Daniel 4
CHU
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Bible Chouraqui 1985

Daniel 4

1Moi, Neboukhadrèsar, j’étais tranquille dans ma maison, épanoui dans mon palais.

2J’ai vu un rêve, il m’a fait trembler. Les pensées sur ma couche et les contemplations de ma tête m’ont bouleversé.

3Ordre a été donné par moi de faire venir devant moi tous les sages de Babèl, pour qu’ils me fassent connaître l’interprétation du rêve.

4Alors sont venus les mages, les magiciens, les astrologues, les sorciers. J’ai dit en face d’eux le rêve ; mais son interprétation, ils ne me l’ont pas fait connaître.

5En dernier, il est venu en face de moi, Daniél, dont le nom est Bélteshasar, comme le nom de mon Eloha, qui a en lui le souffle des Elohîms sacrés. J’ai dit en face de lui le rêve :

6« Bélteshasar, chef des mages, je sais que le souffle des Elohîms sacrés est en toi ! Nul mystère n’est trop lourd pour toi. Dis l’interprétation des visions de mon rêve que j’ai vues.

7Les visions de ma tête, sur ma couche, je les ai vues : voici un arbre au milieu de la terre, et sa hauteur est immense.

8l’arbre a grandi, s’est fortifié, et sa hauteur est arrivée aux ciels, visible jusqu’aux confins de toute la terre.

9Sa frondaison était belle, son fruit abondant, avec en lui de la nourriture pour tous. Il donnait de l’ombre aux animaux des champs, dans ses branches nichaient les oiseaux des ciels, toute chair se nourrissait de lui.

10Je contemplais les visions de ma tête, sur ma couche, et voici, un Éveillé, un Consacré, est descendu des ciels.

11Il criait avec force et disait ainsi : ‹ Abattez l’arbre, coupez ses branches, arrachez ses feuilles, jetez ses fruits. Que les animaux s’enfuient sous lui, les oiseaux de ses branches.

12Mais la souche de ses racines, laissez-la en terre, dans les liens de fer et de bronze, fixés dans l’herbe de la terre. Il s’abreuvera de la rosée des ciels, et sa part sera, avec les animaux, de l’herbe de la terre.

13Son cœur d’homme sera changé, et un cœur d’animal lui sera donné. Sept époques passeront sur lui.

14Cette parole est un décret des Éveillés, cette décision, un ordre des Consacrés, pour que les vivants le connaissent : oui, le Suprême gouverne le royaume des hommes ; il le donne à qui lui plaît, il y élève le plus humble des hommes. ›

15Moi, le roi Neboukhadrèsar, j’ai vu ce rêve. Toi Bélteshasar, dis son interprétation, car tous les sages de mon royaume n’ont pu m’en faire connaître l’interprétation. Toi, tu le peux : oui, le souffle des Elohîms sacrés est en toi » !

16Alors Daniél dont le nom est Bélteshasar, une heure durant est troublé, bouleversé par ses pensées. Puis le roi répond et dit : « Bélteshasar, que le rêve et son interprétation ne te bouleversent pas. » Bélteshasar répond et dit : « Mon maître ! Que le songe soit pour tes haineux, et son interprétation pour tes ennemis !

17l’arbre que tu as vu, grand et puissant, dont la hauteur atteignait les ciels, et qui était visible de toute la terre,

18dont la frondaison était belle, le fruit abondant, avec en lui la nourriture pour tous, sous qui habitaient les animaux des champs, et dans les branches duquel nichaient les oiseaux des ciels,

19c’est toi, roi ! Tu as grandi et tu es devenu puissant ; ta grandeur a grandi, elle atteint les ciels, et ton gouvernement, les confins de la terre.

20Et ce que le roi a vu, un Éveillé, un Consacré, descendre des ciels et dire : ‹ Abattez l’arbre, détruisez-le ! Mais la souche de ses racines, laissez-la en terre, dans les liens de fer et de bronze fixés à l’herbe des champs. Il sera arrosé par la rosée des ciels ; il aura sa part d’herbe de la terre avec les animaux des champs, jusqu’à ce que sept époques passent sur lui ›.

21voici l’interprétation, roi ! et c’est un décret du Suprême qui atteint mon maître le roi.

22Toi, ils te chasseront loin des hommes. Ton habitat sera avec les animaux des champs. D’herbe, comme les taureaux, toi, ils te nourriront, et par la rosée des ciels ils t’abreuveront. Sept époques passeront sur toi, jusqu’à ce que tu le connaisses : oui, le Suprême gouverne le royaume des hommes ; à celui qu’il agrée, il le donne !

23Pour ce qu’ils ont dit de laisser la souche des racines de l’arbre, ta royauté subsistera pour toi, jusqu’à ce que tu le connaisses : oui, les ciels gouvernent !

24Aussi, roi, que mon conseil excelle en face de toi : rachète tes fautes dans la justification, tes torts en faisant grâce aux pauvres. Ce sera peut-être prolonger ta tranquillité. »

25Et tout arrive au roi Neboukhadrèsar.

26Au bout de douze lunaisons, le roi Neboukhadrèsar marche sur la terrasse du palais royal de Babèl.

27Le roi s’écrie et dit : « N’est-ce pas là Babèl, la grande, que j’ai construite en maison royale par l’énergie de ma force et la splendeur de ma majesté ?

28Le mot est encore sur la bouche du roi, qu’une voix tombe des ciels : « À toi ! C’est dit, roi, Neboukhadrèsar, la royauté s’est écartée de toi !

29Loin des hommes, toi, ils te chasseront ; ton habitat sera avec les animaux des champs ; d’herbe, comme les taureaux, toi, ils te nourriront. Sept époques passeront sur toi, jusqu’à ce que tu le connaisses : oui, le Suprême gouverne le royaume des hommes ; à celui qu’il agrée, il le donne. »

30Sur l’heure, le propos se réalise pour Neboukhadrèsar. Loin des hommes il est chassé, et de l’herbe, comme les taureaux, il mange ; par la rosée des ciels son corps est abreuvé, jusqu’à ce que sa chevelure grandisse comme des plumes de vautour, et ses ongles comme des griffes d’oiseaux de proie.

31« À la fin des jours, moi, Neboukhadrèsar, j’ai levé mes yeux aux ciels. Ma connaissance m’est revenue. J’ai béni le Suprême, célébré et magnifié le vivant de la pérennité, dont le gouvernement est un gouvernement en pérennité, et le règne d’âge en âge.

32Tous les habitants de la terre sont comptés pour rien. Il agit selon son vouloir avec la milice des ciels et les habitants de la terre. Nul ne peut protester contre sa main ni lui dire : ‹ Que fais-tu ? ›

33À cette heure, ma connaissance m’est revenue, mon éclat, pour la majesté de mon règne, et ma splendeur me sont revenus, mes conseillers, mes grands m’ont réclamé. Je suis restauré dans ma royauté et un surcroît de grandeur m’est ajouté.

34Maintenant, moi, Neboukhadrèsar, je célèbre, exalte et magnifie le roi des ciels. Tous ses actes sont vérité ; ses routes, justice. Ceux qui vont dans l’orgueil, il peut les rabaisser. »

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Bible Chouraqui 1985 — © 1977 Editions Desclée de Brouwer