Bible Chouraqui 1985
Job 29:7-25
7À ma sortie, à la porte de la cité, sur la place, je préparais mon siège.
8Les adolescents me voyaient et s’esquivaient ; les vétérans se levaient et restaient debout ;
9les chefs retenaient leurs mots, ils mettaient la paume sur leur bouche ;
10la voix des guides s’esquivait ; leur langue collait à leur palais.
11Oui, l’oreille entendait et me félicitait ;
12l’œil voyait et témoignait pour moi : oui, je délivrais l’humilié qui appelle, l’orphelin sans aide.
13La bénédiction de l’égaré venait à moi ; je faisais jubiler le cœur de la veuve.
14J’étais vêtu de justice et elle me revêtait ; mon jugement était comme un manteau et une tiare.
15J’étais les yeux de l’aveugle, les pieds du boiteux.
16Moi-même, père des pauvres, je scrutais la dispute de l’inconnu.
17Je brisais les molaires de la forfaiture ; j’arrachais la proie de ses dents.
18Je disais : « J’agoniserai en présence de mon nid » mais, comme de sable, les jours se multipliaient.
19Ma racine ouverte aux eaux, la rosée nuitait sur ma moisson ;
20ma gloire neuve pour moi, mon arc se déplaçait dans ma main.
21Ils m’entendaient, attendaient et faisaient silence ; après mon conseil,
22ils ne répliquaient rien à ma parole ; mon mot dégoulinait sur eux.
23Ils m’attendaient comme la pluie, et leur bouche béait à l’ondée.
24Je leur souriais : ils n’y croyaient pas ; la lumière de mes faces ne les abattait pas.
25Je choisissais leur route et siégeais à leur tête ; je vivais comme un roi parmi sa troupe, quand il réconforte des endeuillés.
Commentaires sur Job 29
Bible Chouraqui 1985 — © 1977 Editions Desclée de Brouwer
Commentaires