Seventh-day Adventist Bible CommentaryMatthieu 2

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

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Matthieu 2:1

À la naissance de Jésus. [Visite des mages, Matthieu 2:1–12. Voir Enfance et jeunesse de Jésus ; la Synopsis de la vie du Christ et la Chronologie indicative de la naissance du Christ.] Matthieu ne mentionne que brièvement le fait de la naissance de Jésus (chap. 1:25), et omet les divers incidents liés à cet événement qui sont rapportés dans Luc 1:26 à Luc 2:40. Puisque Matthieu met l’accent sur Jésus en tant que Messie de la prophétie de l’AT, il entreprend de démontrer que Jésus a effectivement accompli toutes ces prophéties (voir les commentaires sur le chap. 1:22). Il semble mentionner, en guise d’introduction, principalement les incidents liés à l’enfance de Jésus qui faisaient l’objet de prophéties et ceux qui indiquaient la royauté du Messie (voir les chap. 1:1, 6, 17, 23 ; 2:2, 6, 15, 17, 18, 23). D’autre part, Luc, écrivant davantage pour les païens (voir les commentaires sur le chap. 1:3), souligne que Jésus, le Fils de Dieu (v. 32, 35, 76), grandit et vécut comme un homme parmi les hommes afin de pouvoir être le Sauveur de tous les hommes (chap. 2:10, 14, 31, 32). Pour les besoins de ce commentaire, la naissance de Jésus est provisoirement située à l’automne de 5 av. J.-C. (voir p. 240 ; la Synopsis de la vie du Christ et la Chronologie indicative de la naissance du Christ). Bethléhem. Littéralement, « maison du pain ». Son ancien nom, Éphrath (Genèse 48:7), ou Éphratah (Michée 5:2), signifie « fertilité » (voir les commentaires sur Genèse 35:19). La région de Bethléhem, dont les collines et les vallées étaient couvertes de vignes, de figuiers, d’oliveraies et de céréales, constituait probablement en partie le grenier de la Judée. Cette région était riche en souvenirs pour le peuple juif de l’époque du Christ, comme elle l’est pour les chrétiens aujourd’hui. C’est dans cette région que Ruth avait glané dans les champs de Boaz (Ruth 2–4, et que David avait gardé les troupeaux de son père (1 Samuel 16:1, 11, 17:15). C’est ici aussi que Samuel oignit David comme roi (1 Samuel 16:13). Pour plus d’informations concernant Bethléhem, voir les commentaires sur Genèse 35:19; Ruth 3:3; 4:1. Voir La Palestine pendant le ministère de Jésus. De Judée. Pour distinguer Bethléhem « de Judée » de Bethléhem de Galilée, une ville située à environ 7 mi (11,26 km) au nord-ouest de Nazareth (Josué 19:15). Hérode. C’est-à-dire Hérode le Grand (voir p. 39-42).

Mages. Le gr. magoi désignait des hommes issus des diverses classes instruites. Notre mot « magiciens » vient de cette racine. Mais ces « mages » n’étaient pas des magiciens au sens moderne de prestidigitateurs. Ils étaient de noble naissance, instruits, riches et influents. C’étaient les philosophes, les conseillers du royaume, instruits de toute la sagesse de l’Orient ancien. Les « mages » qui vinrent chercher l’enfant Jésus n’étaient pas des idolâtres ; c’étaient des hommes droits et intègres (DA 59, 61). Ils étudièrent les Écritures hébraïques et y trouvèrent un exposé plus clair de la vérité. En particulier, les prophéties messianiques de l’AT retinrent leur attention, et ils y trouvèrent notamment les paroles de Balaam : « Un astre sort de Jacob » (Nombres 24:17). Ils connaissaient et comprenaient probablement aussi la prophétie chronologique de Daniel (Daniel 9:25, 26), et conclurent que la venue du Messie était proche. Voir p. 61, 62. La nuit de la naissance du Christ, une lumière mystérieuse apparut dans le ciel ; elle devint une étoile lumineuse qui demeura dans le ciel occidental (voir DA 60). Impressionnés par sa signification, les mages se tournèrent de nouveau vers les rouleaux sacrés. Alors qu’ils cherchaient à comprendre le sens des écrits sacrés, ils reçurent en songe l’instruction de partir à la recherche du Messie. Comme Abraham, ils ne savaient pas d’abord où ils devaient aller, mais ils suivirent l’étoile directrice qui les guidait sur leur chemin. La tradition selon laquelle il n’y eut que trois mages naquit du fait qu’il y avait trois présents (Matthieu 2:11), et elle n’a aucun fondement dans les Écritures. Une légende intéressante mais sans valeur leur donne les noms de Gaspard, Balthazar et Melchior. L’idée sans fondement qu’ils étaient des rois a été déduite de Ésaïe 60:3 (cf. Apocalypse 21:24). Pour un commentaire sur l’étendue de l’influence juive dans tout le monde romain à l’époque du Christ, voir p. 59-62. De l’Orient. Les Juifs considéraient les régions de l’Arabie septentrionale, de la Syrie et de la Mésopotamie comme étant « à l’est ». Ainsi, Haran se trouvait au « pays des peuples de l’Orient » (Genèse 29:1, 4). Plus tard, le roi de Moab fit venir Balaam « d’Aram [c’est-à-dire de Syrie], des montagnes de l’Orient » (Nombres 23:7 ; voir les commentaires sur le chap. 22:5). Ésaïe parla de Cyrus le Perse comme de « l’homme juste venu de l’Orient » (Ésaïe 41:2) et d’« un oiseau de proie venu de l’Orient » (chap. 46:11). Certains ont pensé que les mages venaient de la même région du « pays de l’Orient » que Balaam (voir DA 59, 60), dont la demeure a récemment été identifiée avec la vallée de Sajûr, entre Alep et Carkemish, à faible distance de l’Euphrate (voir les commentaires sur Nombres 22:5 ; voir aussi PP 438, 439). Si tel était le cas, leur voyage jusqu’à Bethléhem aurait été d’environ 400 miles et aurait exigé deux ou trois semaines de déplacement constant s’ils montaient des animaux, peut-être un mois s’ils marchaient. Étant donné qu’ils voyageaient de nuit afin de garder l’étoile en vue (DA 60), il se peut que la durée de leur voyage ait été encore plus longue. Cependant, leur point de départ se trouvait peut-être plus à l’est, et la distance parcourue était donc encore plus grande. Vers Jérusalem. Finalement, leur long voyage les conduisit à la crête du mont des Oliviers, à l’est de Jérusalem. Juste avant l’aube, peut-être, l’étoile s’estompa (DA 60), et bientôt le dôme et les murs de marbre étincelant du Temple sacré reflétèrent la lumière d’un jour nouveau. Le fait que les mages aient été dirigés vers Jérusalem plutôt que vers Bethléhem (DA 61) indique que le dessein divin était que leur visite serve à attirer l’attention des dirigeants de la nation sur la naissance du Messie (voir les v. 3–6). L’attention et l’intérêt du peuple furent éveillés lorsqu’il apprit la mission des mages, et ses esprits furent dirigés vers les prophéties.

La Palestine sous Hérode le Grand

Les dirigeants juifs furent offensés à l’idée que les mages étaient des païens et refusèrent de croire que Dieu puisse les délaisser au profit d’hommes idolâtres (voir DA 62, 63). Pour sa part, Hérode fut furieux de l’indifférence apparente des prêtres et des scribes (v. 3, 4), et interpréta la visite des mages comme étant liée d’une manière ou d’une autre à un complot contre sa propre vie (DA 61, 62).



Ellen G. White


1, 2. L’attention portée à la naissance de Jésus—Le Seigneur poussa les mages à partir à la recherche de Jésus et dirigea leur chemin par une étoile. Cette étoile les abandonna alors qu’ils étaient près de Jérusalem, ce qui les conduisit à s’enquérir en Judée ; car ils pensaient qu’il n’était pas possible que les principaux sacrificateurs et les scribes ignorent ce grand événement. La venue des mages fit connaître à toute la nation le but de leur voyage et dirigea son attention vers les événements importants qui se déroulaient (The Spirit of Prophecy 2:26).

Matthieu 2:2

Né roi des Juifs. La question implique que les mages n’étaient pas juifs ; autrement, ils auraient dit « notre roi ». Il semble qu’il ait été généralement reconnu que le roi sauveur attendu par les nations environnantes devait surgir en Judée (voir la note sur le v. 1). En entrant à Jérusalem, les mages se rendirent d’abord au Temple, au-dessus duquel l’étoile avait disparu, mais dans ses enceintes sacrées, ils ne trouvèrent que de l’ignorance, de la surprise, de la peur et du mépris (DA 60, 61). Son étoile. Ni une conjonction de planètes, comme certains l’ont pensé, ni une nova, comme d’autres l’ont suggéré. L’« étoile » apparue dans la nuit de la naissance du Christ était une « troupe lointaine d’anges lumineux » (DA 60 ; v. 7). Les mages furent conduits à interpréter ce phénomène inhabituel comme l’accomplissement de la prophétie de Balaam concernant « une étoile issue de Jacob » (Nomb. 24:17 ; voir DA 60).

Nichol, F. D. (1978). Commentaire biblique adventiste du septième jour : La Sainte Bible avec commentaire exégétique et explicatif. Série de références du commentaire (Mt 1:1). Washington, D.C. : Association d’édition Review and Herald.

À l’est. Gr. anatolē, littéralement, « lever ». Le mot traduit par « est » au v. 1 est anatolai, pluriel d’anatolē. De plus, en grec, anatole– possède l’article défini, tandis qu’anatolai ne l’a pas. Cette différence entre les deux expressions a conduit certains à conclure qu’au v. 2 Matthieu ne fait pas référence à l’est, que ce soit comme direction dans le ciel où l’étoile était apparue ou comme désignation du pays d’où venaient les mages, mais qu’il emploie plutôt anatolē dans son sens littéral de « lever ». La proposition peut être traduite par « car nous avons vu son étoile à [son] lever », c’est-à-dire lorsqu’elle apparut pour la première fois. Cela se révéla être le point de leur récit qui intéressa le plus Hérode (v. 7). L’autre interprétation, « car nous avons vu son étoile dans le pays de l’est », est bien sûr également possible.

Matthieu 2:3

3. Il était troublé. Le catalogue des atrocités commises par Hérode, en particulier le meurtre de plusieurs membres de sa famille proche qu'il soupçonnait de comploter pour se débarrasser de lui et usurper son trône, témoigne éloquemment des sentiments de son cœur à l'annonce de la naissance de celui qui était destiné à être le " roi des Juifs " (voir pp. 61, 62). L'apparente réticence des prêtres à divulguer des informations concernant les prophéties messianiques, que les sages avaient sans doute mentionnées, a conduit Hérode à soupçonner les prêtres d'être de connivence avec les sages dans un complot visant à le déloger de son trône, peut-être en excitant un tumulte populaire. En outre, il est probable qu'Hérode lui-même était au courant de l'attente populaire concernant la naissance en Judée d'un prince destiné à régner sur le monde. De plus, il semble qu'il se soit considéré comme le Messie et qu'il ait eu le désir secret de dominer le monde (voir Joseph Klausner, The Messianic Idea in Israel, p. 374)

Tout Jérusalem. Il n'est guère étonnant que la ville entière ait été "troublée" elle aussi, car ses habitants connaissaient trop bien les atrocités dont Hérode était capable. Craignant un tumulte populaire, il pourrait bien décréter le massacre de centaines ou de milliers de personnes

Matthieu 2:4

4. Les grands prêtres. Probablement le grand prêtre en exercice et les prêtres vivants qui avaient précédemment occupé cette fonction, tous ayant été nommés puis déposés par Hérode lui-même. Au cours de son règne d'environ 33 ans, Hérode a nommé neuf grands prêtres à cette fonction sacrée, qui devait à l'origine être héréditaire et à vie(Ex. 28:1; 40:12-15; Lév. 21:16-23; Nombres 16:40; 17; Nombres 18:1-8; Deut. 10:6). Il est possible que Simon, fils de Boethus, ait été grand prêtre à cette époque (Josèphe Antiquités xv. 9. 3), ou que Matthias ou Joazar, respectivement gendre et fils de Boethus, aient suivi Simon dans une succession rapide(ibid., xvii. 4. 2 ; 6. 4 ; 13. 1). D'autres ont suggéré que les " grands prêtres " étaient les chefs des 24 cours (voir sur Luc 1:5). Le groupe convoqué par Hérode semble avoir été les hommes érudits de la nation, qui étaient les plus susceptibles d'avoir les informations qu'il souhaitait.

Les scribes. Ces hommes sont souvent qualifiés de juristes(Matthieu 22:35; Marc 12:28) ou de " docteurs de la loi ", littéralement de " maîtres de la loi "(Luc 5:17, 21). Il s'agissait d'hommes érudits dont le devoir était d'étudier, de conserver, de copier, d'interpréter et d'exposer la Loi, ou les écrits sacrés (voir p. 55 ; voir sur Marc 1:22).

Demandé. Ou bien " demanda ", forme du verbe en grec, ce qui implique qu'Hérode demanda avec insistance. Les prêtres se sont apparemment dérobés à une réponse directe. Hérode dut leur tirer les vers du nez. Les sages avaient probablement fait référence à leur étude des Écritures hébraïques, et si c'était le cas, Hérode aurait pu à juste titre supposer que les docteurs de la loi devaient en savoir plus qu'il n'y paraissait. Ils n'étaient en aucun cas aussi ignorants qu'ils le prétendaient, qu'il s'agisse des prophéties elles-mêmes ou des événements récents qui annonçaient leur accomplissement. Ils connaissaient sans aucun doute la vision de Zacharie(Luc 1:22), le rapport des bergers (voir sur Luc 2:17) et de la prophétie de Siméon(Luc 2:27, 28, 34, 35). Mais l'orgueil et l'envie fermaient la porte de leurs cœurs à la lumière, car Dieu les avait manifestement ignorés au profit de bergers grossiers et de païens incirconcis, comme ils le pensaient. Ils qualifièrent ces rapports de fanatiques et d'indignes d'attention (voir DA 62, 63).

Lieu de naissance du Christ. Hérode cherche ici à déterminer le lieu de la naissance du Christ, comme plus tard, auprès des mages, le moment(v. 7).

Matthieu 2:5

Ainsi est-il écrit. La citation (v. 6) donnée par les principaux sacrificateurs et les scribes ne correspond entièrement ni au texte hébreu de Michée 5:2 ni à la LXX. Il semble plutôt s’agir d’une paraphrase, peut-être tirée d’un Targum, ou de leur propre traduction libre du moment. Que le sens de Michée 5:2 était généralement connu, même parmi le peuple, ressort clairement de Jean 7:42.

Matthieu 2:6

6. Les princes. L'hébreu de Michée 5:2 se lit "milliers", ce qui peut également être rendu par "familles", c'est-à-dire les principales subdivisions familiales d'une tribu (voir sur Ex. 12:37Michée 5:2)

Règle. Isaïe avait prédit que le Messie allait "paître son troupeau comme un berger"(Isaïe 40:11). Jésus s'est présenté comme le "bon berger"(Jean 10:11, 14), Paul l'a appelé "le grand berger des brebis"(Héb. 13:20), Pierre, "le chef des bergers"(1 Pierre 5:4), et Jean, "l'Agneau" qui "sera leur berger"(Ap. 7:17, RSV)

Diligemment. Hérode exigeait des informations précises. La référence porte sur l'exactitude de l'information plutôt que sur la diligence d'Hérode à la rechercher

À quel moment. Hérode avait déjà appris des chefs des prêtres et des scribes où le Christ devait naître(vs. 4-6), il se tourne maintenant vers les sages pour savoir quand

Matthieu 2:8

Il les envoya. Hérode dissimula soigneusement ses véritables pensées derrière une apparence d’intérêt bienveillant. Il espérait que les mages lui rendraient sa bonté apparente. Leur visite à Bethléhem ne susciterait aucun soupçon et lui permettrait de mettre à exécution son dessein malveillant sans éveiller inutilement la population. Les principaux sacrificateurs et les scribes avaient peut-être deviné les intentions d’Hérode, car ils connaissaient son attitude envers les prétendants au trône. Avec diligence. Ou « avec exactitude » (voir la note sur le v. 7). Les mages devaient poursuivre leurs recherches jusqu’à ce qu’ils trouvent le Messie et vérifient leur découverte.

Matthieu 2:9

9. Ils les précédèrent. Partis de Jérusalem au crépuscule, selon leur coutume de voyager la nuit (voir au v 1), les sages ont vu leur foi renouvelée par la réapparition de l'étoile

Matthieu 2:11

La maison. À ce moment-là, Jésus avait au moins 40 jours, peut-être davantage (voir le commentaire sur Luke 2:22). Tombèrent à terre. Manière orientale courante d’exprimer un respect et une révérence suprêmes envers les hommes, les idoles et Dieu (voir Esther 8:3; Job 1:20; Isa. 46:6; Dan. 3:7 ; etc.). L’adorèrent. Malgré leurs déceptions antérieures, les mages savaient que cet Enfant était Celui pour qui ils avaient entrepris ce long voyage. Leurs trésors. Gr. thēsauroi, désignant soit des « coffrets », des « coffres à trésors » servant de réceptacles aux objets de valeur, soit des « trésors ». Le mot est traduit par « trésors » dans Matt. 6:20 et dans Col. 2:3. Le singulier (thēsauros) désigne un entrepôt dans Matt. 13:52. Les cadeaux. Dans les pays orientaux, on n’aurait jamais songé à rendre visite à un prince ou à un haut fonctionnaire sans présenter un cadeau en signe d’hommage. Comparer la présentation de cadeaux

à Joseph en Égypte (Gen. 43:11), à Samuel (1 Sam. 9:7, 8), à Salomon (1 Kings 10:2), et à Dieu (Ps. 96:8). L’encens. Gomme-résineuse blanche ou jaune pâle obtenue en pratiquant des incisions dans l’écorce des arbres du genre Boswellia. Elle est amère au goût, mais parfumée lorsqu’elle est brûlée comme encens. Elle était utilisée comme ingrédient de l’encens sacré du sanctuaire (Ex. 30:8, 34). Elle était généralement importée d’Arabie (Isa. 60:6; Jer. 6:20). La myrrhe. Autre gomme aromatique très prisée dans l’Antiquité, amère et légèrement piquante au goût. Elle était probablement extraite d’un petit arbre, le Balsamodendron myrrha ou Commiflora myrrha, originaire d’Arabie et d’Afrique orientale. Elle entrait dans la composition de l’huile sainte (Ex. 30:23–25), du parfum (Esther 2:12; Ps. 45:8; Prov. 7:17), et elle était utilisée comme calmant, mélangée à du vin (Mark 15:23), et pour l’embaumement (John 19:39).

Matthieu 2:13

13. Un rêve.[Fuite en Égypte , Matt. 2:13-18. Voir Enfance et jeunesse de Jésus; un résumé de la vie du Christ] La manière dont l'ange était apparu pour la première fois à Joseph(ch. 1:20)

Fuir en Égypte. L'Égypte était désormais une province romaine, et donc hors de la juridiction d'Hérode. La frontière traditionnelle de l'Égypte était le fleuve d'Égypte, le Wädü" el-'Aräsh, à environ 160 km au sud-ouest de Bethléem. Un grand nombre de Juifs vivaient en Égypte à cette époque, et Joseph ne s'est donc pas retrouvé complètement étranger. Il y avait des synagogues dans les villes et, à une certaine époque, même un temple juif. Héliopolis (On, cf. Gen. 41:45, 50; Gen. 46:20) est l'endroit traditionnel où Joseph et Marie se sont réfugiés pour être en sécurité

Matthieu 2:14

14. De nuit. Joseph a sans doute obéi sans tarder, partant probablement la nuit même ou dès que les préparatifs du voyage ont pu être faits. Les cadeaux offerts par les sages ont fourni les moyens nécessaires au voyage(DA 65).

Matthieu 2:15

15. La mort d'Hérode. Il meurt peu après le massacre des enfants de Bethléem(DA 66), 4 ans avant J.-C. (voir pp. 42, 241), d'une maladie très douloureuse et répugnante

Pourrait s'accomplir. La citation telle qu'elle est donnée ici est tirée du texte hébreu de Osée 11:1. Dans leur contexte original, les mots de cette prophétie font référence à la délivrance du peuple hébreu de l'Égypte. En demandant à Pharaon de les libérer, Moïse a dit : "Ainsi parle le Seigneur : Israël est mon fils, mon premier-né"(Ex. 4, 22). Pour l'application par Matthieu des paroles d'Osée 11:1 au Christ, voir sur Deut. 18:15.

Matthieu 2:16

16. Moqué. Ils l'ont "piégé". Il avait l'impression qu'ils avaient été plus malins que lui et qu'ils s'étaient moqués de lui. Hérode prend cela comme une insulte, et sans doute comme une nouvelle preuve d'un sombre et profond complot contre lui.

Il fit égorger tous les enfants. Probablement seulement les enfants mâles. Les détracteurs de l'exactitude du récit biblique font remarquer que Josèphe, dans sa longue liste d'atrocités commises par Hérode, ne mentionne pas le massacre des enfants de Bethléem. On estime cependant que dans une petite ville dont la population ne dépassait probablement pas 2 000 habitants, y compris les quartiers environnants, il n'y aurait eu qu'environ 50 ou 60 enfants de l'âge indiqué, et seulement la moitié des garçons. Certains estiment que ce nombre est légèrement plus élevé. Josèphe a pu considérer l'incident comme relativement mineur par rapport à la longue liste de crimes plus odieux d'Hérode qu'il mentionne. Un tel acte correspond bien au caractère insensible d'Hérode. Il s'agit de l'un des derniers actes de sa vie(DA 66). En outre, si Josèphe mentionne cette mauvaise action, on s'attend à ce qu'il en rende compte, comme il le fait longuement pour des événements similaires qu'il rapporte. Cela pourrait impliquer une discussion sur les prétentions messianiques de Jésus de Nazareth, un sujet que, en tant que juif, il pourrait choisir d'éviter. Et, dans la mesure où il écrivait une apologie du judaïsme pour les Romains, en particulier pour l'empereur Vespasien, il éviterait de mentionner quoi que ce soit qui puisse contrarier Rome. Voir pp. 75, 76, 94.

Côtes. Littéralement, "frontières", donc "régions" ; en vieil anglais, "coast" signifiait "frontière" ou "border".

Deux ans d'âge. Selon le système de calcul oriental, qui subsiste encore dans certaines régions, un enfant est appelé "âgé d'un an" au cours de sa première année civile, c'est-à-dire entre sa naissance et le jour de l'an suivant, et "âgé de deux ans" au cours de sa deuxième année civile, même s'il n'a vécu que quelques jours ou quelques semaines. Si les juifs de l'époque du Christ comptaient l'âge de cette façon, par années civiles, il n'est pas nécessaire de supposer qu'il est né deux ans avant la mort d'Hérode, ni même qu'Hérode, pour s'assurer de son objectif, a fixé la limite d'âge de "deux ans" au-delà du temps indiqué par les mages(Matt. 2:7). Un enfant né à n'importe quel moment en 5/4 av. J.-C. aurait eu "deux ans" en 4/3 av. J.-C., l'année de la mort d'Hérode. En ce qui concerne l'époque probable de la naissance de Jésus, voir p. 240-242.



Ellen G. White


16-18. La fidélité aurait rendu la colère inoffensive—Dieu permit toute cette terrible calamité afin d’humilier l’orgueil de la nation juive. Leurs crimes et leur méchanceté avaient été si grands que le Seigneur permit au méchant Hérode de les punir ainsi. S’ils avaient été moins vantards et ambitieux, si leur vie avait été pure et leurs habitudes simples et sincères, Dieu les aurait préservés d’être ainsi humiliés et maltraités par leurs ennemis. Dieu aurait, d’une manière remarquable, rendu la colère du roi inoffensive pour son peuple, s’il lui avait été fidèle et parfait. Mais il ne pouvait agir particulièrement en leur faveur, car leurs œuvres lui faisaient horreur (The Spirit of Prophecy 2:28).

Matthieu 2:17

17. Alors s'est accompli. Voir Jérémie 31:15. Pour l'application originale de cette prophétie voir sur Jér. 31:15, et pour l'application messianique, voir sur Deut. 18:15.

Matthieu 2:18

18. Rama. Des divergences d'opinion considérables existent quant à l'identité de Rama. Plusieurs villes portant ce nom sont mentionnées dans l 'AT. Il faut probablement l'identifier à Ramallah en Ephraïm, à environ 14,5 km au nord-ouest de Jérusalem (voir la note complémentaire sur 1 Sam. 1). Cette ville était proche de la frontière entre les tribus d'Ephraïm et de Benjamin, respectivement petit-fils et fils de Rachel, la femme de Jacob.

Rachel pleure. Les paroles de Jérémie citées ici se référaient à l'origine aux expériences amères des captifs hébreux emmenés à Babylone en 586 av Jérémie 31:15). La mort de Rachel à proximité, lors de la naissance de Benjamin(Gen. 35:18-20), rend l'image particulièrement appropriée. Elle a appelé son fils Ben-oni, "fils de ma douleur" (voir Gen. 35:18). Par inspiration, Matthieu applique les paroles de Jérémie au massacre par Hérode des enfants de Bethléem (voir sur Deut. 18:15).

Matthieu 2:19

19. Quand Hérode fut mort. [Retour à Nazareth , Matt. 2:19-23=Luc 2:39, 40. Commentaire du maire : Matthieu et Luc ; voir Enfance et jeunesse de Jésus ; tableaux, Les règnes des Hérodes, La Palestine sous les Hérodiens] Voir p. 42.

Matthieu 2:20

20. Terre d'Israël. Un terme général désignant l'ensemble de la Palestine.

Ils sont morts. Certains pensent que le pluriel fait référence à Hérode et à son fils et héritier présomptif, Antipater (tué peu de temps avant la mort d'Hérode) ; d'autres pensent qu'il s'agit des soldats qui ont participé au massacre des enfants de Bethléem.

Matthieu 2:22

22. Archélaos. Dans son testament, Hérode divise son domaine en quatre parties, en donnant deux à Archélaos et une à Antipas et Philippe (voir pp. 63-65).

Archélaos s'avéra être le pire des fils vivants d'Hérode. Sa tyrannie et son incompétence conduisirent les Juifs et les Samaritains à demander à Rome sa destitution, qui fut accordée en l'an 6, dixième année de son règne. Auguste le bannit en Gaule (aujourd'hui France), où il mourut.

Nonobstant. Gr. de, "et" ou "mais".

Un rêve. Il s'agit du troisième rêve de Joseph (voir ch. 1:20; 2:13, 19).

Ils se sont détournés. Peut-être Joseph et Marie, comprenant les prophéties sur le Messie en tant que fils de David, avaient-ils l'intention de s'installer à Bethléem.

Galilée. Translittération de l'hébreu Galil, ou Gelilah, qui signifie "cercle", et donc "circuit" ou "district". Sa population était un mélange de juifs et de païens, et les préjugés religieux de la Judée à dominante juive y étaient moins évidents. Il n'y avait pas de grandes villes. Les habitants vivaient principalement dans des zones rurales et des villages, et s'adonnaient aux activités courantes et pénibles de la vie. Ses habitants étaient méprisés par les résidents de la province de Judée, plus sophistiquée(Jean 7:52; cf. Matt. 26:69; Jean 1:46).

D'après le récit de Luc(ch. 2:39), on pourrait penser que Joseph et Marie sont retournés en Galilée immédiatement après la présentation de Jésus au Temple. Cependant, Matthieu indique clairement que le séjour en Égypte est intervenu (voir sur Luc 2:39). Il n'y a aucune raison valable de supposer que les deux récits sont contradictoires de quelque manière que ce soit. Voir La Palestine pendant le ministère de Jésus.

Matthieu 2:23

23. Nazareth. Une petite ville de campagne située à environ 102 km au nord de Jérusalem, entre l'extrémité inférieure de la mer de Galilée et la Méditerranée, à peu près au même endroit que la ville moderne deNazareth. Le village antique était probablement situé sur le versant ouest s'élevant du fond d'une dépression entourée de sommets de collines. La dépression est en forme de poire, d'un diamètre d'environ un mile, le col de la poire pointant vers le sud et s'ouvrant par un ravin étroit et sinueux sur la large plaine d'Esdraelon . Le village était situé à 348 m au-dessus du niveau de la mer et à 280 m au-dessus de la plaine. Il se trouvait dans le territoire anciennement attribué à la tribu de Zabulon. Voir l'illustration en face de la page 512

Certains ont fait remonter le nom de Nazareth, ou Nazareth, à une racine signifiant "protéger" ou "garder", et lui attribuent le sens de "tour de guet", une description appropriée de son emplacement sur les collines galiléennes. D'autres le font dériver d'une racine signifiant "branche" ou "pousse", ce qui en ferait un nom descriptif évoquant les broussailles denses des collines environnantes. La forme exacte du nom original, et donc sa signification, sont toutes deux incertaines

Il s'agit de la première mention de Nazareth dans la Bible, ce qui peut signifier que cette ville était insignifiante ou inexistante à une époque antérieure. Josèphe ne l'inclut pas dans une liste de quelque 200 villes et villages de Galilée. Elle était proverbiale pour sa méchanceté, même parmi les gens de Galilée (voir sur Luc 1:26)

Du sommet de la colline qui surplombe la ville, on peut avoir une vue magnifique dans toutes les directions. À environ 32 km à l'ouest se trouvent les eaux bleues de la Méditerranée. Au sud se trouve la large plaine fertile d'Esdraelon, avec les montagnes de Samarie au-delà. À environ 8 km à l'est s'élève le mont Tabor et, au loin, au-delà de la dépression du Jourdain, le plateau de Galaad. Au nord se trouvent les montagnes du Liban et de l'Anti-Liban

Les prophètes. Le fait qu'aucune prophétie spécifique ressemblant à celle à laquelle il est fait référence ici n'apparaisse dans l'AT a conduit les étudiants critiques de la Bible à considérer cette déclaration comme une erreur, et donc comme une preuve que Matthieu n'a pas été inspiré. Toutefois, il convient de noter que dans les cas précédents où Matthieu cite une prophétie spécifique, il parle du "prophète" (ch. 1:22; 2:5, 15, 17). L'utilisation de la forme plurielle du mot "prophètes" dans ce cas implique clairement une référence, non pas à une déclaration prophétique particulière, mais à plusieurs qui, prises ensemble, ont conduit à la conclusion ici énoncée (voir sur Esdras 9:11Neh. 1:8). Il est également possible que Matthieu cite des écrits inspirés qui ne sont pas entrés dans le canon des Écritures

Nazaréen. Certains ont suggéré que ce nom était dérivé de l'héb. nazir, "nazirite", signifiant "séparé", et que la déclaration de Matthieu se lisait à l'origine comme suit : "Il sera appelé nazirite" (voir sur ...) Num. 6:2). Mais cette dérivation est extrêmement improbable. En outre, Jésus n'était manifestement pas un naziréen(Matthieu 11:19; Luc 7:33, 34; cf. Nombres 6:2-4). La racine la plus probable est nasar, d'où est dérivé neá¹£er, une "pousse", un "brin" ou une "pousse"

Neá¹£er est traduit par "Branche" dans Esaïe 11:1, une prophétie messianique claire. Le mot le plus courant pour désigner le "rameau" dans la prophétie messianique est á¹£emach(Jér. 23:5; 33:15; Zach. 3:8; 6:12). Il est donc possible que la dérivation de Nazareth à partir de neá¹£er soit correcte, et que les prophéties de Jésus en tant que "rameau" puissent être appliquées de manière appropriée au fait qu'il a grandi dans la ville de Nazareth (voir sur Deut. 18:15)

D'autres ont vu dans la déclaration de Matthieu concernant le Christ comme Nazaréen une référence à l'opprobre qui s'est abattu, d'abord sur la ville de Nazareth, puis sur Jésus et ses disciples. L'attitude populaire à l'égard de Nazareth est évidente dans Jean 1:46; cf. ch. 7:52. Le Messie serait "méprisé et rejeté par les hommes"(Ésaïe 53:3; voir aussi Ps. 22:6-8). Jésus devait apparaître, non pas comme un dirigeant célèbre, mais comme un homme humble parmi les hommes. Il ne devait même pas être connu comme un Bethléemite, et avoir ce qui pouvait s'attacher à lui comme citoyen de la ville de David. Cette solution du problème, ou la précédente, semble être en accord avec l'Écriture

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