Bible Chouraqui 1985
2 Samuel 13
1Et c’est après quoi, Abshalôm, le fils de David, a une sœur. Elle est belle. Son nom : Tamar. Amnôn, le fils de David, l’aime.
2Amnôn est en détresse, à se rendre malade, à cause de Tamar, sa sœur. Oui, elle était vierge, et il semblait singulier aux yeux d’Amnôn de lui faire quoi que ce soit.
3Amnôn avait un compagnon. Son nom : Yehonadab bèn Shim’a, frère de David. Yehonadab était un homme très sage.
4Il lui dit : « Pourquoi es-tu ainsi chétif, fils de roi, de matin en matin ? Me le rapporteras-tu ? Amnôn lui dit : »J’aime Tamar, la sœur d’Abshalôm, mon frère. »
5Yehonadab lui dit : « Couche-toi dans ton lit et fais le malade. Ton père viendra te voir. Dis-lui : ‹ Que Tamar, ma sœur, vienne donc et qu’elle me ravitaille de pain. Qu’elle fasse sous mes yeux un mets, afin que je voie et mange de sa main’. »
6Amnôn se couche. Il fait le malade. Le roi vient le voir. Amnôn dit au roi : « Que Tamar, ma sœur, vienne donc, qu’elle pétrisse sous mes yeux deux cœurs. Je me restaurerai de sa main. »
7David envoie dire à Tamar, dans la maison : « Va donc dans la maison d’Amnôn, ton frère. Fais-lui un mets. »
8Tamar va dans la maison d’Amnôn, son frère, il était couché. Elle prend la pâte, la pétrit, fait sous ses yeux et cuit les cœurs.
9Elle prend l’écumoire et les coule en face de lui ; mais il refuse de manger. Amnôn dit : « Faites sortir tout homme loin de moi ! » Ils font sortir tout homme loin de lui.
10Amnôn dit à Tamar : « Apporte-moi le mets dans la chambre. Je me restaurerai de ta main. » Tamar prend les cœurs qu’elle avait faits. Elle les fait venir à Amnôn, son frère, dans la chambre.
11Elle les lui avance pour manger. Il l’étreint et lui dit : « Viens ! Couche avec moi, ma sœur. »
12Elle lui dit : « Non, mon frère, ne me violente pas ! Cela ne se fait pas ainsi en Israël ! Ne fais pas cette charogne !
13Moi, où irai-je porter mon insulte ? Et toi, tu seras comme l’une des charognes d’Israël. Maintenant, parle donc au roi ; non, il ne m’interdira pas à toi. »
14Mais il ne consent pas à entendre sa voix. Il l’étreint, la violente et couche avec elle.
15Amnôn la hait, d’une très grande haine. Oui, la haine dont il la hait est plus grande que l’amour dont il l’aimait. Amnôn lui dit : « Lève-toi ! Va-t’en ! »
16Elle lui dit : « Non, pas ce malheur plus grand que ce que tu m’as fait d’autre. Me renvoyer ! » Mais il ne consent pas à l’entendre.
17Il crie à son adolescent, son officier, et dit : « Renvoie donc celle-la loin de moi, dehors ! Et verrouille la porte derrière elle ! »
18Oui, elle avait sur elle une aube à rayures : les filles du roi, les vierges revêtent de tels manteaux. Son officier la fait sortir dehors et verrouille la porte derrière elle.
19Tamar répand de la cendre sur sa tête. Elle déchire l’aube à rayures qu’elle portait. Elle met sa main sur sa tête, et va, va, et crie.
20Abshalôm, son frère, lui dit : « Amnôn, ton frère, était-il avec toi ? Maintenant, ma sœur, c’est ton frère, tais-toi. Ne place pas ton cœur en cette parole. » Et Tamar habite, désolée, dans la maison d’Abshalôm son frère.
21Le roi David entend toutes ces paroles. Cela le brûle fort.
22Abshalôm ne parle pas avec Amnôn, en mal ni en bien, oui, Abshalôm haïssait Amnôn pour le propos, il avait violenté Tamar, sa sœur !
23Et c’est des jours, deux ans après. Les tondeurs étaient chez Abshalôm, à Ba’al Hasor, près d’Èphraîm. Abshalôm invite tous les fils du roi.
24Abshalôm vient vers le roi et dit : « Voici donc, les tondeurs sont chez ton serviteur. Que le roi aille donc avec ses serviteurs chez ton serviteur. »
25Le roi dit à Abshalôm : « Non, mon fils ! Non, nous n’irons donc pas tous, nous ne pèserons pas sur toi. » Il le presse, mais il ne consent pas à aller et le bénit.
26Abshalôm dit : « Sinon, qu’Amnôn, mon frère, vienne donc avec nous. » Le roi lui dit : « Pourquoi irait-il avec toi ?
27Abshalôm le presse. Il lui envoie Amnôn et tous les fils du roi.
28Abshalôm ordonne et dit à ses adolescents : « Voyez donc, quand Amnôn aura le cœur bien dans le vin je vous dirai : ‹ Frappez Amnôn !’ et vous le mettrez à mort. Ne frémissez pas, n’est-ce pas moi-même qui vous l’ordonne ? Soyez forts, soyez des fils de valeur ! »
29Les adolescents d’Abshalôm font à Amnôn comme Abshalôm l’avait ordonné. Tous les fils du roi se lèvent et chevauchent chaque homme son mulet et s’enfuient.
30Et c’est tandis qu’ils sont en route, la rumeur parvient à David pour dire : « Abshalôm a frappé tous les fils du roi ; il n’en reste pas un. »
31Le roi se lève, déchire ses habits et se couche à terre. Tous ses serviteurs se postent, les habits déchirés.
32Yehonadab bèn Shim’a, le frère de David, répond et dit : « Que mon Adôn ne dise pas : ‹ Ils ont mit à mort tous les adolescents, les fils du roi !’ Oui, seul Amnôn est mort. Oui, c’était dans la bouche d’Abshalôm, du jour où il avait violenté Tamar, sa sœur.
33Maintenant, mon Adôn le roi ne mettra pas la parole dans son cœur pour dire : ‹ Tous les fils du roi sont morts’; oui, Amnôn seul est mort. »
34Abshalôm fuit. Un adolescent, le guetteur, porte ses yeux, voit. Et voici un peuple nombreux. Ils vont hors de la route, derrière lui, du côté de la montagne.
35Yehonadab dit au roi : « Voici, les fils du roi viennent. C’est selon la parole de ton serviteur. »
36Et c’est quand il achève de parler, voici, les fils du roi viennent. Ils portent leurs voix et pleurent. Le roi aussi et tous ses serviteurs pleurent, un très grand pleur.
37Abshalôm fuit. Il va vers Talmaï bèn ’Amioud, roi de Gueshour. Il s’endeuille sur son fils tous les jours.
38Abshalôm fuit. Il va à Gueshour. Il est là trois ans.
39Le roi David se consume pour sortir vers Abshalôm. Oui, il était réconforté d’Amnôn, car il était mort !
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Bible Chouraqui 1985 — © 1977 Editions Desclée de Brouwer
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