Seventh-day Adventist Bible CommentaryActes 1

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

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Introduction

LES ACTES DES APÔTRES INTRODUCTION 1. Titre. Depuis l'Antiquité, ce livre est connu sous le nom d'Actes des Apôtres, mais ce titre ne figure pas dans le livre lui-même. Dans le plus ancien exemplaire conservé (mais incomplet) du livre, connu sous le nom de Papyrus 45 (voir vol. V, p. 116), ainsi que dans le Codex Sinaiticus, le titre est simplement « Actes », sans mention des apôtres. Cela est raisonnable, car le livre ne constitue pas une histoire complète de tous ces hommes. Quelques chapitres décrivent l'œuvre de Pierre et de Jean, tandis que le reste du livre rapporte la conversion et le ministère de Paul jusqu'à son premier emprisonnement à Rome. Par conséquent, le livre ne couvre pas complètement l'œuvre d'un seul des apôtres et, de fait, reste silencieux au sujet de la plupart d'entre eux. Parmi les Douze, seuls Pierre, Jacques et Jean jouent un rôle prépondérant dans le récit, mais une grande partie du livre est consacrée à Paul qui, bien qu'apôtre, ne faisait pas partie des disciples originels. Le titre « Actes » semblerait donc suffisant. À partir du IIe siècle apparut un flot de récits prétendant relater la vie et les expériences des apôtres (voir The Ante-Nicene Fathers, vol. 8 ; cf. Eusèbe, Histoire ecclésiastique iii. 25. 4–7). Ces écrits étaient eux aussi appelés « Actes ». C'est peut-être pour distinguer les Actes canoniques de ces imitations apocryphes que le nom du livre biblique fut diversement développé en « Actes des Apôtres », « Actes de tous les apôtres » ou « Actes des Apôtres ». 2. Auteur. L'introduction au livre des Actes (ch. 1:1–4) montre clairement que l'Évangile de Luc et le livre des Actes ont été écrits par le même auteur. Pour une discussion détaillée de l'auteur de Luc et des Actes, voir vol. V, p. 175–179, 663–665. L'Église primitive n'a jamais sérieusement contesté la canonicité du livre, et celui-ci a rapidement acquis une place assurée parmi les écrits du Nouveau Testament. 3. Cadre historique. L'Empire romain connaissait son âge d'or. Auguste avait posé de solides fondations administratives sur lesquelles ses meilleurs successeurs purent bâtir, et que les moins capables ne purent démolir. Les bienfaits que la civilisation romaine apportait aux habitants de l'empire continuèrent à leur profiter même lorsque le souverain lui-même était faible, tyrannique, ou les deux. Ainsi, pendant la période couverte par le livre des Actes, vers 31–63 apr. J.-C., les empereurs furent Tibère (14–37), Caligula (37–41), Claude (41– 54) et Néron (54–68). Parmi eux, Tibère et Claude employèrent leurs capacités au bien de leurs possessions très étendues, tandis que Caligula et Néron ne firent guère que du mal. Pourtant, malgré cette direction contrastée, l'empire maintint des conditions favorables à la diffusion de l'Évangile. Un gouvernement assez stable, un système administratif commun, la justice romaine, une citoyenneté en expansion, la paix préservée par des légions disciplinées, des routes s'étendant jusqu'aux moindres recoins du monde alors connu, une langue (le grec) presque universellement comprise — autant de facteurs favorables au programme entrepris par les apôtres. Au début, la nouvelle religion profita de ses liens avec le judaïsme. Le peuple élu avait été dispersé dans de nombreuses régions de l'empire, et ses croyances fondamentales furent finalement tolérées par les Romains. Le christianisme, issu de l'ancienne foi, bénéficia de cette tolérance. Mais le judaïsme tomba en disgrâce. Ses adhérents furent expulsés de Rome sous le règne de Claude (Actes 18:2), et d'intenses aspirations nationales juives entraînèrent une rébellion en Palestine et les guerres désastreuses de 66–70 apr. J.-C., qui culminèrent avec la destruction de Jérusalem en l'an 70. À mesure que la position du judaïsme se dégradait, la situation du

du christianisme devint plus périlleuse. C'était une religion dépourvue de statut légal, et ses membres n'étaient pas protégés aux yeux de la loi. Lorsque des troubles éclatèrent, comme lors de l'incendie de Rome en 64 apr. J.-C., il était facile de faire de la communauté chrétienne un bouc émissaire, et la persécution qui s'ensuivit établit un terrible précédent, suivi avec une fidélité excessive au cours des années suivantes. C'est dans ce contexte que Luc prépara son histoire de l'Église primitive et écrivit les Actes des Apôtres. Pour une discussion plus complète du sujet, voir vol. V, p. 46– 73, 664, 665, et vol. VI, p. 22–33, 71–84, 89–95. 4. Thème. Luc déclare (Actes 1:1) que son « premier traité » portait sur « tout ce que Jésus a commencé de faire et d'enseigner ». Avec une grande perspicacité historique, il reconnut que l'œuvre de Jésus sur la terre n'était qu'un commencement, commencement qu'il relata dans son Évangile. Mais il savait que son histoire serait incomplète sans le récit de ce que Jésus fit par l'intermédiaire de l'Église naissante après son ascension. Il entreprend donc de décrire la continuation de l'œuvre du Christ à travers le ministère de ses disciples. Il le fait de manière ordonnée en prenant Actes 1:8 comme thème autour duquel sont développés les actes des apôtres. En obéissance au commandement de leur Maître, les disciples rendirent témoignage (1) à Jérusalem, (2) dans toute la Judée, (3) en Samarie et (4) jusqu’aux extrémités de la terre. Alors que Luc suit leurs déplacements, son récit se divise naturellement selon ces divisions, et son livre retrace ainsi l’expansion géographique de l’Église primitive. Il rapporte également un autre développement important. L’Église était juive à son origine, mais elle n’aurait jamais pu remplir une mission mondiale si elle était restée dans les limites d’une religion exclusive comme le judaïsme. Elle devait se libérer d’une telle exclusivité. Luc expose les étapes qui conduisirent à cette liberté. Son récit décrit la croissance du christianisme, passant d’une secte juive à une religion internationale, jusqu’au moment où Paul put dire que l’Évangile « avait été prêché à toute créature qui est sous le ciel » (Col. 1:23). Luc rapporte que des milliers de Juifs, y compris des prêtres, acceptèrent rapidement l’Évangile (Acts 6:7); et que les persécutions poussèrent bientôt Philippe à évangéliser les Samaritains et l’Éthiopien partiellement judaïsé (ch. 8). Il raconte comment Pierre atteignit le centurion romain Corneille (ch. 10). Il souligne comment des hommes de Cyrène et de Chypre prêchèrent pour la première fois aux non-Juifs (ch. 11) ; comment, la voie ayant été ouverte, Paul et ses compagnons évangélisèrent les païens en grand nombre (chs. 13 ; 14) ; comment ils purent effectivement, avec l’aide de Pierre et de Jacques, obtenir pour les convertis païens la liberté de ne pas être soumis au rituel juif (ch. 15). Son récit s’achève sur une image saisissante de la diffusion de l’Évangile dans tout le monde romain oriental (chs. 16 à 28). Il voit le christianisme devenir en grande partie une religion des païens. Luc était particulièrement qualifié pour être l’historien d’un tel mouvement. On pense qu’il était païen. Il manifesta un profond intérêt pour le ministère auprès des non-Juifs (voir vol. V, p. 663, 664). Il était donc tout indiqué qu’il soit choisi pour raconter l’histoire de la proclamation de l’Évangile au monde païen ! L’auteur des Actes reconnaît pleinement la place du Saint-Esprit dans la croissance de l’Église naissante. Dès le jour où Jésus « par le Saint-Esprit avait donné des commandements aux apôtres » (ch. 1:2), l’Esprit apparaît comme le conseiller des dirigeants et de leurs associés. Par le miracle de la Pentecôte, « ils furent tous remplis du Saint-Esprit et commencèrent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer » (ch. 2:4). Un peu plus tard, les croyants aussi furent « remplis du Saint-Esprit et annoncèrent la parole de Dieu avec assurance » (ch. 4:31). Les sept hommes choisis comme diacres étaient « remplis du Saint-Esprit et de sagesse » (ch. 6:3), et l’un des plus éminents d’entre eux,

Étienne était « rempli de foi et du Saint-Esprit » (v. 5). À mesure que le récit progresse, l’Esprit continue de guider — dans des situations telles que l’ordination de Saul (ch. 9:17), l’acceptation des païens dans l’Église (ch. 10:44–47), la mise à part de Barnabas et de Saul pour l’œuvre missionnaire (ch. 13:2–4), le concile de Jérusalem (ch. 15:28) et les voyages missionnaires de Paul (ch. 16:6, 7). On peut donc dire que le livre des Actes constitue un compte rendu partiel des accomplissements de l’Esprit par l’intermédiaire des apôtres et de leurs disciples. 5. Plan. I. Introduction, 1:1–11. A. Le « traité précédent » de Luc, l’Évangile, 1:1. B. La mission évangélique, 1:2–8. C. L’ascension du Christ, 1:9–11. II. Ministère à Jérusalem, 1:12 à 7:60. A. Attente de la puissance de l’Esprit, 1:12–26. 1. Retour des apôtres à Jérusalem, 1:12, 13. 2. La période de prière, 1:14. 3. La mort de Judas, 1:15–20. 4. La nomination de Matthias pour succéder à Judas, 1:21–26. B. La puissance de l’Esprit, 2:1–47. 1. L’effusion de l’Esprit, 2:1–13. 2. Le sermon de Pierre, 2:14–36. 3. Résultats du sermon, 2:37–41. 4. La consécration et la croissance de l’Église naissante, 2:42–47. C. La guérison de l’homme boiteux, 3:1 à 4:31. 1. Le miracle de guérison accompli au nom du Christ, 3:1–11. 2. Le discours de Pierre, 3:12–26. a. Accusation contre les Juifs, 3:12–18. b. Appel à la repentance, 3:19–26. 3. L’arrestation de Pierre et Jean, 4:1–4. 4. Le procès et la libération des apôtres, 4:5–22. 5. Le service de louange de l’Église, 4:23–31. D. La communauté chrétienne primitive, 4:32 à 6:7. 1. La mise en commun des biens, 4:32 à 5:11. a. Les croyants partagent leurs biens, 4:32–37. b. La tromperie et la mort d’Ananias et de Saphira, 5:1–11. 2. L’opposition officielle, 5:12–40. a. Miracles de guérison, 5:12–16. b. L’arrestation, l’évasion et la nouvelle arrestation des apôtres, 5:17–28. c. La défense de Pierre, 5:29–32. d. L’appel de Gamaliel à la modération, 5:33–40. 3. La prédication de maison en maison, 5:41, 42. 4. La nomination des diacres, 6:1–7. E. L’arrestation et la mort d’Étienne, 6:8 à 7:60. 1. La prédication d’Étienne, l’un des diacres, 6:8–10. 2. L’arrestation et le procès d’Étienne, 6:11 à 7:53. a. L’arrestation, 6:11–14.

b. L’illumination d’Étienne, 6:15. c. Sa défense, 7:1–53. 3. La mort d’Étienne, 7:54–60. III. Ministère en Palestine et en Syrie, 8:1 à 12:23. A. Dispersion de l’Église sous la persécution, 8:1–4. B. Philippe, Pierre et Jean en Samarie, 8:5–25. 1. Le ministère fructueux de Philippe, 8:5–13. 2. Simon et sa simonie réprimandés par Pierre, 8:14–25. C. Poursuite du ministère de Philippe, 8:26–40.. 1. Philippe et l’Éthiopien, 8:26–39. 2. Philippe à Azot et à Césarée, 8:40. D. La conversion de Saul, 9:1–31. 1. Saul de Tarse, le persécuteur, 9:1, 2. 2. La vision du Christ par Saul et sa conversion consécutive, 9:3–17. 3. Son baptême et sa première prédication, 9:18–22. 4. Des Juifs complotent pour le tuer, 9:23, 24. 5. Sa fuite à Jérusalem avec Barnabas, et son retour à Tarse, 9:25–30. 6. L’Église connaît un répit après la persécution, 9:31. E. Le ministère ultérieur de Pierre, 9:32 à 10:48. 1. Miracles de guérison, 9:32–42. a. Énée guéri de la paralysie, 9:32–35. b. Dorcas ressuscitée, 9:36–42. 2. La conversion de Corneille, 9:43 à 10:48. a. Corneille dirigé vers Pierre à Joppé, 9:43 à 10:8. b. La vision de Pierre concernant ce qui est pur et impur, 10:9–16. c. Pierre se rend à Césarée et instruit Corneille, 10:17–43. d. Corneille et ceux qui l’accompagnent sont baptisés, 10:44–48. F. L’Évangile destiné aux païens, 11:1–30. 1. Pierre défend son ministère auprès des païens devant les apôtres, 11:1–18. 2. L’Évangile destiné aux Juifs au-delà de la Palestine, 11:19–21. 3. Barnabas et Paul à Antioche, 11:22–26. 4. La famine en Judée soulagée par les chrétiens d’Antioche, 11:27–30. G. Persécution de Jacques et de Pierre, 12:1–23. 1. Emprisonnement et exécution de Jacques par Hérode Agrippa Ier, 12:1, 2. 2. Emprisonnement et libération miraculeuse de Pierre, 12:3–9. 3. Mort d’Hérode Agrippa Ier, 12:20–23. IV. Premier voyage missionnaire de Paul, 12:24 à 14:28. A. Paul et Barnabas à Antioche, 12:24, 25. B. Paul et Barnabas chargés par les prophètes et les enseignants d’Antioche, 13:1–3. C. Leur ministère, 13:4 à 14:28. 1. Chypre, 13:4–12. 2. Perge ; départ de Jean "Marc, 13:13. 3. Antioche de Pisidie, 13:14–50. 4. Iconium, 13:51 à 14:5. 5. Lystre, 14:6–19. 6. Derbe et retour à travers la Pisidie, 14:20–23.

7. Le retour à Antioche, 14:24–28. V. Le concile de Jérusalem, 15:1–35. A. Difficultés avec les judaïsants, 15:1, 5. B. Délégués au concile, 15:2–4. C. La discussion, 15:6–18. D. La décision, 15:19–29. E. La décision annoncée à Antioche, 15:30–33. F. Silas, Paul et Barnabas restent à Antioche, 15:34, 35. VI. Deuxième voyage missionnaire de Paul, 15:36 à 18:22. A. Désaccord entre Paul et Barnabas, 15:36–39. B. Paul et Silas partent pour la Cilicie, 15–40, 41. C. L’appel de Timothée à Lystre, 16:1–3. D. Le ministère en Galatie, 16:4–10. 1. Le soin des Églises, 16:4, 5. 2. La retenue de l’Esprit concernant l’Asie et la Bithynie, 16:6, 7. 3. L’appel macédonien à Troas, 16:8–10. E. L’Évangile en Europe, 16:11 à 18:17. 1. Philippes, 16:11–40. 2. Thessalonique, 17:1–9. 3. Bérée, 17:10–14. 4. Athènes, 17:15–34. 5. Corinthe, 18:1–17. a. Le travail de Paul, 18:1–5. b. Expulsion de la synagogue, 18:6–11. c. Intervention de Gallion, 18:12–17. F. Retour à Antioche, 18:18–22. VII. Troisième voyage missionnaire de Paul, 18:23 à 21:17. A. Ministère en Galatie et en Phrygie, 18:23. B. Apollos à Éphèse et à Corinthe, 18:24–28. C. Paul rebaptise les convertis de Jean-Baptiste, 19:1–7. D. Évangélisation d’Éphèse, 19:8–41. E. Ministère en Macédoine et en Grèce, 20:1–5. F. Réunion du premier jour à Troas, 20:6–12. G. Rencontre avec les anciens d’Éphèse à Milet, 20:13–38. H. Le voyage à Jérusalem, 21:1–17. VIII. Arrestation et procès de Paul, 21:18 à 26:32. A. Rapport de Paul aux apôtres et purification dans le Temple, 21:18–26. B. L’émeute, 21:27–32. C. Détention de Paul, 21:33–39. D. Sa défense devant la foule, 21:40 à 22:22. E. Premier emprisonnement de Paul, 22:22 à 26:32. 1. Renvoyé pour être entendu, 22:22–30. 2. Défense devant le Sanhédrin, 23:1–10. 3. Vision de Paul, 23:11. 4. Le complot des Juifs contre Paul, 23:12–22. 5. Transfert de Paul à Césarée, 23:23–35.

6. Détention sous Félix, 24:1–27. 7. Appel de Paul de Festus à César, 25:1–12. 8. Festus prend conseil auprès d’Hérode Agrippa II, 25:13–27. 9. Défense de Paul devant Agrippa et Festus, 26:1–19. 10. Son innocence confirmée, 26:30–32. IX. Voyage à Rome et emprisonnement, 27:1 à 28:31. A. Le voyage, 27:1 à 28:16. 1. De Césarée à Myre, 27:1–5. 2. De Myre aux Beaux-Ports, 27:6–12. 3. De la Crète au naufrage, 27:13–44. a. La tempête, 27:12–20. b. L’assurance de Paul quant au salut final, 27:21–26. c. Le naufrage, 27:27–44. 4. Débarquement à Mélité, 28:1–10. 5. Achèvement du voyage jusqu’à Rome, 28:11–16. B. Défense de Paul devant les Juifs de Rome, 28:17–29. C. Les deux années de Paul à Rome, 28:30, 31.

Actes 1:1

1. Ancien. Littéralement, "premier", indiquant que le présent ouvrage est le second d'une série. L'Évangile selon Luc est évidemment le "premier traité" (voir Vol. V, p. 663)

Théophile. Voir sur Luc 1:3

Tous. L'Évangile de Luc est un récit essentiellement complet de " toutes les choses depuis le tout début "(Luc 1:3). Luc rapporte les faits principaux, mais pas tous les détails (voir p. 114). Ceci peut être vu par une comparaison avec l'Évangile de Jean, qui contient beaucoup de choses omises par Luc. Pourtant, Jean omet aussi beaucoup de choses (voir Jean 20:30; 21:25). Dans l'Écriture, le mot "tout" (ou "très") est souvent utilisé dans un sens général (voir Matt. 2:3; 3:5; Actes 2:5; Actes 12:11; Rom. 11:26; Col. 1:6; 1 Tim. 1:16; Jacques 1:2)

Commencé. Le grec archomai, "commencer", est caractéristique de l'Évangile de Luc, dans lequel il apparaît une trentaine de fois. Sa présence dans les Actes fournit une preuve non étudiée de la paternité de Luc

L'œuvre de l'Évangile, commencée par Jésus en personne, est poursuivie dans les Actes par Jésus, par l'intermédiaire du Saint-Esprit, dans l'œuvre de l'Église

Faire et enseigner. Jésus était "puissant en actes et en paroles"(Luc 24:19). Les actes dont il est question sont ses miracles(Actes 10:38). Les paroles et les œuvres de Jésus étaient empreintes d'" autorité " et de " puissance " (voir sur Luc 4:32). L'auteur laisse entendre que cette double activité se retrouvera dans le livre qu'il s'apprête à écrire



Ellen G. White


C’est l’œuvre à laquelle nous devons également nous consacrer. Au lieu de vivre dans l’attente d’une période spéciale d’excitation, nous devons améliorer sagement les occasions présentes, en faisant ce qui doit être fait afin que des âmes soient sauvées. Au lieu d’épuiser les facultés de notre esprit dans des spéculations concernant les temps et les moments que le Seigneur a placés sous sa propre autorité et qu’il a cachés aux hommes, nous devons nous soumettre au contrôle du Saint-Esprit, accomplir nos devoirs présents, donner le pain de vie, sans le frelater avec des opinions humaines, aux âmes qui périssent faute de vérité.
Satan est toujours prêt à remplir l’esprit de théories et de calculs qui détourneront les hommes de la vérité présente et les rendront inaptes à proclamer au monde le message du troisième ange. Il en a toujours été ainsi ; car notre Sauveur devait souvent parler avec réprobation à ceux qui se livraient à des spéculations et s’enquéraient sans cesse de choses que le Seigneur n’avait pas révélées. Jésus était venu sur la terre pour communiquer aux hommes une vérité importante, et il désirait leur faire comprendre la nécessité de recevoir et d’obéir à ses préceptes et à ses instructions, d’accomplir leur devoir présent ; ses communications étaient de nature à transmettre des connaissances destinées à leur usage immédiat et quotidien.
Jésus dit : « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et Jésus-Christ, que tu as envoyé. » Tout ce qui était fait et dit avait un seul objectif en vue : graver la vérité dans leur esprit afin qu’ils puissent atteindre la vie éternelle. Jésus n’était pas venu étonner les hommes par l’annonce grandiose d’un moment particulier où un événement extraordinaire se produirait, mais il était venu instruire et sauver les perdus. Il n’était pas venu éveiller et satisfaire la curiosité ; car il savait que cela ne ferait qu’accroître l’appétit pour ce qui est curieux et merveilleux. Son but était de communiquer des connaissances par lesquelles les hommes pourraient croître en force spirituelle et avancer dans la voie de l’obéissance et de la véritable sainteté. Il ne leur donna que les instructions pouvant répondre aux besoins de leur vie quotidienne, que les vérités pouvant être transmises à d’autres pour le même usage. Il ne fit pas de nouvelles révélations aux hommes, mais ouvrit à leur intelligence des vérités longtemps obscurcies ou déplacées par les faux enseignements des prêtres et des docteurs. Jésus remit les joyaux de la vérité divine dans leur cadre approprié, dans l’ordre où ils avaient été donnés aux patriarches et aux prophètes. Et après leur avoir donné cette précieuse instruction. Il leur promit de leur donner le Saint-Esprit, par lequel tout ce qu’il leur avait dit serait ramené à leur mémoire.
Nous sommes constamment en danger de dépasser la simplicité de l’Évangile. Beaucoup désirent ardemment frapper le monde par quelque chose d’original qui élèverait les gens dans un état d’extase spirituelle et changerait l’ordre actuel de l’expérience. Il est certainement grand besoin d’un changement dans l’ordre actuel de l’expérience ; car le caractère sacré de la vérité présente n’est pas réalisé comme il devrait l’être. Mais le changement dont nous avons besoin est un changement de cœur, qui ne peut être obtenu qu’en cherchant individuellement Dieu pour recevoir sa bénédiction, en le suppliant de nous accorder sa puissance, en priant avec ferveur pour que sa grâce vienne sur nous et que nos caractères soient transformés. Voilà le changement dont nous avons besoin aujourd’hui ; pour atteindre cette expérience, nous devons déployer une énergie persévérante et manifester un zèle sincère venant du cœur. Nous devons demander avec une véritable sincérité : Que dois-je faire pour être sauvé ? Nous devons savoir exactement quels pas nous faisons vers le ciel.
Le Christ a donné à ses disciples des vérités dont ils appréciaient peu l’étendue, la profondeur et la valeur, et qu’ils comprenaient à peine, voire pas du tout ; cette même condition existe aujourd’hui parmi le peuple de Dieu. Nous aussi, nous n’avons pas réussi à saisir la grandeur ni à percevoir la beauté de la vérité que Dieu nous a confiée aujourd’hui. Si nous progressions dans la connaissance spirituelle, nous verrions la vérité se développer et s’étendre dans des directions dont nous avons à peine rêvé, mais elle ne se développera jamais dans une direction qui nous conduirait à imaginer que nous pouvons connaître les temps et les saisons que le Père a placés sous sa propre autorité. J’ai été avertie maintes et maintes fois au sujet de la fixation de dates. Il n’y aura plus jamais de message pour le peuple de Dieu fondé sur une date. Nous ne devons connaître le moment précis ni du déversement du Saint-Esprit ni de la venue du Christ (The Review and Herald, March 22, 1892).
Le Christ désirait être dans une position où il pourrait accomplir l’œuvre la plus importante par des moyens simples et peu nombreux. Le plan de la rédemption est vaste ; mais ses éléments sont peu nombreux, et chacun dépend des autres, tandis que tous œuvrent ensemble avec la plus grande simplicité et en parfaite harmonie. Le Christ est représenté par le Saint-Esprit ; et lorsque cet Esprit est apprécié, lorsque ceux qu’il dirige communiquent aux autres l’énergie dont ils sont imprégnés, une corde invisible est touchée, qui électrise l’ensemble. Puissions-nous tous comprendre combien les ressources divines sont illimitées (The Watchman, November 28, 1905).
Le Saint-Esprit donne une autorité divine—Jésus dit : « Vous recevrez une puissance, après que le Saint-Esprit sera venu sur vous ; et vous serez mes témoins. » C’est l’union du Saint-Esprit et du témoignage du témoin vivant qui doit avertir le monde. L’ouvrier de Dieu est l’agent par lequel la communication céleste est donnée, et le Saint-Esprit confère une autorité divine à la parole de vérité (The Review and Herald, April 4, 1893).
Ce ne fut que pendant quelques instants que les disciples purent entendre le chant des anges tandis que leur Seigneur montait, les mains tendues pour bénir. Ils n’entendirent pas l’accueil qu’il reçut. Tout le ciel s’unit pour le recevoir. Son entrée ne fut pas implorée. Tout le ciel fut honoré par sa présence....
Le sceau du ciel a été apposé sur l’expiation du Christ (Manuscript 134, 1897).
Les disciples ne virent pas seulement le Seigneur monter, mais ils eurent aussi le témoignage des anges qu’il était allé occuper le trône de son Père dans le ciel. Le dernier souvenir que les disciples devaient garder de leur Seigneur était celui de l’Ami compatissant, du Rédempteur glorifié. Moïse voilait son visage pour cacher la gloire de la loi qui s’y reflétait, et la gloire de l’ascension du Christ fut voilée aux yeux des humains. L’éclat de l’escorte céleste et l’ouverture des glorieuses portes de Dieu pour l’accueillir ne devaient pas être discernés par des yeux mortels.
Si le chemin du Christ vers le ciel avait été révélé aux disciples dans toute son inexprimable gloire, ils n’auraient pas pu supporter cette vision. S’ils avaient contemplé les myriades d’anges et entendu les explosions de triomphe depuis les remparts du ciel, lorsque les portes éternelles furent élevées, le contraste entre cette gloire et leur propre vie dans un monde d’épreuves aurait été si grand qu’ils auraient difficilement pu reprendre le fardeau de leur vie terrestre, préparés à accomplir avec courage et fidélité la mission que leur avait confiée le Sauveur. Même le Consolateur, le Saint-Esprit qui leur avait été envoyé, n’aurait pas été apprécié comme il se devait, et n’aurait pas suffisamment fortifié leur cœur pour supporter les reproches, les insultes, l’emprisonnement et, au besoin, la mort.
Leurs sens ne devaient pas être tellement éblouis par les gloires du ciel qu’ils perdent de vue le caractère du Christ sur la terre, qu’ils devaient reproduire en eux-mêmes. Ils devaient garder clairement à l’esprit la beauté et la majesté de sa vie, l’harmonie parfaite de tous ses attributs et l’union mystérieuse du divin et de l’humain dans sa nature. Il valait mieux que la connaissance terrestre des disciples avec leur Sauveur s’achève de la manière solennelle, paisible et sublime dont cela s’est produit. Son ascension visible du monde était en harmonie avec la douceur et la paisible tranquillité de sa vie (The Spirit of Prophecy 3:254, 255).
Le ciel ne pouvait plus leur apparaître comme un espace indéfini et incompréhensible, rempli d’esprits intangibles. Ils le considéraient désormais comme leur future demeure, où leur Rédempteur aimant leur préparait des habitations. La prière revêtit un nouvel intérêt, puisqu’elle était une communion avec leur Sauveur. Animés d’émotions nouvelles et bouleversantes, ainsi que d’une ferme confiance que leur prière serait exaucée, ils se réunirent dans la chambre haute pour présenter leurs requêtes et réclamer la promesse du Sauveur, qui avait dit : « Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. » Ils prièrent au nom de Jésus.
Ils avaient un Évangile à prêcher — le Christ sous forme humaine, un homme de douleurs ; le Christ dans l’humiliation, livré aux mains criminelles et crucifié ; le Christ ressuscité et monté au ciel, en présence de Dieu, pour être l’Avocat de l’humanité ; le Christ qui reviendra avec puissance et une grande gloire dans les nuées du ciel (The Spirit of Prophecy 3:262, 263).
Le Seigneur n’agit jamais au hasard. Cherchez-le avec le plus grand sérieux dans la prière. Il impressionnera l’esprit et donnera les paroles et l’expression. Le peuple de Dieu doit être éduqué à ne pas se fier aux inventions humaines et aux tests incertains pour connaître la volonté de Dieu à son égard. Satan et ses agents sont toujours prêts à s’engouffrer dans toute ouverture qui pourrait conduire les âmes loin des principes purs de la Parole de Dieu. Ceux qui sont conduits et instruits par Dieu ne laisseront aucune place à des procédés pour lesquels il n’existe pas de « Ainsi parle le Seigneur » (Special Testimonies, Series B, 17a:28).
Je n’ai aucune foi dans le tirage au sort. Nous avons dans la Bible un clair « Ainsi parle le Seigneur » concernant tous les devoirs de l’Église... Lisez vos Bibles avec beaucoup de prière. N’essayez pas d’humilier les autres, mais humiliez-vous devant Dieu et traitez-vous avec douceur les uns les autres. Tirer au sort les responsables de l’Église n’est pas conforme à l’ordre de Dieu (Letter 37, 1900).
1-5 (Luc 1:1-4). Auteur du livre des Actes—Luc, l’auteur du livre des Actes, et Théophile, à qui il est adressé, avaient entretenu d’heureuses relations. De Luc, Théophile avait reçu beaucoup d’instruction et une grande lumière. Luc avait été le maître de Théophile, et il se sentait encore responsable de le guider et de l’instruire, et de le soutenir et de le protéger dans son œuvre.
À cette époque, il était d’usage pour un écrivain d’envoyer son manuscrit à quelqu’un pour examen et critique. Luc choisit Théophile, un homme en qui il avait confiance, pour accomplir ce travail important. Il dirige d’abord l’attention de Théophile vers le récit de la vie du Christ tel qu’il est donné dans le livre de Luc, qui avait également été adressé à Théophile par le même écrivain. [Actes 1:1-5 citées.] ... Les enseignements du Christ devaient être conservés dans des manuscrits et des livres (Manuscript 40, 1903).

Actes 1:2

2. Jusqu'au jour. C'est-à-dire le 40e jour après sa résurrection (voir v. 3).

A été enlevé. La forme passive du verbe, telle qu'elle est utilisée ici et aux v. 9, 11 et en Luc 24:51, implique que l'ascension de Jésus était une manifestation de la puissance du Père.

Par le Saint-Esprit. Cette expression peut être comprise comme signifiant soit que le Saint-Esprit devait guider les disciples dans toute la vérité(Jean 16.13), soit que Jésus, avant et après sa crucifixion, parlait comme quelqu'un qui était possédé par le Saint-Esprit. C'est cette dernière interprétation qui doit être retenue, car tout ce qui concerne la vie de Christ sur terre a été accompli par la puissance de l'Esprit :(a) sa conception(Luc 1:35) ;(b) son baptême(ch. 3:21, 22) ;(c) sa justification, c'est-à-dire la manifestation de sa vie juste(1 Tim. 3:16) ;(d) sa direction dans sa vie de service(Luc 4:1; voir sur ch. 2:49) ; (e) ses miracles(Mt 12:28) ;(f) sa résurrection(1 Pierre 3:18).

Avait donné des commandements. Mieux, " ayant ordonné ", avec une référence particulière à l'ordre évangélique donné par notre Seigneur (voir Matt. 28:18-20).

Apôtres. Gr. apostoloi, "ceux qui sont envoyés", de apo, "hors", "loin", et stellÅÂ,"envoyer". Dans le grec classique, apostolos(pl., apostoloi) était souvent lié à l'envoi d'un navire ou d'une expédition navale, et il était également utilisé pour le commandant d'une escadre et pour un ambassadeur. Ces deux applications générales, aux choses et aux personnes, ont été reprises en grec koïnique. Ainsi, un papyrus égyptien du IIe ou IIIe siècle après J. -C. parle du " compte du navire[apostolos] de Triadelphus " (J. H. Moulton et G. Milligan, The Vocabulary of the Greek New Testament, p. 70). Les papyrus montrent également que le sens du mot a été transféré du navire lui-même à sa cargaison, qui était elle aussi "envoyée" : non seulement la cargaison était appelée apostolos, mais aussi les documents qui représentaient le navire et sa cargaison, de sorte que le mot pouvait se référer à un ordre d'expédition d'un navire, à un connaissement ou même à une licence d'exportation. Parallèlement, en grec koïnique comme en grec classique, apostolos peut désigner une personne, comme l'utilise Josèphe à propos des ambassadeurs envoyés par les Juifs à Rome(Antiquités xvii. 11. 1).

Cependant, aucun de ces usages ne semble nous éclairer directement sur l'origine du mot "apôtre" tel qu'il était employé au début du christianisme. Paul est le premier auteur du NT à utiliser le mot(1 Thess. 2:6), et pour lui, il s'agissait apparemment déjà d'un terme technique désignant un groupe spécifique d'hommes exerçant avec autorité des fonctions généralement reconnues dans l'Eglise (voir 1 Cor. 4:9; 9:1, 2). Le fait que, dans la toute première littérature chrétienne, une telle signification spécifique du mot soit déjà considérée comme allant de soi suggère qu'elle a probablement été inaugurée plus tôt par une autorité. Écrivant en grec, des années après la mort de Jésus, Luc et Jean utilisent le mot apostolos(Luc 6,13; 11,49; Jean 13,16 [" celui qui est envoyé "]). La fonction d'apôtre dans l'Église primitive découle apparemment de l'ordination et de la commission des douze disciples par Jésus.

En qualifiant ses disciples d'"apôtres", Jésus a probablement utilisé le mot araméen shelicha', équivalent du participe hébreu shaluach, "envoyé" Ces mots semblent avoir eu un usage technique chez les juifs ainsi que chez les chrétiens. La littérature rabbinique utilisait le terme shaluach (ou, sous une autre forme, shaliach) pour désigner divers messagers faisant autorité. Justin Martyr affirme(vers l'an 146) que les Juifs envoyaient des messagers dans le monde entier pour raconter des blasphèmes contre le Christ(Dialogue avec Trypho 17, 108). Eusèbe, l'historien de l'Église du IVe siècle, déclare que des écrits déjà anciens à son époque rapportent que les prêtres et les anciens juifs ont envoyé des hommes dans le monde entier pour mettre en garde leur peuple contre le christianisme. Il poursuit en appelant ces Juifs "apôtres" et affirme qu'à son époque, ils parcouraient la Dispersion avec des lettres encycliques(Commentariain Isaiam xviii. 1, 2). Epiphanius(d. a.d. 403) rapporte que ces "apôtres" consultaient des Juifs de premier plan et voyageaient parmi les Juifs en dehors de la Palestine, rétablissant la paix dans les congrégations désordonnées et collectant les dîmes et les premiers fruits, fonctions qui présentent des parallèles frappants avec l'apostolat de Paul (voir Actes 11:27-30; Rom. 15:25-28; 1 Cor. 16:1; Épiphane Contre les hérésies i. 2, Hérésie xxx. 4, 11). Le Code Théodosien(a.d. 438) remarque, "C'est une partie de cette superstition sans valeur que les Juifs ont des chefs de leurs synagogues, ou des anciens, ou des personnes qu'ils appellent apôtres, qui sont nommés par le patriarche à une certaine saison pour collecter de l'or et de l'argent" (Code Théodosien xvi. 8. 14 ; traduction dans Adolf Harnack, The Mission and Expansion of Christianity, vol. 1, p. 329).

Par conséquent, bien qu'il ne soit pas possible de prouver que le mot apostolos était utilisé à l'époque du NT pour désigner les messagers juifs de la Dispersion, les faits suggèrent qu'il l'était et que l'usage particulier que l'Église chrétienne primitive faisait de ce mot était dérivé d'une coutume quelque peu similaire chez les Juifs.

Celui qu'il avait choisi. Voir Marc 3:13-19.

Actes 1:3

3. Il s'est montré vivant. Voir la note complémentaire sur Matthieu 28.

Passion. Plutôt "souffrance".

Preuves infaillibles. Gr. tekmÃâria, "preuves" qui entraînent la certitude de la conviction, par opposition à ce qui n'est que probable ou circonstanciel. Ces "preuves infaillibles" étaient les apparitions du Christ après la résurrection, et non les miracles que les disciples avaient vu Jésus accomplir(ch. 2:22). Elles confirmaient le miracle suprême de la résurrection. Ces preuves étaient les suivantes : (1) le fait qu'il ait mangé et bu avec les disciples(Luc 24:41-43; Jean 21:4-13) ; (2) son corps réel, qu'il leur a permis de toucher(Matt. 28:5-9; Jean 20:27) ; (3) ses apparitions visibles répétées à 500 personnes à la fois(Matt. 28:7, 10, 16, 17; Luc 24:36-48; Jean 20:19-29; 1 Cor. 15:6) ; (4) son enseignement sur la nature et les doctrines du royaume(Luc 24:25-27, 44-47; Jean 20:17, 21-23; 21:15-17; Actes 1:8). La certitude de la résurrection a donné une force dynamique au message des apôtres(Actes 2:32, 36, 37; 3:15; 4:10; 5:28, 30-33). Elle était à la base de la magnifique argumentation de Paul sur la certitude de la résurrection corporelle des rachetés (voir 1 Cor. 15:3-23).

Quarante jours. Littéralement, "à travers" ou "pendant" 40 jours. Jésus n'est pas resté continuellement avec eux, mais il s'est manifesté à plusieurs reprises pendant la période qui a suivi la résurrection (voir la note complémentaire sur Matthieu 28). Il n'y a pas de contradiction entre ces 40 jours et le récit très abrégé de Luc dans l'Évangile (voir Luc 1:24).

Les choses. Ici, l'expression comprend (1) l'interprétation correcte des prophéties messianiques(Luc 24:27, 44, 45) ; (2) l'extension de la mission de l'Église au monde entier et l'admission des sauvés dans le royaume par le baptême(Matt. 28:19) ; (3) la promesse d'une puissance surnaturelle et d'une protection divine(Marc 16:15-18) ; et (4) la promesse de la présence perpétuelle du Christ lui-même dans son Église(Matt. 28:20). Voir aussi Matt. 4:17; 5:3.

Actes 1:4

4. Assemblé ensemble. Gr. sunalizÅÂ, littéralement " saler avec ", d'où " manger avec ", ou " se réunir ", " s'assembler "."Il s'agit peut-être d'une réunion en Galilée(Mt 28,16-18), car la dernière réunion, au cours de laquelle les disciples ont vu Jésus monter, n'est introduite qu'au v. 6 d'Actes 1.

Ne pas quitter Jérusalem. Ils devaient retourner dans la capitale, le lieu où le Sauveur avait si souvent exercé son ministère et où il avait finalement souffert, été enseveli et ressuscité d'entre les morts. C'est là que ses disciples devaient être habilités, et c'est là qu'ils devaient commencer leur témoignage(AA 31, 32).

Attendez. Comparez Luc 24:49. La tâche à laquelle les disciples étaient confrontés ne pouvait être accomplie par les seuls moyens humains. Ils doivent attendre (1) jusqu'au moment fixé, (2) à l'endroit fixé, Jérusalem, le lieu du plus grand danger et du plus grand défi. Les disciples devaient "attendre", et non pas "aller à la pêche", comme Pierre et d'autres l'avaient fait peu de temps auparavant(Jean 21:3). Il devait y avoir (1) une attente pieuse de la grande puissance de Dieu ; (2) un désir profond de cette puissance, et une aptitude à la recevoir ; (3) une prière sincère et unie pour que Dieu accomplisse sa promesse.

Promesse du Père. C'est-à-dire la promesse concernant le don du Saint-Esprit (voir Jean 14:16; 16:7-13).

De moi. C'est-à-dire de moi. La promesse a été prononcée par Jésus, mais son accomplissement devait venir conjointement du Père et du Fils (voir Jean 14:16, 26; 15:26; 16:7-15).

Actes 1:5

5. Jean a vraiment baptisé. C'est-à-dire Jean le Baptiste (voir Matt. 3:1-11).

Avec le Saint-Esprit. Un tel baptême avait été promis par Jean le Baptiste (voir Matthieu 3:11). La promesse(Actes 1:4) appelait un baptême, non pas avec de l'eau (voir sur Matt. 3:6, 11), mais par l'Esprit, "peu de jours" après que la promesse ait été donnée, à la Pentecôte.

Actes 1:6

6. Se réunir. C'est-à-dire à Jérusalem, en obéissant à la volonté du Seigneur(v. 4) et en se mettant d'accord les uns avec les autres. Jésus lui-même était avec eux, bien qu'aucune apparition inattendue et surnaturelle ne soit mentionnée. Ce fut la dernière rencontre des disciples avec leur Seigneur, car c'était le jour de son ascension(Marc 16:19; Luc 24:50, 51; 1 Cor. 15:7).

Ils l'interrogèrent. Le grec suggère qu'ils l'ont interrogé à plusieurs reprises.

Restaureras-tu en ce temps-ci ? Les disciples ne comprenaient pas encore la nature du royaume du Christ. Il n'avait pas promis le type de restauration qu'ils attendaient (voir sur Luc 4:19). Ils pensaient que Jésus "aurait dû racheter Israël"(Luc 24:21), c'est-à-dire le libérer des Romains. Pierre et les autres disciples ont trouvé une rédemption différente à la Pentecôte(Actes 2:37-39). L'ascension et l'expérience de la Pentecôte qui s'ensuivit leur donnèrent une nouvelle compréhension ; ils réalisèrent enfin la nature spirituelle du royaume de leur Maître.

Les Juifs étaient animés par l'espoir messianique. Dans les Psaumes de Salomon, ouvrage apocryphe écrit peu avant l'ère chrétienne (voir Vol. V, p. 90), cette idée est exprimée à plusieurs reprises. La prière suivante est typique : "Voici, Seigneur, suscite-leur leur roi, le fils de David, au temps que tu vois, ô Dieu, afin qu'il règne sur Israël, ton serviteur. Ceins-le de force, afin qu'il brise les chefs injustes, et qu'il purifie Jérusalem des nations qui la foulent aux pieds jusqu'à la détruire..... Il purifiera Jérusalem, il la rendra sainte comme autrefois, et des nations viendront des extrémités de la terre pour voir sa gloire, apportant en présent ses fils évanouis, et pour voir la gloire du Seigneur, dont Dieu l'a glorifiée" (The Psalms of Solomon 17:23-35 ; cité dans R. H. Charles, The Apocrypha and Pseudepigrapha, vol. 2, pp. 649, 650). De telles pensées peuvent très bien avoir conduit les disciples à espérer que le temps était venu d'établir la domination promise, et ont motivé leur question.

Israël. Les disciples n'avaient pas encore saisi le concept du royaume spirituel de toutes les nations(Matt. 8:11, 12), composé du véritable Israël au coeur circoncis(Rom. 2:28, 29). Ils n'ont pas non plus compris que lorsque la nation juive a rejeté Jésus, elle s'est coupée de la racine et de la souche du véritable Israël, dans lequel les convertis chrétiens, juifs et païens, ne devaient pas être greffés (voir Rom. 11). Manifestement, ils s'attendaient encore à ce que le royaume messianique de David soit établi dans la nation royale de Juda, au sein du peuple juif littéral. Voir Vol. IV, pp. 26-36.

L'utilisation par les disciples du terme " Israël " pour signifier " Juda " ne présente aucune difficulté. Il est vrai qu'Israël désigne souvent les tribus du Nord par opposition à Juda. Mais il est aussi souvent appliqué à l'ensemble des douze tribus et même à Juda en particulier, ainsi qu'au peuple élu de Dieu sans désignation tribale (voir, par exemple, sur Esaïe 9,8). Le contexte doit indiquer l'usage dans un cas donné. Il n'est donc pas surprenant que le NT applique systématiquement le terme "Israël" à la nation juive. Bien que les Juifs de l'époque fussent principalement de la tribu de Juda, ils étaient dans la ligne de succession directe et légitime non seulement de la province postexilique de Juda (qui était la continuation de l'ancien royaume de Juda), mais aussi de la nation unifiée originelle d'Israël.

Les Juifs de l'époque du Christ étaient les héritiers de l'ancienne théocratie qui avait été gouvernée par la dynastie davidique divinement désignée, centrée sur le culte du Temple divinement prescrit et fondée sur l'alliance nationale entre Dieu et son peuple élu . Paul appelait ses compatriotes juifs "Israélites", à qui appartenaient, selon la chair, "les alliances, le don de la loi, le service de Dieu et les promesses, qui sont les pères et dont le Christ est venu selon la chair"(Rom. 9:4, 5; cf. v. 3; voir aussi ch. 3:1, 2; 11:1).

Ces disciples n'étaient donc pas déraisonnables dans leur conviction que les prophéties et les promesses faites à l'Israël primitif appartenaient aux Juifs en tant que successeurs de l'ancien royaume davidique, et non à l'"Israël" des dix tribus qui s'étaient séparées de la maison de David. En effet, ces tribus s'étaient séparées non seulement de Juda, mais aussi du Temple et du véritable culte de Dieu, et donc de l'alliance nationale. A l'héritage royal de Juda s'ajoutait le fait que la nation du Sud comprenait, depuis la division sous Jéréboam, de nombreux membres des tribus du Nord désireux de rester fidèles à Jéhovah(2 Chron. 11:13-16; 15:9; cf. ch. 16:1). Ces faits expliquent l'emploi répété du terme Israël pour désigner à la fois le royaume de Juda et, après la Captivité, la communauté juive reconstituée en province de Juda, à laquelle appartenaient tous ceux, de quelque tribu qu'ils fussent, qui revenaient d'exil (voir Esdras 2:70; 3:1; 4:3; 7:7, 13; 8:29; 9:1; 10:5; Néh. 1:6; 9:1, 2; 10:39; 11:3, 20; Ezé. 14:1, 22; 17:2, 12; 37:15-19; Dan. 1:3; Zech. 8:13; Mal. 1:1).

En outre, la nation juive du temps de Jésus représentait les autres tribus d'Israël non seulement en termes de population (voir Luc 2:36) mais aussi en termes de territoire(Vol. V, pp. 45, 46). Jean le Baptiste(Jean 1:31), Siméon(Luc 2:32, 34), Jésus lui-même(Matt. 8:10; Luc 7:9; Jean 3:10), les disciples et d'autres personnes en Judée(Matt. 2:20-22; 9:33; Luc 24:21; Actes 1:6; 2:22, 23; 3:12; 4:8, 27; 5:31; 21:28), par Gamaliel(Actes 5:35), par Luc(Luc 1:80) et par Paul(Actes 13:16, 17, 23, 24; Rom. 9:4, 6, 31; 11:1; 1 Cor. 10:18; 2 Cor. 11:22; Phil. 3:5).

Ainsi, le règne messianique prophétisé pour Israël était toujours recherché par ces disciples comme une restauration de la souveraineté nationale juive. En effet, le royaume du Messie aurait appartenu aux Juifs s'ils ne l'avaient pas perdu en rejetant le Fils de David parce qu'il était venu offrir un royaume de justice universelle au lieu d'une conquête juive. Le rejet de la nation en tant que peuple élu, un statut qui avait été conditionnel dès le début(Ex. 19:5, 6; Jér. 18:6-10; Matt. 8:11, 12; 21:33-45), était trop récent pour que les disciples puissent le comprendre. Ils savaient bien que l'ancien royaume d'Israël du Nord s'était irrévocablement séparé du véritable Israël de l'alliance, sauf dans la mesure où ses membres individuels pouvaient choisir de rejoindre le peuple élu. Ce qu'ils ne voyaient pas encore, c'est que la nation juive, elle aussi, ayant rejeté le règne du Fils de David, n'était plus le peuple élu, bien que des Juifs individuels puissent être greffés dans le stock du véritable Israël, l'Eglise de Jésus-Christ (voir Vol. IV, pp. 25-38), au sein de laquelle il n'y a pas de distinction de race, de nationalité ou de position(Gal. 3:28, 29; Col. 3:11).

Actes 1:7

7. Il a dit. Le Christ n'a pas donné de réponse directe à la question de ses disciples. Il les a plutôt orientés vers le travail qui les attendait.

Les temps ou les saisons. Gr. chronoi Ãâ kairoi. Chronoi se réfère au "temps" chronologique, considéré simplement comme tel, dans un sens général, et kairoi à des moments spécifiques, culminants, en mettant l'accent sur ce qui se passe. Ainsi, par "temps", Jésus fait apparemment référence à la procession apparemment sans fin des âges, et par "saisons" aux événements culminants qui se produiront à la fin de l'âge (cf Matt. 24:3). C'est comme si Jésus disait : " Ce n'est pas à vous de connaître la date, ni la manière précise dont le royaume sera établi " Vivant comme un homme parmi les hommes, Jésus ne connaissait ni le jour ni l'heure de sa venue (voir sur Matt. 24:36). C'est une douce réprimande pour les hommes (1) qui ne sont pas encore prêts à recevoir toute la connaissance(Jean 16:12), mais (2) qui en savent assez pour exécuter le mandat de leur Seigneur(Matt. 28:19, 20), et (3) qui seront guidés par des signes et par l'Esprit(Matt. 24:32, 33; Marc 16:17, 18; Jean 16:13).

Mis dans son propre pouvoir. Le mot grec utilisé ici pour "pouvoir" ou "autorité"(exousia) diffère de celui utilisé pour "pouvoir"(dunamis) au v. 8 (voir sur Jean 1:12). Dieu n'est pas le serviteur du temps, mais son maître. Sa connaissance transcende le temps, car il est omniscient, connaissant toutes choses(Ps. 139:1-6; Prov. 15:3; Héb. 4:13). Sa prescience est une preuve de sa divinité(Ésaïe 46:9, 10). Il partage ce qu'il veut avec ceux qui le servent(Deut. 29:29; Ps. 25:14; Jean 15:15; 16:25).



Ellen G. White


7, 8. Prêchez le simple Évangile, et non des spéculations sensationnelles—Les disciples désiraient ardemment connaître le moment exact où le royaume de Dieu serait révélé, mais Jésus leur dit qu’ils ne pouvaient connaître ni les temps ni les moments, car le Père ne les avait pas révélés. Comprendre quand le royaume de Dieu devait être rétabli n’était pas ce qu’il leur importait le plus de savoir. Ils devaient être trouvés à suivre le Maître, à prier, à attendre, à veiller et à travailler. Ils devaient être pour le monde des représentants du caractère du Christ. Ce qui était essentiel à une expérience chrétienne réussie à l’époque des disciples l’est aussi à notre époque. « Et il leur dit : Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit venant sur vous. » Et après que le Saint-Esprit fut venu sur eux, que devaient-ils faire ? « Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

Actes 1:8

Puissance. Gr. dunamis, « force », « capacité », « puissance » (voir la note sur Jean 1:12). Notre mot anglais « dynamite » dérive de dunamis. Luc fait ici référence à la « puissance » surnaturelle, reçue seulement par ceux sur lesquels le Saint-Esprit vient (voir la note sur Luc 1:35; 24:49). Cette puissance est destinée au témoignage : elle donne (1) une puissance intérieure, (2) la puissance de proclamer l’Évangile, (3) la puissance de conduire les autres à Dieu. Par l’intermédiaire des disciples ainsi habilités, Jésus poursuivrait l’œuvre qu’il avait commencée sur la terre, et des « œuvres plus grandes » encore seraient accomplies (Jean 14:12). Ce témoignage donné par l’Esprit devait être une marque distinctive de l’Église chrétienne. Témoins. Gr. martures, ceux qui confirment, ou peuvent confirmer, ce qu’ils ont eux-mêmes vu, entendu ou connu par quelque autre moyen. Le mot est employé 13 fois dans les Actes. En tant que « témoins », les apôtres savaient que le Christ était le Messie annoncé par la prophétie et le Rédempteur de l’humanité. Ils pouvaient aussi témoigner de sa promesse de revenir. En tant que témoins, les disciples constituaient le premier et principal lien de preuve visible entre le Seigneur crucifié, ressuscité et monté au ciel, et le monde qui, par leur témoignage, pouvait croire (voir la note sur Jean 1:12). Jean écrit : « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons » (1 Jean 1:3). Les disciples du Christ aujourd’hui sont pareillement appelés à rendre personnellement témoignage aux œuvres

et aux enseignements de Jésus, au dessein de Dieu de sauver le monde par son Fils, ainsi qu’à l’efficacité de l’Évangile dans leur propre cœur. Aucun témoignage plus convaincant ne peut être rendu. Sans expérience personnelle, il ne peut y avoir de véritable témoignage chrétien. La déclaration hardie de Pierre après la guérison de l’homme boiteux (Actes 4:10) est un excellent exemple du témoignage à l’époque apostolique. À Jérusalem. Le plan divin voulait que le peuple élu ait la première occasion de bénéficier du ministère des apôtres (voir la note sur Luc 14:21–24). Pendant cette courte période, des milliers de Juifs crurent (voir Actes 2:41, 47; 4:4, 32, 33; 5:14; 6:1, 7; Documents supplémentaires d’EGW sur le chap. 2:1, 4, 14, 41). Lorsque les Juifs rejetèrent ce privilège et lapidèrent Étienne (chap. 7), la bonne nouvelle fut portée plus loin. En Samarie. Les Samaritains étaient un peuple métissé, toujours en inimitié avec les Juifs (voir la note sur Jean 4:9). Pour le ministère personnel de Jésus auprès du peuple de Samarie, voir la note sur Luc 10:1, 33; 17:16; Jean 4:39–42. Après la lapidation d’Étienne, ils furent d’abord visités par Philippe le diacre (Actes 6:5; 8:5), puis par Pierre et Jean, qui allèrent aider Philippe (chap. 8:14). Il y eut une belle moisson en Samarie. Extrémité. Les disciples devaient aller « dans le monde entier » (Marc 16:15), « à toutes les nations » (Mat. 24:14). L’œuvre mondiale fut commencée par des représentants dispersés de l’Évangile qui prêchèrent aux Juifs en Phénicie, à Chypre et à Antioche de Syrie (Actes 8:4; 11:19), et par Saul de Tarse en Syrie et en Cilicie (Actes 9:15, 30; 11:25; Gal. 1:21, 23). Bientôt, elle fut vigoureusement étendue par les grands voyages missionnaires de Paul (Actes 13 à 28). Paul fut inspiré à déclarer qu’à son époque l’Évangile « avait été prêché à toute créature sous le ciel » (Col. 1:23 ; cf. Tite 2:11). Contrairement à la mission confiée lorsque le Christ envoya d’abord les Douze (voir la note sur Mat. 10:5, 6), cette œuvre devait être non pas nationale, mais universelle. C’est le commencement de cette œuvre mondiale que Luc décrit dans les Actes. Ce livre n’est pas un recueil disparate de biographies des apôtres, ni même de certains apôtres, ni encore un ouvrage consacré exclusivement aux apôtres, mais le récit de ce qui fut accompli par tous les croyants pour proclamer l’Évangile « jusqu’aux extrémités de la terre ». Lorsque cette œuvre sera finalement achevée, le Christ viendra (Mat. 24:14). Luc donne ici le plan du livre des Actes : la proclamation de l’Évangile (1) à Jérusalem et en Judée (chap. 1 à 7), (2) en Samarie (chap. 8 à 10), (3) et jusqu’aux extrémités de la terre (chap. 11 à 28).



Ellen G. White


8 (Jean 15:26, 27). Un don sans égal—Le Christ avait décidé que, lorsqu’il monterait de cette terre, il accorderait un don à ceux qui avaient cru en lui, et à ceux qui croiraient en lui. Quel don pourrait-il accorder qui soit assez riche pour marquer et ennoblir son ascension vers le trône de médiation ? Il devait être digne de sa grandeur et de sa royauté. Il décida de donner son représentant, la troisième personne de la Divinité. Ce don ne pouvait être surpassé. Il donnerait tous les dons en un seul ; ainsi, l’Esprit divin, cette puissance qui convertit, éclaire et sanctifie, serait son présent....
8, 9. Voir les commentaires d’EGW sur le chap. 2:1-4.

Actes 1:9

9. Lorsqu'il a parlé. Voir sur Luc 24:50.

Pendant qu'ils regardaient. Aucun croyant n'avait vu le Sauveur ressusciter d'entre les morts, mais les onze disciples et la mère de Jésus(EW 191) ont été autorisés à le voir monter au ciel. Ils devinrent ainsi des témoins fiables du fait de l'ascension.

Enlevée. Ici, l'ascension est relatée comme un simple fait historique. Par la suite, dans le NT, elle n'est pas souvent mentionnée, mais elle est implicitement acceptée comme une vérité cardinale du christianisme historique. Elle avait été prédite par Jésus(Jean 6:62). L'événement a de nouveau été relaté par Pierre(Actes 3:21) et Paul y a fait référence plus tard(1 Tim. 3:16).

L'ascension a été le point culminant du ministère du Christ sur terre. Notre Sauveur était descendu du ciel pour assurer le salut de l'homme(Jean 3:13, 16). Une fois son œuvre terrestre terminée, il avait l'intention de retourner dans sa demeure céleste(Jean 14:2), afin de servir de médiateur pour l'homme(1 Tim. 2:5; Héb. 7:25; 8:1, 2, 6; 1 Jean 2:1) jusqu'à sa seconde venue(Jean 14:3).

Une nuée. Cette nuée était une armée d'anges (voir DA 831). Le retour du Christ se fera également "sur des nuées"(Matt. 24:30; 26:64; Apoc. 1:7). De vastes troupes d'anges accompagneront leur Seigneur lorsqu'il apparaîtra dans la gloire(Matt. 25:31). Il "viendra de même"(Actes 1:11).

Hors de leur vue. Littéralement : "loin de leurs yeux".



Ellen G. White


9 (Psaume 24:7-10; 47:5, 6; 68:17, 18; Éphésiens 4:8). Le Christ est monté comme Roi—[Psaume 47:5, 6; 68:17, 18 cité.] Le Christ est venu sur la terre en tant que Dieu sous l’apparence de l’humanité. Il est monté au ciel comme le Roi des saints. Son ascension était digne de son caractère exalté. Il partit comme un homme puissant au combat, un conquérant, emmenant des captifs. Il était accompagné de l’armée céleste, au milieu des cris et des acclamations de louange et des chants célestes....
9-11 (Luc 24:50, 51). La pleine gloire de l’ascension voilée—Le fait le plus précieux pour les disciples dans l’ascension de Jésus était qu’il les avait quittés pour monter au ciel sous la forme tangible de leur Maître divin....

Actes 1:10

Regardèrent fixement vers. Littéralement, « ils regardaient dans » — le visage levé. Comme il montait. Il faudrait plutôt traduire « comme il s’en allait ». Jésus monta progressivement. Il ne disparut pas soudainement comme à Emmaüs (Luc 24:31). Deux hommes. Concernant l’identité de l’un de ces deux anges, voir la note sur Luc 1:19. Bien qu’appelés « hommes » parce qu’ils avaient une forme humaine, c’étaient des anges (DA 831, 832). Comparez les deux anges vêtus de « blanc » qui accueillirent Marie au tombeau (Jean 20:12, 13), dont l’un est appelé « un jeune homme » (Marc 16:5). Se tenaient là. Il faudrait plutôt traduire « se tenaient déjà là » ; ils étaient déjà présents lorsque les disciples les remarquèrent. Vêtements blancs. Dans son Évangile, Luc décrit les anges annonçant la résurrection comme « deux hommes … aux vêtements resplendissants » (Luc 24:4). Voir aussi Actes 10:30 ; cf. chap. 11:13.

Actes 1:11

Hommes de Galilée. Littéralement, « hommes, Galiléens ». Tous les disciples, à l’exception peut-être de Judas (voir la note sur «Mark 3:19), étaient originaires de Galilée et se distinguaient par leur façon de parler galiléenne (cf. Matt. 26:73; voir la note sur Acts 4:13). Mais les anges connaissaient ces hommes sans se référer à leur façon de parler, tout comme ils connaissaient la vie d’autres hommes (cf. chap. 10:3–6). Pourquoi restez-vous là à regarder ? Les disciples fascinés semblaient incapables de détacher leur regard de l’endroit où leur Maître bien-aimé avait disparu. Les deux anges rompent le charme par une question : Celui qui est monté au ciel est Dieu le Fils ; il vous a fait connaître ses plans, il reviendra — « pourquoi restez-vous là à regarder ? » Il vous a donné une œuvre à accomplir en préparation de son retour. Comparez la question de l’ange lors de la résurrection : « Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? » (Luke 24:5). En un sens, les chrétiens devraient toujours regarder vers le ciel (voir Phil. 3:20). Ce même Jésus. Le Jésus que les disciples avaient intimement connu au cours des trois années et demie précédentes. Bien qu’il fût ressuscité d’entre les morts et monté au ciel, en tant que Fils de Dieu, il conservait toujours sa nature humaine (voir DA 23–25). Il viendra ainsi. La seconde venue du Christ est étroitement liée à la résurrection et à l’ascension, en tant qu’événement promis et lié à des faits historiques. L’Écriture révèle (1) le Christ créateur (Col. 1:16; Heb. 1:2; voir la note sur John 1:1–3) ; (2) le Christ incarné (Phil. 2:7; Heb. 2:14, 15; voir la note sur John 1:14) ; (3) le Christ crucifié (Acts 17:3; 1 Cor. 15:3, 4; voir la note sur Matt. 27:31–56; John 19:17–37) ; (4) le Christ ressuscité (Rom. 1:3, 4; 1 Cor. 15:3–22; voir la note sur Matt. 28:1–15; John 20:1–18) ; (5) le Christ, Roi à venir (Matt. 24:30; Rev. 11:15; 19:11–16; voir la note sur Matt. 25:31). Ces révélations, dont nous n’osons omettre aucune, constituent une présentation unifiée du Fils de Dieu dans les phases successives et liées entre elles de sa grande œuvre visant à sauver les hommes pour son royaume. Dans toutes ces phases, il est « ce même Jésus ». « le même hier, aujourd’hui et pour toujours » (Heb. 13:8). De même. Selon cette promesse, son retour doit être (1) personnel — « ce même Jésus » (voir DA 832) ; (2) visible — « vous l’avez vu s’en aller » ; (3) accompagné de nuées — « une nuée l’a reçu » ; (4) certain — « il viendra ainsi ». Cette promesse discrète mais solennelle des conseillers angéliques confère à la doctrine de la seconde venue du Christ une certitude absolue, garantie par la réalité de l’ascension. Tout est vrai, l’événement comme la promesse, ou rien ne l’est. Sans la seconde venue, toute l’œuvre précédente du plan du salut serait aussi vaine que les semailles et la culture des récoltes sans moisson.



Ellen G. White


11. L’humanité sainte emmenée au ciel—Le Christ monta au ciel, portant une humanité sanctifiée et sainte. Il emporta cette humanité avec lui dans les cours célestes et, à travers les âges éternels, il la portera, lui qui a racheté tout être humain dans la cité de Dieu (The Review and Herald, March 9, 1905).

Actes 1:12

Ils revinrent. Les disciples s'étaient détournés de la croix dans une profonde tristesse et une totale frustration. Après chacune des apparitions du Maître ressuscité, ils demeuraient dans une espérance mêlée de perplexité. Mais maintenant, ayant vu leur Seigneur monter au ciel, ils revinrent dans la joie, avec l'assurance inébranlable qu'Il reviendrait. À Jérusalem. En obéissance à l'ordre du v. 4. Olivet. Le lieu de l'ascension, le mont des Oliviers, situé à l'est de Jérusalem en direction de Béthanie, et à mi-chemin de ce village (voir le commentaire sur Matt. 21:1). Béthanie est à 15 stades (gr. stadia, voir vol. V, p. 50), c'est-à-dire à environ 2 mi (env. 3 km) de Jérusalem (Jean 11:18). Luc explique qu'après sa dernière rencontre avec les disciples à Jérusalem, Jésus « les conduisit jusqu'à Béthanie » (Luc 24:50), peut-être parce que cet endroit faisait partie du cadre familier d'autrefois qu'Il aimait tant. De là, une courte marche de retour par « le mont appelé Olivet » les ramènerait à Jérusalem. Trajet d'un jour de sabbat. Expression qui ne figure qu'ici dans l'Écriture, décrivant la distance entre Jérusalem et le mont des Oliviers (voir le commentaire sur Ex. 16:29 ; voir vol. V, p. 50). Josephèphe mesure cette distance à 5 ou 6 stades, ou furlongs (Antiquités xx. 8. 6 ; Guerre v. 2. 3 [70]), soit environ deux tiers de mile (env. 1 km). La Mishnah concorde avec ces chiffres, car elle définit la « limite du sabbat » comme étant de 2 000 coudées. Elle dit : « Si un homme autorisé à le faire sortait au-delà de la limite du sabbat et qu'on lui annonçait ensuite que l'acte [qu'il avait l'intention d'accomplir] avait déjà été effectué, il a le droit de se déplacer dans n'importe quelle direction à l'intérieur de deux mille coudées. S'il se trouvait à l'intérieur de la limite du sabbat, il est considéré comme s'il n'en était pas sorti. Tous ceux qui sortent pour sauver une vie peuvent retourner à leur lieu d'origine » (‘Erubin 4. 3, éd. Soncino du Talmud, p. 306). Des moyens étaient prévus pour remédier aux inconvénients causés par une telle « limite ». « Si un homme qui était en route [vers sa maison] était surpris par le crépuscule, et qu'il connaissait un arbre ou un mur et disait : “Que mon point de départ du sabbat soit sous celui-ci”, sa déclaration n'a aucune valeur. Mais s'il disait : “Que mon point de départ du sabbat soit à sa racine”, il peut marcher du lieu où il se tient jusqu'à sa racine, sur une distance de deux mille coudées, puis de sa racine à sa maison, sur deux mille coudées supplémentaires. Il peut ainsi marcher quatre mille coudées après le crépuscule. S'il ne connaît aucun arbre ni aucun mur, … et disait : “Que ma position actuelle soit mon point de départ du sabbat”, sa position lui confère le droit de se déplacer dans n'importe quelle direction dans un rayon de deux mille coudées. … Les Sages décidèrent toutefois que les distances devaient être mises au carré, en forme de tablette carrée, afin qu'il puisse bénéficier de la superficie des angles » (Mishnah ‘Erubin 4. 7, 8, éd. Soncino du Talmud, p. 343, 344). « Les Sages n'ont pas institué cette loi pour ajouter des restrictions, mais pour les assouplir » (ibid. 5. 5, éd. Soncino du Talmud, p. 411). On dit que l'origine de la mesure de 2 000 coudées se trouvait dans la tradition selon laquelle la distance entre la tente la plus éloignée du camp des Israélites dans le désert et la tente de la rencontre, ou le tabernacle (cf. Nomb. 35:5), était la plus grande distance qu'un Hébreu pouvait parcourir sans qu'on dise qu'il était sorti « de son lieu le septième jour » (Ex. 16:29). Plus probablement, il s'agissait de la distance que Josué avait fixée entre le peuple et les Lévites portant l'arche, lors de la traversée du Jourdain (Josué 3:4). Chrysostome (Homélie III, Actes 1:12) supposa que l'ascension avait dû avoir lieu un jour de sabbat, pour expliquer la mention ici d'un « trajet d'un jour de sabbat ». Une telle conclusion n'est pas nécessaire. L'ascension eut probablement lieu un jeudi (voir la note supplémentaire sur Matt. 28).

Actes 1:13

13. Une chambre haute. Non pas dans le Temple(Luc 24:53), où les disciples adoraient encore(cf. Actes 3:1), mais à l'étage supérieur d'une maison privée, sous le toit plat, où l'on pouvait s'isoler (voir sur le site de l'Église) Matt. 26:18Marc 14:15Luc 24:33Jean 20:19)

Les deux Pierre. Pour la liste des apôtres, voir sur Matt. 10:2-5Marc 3:13-19

Actes 1:14

Persévéraient d’un commun accord. Plus exactement, ici et au chap. 2:46, « persévéraient d’un même cœur ». Quel contraste avec l’esprit de compétition manifesté au moment de la dernière Cène (Luke 22:24). Combien différente, dans sa joie calme et solennelle, était cette période d’attente. C’est ici le commencement de l’« accord » qui produisit des résultats si puissants quelques jours plus tard (Acts 2:1, 41). Dans la prière. Gr. te proseuchē. Cela peut recevoir au moins deux interprétations : (1) « dans la prière » ; ou (2) « dans le lieu de prière », sens dans lequel cette expression apparaît au chap. 16:16. Certains commentateurs suggèrent que les disciples ne restaient pas constamment dans la « chambre haute », mais se rendaient de temps à autre dans une synagogue, et que ces visites sont incluses dans Luke 24:53, « Et ils étaient continuellement dans le temple. » Et les supplications. Les données textuelles favorisent (cf. p. 10) la suppression de ces mots. Le fait de l’unité des disciples dans la prière demeure cependant. Pendant les jours précédant la Pentecôte, les 120 (v. 15) demandaient avec révérence l’accomplissement de la promesse selon laquelle l’Esprit, le Consolateur, viendrait (John 14:16) avec puissance (Acts 1:8) « dans peu de jours » (v. 5). Voir AA 36, 37. Ce texte contient une excellente formule pour une prière efficace : (1) la demande — ils priaient ; (2) la persévérance — ils persévéraient dans la prière ; (3) l’unanimité — ils priaient d’un commun accord. Voir la note sur Matt. 18:19, 20 Luke 18:1–8. Avec les femmes. Plus exactement, « avec des femmes », ce qui peut désigner les épouses des hommes réunis là. Cette interprétation est étayée par le fait que « Marie, la mère de Jésus », qui n’était l’épouse d’aucun homme présent, est mentionnée séparément. Cependant, l’interprétation habituelle voit dans « les femmes » une référence à celles qui servaient le Christ, parmi lesquelles se trouvaient Marie de Magdala, Jeanne, Suzanne, « et beaucoup d’autres » (voir la note additionnelle sur Luke 7 ; voir la note sur Luke 8:2, 3). Marie. Cette référence à la mère de Jésus est instructive. Sa relation unique avec le Seigneur monté au ciel justifie qu’elle soit mentionnée spécialement, mais aucune prééminence indue ne lui est accordée. Dans cette dernière apparition dans l’Écriture, elle fait partie du groupe uni qui « persévérait d’un commun accord dans la prière et les supplications ». Les légendes concernant sa vie ultérieure et sa position après sa mort n’ont aucun fondement biblique ni factuel. Ses frères. Il s’agissait de Jacques, Joses, Simon et Judas (Matt. 13:55 ; voir la note sur Matt. 12:46; Mark 6:3). Ils s’étaient tenus à l’écart de Jésus (John 7:5 ; DA 450, 451), et ils ne sont pas mentionnés parmi ceux qui se rassemblèrent autour de la croix (John 19:25–27). Mais les scènes finales de la vie terrestre du Christ avaient entraîné leur conversion, et ils sont désormais comptés parmi ses disciples. On n’entend plus parler de Simon et de Joses, mais Jacques est probablement celui qui devint un dirigeant de l’Église (voir la note sur Acts 12:17 ; voir Acts 15:13; 1 Cor. 15:7; Gal. 1:19 ; vol. V, p. 71), et beaucoup pensent qu’il est l’auteur de l’Épître de Jacques (voir l’Introduction à l’Épître de Jacques, vol. VII). Judas est peut-être le Jude qui a écrit la brève épître portant son nom (voir la note sur Mark 6:3 ; voir l’Introduction à l’Épître de Jude, vol. VII).



Ellen G. White


14. La foi des frères de Jésus établie—[Actes 1:9-14 cité.] « Et avec ses frères. » Ceux-ci avaient beaucoup perdu à cause de leur incrédulité. Ils avaient été au nombre de ceux qui doutèrent lorsque Jésus apparut en Galilée. Mais ils croyaient maintenant fermement que Jésus était le Fils de Dieu, le Messie promis. Leur foi était établie (Letter 115, 1904).

Actes 1:15

15. Ces jours-là. Entre l'ascension et la Pentecôte. L'ascension a eu lieu quarante jours après la résurrection(v. 3). Il restait donc dix jours jusqu'à la Pentecôte, le "cinquantième", le jour de la fête des Semaines (voir sur Lév. 23:16; Actes 2:1). Voir Vol. V, p. 233.

Pierre. Pour ce qui est de sa vocation, de sa position et de son caractère, voir Marc 3:14-16. Les leçons qu'il a reçues de Jésus(Luc 22:32; Jean 21:15-17; voir DA 812, 815) portent maintenant de bons fruits. Ses dons naturels ont été sanctifiés par la conversion et il apparaît comme un leader dans l'Église. Mais il n'y a rien de dictatorial dans sa conduite. Il incite ses frères à l'action concertée, et les décisions qui s'ensuivent sont prises par l'ensemble du groupe et non par un seul homme. Il joue un rôle de premier plan dans les premières affaires de l'Église. Son sermon est le seul sermon pentecôtiste qui soit enregistré(Actes 2:14-40), et d'autres de ses sermons font l'objet d'une attention particulière(chapitres 3:12-26; 4:8-12; 10:34-43). Avec Jean, il accomplit le premier miracle de guérison relaté dans les Actes(ch. 3:1-11), et ses pouvoirs miraculeux sont spécialement mentionnés(ch. 5:15; 9:32-41). Il joue le rôle principal dans la réprimande d'Ananias et de Saphira(ch. 5:3-11). Il est clair qu'il occupait une position de premier plan dans l'Église primitive, mais il disparaît du récit de Luc après le chapitre 15:7, et l'attention se concentre alors sur Paul. Pour une discussion sur la suprématie supposée de Pierre, voir Matt. 14:28; 16:16-19.

Les disciples. Des preuves textuelles importantes peuvent être citées(cf. p. 10) en faveur de la lecture " les frères " (à ne pas restreindre aux seuls frères du Christ, comme au v. 14, car il y avait environ 120 personnes présentes). Il s'agissait manifestement d'une réunion officielle, convoquée pour l'élection d'un douzième apôtre à la place de Judas Iscariote.

Nombre de noms. Littéralement, "foule de noms", c'est-à-dire groupe de personnes.

Cent vingt. Le mot " environ " indique qu'il s'agit d'un chiffre approximatif, mais le groupe est suffisamment important pour constituer une base solide pour la jeune Église de Jérusalem. Le nombre ne comprend pas tous ceux qui ont cru, car "plus de cinq cents frères" ont vu le Christ après sa résurrection(1 Cor. 15:6).

Actes 1:16

16. Hommes et frères. Certains ont suggéré que Pierre s'adressait particulièrement aux hommes de la compagnie, et qu'eux seuls avaient pris part à l'élection du douzième apôtre.

Cette Écriture. Plutôt " l'Écriture ", citée au v. 20. Notez comment, dès ses débuts, l'Église apostolique a fait appel à l'AT pour son autorité.

Il faut des besoins. Non pas que les événements aient été conçus pour correspondre à l'Écriture, mais l'Écriture, inspirée par le Saint-Esprit, a prévu les événements. Matthieu utilise à plusieurs reprises des citations de l'AT de manière similaire (voir Matthieu a de nombreuses utilisations similaires de citations de l'AT (voir sur Matt. 1:22).

Le Saint-Esprit. Pierre révèle ici les convictions des disciples concernant l'inspiration des psaumes de David. Ils pensaient que David parlait (ou écrivait) en tant que porte-parole de l'Esprit. Cet enseignement est en accord avec 2 Tim. 3:16 et 2 Pierre 1:21.

Judas. Notez la manière dont l'apôtre utilise l'Écriture. Il voit son accomplissement après l'événement et l'applique hardiment à un individu, Judas, bien que David ne mentionne pas le traître par son nom.

Qui était un guide. Littéralement, " devint un guide " (voir sur Matt. 26:3, 14, 47). Quel effrayant changement d'occupation ! Celui qui avait été ordonné pour conduire les hommes à Christ afin qu'ils soient sauvés, choisit de conduire les hommes à Christ afin que le Sauveur soit détruit. Mais notez la retenue dans la description de Judas. Malgré l'horreur que Pierre et ses collègues apôtres ont dû ressentir, il n'y a pas de récriminations. Il laisse le jugement de Judas entre les mains de Dieu.

Actes 1:17

17. Numéroté avec nous. Considéré comme l'un des membres de la compagnie apostolique(Matt. 10:4; Marc 3:19; Luc 6:16). Il n'y a aucune trace de son appel à devenir disciple ; il s'est proposé pour faire partie des Douze (voir DA 293, 294).

Obtenu. Plutôt "obtenu par tirage au sort" ou "reçu par attribution divine", ce qui souligne que le Christ l'a accepté comme disciple.

Partie. Gr. klÃâros, "lot", "portion attribuée" ou "part", d'où notre mot "clergé".

Ministère. Les ouvriers de l'Église primitive ressentaient vivement la responsabilité du ministère(diakonia) de l'Évangile(Actes 12:25; 20:24; 1 Cor. 16:15; Col. 4:17; 2 Tim. 4:5).

Actes 1:18

18. Cet homme a acheté. Les versets 18, 19 peuvent être l'explication de Luc insérée dans le discours de Pierre ; Pierre n'aurait guère besoin de donner aux 120 des détails sur la mort de Judas. Il n'est pas nécessaire de déduire de cette formulation que Luc croyait que Judas avait acheté le "champ de sang" avant sa mort. L'argent de Judas, mal acquis, a acheté le champ, et sa sépulture dans ce champ a été la récompense de son iniquité. Le récit de Matthieu est explicite : Lorsque Judas vit que Jésus était condamné à être crucifié, et qu'il ne faisait aucun effort pour se sauver, il eut des remords pour sa trahison. Il rendit les 30 pièces d'argent aux prêtres avec lesquels il avait conclu son infâme marché, puis il se pendit. Avec l'argent, les chefs des prêtres achetèrent un champ de potier, où étaient déversés les déchets des poteries, et ils y enterrèrent Judas. A cause de cela, ou parce que l'argent était le prix du "sang innocent", l'endroit fut appelé "le champ du sang" (voir sur Matt. 27:3-10; voir DA 722). La différence entre les récits de Matthieu et de Luc est rhétorique, et non factuelle : tout ce que Judas a reçu comme récompense, c'est un enterrement déshonorant dans un terrain stérile

Tomber à la renverse. Certains éléments indiquent que les mots ainsi traduits devraient plutôt être compris comme signifiant " s'enflant ", mais les preuves sont insuffisantes pour recommander clairement une telle traduction. Judas, peut-être le plus ambitieux des disciples de Jésus, avait cherché à atteindre les sommets du pouvoir mondial en s'identifiant au royaume qu'il pensait que Jésus établirait sur terre. Sa mort horrible semble illustrer de manière frappante les résultats tragiques d'une telle ambition. Au lieu d'atteindre les sommets auxquels il aspirait perfidement, il a péri en " tombant la tête la première "

Actes 1:19

19. Connu de tous. La nouvelle de la trahison de Judas et de sa mort suicidaire s'étant répandue à l'étranger, elle a probablement influencé les habitants de Jérusalem en faveur du Christ, car ils se sont rendu compte qu'il était la victime de complots sacerdotaux et de la trahison d'un disciple. De plus, les scènes de la crucifixion avaient été vues par des foules(Luc 23:27, 35; Jean 19:19, 20; DA 741, 775-777). Ceux qui sont sortis de la tombe après le grand tremblement de terre sont apparus à de nombreuses personnes(Matthieu 27:52, 53; DA 786). Les événements qui ont accompagné le sacrifice du Christ pour les pécheurs n'ont pas eu lieu en secret, ils n'ont pas été cachés dans un coin(Actes 26:26).

Est appelé. Certains ont suggéré que l'utilisation du verbe "est appelé" fournit une preuve non étudiée que Luc a écrit les Actes avant la destruction de Jérusalem en l'an 70, après quoi les noms de lieux, à l'exception des plus significatifs, auraient été largement perdus de vue.

Leur langue. Littéralement, "leur propre dialecte[dialektos]", ce qui suggère que l'araméen n'était pas la langue de Luc et qu'il n'était pas juif.

Aceldama. Translittération grecque de l'araméen chaqel dema',"le champ du sang", que la tradition associe à Haḳø³ ed-Dumm, sur la rive sud de la vallée de Hinnom, au sud de Jérusalem (cf Matthieu 5:22le champ acheté avec les 30 pièces d'argent servait à enterrer les étrangers qui n'avaient pas de parents ou d'amis pour les enterrer(Matt. 27:6-10; cf. Zech. 11:12, 13).

Actes 1:20

Il est écrit. Il convient de relever et de maintenir le lien avec le v. 17. Après l'explication des v. 18 et 19, Pierre cite Ps. 69:25 (d'après la LXX, avec quelques modifications) et Ps. 109:8 (également d'après la LXX). Ps. 69 contient des imprécations contre les ennemis de David, mais aussi des déclarations prophétiques qui concernent le Messie, comme on peut le voir aux v. 7–21. Le verset 25 est principalement une malédiction contre les ennemis de David et, par extension, contre les ennemis du Messie ; il s'applique donc à Judas. Ps. 109 est également imprécatoire, en des termes encore plus amers que l'autre, et le v. 8 est une requête pour que l'ennemi composite contre lequel l'imprécation est prononcée ait une vie courte et soit relevé de sa responsabilité (voir les commentaires sur Ps. 69; 109). Judas et ses actes terribles correspondent à ce que décrivent les psaumes, et le sort qu'il mérite correspond à celui des ennemis décrits dans ces passages. Il s'agit d'un type d'exégèse fréquemment employé dans le NT pour interpréter et appliquer l'AT (cf. 1 Pierre 1:10, 11 ; cf. les commentaires sur Deut. 18:15). Ici, Pierre a pris la citation et l'a appliquée au champ que Judas avait acheté (voir les commentaires sur le v. 18), prévoyant qu'il ne serait pas habité. Évêché. Gr. episkopē, « surveillance », « charge », « fonction », traduisant correctement l'héb. pequddah. Le mot « évêché » devrait plutôt être rendu par « fonction de surveillant ». Les évêques étaient les responsables dirigeants de l'Église d'Angleterre en 1611, lorsque la KJV fut traduite, et il est psychologiquement compréhensible que les traducteurs anglicans aient attribué au mot grec, qui signifie « surveillance » ou « superintendence », une signification ecclésiastique beaucoup plus tardive et plus forte. Comparer la mention de « Pâques » au ch. 12:4, où le grec signifie « Pâque ». Le refus calviniste de reconnaître un responsable ecclésiastique d'une autorité supérieure à celle de l'« ancien » (Gr. presbuteros) ne se reflétait pas dans la traduction anglicane de 1611, bien qu'il fût apparu dans la Bible de Genève de 1560, dans la traduction « charge ». Pour le sens des mots grecs presbuteros, « ancien », et episkopos, « évêque », dans le NT, voir p. 26, 38. Dans le NT, les « anciens » étaient parfois appelés « évêques », c'est-à-dire « surveillants », mais c'est seulement ici, dans l'Écriture, que ces apôtres sont même indirectement désignés comme des « évêques ». Par conséquent, la traduction « charge » ou « fonction » est préférable ici. Voir p. 26, 38. L'apôtre utilise Ps. 109:8 comme autorité pour l'élection d'un autre destiné à prendre la place laissée vacante par Judas.

Actes 1:21

21. Ces hommes. Il semble qu'il y ait eu plusieurs croyants qui remplissaient les conditions requises pour être le successeur de Judas, bien qu'un seul ait été choisi.

Compagnons de route. Pierre décrit les qualifications souhaitées pour le candidat. Il doit avoir été avec les disciples tout au long du ministère terrestre du Seigneur, depuis l'époque de Jean-Baptiste jusqu'au jour de l'ascension du Christ.

Entrer et sortir. Hébraïsme désignant les activités quotidiennes, comme celles que Jésus partageait avec ses disciples.

Actes 1:22

22. Le commencement. Comparer avec " le commencement "(Marc 1:1).

Baptême de Jean. Cela peut se référer soit aux jours où Jean prêchait et baptisait, soit au jour précis où Jean a baptisé Jésus.

Doit. Gr. dei, "il faut"(cf. v. 16). Pierre pensait apparemment que le nombre initial de disciples devait être maintenu. Les apôtres avaient sans doute une conception de 12 comme nombre entier, à l'instar des 12 tribus d'Israël. En fait, il leur avait été promis 12 trônes pour gouverner les tribus(Mt 19.28), une promesse qui rappelle les 12 étoiles de la couronne de l'Eglise(Ap 12.1) et les 12 fondements des murs de la nouvelle Jérusalem, sur lesquels figurent les noms des 12 apôtres(Ap 12.14). Jésus avait ordonné une compagnie de 12, dont l'un des membres s'était égaré. Pierre raisonne : Le nombre complet est nécessaire pour témoigner de tous les aspects de la vie et de l'œuvre du Seigneur ; une tâche immense attend les apôtres, et le quota complet de témoins est nécessaire pour l'accomplir.

Le nombre de 12 a été brisé par le martyre de Jacques vers l'an 44(ch. 12:2), mais nous ne lisons pas la nomination d'un successeur.

Ordonné. Certains pensent que l'expression "être ordonné" reflète trop fortement les principes de gouvernement de l'Église défendus par les traducteurs de la KJV. Cette hypothèse n'est pas nécessaire, car les Douze avaient été "ordonnés" par leur Maître (voir sur Marc 3:14voir DA 296), et il conviendrait que l'élu soit de la même manière mis à part pour le ministère.

Témoin. Voir v. 8. L'accent est mis sur le témoignage du fait historique de la résurrection (cf Luc 24:48).

Actes 1:23

23. Ils. Il s'agit probablement de l'ensemble des 120 apôtres, bien que le contexte immédiat des versets 21 et 22 puisse suggérer de limiter la référence aux onze apôtres seulement.

Deux nommés. Gr. estÃâsan duo; ces mots peuvent être traduits soit par " ils en mirent deux en avant ", soit par " deux se tinrent debout " ; dans le premier sens, ce passage signifierait que Joseph et Matthias ont été proposés par les disciples comme candidats sur lesquels le sort pourrait être jeté. Si le verbe doit être compris dans le second sens, cela signifierait que Pierre, après avoir énoncé les qualités nécessaires à l'homme qui devait prendre la place de Judas, demanda s'il y en avait qui étaient présents, et Joseph et Matthias se présentèrent.

Joseph. Nom juif courant (voir Gen. 30:24).

Barsabas. Gr. barsabas, translittération de l'araméen, peut-être bar shabba' signifiant " fils du sabbat ", c'est-à-dire né le jour du sabbat, ou bar saba'," fils du vieillard "."Certains ont essayé d'identifier ce Barsabas avec Barnabas, le Lévite de Chypre, qui devint un compagnon de Paul(chap. 4:36; 9:27; 11:22, 24), mais il n'y a pas d'appui scripturaire à cela. Il est possible qu'il soit le frère de Judas Barsabas mentionné au chapitre 15:22.

Justus. Nom de famille latin. À l'époque romaine, de nombreux Juifs portaient ce nom.

Matthias. Peut-être une forme abrégée de Mattathias, qui vient de l'hébreu Mattithyah, "don de Jéhovah". Il n'est plus mentionné, à l'exception du v. 26, et il n'y a pas de tradition fiable concernant sa carrière. Eusèbe(Histoire Ecclésiastique i. 12. 3 ; iii. 25. 6) l'inclut parmi les Soixante-dix et mentionne un évangile apocryphe qui lui est attribué. Il aurait été martyrisé en Éthiopie ou en Judée (voir p. 36).

Actes 1:24

24. Ils ont prié. Quelle prière ce devait être, jaillissant d'une foi simple et insistante. À chaque grand moment de l'Église naissante, on recourait spontanément à la prière. Ce n'était pas par simple habitude, même si l'habitude était bonne, ni comme un rituel, car celui-ci n'était pas encore venu formaliser le culte de l'Église, mais parce qu'il semblait aux apôtres aussi naturel de parler, par la prière, à leur Seigneur dans les cieux qu'il l'avait été de parler face à face avec Jésus sur la terre. Il en a toujours été ainsi dans l'expérience de l'Eglise, et il en est de même aujourd'hui.

Le Seigneur. Dans la mesure où Jésus a demandé à ses disciples d'adresser leurs demandes au Père, en son nom (Jésus), on peut supposer que le mot "Seigneur" se réfère ici au Père.

Connaît les coeurs. Comparez 1 Sam. 16:7; Ps. 139:1-4; Jean 2:25.

Montre. Les 120 avaient fait preuve de discernement en proposant les noms de Barsabas et de Matthias. Ils en appellent maintenant au Seigneur pour qu'il fasse le choix final.

Actes 1:25

Partie. Les preuves textuelles favorisent (cf. p. 10) « place ». Ministère et apostolat. Les apôtres étaient pleinement conscients de la dignité spirituelle de leur appel (voir les commentaires sur le v. 17). Par transgression tomba. Il faudrait plutôt traduire : « s'est détourné », « a transgressé ». Sa propre place. On demandait au Seigneur d'en choisir un pour remplacer celui qui avait choisi l'apostasie et qui avait trouvé « sa propre place », dans le désastre et la mort. Une telle place était celle de Judas, par son propre choix. Les événements avaient prouvé ce que le Seigneur avait déjà prévu (Jean 6:70, 71; Jean 13:2, 21, 26), à savoir qu'une place parmi les Douze n'appartenait véritablement pas à Judas.

Actes 1:26

26. Ils ont tiré au sort. Cela peut signifier soit (1) que la société a tiré au sort les deux hommes, soit (2) que les candidats eux-mêmes ont tiré au sort. Quelle que soit la méthode utilisée, elle a abouti à l'élection de Matthias. Les Juifs connaissaient bien le tirage au sort comme méthode standard de décision dans l'AT: (1) dans le choix des boucs lors des cérémonies hautement significatives du Jour des Expiations(Lev. 16:5-10) ; (2) dans l'attribution des terres en Canaan aux tribus(Num. 26:55; Josué 18:10), et au retour de l'exil(Neh. 10:34; 11:1) ; (3) pour régler les affaires criminelles en cas d'incertitude(Josué 7:14, 18; 1 Sam. 14:41, 42) ; (4) pour choisir les forces de combat(Juges 20:8-10) ; (5) pour nommer les hauts fonctionnaires(1 Sam. 10:19-21) ; et (6) pour attribuer les villes des prêtres et des lévites(1 Chron. 6:54-65). Cette méthode est mise en pratique dans 1 Chron. 24 à 26. Il était entendu que le Seigneur avait le dernier mot en matière de tirage au sort(Prov. 16:33). Au Calvaire, les soldats ont tiré au sort le vêtement sans couture du Seigneur (Matt. 27:35 ; voir sur Jean 19:23, 24). Mais le choix de Matthias par le sort est le seul exemple enregistré parmi les chrétiens dans le NT. Pour une mise en garde contre le recours à de telles méthodes aujourd'hui, voir sur Josué 7:14Prov. 16:33

Pour autant que l'on sache, la proposition de Pierre d'utiliser le tirage au sort a été acceptée sans contestation ni discussion. Il semble qu'après la Pentecôte, la direction directe du Saint-Esprit ait rendu le tirage au sort superflu(Actes 5:3; 11:15-18; 13:2; 16:6-9). Un exemple du tirage au sort dans l'Église postapostolique est la disposition relative à son utilisation pour la sélection d'un évêque dans le troisième canon du Concile de Barcelone en Espagne, en l'an 599

Il était numéroté. Gr. sugkatapsÃâphizomai, de sun, "avec", kata, "en bas", et psÃâphos, "un caillou", en référence à l'ancienne méthode d'élection d'une personne en jetant un caillou dans une urne. Le mot peut être traduit par "voté" ou "inscrit"

Avec les onze. Aux yeux du monde, Matthias avait accédé à une position très humble, celle de leader dans un groupe insignifiant d'humbles gens qui allaient bientôt être persécutés. Mais pour les croyants, la position à laquelle Matthias avait été nommé était porteuse de possibilités incommensurables pour l'avenir. Il n'y a aucune raison de refuser à Matthias sa dignité de remplaçant dans le corps apostolique. Si l'on prétend que rien n'est dit dans l'Écriture concernant le travail ultérieur de Matthias, il faut se rappeler que rien n'y est dit du travail ultérieur d'André, de Philippe (le Philippe du chapitre 8 était le diacre), de Thomas, de Barthélemy, de Matthieu, de Jacques le Mineur, de Simon le Zélote et de Judas Lebbaeus Thaddée

Il n'est pas mentionné que les disciples aient imposé les mains à Matthias(cf. ch. 6:6; 13:3). De toute évidence, l'Église croyait que le Saint-Esprit avait montré son approbation dans l'élection par tirage au sort. Dans ce choix de Matthias, nous avons des preuves précoces et significatives de l'organisation de l'Église : (1) une réunion officielle des croyants, (2) la discussion d'un point important des affaires de l'église, (3) la décision et son exécution. L'église était organisée et attendait maintenant la puissance divine

Certains voudraient faire de Paul le douzième apôtre. Mais bien que Paul se soit qualifié d'apôtre à maintes reprises(Rom. 1:1; 1 Cor. 1:1; 2 Cor. 1:1, et dans d'autres épîtres), il n'a jamais prétendu être l'un des Douze, et il n'est jamais désigné ainsi. En fait, il connaissait et soulignait une distinction sur ce point(1 Cor. 15:5, 8). Il a clairement indiqué qu'il n'avait pas reçu sa connaissance de l'Évangile des Douze(Gal. 1:11, 12, 15-19). Il a suivi un programme distinct du leur(Rom. 15:20, 21). Dans EW 199 et AA 102, il est indiqué que Paul a pris la place d'Etienne



Ellen G. White


26 (Josué 7:16-18). Aucune foi dans le tirage au sort—Que personne ne se détourne des principes solides et raisonnables que Dieu a établis pour guider son peuple, afin de dépendre pour sa direction d’un procédé tel que le fait de lancer une pièce de monnaie. Une telle démarche plaît beaucoup à l’ennemi des âmes ; car il s’efforce de contrôler la pièce et, par son intermédiaire, met ses plans à exécution. Que personne ne se laisse tromper au point de placer sa confiance dans de tels tests. Que personne ne rabaisse son expérience en recourant à des procédés dérisoires pour être dirigé dans des affaires importantes liées à l’œuvre de Dieu.

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés