Seventh-day Adventist Bible CommentaryMarc 1

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

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Introduction

L’Évangile selon SAINT MARC INTRODUCTION 1. Titre. Les plus anciens manuscrits conservés portent le titre simple « Selon Marc ». Plus tard, lorsque le terme « évangile » en vint à désigner le récit de la vie et du ministère de Jésus, il fut intégré au titre de ce livre. Le titre que l’on trouve dans la KJV, « L’Évangile selon saint Marc », n’apparaît que dans des manuscrits tardifs. 2. Auteur. Le témoignage unanime et constant de la tradition chrétienne désigne Jean-Marc comme l’auteur de l’Évangile qui porte son nom. Le nom Marc vient du latin Marcus et constitue le nom de famille de l’auteur (Actes 12:12, 25). Son prénom était Jean (voir ch. 13:5, 13). Sa mère s’appelait Marie (ch. 12:12). Il était un cousin de Barnabas (Col. 4:10), qui avait autrefois résidé sur l’île de Chypre (Actes 4:36). La maison de Marc à Jérusalem semble avoir été celle où se trouvait la « chambre haute » (voir le commentaire sur Matt. 26:18), où, pendant un certain temps au moins, certains des apôtres vécurent après la résurrection et l’ascension (Jean 20:19; Actes 1:13), et où se réunissaient les membres de l’Église primitive de Jérusalem (Actes 12:12). C’est Jean-Marc qui accompagna Paul et Barnabas durant la première partie de leur premier voyage missionnaire (ch. 13:5, 13). Lors d’un voyage ultérieur, Marc accompagna Barnabas sur l’île de Chypre (ch. 15:36–39). Plus tard, il semble avoir travaillé sous la direction de Pierre et de Paul (1 Pierre 5:13; Col. 4:10 2 Tim. 4:11). Le fait que l’Évangile porte le nom d’un homme aussi peu éminent que Marc constitue une preuve indirecte de son authenticité et de sa paternité. Si le livre avait été une contrefaçon, on lui aurait sans doute attribué le nom d’une personne plus connue qui aurait été personnellement associée à Jésus, comme l’apôtre Pierre. Il n’existe aucune raison valable de mettre en doute l’authenticité du livre ou le fait que Marc en soit l’auteur. Papias, évêque de la ville de Hiérapolis, située à environ 10 mi (16 km) de Colosses et de Laodicée, en Asie Mineure, est le premier auteur connu à parler de Marc comme de l’auteur de cet Évangile. Dans ses Interprétations, citées par Eusèbe (Histoire ecclésiastique iii. 39. 15 ; éd. Loeb, vol. 1, p. 297), il déclare : « “Et le Presbytre [très probablement le presbytre Jean] disait ceci : ‘Marc devint l’interprète de Pierre et écrivit avec exactitude tout ce dont il se souvenait, mais non dans l’ordre, des paroles et des actions du Seigneur. Car il n’avait pas entendu le Seigneur et ne l’avait pas suivi ; mais plus tard, comme je l’ai dit, il suivit Pierre, qui dispensait son enseignement selon les besoins, sans toutefois établir, pour ainsi dire, un arrangement des oracles du Seigneur. Ainsi Marc ne fit rien de mal en écrivant de façon ponctuelle ce dont il se souvenait. En effet, il ne se préoccupa que d’une chose : ne rien omettre de ce qu’il avait entendu et ne faire aucune fausse déclaration à ce sujet.’” » Cette déclaration s’accorde avec la référence que fait Pierre à Marc comme à « mon fils » (1 Pierre 5:13). On considère généralement que le rapport de Papias implique que Marc servait de traducteur à l’apôtre Pierre lorsque celui-ci s’adressait à des auditoires dont il ne parlait pas couramment la langue, apparemment lors de voyages dans des contrées où l’araméen, la langue maternelle de Pierre, n’était pas parlé. Cependant, voir AA 40. Il est probable que Marc ait traduit si souvent le récit évangélique de Pierre qu’il se le soit familiarisé et qu’il ait ainsi été préparé à rédiger le récit évangélique sous l’inspiration du Saint-Esprit. La plupart des spécialistes s’accordent à dire que le récit de Marc est le plus ancien des quatre Évangiles.

Les Pères de l’Église ne s’accordent pas sur la question de savoir si Marc a écrit avant ou après la mort de Pierre (vers 64–66 apr. J.-C.). Irénée de Lyon (vers 185 apr. J.-C.) affirme que l’Évangile de Marc a été écrit après la mort de Pierre (Contre les hérésies iii. 1. 1). Clément d’Alexandrie (vers 190 apr. J.-C.), en revanche, situe la rédaction de Marc du vivant de Pierre (Eusèbe, op. cit., vi. 14. 5–7 ; éd. Loeb, vol. 2, p. 47, 49). Cette dernière opinion semble être davantage en accord avec les informations disponibles. Mais quelle qu’ait été la réalité, la rédaction de cet Évangile doit sans aucun doute être située entre les années 55 et 70 apr. J.-C. De nombreuses affirmations de l’Évangile de Marc montrent clairement qu’il a été écrit pour des lecteurs non juifs. Des mots tels que kenturiōn (latin centurio, « centurion » ; ch. 15:39) et spekoulator (latin speculator, « exécuteur » ; ch. 6:27) indiquent que, bien qu’écrit en grec, la langue de culture, il était destiné aux Romains. Marc aurait pu employer les mots grecs courants pour désigner ces officiers plutôt que les termes latins, mais il semble avoir choisi à plusieurs reprises des mots latins translittérés en grec, probablement parce qu’ils auraient été plus familiers à ses lecteurs. Il explique la monnaie palestinienne (ch. 12:42), évidemment parce que ses lecteurs visés ne la connaissaient pas. De même, il explique la Pâque juive (ch. 14:12) et les coutumes des Pharisiens (ch. 7:3, 4). Il traduit divers mots et expressions araméens (chs. 5:41 ; 7:34 ; 15:34). Rien de tout cela n’aurait été nécessaire pour un public palestinien de lecteurs. En même temps, l’auteur était manifestement un Juif qui connaissait l’araméen et était familier de l’Ancien Testament, dont il cite toutefois la traduction de la LXX. 3. Cadre historique. Pour un bref aperçu du contexte historique de la vie et de la mission de Jésus, voir p. 272. Pour une discussion plus complète, voir p. 41-67. 4. Thème. Marc est le plus court des Évangiles, mais à certains égards il est le plus vigoureux et le plus puissant de tous. Bien qu’il ne représente que les deux tiers de la longueur de Matthieu, il contient le récit de la plupart des incidents rapportés dans son équivalent plus long. Son style est concis, vigoureux, incisif, vivant, pittoresque, et fournit souvent des détails significatifs que ne mentionnent aucun des autres évangélistes. Marc met l’accent sur Jésus en tant qu’Homme d’action, tandis que Matthieu le présente comme un Enseignant. Ainsi, Marc rapporte presque tous les miracles relatés par les deux autres auteurs synoptiques. Un mot caractéristique de Marc est eutheōs (ou euthus), « aussitôt » ou « immédiatement », qu’il emploie plus souvent que tous les autres auteurs des Évangiles réunis. Voir la note sur le ch. 1:10. Marc rapporte la vie du Christ principalement dans l’ordre chronologique, plutôt que par thèmes comme le fait Matthieu. L’importance qu’il accorde aux miracles rend manifeste son intention de mettre en évidence la puissance extraordinaire de Dieu, attestée par les nombreux « signes » et « prodiges » accomplis par Jésus. C’est le principal témoignage de Marc à la divinité de Jésus, tandis que celui de Matthieu réside dans le fait qu’il a accompli les prédictions des prophètes d’autrefois. Matthieu prouve que Jésus est le Messie en se fondant sur le fait qu’il est Celui auquel les prophètes ont rendu témoignage. Marc prouve qu’il est le Messie par le témoignage de sa puissance divine, qui, probablement, aurait été plus convaincant pour ses lecteurs visés — des chrétiens d’origine païenne, peut-être romaine. Voir p. 191, 272-274. 5. Plan. Étant donné qu’un plan complet et chronologique de l’Évangile de Marc figure p. 196–201, le plan présenté ici ne couvre que les principales phases de la vie et du ministère de Jésus : I. Préparation au ministère, automne 27 apr. J.-C., 1:1–13.

II. Ministère en Galilée, de Pâque à Pâque, 29–30 apr. J.-C., 1:14 à 7:23. A. Début du ministère en Galilée, 1:14–34. B. Premier voyage missionnaire, 1:35–45. C. Ministère à Capernaüm et dans ses environs, 2:1 à 3:19. D. Deuxième voyage missionnaire, 3:20 à 5:43. E. Troisième voyage missionnaire, 6:1 à 7:23. III. Retrait du ministère public, du printemps à l’automne, 30 apr. J.-C., 7:24 à 9:50. A. Ministère dans les régions limitrophes de la Galilée, 7:24 à 8:10. B. En route vers la croix, 8:11 à 9:50. IV. Ministère en Pérée, de l’automne au printemps, 30–31 apr. J.-C., 10:1–52. V. Dernière période du ministère à Jérusalem, Pâque, 31 apr. J.-C., 11:1 à 15:47. A. Conflit avec les scribes et les Pharisiens, 11:1 à 12:44. B. Prophétie de Jésus concernant la chute de Jérusalem et sa seconde venue, 13:1–37. C. Arrestation et procès de Jésus, 14:1 à 15:20. D. Crucifixion et ensevelissement de Jésus, 15:21–47. VI. La Résurrection ; apparitions après la résurrection, 16:1–20.

Marc 1:1

Le commencement. [Ministère de Jean-Baptiste, Marc 1:1–8=Matthieu 3:1–12=Luc 3:1–18. Commentaire principal : Matthieu et Luc.] Contrairement à Matthieu et à Luc, qui racontent des épisodes de la vie primitive de Jésus, Marc commence le récit de son Évangile au moment où Jésus a commencé son ministère public. La descente du Saint-Esprit et l’annonce par Jean que Jésus est le Messie marquent clairement son baptême comme le début de son ministère public. Selon Marc, donc, l’Évangile, la « bonne nouvelle » concernant Jésus-Christ, commence par l’accomplissement de la prophétie de l’AT lors de son baptême (v. 2–11). Évangile. Grec euaggelion, « bonne nouvelle ». Le mot « évangile » désignait à l’origine la « bonne nouvelle » que le Messie était effectivement venu sur la terre, comme l’avaient annoncé les prophètes. Finalement, le terme fut appliqué au récit de la vie de Jésus, puis aux divers documents, ou Évangiles, dans lesquels ce récit est conservé. Ici, il est probablement employé dans son sens le plus ancien. Jésus-Christ. Voir sur Matthieu 1:1. Fils de Dieu. Les preuves textuelles sont partagées (voir p. 146) entre la conservation et l’omission de ces mots. Concernant Jésus en tant que « Fils de Dieu », voir sur Luc 1:35.

Marc 1:2

2. Comme il est écrit. En présentant Jésus de Nazareth comme le Messie, Marc souligne la confirmation de l'accomplissement exact des prophéties de l'AT, comme l'a fait Jésus lui-même(Luc 24:25, 27, 44) et, en fait, comme l'ont fait les auteurs du NT en général. Le témoignage de l'accomplissement des prophéties est présenté dans la Bible comme l'une des preuves les plus solides de la vérité de la foi chrétienne (voir Ésaïe 41:21-23; 44:7; 46:9, 10; voir DA 799). Les citations de Marc(Marc 1:2, 3) sont tirées de Mal. 3:1 et d'Isa. 40:3, et suivent la LXX de plus près que l'hébreu.

Les prophètes. Voir sur Matt. 3:3. Les preuves textuelles sont partagées(cf. p. 146) entre cette lecture et " Isaïe le prophète " La citation est tirée de Malachie et d'Isaïe. Comparez la référence générale de Matthieu à l'accomplissement de " ce qui a été dit par les prophètes " (voir sur Matthieu 2:23).

Messager. Jean Baptiste était le messager annoncé par Isaïe et Malachie ; son message consistait à annoncer que le Messie, le "messager de l'alliance"(Mal. 3:1), était apparu.

Devant ta face. Voir sur Matt. 3:3. De même, Jésus envoya plus tard les soixante-dix pour aller " devant sa face dans toutes les villes et tous les lieux où il viendrait lui-même "(Luc 10:1).

Marc 1:3

3. La voix. Voir sur Matt. 3:3; cf. Jean 1:23.

Marc 1:4

4. Le repentir. Voir sur Matt. 3:2. Le baptême de Jean était un "baptême de repentance" car il était caractérisé par la repentance. L'acte de baptême ne garantissait ni la repentance ni le pardon. Mais le baptême n'était pas authentique s'il n'était pas marqué par ces expériences

La rémission. Ou "pardon". Voir sur Matt. 3:6.

Marc 1:5

5. Dans le fleuve du Jourdain. Un détail fourni uniquement par Marc.

Marc 1:7

7. Prêché. L'annonce du Messie par Jean était une partie caractéristique et habituelle de sa prédication.

Mousqueton. Les "chaussures" étaient en réalité des sandales qui ne protégeaient que la plante des pieds (voir sur Matt. 3:11). Le "crochet" ou "lanière" retenait la sandale au pied.

S'abaisser. Cette expression n'est fournie que par Marc, pour souligner le caractère subalterne de l'acte. Voir sur Matt. 3:11.

Marc 1:9

En ces jours-là. [Le baptême, Marc 1:9–11=Matthieu 3:13–17=Luc 3:21–23a. Commentaire principal : Matthieu.] C’est-à-dire aux jours du ministère de Jean. Dans le Jourdain. Voir sur le v. 5. Marc fait référence au fait que le baptême était pratiqué « dans le fleuve du Jourdain » et qu’après le baptême les candidats « remontaient de l’eau » (v. 10). C’est une preuve solide que le baptême de Jean se faisait par immersion.



Ellen G. White


9-11. Voir les commentaires d’EGW sur Matthieu 3:13-17.

Marc 1:10

10. Tout de suite. Gr. ehtheÅÂs, " immédiatement ", " tout de suite ", un mot favori de Marc. Si, comme on le pense généralement, Marc a écrit son Évangile avec l'aide de Pierre (voir p. 564), cette caractéristique peut refléter la manière vigoureuse, imagée et pétillante de la prédication de Pierre.

Ouvert. Gr. schizÅÂ, qui est un terme plus fort que celui utilisé par les autres auteurs d'évangiles, équivalent à "déchirer".



Ellen G. White


10-13. Voir les commentaires d’EGW sur Matthieu 4:1-11.

Marc 1:12

L’Esprit pousse. [La tentation, Marc 1:12, 13=Matthieu 4:1–11=Luc 4:1–13. Commentaire principal : Matthieu.]

Marc 1:13

13. Avec les bêtes sauvages. Comme le loup de Palestine, le sanglier, la hyène, le chacal et le léopard. Les bêtes sauvages sont probablement mentionnées pour rendre plus imagés l'isolement, la solitude et le danger de la nature sauvage.

Marc 1:14

14. Maintenant après. [Ouverture du ministère en Galilée , Marc 1:14, 15=Matt. 4:12=Luc 4:14, 15. Commentaire majeur : Matthieu] Voir la note complémentaire sur Luc 4; la durée du ministère du Christ et l'ouverture du ministère en Galilée.

Marc 1:15

15. Le temps. Gr. kairos. Ce mot se réfère à un temps particulièrement propice (voir Mt. 13:30; 16:3; 21:34; 26:18; Luc 19:44; Jean 7:6; Rom. 5:6; Eph. 1:10), en l'occurrence à la venue du Messie et à l'établissement de son royaume. Le terme semble avoir été utilisé fréquemment en référence à la venue du Messie et à la fin du monde (voir Marc 13:33; Luc 21:8; Eph. 1:10; Apoc. 1:3). L'annonce de Jésus, " Les temps sont accomplis, et le règne de Dieu est proche ", était identique au message de Jean (voir Matthieu 3.2). Le peuple l'a comprise comme une déclaration que le royaume messianique était sur le point d'être établi. Dans l'esprit populaire, comme d'ailleurs dans celui de Jean, cela impliquait l'établissement d'un royaume terrestre pour les Juifs et le triomphe subséquent sur tous leurs ennemis (voir DA 103). Tout au long du ministère de Jésus, ce malentendu s'est perpétué et n'a été définitivement corrigé dans l'esprit de ses disciples qu'après la résurrection (voir Luc 24:13-32; Actes 1:6, 7), bien que, par ses paraboles, Jésus ait enseigné à plusieurs reprises que le royaume qu'il était venu établir était, pour commencer, un royaume spirituel (voir sur Matt. 4:17; Matt. 5:3; cf. ch. 13:1-52).

L'annonce de Jésus, "Le temps est accompli", se réfère à la prophétie des 70 semaines de Dan. 9:24-27, vers la fin desquelles le "Messie, le Prince" devait "confirmer l'alliance avec beaucoup" et "être retranché" (voir DA 233; GC 327). A l'époque du Christ, certains savaient au moins que cette période de Daniel touchait à sa fin(DA 31, 33, 34). "Lorsque la plénitude des temps fut venue, Dieu envoya son Fils" dans le monde(Gal. 4:4). Lorsque Jésus a commencé son ministère, le moment était venu d'établir son royaume (voir DA 32, 36, 37).

Marc 1:16

16. En marchant. [L'appel au bord de la mer , Marc 1:16-20=Matt. 4:18-22=Luc 5:1-11. Commentaire majeur : Luc] Littéralement : "comme il passait".

Siomon. Voir sur le ch. 3:16. Marc utilise le nom de Simon au ch. 3:16, où il rapporte le fait que Jésus a donné à Simon le nom de Pierre, et ensuite, à une exception près(ch. 14:37), il emploie ce dernier nom.

Marc 1:17

17. Vous faire devenir. Transformer des pêcheurs ordinaires en pêcheurs d'hommes impliquerait un long et lent processus de formation. Pierre, André, Jacques et Jean étaient des pêcheurs experts, mais ils devaient maintenant acquérir de nouvelles compétences.

Marc 1:20

20. Des serviteurs engagés. Zébédée n'est pas resté seul à travailler. En acceptant l'appel à devenir l'un des disciples de Jésus, les quatre hommes n'ont pas pour autant négligé leurs obligations filiales. La présence de "serviteurs à gages" implique une activité assez importante et fructueuse. Seul Marc rapporte ce détail intéressant du récit.

Marc 1:21

Ils allèrent. [Le démoniaque dans la synagogue, Marc 1:21–28=Luc 4:31b–37. Commentaire principal : Marc. Voir Ministère galiléen précoce ; Le ministère de notre Seigneur ; sur les miracles, p. 208–213.] Littéralement : « ils vont ». Marc emploie fréquemment le présent pour donner une touche de réalité saisissante à son récit. « Ils » désigne Jésus et les quatre disciples qu’il avait alors appelés. Capernaüm. Voir sur Luc 4:31. Le jour du sabbat. Voir sur Luc 4:16, 31. Il ne faut pas déduire du récit de Marc, qui progresse rapidement, que les quatre disciples pêchaient le jour du sabbat. « Aussitôt » désigne simplement ici le premier sabbat suivant l’épisode raconté dans Marc 1:16–20. La synagogue. Pour une description de la synagogue ancienne et de ses services, voir p. 56, 57. 22. Étonnés. Voir sur Matthieu 4:13. Sa doctrine. C’est-à-dire : « son enseignement ». Autorité. Cette caractéristique contrastait fortement l’enseignement du Christ avec celui des scribes, et fut maintes fois relevée par ceux qui l’entendirent (voir Matthieu 7:29; Marc 1:27 ; etc.). Au lieu de s’attarder sur ce que les hommes des siècles passés avaient pensé et écrit, et de s’y référer comme à une autorité, il parlait avec une autorité qui lui était propre, directement reçue du Père. Les scribes avaient coutume de dire qu’un certain rabbin avait dit ceci

et cela, tandis que Jésus déclarait : « Je vous le dis » (Matthieu 5:21, 22). Il est vrai aujourd’hui comme alors que seule la prédication de certitudes spirituelles peut apporter la guérison aux âmes malades du péché. Scribes. Les enseignants officiels de la loi et de la tradition. La plupart d’entre eux étaient des pharisiens. Ces exégètes professionnels de la loi orale et écrite étaient constamment en controverse avec Jésus (voir Matthieu 22:34–46; 23:13, 14). Ils manifestaient souvent un légalisme tatillon qui cherchait à déterminer la bienséance jusque dans les actes les plus insignifiants de la vie. Ils expliquaient fréquemment les Écritures de manière à jeter le doute sur leur sens plutôt qu’à le rendre clair, et s’occupaient des traditions des pères, qu’ils considéraient comme égales ou supérieures aux Écritures, annulant ainsi la loi de Dieu (Marc 7:9, 13). Ainsi, ils imposaient aux hommes des « fardeaux pénibles à porter », mais ne voulaient même pas « toucher » l’un de ces fardeaux du doigt (Luc 11:46). Voir p. 55 ; voir sur Matthieu 2:4.

Marc 1:23

23. Un esprit impur. Gr. pneuma akatharton. Dans les Évangiles, cette expression est utilisée comme synonyme de daimonion(cf. Matthieu 10:1 et Luc 9:1), un mot qui indique un esprit supérieur aux hommes et qui, dans le NT, s'applique toujours à un esprit mauvais, un démon ou un diable. Les Évangiles rapportent six cas spécifiques de possession démoniaque : (1) L'homme dans la synagogue de Capharnaüm (cf Marc 1:12-28), (2) un homme non identifié qui était muet ainsi que possédé (voir sur Matthieu 9, 32-34), (3) les deux démoniaques de Gadara (voir sur Marc 5:1-20), (4) la fille d'une femme syrophénicienne (voir sur Matthieu 15:21-28), (5) le fils d'un homme non identifié (voir sur Marc 9, 14-29), et (6) Marie(Marc 16:9). En plus de ces cas spécifiques, les Évangiles mentionnent souvent que Jésus et ses disciples ont guéri des personnes affligées d'esprits mauvais. Pour une discussion sur la possession de démons à l'époque du NT, voir la note supplémentaire à la fin du chapitre.

Il s'est écrié. Cela se produit au moment où le Christ parle de sa mission de libérer ceux qui sont esclaves du péché et de Satan (voir MH 91; cf. sur Luc 4:18). Dans cette expérience, le Christ se retrouve une fois de plus face à face avec l'ennemi qu'il a vaincu dans le désert de la tentation (voir DA 256). L'auditoire écoutait attentivement le message du Christ, et Satan voulait ainsi détourner l'attention du peuple de la vérité qui trouvait un terrain fertile dans certains de ses cœurs.

Marc 1:24

24. Qu'avons-nous à faire avec toi ? Cet idiome hébreu caractéristique (voir Juges 11,12; 2 Sam. 16,10) apparaît dans les LXX pratiquement sous la même forme qu'ici. Les démoniaques gadaréens utiliseront plus tard les mêmes mots (voir Matt. 8:29; voir sur Jean 2:4). D'après Marc 1:23, 25, 26, il semble qu'un seul esprit mauvais était en possession de l'homme. Les pronoms pluriels du présent verset se réfèrent probablement à tous les démons en général, classe d'êtres à laquelle s'identifiait ce mauvais esprit particulier.

Tu es Jésus. Les démons en possession d'êtres humains confessaient généralement que Jésus était le Fils de Dieu (voir ch. 3:11, 12; 5:7). Selon Jacques, "les démons aussi croient et tremblent" (voir Jacques 2:19), et leur connaissance de la volonté et du dessein divins doit dépasser de loin celle de l'homme.

Nous détruire. Ce démon anticipait manifestement avec terreur le grand jour du jugement de Dieu (voir Eze. 28:16-19; Matt. 8:29). Il connaissait apparemment le " feu éternel préparé pour le diable et ses anges "(Matt. 25:41) et craignait que le Christ ne soit sur le point d'exécuter le jugement divin sur lui (voir 2 Pierre 2:4; Jude 6).

Saint de Dieu. L'esprit malin a salué Jésus comme celui qui était en relation particulièrement étroite avec Dieu. A d'autres moments, les démons s'adressaient à lui en tant que " Fils de Dieu "(Matt. 8:29; Luc 8:28), le titre même qui a conduit les chefs juifs à souhaiter sa mort(Jean 5:17, 18) et finalement à le condamner (voir Matt. 26:63-68; cf. Jean 10:30-36).

Marc 1:25

25. Repris. Gr. epitimaÅÂ, littéralement, " donner une valeur à ", dans le NT, " taxer de faute ", " réprimander ", " admonester ", " censurer "."Jésus a "censuré" l'esprit mauvais sans toutefois porter une "accusation virulente" contre lui (voir Jude 9). La réprimande semble avoir été administrée parce que l'esprit s'est adressé à lui en tant que Messie. Jésus savait bien qu'une revendication ouverte de la messianité à cette époque ne ferait qu'influencer de nombreux esprits contre lui. En outre, la situation politique turbulente de la Palestine a produit de nombreux faux messies, qui ont proposé de conduire leurs compatriotes à la révolte contre Rome (voir Actes 5:36, 37; cf. DA 30, 733), et Jésus a cherché à éviter d'être considéré comme un messie politique dans le sens populaire du terme. Cela aurait aveuglé le peuple sur la véritable nature de sa mission et aurait fourni aux autorités un prétexte pour réduire ses activités au silence.

Une autre raison pour laquelle Jésus évitait de prétendre être le Messie était qu'il désirait que les hommes le reconnaissent comme tel par une expérience personnelle - en observant sa vie parfaite, en écoutant ses paroles de vérité, en étant témoins de ses œuvres puissantes et en reconnaissant dans tout cela l'accomplissement des prophéties de l'Ancien Testament. C'est évidemment avec cette pensée à l'esprit qu'il a répondu aux disciples de Jean-Baptiste comme il l'a fait(Matt. 11:2-6).

Tiens-toi tranquille. Littéralement, "sois muselé".

Marc 1:26

26. Déchiré. Gr. sparassÅÂ, terme utilisé par les anciens auteurs médicaux pour désigner l'action convulsive de l'estomac lors de la régurgitation. Ici, il pourrait être traduit par "attaqué" ou "convulsé", et pourrait indiquer que l'homme a été jeté à terre. Le même mot est utilisé à plusieurs reprises pour désigner les crises convulsives dont souffrent les personnes possédées par des démons(Marc 9:20, 26; Luc 9:39). L'attaque peut avoir été une tentative de la part du démon de tuer la malheureuse victime. Cette manifestation offre un contraste frappant entre la possession démoniaque et l'état normal de possession de soi qui s'ensuit.

Marc 1:27

27. Avec autorité. Non seulement Jésus a prêché avec autorité(Matt. 7:29; Marc 1:22), mais il a aussi agi avec autorité. Les exorcistes juifs utilisaient des incantations, des charmes et d'autres procédures superstitieuses pour chasser les mauvais esprits. Jésus a prononcé une seule parole et les démons sont partis immédiatement. Les esprits, tout comme les hommes, reconnaissaient l'autorité du Fils de Dieu.

La guérison du fils du noble avait mis en émoi la ville de Capharnaüm (voir Jean 4:53). Maintenant, ses habitants sont témoins d'une manifestation encore plus grande de la puissance de Dieu.

Marc 1:28

Renommée. Grec akoē, « ce qui est entendu ». Ce mot a à peu près le même sens que les termes anglais « report » et « news ». Jésus devint rapidement une personne bien connue en Galilée (voir aussi Luc 4:14, 15, 37; Luc 5:15, 17).

Marc 1:29

29. Aussitôt après. [La belle-mère de Pierre ; Les malades guéris le soir , Marc 1:29-34=Matt. 8:14-17=Luc 4:38-41. Commentaire majeur : Marc. Voir le ministère galiléen primitif; Le ministère de Notre Seigneur; sur les miracles pp. 208-213] Gr. eutheÅÂs; voir v. 10.

La maison de Simon. Au cours de son ministère en Galilée, Jésus a séjourné à plusieurs reprises dans la maison de Simon Pierre(cf. DA 259, 267). Le conseil qu'il donna aux Douze de demeurer dans une même maison pendant leur séjour dans une ville(Marc 6,10) correspondait sans doute à sa propre pratique.

Marc 1:30

La belle-mère de la femme de Simon. Pierre est le seul des Douze dont le mariage soit expressément mentionné, bien que, puisque la plupart des Juifs étaient mariés, on ait pensé que probablement la plupart, sinon tous les autres disciples, avaient également une épouse. C’est le premier miracle rapporté par les trois évangélistes synoptiques. Le récit de Marc fournit plusieurs détails absents des autres. Malade d’une fièvre. Grec puressō, du mot pur, qui signifie « feu ». Notre mot anglais « fever » dérive d’un mot apparenté. Luc, médecin, diagnostiqua cette affection comme une « forte fièvre » (voir sur Luc 4:38). La présence de marécages non loin de Capernaüm, dont le climat était subtropical, laisse penser qu’il pourrait s’agir du paludisme. Aussitôt. Grec eutheōs (voir sur le v. 10). Les disciples de Jésus démontrèrent leur confiance en lui en se tournant immédiatement vers lui au moment de la détresse physique.

Marc 1:31

31. Il l'a prise par la main. Cet acte était une touche personnelle de sympathie affectueuse couramment employée par Jésus (voir Matt. 9:25; Marc 5:41; 8:23; 9:27). Le contact avec la puissance divine, par le biais de la foi, a guéri cette femme. L'âme malade du péché a également besoin de sentir le contact d'une main chaude et compatissante.

Immédiatement. L'évidence textuelle favorise(cf. p. 146) l'omission du mot ici. Cependant, le fait que la mère de Pierre se soit levée immédiatement est mentionné dans Luc 4:39, et est indiqué par le fait que les trois récits impliquent qu'elle a pu s'occuper de la famille avant le coucher du soleil. Une longue fièvre laisse généralement sa victime dans un état de faiblesse, et un certain temps est nécessaire avant que les forces vitales du corps ne retrouvent leur vigueur normale, mais la guérison de cette femme semble avoir été instantanée.

Marc 1:32

32. Quand le soleil se coucha. Apparemment conscient que le terme "même" n'était pas suffisamment précis chez les Juifs pour situer le moment qu'il avait à l'esprit, Marc ajoute ce commentaire explicatif supplémentaire. Certains commentateurs ont considéré cette expression ajoutée comme une tautologie, mais compte tenu de l'indétermination relative du terme traduit par " même ", cela est hautement improbable.

La raison pour laquelle Marc précise le moment où les malades de la ville ont été amenés à la porte de la maison de Pierre réside probablement dans le fait que la loi rabbinique interdisait toute attention aux malades le jour du sabbat, sauf en cas d'urgence (cf Jean 5:10; 7:23; 9:14). De même, les actes de guérison, sauf en cas d'urgence absolue, où la vie elle-même était en danger, étaient considérés comme du travail, et donc inappropriés pour le jour du sabbat (voir sur Luc 13:10-17).

Le fait que les trois auteurs synoptiques décrivent cet incident avec une minutie comparable implique qu'il s'agissait d'un événement mémorable pour tous les disciples. Les Douze avaient été amèrement déçus de l'accueil réservé jusqu'alors au ministère de Jésus, en particulier en Judée et à Nazareth. Cette démonstration de la confiance du public à son égard a dû grandement renforcer leur propre foi.

Marc 1:33

Toute la ville. Un détail saisissant mentionné uniquement par Marc. Cela ne signifie pas nécessairement que tous les habitants de Capernaüm soient venus chez Pierre ; il s’agit plutôt d’une description hyperbolique des foules qui sont effectivement venues.

Marc 1:34

34. Diables. Gr. daimonion (voir v. 23; voir Note complémentaire à la fin du chapitre).

N'a pas souffert. Ou, "n'a pas voulu permettre" ; pour la raison, voir v. 25.

Marc 1:35

35. Le matin.[Première tournée galiléenne , Marc 1:35-39=Matt. 4:23-25=Luc 4:42-44. Commentaire majeur : Marc. Voir Premier ministère galiléen; Le ministère de Notre Seigneur] Ce terme était couramment utilisé en référence à la dernière veille de la nuit, de 3 heures à 6 heures du matin(voir Marc 16:2, 9; Jean 20:1). Comme nous sommes au début de l'été, le soleil se lève vers 5 heures et les premières lueurs de l'aube sont visibles vers 3h30, à la latitude de Capharnaüm. Voir p. 50

Un grand moment avant le jour. Le grec indique que c'était au plus profond de la nuit, ce qui, dans ce cas, correspondrait à la première partie de la veille du matin. Jésus n'a dû dormir que très peu, car la nuit était déjà bien avancée avant que la foule des malades amenés à la porte de la maison de Pierre ne se soit dispersée (voir DA 259)

Un lieu solitaire. Jésus cherchait à être seul, là où les foules ne pourraient pas le trouver(cf. DA 363)

Prié. Voir au ch 3:13. L'une des caractéristiques remarquables et significatives de Christ était qu'il priait, souvent et efficacement. Fréquemment au cours de sa vie terrestre, Jésus a souligné que "le Fils ne peut rien faire de lui-même"(Jean 5:19; cf. v. 30). Les œuvres merveilleuses qu'il a faites ont été accomplies par la puissance du Père (voir DA 143). Les paroles qu'il a prononcées lui ont été données par le Père(Jean 8:28). Avant que Jésus ne vienne sur cette terre, il connaissait tous les détails du plan de sa vie, "mais lorsqu'il marchait parmi les hommes, il était guidé, pas à pas, par la volonté du Père"(DA 147; cf Luc 2:49). Le plan de sa vie lui a été dévoilé jour après jour (voir DA 208)

Marc 1:36

Simon. Pierre est mentionné par son nom soit parce qu’il était un dirigeant reconnu du groupe, soit parce que, comme on le pense généralement, Marc rapporte le récit tel que Pierre le lui a raconté (voir p. 563). Avec lui. Cela incluait probablement au moins André, le frère de Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les quatre hommes officiellement appelés jusque-là à être disciples. Ils sont mentionnés comme étant chez Pierre la veille (v. 29). Suivi. Gr. katadiōkō, « poursuivre », « rechercher ». Ce n’était nullement une simple tentative occasionnelle de trouver Jésus. Ses disciples désiraient sans doute ardemment ramener leur Maître, auteur de miracles, auprès des foules qui se rassemblaient, afin qu’il accroisse encore davantage sa renommée. Ils semblaient penser que Jésus laissait échapper de précieuses occasions de gagner des disciples et d’accroître la popularité de sa cause. Mais leurs motivations n’étaient pas conformes au but pour lequel les miracles avaient été accomplis. Voir p. 209 ; voir la note sur le v. 38.

Marc 1:37

Tous les hommes. C’est-à-dire les habitants de Capernaüm (voir la note sur le v. 33).

Marc 1:38

38. Allons-y. Jésus propose de battre en retraite devant la soudaine vague de popularité qui s'apprête à submerger les véritables objectifs de son ministère. Accéder à la clameur non éclairée du peuple ferait plus de mal que de bien, et il refuse de se laisser prendre au piège. Jésus considérait ses miracles comme un moyen d'amener les hommes à prendre conscience de leur besoin de guérison de l'âme, mais la foule ne voyait pas plus loin que les miracles eux-mêmes. Manquant de perspicacité, elles confondaient les moyens avec la fin, mais les moyens sans la fin ne pouvaient que les éloigner plus que jamais du royaume que le Christ était venu proclamer. Si ces fausses conceptions de son œuvre ne pouvaient être dissipées, tous les efforts du Christ seraient vains. Voir v. 36.

C'est pourquoi je suis sorti. Ou, " c'est pourquoi je suis sorti "(RSV). Ici, il semblerait que Jésus se réfère à sa sortie de la ville de Capharnaüm "dans un lieu solitaire"(v. 35), plutôt qu'à sa descente du ciel sur la terre. Cependant, le passage parallèle dans Luc(ch. 4:43) implique que Jésus parle ici de sa mission sur terre. En d'autres occasions, il se réfère spécifiquement à sa venue du Père, en relation avec l'ensemble de sa mission (voir Jean 10.10; Jean 18.37; Luc 19.10).

Marc 1:39

Il prêcha. Ainsi commence le récit de Marc sur la première tournée missionnaire en Galilée, commencée probablement au début de l’été de l’an 29 apr. J.-C. (voir MB 2, 3 ; voir la Note additionnelle sur Luc 4). Dans ses écrits, Josèphe nomme plus de 200 villes et villages de Galilée, qui offraient amplement l’occasion d’une campagne étendue et prolongée, loin des grandes villes regroupées le long de la rive occidentale du lac de Galilée. Comme pour le premier ministère en Judée, au sujet duquel les auteurs synoptiques disent peu de choses, voire rien, il est probable que la première tournée missionnaire fut plus étendue et se poursuivit plus longtemps que ne tendrait à l’indiquer la brève attention qui lui est accordée (voir la note sur Marc 2:1). Marc ne rapporte qu’un seul incident précis de la première tournée (ch. 1:40–45), mais son résumé des résultats de la tournée (v. 45) indique une période fructueuse de ministère couvrant plusieurs semaines, et peut-être même deux ou trois mois. Dans leurs synagogues. Voir p. 56, 57. En tant que rabbin itinérant apprécié, Jésus aurait été invité à participer aux services et à prendre la parole, comme à Nazareth (Luc 4:16–27) et à Capernaüm (Marc 1:21, 22). Dans toute la Galilée. Matthieu (ch. 4:23–25) parle plus longuement de l’étendue et de l’influence de la première tournée missionnaire. En tout, Jésus effectua trois tournées missionnaires en Galilée entre la Pâque de l’an apr. J.-C. et celle de l’an 30 apr. J.-C., durant la période du ministère en Galilée (voir Le Ministère de notre Seigneur). Lors de la première tournée, on ignore si Jésus avait pour compagnons plus que les quatre disciples qu’il avait récemment appelés au bord du lac de Galilée (voir Marc 1:16–20). Ce sont les seuls dont il est expressément dit qu’ils étaient avec Jésus la veille de son départ de Capernaüm (v. 29). D’autres ont peut-être commencé à le suivre au cours de la première tournée, car la nomination officielle des Douze eut lieu avant le début de la deuxième tournée (ch. 3:13–19). Lors de cette première tournée, le Christ proclama l’établissement imminent du « royaume de Dieu » (Luc 4:43), qui constituait le fondement de tout son enseignement ultérieur.

Marc 1:40

Un lépreux. [Première guérison de la lèpre, Marc 1:40–45=Matthieu 8:24=Luc 5:12–16. Commentaire principal : Marc. Voir Ministère galiléen initial ; Le ministère de notre Seigneur ; au sujet des miracles, p. 208–213.] Les opinions divergent quant à savoir si ce miracle eut lieu après le Sermon sur la montagne, comme dans Matthieu, ou au cours de la première tournée en Galilée, comme ici. Marc observe généralement ce qui semble être un ordre des événements plus proche de l’ordre chronologique, tandis que Matthieu s’écarte souvent de l’ordre temporel pour adopter une organisation thématique. L’ordre donné par Marc paraît donc préférable. Ainsi, cette guérison est peut-être le seul épisode précis rapporté en relation avec le premier voyage que Jésus fit à travers la Galilée. Voir p. 191, 192, 274. Ce miracle est rapporté dans Matthieu 8:2–4 et Luc 5:12–16, mais le récit de Marc est plus détaillé. Plus tard, Jésus guérit d’autres personnes atteintes de la lèpre (Matthieu 26:6; Luc 7:22; 17:12–14 ; cf. DA 557) et envoya ses disciples faire de même (Matthieu 10:8). Quant à la nature de la « lèpre » dans l’Antiquité, voir l’article correspondant dans le Dictionnaire biblique adventiste du septième jour. Pour son diagnostic et les lois de ségrégation et de purification rituelle, voir Lévitique 13 et 14. Les Juifs considéraient généralement la lèpre comme un jugement divin sur le péché (auquel ils attribuaient aussi le fait d’être né aveugle ; voir Jean 9:2). Ils avaient assimilé une ancienne idée païenne (voir un texte d’augures babylonien ancien dans Archiv für Orientforshung 18:62, qui présente certains symptômes, apparemment de la lèpre, comme signifiant l’abandon par Dieu et par les hommes). C’est pourquoi ils ne faisaient aucun effort pour soulager ou guérir les malades ; en fait, ils ne connaissaient aucun remède contre la véritable lèpre—seulement

l’isolement. (Et même après le milieu du XXe siècle, la quarantaine continua d’être une procédure standard partout ; depuis lors, de nouveaux médicaments ont permis le traitement ambulatoire et rendu l’isolement inutile. Si tu le veux. Trois grands obstacles se présentèrent probablement à l’esprit de cet homme affligé, et chacun d’eux aurait pu suffire à rendre la perspective d’une guérison lointaine, sinon impossible. Tout d’abord, à notre connaissance, aucun récit d’une guérison semblable n’existait depuis celle de Naaman, environ 800 ans auparavant. Un deuxième obstacle, encore plus redoutable, était la croyance populaire selon laquelle il se trouvait sous la malédiction de Dieu. Jésus voudrait-il le guérir ? Le troisième obstacle posait un problème plus pratique. Comment pouvait-il s’approcher suffisamment de Jésus pour lui présenter ses demandes ? La loi rituelle lui interdisait strictement de s’approcher des autres ou de se mêler à eux, et partout où Jésus allait, la foule se pressait autour de lui. Cela empêchait effectivement l’homme souffrant d’accéder à la présence immédiate de Jésus. Rends-moi pur. Gr. katharizō, « purifier », plutôt que therapeuō, « guérir », « soigner ». À l’époque de l’AT comme à celle du NT, les personnes atteintes de la lèpre étaient qualifiées d’« impures », ayant besoin d’être « purifiées », plutôt que de « malades », ayant besoin d’être « guéries ». Cette distinction terminologique reflète l’idée de purification rituelle.

Marc 1:41

41. Il l'a touché. Jésus touchait souvent les malades pour les guérir(Matt. 8:15), mais parfois il ne le faisait pas(Jean 4:49, 50). Il savait que toucher un homme lépreux signifiait qu'il était impur ; néanmoins, il l'a fait avec audace.

Sois pur. Comme aucun être humain ne pouvait alors guérir la lèpre, le fait que Jésus l'ait fait impliquait qu'il avait un pouvoir divin. Cela a donné au peuple la foi qu'il était également capable de purifier l'âme du péché. Jésus était venu sur terre dans le but précis de purifier les pécheurs, dont la maladie spirituelle était plus mortelle que la lèpre.

Marc 1:42

42. Immédiatement. C'est en soi un élément important du miracle. Tout s'est passé sous les yeux de la foule. La chair du malade s'est reconstituée, ses muscles se sont raffermis, ses nerfs sont devenus sensibles (voir DA 263).

Marc 1:43

Ordonna sévèrement. Gr. embrimaomai, « être profondément ému », « exhorter instamment ». Ce mot est traduit par « gémissait » dans Jean 11:33 et par « murmurait » dans Marc 14:5, et indique toujours une émotion intense. Les évangélistes n’emploient ce terme à propos du Christ qu’en deux autres occasions (voir Matthieu 9:30 et Jean 11:33, 38). Ce n’est que dans de rares cas que Jésus adopta une attitude sévère (voir Matthieu 23:13–33; Jean 2:13–17 ; cf. DA 353). Les raisons de l’apparente sévérité de Jésus ici sont explicitées dans Marc 1:45.

Marc 1:44

44. Ne rien dire. Plusieurs facteurs ont probablement incité Jésus à dire à l'homme guéri de ne rien dire de ce qui s'était passé et de l'envoyer " aussitôt "(v. 43) se présenter aux prêtres. Tout d'abord, une action rapide était nécessaire pour que l'homme puisse atteindre les prêtres avant qu'ils n'apprennent qui l'avait guéri. Ce n'est qu'ainsi qu'il pouvait s'attendre à une décision impartiale, car si les prêtres apprenaient que c'était Jésus qui avait guéri l'homme, ils refuseraient probablement de certifier sa purification. Son propre intérêt exigeait le silence et une action rapide.

De plus, si les nombreuses victimes de la lèpre de la région entendaient parler du pouvoir de Jésus de les libérer de la maladie, elles afflueraient sans doute vers lui et rendraient plus difficile son ministère auprès du peuple en général. En outre, Jésus exigeait comme condition préalable un sentiment sincère de besoin de la part de l'affligé, et au moins une certaine dose de foi (voir Marc 5:34; Jean 4:49, 50; cf. DA 264, 267, 268).

Une autre raison de son silence est qu'il voulait éviter de se faire une réputation de simple faiseur de miracles. Les récits évangéliques montrent clairement qu'il considérait les miracles comme secondaires ; son premier et grand objectif était de sauver l'âme des hommes. Le Christ a toujours appelé les hommes à chercher d'abord le royaume des cieux, avec la pleine confiance que leur Père céleste leur ajouterait les bénédictions matérielles dont ils pourraient avoir besoin(Matt. 6:33).

On trouvera divers exemples où Jésus, pour ces raisons et d'autres, a interdit la publication des récits des miracles qu'il avait accomplis dans Matt. 9:30; 12:16; Marc 5:43; 7:36; 8:26.

Montre-toi. Selon la loi mosaïque, les prêtres qui servaient d'officiers de santé publique diagnostiquaient la lèpre et ordonnaient la ségrégation. Étant donné que, dans l'AT au moins, d'autres maladies de la peau étaient décrites sous le terme de lèpre, les examinateurs devaient parfois être incapables d'écarter les types guérissables. Ceux qui guérissaient de leur maladie pouvaient retourner chez eux après un nouvel examen, des rites de purification et probablement un certificat(Lév. 14).

Un tel certificat du prêtre équivaudrait à une reconnaissance officielle de cette guérison miraculeuse (voir DA 265). L'homme lui-même était le témoin vivant de ce qui s'était passé. De fait, de nombreux prêtres ont été convaincus par cette preuve et d'autres de la divinité du Christ (voir DA 266). Après la résurrection, de nombreux prêtres ont professé leur foi en lui (voir Actes 6:7) et se sont joints à l'Église naissante.

Le fait que Jésus ait dit à l'homme guéri de suivre les injonctions de la loi montre qu'il n'était pas opposé aux lois de Moïse. Il est lui-même né "sous la loi"(Gal. 4:4; voir sur Matt. 23:2, 3). Mais il s'est vigoureusement opposé aux traditions que les scribes avaient construites autour des préceptes mosaïques et qui annulaient à la fois la lettre et l'esprit de ce que Dieu avait transmis à Moïse (voir Matthieu 15:3; Marc 7:8, 9; cf. DA 395-398). En envoyant cet homme aux prêtres, le Christ a sans doute voulu leur montrer, ainsi qu'au peuple, qu'il reconnaissait lui-même les lois qu'il avait transmises à Moïse longtemps auparavant. Il espère ainsi réfuter les fausses accusations des prêtres, les gardiens officiels de la loi. Ainsi, ceux d'entre eux qui étaient ouverts d'esprit pourraient voir que l'accusation de déloyauté envers la loi de Moïse était fausse, et pourraient être amenés à le reconnaître comme le Messie (voir DA 265).

Offrir pour ta purification. Voir Vol. I, p. 707, et sur Lev. 14.

Pour un témoignage. C'est-à-dire un témoignage de la puissance divine que Jésus a manifestée, de son intérêt sympathique pour les besoins de l'humanité, de son respect pour les lois de Moïse et pour les chefs juifs en tant que gardiens et exécuteurs de la loi, et surtout de son pouvoir de délivrer les hommes du péché et de la mort.

Pour eux. Il n'est pas tout à fait clair s'il s'agit d'une référence aux prêtres ou au peuple dans son ensemble, y compris les prêtres. Cependant, le contexte semble indiquer qu'il s'agit des prêtres. C'est à eux que les choses ordonnées par Moïse devaient être offertes " en témoignage " : le peuple avait vu les preuves se dérouler sous ses yeux, mais pas les prêtres. Mais la coopération de l'homme guéri avec la loi rituelle témoignera des choses dont le Christ veut qu'ils soient conscients. Bien entendu, la décision des prêtres constituera un témoignage légal permanent devant tout le peuple, une fois qu'elle aura été consignée dans le registre officiel.

Marc 1:45

Publie-le largement. Ou : « parle-en librement » (RSV). Ne comprenant pas en quoi son manquement à la stricte injonction de garder le silence entraverait l’œuvre du Christ, et se consolant à la pensée que la modestie de Jésus était la seule

considération en jeu, l’homme reconnaissant parla librement de la puissance de Celui qui l’avait guéri. Fais connaître la chose au loin. Ou : « répands la nouvelle » (RSV). Pas davantage. C’est-à-dire : plus désormais. Ce miracle, ou plutôt son résultat, semble avoir marqué la fin du premier voyage missionnaire du Christ à travers les villes et les villages de Galilée. Il fut contraint de cesser son œuvre pendant un certain temps (voir DA 265). La ville. Littéralement, « une ville », c’est-à-dire n’importe quelle ville ou bourg. Dans des lieux déserts. Ou : « dans la campagne » (RSV). Rien n’indique où pouvait se trouver le lieu de retraite de Jésus. Le Christ resta probablement près des parties les plus peuplées de la région, se rendant peut-être dans les collines à quelques kilomètres à l’ouest du lac de Galilée. Quelques jours plus tard, Il se trouvait de nouveau à Capernaüm, ch. 2:1, chez Pierre (voir DA 267). Ils vinrent. La forme du verbe grec implique que les gens continuaient à venir. Leur imagination était enflammée, mais malheureusement leur zèle était dépourvu de connaissance, et ils ne comprenaient pas le but du Christ en accomplissant ses miracles (voir p. 209). NOTE ADDITIONNELLE SUR LE CHAPITRE 1 Ceux qui nient l’inspiration de l’Écriture et rejettent l’idée d’un diable réel et d’esprits mauvais réels attribuent les phénomènes de ce que la Bible appelle la possession démoniaque à des causes naturelles, particulièrement à divers troubles physiques et nerveux tels que l’épilepsie et la folie. D’autres, acceptant comme vraies les déclarations de l’Évangile concernant la possession démoniaque, n’ont pas toujours pris en compte la nature et les rapports des troubles physiques et nerveux qui l’accompagnent. Cette note cherchera à expliquer le problème, tant en ce qui concerne le contrôle satanique de la vie de tous les méchants en général que dans le sens plus restreint de la possession démoniaque avec ses manifestations corporelles associées. Contrôle par le Saint-Esprit.—Par l’intermédiaire du Saint-Esprit (1 Cor. 3:16; 6:19; 2 Cor. 6:16; Eph. 2:22) le Christ demeure dans le cœur de ceux qui, de leur plein gré, veulent le servir (2 Cor. 5:14; Gal. 2:20; Col. 1:27; etc. ; cf. MB 142). Alors que, grâce à leur coopération, Il produit en eux le vouloir et le faire selon son bon plaisir (Phil. 2:13), une puissance d’en haut prend possession d’eux, amenant les tendances naturelles en harmonie avec les principes divins (Rom. 8:29; Gal. 5:22, 23; 2 Thess. 2:14). Seuls ceux qui abandonnent ainsi à Dieu le contrôle de leur esprit peuvent, au sens plein du terme, avoir un « esprit sain » et jouir d’une véritable stabilité mentale et émotionnelle complète (voir 2 Tim. 1:7; cf. Isa. 26:3, 4). Aucun de ceux qui choisissent le service de Dieu ne sera livré au pouvoir de Satan (MH 93 ; cf. DA 38). Fortifiés par la puissance divine, ils deviennent invulnérables aux assauts de Satan (DA 209, 324). Contrôle par un mauvais esprit.—D’autre part, tous ceux qui rejettent ou ignorent la vérité déclarent leur allégeance au Malin (MH 92 ; DA 322, 341). Ceux qui refusent ou négligent constamment d’obéir aux impulsions du Saint-Esprit et se soumettent plutôt au contrôle de Satan développent un caractère qui ressemble de plus en plus au sienJohn 8:34, 41, 44; DA 338, 429). La conscience et la faculté de choisir établissent une conduite fondée sur les principes de Satan (voir Rom. 6:12–16; DA 256). Ainsi, à mesure que les hommes se séparent progressivement de l’influence et du contrôle du Saint-Esprit (voir Eph. 4:30; voir le commentaire sur Ex. 4:21) ils se retrouvent finalement entièrement à la merci du diable (DA 256, 323, 324 ; cf. 645, 696 ; John 6:70). Retenus par une volonté plus forte que la leur, ils ne peuvent, par eux-mêmes, échapper à sa puissance maléfique (MH 93). Ils pensent et agissent automatiquement comme Satan le leur ordonne. Partout où l’Inspiration en indique la cause, elle déclare que la possession démoniaque résulte d’une mauvaise conduite (voir DA 256). La fascinante

carrière des plaisirs terrestres s’achève dans les ténèbres du désespoir ou dans « la folie d’une âme ruinée » (DA 256). Degrés du contrôle démoniaque.—Le processus de formation du caractère est graduel et il existe donc des degrés de contrôle ou de possession, que ce soit par le Saint-Esprit ou par des esprits mauvais (voir Rom. 12:2). Ainsi, tous ceux qui ne s’abandonnent pas sans réserve à l’habitation de l’Esprit de Dieu sont, à un degré plus ou moins grand, sous le contrôle—en la possession—de Satan (voir Luke 11:23; Rom. 6:12–16; 2 Peter 2:18, 19; DA 324, 341). Tout ce qui n'est pas en harmonie avec la volonté de Dieu — toute intention de nuire aux autres, toute manifestation d'égoïsme, toute tentative de favoriser de mauvais principes — est, dans un certain sens du terme, la preuve d'un certain degré de contrôle ou de possession démoniaque (voir DA 246, 341). Tout consentement au mal produit un corps plus faible, un esprit plus sombre, une âme plus avilie (DA 341). Néanmoins, à n'importe quel moment du processus de formation du caractère, « le caractère se révèle non par des actes occasionnels de bonté et des fautes occasionnelles, mais par la tendance des paroles et des actes habituels » (SC 57, 58). La principale différence entre ceux qui réagissent occasionnellement et ceux qui réagissent constamment aux suggestions de Satan est donc une différence de degré et non de nature. La vie du roi Saül est un exemple remarquable de l'expérience de ceux qui se soumettent au contrôle des démons (1 Sam. 13:8– 14; 15:10–35; 16:14–23; 28:1–25; PP 679–681). Formes du contrôle démoniaque.—Le degré de contrôle ou de possession démoniaque varie, mais la forme sous laquelle il se manifeste varie également. Parfois, Satan peut accomplir plus efficacement ses desseins sinistres en laissant sa victime conserver ses facultés mentales et physiques tout à fait intactes et simuler la piété. D'autres fois, le diable pervertit l'esprit et le corps et conduit la victime sur des voies manifestement impies et mauvaises. Ceux qui ne sont que partiellement sous le contrôle des démons, ou qui ne manifestent pas les symptômes généralement associés à la possession démoniaque, sont souvent plus utiles au prince du mal que ceux qui peuvent être plus manifestement sous son contrôle. Le même esprit mauvais qui possédait le démoniaque de Capernaüm contrôlait aussi les Juifs incrédules (voir John 8:44; DA 256; cf. 323, 733, 746, 749, 760). Judas était « possédé » dans un sens similaire (DA 294, 645; Luke 22:3; John 6:70, 71; 13:27; cf. Matt. 16:23). Dans des cas comme ceux-ci, la différence réside principalement dans la forme sous laquelle les démons manifestent leur présence et leur pouvoir. Possession démoniaque et système nerveux humain.—Quel que soit le degré ou la forme sous lesquels les démons prennent le contrôle d'un être humain, ils le font par l'intermédiaire du système nerveux sensoriel. Par les facultés supérieures de l'esprit — la conscience, la faculté de choisir et la volonté — Satan possède la personne. Par l'intermédiaire du système nerveux moteur, le malin exerce son contrôle sur ses sujets. La possession démoniaque ne peut se produire que par l'intermédiaire du système nerveux, car c'est par lui que Satan accède à l'esprit et contrôle ensuite le corps (cf. Luke 8:2; DA 568). Puisque le système nerveux lui-même est la première partie de l'être à être affectée, divers troubles nerveux, tels que l'épilepsie et diverses formes de psychose, sont à prévoir en relation avec la possession démoniaque. Ces troubles résultent souvent du fait de céder, d'une manière ou d'une autre, à l'influence et aux suggestions de Satan. Cependant, ces troubles n'accompagnent pas nécessairement la possession démoniaque et ne constituent pas davantage nécessairement une marque de possession démoniaque que la surdité et la mutité, qui, elles aussi, accompagnaient parfois la possession démoniaque. Il est expressément dit de chaque cas de possession démoniaque décrit dans Jésus-Christ que celui-ci impliquait une forme quelconque de dérèglement mental communément décrit comme de la folie, et cette condition est présentée comme le résultat de la possession démoniaque. Par exemple, le démon-

possédé de la synagogue de Capernaüm est décrit comme un « démoniaque », et son affliction comme de la « folie » et de la « démence » (DA 256). Les démoniaques de Gadara sont pareillement qualifiés de « fous » et de « démoniaques », et il est dit qu'ils avaient « l'esprit égaré » (DA 341; GC 514). Le garçon possédé par un démon au pied de la montagne de la transfiguration est également appelé un « démoniaque » (DA 429; voir ch. 9:18). Les symptômes de troubles nerveux spécifiquement mentionnés sont la déformation du visage, les cris stridents, la mutilation du corps, le regard fixe, le grincement des dents, l'écume à la bouche et des convulsions ressemblant étroitement à celles de l'épilepsie (voir Mark 1:26; 9:18–26; Luke 4:35; 8:29; DA 256, 337, 429). Dans chaque cas, l'expulsion des esprits mauvais s'accompagnait d'un changement instantané et évident — l'équilibre mental et la santé physique étaient rétablis là où ils avaient été altérés. L'intelligence revenait (DA 256, 338), les personnes affligées étaient de nouveau vêtues et avaient recouvré leur bon sens (Mark 5:15; Luke 8:35; DA 338), et leur raison était rétablie (DA 429, 568). Le cas du garçon possédé par un démon de Mark 9:14–29 mérite une attention particulière. La description du cas ressemble de manière frappante à celle d'une crise d'épilepsie (voir v. 18– 20). Mais affirmer qu'il s'agissait simplement d'un cas d'épilepsie revient à rejeter les déclarations explicites de l'Écriture selon lesquelles le garçon était possédé par un démon. Les évangélistes sont tout aussi explicites lorsqu'ils décrivent un cas qui semble certainement être de l'épilepsie et l'attribuent à la possession démoniaque. Possession démoniaque et troubles physiques.—Dans certains cas de possession démoniaque, il y avait également des troubles physiques concomitants d'une sorte ou d'une autre (voir Matt. 9:32; 12:22; Mark 9:17). Il convient de noter que les troubles physiques précisément mentionnés — la cécité et la mutité — semblent avoir été liés aux nerfs sensitifs et moteurs des parties affectées. D’autres maladies physiques peuvent également avoir résulté de la possession démoniaque. Ceux qui se livraient, à un degré plus ou moins grand, à l’influence et au contrôle de Satan pensaient et vivaient de manière à avilir le corps, l’esprit et l’âme (voir DA 256, 341, etc.). Signes distinctifs de la possession démoniaque.—Pour autant que l’Inspiration l’ait indiqué, les diverses manifestations de troubles physiques et mentaux qui caractérisaient les possédés n’étaient, en elles-mêmes, pas différentes de manifestations similaires attribuables à des causes naturelles. Apparemment, la différence ne résidait pas dans les symptômes nerveux et physiques manifestés, mais dans l’agent qui les causait. L’Inspiration attribue ces symptômes à la présence et à l’action directes d’esprits mauvais (voir GC 514). Mais les divers troubles physiques et mentaux ne constituaient pas, en eux-mêmes, ce que les Évangiles décrivent comme la possession démoniaque. Ils étaient le résultat de la possession démoniaque. Il ne fait aucun doute que l’esprit populaire identifiait les résultats de la possession démoniaque à la possession démoniaque elle-même. Mais l’affirmation selon laquelle, par ignorance, les auteurs des Évangiles auraient attribué à tort divers troubles physiques et nerveux à l’action d’esprits mauvais est réfutée par le fait qu’ils distinguaient clairement, d’une part, les afflictions corporelles ordinaires et, d’autre part, la possession démoniaque (voir Matt. 4:24; Luke 6:17, 18; 7:21; 8:2). La réalité de la possession démoniaque est en outre attestée par le fait que le Christ s’adressait aux démons en tant que démons et que les démons répondaient en tant que démons, par l’intermédiaire de leurs malheureuses victimes (Mark 1:23, 24; 3:11, 12; 5:7; etc.). En reconnaissant la divinité du Christ et le jugement final — réalités que le peuple en général ne comprenait pas alors — les démons témoignaient d’une connaissance surnaturelle (Matt. 8:29; Mark 1:24; 3:11, 12; 5:7; etc.).

Il est raisonnable de conclure que la possession démoniaque, bien que souvent accompagnée de troubles nerveux ou physiques, présentait ses propres symptômes caractéristiques, mais les Écritures ne disent pas quels pouvaient être ces symptômes. Pourquoi la possession démoniaque était courante.—Il y a lieu de croire que la possession démoniaque, au sens restreint des auteurs des Évangiles, était beaucoup plus courante à l’époque du ministère personnel du Christ sur la terre qu’elle ne l’est aujourd’hui (voir DA 257). Peut-être Dieu a-t-il permis, pendant un temps, à Satan de disposer d’une plus grande liberté pour démontrer les résultats de son contrôle personnel sur les êtres humains qui choisissaient volontairement de le servir. Sur la montagne de la transfiguration, les disciples contemplèrent l’humanité transfigurée à l’image de Dieu et, au pied de la montagne, l’humanité avilie à la ressemblance de Satan (DA 429). Pendant des siècles, le diable avait cherché à exercer un contrôle illimité sur le corps et l’âme des hommes, afin de les accabler de péché et de souffrance et finalement de les détruire (DA 257; PP 688). Ainsi, lorsque notre Seigneur apparut, marchant comme un homme parmi les hommes, « les corps des êtres humains, créés pour être la demeure de Dieu, étaient devenus l’habitation des démons. Les sens, les nerfs, les passions et les organes des hommes étaient dirigés par des puissances surnaturelles pour satisfaire les convoitises les plus viles. L’empreinte même des démons était imprimée sur les visages des hommes » (DA 36). La ressemblance même de l’humanité semblait avoir été effacée de nombreux visages humains, qui reflétaient au contraire l’expression des légions du mal qui les possédaient (cf. Luke 8:27; DA 337; GC 514). De manière très concrète, la possession démoniaque représente les profondeurs de dégradation auxquelles s’abaissent ceux qui répondent à Satan et illustre de façon saisissante ce que deviendront finalement tous ceux qui rejettent la miséricorde de Dieu lorsqu’ils seront entièrement livrés à la juridiction satanique (DA 341).

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés