19. « J’eusse été comme n’étant point », complètement ignoré. De là cette parole : « Il appelle ce qui n’est pas, comme ce qui est (Rom 4, 17) », au point de vue de la réputation.
Job 10:20
20. « Est-ce que ma vie n’est point de courte durée ? » Si je ne suis point mort, ce n’est pas que ma vie soit longue, car elle est assurément peu de chose. « Laissez-moi donc me reposer quelques instants ; » après la bonté que vous m’avez témoignée en me formant de l’argile, en me condamnant à mourir quand je me suis corrompu, en me consolant après cette condamnation même et en m’éprouvant ensuite par les afflictions. Souffrez donc que je me repose en vous.
Job 10:21
21. « Avant d’aller dans ces lieux de tourments d’où l’on ne peut revenir. » On peut échapper à ces.autrespeines dont il a été question, si l’on revient à Dieu. Il veut donc se reposer avant d’endurer les supplices éternels, c’est-à-dire, pour ne pas les endurer. Comme si l’on disait à quelqu’un corrige-toi avant d’être puni, évidemment, s’il se corrige, il ne sera point puni.
Job 10:22
Commentaires de saint Augustin — Augustin d’Hippone. Domaine public
Job 10:1
CHAPITRE X. – Plaintes et prière de Job.
1. « Je parlerai contre moi. » C’est un humble aveu.