Seventh-day Adventist Bible CommentaryMatthieu 1

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

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Portique royal

L’Évangile selon SAINT MATTHIEU INTRODUCTION 1. Titre. Les plus anciens manuscrits grecs du NT qui subsistent donnent au livre le titre « Selon Matthieu ». Le titre apparaissant dans la KJV, « L’Évangile selon saint Matthieu », se trouve dans la majorité des manuscrits plus tardifs, mais sans le mot « saint ». Le titre du Textus Receptus (voir p. 142), « Le Saint Évangile selon Matthieu », ne se trouve que dans des manuscrits tardifs. Dans les Écritures, le terme « évangile » (gr. euaggelion) signifie « bonnes nouvelles », c’est-à-dire les bonnes nouvelles du salut telles qu’elles sont présentées dans la vie et les enseignements de Jésus. Il ne désigne pas le récit écrit lui-même. Cependant, après la période du NT, le terme fut également appliqué aux écrits eux-mêmes, individuellement ou collectivement. 2. Auteur. Les écrivains chrétiens anciens attribuent unanimement et systématiquement le premier des quatre Évangiles à Matthieu le disciple. Les indices internes montrent que le livre a manifestement été écrit par un Juif converti au christianisme. Tel était Matthieu (Matthieu 9:9 ; cf. Marc 2:14). Comme il avait été publicain avant son appel à devenir disciple, il était vraisemblablement habitué à tenir des registres écrits, une aptitude sans aucun doute très précieuse pour quelqu’un qui rédigeait un récit historique. La discrète référence à lui-même lors du festin (Matthieu 9:10 ; cf. Luc 5:29) est comparable à la manière dont Jean (Jean 21:24) et peut-être Marc (Marc 14:51, 52) se désignent eux-mêmes, et peut donc constituer un témoignage indirect de sa qualité d’auteur.

Vers 140 apr. J.-C., Papias de Hiérapolis, cité par Eusèbe (Histoire ecclésiastique iii. 39, dans Nicene and Post-Nicene Fathers, 2d series, vol. 1, p. 173), déclara que « Matthieu écrivit les oracles [paroles] dans la langue hébraïque, et chacun les interpréta selon ses capacités. » Selon Irénée, un demi-siècle plus tard, cité par Eusèbe (Histoire ecclésiastique v. 8, dans Nicene and Post-Nicene Fathers, 2d series, vol. 1, p. 222), « Matthieu publia son Évangile parmi les Hébreux dans leur propre langue, tandis que Pierre et Paul prêchaient et fondaient l’Église à Rome. » Sur la base de ces déclarations et de déclarations semblables d’auteurs postérieurs, certains ont conclu que l’Évangile de Matthieu avait été écrit à l’origine en araméen (l’« hébreu » de Papias et d’Irénée), puis traduit en grec. Cette théorie, cependant, n’a pas été généralement acceptée. Les preuves présentées jusqu’à présent sont loin d’être concluantes. Étant donné que l’on sait que de nombreux « ouvrages » ont circulé parmi les Juifs uniquement sous forme orale, on pense que la référence de Papias à la rédaction par Matthieu des « oracles » de Jésus désigne une composition orale plutôt qu’écrite, et que l’« Évangile » d’Irénée pourrait également avoir été un récit oral. Rien ne prouve que Papias et Irénée fassent référence à ce que nous appelons aujourd’hui l’Évangile de Matthieu. Les raisons de conclure que l’Évangile de Matthieu, tel que nous le possédons aujourd’hui, a été écrit à l’origine en grec sont les suivantes : 1. Le texte grec de Matthieu ne présente pas les caractéristiques d’un ouvrage traduit. Des aramaïsmes supposés apparaissent également dans les autres Évangiles et peuvent simplement indiquer que l’auteur pensait en araméen tout en écrivant en grec. Le livre de l’Apocalypse regorge d’expressions idiomatiques araméennes. 2. L’uniformité de la langue et du style donne nettement l’impression que le livre a été écrit à l’origine en grec. 3. Les grandes similitudes linguistiques avec le grec de Marc, en particulier, et, dans une moindre mesure, avec celui de Luc, semblent exclure la possibilité que le grec soit une traduction. Concernant l’origine des quatre Évangiles, voir p. 175-181. 3. Cadre historique. Durant toute la vie du Christ, le pays de Palestine se trouvait sous la juridiction de Rome, dont les légions, commandées par Pompée, soumirent la région et l’annexèrent à la province romaine de Syrie en 64–63 av. J.-C. Ayant joui d’une indépendance politique pendant environ 80 ans avant l’arrivée des Romains, les Juifs éprouvaient un profond ressentiment envers la présence et l’autorité de représentants civils et militaires étrangers. La nomination par le Sénat romain d’Hérode le Grand (37–4 av. J.-C.) comme roi d’une grande partie de la Palestine rendit le sort des Juifs encore plus amer. Voir p. 39-42. Il est compréhensible que le désir d’indépendance soit devenu une obsession nationale et ait influencé pratiquement tous les aspects de la vie nationale. Plus que toute autre chose, ce désir teinta la pensée religieuse de l’époque et l’interprétation des passages messianiques de l’AT. L’assujettissement des Juifs par Rome était la conséquence directe de leur désobéissance aux exigences divines (voir vol. IV, p. 30-33). Par l’intermédiaire de Moïse et des prophètes, Dieu avait averti son peuple des souffrances qui suivraient la désobéissance. Tout naturellement, les Juifs attendaient la délivrance du double joug que César et Hérode leur imposaient. À maintes reprises, des prétendants au titre de messie se levèrent pour défendre les droits de leur peuple et redresser ses torts — par l’épée. Les Juifs croyaient fermement que les prophéties messianiques de l’AT promettaient un messie politique qui délivrerait Israël de l’oppression étrangère et soumettrait toutes les nations. Ces aspirations politiques déformèrent ainsi l’espérance messianique et, puisque Jésus de Nazareth ne répondait pas à ces fausses

attentes, l’orgueil national empêcha efficacement de le reconnaître et de l’accepter comme Celui à qui les prophètes avaient rendu témoignage. Pour une discussion plus complète du contexte historique des Évangiles, voir p. 41-67. 4. Thème. Le thème de chacun des quatre Évangiles est l’incarnation, la vie exemplaire, le ministère public, la mort expiatoire, la résurrection et l’ascension de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Ce n’est pas par hasard que les quatre Évangiles sont devenus partie intégrante du canon sacré du NT. Chacun apporte sa contribution particulière au récit de l’Évangile. La mission du Fils de Dieu sur cette terre comportait tant d’éléments qu’il aurait été difficile, sinon impossible, même pour quelqu’un qui avait été intimement associé à Jésus, de saisir la portée de chaque détail de cette vie merveilleuse. Afin qu’une image aussi complète que nécessaire de la vie et du ministère de Jésus puisse être conservée pour les générations futures, l’Inspiration guida et habilita quatre hommes à préserver un récit de l’Évangile, peut-être chacun selon le point de vue qui lui parlait personnellement. Chacun des quatre évangélistes fut guidé par un objectif distinct lorsqu’il écrivit. Chacun omis certains incidents mentionnés par les autres et ajouta des détails qui lui étaient propres. Voir p. 191, 192. Le monde romain à la naissance de Jésus.

Nichol, F. D. (1978). Commentaire biblique adventiste du septième jour : La Sainte Bible avec commentaire exégétique et explicatif. Série de références du commentaire (Mt 1:1). Washington, D.C. : Review and Herald Publishing Association.

C’est comme si quatre peintres s’étaient assis pour réaliser un portrait de Jésus, chacun depuis un point de vue différent. Pour chacun, le sujet est le même, mais l’aspect est différent. Pris ensemble, les quatre portraits donnent une conception plus complète et plus parfaite de Jésus que n’importe quelle image unique. Le portrait d’ensemble présenté par les quatre évangélistes nous permet de voir la vie du Christ dans sa véritable perspective. Tout ce que nous avons besoin de savoir au sujet du Sauveur a été révélé (voir CW 158). Guidé par l’Inspiration, chaque évangéliste a choisi des épisodes et les a agencés selon le schéma qui semblait le plus approprié à l’objectif correspondant à son point de vue. Ainsi, il a souvent omis des épisodes racontés par les autres, de sorte qu’il est parfois difficile de mettre en corrélation les différentes parties du récit évangélique et d’attribuer à chacune sa place correcte dans la succession des événements. « Il n’y a pas toujours un ordre parfait ni une unité apparente dans les Écritures. Les miracles du Christ ne sont pas donnés dans un ordre exact » (EGW MS 24, 1886). Pour un agencement suggestif des événements de la vie du Christ, voir p. 196–201. Chacun des quatre évangélistes présente Jésus à ses lecteurs d’une manière caractéristique, en accord avec les objectifs de son récit évangélique. Matthieu et Luc le présentent tous deux en mettant l’accent sur son rôle de Fils de l’homme ; Marc et Jean mettent l’accent sur sa véritable divinité et le désignent comme le Fils de Dieu. Matthieu présente Jésus comme le Fils d’Abraham, un Juif, celui qui est venu en accomplissement des promesses faites aux pères. Luc le présente comme le Fils d’Adam (Luc 3:38), et donc le Sauveur de toute l’humanité. Tenant sa divinité pour acquise, Marc se contente d’affirmer qu’il est le Fils de Dieu (Marc 1:1). Jean affirme que la véritable humanité de Jésus (Jean 1:14) ne diminue en rien le fait qu’il est divin au sens absolu du terme (Jean 1:1–3).

Une caractéristique distinctive de l’Évangile de Matthieu est l’exhaustivité avec laquelle l’auteur rapporte les sermons et autres discours du Sauveur. Il présente le Christ comme le grand Maître. Son Évangile contient six grands discours, rapportés assez longuement, que les autres Évangiles ne relatent que brièvement ou pas du tout. Les voici : (1) le Sermon sur la montagne, chap. 5–7, (2) le discours sur le discipulat, chap. 10, (3) le Sermon au bord de la mer, composé entièrement de paraboles, chap. 13, (4) le discours sur l’humilité et les relations humaines, chap. 18, (5) le discours sur l’hypocrisie, chap. 23, (6) le discours sur le retour du Christ, chap. 24, 25. Une deuxième caractéristique importante concerne les aspects de l’Évangile qui révèlent clairement le type de public lecteur que Matthieu avait principalement à l’esprit en écrivant. Ce public semble avoir été constitué en grande partie de chrétiens juifs et de Juifs incroyants. Son but était apparemment de convertir ces derniers à la foi en Jésus comme Messie de la prophétie, et de confirmer la foi des premiers. Plus que tous les autres auteurs des Évangiles réunis, Matthieu présente Jésus comme celui vers qui les types de l’AT pointaient et celui en qui ils ont été accomplis. Il présente Jésus comme venant, non pour abolir « la loi », mais pour l’accomplir (chap. 5:17). Il présente Jésus comme le Fils d’Abraham et le Fils de David, le père de la nation et son roi le plus illustre. C’est leur fausse conception de la personne du Messie et de la nature de son royaume qui a conduit les Juifs à le rejeter. Le Messie de leurs rêves était un grand roi qui conduirait la nation à l’indépendance et à la suprématie mondiale. Mais du Messie comme Roi de justice, celui qui les conduirait à vaincre le péché dans leur propre vie et à réaliser la véritable liberté spirituelle, ils n’avaient aucune compréhension. Les Juifs étaient incapables de concilier les passages de l’AT qui annoncent un Messie souffrant avec ceux qui prédisaient son règne glorieux ; ils en vinrent ainsi à ignorer les premiers et à mal appliquer les seconds (voir DA 30, 212, 257, 777). Pour les Juifs, ces passages apparemment contradictoires constituaient apparemment un paradoxe insoluble. Ils recherchaient exclusivement ce qu’ils considéraient comme le royaume de sa gloire — et ne faisaient aucune place dans leurs plans au royaume de sa grâce, préalable indispensable au royaume de gloire (voir les notes sur les chap. 4:17 ; 5:2, 3). Matthieu semblait avoir à cœur de résoudre le dilemme selon lequel le Messie conquérant était aussi un Messie souffrant. Il résout ce problème en montrant que Jésus était bien le Roi d’Israël et la « Semence » promise à David, tout en étant aussi un Messie souffrant. Voir la note sur Matt. 2:1. Un autre fait important à retenir dans l’étude du livre de Matthieu est que cet Évangile présente la vie du Christ essentiellement dans un ordre logique et thématique, plutôt que chronologique. Certes, l’agencement des grandes phases de la vie et du ministère de Jésus suit une séquence chronologique générale. Mais la succession des événements au cours d’une période donnée ne suit pas nécessairement l’ordre chronologique véritable. En fait, Matthieu s’écarte davantage de l’ordre chronologique strict qu’aucun des autres évangélistes, son objectif principal étant d’élaborer une conception de la vie et de la mission de Jésus qui contribue au but premier de son écrit. Il n’est pas le chroniqueur qui relate les événements au fur et à mesure qu’ils se produisent, mais l’historien qui réfléchit à la portée de ces événements sur le fond plus large de leur cadre dans l’histoire de la nation élue. Voir p. 191, 192. 5. Plan. Le bref plan suivant reflète le but de Matthieu dans son agencement du récit évangélique. Pour un plan chronologique plus détaillé, voir p. 196-201. I. Naissance, petite enfance et enfance, 1:1 à 2:23.

A. Avant la naissance de Jésus, 1:1–25. B. L’enfance de Jésus, 2:1–23. II. Préparation au ministère, automne 27 apr. J.-C., 3:1 à 4:11. A. Ministère de Jean-Baptiste, 3:1–12. B. Le baptême, 3:13–17. C. La tentation, 4:1–11. III. Ministère en Galilée, de Pâque à Pâque, 29–30 apr. J.-C., 4:12 à 15:20. A. Début du ministère en Galilée, 4:12–25. B. Le Sermon sur la montagne, 5:1 à 8:1. C. Le pouvoir de Jésus sur la maladie, la nature et les démons, 8:2 à 9:34. D. Instructions sur les méthodes d’évangélisation, 9:35 à 11:1. E. La délégation de Jean-Baptiste, 11:2–30. F. Conflit avec les pharisiens, 12:1–50. G. Le sermon au bord de la mer : paraboles du royaume, 13:1–52. H. La fin du ministère public en Galilée, 13:53 à 15:20. IV. Retrait du ministère public, du printemps à l’automne 30 apr. J.-C., 15:21 à 18:35. A. Ministère dans les régions limitrophes de la Galilée, 15:21–39. B. Nouveau conflit avec les pharisiens, 16:1–12. C. En regardant vers la croix, 16:13 à 17:27. D. Le problème de l’humilité dans les relations humaines, 18:1–35. V. Ministère en Pérée, de l’automne au printemps, 19:1 à 20:34. A. Enseignement et guérisons en Pérée, 19:1 à 20:16. B. Le dernier voyage à Jérusalem, 20:17–34. VI. Dernière partie du ministère à Jérusalem, Pâque 31 apr. J.-C., 21:1 à 27:66. A. Conflit avec les scribes et les pharisiens, 21:1 à 23:39. B. Instructions concernant la seconde venue du Christ, 24:1 à 25:46. C. L’arrestation et le procès, 26:1 à 27:31. D. La crucifixion et l’ensevelissement, 27:32–66. VII. La résurrection ; les apparitions après la résurrection, 28:1–20.

Matthieu 1:1

1. Le livre de la génération. [L'ascendance humaine de Jésus, Matt. 1:1-17=Luc3:23b-38. Commentaire majeur : Matthieu et Luc] C'est le titre donné par Matthieu au récit de la famille de Jésus qui apparaît dans les versets 1-17, et il a été rendu de diverses manières : " généalogie ", " livre de la généalogie ", " livre de la nativité ", " ascendance " ou " liste de naissance "."Les premiers mots du chapitre 2:1 favorisent l'idée que Matthieu a peut-être aussi voulu que ce titre couvre son récit des circonstances qui ont précédé la naissance de Jésus(chapitre 1:18-25).

En composant un récit de la vie de Jésus destiné principalement à des lecteurs de naissance juive (voir p. 273), Matthieu commence dans un style typiquement juif en donnant le pedigree de la famille de Jésus. Parce que la venue du Messie relève de la prophétie, il montre que Jésus de Nazareth est bien celui dont Moïse et les prophètes ont rendu témoignage. Dans la mesure où le Messie devait être la descendance d'Abraham(Gen. 22:18; Gal. 3:16), le père de la nation juive, et de David, le fondateur de la lignée royale(Es. 9:6, 7; 11:1; Actes 2:29, 30), Matthieu présente des preuves que Jésus peut être considéré comme un descendant de ces deux hommes illustres. Sans cette preuve, sa prétention à la Messianité serait considérée comme invalide, et des preuves supplémentaires pourraient être rejetées sans autre examen de sa prétention(cf. Esdras 2:62; Néh. 7:64).

À l'époque où Matthieu a écrit, il était probablement possible de vérifier sa généalogie de Jésus en la comparant aux archives publiques accessibles. Une grande partie de la généalogie(vs. 2-12) pouvait être vérifiée par rapport aux listes de l'AT(1 Chron. 1:34; 2:1-15; 3:5, 10-19). Le fait que, pour autant que nous le sachions, aucun contemporain de Matthieu, même les ennemis déclarés de la foi chrétienne, n'ait jamais contesté la validité de ce pedigree familial est un excellent témoignage en faveur de l'authenticité de la liste généalogique.

Jésus. Gr. IÃâsous, équivalent du héb. Yehoshua',"Josué" (voir Actes 7:45 et Héb. 4:8, où Luc et Paul se réfèrent à Josué comme "Jésus"). Le nom a généralement été pris pour signifier "Jéhovah est le salut" (voir Matt. 1:21). Certains chercheurs suggèrent la traduction "Jéhovah est générosité". Le nom original de Josué (voir Vol. II, p. 169), Oshea, a été changé en Jehoshua (voir sur Nombres 13:16). Josué est une abréviation de Jehoshua. Lorsque l'araméen remplaça l'hébreu comme langue commune des Juifs, après la captivité babylonienne, le nom devint Yeshua', la forme translittérée en grec étant IÃâsous. Yeshua' était un nom commun donné aux garçons juifs à l'époque du NT (voir Actes 13:6; Col. 4:11), en harmonie avec la coutume hébraïque de choisir des noms ayant des connotations religieuses (voir aussi Matt. 1:21).

Aujourd'hui, les noms ne sont guère plus que des étiquettes d'identification. Mais à l'époque de la Bible, un nom était choisi avec le plus grand soin parce qu'il signifiait la foi et l'espérance des parents (voir PK 481), les circonstances de la naissance de l'enfant, ses caractéristiques personnelles, ou était lié à sa mission de vie - en particulier lorsque le nom était divinement désigné.

Le nom de Jésus est chargé de souvenirs historiques et prophétiques. De même que Josué a conduit Israël à la victoire dans la terre promise terrestre, de même Jésus, le capitaine de notre salut, est venu nous ouvrir les portes de la Canaan céleste. Mais Jésus n'est pas seulement le capitaine de notre salut(Héb. 2:10), il est aussi "l'apôtre et le grand prêtre de notre profession"(Héb. 3:1). Le grand prêtre, au retour de la captivité babylonienne (voir sur Esdras 2:2), portait le nom de Josué(Zach. 3:8; 6:11-15). De même qu'Osée (le nom est identique en hébreu à l'Oshea de Num. 13:16) aima une femme non méritante, chercha en vain, pendant un certain temps, à gagner son affection, et finalement la racheta au marché aux esclaves(Osée 1:2; 3:1, 2), de même Jésus vint libérer la race humaine de l'esclavage du péché(Luc 4:18; Jean 8:36).

Christ. Gr. Christos, traduction de l'héb. Mashiach (voir sur Ps. 2:2avant la résurrection, et généralement dans les quatre évangiles, Jésus est généralement désigné comme le Christ, ce qui fait de ce terme un titre plutôt qu'un nom personnel. Après la résurrection, l'article défini a généralement disparu de l'usage courant et "Christ" est devenu un nom ainsi qu'un titre.

Dans l'Ancien Testament, le grand prêtre(Ex. 30:30), le roi(2 Sam. 5:3; cf. 1 Sam. 24:6), et parfois les prophètes(1 Rois 19:16) étaient "oints" lors de leur consécration au service sacré, et étaient donc mashiach, "oints"(Lev. 4:3; 1 Sam. 24:6; 1 Chron. 16:21, 22). Dans la prophétie messianique, le terme s'est appliqué spécifiquement au Messie, qui, en tant que prophète(Deut. 18:15), prêtre(Zach. 6:11-14) et roi(Es. 9:6, 7), était celui qui avait été ordonné pour être notre rédempteur(Es. 61:1; Dan. 9:25, 26). En tant que Prophète, il est venu représenter le Père devant les hommes, en tant que Prêtre, il est monté pour représenter les hommes devant le Père, et en tant que Roi, il libère ceux qui croient en lui, non seulement du pouvoir du péché dans cette vie, mais aussi du royaume du péchéâ et règne sur eux dans le royaume de la gloire.

Christos vient de chriÅÂ, un verbe qui signifie "frotter", "masser", "oindre". Dans le NT, Christ est dit "oint" (Luc 4:18; Actes 4:27; 10:38; Héb. 1:9).

Utilisés ensemble, comme en Matthieu 1:18; 16:20; Marc 1:1; etc., les deux noms "Jésus" et "Christ" constituent une confession de foi dans l'union des natures divine et humaine en une seule Personne, la croyance que Jésus de Nazareth, Fils de Marie, Fils de l'homme, est bien le Christ, le Messie, le Fils de Dieu (voir Actes 2:38; etc.). Voir la note complémentaire sur Jean 1; voir sur Matt. 1:23; Jean 1:1-3, 14; Phil. 2:6-8; Col. 2:9.

Fils de David. Il s'agit de la désignation populaire par laquelle les dirigeants(Matthieu 22:42; Marc 12:35; Luc 20:41) et les gens du peuple(Matthieu 9:27; 12:23; 15:22; 20:30, 31; 21:9; Marc 10:47, 48; Luc 18:38, 39; cf. Jean 7:42) se réfèrent au Messie attendu. Son utilisation comme titre messianique indique une compréhension des prophéties prédisant la descendance davidique du Messie. Pour un peuple fatigué du joug romain, il impliquait également la restauration de son royaume dans l'indépendance et la prospérité du règne illustre de David. David lui-même avait compris que la promesse d'un fils pour s'asseoir sur son trône(2 Sam. 7:12, 13; Ps. 132:11) serait accomplie par celui qui devait racheter Israël(Actes 2:29, 30; voir sur Deut. 18:15). Les prophètes d'autrefois ont parlé à maintes reprises du Messie(Ésaïe 9:6, 7; 11:1; Jérémie 23:5, 6; etc.). Les auteurs du NT appliquent à plusieurs reprises le titre de "semence de David" au Christ(Rom. 1:3; 2 Tim. 2:8; etc.). En tant que Fils de David, Jésus est devenu l'héritier du trône de David et des promesses messianiques faites à David.

Fils d'Abraham -Parmi les héros de la foi, Abraham a eu la distinction d'être appelé "l'ami" de Dieu(Jacques 2:23; cf. 2 Chron. 20:7; Esaïe 41:8). En raison de sa fidélité (voir Gal. 3:7, 9), Abraham a été choisi pour devenir le père du peuple élu de Dieu. La promesse que toutes les nations de la terre seraient bénies en sa descendance était, selon Paul, une prédiction messianique précise(Gn 22,18; cf. Ga 3,16). En harmonie avec son effort pour convaincre les Juifs de la messianité de Jésus, Matthieu fait remonter la généalogie du Christ jusqu'à Abraham, alors que Luc, écrivant pour les chrétiens païens, considérait qu'il était essentiel de faire remonter l'ascendance du Christ jusqu'au père de notre race. Montrer que Jésus descendait d'Abraham, et qu'il pouvait donc être considéré comme l'héritier des promesses qui lui avaient été faites, était suffisant pour le but de Matthieu. Voir sur Jean 8:35, 39.

Pour une discussion sur les différences entre les listes de Matthieu et de Luc, voir sur Luc 3:23.

Matthieu 1:2

Abraham engendra Isaac. À l’exception des variations dues à la translittération grecque des noms hébreux et de certaines omissions intentionnelles (voir les commentaires sur les v. 8, 11, 17), la généalogie de Matthieu, d’Abraham à Zorobabel, concorde avec des listes similaires de l’AT (voir 1 Chron. 1:28, 34; 1 Chron. 2:1, 4, 5, 9-12, 15; 3:15–19 ; cf. Ruth 4:18–22). Il n’existe aucun document permettant de comparer les noms de la période intertestamentaire, de Zorobabel au Christ. Judas. C’est-à-dire Juda (voir les commentaires sur Gen. 29:35). Paul affirme qu’il est « évident que notre Seigneur est issu de Juda » (Héb. 7:14). Ses frères. Matthieu fait ici allusion aux autres fils de Jacob, peut-être dans l’intention de rappeler aux Juifs des autres tribus que Jésus, de la tribu de Juda, était aussi leur Sauveur.

Matthieu 1:3

3. Phares et Zara. Ce sont les enfants de Thamar (Tamar) par Juda (voir sur Gen. 38:6-30). Thamar, probablement une Cananéenne (voir Gen. 38:2, 6), était la belle-fille de Juda.

Thamar. C'est l'exception, plutôt que la règle, de trouver des femmes nommées dans les listes généalogiques hébraïques. Même ainsi, Matthieu se réfère à elles de manière incidente plutôt que spécifiquement comme des liens généalogiques. Le fait que les noms de femmes aussi honorées que Sarah et Rachel soient omis suggère que les quatre femmes mentionnées ont probablement été incluses dans chaque cas en raison de circonstances inhabituelles. Il est probable que toutes les quatre - Thamar, Rahab, Ruth et Bath-Sheba - étaient d'origine païenne. Il y a là un reproche implicite à l'exclusivité juive, et une reconnaissance tacite du fait que Jésus appartient aussi bien aux païens qu'aux juifs.

A l'exception de Ruth, des scandales ont été attachés aux noms de toutes ces femmes. Un historien purement humain aurait pu choisir de passer leurs noms sous silence, de peur que l'honneur du Messie ne soit terni. Mais Matthieu cite expressément le Maître disant aux pharisiens qu'il n'est pas venu "pour appeler les justes, mais les pécheurs à la repentance"(ch. 9, 13). Il se peut que Matthieu, lui-même un publicain et donc parfois classé avec les prostituées (voir ch. 21:31, 32), ait trouvé dans son cœur une place tendre pour d'autres personnes qui étaient généralement rejetées comme vivant au-delà des limites de la respectabilité.

Matthieu 1:5

Salmon. Voir Ruth 4:20 ; cf. 1 Chron. 2:11. Salmon était un proche parent de Caleb et d’Ephrath (1 Chron. 2:9–11, 19, 24) et de Bethléem (dont le père est un autre « Salma », voir 1 Chron. 2:50, 51, 54), et donc d’une famille connue pour s’être établie à Bethléem Éphrata (voir 1 Chron. 2:24, 51, Moffatt ; Michée 5:2 ; voir la note sur Gen. 35:19). Certains commentateurs suggèrent que Salmon aurait pu être l’un des espions envoyés par Josué dans la ville de Jéricho avant qu’Israël ne traverse le Jourdain (Josué 2:1). On objecte parfois que Rahab de Jéricho ne peut pas être Rahab, la femme de Salmon, parce que les générations que Matthieu énumère entre Salmon et David sont trop peu nombreuses pour couvrir l’intervalle de temps entre Rahab de Jéricho et David. Mais cette objection n’est pas nécessairement valable, car : (1) Matthieu omet intentionnellement ailleurs certains des ancêtres de Jésus (voir la note sur les v. 8, 11, 17) et, suivant l’auteur de Ruth, a peut-être pu faire de même ici. (2) Rahab était probablement jeune au moment de son mariage (voir Josué 6:23), Booz (Boaz) n’était manifestement plus jeune lorsqu’il épousa Ruth (Ruth 3:10), et Isaï était déjà âgé à la naissance de David (1 Sam. 17:12–14). Rachab. Voir vol. II, p. 424 ; voir la note sur Ruth 1:1; 2:1. Il semble y avoir peu de raisons de douter qu’il s’agisse de Rahab la Cananéenne, la prostituée de Jéricho qui protégea les Hébreux envoyés pour espionner cette ville avant sa prise (Josué 2 ; voir la note sur le chap. 6:23). Elle est la seule personne portant ce nom mentionnée dans la Bible, et le Rhachab gr. de Matthieu est une translittération exacte du Rachab héb. Toutefois, dans Héb. 11:31 et Jacques 2:25 l’orthographe est Raab. (Le « Rahab » de Ps. 87:4; 89:10 ; et És. 51:9 vient de l’héb. rahab et est un nom symbolique pour l’Égypte.) De plus, le fait que Rahab soit mentionnée par son nom, contrairement à la règle habituelle de ne pas mentionner les femmes dans les listes généalogiques, suggère que Matthieu avait une raison particulière de l’y inclure. Quoi qu’il en soit, la Rahab de Josué 2 occupe une place d’honneur dans le panthéon des héros de la foi (Héb. 11:31), et Jacques la cite comme exemple d’une foi agissante (Jacques 2:25).

Ruth. La Moabite qui accompagna Naomi à son retour de Moab à Bethléem (voir Ruth 4:18–22; 1 Chron. 2:3–15). La beauté de son dévouement envers Naomi (Ruth 1:16) et son charme discret sont sans égal dans les annales de toutes les époques.

Matthieu 1:6

6. David, le roi. Même sous la monarchie hébraïque, le gouvernement d'Israël était, en principe du moins, une théocratie(DA 737, 738; voir Vol. IV, p. 27). En tant que souverain suprême, Dieu cherchait à diriger la politique nationale par l'intermédiaire de ses ambassadeurs, les prophètes. David était sensible à la direction divine et s'efforçait de maintenir un esprit de véritable humilité devant le Seigneur. Lorsqu'il était réprimandé pour une mauvaise action, il manifestait une attitude de repentance authentique. Il reconnaissait sa culpabilité, demandait pardon et recommençait à obéir à la voix du Seigneur(2 Sam. 12:1-13; 24:10, 17; Ps. 51:4, 10, 11; etc.). C'est la contrition du cœur de David qui a permis à Dieu de l'exalter et de le faire prospérer (voir 1 Rois 3:6; 8:25; Ésaïe 57:15; Michée 6:8).

Salomon. Deuxième fils de Bath-Schéba, né après le repentir sincère et le pardon de David(2 Sam. 12:13-24; 1 Rois 1:11-40).

Matthieu 1:8

Josaphat. C’est-à-dire Josaphat (1 Rois 22:41–43). Les variations dans l’orthographe des noms sont courantes dans la Bible. La plupart des variations dans la liste généalogique sont dues au fait que les noms du texte grec de Matthieu apparaissent généralement comme dans la LXX. Les traducteurs de la KJV ont simplement translittéré les noms grecs au lieu de revenir aux noms hébreux dont ces noms grecs étaient la translittération. Il arrivait aussi que des personnes soient connues sous des noms différents. Ainsi, Jojakin (2 Rois 24:6) était aussi appelé Jéconias (1 Chron. 3:16) ou Jéchonias (Matt. 1:11), sur la base du texte grec. Joram engendra Ozias. Ici, Matthieu omet les noms de trois rois successifs de Juda entre Joram (Joram) et Ozias (Ozias ou Azaria ; voir 1 Chron. 3:11, 12), à savoir Achazia, Joas et Amatsia. Cette omission ne pouvait guère être accidentelle, car la généalogie royale, qui apparaît à plusieurs reprises dans l’AT, était bien connue de tous ; elle ne pouvait pas non plus être une erreur de copiste (voir la note sur Matt. 1:17). On a suggéré que Matthieu avait peut-être pour but de réduire les 19 noms de Salomon à Jojakin à 14, afin de correspondre au nombre de générations d’Abraham à David (v. 17). On a également suggéré que Matthieu considérait ces trois hommes comme les moins dignes d’une place dans la généalogie de Jésus. Achazia, Joas et Amatsia furent les successeurs immédiats d’Athalie, fille d’Achab et de Jézabel, et femme de Joram (2 Chron. 22–25). C’est Athalie qui introduisit le culte de Baal dans le royaume du Sud (voir la note sur 2 Rois 11:18), comme sa mère l’avait fait dans le royaume du Nord (voir 1 Rois 16:31, 32). Achazia, Joas et Amatsia firent tous ce qui est mal aux yeux du Seigneur (2 Chron. 22:3, 4; 2 Chron. 24:17, 18; 2 Chron. 25:14), du moins dans la dernière partie de leur règne.

Matthieu 1:9

9. Achaz. Voir 2 Rois 16.

Ézéchias. C'est-à-dire Ézéchias(2 Rois 18-20). L'un des bons rois de Juda ; mais son fils Manassès (Manassé), bien qu'il ait vécu pour se repentir de ses mauvaises voies, consacra un long et méchant règne à la tâche d'effacer les réformes de son père.

Matthieu 1:10

10. Amon engendre Josias. Après les mauvais règnes de Manassé(2 Rois 21:1-18) et d'Amon(2 Rois 21:19-26), Josias (Josias, 2 Rois 22:1 à 23:28), arrière-petit-fils d'Ezéchias et dernier des bons rois de Juda, monte sur le trône. Sur les 20 souverains de la maison régnante du royaume du Sud pendant une période de 345 ans, une minorité a servi le Seigneur. En revanche, 20 rois représentant dix dynasties ont régné dans le royaume du Nord pendant 209 ans, mais aucun d'entre eux n'est resté fidèle au Seigneur.

Matthieu 1:11

11. Jechonias. Il s'agit ici de la deuxième omission certaine dans la liste de Matthieu (voir v. 8). Jechonias (Jojakin, 2 Rois 24:6, Jeconiah, 1 Chron. 3:16, ou Coniah, Jér. 22:24) était en fait le fils de Jojakim et donc littéralement le petit-fils, et non le fils, de Josias(1 Chron. 3:15, 16). Certains ont suggéré que l'ajout de Jéhojakim à la liste permettrait une division plus symétrique des générations mentionnées dans Matt. 1:17 (voir les commentaires à ce sujet), et que Matthieu pourrait avoir inclus à l'origine le nom de Jéhojakim, mais qu'il aurait été accidentellement perdu à une époque ultérieure, en raison de sa similitude avec Jéhojakin. Il y a quelques preuves textuelles (voir p. 146) pour insérer le nom de Jehoiakim entre Josias et Jechonias.

Ses frères. Si Jéhojakim était inclus (voir ce qui précède sous " Jéchonias "), alors les " frères " feraient référence à de véritables frères de sang, Jéhoahaz et Sédécias (voir sur 1 Chron. 3:15). Sinon, , l'expression "ses frères" ne serait vraie que dans un sens large. Trois des fils de Josias, Joachaz, Jojakim et Sédécias, ont régné sur le trône de Juda, mais l'un d'eux était en fait le père et les deux autres étaient des oncles de Jéchonias.

Emmenés à Babylone. Ainsi se termine la deuxième partie de la généalogie de Jésus selon Matthieu (voir v. 17). La période couverte concerne la monarchie depuis son âge d'or sous David et Salomon jusqu'à sa dissolution et l'âge sombre de l'histoire juive : la captivité de Babylone.

Entre David et Salathiel, Luc énumère six liens généalogiques de plus que Matthieu (voir Luc 3:27-31). La prise en compte des quatre omissions de Matthieu (voir v. 8 et ce qui précède sous " Jechonias ") ne laisse qu'une différence de deux. Cela peut simplement indiquer que la lignée ancestrale suivie par Luc contenait deux générations de plus que la lignée royale suivie par Matthieu. Une telle différence est facilement possible sur une période de cinq siècles. Entre David et Jésus - une période d'environ 1 000 ans - Luc énumère 15 générations de plus que Matthieu, ce qui implique une nouvelle omission de la part de ce dernier.

Matthieu 1:12

12. Jechonias engendra Salathiel. Selon la prophétie de Jérémie(ch. 22:30), Jéchonias devait mourir "sans enfants", mais cela est immédiatement expliqué comme signifiant qu'"aucun homme de sa descendance ne réussira à s'asseoir sur le trône de David" Plusieurs fils de Jéchonias, dont Salathiel (Shealtiel), sont énumérés dans 1 Chron. 3:17, 18. Il est possible qu'un ou plusieurs d'entre eux l'aient accompagné à Babylone (voir sur Jérémie 22:28). Jechonias était un jeune homme de 18 ans au moment de sa captivité (voir 2 Rois 24:8). À la mort de Nabuchodonosor, 37 ans plus tard, il fut libéré de prison, " mangea régulièrement à la table du roi "(2 Rois 25:29, RSV), reçut une allocation régulière du trésor royal et jouit de la faveur royale, apparemment, jusqu'à la fin de sa vie (voir sur 2 Rois 25:27-29).

Salathiel engendra Zorobabel. Voir sur Luc 3:27. Conformément au décret de Cyrus, qui mettait fin aux 70 années de captivité, Zorobabel ramena quelque 50 000 Juifs à Jérusalem. Voir Esdras 2:2.

Matthieu 1:15

Matthan engendra Jacob. On ne sait rien de plus des huit personnes énumérées d'Abiud à Matthan (v. 13–15) que leurs noms, aucune d'elles n'étant mentionnée ailleurs. Ces huit générations couvrent cinq siècles. Matthieu a peut-être omis certains noms ici afin que la troisième section de sa généalogie corresponde aux deux premières

sections (voir le commentaire sur Matt. 1:17; Esdras 7:5). Le fait que (1) le nombre des générations énumérées ne semble guère proportionnel à la durée de la période, que (2) Luc énumère, pour cette période, neuf générations de plus que Matthieu, et que (3) Matthieu a omis quatre noms de la deuxième section de sa généalogie (voir le commentaire sur les v. 8 et 11) suggèrent au moins une telle possibilité. Il a été suggéré que les noms Matthan, dans Matthieu, et Matthat, dans Luc (ch. 3:24), sont deux graphies différentes de Matthieu (pas l'évangéliste), et que, par conséquent, les deux noms « Matthan » et « Matthat » désignent en réalité une seule et même personne. Si tel est le cas, Jacob et Héli (Luc 3:23) seraient frères. Héli est ainsi supposé n'avoir eu aucun héritier mâle et avoir adopté Joseph, son neveu, comme son propre fils légal et héritier (cf. le commentaire sur Luc 3:27). L'objectif de cette hypothèse est de faire véritablement de Joseph le « fils d'Héli », comme dans Luc (ch. 3:23), ainsi que le fils de Jacob, comme dans Matthieu. Selon une autre théorie, Jacob aurait épousé la veuve sans enfant de son frère Héli, conformément à la loi du lévirat (Deut. 25:5–10). Joseph, le premier fils né de cette union, serait en réalité le fils de Jacob, mais légalement le fils et l'héritier d'Héli. Ces deux hypothèses, avancées à l'origine par certains Pères de l'Église des premiers siècles, reposent sur des suppositions et sont donc sujettes à de sérieuses réserves. Pour une étude plus approfondie du problème, voir le commentaire sur Luc 3:23.

Matthieu 1:16

16. Joseph, l'époux. Matthieu évite soigneusement d'affirmer que Joseph a "engendré" Jésus. Selon Matthieu, Joseph était lié à Jésus, non pas en tant que père, mais en tant qu'époux de sa mère. Le lien générique "engendra", utilisé jusqu'à présent, est abandonné, Matthieu soulignant ainsi le fait de la naissance virginale.

Marie. Gr. Maria, Mariam dans les LXX, de l'hébreu Miryam. Comme Joseph, Marie était de la maison de David(DA 44; cf. Ac 2,30; 3,23; Rm 1,3; 2 Tm 2,8), car c'est par elle seule que Jésus a pu être littéralement "la descendance de David selon la chair"(Rm 1,3; cf. Ps 132,11). Le fait que la "cousine" de Marie(Luc 1:36) était "d'entre les filles d'Aaron"(Luc 1:5) n'exige nullement que Marie soit de la tribu de Lévi au lieu de la tribu de Juda. Pour le mot traduit par "cousin", voir Luc 1:36.

Il semble que Marie ait passé les premières années de sa vie à Nazareth(Luc 1:26). Elle avait une parente, Elisabeth, la femme de Zacharie(Luc 1:36). Elle avait également de la famille à Cana, un village proche de Nazareth (voir Jean 2:1, 5; DA 144, 146). L'idée que sa mère s'appelait Anna est exclusivement fondée sur la tradition. Marie était très favorisée par le Seigneur et bénie entre toutes les femmes(Luc 1:28, 42). Depuis la première promesse d'un libérateur, qui devait être issu de la "semence" de la femme(Gen. 3:15; Apoc. 12:5), les mères pieuses d'Israël espéraient que leur premier-né serait le Messie promis(DA 31). C'est à Marie qu'est revenu ce grand et unique honneur.

Marie a sans doute été choisie avant tout parce qu'au moment fixé(Dn. 9:24-27; Marc 1:15; Gal. 4:4), son caractère reflétait plus fidèlement les idéaux divins de la maternité que celui de n'importe quelle autre fille de David. Elle faisait partie de cette minorité choisie qui "attendait la consolation d'Israël"(Luc 2:25, 38; Marc 15:43; cf. Héb. 9:28). C'est cette espérance qui a purifié sa vie(cf. 1 Jn 3,3) et l'a qualifiée pour son rôle sacré(PP 308; PK 245; DA 69). Chaque mère en Israël aujourd'hui peut coopérer avec le Ciel comme Marie l'a fait(DA 512), et peut, en un sens, faire de ses enfants des fils et des filles de Dieu. Voir à ce sujet Luc 2:52.

Dont. En grec, cette expression est au féminin singulier, ce qui fait de " Marie " l'antécédent et exclut expressément Joseph comme père naturel de Jésus. Mais par son mariage avec Marie, Joseph est devenu le père légal, mais non littéral, de Jésus (voir ch. 13:55).

Matthieu 1:17

17. Toutes les générations. Il est clair que Matthieu omet au moins quatre noms qu'il aurait inclus s'il avait eu l'intention de fournir une généalogie complète (voir sur vs 8, 11). Il se peut qu'il y ait eu d'autres omissions dans la partie de la liste couvrant la période intertestamentaire, car d'Abraham au Christ, inclusivement, Luc énumère 56 noms contre 41 pour Matthieu (voir sur Matt. 1:15). Par conséquent, par "toutes les générations", Matthieu se réfère clairement à ceux qu'il a énumérés, et non à tous les géniteurs du Christ qui ont réellement vécu et qui auraient pu être inclus dans une liste complète. Il est possible que le nombre de noms dans les deuxième et troisième sections de la généalogie ait été ajusté pour correspondre au nombre dans la première section

Matthieu a peut-être adopté le dispositif d'une liste abrégée, numériquement symétrique, comme aide à la mémoire. On trouve des listes abrégées dans l'AT, comme, par exemple, dans Esdras (voir sur Esdras 7:1, 5). Mais cette généalogie abrégée était manifestement considérée comme une preuve suffisante de la descendance d'Esdras par Aaron, à une époque où d'autres personnes se voyaient refuser l'accès au sacerdoce parce qu'elles ne pouvaient pas fournir une preuve acceptable de leur ascendance(Esdras 2:62; Néh. 7:64). Le philosophe juif Philon et l'historien juif Josèphe, qui étaient tous deux pratiquement contemporains de Jésus, ont donné des généalogies abrégées qu'ils considéraient manifestement comme suffisantes pour établir leurs pedigrees. Aujourd'hui, un Arabe donne couramment son ascendance en mentionnant quelques noms éminents, son but n'étant pas de fournir une liste complète, mais simplement d'établir la descendance

La triple division de la généalogie par Matthieu est historiquement valable, car chaque section constitue une période distincte de l'histoire juive. Pendant la première, d'Abraham à David, l'économie hébraïque était essentiellement patriarcale ; pendant la deuxième, elle était monarchique ; et pendant la troisième, les Juifs étaient sous la domination de diverses puissances étrangères

Quatorze générations. Trois divisions, chacune composée de 14 générations, totaliseraient 42 au lieu des 41 énumérées par Matthieu. Cette apparente divergence a été expliquée de diverses manières. Certains proposent que le nom de Jechonias soit compté deux fois, comme le dernier nom du deuxième groupe et le premier du troisième groupe. D'autres sont d'avis que Matthieu avait initialement inscrit le nom de Jehoiakim entre ceux de Josias et de Jechonias (voir sur le v 11)

Jusqu'au Christ. Littéralement, " jusqu'au Christ " (voir sur le v 1). Matthieu pense au Christ dans une perspective historique comme le Messie de la prophétie

Matthieu 1:18

18. La naissance. [L'annonce à Joseph ; son mariage , Matt. 1:18-25. Voir La Nativité.] Peut-être Matthieu ne mentionne-t-il pas plus de circonstances entourant la naissance de Jésus qu'il n'est nécessaire pour prouver que sa venue constitue l'accomplissement des prophéties de l'AT (voir v. 22). En harmonie avec l'objectif de son Évangile, Matthieu, contrairement à Marc et à Luc, a omis une grande partie de l'aspect humain de la vie de Jésus afin de se concentrer sur les enseignements de Jésus (voir p. 191)

Sa mère Marie. Jésus a été fait "à la ressemblance d'une chair pécheresse"(Rom. 8:3). Marie avait autant besoin d'être sauvée de ses péchés que tout autre fils ou fille d'Adam(Rom. 3:10, 23). Il n'y a qu'"un seul médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus"(1 Tim. 2:5)

Épouse de Joseph. C'est-à-dire qu'elle s'est fiancée à lui. Marie et Joseph vivaient tous deux à Nazareth(Luc 1:26, 27; 2:4), "leur propre ville"(Luc 2:39), bien que, en tant que descendants de David, ils considéraient Bethléem comme leur maison ancestrale (voir DA 66). Le fait qu'ils n'aient trouvé à se loger à Bethléem qu'avec difficulté suggère qu'aucun d'entre eux n'avait de proches parents vivant dans cette ville à cette époque. Joseph et Marie étaient tous deux de la maison et de la lignée de David(Matt. 1:20; Luc 1:26, 27; 2:4; voir sur Matt. 1:16). Ils étaient probablement membres du petit cercle qui étudiait avidement les prophéties et attendait la venue du Messie(DA 44, 47, 98). Si tel est le cas, sachant que le temps était proche, ils ont sans doute, comme les autres membres de ce groupe, prié pour que Dieu hâte sa venue (voir Luc 2:25, 26, 38). Il semble que Joseph était veuf au moment de son mariage avec Marie. Il a eu au moins six autres enfants(Mt 12,46; 13,55,56; Marc 6,3; DA 90, 321; quatre frères et un nombre indéterminé de sœurs sont mentionnés), tous probablement plus âgés que Jésus(DA 86, 87). Voir sur Matt. 1:25.

Avant qu'ils ne s'unissent. Matthieu a déjà indiqué que Joseph n'était pas le père de Jésus(v. 16). Ici, il réaffirme ce fait. Pendant la période des fiançailles, les futurs mariés étaient liés juridiquement comme mari et femme, même s'ils ne vivaient pas ensemble(Deut. 22:23, 24). Les fiançailles constituaient une relation légale, un engagement solennel qui ne pouvait être rompu que par des moyens légaux, c'est-à-dire par le divorce (voir Mishnah, Giá¹Âá¹Âin 8. 9, édition Soncino du Talmud, p. 389 ; Ḳiddushin 3:7, 8, édition Soncino du Talmud, p. 318, 320)

Trouvé avec un enfant. Voir sur Luc 1:26-38. L'ange était apparu à Marie après ses fiançailles(Luc 1, 26 et 27), mais avant le moment de sa conception(Luc 1, 31 et 35). De la visite de l'ange à Marie, Joseph n'a apparemment rien su jusqu'à plus tard. L'apparition de l'ange à Joseph ne s'est produite que lorsqu'il savait déjà que Marie était "enceinte"(Matthieu 1:18, 20)

Saint-Esprit. Le mot "Ghost" vient d'un vieux mot anglo-saxon. Les expressions traduites par "Saint-Esprit" et "Holy Spirit"(Luc 11:13; etc.) sont identiques dans le grec. Le Saint-Esprit est représenté comme l'agent par lequel s'exerce la puissance créatrice et vivifiante de Dieu(cf. Gn 1,2; Job 33,4; Jean 3,3-8; Rom 8,11; etc.). Le rôle du Saint-Esprit dans la naissance de Jésus est énoncé plus clairement par Luc que par Matthieu(Luc 1,35). C'est par l'intermédiaire de l'Esprit Saint que " le Verbe s'est fait chair "(Jean 1,14), et que le Fils de Marie a pu être appelé " Fils de Dieu " (voir sur Luc 1:35)

Dans le but de discréditer Jésus en tant que Messie, les Juifs ont fabriqué la fiction qu'il était un enfant illégitime(Jean 8:41; 9:29). Mais il est intéressant de noter que les plus érudits juifs d'aujourd'hui reconnaissent que cette histoire est une pure invention. Joseph Klausner, par exemple, affirme que "la tradition de la naissance illégitime de Jésus n'a aucun fondement historique"(Jésus de Nazareth, p. 36)

L'incarnation de Jésus est un miracle sublime et insondable. Il était "dans la forme de Dieu"(Ph. 2, 6; Jean 1, 2), adoré par les armées célestes et assis sur le trône de l'univers. Mais en tant que Roi de gloire, Il a choisi de "remettre le sceptre entre les mains du Père"(DA 22, 23), afin d'être "pour un peu de temps" rendu "inférieur aux anges"(Héb. 2, 7, 8, RSV), "à la ressemblance des hommes"(Ph. 2, 7). Ensuite, il recevra à nouveau "toute puissance"(Mt 28,18), sera "intronisé au milieu de l'adoration des anges"(AA 38), et sera couronné "de gloire et d'honneur"(Héb. 2,7, RSV; voir aussi Ésaïe 52,13-15). Le mystère de l'incarnation, cependant, est largement dépassé par le mystère de l'amour condescendant qui l'a suscité(Jn 3,16; Rm 5,8; Ga 2,20; 1 Jn 4,9). Le "mystère de la piété" est le grand ministère de tous les temps(1 Tim. 3:16). Voir sur Phil. 2:7, 8; voir Note complémentaire sur Jean 1

Matthieu 1:19

19. Juste. Gr. dikaios, qui peut décrire quelqu'un qui est correct, comme observant les règles et les coutumes, ou juste, comme en accord avec ce qui est juste. Dans le NT, dikaios est souvent utilisé dans le sens large de correspondance à la norme divine. Ainsi, Zacharie et Élisabeth(Luc 1:5, 6), Siméon(Luc 2:25) et Joseph d'Arimathée(Luc 23:50) sont tous décrits comme dikaios. La femme de Pilate a parlé de Jésus comme d'un "homme juste", Gr. dikaios ( Matt. 27: 19). Du point de vue juif, un "homme juste" était un observateur strict des lois de Moïse et des traditions rabbiniques. Par conséquent, Joseph a pu se demander s'il était moralement correct pour lui d'épouser une personne qui, semble-t-il, était adultère

Il n'était pas disposé à le faire. Joseph a tempéré son sens de la justice par de la pitié pour la personne supposée coupable. Il n'était "pas disposé" à infliger à Marie une gêne et une souffrance supplémentaires. L'offense présumée était contre lui-même. Il pouvait légalement "la renvoyer" en déclarant simplement qu'elle ne lui plaisait pas (Matthieu 19:3, 8 ; Marc 10 :4), sans mentionner la raison pour laquelle il le faisait

Un exemple public. Le fait que Joseph ait cherché à épargner à Marie l'embarras d'un procès public est une preuve de sa propre intégrité ainsi que de sa prévenance à son égard

Résolu à la répudier. Ou, "résolu à la répudier" (RSV). Dès les fiançailles, les deux parties étaient légalement liées l'une à l'autre et ne pouvaient être séparées que par le divorce (voir les chapitres 5 et 6) 1:18; 5:27)

Matthieu 1:20

20. L'ange. Il s'agit probablement de Gabriel, qui était déjà apparu à Zacharie(Luc 1:11, 19) ; et à Marie (voir sur Luc 1:19).

Dans un rêve. Luc(ch. 1:26-38) laisse entendre que l'ange est apparu à Marie de manière visible, et non en rêve ou en vision : il "entra chez elle"(v. 28). Pour Joseph, par contre, l'ange est apparu en rêve alors qu'il ruminait le problème qui le rendait perplexe. Les rêves inspirés sont l'un des moyens prévus par Dieu pour révéler sa volonté aux hommes(Nombres 12,6; Joël 2,28; cf. Gn 20,3; 31,11.24; 41,1; etc.)

Tu es fils de David. Joseph savait, bien sûr, qu'il était de la lignée royale. Il était peut-être même l'héritier présomptif du trône de David, comme pourrait le laisser entendre la généalogie de Matthieu.

Ne craignez rien. Il ne devait pas hésiter ou mettre en doute la vertu de Marie. En tant qu'"homme juste"(v. 19), Joseph n'avait pas à craindre qu'en prenant Marie, il ne renonce à la justice. En fait, Dieu exigeait cet acte de foi.

Épouse. Gr. gunÃâ, signifiant (1) femme en général(chs. 9:20; 13:33; etc.), (2) une épouse(chs. 14:3; 18:25), (3) une fiancée(Gen. 29:21, LXX; Deut. 22:23, 24, LXX; cf. Apoc. 21:9). Ici, le troisième sens s'applique évidemment.

Matthieu 1:21

21. Elle enfantera. L'ange n'a pas dit à Joseph que sa "femme" lui porterait un fils, comme il l'avait dit à Zacharie à propos de Jean(Luc 1:13). Jésus devait naître "le Fils de Dieu", et non le fils de Joseph(Luc 1:35), mais dès la naissance de Jésus, Joseph devait être comme son père. Comme les autres enfants, Jésus bénéficierait de la compagnie, des conseils et de la protection d'un père

Appeler son nom. Joseph devait avoir le privilège de nommer son "Fils", un acte habituellement considéré comme la prérogative paternelle (voir Luc 1:59-63). Marie devait également participer à l'attribution du nom de Jésus(Luc 1:31). Les noms des enfants juifs étaient officiellement attribués une semaine après la naissance, au huitième jour de l'enfant, lorsque le rite de la circoncision était accompli(Luc 2:21)

Jésus. Voir sur v 1.

Il sauvera. Le nom de Jésus signifie "Jéhovah est le salut" (voir au v 1). Le mot traduit par "il" est emphatique, comme si l'ange avait dit : "Car c'est lui qui sauvera", etc

A travers les âges de l'antiquité avait retenti la promesse : "Voici, je viens"(Ps. 40,7; Zach. 2,10; Héb. 10,7). Pendant des siècles, le peuple hébreu - son peuple - a attendu avec impatience la venue de son Libérateur. Maintenant, "quand la plénitude des temps fut venue"(Gal. 4:4), le doigt du destin a pointé vers Celui qui devait accomplir ces attentes. Voir sur Jean 1:14.

De leurs péchés. Le péché avait lié les hommes(Rom. 6:16; 2 Pierre 2:19) dans sa prison(Ésa. 42:7). Le Christ est venu pour délier les liens, ouvrir les portes de la prison et délivrer les captifs de la sentence de mort(Ésaïe 61:1; Rom. 7:24, 25). Il est venu pour nous sauver de nos péchés, et non dans nos péchés. Il est venu, non seulement pour nous sauver des péchés réellement commis, mais aussi de nos tendances potentielles qui mènent au péché(Rom. 7:23-5; 1 Jean 1:7, 9). Il est venu pour nous racheter de "toute iniquité"(Tite 2:14), y compris toute tendance héréditaire et cultivée au mal(DA 671)

Le Christ n'est pas venu sauver son peuple de la puissance de Rome, comme l'espéraient les Juifs, mais de la puissance d'un ennemi bien plus redoutable. Il n'est pas venu pour "rétablir le royaume d'Israël"(Actes 1:6), mais pour rétablir la domination de Dieu dans le cœur des hommes(Luc 17:20, 21). Le Christ n'est pas venu principalement pour sauver les hommes de la pauvreté et de l'injustice sociale(Luc 12:13-15), comme le prétendent aujourd'hui de nombreux apôtres de l'évangile social, mais du péché, cause fondamentale de la pauvreté et de l'injustice

Matthieu 1:22

22. Tout cela a été fait. Tous les aspects importants de la vie et de la mission de Jésus - sa nature, sa naissance, les événements de sa vie, et plus particulièrement ses souffrances et sa mort - avaient été prédits par les prophètes d'autrefois (voir DA 242, 820). Non seulement cela, mais chaque acte de sa vie a été accompli en conformité avec un plan qui existait depuis l'éternité. Avant qu'il ne vienne sur la terre, ce plan se trouvait devant lui dans tous ses détails, et chaque événement avait son heure précise(DA 147, 451; voir à propos de Deut. 18:15; Luc 2:49).

Pour qu'il s'accomplisse. Des expressions de cette nature sont caractéristiques de Matthieu (voir ch. 2:15, 17, 23; 4:14; 8:17; 12:17; 13:35; 21:4; 26:54, 56; 27:9, 35). La construction grecque employée ici peut indiquer soit le but, soit simplement le résultat. En conséquence, cette clause peut être traduite soit par "afin qu'elle s'accomplisse", soit par "comme résultat qu'elle s'est accomplie". Matthieu utilise cette construction dans les deux sens, et le contexte doit déterminer dans chaque cas ce qui est visé. Les prédictions concernant le Christ avaient été faites de manière surnaturelle ; leur accomplissement s'est produit en grande partie de manière naturelle, pour autant que les hommes puissent le voir, mais avec des événements ordonnés par Celui qui "gouverne le royaume des hommes"(Dan. 4:17; DA 147; voir sur Luc 2:49). Certaines choses sont arrivées, non pas pour accomplir la prophétie, mais plutôt en accomplissement de la prophétie. Le sens de la déclaration de Matthieu, " afin qu'elle s'accomplisse ", serait donc rendu de manière plus appropriée, " en accomplissement de " (voir sur Deut. 18:15).

Matthieu 1:23

23. Une vierge. Matthieu et Luc fournissent directement et indirectement des preuves confirmant la véracité de la naissance virginale : (1) Tous deux affirment que Jésus est né du Saint-Esprit(Matthieu 1:18, 20; Luc 1:35). (2) Ils déclarent que Marie devait "engendrer un fils" qui ne devait pas être le fils de Joseph (voir sur Matt. 1:21) mais le Fils de Dieu(Luc 1, 35). (3) Marie est restée vierge "jusqu'à ce qu'elle ait enfanté" Jésus(Mt 1, 25). (4) Marie a affirmé sa virginité à l'ange(Luc 1, 34). Ainsi, la naissance virginale de Jésus est pleinement attestée, même en dehors du mot "vierge" lui-même, et elle le serait même si Matthieu n'avait jamais utilisé ce mot dans ce contexte

Matthieu et Luc, écrivant comme ils le faisaient sous la direction divine, n'auraient pas raconté l'histoire de la naissance virginale si elle n'avait pas été vraie. Ils savaient bien comment les chefs juifs avaient raillé Jésus à cause des circonstances mystérieuses entourant sa naissance, et qu'ils donnaient aux critiques une nouvelle occasion de se moquer en répétant l'histoire (voir DA 715)

Il ne fait aucun doute que Matthieu utilise ici le mot "vierge" au sens strict du terme, en référence à Marie en tant que jeune femme chaste et non mariée. Pour une considération de l'objection selon laquelle la prophétie d'Ésaïe, " une vierge concevra ", ne s'appliquait qu'à une situation locale à son époque, voir sur le site de l'Église Ésa. 7:14. Sous la direction du Saint-Esprit, Matthieu applique la prédiction d'Ésaïe au Christ et, ce faisant, utilise le mot parthenos, qui signifie strictement "vierge" et rien d'autre. Pour une discussion complète du problème d'Ésaïe 7:14, voir Problems in Bible Translation, pp. 151-169

Rejetant tous les miracles, les critiques bibliques modernes écartent généralement l'idée de la naissance virginale comme indigne d'un esprit éclairé. Ils attirent l'attention sur le fait que, de tous les auteurs du NT, seuls Matthieu et Luc la mentionnent. Ils soulignent le fait que ni Marc, sans doute le plus ancien des Évangiles, ni Jean, écrit pour confirmer la divinité de Jésus, ni Paul, le grand théologien du NT, n'y font la moindre allusion. Les critiques en concluent que Marc ne savait rien de la virginité de Marie, et que Jean et Paul considéraient l'idée trop fantaisiste pour mériter d'être mentionnée

Ce sont tous des arguments fondés sur le silence, et en tant que tels, ils ne prouvent rien. Matthieu et Luc font référence à la virginité de Marie comme à un détail du récit de la naissance, et puisque Marc et Jean n'enregistrent pas du tout le récit de la naissance, ils n'ont aucune raison comparable de faire référence à ce détail particulier. Il en va de même pour Paul, qui souligne l'incarnation, l'union de la divinité avec l'humanité, comme le grand fait central implicite de la naissance de Jésus. En tant que moyen par lequel l'incarnation a été accomplie, la naissance virginale est, en un sens, accessoire à la vérité plus grande. La conception paulinienne de la divinité de Jésus-Christ est tout à fait compatible avec la naissance virginale (voir Ph. 2, 6-8; Col. 1, 16; Héb. 1, 1-9; etc.). À l'exception de l'incarnation, de la crucifixion et de la résurrection, Paul est presque totalement silencieux sur les détails du récit de la vie de notre Seigneur, et il traite ces trois événements comme de simples faits historiques

Les critiques soulignent le fait que les païens attribuaient la grandeur d'hommes tels qu'Alexandre, Pythagore, Platon et Auguste César à une descendance des dieux et à une supposée naissance virginale. Mais cet argument n'est pas plus valable que de dire que l'existence de fausses pièces de monnaie et de contrefaçons des grands chefs-d'œuvre de l'art prouve qu'il n'y en a pas d'authentiques

Si les déclarations de Matthieu et de Luc relatives à la naissance virginale doivent être rejetées comme incroyables parce que la vérité ainsi exprimée transcende la connaissance et l'expérience humaines, de nombreux autres passages des évangiles doivent être rejetés sur la même base. Si l'on fait de l'esprit humain la norme pour déterminer la fiabilité des Écritures, la Bible cesse d'être la Parole de Dieu à l'homme et devient un simple document humain

Il ne faut pas oublier que le plan de salut tout entier est un miracle, un "mystère"(Rom. 16:25; Eph. 1:9; 3:9; Col. 1:27; 2:2; Ap. 10:7). En premier lieu, c'est un mystère que Dieu puisse aimer les pécheurs(Jean 3,16; Rom. 5,8). C'est également un mystère que la sagesse infinie ait pu concevoir un plan par lequel la miséricorde pourrait être combinée avec la justice(Ps. 85:10) de manière à répondre aux justes exigences de la sainte loi de Dieu et en même temps sauver le pécheur de sa peine(Jean 3:16; Rom. 6:23). C'est un miracle que l'homme, qui est naturellement inimitié avec Dieu(Rom. 8:7), puisse parvenir à vivre en paix avec Lui(Rom. 5:1). C'est un miracle que le Christ puisse délivrer du règne du péché et de la mort un homme enclin au mal(Rom. 7:24; Rom. 8:1, 2), et lui permettre de vivre une vie parfaite en harmonie avec le caractère divin(Rom. 8:3, 4). C'est un miracle qu'un homme puisse naître de nouveau(Jean 3:3-9), qu'un homme imparfait(Rom. 3:23) puisse être transformé(Rom. 12:2) par la grâce du Christ en un homme parfait(Matt. 5:48) et devenir un fils de Dieu(1 Jean 3:1-3). La naissance virginale, la vie parfaite, la mort par procuration, la résurrection glorieuse de Jésus, sont autant de mystères de l'esprit humain. La religion chrétienne ne s'excuse pas des grands mystères du plan de salut, car l'amour rédempteur de Dieu est lui-même le plus grand de tous les mystères

L'incarnation du Fils de Dieu est le fait souverain de tous les temps, la pierre angulaire de la foi chrétienne. Mais sans la naissance virginale, il ne peut y avoir de véritable incarnation, et sans l'incarnation et la naissance virginale, la Bible devient une simple fable et une légende, le christianisme un canular pieux et le salut un mirage décevant. Voir la note complémentaire sur Jean 1

Avec un enfant. C'est-à-dire par le Saint-Esprit, comme en témoigne aussi Luc(Luc 1:35). "Quand vint la plénitude des temps"(Gal. 4:4), Dieu amena son Fils dans le monde, lui ayant préparé un corps(Héb. 10:5)

Emmanuel. Le Fils de Dieu est venu habiter non seulement parmi nous, mais s'identifier à la famille humaine(Jean 1.1-3, 14; Rom. 8.1-4; Phil. 2.6-8; Héb. 2.16, 17; DA 23). Voir la note complémentaire sur Jean 1; voir sur Jean 1:1-3, 14 . "Emmanuel" n'était pas tant un nom personnel qu'un titre descriptif de sa mission(cf. Ésaïe 9:6, 7; 1 Cor. 10:4)

Matthieu 1:24

La prit chez lui. Voir les v. 18 et 20. Quand Dieu parlait, Joseph agissait, sans doute ni délai. C'est peut-être plus que dans tout autre aspect du caractère de Joseph que l'on voit pourquoi il était apte à être le protecteur terrestre de Marie et de son enfant Jésus. En prenant Marie chez lui, Joseph agit par la foi. Un événement tel que celui annoncé par l'ange était inconnu dans les annales de l'expérience humaine, mais Joseph crut qu'« à Dieu tout est possible » (Matt. 19:26 ; cf. Gen. 18:14; Job 42:2; Jér. 32:17; Zach. 4:6; Luc 1:37; Rom. 4:21). Le rôle de Joseph était humble, mais indispensable, et son obéissance immédiate aux instructions de l'ange eut une grande importance, tant pour Marie que pour l'opinion publique.

Matthieu 1:25

25. Je ne la connaissais pas. La forme du verbe en grec va à l'encontre de la tradition catholique romaine de la virginité perpétuelle de Marie, car elle implique que la virginité de Marie n'a duré que jusqu'à la naissance de Jésus. Cependant, le mot "jusqu'à"(Gr. heÅÂs) n'est pas concluant, ni pour ni contre la virginité perpétuelle. Le sens le plus naturel du v. 25 est que, bien que Marie n'ait pas vécu avec Joseph comme sa femme avant la naissance de Jésus, elle l'a fait par la suite. Comparez les emplois de heÅÂs dans les LXX de Gen. 8:7; 1 Sam. 15:35; 2 Sam. 6:23 et dans Matt. 5:26; 12:20; 18:30; 22:44. Jésus avait des frères et des sœurs, mais les frères, au moins, étaient plus âgés que Jésus, et donc les enfants de Joseph par un mariage antérieur (voir sur Matt. 12:46). Le fait que Jésus ait confié sa mère aux soins de Jean(Jean 19:27) peut impliquer que Marie n'avait pas d'autres enfants à elle. D'un autre côté, il se peut qu'elle ait eu des enfants qui n'étaient pas en mesure de s'occuper d'elle ou qui n'étaient pas sympathiques envers elle et Jésus. Voir à ce sujet Matt. 1:18.

Son fils premier-né. D'importantes preuves textuelles peuvent être citées(cf. p. 146) en faveur de l'omission du mot "premier-né", mais cette omission n'affecte en rien la certitude que Jésus était le premier-né de Marie, car les mêmes manuscrits contiennent cette déclaration en Luc 2:7.

Chez les Juifs, le terme "premier-né" était fréquemment utilisé dans un sens technique et juridique. Après avoir délivré les premiers-nés d'Israël de la dixième plaie égyptienne, Dieu revendiquait tous les premiers-nés d'Israël comme siens(Ex. 13:2; Nombres 3:13). Au Sinaï, la tribu de Lévi a été acceptée pour le service du sanctuaire à la place des premiers-nés de toutes les tribus, mais le Seigneur a exigé que chaque fils premier-né soit racheté(Nombres 3:45, 46). Techniquement, le "premier-né" peut être un enfant unique.

Il s'appelait Jésus. Les noms étaient officiellement conférés aux enfants le huitième jour après la naissance(Luc 2:21). À ce moment-là, "Jésus" a été enregistré comme le fils de Marie et de Joseph. Voir sur Matt. 1:1.

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés