Seventh-day Adventist Bible CommentaryJacques 1

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

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Introduction

L’Épître générale de JACQUES INTRODUCTION 1. Titre. À l’origine, comme les autres épîtres du N.T., celle-ci, étant une lettre, ne portait probablement pas de titre. L’un des plus anciens manuscrits contenant l’Épître de Jacques, le Codex Sinaiticus, ne porte aucun titre au début de la lettre, mais se termine par la souscription : « Épître de Jacques. » D’autres manuscrits anciens portent le simple titre grec Iakōbou Epistolē (« Épître de Jacques »). Des manuscrits plus tardifs la désignent comme une épître générale, ou catholique, en ce sens qu’elle s’adresse à l’Église dans son ensemble plutôt qu’à une congrégation ou à une personne particulière. Eusèbe fait référence à l’Épître de Jacques comme à la première des sept épîtres appelées « catholiques », ce qui signifie « générales » ou « universelles » (Histoire ecclésiastique ii. 23). Elles furent ainsi appelées parce qu’elles s’adressaient à l’Église en général, bien que cette appellation soit tout à fait inappropriée lorsqu’elle est appliquée aux 2e et 3e épîtres de Jean, qui s’adressent à des individus. Dans tous les manuscrits anciens, les sept épîtres allant de Jacques à Jude étaient regroupées après les Actes, avant les épîtres de Paul. L’ordre des épîtres générales tel qu’il apparaît dans nos Bibles anglaises est celui que suivent habituellement les principaux manuscrits. 2. Auteur. L’Épître de Jacques ne fournit pas suffisamment d’éléments pour permettre une conclusion définitive quant à l’identité de son auteur. Le N.T. contient de nombreuses références à des hommes nommés Jacques. Ce nom était très courant parmi les Juifs, car il représente l’équivalent grec du nom hébreu Jacob. L’usage fréquent de ce nom est illustré par la liste des douze apôtres (Matt. 10:2, 3; Marc 3:16–19; Luc 6:14–16). L’un de ces apôtres était Jacques, fils de Zébédée et frère de Jean. Un deuxième Jacques était fils d’Alphée. Un autre personnage biblique nommé Jacques était le père de l’un des Douze, identifié comme Judas « de Jacques », c’est-à-dire fils de Jacques, plutôt que « frère de Jacques », comme dans la KJV (Luc 6:16). Il est raisonnable de supposer que l’auteur de l’Épître de Jacques est l’une des personnes de ce nom déjà mentionnées dans le récit biblique, plutôt qu’un autre Jacques, entièrement différent de tous ceux que l’on connaît par ailleurs. Le ton de l’introduction au chap. 1:1 implique que l’auteur s’adresse à des personnes qui le connaissent bien et qu’il parle avec une autorité reconnue. Bien que, selon les récits évangéliques, les Douze aient tous été étroitement associés au Seigneur, Jacques, fils de Zébédée, était le plus éminent des deux apôtres portant ce nom. Très peu d’auteurs ont jamais attribué l’épître à celui-ci. Mais même cette possibilité semble écartée par la date précoce de sa mort (44 apr. J.-C.), ainsi que par le fait supplémentaire que le chap. 1:1 implique qu’il n’y avait qu’un seul Jacques éminent dans l’Église au moment où l’épître fut écrite, et non deux ou davantage. Le deuxième apôtre nommé Jacques était fils d’Alphée. Il est clairement identifié quatre fois par l’emploi du nom de son père (Matt. 10:3; Marc 3:18; Luc 6:15; Actes 1:13). La question de savoir si ce Jacques est identique à « Jacques le Mineur » (Marc 15:40). Dans ce cas, non seulement son père s’appelait Alphée, mais sa mère s’appelait Marie et il avait un frère nommé José (Matt. 27:56; Marc 15:47; 16:1; Luc 24:10). Mais ailleurs, cette Marie est appelée la femme de Cléophas (Jean 19:25). Bien que l’on ait tenté d’identifier Cléophas (ou Clopas, Cléopas, Luc 24:18) à Alphée par l’intermédiaire de l’araméen Chalpai, équivalent d’Alphée, une telle identification demeure

douteuse. Il semble préférable de conclure que les noms Jacques, fils d’Alphée, et Jacques le Mineur ne désignent pas le même homme. Outre ces personnes nommées Jacques, les évangélistes mentionnent un autre Jacques, cité en premier et donc vraisemblablement l’aîné des quatre frères de Jésus (Matt. 13:55; Marc 6:3). Comme Jacques le Mineur, il avait un frère nommé José, et leur mère (ou plutôt leur belle-mère ; voir la note sur Matt. 12:46) s’appelait Marie. Mais il semble hautement improbable d’identifier l’un des Jacques à l’autre. Une référence à la mère de Jésus comme « Marie, mère de Jacques et de José » (Matt. 27:56) paraît hautement improbable. Ailleurs, Jacques, le frère de Jésus, n’apparaît avec certitude que dans Gal. 1:19, où Paul déclare que, lors de sa première visite à Jérusalem après sa conversion, de tous les apôtres il ne vit que Céphas (Pierre) et « Jacques, le frère du Seigneur ». Ailleurs dans le N.T., il est cependant question d’un responsable de l’Église appelé Jacques, dont le nom n’est accompagné d’aucune autre précision. Il acquiert pour la première fois une certaine notoriété dans les Actes après la mort de Jacques, fils de Zébédée. Après cela, il n’y eut apparemment qu’un seul responsable suffisamment éminent pour être appelé Jacques sans autre précision. Les références ultérieures à ce Jacques le présentent comme une figure remarquable. Lorsque Pierre fut libéré de la prison d’Hérode, il demanda que l’on fasse part de son évasion à Jacques (Actes 12:17). Jacques présida le conseil de l’Église à Jérusalem et en prononça la décision (Actes 15:13, 19). Paul rendit compte à Jacques de son travail (Actes 21:18). Jacques donna à des personnes l’autorité de visiter des Églises (Gal. 2:9). Il pourrait aussi s’agir du Jacques à qui le Christ apparut spécialement après sa résurrection (1 Cor. 15:7), peut-être pour lui donner des instructions particulières concernant ses responsabilités futures. Enfin, Paul le mentionne en premier comme l’un des trois « piliers » de l’Église primitive (Gal. 2:9). Tout bien considéré, ce Jacques semble être la personne la plus susceptible de s’être présenté à l’ensemble de l’Église simplement comme « Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ » (Jacques 1:1). La question demeure donc de savoir si ce Jacques était le fils d’Alphée ou le frère du Seigneur. En faveur de l’identification avec le fils d’Alphée, il y a le fait qu’il semble étrange qu’un Jacques soit mentionné nommément parmi les Douze (Actes 1:13, 14), pour disparaître peu après du récit sans que sa mort même soit signalée, tandis qu’un autre homme du même nom apparaît de manière éminente (Actes 12:17) sans aucune parole d’introduction. D’autre part, certains éléments peuvent être avancés pour identifier cet homme à Jacques, le frère du Seigneur. La mention par Paul de Jacques, le dirigeant de l’Église, dans Gal. 2, qui survient peu après sa mention de Jacques, le frère du Seigneur, dans Gal. 1, donne l’impression—bien que cela ne puisse être prouvé—que les deux hommes sont les mêmes. De plus, le récit de Josèphe concernant la mort de Jacques, le frère du Seigneur, implique qu’il était un dirigeant dans l’Église (Josèphe, Antiquités xx. 9. 1 ; cf. vol. V, p. 71). La tradition chrétienne, au moins depuis le IIe siècle, identifie Jacques, le dirigeant de l’Église de Jérusalem, au frère du Seigneur (Hégésippe, cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique ii. 23). Les premiers écrivains chrétiens offrent un dédale de divergences, de contradictions et de conclusions personnelles concernant l’auteur de cette épître. Leurs erreurs reposent en grande partie sur une identification erronée de Jacques « d’Alphée » avec Jacques « de José », et sur la conclusion non étayée que le Jacques de Gal. 1:19 est identique au Jacques de Gal. 2:9.

Josèphe affirme que la mort de Jacques, « le frère de Jésus, appelé Christ », eut lieu après la mort de Festus et avant l’arrivée de son successeur Albinus (62 apr. J.-C.), et que Jacques fut lapidé (Antiquités xx. 9. 1). Prise au pied de la lettre, cette affirmation semble être un récit factuel de la mort de Jacques « de José », bien qu’Eusèbe l’applique à Jacques « le Juste », dirigeant de l’Église de Jérusalem (Histoire ecclésiastique ii. 23), et utilise une autre citation qui ne se trouve dans aucun texte connu de Josèphe. Eusèbe affirme en outre que les livres divins montrent que Jacques, qui reçut le premier l’épiscopat de Jérusalem du Christ et des apôtres, était « un frère du Christ » (ibid. vii. 19), et il donne la Bible comme autorité. Il cite Paul comme identifiant Jacques « le Juste » à Jacques « le frère du Seigneur » (ibid. ii. 1), supposant là encore plus que ce que sa source affirme. Cependant, ailleurs, Eusèbe présente Jacques comme l’un des prétendus frères du Sauveur et laisse entendre qu’il était l’un des Soixante-dix. Il identifie Jacques comme « frère du Seigneur », « enfant de Joseph » et « le Juste » (ibid.). Il affirme que Jacques fut martyrisé immédiatement avant la prise de Jérusalem (70 apr. J.-C.), et dit que Siméon, fils de Clopas, que certains disent être un cousin du Sauveur, lui succéda au « trône du diocèse » de Jérusalem (ibid. iii. 11). Il contredit ainsi la date donnée par Josèphe pour la mort de Jacques. Il fait d’autres références à Siméon comme fils de Clopas, et à Jude comme frère du Christ selon la chair (ibid. iii. 19, 20, 22, 32). Il cite Hégésippe pour appuyer ses conclusions selon lesquelles Siméon était le fils de Clopas et Clopas était l’oncle du Seigneur (ibid. iii. 32). Il cite de nouveau Hégésippe, qui affirme que Siméon était un cousin de Jacques (ibid. iv. 22). Il rapporte le célèbre récit d’Hégésippe sur la vie et la mort de Jacques, bien que le contexte montre facilement que ce récit est déformé et fortement exagéré (ibid. ii. 23). Eusèbe cite Clément à l’appui de sa théorie de deux hommes nommés Jacques : l’un, « le Juste », battu à mort avec le bâton d’un foulon, et l’autre décapité (ibid. ii. 1). Il identifie le premier comme le frère du Seigneur, bien que Clément ne le dise pas. Dans le même passage, il cite Clément qui affirme : « Pierre, Jacques [de Zébédée] et Jean, après l’Ascension du Sauveur, ne luttèrent pas pour la gloire, parce qu’ils avaient auparavant été honorés par le Sauveur, mais choisirent Jacques le Juste comme évêque de Jérusalem. » L’Évangile apocryphe selon les Hébreux, qui affirme que Jacques le Juste avait fait serment de ne pas manger de pain depuis le moment où le Seigneur avait bu à la coupe jusqu’à ce qu’il Le voie ressuscité des morts, le place manifestement parmi les Douze lors du repas du Seigneur. L’apparition de Jésus à celui-ci est ensuite rapportée comme suit : Jésus « prit du pain, le bénit, le rompit, le donna à Jacques le Juste et lui dit : “Mon frère, mange ton pain, car le Fils de l’homme est ressuscité des morts.” » L’emploi de l’expression « Mon frère » est interprété comme signifiant que ce Jacques était le frère du Seigneur. De toute évidence, aucun de ces éléments non bibliques ne peut être d’une grande aide pour identifier l’auteur de cette épître. Le problème le plus sérieux que pose peut-être l’identification de l’auteur de l’épître avec le frère du Seigneur est le fait que la langue et le style de l’épître indiquent que son auteur était un homme assez compétent en composition littéraire grecque. Non seulement son vocabulaire est riche, mais son style est consciemment celui de la forme littéraire grecque connue sous le nom de diatribe — un discours éthique populaire. Rien de ce que l’on sait du frère du Seigneur ne permettrait de penser qu’il avait la formation nécessaire pour une telle œuvre : il était le fils d’un charpentier galiléen et apparemment profondément juif sur le plan culturel. Cependant, rien de concluant ne peut être affirmé sur ce point, car les arguments avancés reposent davantage sur ce qui n’est pas connu que sur ce qui l’est.

En conclusion, on peut dire que la question de l’auteur de Jacques demeure irrésolue. L’auteur était probablement l’un des trois principaux hommes nommés Jacques mentionnés ailleurs dans le NT. 3. Cadre historique. Un certain nombre d’allusions géographiques dans cette épître désignent la Palestine comme lieu de rédaction. On peut conjecturer que l’auteur vivait dans une contrée bénie par l’huile, le vin et les figues, qu’il n’était pas loin de la mer, que des sources salées et amères se trouvaient à proximité, et que le pays était exposé à la sécheresse, la pluie revêtant une grande importance. Il n’existe aucune méthode certaine pour déterminer la date de l’épître. Comme indiqué ci-dessus, elle semble avoir été écrite à une époque où il n’y avait qu’un seul Jacques en vue dans l’Église, et donc après 44 apr. J.-C., lorsque Jacques, le fils de Zébédée, fut tué. Les indices internes indiquent une date ancienne. Il n’est fait mention d’aucun groupe important de chrétiens païens ni d’aucun problème concernant les païens. La synagogue est encore l’Église, et pourtant le christianisme est largement répandu (voir Actes 2:9–11; 4:36; 9:2, 10, 14, 19, 26; 11:19, 20). L'esprit général de l'épître est que le christianisme constitue l'aboutissement de tout le judaïsme véritable. 4. Thème. Cette épître traite du christianisme pratique et montre quels résultats ou quelles œuvres une foi authentique et vivante produira dans la vie d'un disciple. Tout au long de l'épître, l'accent est mis sur le contraste entre les manifestations, les effets ou les résultats de la vraie religion et ceux de la fausse religion. Cette épître de caractère homilétique regorge d'illustrations belles et frappantes. Le style est simple et direct, les idées étant clairement réparties en groupes distincts plutôt que disposées selon un plan apparent. Jacques écrit librement, dans l'abondance de son cœur, abordant les sujets au fur et à mesure qu'ils viennent à son esprit. On trouve de nombreuses allusions au Sermon sur la montagne, dont voici une liste partielle. Matt. Jacques Matt. Jacques Matt. Jacques 5:3 2:5; 5:27 2:10, 11 7:1 3:1; 4:11 1:9 4 4:9 34 5:12 2 2:13 7, 9 2:13; 48 1:4 7, 11 1:5, 17 1:17 8 4:8 6:15 2:13 8 4:3 9 3:18 19 5:2 12 2:8 11, 1:2; 24 4:4 16 3:12 12 5:10, 19 1:19- 25 4:13-16 21-26 1:22; 2:14; 5:7-9 25; 2:10, 22 1:20 Dans cette épître, on trouve de nombreux parallèles avec les écrits de Paul (comme Jacques 1:22; cf. Rom. 2:13), ainsi qu'avec les écrits de Pierre (comme Jacques 4:7; cf. 1 Pierre 5:8, 9). 5. Plan. I. Salutation, 1:1. II. Tentation, 1:2–18. A. La nécessité de la patience et de la sagesse, 1:2–8.

B. La persévérance dans l'affliction terrestre ou dans l'exaltation, 1:9–12. C. La source de la tentation, 1:13–18. III. Preuves de la vraie religion, 1:19–27. A. Écouter plutôt que parler, 1:19–22. B. Mettre en pratique aussi bien qu'écouter, 1:23–27. IV. Avertissements contre les dangers courants dans l'Église primitive, 2:1 à 5:6. A. Contre la partialité, 2:1–13. B. Contre une simple profession de foi, 2:14–26. 1. La foi sans les œuvres est sans valeur, 2:14–20. 2. Exemples d'une foi authentique qui a produit des œuvres, 2:21–26. C. Contre les péchés de la langue, 3:1–18. 1. La maîtrise de la langue, particulièrement dans l'enseignement, 3:1, 2. 2. Illustrations du bon et du mauvais usage de la langue, 3:3–12. 3. Exhortations à une conduite convenable, y compris dans l'usage de la langue, 3:13–18. D. Contre les querelles et les conflits entre frères, 4:1–17. 1. La source des querelles et de la recherche égoïste, 4:1–4. 2. Exhortation à se soumettre à Dieu, 4:5–10. 3. Exhortation contre la médisance, 4:11, 12. 4. Exhortation contre les vantardises présomptueuses, 4:13–17. E. Contre les gains frauduleux et le mauvais usage des richesses, 5:1–6. V. Exhortations finales, 5:7–20. A. La patience est nécessaire jusqu'à la venue du Christ, 5:7–11. B. Une conduite convenable est nécessaire en tout temps, 5:12, 13. C. La prière est efficace pour aider les malades, 5:14–18. D. Exhortation à travailler au salut des autres, 5:19, 20.

Jacques 1:1

1. Jacques. Le fait que l'apôtre se désigne ainsi simplement lui-même témoigne du fait qu'il était bien connu et qu'il ne ressentait pas le besoin de s'identifier davantage. Aujourd'hui, cependant, il existe une grande incertitude quant à l'identité du Jacques de l'époque du Nouveau Testament dont il s'agit. Pour la signification du nom Jacques, voir Marc 3:17. Pour une discussion sur la paternité de cette épître, voir pp. 497-500.

Serviteur. Gr. doulos (voir sur Rom. 1:1). Par simple dignité, Jacques se présente comme " serviteur " plutôt que comme " apôtre ", titre qu'il aurait sans doute pu utiliser à juste titre. Bien que Jacques ait été un travailleur respecté dans le royaume du Christ sur terre, il ne se considère que comme un "serviteur", ce qui constitue un exemple digne d'intérêt pour tous ceux qui sont chargés de responsabilités dans l'Église d'aujourd'hui. Il n'y a pas de plus grand honneur que d'être "serviteur" de Dieu.

Du Seigneur. Jacques reconnaît que son titre de "serviteur" fait de lui un représentant du Fils et du Père. Bien que cette épître fasse souvent allusion aux enseignements du Christ, la seule autre référence directe à son nom se trouve au chapitre 2:1.

Les douze tribus. C'est-à-dire les douze tribus d'Israël (voir Gen. 35:22-26; 49:28; Actes 7:8). Les dix tribus du royaume du Nord étaient parties en captivité en 722 av. J.-C.(2 Rois 17:6, 23). Seuls quelques-uns de leurs descendants sont retournés en Palestine(cf. Esdras 6:17; 8:35). Cependant, il existe des preuves que certaines de ces tribus étaient encore reconnues à l'époque du Nouveau Testament. Par exemple, Anne était de la tribu d'Aser(Luc 2:36; voir sur Actes 26:7). Néanmoins, Jacques peut avoir utilisé l'expression "douze tribus" dans un sens collectif désignant les Juifs en général, quelle que soit leur appartenance tribale.

Certains soutiennent que Jacques parle des douze tribus de l'Israël spirituel (voir sur Apoc. 7:4) ; d'autres estiment que sa lettre s'adresse principalement aux chrétiens juifs. Le présent commentaire penche en faveur de ce dernier point de vue. Cependant, quel que soit le point de vue adopté, l'enseignement spirituel de l'épître reste le même.

Jacques s'identifie clairement, ainsi que ses lecteurs, comme étant des Juifs. Il se réfère, par exemple, à Abraham comme " notre père "(ch. 2,21) et à " l'assemblée [littéralement, " synagogue "] "(v. 2), le lieu habituel de rassemblement religieux des Juifs (voir Vol. V, pp. 56, 57). Mais l'auteur et les lecteurs auxquels l'épître s'adressait à l'origine étaient aussi des chrétiens, comme le montrent ses références répétées à Jésus-Christ en tant que "Seigneur" (voir ch. 1:1, 7, 12; 2:1; 5:7, 11). Ainsi, en écrivant aux "douze tribus" dispersées, Jacques s'adresse à des chrétiens juifs vivant ici et là dans le monde romain(cf. 1 Pierre 1,1). Il n'y a aucune raison de penser qu'il écrivait en pensant à des juifs non convertis, ou qu'il s'attendait à ce que sa lettre soit nécessairement lue par certains membres des douze tribus d'Israël.

Il faut se rappeler qu'en général, les chrétiens hébreux de l'époque apostolique se sont toujours considérés comme de fervents juifs, qu'ils sont restés fidèles, en un sens, au judaïsme et qu'ils ont anticipé, à des degrés divers, l'accomplissement éventuel de toutes les promesses faites à Israël par les prophètes de l'ancien temps, par l'intermédiaire de Jésus-Christ(cf. Ac 1,6). Peu d'entre eux comprenaient qu'Israël, en tant que nation, avait abandonné à l'Eglise chrétienne le mandat du Ciel d'être le peuple élu de Dieu (voir Vol. IV, pp. 35, 36). La mention des " douze tribus " rappellerait à ces chrétiens juifs leur histoire primitive en tant que nation et leur inspirerait l'espoir que, dans le Christ, ils pourraient bientôt entrer dans le riche héritage promis aux pères (voir Vol. IV, pp. 26-30). Même Paul, l'apôtre des Gentils, utilise ce terme (cf. Ac 26,7; cf. Mt 19,28; cf. sur Rm 11,25.26).

Dispersés. Littéralement : "dans la dispersion"(cf. Pierre 1:1). La dispersion des Juifs parmi les autres nations est spécifiquement mentionnée à l'époque d'Esther(Esther 3:8) et à la Pentecôte(Actes 2:5; Actes 2:5, 9-11; voir La diaspora). Pour un commentaire sur les Juifs de la Dispersion, voir Vol. V, pp. 59, 60. Le but originel de Dieu était que les Juifs soient missionnaires dans le monde entier. Même si Israël n'a pas réussi à accomplir ce plan tel qu'il avait été conçu au départ, les deux captivités ont eu pour effet d'accomplir - en partie - le dessein originel de Dieu. Pour d'autres commentaires sur le plan de Dieu pour l'ancien Israël, voir Vol. IV, pp. 26-30.

Saluer. Gr. chair ÅÂ," se réjouir " Comparez l'utilisation de chairÅÂ dans Luc 1:28; voir sur Rom. 1:7. Le mot était aussi utilisé dans les adieux dans le sens de " que la joie soit avec vous " Comparez la forme hébraïque de la salutation (voir sur Jérémie 6:14). Cette forme de salutation n'apparaît pas ailleurs dans les épîtres. Son utilisation dans Actes 15:23 est l'une des quelques particularités de style qui suggèrent une identification possible de l'auteur de cette épître avec le Jacques de la dernière partie du livre des Actes (voir pp. 497-500).



Ellen G. White


Et si nous sortions dans les rues et salissions nos vêtements avec de la boue, puis rentrions dans la maison et, contemplant nos vêtements souillés tandis que nous nous tenons devant la glace, disions au miroir : « Purifie-moi de ma souillure » ; nous purifierait-il de notre souillure ? Ce n'est pas la fonction du miroir. Tout ce qu'il peut faire, c'est révéler que nos vêtements sont souillés ; il ne peut pas enlever la souillure.
Il en est de même de la loi de Dieu. Elle révèle les défauts du caractère. Elle nous condamne comme pécheurs, mais elle n'offre aucun pardon au transgresseur. Elle ne peut pas le sauver de ses péchés. Mais Dieu a prévu une solution. Jean dit : « Si quelqu'un pèche, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. » Nous venons donc à lui, et là nous trouvons le caractère de Jésus ; la justice de son caractère sauve le transgresseur — si nous avons fait de notre côté tout ce que nous pouvions.
Et pourtant, tout en sauvant le transgresseur, il n'abolit pas la loi de Dieu, mais il exalte la loi. Il exalte la loi parce qu'elle est le détecteur du péché. Et c'est le sang purificateur du Christ qui ôte nos péchés lorsque nous venons à lui, le cœur contrit, en recherchant son pardon. Il nous impute sa justice, il prend la culpabilité sur lui-même (MS 5, 1885).
Le chrétien est un homme semblable au Christ, une femme semblable au Christ, qui est actif au service de Dieu, qui est présent à la réunion sociale, dont la présence encouragera aussi les autres. La religion ne consiste pas en œuvres, mais elle produit des œuvres ; elle n'est pas dormante (Letter 7, 1883).
La vraie religion ne rétrécit jamais—Beaucoup semblent penser que la religion a tendance à rendre celui qui la possède étroit et étriqué, mais la véritable religion n’a pas une influence restrictive ; c’est le manque de religion qui paralyse les facultés et rétrécit l’esprit. Lorsqu’un homme est étroit, c’est la preuve qu’il a besoin de la grâce de Dieu, de l’onction céleste ; car un chrétien est quelqu’un à travers qui le Seigneur, le Dieu des armées, peut agir, afin qu’il garde les voies du Seigneur de la terre et manifeste Sa volonté aux hommes (Manuscript 3, 1892).

Jacques 1:2

Mes frères. Dès le début, l’apôtre exprime l’esprit de communion qu’il ressent avec ses lecteurs. Cette chaleur affectueuse révèle la nature constructive de ses exhortations concernant les problèmes de la vie quotidienne. Jacques emploie cette formule d’adresse 15 fois au total, soit en moyenne une fois tous les 7 versets, manifestement pour souligner le lien fraternel qui unissait son cœur au leur dans la communion chrétienne.

Considérez. Ou « estimez », « jugez », « pensez ». C’est le privilège et le devoir du chrétien d’adopter une attitude réfléchie envers les épreuves et les difficultés qui jalonnent son chemin. Il lui faut étudier et comprendre la relation permissive de Dieu avec de telles expériences (voir la note sur Job 42:5; Ps. 38:3; 39:9; Matt. 6:13; Rom. 8:28). Toute joie. C’est-à-dire une joie pure et sans mélange. Pour le chrétien mûr, les épreuves et les tests de la vie n’ont pas à apporter le poids de la déception ou du découragement. Le chrétien endure tout cela dans la foi et l’espérance, « comme voyant celui qui est invisible » (Héb. 11:27). La joie et le courage chrétiens ne reposent pas sur les circonstances extérieures — qui peuvent souvent être très menaçantes — mais sur la foi en la providence souveraine de Dieu et sur une compréhension intelligente de ses relations avec les hommes. Les philosophies humaines de la vie, religieuses ou séculières, peuvent préparer les hommes à affronter les difficultés avec philosophie, dans un esprit calme et patient, mais le christianisme leur enseigne à se réjouir dans de telles circonstances grâce à une compréhension intelligente des causes de la souffrance et grâce à la foi en Dieu. Lorsque vous tombez. Que le chrétien puisse s’attendre périodiquement à des « tentations » ressort du mot « lorsque », ou plus littéralement « chaque fois que ». Le mot « tomber » ne traduit pas nécessairement un déclin spirituel. « Tomber dans les tentations » signifie simplement les rencontrer (cf. Luc 10:30; Actes 27:41). De telles situations sont généralement non recherchées, inattendues et indésirables. De plus, les « tentations » auxquelles Jacques fait ici référence constituent apparemment des obstacles majeurs qui pourraient facilement accabler celui dont l’esprit ne s’appuie pas sur Dieu (voir la note sur És. 26:3, 4). Diverses. Ou « variées ». Multiples sont les « tentations » auxquelles l’humanité — particulièrement le chrétien — est sujette. Tentations. Gr. peirasmoi, « tests », « épreuves », « afflictions », « difficultés », « séductions [au péché] » (voir la note sur Matt. 6:13 ; cf. la note sur Matt. 4:1). Le mot peirasmoi inclut bien davantage que ce que le mot « tentations » évoque pour le lecteur anglais moderne. Il comprend des afflictions telles que la maladie, la persécution, la pauvreté et la calamité. Les épreuves, qu’elles soient expressément conçues par Satan pour tenter un homme de pécher ou simplement pour l’ennuyer et le harceler, constituent toujours un test de l’expérience chrétienne. Trop souvent, même les chrétiens les plus sincères ne comprennent pas le rôle de la souffrance et de la tentation dans la formation du caractère ; par conséquent, non seulement ils ne tirent pas de ces expériences tout le profit qu’ils pourraient en tirer, mais ils rendent leur propre chemin plus difficile et perdent la communion avec Dieu qui pourrait autrement leur appartenir. Il n’est aucune expérience de la vie, aussi amère ou décevante soit-elle, qui ne puisse, par la providence de Dieu et par la grâce du Christ, contribuer à la croissance chrétienne, nous rapprocher de Dieu et enrichir notre compréhension de son amour pour nous. Paul est l’exemple classique du NT montrant comment un chrétien peut transformer toute défaite en victoire (voir la note sur 2 Cor. 2:14; 4:8–11; 12:7–10). Pour une analyse plus complète de l’attitude chrétienne envers les épreuves et la souffrance en général, voir la note sur Ps. 38:3. Sachant. Le verset 3 énonce le fondement de la réjouissance mentionnée au v. 2. Jacques rappelle à ses lecteurs que la joie personnelle au milieu des afflictions de la vie ne peut être éprouvée que par ceux qui les affrontent avec une philosophie chrétienne saine et stabilisatrice. Éprouvée. Gr. dokimion, « épreuve », « test ». Ce mot désigne non seulement la mise à l’épreuve de la foi d’un chrétien, mais plus précisément cette qualité de la foi qui la rend victorieuse face aux problèmes de la vie. Les papyrus (voir vol. V, p. 104, 105) emploient ce mot en rapport avec l’or pour décrire l’« or éprouvé », c’est-à-dire l’or qui résiste à l’épreuve

et est reconnu authentique. L’expression « l’épreuve de votre foi » peut ainsi décrire une foi qui résiste à l’épreuve. Foi. Gr. pistis, « foi », « conviction », « croyance », « confiance ». Jacques parle de la foi victorieuse qui a affronté avec succès les divers problèmes de la vie, ou les « diverses tentations ». Chaque conflit avec la « tentation » fortifie la foi d’un chrétien victorieux. De même qu’un vétéran de la guerre terrestre qui a appris à affronter avec assurance un danger habituel est plus digne de confiance qu’une jeune recrue, le chrétien victorieux est mieux préparé aux épreuves qu’il doit rencontrer que le chrétien dont la foi n’a pas été mise à l’épreuve. Cette foi est la conviction inébranlable que Jésus-Christ a un plan de vie satisfaisant pour chaque homme et que, pour chaque épreuve, il fournit une solution. L’homme de foi croit qu’aucune personne ni aucune circonstance ne peut contrecarrer le plan que Dieu a conçu pour le bonheur de ses enfants. Patience. Gr. hupomonē, « fermeté », « endurance », « constance », « patience » (voir la note sur Rom. 5:3). Cette puissance durable est le résultat d’une foi qui a été éprouvée et trouvée triomphante. Trop souvent, le mot anglais « patience » suggère une simple soumission passive. Cependant, hupomonē met l’accent sur la persévérance active qui rend les hommes victorieux de leurs « diverses tentations » (voir Luc 8:15; Rom. 2:7; Héb. 10:36; Apoc. 14:12). Cette qualité de caractère est nécessaire à tous ceux qui affrontent de sombres adversités, qu’elles soient personnelles ou de celles qui les confrontent souvent lorsqu’ils cherchent à faire progresser la cause de Dieu. Par la foi, nous croyons que Dieu œuvre avec nous, et cette conviction développe une fermeté courageuse qui ne se soumettra pas à la défaite.



Ellen G. White


2, 3. Voir les commentaires d’EGW sur Hébreux 12:11.

Jacques 1:4

4. Ayez. L'acquisition d'une endurance patiente est en fait le processus de développement d'un caractère semblable à celui du Christ. Pour atteindre le résultat choisi de l'endurance active, qui est elle-même le produit d'une foi joyeuse, nous ne devons pas limiter, ou affaiblir, notre puissance d'endurance en murmurant, en nous plaignant ou en nous rebellant. Voir Ésaïe 26:3.

Œuvre parfaite. Ou, " œuvre achevée ", " plein effet "(RSV; voir sur Matt. 5:48). Le sens peut être exprimé ainsi : " Que la patiente endurance continue jusqu'à ce qu'elle ait achevé sa tâche " Comparez Jean 17:4, où Jésus parle de poursuivre la tâche qui lui a été assignée jusqu'à ce qu'il ait " achevé l'œuvre. "

Parfait et entier. Pas un seul trait de caractère souhaitable ne doit manquer ; chacun doit être développé à la perfection. Ces deux mots réunis suggèrent l'accomplissement le plus complet possible de la vie à l'image du Christ. L'endurance patiente nous aidera à accomplir cette tâche de reproduire le caractère du Christ, qui est "l'œuvre" que Dieu nous a donnée à faire.

Ne rien vouloir. C'est-à-dire, ne manquer de rien.

Jacques 1:5

5. Si l'un d'entre vous. Probablement, sur la base de sa propre expérience chrétienne, Jacques se rend compte que ses coreligionnaires n'ont pas encore atteint le but désiré de la maturité chrétienne décrite au v. 4. Il explique maintenant comment tout homme peut trouver la puissance et la compréhension qui feront de lui un chrétien victorieux au milieu des problèmes de la vie.

Le manque. Gr. leipÅÂ," ne pas être à la hauteur ", voir l'utilisation du mot en Luc 18:22.

Sagesse. Gr. sophia, " intelligence large et pleine " (voir sur Luc 2:52; 1 Cor. 1:17). Cela va plus loin que la simple connaissance, car la connaissance seule ne garantit pas une action correcte ou même des conclusions justes. La sagesse nous aide à donner une juste valeur à tout ce qui est en compétition pour notre attention, et garantit le bon usage de la connaissance lorsque nous recherchons l'action juste.

Qu'il demande. La sagesse doit être constamment recherchée afin de répondre avec succès à chaque nouvelle épreuve de foi et d'endurance, comme indiqué aux versets 3, 4. De nombreux problèmes de la vie sont déconcertants pour celui qui ne les aborde pas d'un point de vue chrétien. Pour voir la vie comme Dieu le veut, nous devons chaque jour nous assurer que nos yeux ont été oints de l'onguent de la sagesse céleste. Voir Matt. 7:11; Luc 18:1-18.

Dieu, qui donne. L'AT fait souvent référence à la sagesse que Dieu seul peut donner à l'homme (voir Prov. 2:6). Par sa Sainte Parole, il nous encourage au milieu des épreuves mornes et difficiles, et c'est grâce au point de vue céleste que cette sagesse nous apporte que nous pouvons "nous réjouir" lorsque les problèmes de la vie nous accablent.

Notre Dieu est autant un Dieu "donneur" qu'un Dieu "juste" ou un Dieu "aimant". En fait, le Psaume 145.17-19 suggère que, parce que le Seigneur est juste, il est toujours prêt à "exaucer le désir de ceux qui le craignent" C'est dans la nature de Dieu de donner (voir Jean 3:16), et nous ne pouvons pas lui faire plus grand honneur que de rechercher humblement ses dons de sagesse et de force jour après jour.

Libéralement. C'est la joie de Dieu de donner. Lorsqu'un homme recherche la sagesse, Dieu répond à sa demande sans hésitation et sans réticence. Il ne donne pas avec parcimonie et ne fait pas de parti pris.

Il ne fait pas de reproches. Dieu ne nous censure pas pour nos nombreux échecs et ne nous rappelle pas continuellement les nombreuses faveurs qui nous ont déjà été accordées. Jacques cherche à souligner le contraste entre la manière dont Dieu dispense ses bienfaits et la façon dont les hommes humilient ou insultent souvent les bénéficiaires de leurs faveurs. Ce fait devrait nous encourager à faire connaître nos requêtes à Dieu avec audace. Nous devons nous adresser à lui comme des enfants qui recherchent l'amour et l'aide d'un père attentionné (voir Héb. 4:16; Matt. 7:11).

Il lui sera donné. La condition requise pour recevoir la sagesse de Dieu est une demande sincère. Dans l'intérêt de l'homme, Dieu n'accède pas à toutes les demandes, mais si nous recherchons sincèrement la sagesse, elle nous sera accordée. Dieu peut apporter la sagesse aux hommes de plusieurs manières. Il peut accroître notre compréhension de sa Parole, afin que nous discernions clairement sa volonté pour nous. Il peut impressionner nos cœurs par son Saint-Esprit quant à la meilleure ligne de conduite à adopter (voir Ésaïe 30:21). Il peut nous parler par l'intermédiaire d'amis ou en façonnant les événements et les circonstances de manière à révéler sa volonté. Cependant, Dieu nous a donné un esprit intelligent, et il est honoré lorsque nous l'utilisons pour résoudre les problèmes de la vie sous la direction du Saint-Esprit. Ce ne serait pas sage de la part du Saint-Esprit. Il serait sage qu'il fasse pour nous ce qu'il a voulu que nous fassions pour nous-mêmes, sous sa direction. Afin que nous puissions apprendre à exercer notre maturité de jugement et de compréhension (voir Phil. 1:9), il voudrait que nous prenions l'habitude de prendre des décisions justes sur la base des grands principes de sa volonté révélée, tels qu'ils sont énoncés dans les Ecritures. Il pourra alors plus facilement imprimer sa volonté dans nos esprits et nous protéger des subtils stratagèmes de Satan. Si, après avoir consulté toutes les sources de sagesse céleste disponibles, nous formulons notre demande et gardons patiemment et avec confiance notre cœur ouvert à Lui, nous reconnaîtrons sa réponse (voir Matt. 7:7).

Jacques 1:6

6. Dans la foi. C'est-à-dire la foi que Dieu répondra à la demande. La prière sans la foi confiante est inutile. Lorsque nous demandons la sagesse, nous devons avoir la foi confiante que nous la recevrons (voir v. 5). Non seulement nous devons aller à la véritable source de bénédiction, mais nous devons y aller avec la bonne attitude. Nous devons nous approcher de notre Père, confiants dans sa capacité et sa volonté de nous aider, nous reposant sur la certitude de ses promesses, et plaidant notre besoin, et non notre valeur. "La foi, c'est faire confiance à Dieu - croire qu'il nous aime et qu'il sait mieux que nous ce qui est bon pour nous"(Ed. 253).

Rien d'hésitant. L'homme qui demande "avec foi" n'hésitera pas, comme s'il était incertain que Dieu entende et réponde à sa demande. La foi authentique fait confiance à Dieu, et le croyant se reposera dans l'assurance que ses besoins seront rapidement satisfaits, comme Dieu seul le voit le mieux. Cependant, si un homme doute intérieurement que Dieu entende sa demande, l'exaucement de sa prière est sérieusement entravé. Dieu recherche la coopération de l'homme pour rendre l'exaucement possible, et la coopération ferait défaut dans une certaine mesure s'il y avait une incertitude mentale. La foi authentique s'élève au-dessus de l'épreuve du temps ou des circonstances, rendant notre allégeance à Dieu inébranlable et fixe dans son but.(COL 147). Cet état de division mentale et d'incertitude est décrit au v. 8 comme un double esprit.

Celui qui hésite. Jacques ne parle pas ici de doutes intellectuels, mais d'instabilité spirituelle. Celui qui doute peut être incertain, non seulement quant à savoir si Dieu répondra ou non à sa demande, mais aussi quant à savoir si Dieu exigera de lui plus d'abnégation qu'il n'est prêt à en faire. Il a des réserves mentales et pense surtout au coût pour lui. Il ne désire pas de toute son âme la grâce que ses lèvres demandent.

Comme une vague. Lorsque l'esprit est rempli d'incertitude ou de doute, l'âme est aussi agitée que l'océan. En revanche, celui qui est convaincu que Dieu est prêt à répondre à ses besoins et qui soumet sans réserve son plan de vie à la volonté de Dieu s'élève au-dessus de ses épreuves et de ses afflictions. Comparez Isa. 57:20.

Poussé par le vent. Le flot n'a pas de volonté propre, il est entièrement soumis à la force du vent. Il s'élève et s'abaisse au gré du vent qui le pousse dans un sens ou dans l'autre. Le vent représente ici les circonstances qui peuvent inciter le chrétien à douter.

Ballotté. Ou "ballotté de-ci de-là", une image graphique de la mer agitée par le vent.

Jacques 1:7

7. Pas cet homme-là. L'expression "cet homme" est emphatique et légèrement méprisante. Elle représente l'homme dont la fidélité vacille, qui n'est pas sûr des choses dont il a lui-même besoin ni de la suffisance de Dieu pour y répondre. Une telle personne peut prier, mais sans foi véritable, elle n'est pas en état de recevoir une réponse (voir sur Jean 4:48). Dieu doit retarder les réponses à nos demandes jusqu'à ce que nous soyons prêts à exercer une foi inébranlable.

Pensez qu'il recevra. Jacques informe celui qui hésite de ne pas s'attendre à une réponse. L'indécision suffit à elle seule à faire échouer le dessein gracieux de Dieu pour celui qui hésite, car si Dieu juge préférable de rejeter sa demande, la déception à venir ne fera que renforcer sa tendance à douter.

Tout ce qui vient du Seigneur. Il s'agit de faveurs spécifiques, car tous les hommes reçoivent les bénédictions temporelles que Dieu accorde quotidiennement. Voir Matthieu 5:45. Les bénédictions spéciales, qui lui seraient accessibles s'il les demandait avec foi, lui sont refusées à cause d'une confiance chancelante. Cependant, nous ne devons pas en déduire que Dieu retarde ses réponses jusqu'à ce que nous ayons gagné le droit d'être exaucés. Aucun homme ne mérite les faveurs de Dieu. Notre seul appel est notre besoin et notre seul espoir est dans sa miséricorde, qui l'amène à donner "à tous libéralement"(v. 5)

Mais Dieu ne donne pas sans discernement. Il ne peut accéder à des demandes qui favoriseraient l'orgueil et l'égoïsme et entraveraient le développement du caractère. Nous devons prendre conscience de notre impuissance et de la nécessité d'une confiance inébranlable dans les promesses de Dieu. La force de caractère est le résultat de la modification de nos désirs et de nos aspirations pour les rendre conformes à la sagesse et à la volonté de Dieu, et non de la tentative de plier sa volonté pour satisfaire la nôtre.

Jacques 1:8

8. L'esprit double. Ce mot décrit l'hésitant du v. 6. Son esprit est divisé entre l'appel des plaisirs terrestres et l'appel d'une loyauté inébranlable envers Dieu. Dans Pilgrim's Progress, John Bunyan a caractérisé ce type de personne comme étant Mr. L'homme à l'esprit double possède deux "âmes", ou deux loyautés. Comparez l'expression hébraïque "au cœur double" (voir 1 Chron. 12:33). Jacques avait sans doute à l'esprit les paroles du Christ dans le Sermon sur la montagne : "Nul ne peut servir deux maîtres"(Matt. 6:24). L'homme à l'esprit double hésite entre la croyance et l'incrédulité, alors que l'homme à l'esprit unique n'hésite pas du tout.

Ce verset fait en fait partie du verset précédent, et les deux versets pourraient être traduits ainsi : "Que cet homme [l'hésitant] ne s'imagine pas qu'un homme à l'esprit double, instable dans toutes ses voies, recevra quoi que ce soit du Seigneur".

Instable. Gr. akatastatos, " inconstant ", " volage ", " instable "."Le substantif akatastatos est couramment utilisé dans le sens de " désordre ", " confusion ", " perturbation ", " instabilité ", et est associé aux " guerres " par opposition à la " paix " (voir Luc 21:9; 1 Cor. 14:33; 2 Cor. 6:5; 12:20).

Dans toutes ses voies. Bien que l'instabilité mentionnée au v. 6 se réfère spécifiquement à la question de la prière, l'apôtre saisit cette occasion pour souligner le fait qu'un tel homme est instable dans d'autres phases de sa vie. Toutes ses "voies", ou habitudes, actions et pensées refléteront son double objectif dans la vie, et son expérience religieuse ne sera jamais satisfaisante, ni pour lui-même, ni pour Dieu. L'agitation dans l'esprit et la confusion dans toutes les affaires de la vie sont la conséquence naturelle d'une confiance hésitante en Dieu. Nous avons besoin de sagesse pour discerner la manière de vivre au jour le jour, car alterner entre la confiance en soi et la confiance en Dieu est une pure folie pour tout homme. L'unicité de but est essentielle au succès spirituel du chrétien.



Ellen G. White


8. Voir les commentaires d’EGW sur le chap. 4:8; Matthew 6:24.
(Ch. 1:8; Matthieu 6:24.) Le travail essentiel du pécheur défini—Le Seigneur dit : « Approchez-vous de Dieu. » Comment ? Par un examen secret, sérieux de votre propre cœur, par une dépendance enfantine, sincère et humble envers Dieu, en faisant connaître toute votre faiblesse à Jésus et en confessant vos péchés. Ainsi, vous pouvez vous approcher de Dieu, et il s'approchera de vous.

Jacques 1:9

9. Frère. Après l'examen des épreuves en général, Jacques aborde maintenant deux épreuves particulières, à savoir celles de la pauvreté et de la richesse. En introduisant ce sujet délicat, Jacques répète(v. 2) le terme affectueux de "frère", afin de souligner le lien commun de fraternité qui unit les riches et les pauvres dans la communion chrétienne. Ni la richesse ni la pauvreté ne doivent entacher cette relation entre chrétiens.

De basse condition. Gr. tapeinos, " dans des circonstances humbles ", et donc d'un rang ou d'un emploi inférieur, dans une condition de dépendance ou de pauvreté. Cette expression est en contraste avec "les riches" au v. 10. Cette condition de difficulté économique est une épreuve à laquelle beaucoup sont appelés à faire face. Il est possible que de nombreux membres de l'Église à l'époque de Jacques se soient trouvés méprisés et opprimés en raison de leur manque de biens matériels, même si l'acceptation de la foi chrétienne a pu être responsable, au moins en partie, de leurs difficultés économiques actuelles. Ces circonstances ont été une épreuve dans le sens où elles ont testé sa "foi" en Dieu et son allégeance à Dieu. "Le frère de condition modeste" est toujours tenté d'être jaloux et rancunier envers son frère "riche", et le frère "riche" de se croire supérieur au "frère de condition modeste" et d'en tirer profit.

Réjouissez-vous. Jacques donne ici une application pratique du conseil général énoncé au v. 2. Grâce à la "sagesse"(v. 5) que Dieu nous donne, nous pouvons envisager la vie dans une juste perspective. La "sagesse" accorde la juste valeur aux biens terrestres et souligne que la nature morale de l'homme est plus importante que ses biens. Par conséquent, les progrès spirituels d'un homme sont bien plus importants que ses progrès économiques. La "gloire" consiste à réaliser que, malgré le manque de biens terrestres, Dieu récompense l'humble chrétien bien au-delà des joies que lui procurent les biens éphémères de la terre.

En ce qu'il est élevé. L'exaltation du frère pauvre doit consister dans les bénédictions spirituelles actuelles qu'il reçoit et dans les joies promises pour l'éternité, qui compensent largement les difficultés économiques qu'il rencontre sur terre. Jacques tente d'opposer la richesse inouïe des miséricordes de Dieu à la nature éphémère des biens terrestres (voir 1 Jean 2:16, 17). Il y a plus de sécurité dans une expérience chrétienne mûre que dans toutes les richesses du monde. Ceux qui ont appris à considérer les problèmes de la vie du point de vue de Dieu, qui ont acquis la "sagesse" dont parle Jacques(v. 5), s'élèvent au-dessus de toutes les épreuves qui peuvent se présenter à eux.

Jacques 1:10

10. Le riche. C'est-à-dire " le [frère] riche ", en contraste avec le " frère " pauvre du v. 9. Jacques encourage maintenant le chrétien riche à se réjouir des épreuves particulières auxquelles il est confronté. La Bible ne laisse jamais entendre que la possession de richesses est en soi un péché, ou qu'un homme riche ne peut pas être un véritable disciple de Dieu (cf Matt. 19:23). Il existe de nombreux exemples de bons chrétiens riches en biens matériels, mais pas autant, bien sûr, que ceux qui sont pauvres en biens de ce monde. Cependant, les Écritures soulignent clairement que les richesses constituent un danger unique pour une expérience chrétienne réussie (cf Matthieu 6:19-21; Luc 12:13-22).

En ce qu'il a été abaissé, ou " en ce qu'il a été humilié ". Certains commentateurs considèrent cette phrase comme un parallèle strict avec " dans sa condition élevée "(v. 9). Ainsi, le pauvre doit se réjouir de ses privilèges chrétiens, présents et futurs, et le riche doit se réjouir de son humilité chrétienne et de l'opprobre du monde plutôt que de ses possessions matérielles. En d'autres termes, l'homme riche doit se réjouir du fait que, bien qu'il soit aujourd'hui méprisé en tant que membre d'une secte persécutée, il sera un jour exalté en tant que membre du royaume éternel de Dieu. Jacques souligne aux versets 9 et 10 le fait que, quelles que soient les circonstances matérielles, le frère chrétien, qu'il soit riche ou pauvre, trouvera dans les privilèges de la foi chrétienne le motif le plus gratifiant de se réjouir.

D'autres pensent que Jacques parle de la perte habituelle de richesse qui accompagnait l'adhésion d'un homme riche au christianisme au 1er siècle. L'homme riche converti trouvait de nombreuses occasions d'utiliser ses richesses. La situation critique d'autres membres de l'Église, qui ont perdu leur emploi à cause de leur foi, lui a donné l'occasion de partager ses biens. La progression missionnaire des apôtres, qui était phénoménale même en comparaison avec celle des temps modernes, nécessitait un soutien financier, et les riches membres de l'Église se sont ralliés à ce défi. Il y en avait sans doute beaucoup qui s'avançaient hardiment et utilisaient leurs richesses au profit de leurs frères(cf. AA 105). Par conséquent, le riche chrétien voyait ses biens matériels diminuer. Mais il pouvait se réjouir du privilège de donner ses moyens pour l'avancement de la cause du Christ, même si cela signifiait la perte de la sécurité temporelle et un niveau de vie plus humble. Ce sens de l'intendance de la part des premiers chrétiens à l'égard des fonds que Dieu leur a confiés est un digne exemple pour ceux qui, dans l'Église d'aujourd'hui, sont bénis par l'abondance matérielle.

La fleur de l'herbe. Jacques utilise une illustration de l'AT (voir Ésaïe 40:6) pour souligner la nature éphémère de la vie humaine. Comparez Isa. 51:12, qui déclare que le "fils de l'homme" "sera comme l'herbe".

Il passera. Il est rappelé à l'homme riche qu'il finira par mourir. À ce moment-là, toutes les possessions matérielles qu'il s'est efforcé d'amasser passeront à un autre. Le riche chrétien voit cette situation dans sa juste perspective et se réjouit de l'occasion qui lui est donnée de distribuer ses richesses avant de mourir (voir v. 10), même si, ce faisant, il risque de connaître des difficultés économiques et des reproches personnels.

Les richesses sont attrayantes, mais, comme la fleur, elles sont aussi fragiles et éphémères, et l'homme qui se fie uniquement à ses richesses périra un jour avec elles, sans s'assurer la plus grande de toutes les richesses, la vie éternelle. Ainsi, le frère qui possède des richesses doit réfléchir aux passages de l'Écriture qui mettent en garde contre la confiance dans les richesses, qui peuvent facilement disparaître (cf Matthieu 6:19; Luc 12:16-21). Le chrétien doit fixer son regard de foi sur la richesse des privilèges chrétiens dans cette vie et sur les richesses de l'éternité (voir sur Matt. 19:29).

Jacques 1:11

11. A peine levée. Jacques amplifie sa parabole de la fleur(v. 10), qui ne jouit que d'une brève existence avant de périr(cf. Matt. 13:6, 21).

La grâce de son aspect. Ou, "la beauté de son aspect", littéralement, "la beauté de son visage" La beauté disparaît lorsque la fleur se fane et meurt. Lorsque l'homme riche est comparé à une fleur, sa "grâce", ou "beauté", consiste en l'environnement extérieur que sa richesse peut acheter et que les pauvres ne peuvent pas se permettre. Il peut s'agir d'une belle maison, de meubles de fantaisie, de vêtements coûteux, d'ornements en pierres ou en métaux précieux, ou de tout autre élément qui ajoute à l'éclat de son apparence. Tout cela se fane en temps de crise économique ou face à la mort, tout comme la beauté de la fleur est de courte durée.

Il en sera de même pour le riche. Jacques applique l'avertissement du Christ concernant les trésors terrestres, que "la teigne et la rouille corrompent" et que "les voleurs percent et dérobent" (cf Matt. 6:19-21). Il rappelle au chrétien "riche" que les trésors terrestres peuvent être perdus avant la mort, mais que même s'il les conserve, ils lui seront alors complètement inutiles. La seule base sûre de réjouissance pour le chrétien riche est la sécurité qu'il trouve dans la communion avec Jésus-Christ, car c'est sa seule possession qui ne s'efface pas.

Jacques 1:12

12. Béni. Gr. makarios (voir sur Matt. 5:3). Jacques fait souvent allusion aux enseignements de Jésus (voir p. 500), en l'occurrence peut-être au Sermon sur la Montagne. Ici, il semble développer le ton confiant des vs. 2, 9, 10. L'homme confronté aux problèmes de la vie peut parfois se considérer comme malheureux et être considéré comme tel par les autres. Cependant, l'apôtre souhaite corriger ce point de vue par une nouvelle perspective qui envisage les résultats d'une endurance fidèle ainsi qu'une vision claire de la façon dont les épreuves commencent (voir v. 14).

Endurer. Gr. hupomenÅÂ,"supporter avec constance" (voir v. 3).

Tentation. Gr. peirasmos, "épreuve" (voir v. 2), ce qui implique tout ce qui met à l'épreuve la foi ou le caractère. Le peirasmos comprend les afflictions telles que la maladie, la pauvreté ou les calamités, ainsi que les incitations directes au péché. Ce verset met l'accent sur la bénédiction qui réside dans l'endurance inébranlable, qui permet à un homme de rester indemne de ses épreuves.

Est éprouvé. Littéralement, " devient approuvé[dokimos, voir v. 3]. Le chrétien tenté n'a pas seulement été éprouvé, mais il a été victorieux pendant l'épreuve. Le chrétien fidèle peut être comparé à l'or véritable qui reste après que les scories ont été brûlées(cf. Job 23:10).

Couronne de vie. C'est-à-dire la couronne qui est la vie, ou qui consiste en la vie. Voir Apoc. 2:10. La récompense de l'endurance fidèle au milieu des problèmes actuels sera la vie éternelle. Ce don de la vie éternelle (voir Rom. 6:23) est la couronne de tous les dons. S'il est vrai que la vie éternelle commence lorsqu'un homme se laisse contrôler par le Saint-Esprit, cette "couronne de vie" sera en fait accordée à tous les rachetés en même temps, lors du second avènement du Christ (voir sur Jean 3:16; 11:25; 2 Tim. 4:8; 1 Jean 5:11, 12).

Seigneur. L'évidence textuelle(cf. p. 10) favorise l'omission de ce mot, bien qu'il soit clair, d'après le contexte, que le Seigneur est celui qui promet. Notre Seigneur promet personnellement le don de la vie éternelle à tous ceux qui choisissent d'accepter le plan de rédemption de Dieu (voir sur Jean 3:16).

Ceux qui l'aiment. La condition de la vie éternelle est clairement révélée à l'homme. La foi en Dieu (voir Rom. 3:28; 4:5, 13) et l'amour pour lui sont deux façons étroitement liées de décrire la réponse sincère de l'homme à l'offre de salut de Dieu. Nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous ne sommes pas prêts à lui faire pleinement confiance et à croire que son mode de vie est le meilleur pour nous.

Jacques 1:13

13. Que personne ne dise. L'idée que les dieux étaient responsables des tentations de l'homme et des péchés qui en découlent était particulièrement répandue chez les Grecs de l'époque de Jacques et apparemment, dans une certaine mesure, elle imprégnait aussi la pensée des chrétiens. C'est ce type d'accusation que nos premiers parents ont porté contre Dieu après leur péché (Gen. 3:12, 13). Adam a reproché à Dieu d'avoir fait d'Ève sa femme et Ève, à son tour, lui a reproché d'avoir placé le serpent dans le jardin d'Éden. La mise en garde de Jacques est d'actualité à chaque époque, de peur qu'un homme n'accuse indirectement, et peut-être involontairement, son Créateur d'être à l'origine des incitations au péché auxquelles il est confronté quotidiennement

Tenté. Gr. peirazÅÂ, "essayer", "tester", ici utilisé dans un sens mauvais d'incitation au mal (voir sur vs 2, 3). Jacques indique clairement que les souffrances, les épreuves et les problèmes auxquels chaque chrétien est confronté ne doivent jamais être compris comme étant permis par Dieu dans le but d'inciter les hommes à pécher. Dieu permet aux hommes d'affronter des épreuves, mais jamais dans l'intention qu'un homme échoue. Le dessein de Dieu est semblable à celui du raffineur, qui jette son minerai dans le creuset avec l'espoir d'obtenir un métal plus pur, et non avec l'intention d'accumuler les scories. Satan, lui, tente avec l'intention de provoquer la défaite et jamais de fortifier le caractère de l'homme (voir le chapitre sur la souffrance) Matt. 4:1La souffrance est infligée par Satan, et Dieu l'annule dans un but de miséricorde" (DA 471)

Ne peut être tenté. Jacques montre qu ' il est inconcevable que Dieu tente les hommes de pécher. Il ne peut être tenté par le désir de pousser les hommes à faire le mal. Bien que Dieu accorde à chaque homme le pouvoir de choisir librement, il ne doit pas être accusé des mauvaises actions que cette liberté permet à l'homme de commettre. Jacques absout catégoriquement Dieu d'être la source de toute tentation de péché chez l'homme



Ellen G. White


13. Voir les commentaires d’EGW sur Genèse 22:1.

Jacques 1:14

14. Tout homme est tenté. Si Dieu n'est pas la source de la tentation, la question naturelle inévitable se pose : "Qui, ou quoi, est la source ?" L'apôtre souligne que la source du péché n'est pas à l'extérieur de l'homme, mais en lui

Quand il est attiré. La "convoitise" de l'homme l'attire ou le séduit

"Le vice est un monstre d'une apparence si effrayante,

Que pour être haï, il n'est besoin que d'être vu

Mais on le voit trop souvent, son visage est familier,

Nous le supportons d'abord, puis nous le plaignons, puis nous l'embrassons."

-Alexander Pope, Essai sur l'homme,Épître II, ligne 217

La convoitise. Gr. epithumia, " désir ", " envie ", " désir ardent " (voir sur Marc 4:19). La source de toute tentation est le "désir" de l'homme pour ce qui est mauvais. Chaque personne a ses propres envies, qui découlent de son tempérament et de ses expériences. Cependant, le fait qu'il y ait cette mauvaise convoitise intérieure ne nie pas l'existence et l'activité d'un tentateur extérieur qui cherche à profiter de nos faibles tendances(cf. Jean 14,30; voir sur Matt. 4:1-3). Satan et ses hôtes maléfiques sont les véritables agents de la tentation (voir Eph. 6:12; 1 Thess. 3:5). Bien qu'ils puissent tenter l'homme de pécher, leurs tentations n'auraient aucune force s'il n'y avait pas dans l'homme un désir de répondre à l'incitation. "Aucun homme ne peut être forcé à transgresser. Il faut d'abord obtenir son propre consentement ; l'âme doit vouloir l'acte pécheur, avant que la passion puisse dominer la raison, ou que l'iniquité triomphe de la conscience"(PPCS 67). La nature de la tentation, ainsi définie, élimine toute idée que Dieu décrète les tentations de l'homme ou que Satan est réellement responsable des défaillances morales de l'homme. L'homme tombe devant la tentation en raison d'un désir de satisfaire une envie particulière qui est contraire à la volonté de Dieu

Séduit. Comme un poisson est attiré à sa perte par l'appât qui se trouve sur l'hameçon, ainsi les hommes sont attirés à tomber dans le péché par l'appât de la tromperie et de la flatterie du péché. La force et la puissance du péché ne pourraient pas prévaloir si ce n'était de sa ruse et de sa fourberie. Ce fait est évident si l'on passe en revue la triste histoire des hommes et des femmes qui ont péché, depuis Eve et Adam jusqu'à notre époque (cf Gen. 3:1-6)

Jacques 1:15

15. Ensuite. C'est-à-dire l'étape suivante.

La convoitise. Littéralement, " la convoitise ", ici, la mauvaise convoitise(cf. v. 14) qui trouve l'attrait du péché. La " convoitise " ou le " désir " ne sont pas nécessairement identiques au " péché ". Il existe des désirs naturels et légitimes que Dieu a placés dans l'homme lors de la création, tels que le désir de nourriture, de confort physique, d'être parent et d'être accepté par la société. Cependant, lorsque l'homme cherche à satisfaire ces désirs fondamentaux d'une manière contraire au plan de Dieu, il flirte avec le péché et se laisse entraîner dans des actes pécheurs. Voir sur Matt. 4:1-4.

Conçu. S'il est nourri et chéri, le désir effréné finit par donner naissance à des actes pécheurs.

Fait naître. Gr. tiktÅÂ,"donner naissance", "produire".

Le péché. Voici la preuve que lorsque l'on permet à un mauvais désir (la "luxure") de contrôler l'esprit, le résultat final ne peut être que le péché.

Achevé. Avant d'être pleinement développé, le péché peut, en raison de sa nature trompeuse, être facilement confondu avec quelque chose de bon. Mais lorsque il est "achevé" ou "parvenu à maturité", ses résultats destructeurs deviennent évidents.

La mort. Le péché détruit les amitiés, les cercles familiaux, les avenirs prometteurs et le respect de soi. Quelle que soit la subtilité du camouflage, le résultat inévitable du péché est la détérioration et la mort (cf Rom. 6:23), à la fois spirituelle et physique. La "mort" dont il est question ici n'est pas simplement la première mort, qui survient à tous (voir Rom. 5:12cf. 1 Cor. 15:22), mais la seconde mort, l'anéantissement (cf Apoc. 20:6). Dieu n'est pas l'auteur de la mort, mais de la vie. Il n'est donc pas l'auteur du péché, qui engendre la mort. La mort, sous quelque forme qu'elle existe, est liée au péché, et le péché la produit naturellement et inévitablement.

Jacques 1:16

16. Ne vous trompez pas. Le but étudié de Satan est d'aveugler les yeux de l'homme en ce qui concerne le rôle de Dieu dans l'histoire du péché. La plupart des philosophies et des religions de ce monde sont construites sur de faux concepts par lesquels Satan cherche à déformer le caractère de Dieu. Jacques ne voudrait pas que les chrétiens croient que Dieu est responsable du péché et des maux qu'il produit. Les deux versets suivants suggèrent des raisons supplémentaires sur ce point, au cas où certains seraient encore enclins à penser que Dieu est, d'une certaine manière, responsable de la tentation.

Mes frères bien-aimés. Voir v. 2.

Jacques 1:17

17. Chaque. Dieu est la seule source des bienfaits moraux et physiques, qu'ils soient accordés aux chrétiens ou aux non-chrétiens

Bon. Le contraste entre ce mot, qui décrit les relations de Dieu avec les hommes, et les "tentations" et "convoitises" des versets 14 et 15, est évident. Dieu ne donne pas aux hommes des dons qui leur feront du mal (voir sur Matt. 7:11)

Don. Gr. dosis, littéralement, "l'acte de donner". Toute impulsion à donner vient de Dieu. C'est dans la nature de Dieu de donner (voir v. 5), et c'est en réponse à son Esprit et à son exemple que les hommes partagent leurs biens les uns avec les autres

Parfait. Tout élément de mal est exclu

Don. Gr. dÅÂrÄma, "présent", "bienfaisance", "don", ce mot n'apparaît dans le NT qu'ici et en Rom. 5:16

D'en haut. C'est-à-dire de Dieu (voir sur Jean 3:3, 31). Dieu agit à travers les hommes, et dans la mesure où leur pensée est vraie, ils révèlent une partie de la vérité plus complète que Dieu tient à ce que l'homme comprenne(cf. Ed 14)

Vient. C'est l'argument final de Jacques contre le sophisme selon lequel Dieu, directement ou indirectement, est la source de la tentation. La bonté "parfaite" de Dieu est l'assurance pour l'homme qu'il n'envoie pas les problèmes de la vie qui viennent de l'extérieur ou les tentations qui viennent de l'intérieur

Père. Ici dans le sens de "Créateur" (voir Mal. 2:10; Héb. 12:9; Job 38:28)

Les lumières. Au vu du contexte, il semble que les corps célestes soient ici désignés (voir Ps. 8:3; Amos 5:8). En ce qui concerne notre terre, le plus important d'entre eux est le soleil, source indispensable de bénédiction pour notre monde. Cependant, la splendeur des corps célestes n'est qu'une faible illustration de la nature de Dieu, qui demeure "dans la lumière dont nul ne peut s'approcher"(1 Tim. 6:16). Le terme "lumière" est souvent assimilé à celui de "vie" pour décrire, dans les faibles termes de l'entendement humain, la splendeur surpassante de Dieu (voir sur Matt. 5:14Jean 1:4, 9)

Aucune variabilité. Les sources physiques de lumière varient en intensité. Même le soleil semble changer du lever au coucher du soleil et de saison en saison. Mais avec Dieu, il n'y a pas de changement d'humeur ou de but. Il est toujours le Dieu immuable, toujours désireux de sauver les hommes perdus dans un monde perdu, par tous les moyens possibles. C'est un contraste heureux avec l'inconstance et l'alternance des humeurs attribuées aux dieux païens

L'ombre du retournement. Non seulement il n'y a pas de variabilité en Dieu, mais il n'y a même pas la moindre excuse plausible pour que les hommes l'accusent d'inconstance

Jacques 1:18

18. Volonté. Ce que Dieu "veut" pour nous est en contraste avec la volonté de l'homme, qui se soumet souvent aux "convoitises" humaines (voir sur vs 14, 15)

Engendrer. Gr. tiktÅÂ (voir sur le v 15). Au lieu d'être la cause ultime de nos péchés, Dieu est l'auteur de toute la sainteté qui s'est développée dans le cœur des hommes. De même que les fils terrestres ressemblent à leurs pères, de même les chrétiens nés de nouveau grandiront pour refléter le caractère de leur Père céleste. Un vrai chrétien est une personne aussi différente de ce qu'elle était avant sa conversion que si elle était physiquement formée à nouveau et née de nouveau

Parole de vérité. C'est-à-dire l'évangile du salut (voir sur Eph. 1:13). Paul l'exprime plus clairement : "En Jésus-Christ, je vous ai engendrés par l'Évangile"(1 Cor. 4:15; voir aussi 1 Pierre 1:23, 25). La conversion est le produit d'un engagement total envers les principes des Écritures. Le processus de croissance, après la nouvelle naissance, dépend de la quantité de la Parole de Dieu que l'homme met en pratique dans sa vie

Les prémices. L'offrande des "prémices" était un symbole de la consécration de toute la récolte (voir sur Ex. 23:19). Si les prémices étaient, vraisemblablement, les meilleurs de leur espèce et les premiers à atteindre la maturité, elles étaient aussi le gage de la récolte à venir. Le Christ est "les prémices de ceux qui se sont endormis", un gage de la résurrection à venir (voir 1 Cor. 15:20, 23). Cette expression est courante dans le NT (voir aussi Rom. 8:23; 16:5; Ap. 14:4). La volonté de Dieu pour les hommes est qu'ils deviennent semblables à Lui, et le devoir de l'église est de nourrir le chrétien nouvellement engendré jusqu'à ce qu'il approche "la mesure de la stature de la plénitude du Christ"(Eph. 4:13)

Jacques 1:19

C’est pourquoi. Les données textuelles favorisent (cf. p. 10) la lecture « sachez » ou « vous savez ». Quelle que soit la lecture, ce verset présente la conclusion suivante : puisque Dieu est la source du bien et ne tente personne, et puisqu’il a engendré chaque chrétien et lui a conféré l’honneur d’être une sorte de prémices, le chrétien doit mettre en pratique les principes de l’Évangile qu’il a appris. Frères bien-aimés. Voir le commentaire sur le v. 2. Prompt à écouter. Bien que les membres de l’Église soient déjà nés de nouveau par la Parole (voir le v. 18), cela ne les dispense pas de continuer à écouter la « parole ». Au contraire, ils doivent l’écouter avec davantage d’attention et de sérieux, comme l’a dit le Seigneur : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende » (Luc 8:8; 14:35 ; etc.). Paul exhorte les membres de l’Église à croître continuellement « dans la connaissance de Dieu » (voir le commentaire sur Col. 1:10 ; voir 2 Pierre 1:5). Bien qu’il s’agisse manifestement du sens premier de cette expression, sa signification comprend certainement aussi l’idée générale que les hommes devraient être plus disposés à écouter qu’à parler. Lent à parler. Compte tenu des références répétées aux langues indisciplinées dans cette épître (chap. 1:26 ; 3:1–18 ; 4:11), il est évident que Jacques a souvent rencontré le problème des paroles précipitées. Ce mal est mentionné ailleurs dans les Écritures (voir Prov. 10:19; 17:27, 28; Eccl. 5:2). L’accent porte sur la lenteur à commencer à parler, et non sur le fait de parler lentement. Lent à se mettre en colère. Plus que tous les autres, un chrétien devrait être capable de maîtriser son tempérament (voir Job 5:2; Prov. 15:18; 16:32; 19:19; 22:24; 25:28; 27:3; Rom. 12:18). Les trois exhortations de ce verset doivent être comprises à la lumière du privilège exposé dans Jacques 1:18. Par exemple, ceux qui accomplissent la volonté de Dieu dans leur vie se distingueront par leur empressement à apprendre continuellement la vérité, par leur maîtrise d’eux-mêmes qui les empêche d’imposer prématurément la vérité aux autres, et par leur amabilité lorsqu’ils étudient avec ceux qui ne sont pas d’accord.

Jacques 1:20

20. La colère est particulièrement inappropriée lorsqu'elle est introduite dans une controverse religieuse. La colère est particulièrement inopportune et nuisible lorsqu'elle intervient dans une controverse religieuse. Un zèle colérique pour la cause du Christ ne recommande pas une personne qui connaît l'esprit du Christ. Il n'en reste pas moins vrai qu'"un chrétien aimable et courtois est l'argument le plus puissant que l'on puisse produire en faveur du christianisme"(GW 122).

La justice de Dieu. Le caractère d'un Père aimant ne se reflète pas dans un membre de l'église au tempérament hâtif. Cette déclaration est une sous-estimation d'une vérité connue de tous, à savoir que la colère produit activement le contraire de la justice. Elle ne nous incite pas à embrasser la vérité, mais nous conduit à nous y opposer. Elle ne guérit pas, mais blesse.

Jacques 1:21

21. C'est pourquoi. Jacques passe maintenant à une application pratique du principe général énoncé au v. 20.

Mettez à part. Ou encore, " se dépouiller ", comme un vêtement. (Voir Eph. 4:25; Col. 3:9; 1 Pierre 2:1)

Toute souillure. Comme on se dépouille d'un vêtement souillé, les membres de l'Église doivent se débarrasser de toutes les "souillures" de l'esprit et de l'âme.

La superfluité. Gr. perisseia, " abondance ", " résidu " : tout mal est superflu dans la vie chrétienne. Avec toute sa diligence, le chrétien doit s'atteler à la tâche d'éliminer les imperfections de caractère qui peuvent subsister.

La méchanceté. Gr. kakia, "mauvaise volonté", "malice", "méchanceté" (voir Eph. 4:31; Col. 3:8; Titus 3:3). L'esprit de bonté et d'humilité, à la fois en recevant l'instruction chrétienne et en la donnant aux autres, est souligné comme l'objectif pratique pour chaque membre de l'église. Le problème des langues débridées pourrait être éliminé si les membres de l'église mettaient de côté toute "mauvaise volonté" et toute suspicion.

Douceur. Gr. praütÄs, "douceur". Pour l'adjectif praüs voir sur Matt. 5:5la "douceur" est le contraire de la "colère" du v. 20, qui rend les hommes indociles. La douceur n'est pas une basse estime de soi, mais un esprit modeste, doux, indulgent, et une disposition calme et indulgente.

La parole greffée. L'Évangile est un don de Dieu et est comparé ailleurs à la "semence" qui est plantée dans le sol du cœur (voir sur le site de l'Église) Matt. 13:3-8). Le salut n'est pas le résultat d'une étude personnelle ou de toute autre réalisation de l'homme. La "parole" est "greffée" dans un homme lorsqu'il choisit de faire des principes de l'Écriture le modèle de sa vie.

Capable de sauver. La "parole" peut être comparée à l'"évangile", dont Paul déclare qu'il est la "puissance de Dieu" (cf Rom. 1:16). Les Écritures révèlent cet évangile de la puissance de Dieu, qui est accessible à tous. Lorsque, par la puissance de Dieu, un homme vit selon les principes de la "parole", il est guidé intérieurement par la "parole implantée" (voir sur Rom. 10:17).

Jacques 1:22

22. Ceux qui font. Jacques fait référence au Sermon sur la Montagne (voir p. 500 ; Matt. 7:21-29). Cela nuance le précepte précédent, d'être "prompt à entendre" (Jacques 1:19). Il ne suffit pas de se souvenir de ce que nous entendons ou même d'être capable de l'enseigner aux autres. Nous devons pratiquer systématiquement et avec persistance la "parole de vérité" (v. 18)dans notre programme de vie personnel. Ainsi, l'apôtre Jacques est en parfait accord avec les enseignements de Paul : "Car ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés" (Rom. 2:13)

Pas seulement des auditeurs. Il ne s'agit certainement pas de condamner ceux qui entendent lire et expliquer la "parole de vérité". L'erreur consiste à "seulement" entendre et à ne pas aller plus loin dans l'application de la "parole" à la vie (voir sur Matt. 7:21-27Rom. 2:13)

Tromper. Gr. paralogizomai, " tromper ", " tromper par un faux raisonnement " La tromperie est celle dans laquelle un homme se trahit par un faux raisonnement. L'auditeur se trompe lui-même lorsqu'il pense que la simple écoute de la parole, ou de nombreuses discussions sur la vérité, ou l'adhésion à l'église sont suffisantes pour le salut. Il doit y avoir une transformation complète de la vie par la puissance du Saint-Esprit, qui donne aux croyants l'énergie nécessaire pour devenir des "pratiquants de la parole"



Ellen G. White


22-25. Voir les commentaires d’EGW sur Romains 8:15-21.

Jacques 1:23

23. Il n'agit pas. En soi, l'écoute ne produit que des impressions passagères et des convictions de devoir momentanées. Le chrétien sincère apprend afin de faire la volonté de Dieu, et non pas simplement pour savoir.

Regarder. C'est-à-dire considérer attentivement. On peut supposer que la personne qui se regarde dans un miroir témoigne ainsi d'un véritable désir de connaître les faits. De même, "celui qui écoute la parole" doit chercher, à la suite de ce qu'il entend, à comprendre son état spirituel. Mais ce n'est pas suffisant, il doit agir.

Le visage naturel. De même qu'un miroir reflète la ressemblance du visage humain, aussi souillé ou taché qu'il puisse être, de même la loi de Dieu révèle le visage moral, entaché de défauts et taché par le péché. Entendre et comprendre la Parole de Dieu, c'est comme se regarder dans un miroir. En regardant les préceptes parfaits de la loi tels qu'ils sont magnifiés dans le caractère de Jésus-Christ, nous prenons conscience de nos propres défauts et imperfections. Le miroir de la vérité ne flatte jamais. Paul n'était pas conscient de sa propre nature corrompue jusqu'à ce qu'il se voie dans le miroir de la loi. Sans la loi, il se croyait moralement adéquat, "vivant", mais lorsqu'il a réellement compris ses nobles principes, il a réalisé qu'il était spirituellement mort (cf Rom. 7:9).

Verre. Les anciens miroirs étaient faits de métal poli et non de verre.



Ellen G. White


23-25. Voir les commentaires d’EGW sur Apocalypse 3:18.
23-27 (voir les commentaires d’EGW sur Romains 7:7-9). Le miroir moral de Dieu—[Jacques 1:23-27 cité.] Telle est la parole du Dieu vivant. La loi est le grand miroir moral de Dieu. L'homme doit comparer ses paroles, son esprit et ses actions avec la Parole de Dieu.... La vraie religion signifie vivre la Parole dans sa vie pratique. Votre profession de foi n'a aucune valeur sans la mise en pratique de la Parole (Manuscript 7, 1898).

Jacques 1:24

24. Goeth. Dès qu'il se détourne du miroir, il oublie sa véritable apparence. Le test de la sincérité et de l'intention se trouve dans la réponse qu'un homme donne au défi de la Parole de Dieu. Ceux qui "n'écoutent que", soit par procrastination, soit par "faux raisonnement" (voir v. 22), choisissent de ne pas abandonner leur vie à Dieu. L'homme qui ne fait qu'écouter peut être comparé à l'auditeur "du bord du chemin" de Matthieu 13:4.

Il oublie tout de suite. L'apôtre ne fait pas nécessairement référence à une intention d'oublier mais à ce qui se produit inévitablement lorsque la sincérité fait défaut. Sans une décision sincère de se conformer à la volonté de Dieu telle qu'elle est connue, même les meilleures intentions s'évanouissent aussitôt.

Jacques 1:25

25. Regarde. C'est ici que commence l'application de l'illustration du "miroir"(v. 24).

Parfait. Voir sur Matt. 5:48; Jacques 1:4.

La loi. Il peut s'agir d'une allusion à l'enseignement du Christ concernant la loi, dans le Sermon sur la Montagne (voir sur Matt. 5:17, 18). De même, un parallèle étroit avec les commentaires de Paul sur la "loi" est évident (voir sur Rom. 2:12; 7:12). Au chapitre 2, Jacques assimile la " loi " au Décalogue(vs. 10, 11) et se réfère apparemment à ce code ici aussi (voir GC 466). Pour une autre déclaration inspirée sur la " loi " qui est " parfaite ", voir Ps. 19:7. La "loi parfaite" peut être comparée à la "parole de vérité"(Jacques 1:18) et à la "parole enracinée"(v. 21), dont la "mise en pratique" est la vie d'obéissance chrétienne. La "loi" est une description du caractère de Dieu - le véritable critère de la justice - et décrit les relations appropriées entre Dieu et l'homme, ainsi que les relations entre les hommes. La "loi" devient donc un "miroir" qui permet à l'homme d'évaluer ses motivations et ses actions.

La liberté. Le transgresseur de la loi voit sa liberté restreinte. La devise "L'obéissance à la loi, c'est la liberté", que l'on voit souvent sur les murs des salles d'audience, est une devise digne d'être rappelée à chaque chrétien. Lorsque, par la grâce de Dieu, un homme accepte le joug du Sauveur(Matt. 11:28-30), il voit la loi comme étant clairement en accord avec ses intérêts les plus élevés et conduisant à son plus grand bonheur (voir DA 329). Il considère alors la volonté de Dieu comme une liberté et le péché comme une servitude. L'apôtre désigne la loi morale comme la règle infaillible du devoir (voir ch. 2:12). Lorsque nous reconnaissons les défauts de caractère qu'elle nous indique et que nous nous tournons vers le Christ pour y remédier, nous constatons que la loi nous a montré le chemin de la vraie liberté, car la plus grande liberté est celle de ne pas pécher. Cependant, l'observation de la loi, qu'elle soit morale ou cérémonielle, comme moyen de justification, en fait un joug de servitude (voir Vol. VI, pp. 933-935 ; voir sur Gal. 2:16).

Continue. Seulement pour ceux qui "cherchent" d'abord le "royaume de Dieu" (voir sur Matthieu 6:33elle n'apporte la liberté qu'à ceux qui, par la grâce de Dieu, prennent l'habitude de refléter le caractère du Christ (voir sur Jean 8:31-36).

L'auteur de l'œuvre. La loi de Dieu donne une direction et une motivation pour vivre une vie chrétienne authentique. Ainsi, le chrétien sera un faiseur d'actes semblables à ceux du Christ. Tout homme sera finalement jugé "d'après ses oeuvres"(Rom. 2:6), et la "loi" seule fournit à l'homme un étalon sûr pour mesurer ses oeuvres (voir sur Rom. 2:6, 13).

Béni. Il n'y a pas de fin aux "bénédictions" qui viennent à ceux qui s'engagent pleinement dans la voie de Dieu (voir sur Ps. 1:1-3; Matt. 19:29).

Dans son action. Il sera béni dans l'acte même d'obéir à la loi de Dieu (voir Ps. 19:11). L'action elle-même n'est pas la source de la bénédiction, car cela ferait d'un homme un juste par les œuvres ; c'est plutôt l'accomplissement de la volonté de Dieu qui élimine les barrières qui, autrement, nous fermeraient l'accès à sa bénédiction.



Ellen G. White


25 (1 Jean 2:1, 2). La fonction du miroir—Voici un miroir dans lequel nous devons nous regarder et rechercher chaque défaut de caractère. Mais supposons que vous regardiez dans ce miroir et voyiez de nombreux défauts dans votre caractère, puis que vous vous en alliez en disant : « Je suis juste » ; serez-vous juste ? À vos propres yeux, vous serez juste et saint. Mais qu'en sera-t-il devant le tribunal de Dieu ? Dieu nous a donné une règle, et nous devons nous conformer à ses exigences ; si nous osons faire autrement, la fouler aux pieds, puis nous tenir devant Dieu et dire : « Je suis saint, je suis saint », nous serons perdus au grand jour des comptes.

Jacques 1:26

26. Si un homme. Jacques conclut maintenant par une application pratique de sa comparaison entre le simple "auditeur" de la loi et le "faiseur" béni

Parmi vous. L'évidence textuelle favorise(cf. p. 10) l'omission de cette phrase

Semblent. L'accent est mis sur ce qu'un homme pense de lui-même, sur ce qu'il s'imagine être, et non sur ce qu'il "semble" être aux yeux des autres. Jacques amplifie ici son avertissement du v. 22, selon lequel la simple connaissance de la vérité ne constitue pas un véritable christianisme. Penser que c'est le cas, c'est se tromper soi-même

Religieux. Gr. thrÄskos, religieux, surtout du point de vue de la religion qui s'exprime dans le service extérieur. Un homme peut penser que la simple attention extérieure à la forme religieuse est un véritable christianisme. Un homme peut penser que des choses telles que la fréquentation régulière de l'église, des dons substantiels, et la direction des affaires de l'église constituent une "religion" agréable à Dieu(v. 27). Il ne se rend pas compte que toute cette attention extérieure à la religion sans une dévotion intérieure du cœur s'avérera être "vaine" (voir sur Matthieu 6:1-7, 16-18)

Brider. Jacques compare une langue imprudente et incontrôlée à un cheval débridé. Sans "bride", la langue et le cheval mettent en danger tous ceux qui sont à proximité. L'apôtre plaide auprès des membres de son église pour qu'ils acquièrent l'habitude louable de la discrétion dans la parole (voir v. 19), qui reflète l'homme intérieur (voir sur Matt. 12:34-37). Certains pensent que le zèle à parler de "religion" est une preuve de vraie religion, mais Jacques exhorte les chrétiens à faire le bien plutôt que de simplement parler du bien. L'attention extérieure à la "religion" est nécessaire, mais si la langue est débridée ou si tout autre péché est toléré, il sera évident que l'homme intérieur n'a pas encore été transformé par la grâce de Dieu

Tromper. Aucune tromperie n'est plus pitoyable que l'auto-illusion. Une démonstration extérieure de la justice peut gagner les éloges des hommes, qui ne regardent que l'apparence extérieure(cf. 1 Sam. 16:7). Le cœur doit être motivé par la "loi parfaite"(Jacques 1:25) avant qu'un homme puisse vivre avec douceur(v. 21) devant Dieu et les hommes

Vain. Gr. mataios, "inutile", "sans but", "sans utilité" (voir sur 1 Cor. 15:17). La piété extérieure et les bonnes actions ne servent à rien si elles ne sont pas motivées par un désir sincère de conformer chaque pensée et chaque acte à la "loi parfaite de la liberté"



Ellen G. White


26. Voir les commentaires d’EGW sur le chap. 3:2.
(Ch. 1:26.) Le pouvoir de brider la langue—Grâce à l’aide que Christ peut nous apporter, nous pourrons apprendre à brider notre langue. Bien qu’Il ait été durement éprouvé sur la question des paroles précipitées et coléreuses, jamais Il ne pécha par Ses lèvres. Avec un calme patient, Il affrontait les railleries, les sarcasmes et le ridicule de Ses compagnons de travail à l’établi du charpentier. Au lieu de répondre avec colère, Il commençait à chanter l’un des beaux psaumes de David ; et Ses compagnons, avant de se rendre compte de ce qu’ils faisaient, s’unissaient à Lui dans le cantique. Quelle transformation s’opérerait dans ce monde si les hommes et les femmes d’aujourd’hui suivaient l’exemple du Christ dans l’usage des paroles (The Review and Herald, May 26, 1904).

Jacques 1:27

27. Pure. Voir sur Matt. 5:8

Religion. Gr. thrÄskeia, la religion, surtout telle qu'elle s'exprime dans le culte religieux. Cependant, l'apôtre ne définit pas ici la " vraie religion ", mais il souligne le fait que les preuves extérieures accompagnent naturellement la véritable expérience du cœur. Il ne s'agit pas d'une description de l'ensemble de la religion, mais seulement de deux exemples pertinents de l'esprit religieux authentique qui conduit à de tels actes. Voir sur Michée 6:8

Non souillé. Les Pharisiens s'appuyaient sur les formes de la justice rituelle pour se garder non souillés, mais ils étaient pleins de souillure morale à l'intérieur (voir sur Marc 7:1-23). Jacques indique ici un type bien supérieur de preuve extérieure de "religion pure"

Dieu et le Père. Ou encore, "Dieu même le Père", c'est-à-dire "Dieu le Père" La vraie religion nous apprend à faire tout comme si nous étions en présence de Dieu. De plus, Dieu connaît aussi bien les motifs que les actions (voir sur Matt. 6:1-18). Même l'accomplissement des bonnes œuvres mentionnées ici n'est pas une preuve de "religion pure et sans tache" si les œuvres ne sont pas motivées par de bons motifs. Beaucoup donnent à la charité uniquement pour améliorer leur position aux yeux de leurs semblables, ou peut-être avec les yeux uniquement sur leurs déductions fiscales

Visiter. Gr. episkeptomai, "visiter", avec l'idée de s'occuper. Le nom apparenté, episkopos, est traduit par " surveillant " ou " évêque " (voir sur Actes 11:30). L'"évêque" ou l'"ancien" doit être un exemple pour tous les croyants en pratiquant la "religion pure" telle qu'elle est définie ici, révélant ainsi un cœur rempli de l'amour de Dieu (voir sur Ps. 68:5)

Sans père. Gr. orphanoi, "orphelins"(cf. sur Jean 14:18)

Les veuves. Les lecteurs de Jacques connaissaient sans doute bien les pratiques contemporaines des pharisiens, qui profitaient des veuves (voir sur Matt. 23:14). Les orphelins et les veuves ont besoin du réconfort et de l'encouragement d'amis intéressés, et pas seulement d'un soutien financier

Se garder. En exerçant la véritable puissance de la volonté, le chrétien s'efforce de servir Dieu, tout en le priant et en dépendant entièrement de lui (voir Jean 17:15; Jude 24). Le succès dans la vie chrétienne ne vient qu'à celui qui unit l'effort humain à la puissance omnipotente de Dieu

Sans tache. Gr. aspilon, "sans tache morale" (voir 1 Tim. 6:14)

Le monde. Tel qu'il existe actuellement, le "monde" est synonyme de principes et de pratiques mauvais qui sont contraires à la volonté de Dieu (voir Jean 17:14-16). Le membre de l'Église véritablement converti évitera toute pensée ou action qui permettrait aux souillures du "monde" de le souiller



Ellen G. White


27.La vraie religion, une fontaine de charité—La religion pure de Jésus est la source d'où coulent des ruisseaux de charité, d'amour et de sacrifice de soi (Letter 7, 1883).

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés