Seventh-day Adventist Bible Commentary2 Corinthiens 1

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

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Introduction

La deuxième épître de Paul l’apôtre aux CORINTHIENS INTRODUCTION 1. Titre. Les données textuelles attestent (cf. p. 10) le titre abrégé Pros Korinthious B, littéralement : « Aux Corinthiens 2 ». C’est le titre qui apparaît dans le plus ancien manuscrit existant de l’épître, datant d’environ le IIIe siècle apr. J.-C. Le titre plus long, « La deuxième épître de Paul l’apôtre aux Corinthiens », n’apparaît que beaucoup plus tard. Pour une discussion de cette épître en tant que « deuxième » épître aux Corinthiens, et sur l’emploi du mot « deuxième » dans le titre, voir ci-dessous sous « 3. Contexte historique ». Il est évident que le titre ne faisait pas partie du document original. 2. Auteur. Les données externes et internes attestent de manière concluante la paternité paulinienne. Les données externes remontent à la génération qui a immédiatement suivi celle des apôtres eux-mêmes. Les citations de cette épître, ainsi que les références qui y sont faites par de nombreux Pères et écrivains de l’Église primitive, témoignent abondamment de son authenticité et de son intégrité. Dans sa lettre aux Corinthiens (vers 95 apr. J.-C.), environ 35 ans après cette épître, Clément de Rome traite des mêmes conditions à Corinthe que celles examinées ici par Paul (Première épître de Clément aux Corinthiens 46). L’Église de Corinthe n’avait apparemment pas beaucoup changé, car nombre de ses anciens problèmes persistaient. Écrivant aux Philippiens, Polycarpe (mort vers 155 apr. J.-C.), évêque de Smyrne, cite 2 Cor. 8:21 (Épître 6). Dans son traité Contre les hérésies ii. 30. 7 (vers 180 apr. J.-C.), Irénée, évêque de Lyon, cite et commente le récit de Paul concernant son ravissement jusqu’au troisième ciel dans 2 Cor. 12:2–4. Clément d’Alexandrie (vers 200 apr. J.-C.) cite la deuxième épître aux Corinthiens pas moins de 20 fois (voir Stromates i. 1, 11 ; ii. 19, 20 ; etc.). Tertullien de Carthage (vers 220 apr. J.-C.), le prétendu père de la théologie latine, la cite fréquemment (Scorpiace 13 ; Contre Marcion v. 11, 12 ; De la résurrection de la chair 40, 43, 44). Les données internes désignent Paul sans équivoque comme l’auteur. Son style est celui de Paul. L’épître contient de nombreuses références à Paul, à ses expériences à Corinthe et à sa première épître à l’Église de ce lieu. De nombreux spécialistes de la Bible considèrent que cette épître offre le portrait le plus clair et le plus complet de la nature, de la personnalité et du caractère de Paul. La spontanéité historique des expériences relatées dans cette épître ne peut être qu’authentique. 3. Contexte historique. Paul effectua au moins trois visites et écrivit trois, peut-être quatre, épîtres à l’Église de Corinthe. La première visite, vers 51 apr. J.-C., au cours de son deuxième voyage missionnaire, se prolongea pendant un an et demi (Actes 18:11). À cette époque, Paul fonda et organisa l’Église. Il continua à rester en contact avec elle de temps à autre par l’intermédiaire de représentants (2 Cor. 12:17). Son premier contact écrit avec elle est mentionné dans 1 Cor. 5:9. On présume aujourd’hui que ce document est perdu. Vers la fin des plus de deux années passées à Éphèse, au cours du troisième voyage, il écrivit ce que l’on connaît maintenant sous le nom de Première épître aux Corinthiens (ch. 16:8 ; voir p. 103). Il est généralement admis qu’une période de plusieurs semaines s’est probablement écoulée entre la rédaction des deux épîtres aux Corinthiens, la première depuis Éphèse et la seconde depuis la Macédoine. Paul avait l’intention de rester à Éphèse jusqu’à la Pentecôte, puis de se rendre à Corinthe en passant par la Macédoine (Actes 19:21). Mais il quitta Éphèse plus tôt qu’il ne l’avait prévu. Cela était peut-être dû, au moins en partie, au soulèvement populaire qui faillit lui coûter

la vie (v. 24–41). L’opposition à laquelle il se heurta pendant son séjour à Éphèse lui imposa une grande tension. Il qualifia les adversaires de la vérité de « bêtes » (1 Cor. 15:32), et observa qu’il avait été « accablé au-delà de toute mesure, au-delà de ses forces » et qu’il avait « désespéré même de la vie » (2 Cor. 1:8). C’est dans cet état que Paul quitta Éphèse pour la Macédoine. Il se rendit à Troas, le port d’embarquement pour la Macédoine. Il y attendait le retour de Tite, qui devait lui faire part de la réaction des Corinthiens à sa précédente épître. Mais Tite n’arriva pas dans le délai prévu et Paul, ne trouvant aucun repos intérieur en raison de son inquiétude pour l’Église de Corinthe (ch. 2:13), ne put profiter de la porte ouverte à la prédication de l’Évangile à Troas. Poursuivant sa route vers la Macédoine, il rencontra Tite à Philippes. Soulagé et réjoui, Paul écouta les bonnes nouvelles que Tite apportait de Corinthe. Certains pensent que Paul était retourné à Corinthe pour une deuxième visite. Il parle d’une visite précédente qui avait été pénible et décevante (voir les commentaires sur les chs. 2:1 ; 12:14 ; 13:1, 2). Probablement à la suite d’une telle visite et de la réception de nouvelles encore plus troublantes de Corinthe (1 Cor. 1:11), il envoya une lettre de réprimande et de conseil (la Première épître aux Corinthiens) et dépêcha Tite pour préparer la voie à une nouvelle visite qu’il projetait de faire (2 Cor. 8:6; 13:1, 2 ; cf. AA 301). Au chap. 2:4, Paul fait référence à une lettre précédente qu’il avait écrite à Corinthe « dans une grande affliction et une profonde angoisse de cœur », et qui les avait rendus « attristés » (chap. 7:8). De nombreux spécialistes pensent que, dans ces passages et d’autres, Paul ne peut guère faire référence à 1 Corinthiens, puisque — affirment-ils — ces déclarations ne décrivent pas correctement l’esprit et la nature de cette épître. Ils soutiennent donc qu’il a dû écrire une lettre entre les deux qui paraissent dans le NT. Certains de ceux qui défendent ce point de vue estiment que cette lettre a été perdue, mais d’autres pensent qu’elle est conservée sous la forme de des chap. 10–13 de 2 Corinthiens. Des arguments plausibles peuvent être présentés à la fois pour et contre cette théorie, mais aucune preuve objective ne permet de trancher. Ce commentaire suppose donc que 1 Corinthiens est la lettre à laquelle Paul fait référence dans 2 Corinthiens (cf. AA 324). D’après les chap. 2:13 ; 7:5 ; 8:1 ; 9:2, 4, il semble que Paul ait écrit cette deuxième épître alors qu’il se trouvait en Macédoine. La date se situait vers l’an 57 apr. J.-C. (voir p. 102–104). Du moins temporairement, les lettres et les visites de Paul semblent avoir atteint leur objectif. Il ressort de Rom. 16:23 que Paul fut reçu avec hospitalité et hébergé par l’un des principaux membres de l’Église. Le changement survenu dans l’Église de Corinthe est en outre confirmé par le fait que, dans les épîtres aux Galates et aux Romains, écrites au cours de son séjour à Corinthe, il montre s’être remis de l’état d’anxiété inquiète et de sollicitude pour l’Église de Corinthe qui affligeait son âme ardente à Troas (2 Cor. 2:13 ; cf. chap. 7:6, 13, 14). De plus, la collecte faite à Corinthe pour les saints de Jérusalem aboutit avec succès (Rom. 15:26). Après la rédaction de cette deuxième épître et sa visite suivante, nous ne trouvons que des références éparses à l’Église de Corinthe. Toutefois, une épître aux Corinthiens écrite par Clément de Rome vers l’an 95 apr. J.-C. révèle qu’au moins certains des anciens maux avaient réapparu. Clément félicite l’Église pour sa conduite exemplaire à bien des égards, mais il la réprimande aussi pour ses querelles et son esprit de parti. C’est la dernière information dont nous disposons concernant l’Église de Corinthe durant l’âge apostolique. 4. Thème. L’occasion immédiate de cette épître fut le rapport encourageant que Tite avait apporté de Corinthe. La première partie de la lettre traite de l’accueil que les Corinthiens avaient réservé à la précédente épître de Paul et passe en revue certains des problèmes qui y étaient abordés. Suivant les instructions de Paul, l’Église avait excommunié le coupable immoral

de 1 Corinthiens (1 Cor. 5:1–5 ; cf. 2 Cor. 2:6). Paul conseille maintenant comment ramener le coupable. Une attention particulière est accordée aux contributions recueillies auprès des Églises de Macédoine et de Grèce pour les pauvres. Ce projet tenait particulièrement à cœur à Paul, car il unirait les cœurs des chrétiens juifs et non juifs dans un lien de communion et d’unité. De leur côté, les croyants non juifs seraient amenés à apprécier les sacrifices des chrétiens juifs qui leur avaient fait connaître l’Évangile. À leur tour, les Juifs seraient amenés à apprécier l’esprit de communion dont les dons étaient le témoignage silencieux, mais éloquent. Mais l’Église de Corinthe avait négligé de réunir sa contribution et était très en retard sur les Églises de Macédoine, probablement en raison des querelles et des vices qui avaient accaparé son attention. Dans cette lettre, Paul lance un dernier appel à la promptitude et à la diligence. Il semble que la majorité des membres de l’Église de Corinthe ait accepté de tout cœur les conseils donnés par Paul et ses collaborateurs. Ils avaient accueilli Tite à bras ouverts. Presque dès le début, des factions avaient existé dans l’Église, certaines favorisant un dirigeant et d’autres un autre. Une grande partie des troubles causés par cette division des allégeances avait été apaisée, mais une opposition ouverte et malveillante, probablement menée par une faction judaïsante semblable à celle de Galatie, persistait. Son objectif était de saper l’œuvre, l’autorité et l’apostolat de Paul. Ses adversaires accusaient Paul d’inconstance parce qu’il n’était pas venu à Corinthe comme il l’avait initialement promis. Ils soutenaient qu’il manquait d’autorité apostolique. Ils le traitaient de lâche parce qu’il tentait de diriger l’Église à distance, par lettre. Cela prouvait, disaient-ils, qu’il avait peur de se présenter en personne. Les neuf premiers chapitres de 2 Corinthiens se caractérisent par la gratitude et la reconnaissance ; les quatre derniers, par une sévérité marquée et l’autodéfense. On a suggéré que les premiers chapitres s’adressaient à la majorité, qui avait accepté les conseils et les reproches de Paul, et les derniers à une minorité qui persistait à s’opposer à ses efforts pour restaurer dans l’Église un esprit d’harmonie. Finalement, et de diverses manières, Paul entreprend de prouver son autorité et de justifier sa conduite parmi eux. Pour prouver son apostolat, il fait appel à ses visions et aux révélations reçues du Seigneur, à ses souffrances sans égales pour le Seigneur Jésus, ainsi qu’au sceau de l’approbation divine manifesté par la fécondité de ses travaux. La sévérité des paroles de Paul, adressées à l’Église de Corinthe au sujet de certains faux apôtres et peut-être d’une minorité de ses membres encore sous leur influence, est sans équivalent dans ses épîtres aux autres Églises. Cette épître diffère sensiblement de 1 Corinthiens. La première épître est objective et pratique ; la seconde est en grande partie subjective et personnelle. Le ton de la première est plus calme et mesuré ; la seconde reflète l’inquiétude de Paul dans l’attente de nouvelles de Corinthe, son soulagement et sa joie lorsque Tite arriva enfin, ainsi que sa ferme intention de traiter efficacement ceux qui troublaient encore l’Église. La première reflète les conditions de l’Église de Corinthe ; la seconde, la passion de l’apôtre lui-même pour l’Église. Bien que la préoccupation principale de cette seconde épître ne soit pas doctrinale, comme dans Galates et Romains, elle expose néanmoins d’importantes vérités doctrinales. 5. Plan. I. Introduction, 1:1–11. A. Salutation, 1:1, 2. B. Actions de grâces au milieu de la tribulation, 1:3–11. II. Relations récentes avec l’Église de Corinthe, 1:12 à 7:16. A. Explication du changement dans les projets de voyage, 1:12 à 2:4.

B. Conseils pour ramener le coupable immoral au Christ, 2:5–11. C. Inquiétude dans l’attente de nouvelles de Corinthe, puis joie à leur réception, 2:12–17. D. Titres apostoliques, 3:1–18. 1. Les titres de Paul en tant que véritable apôtre, 3:1–6. 2. La gloire de la mission apostolique, 3:7–18. E. Les apôtres soutenus par la puissance divine dans leur ministère, 4:1 à 5:10. 1. La force d’endurer : une preuve de la grâce divine, 4:1–18. 2. La vie et la mort en vue de l’éternité, 5:1–10. F. Le ministère de la réconciliation, 5:11 à 6:10. 1. L’apôtre en tant qu’ambassadeur du Christ, 5:11–21. 2. La discipline indispensable à l’apostolat, 6:1–10. G. Un appel adressé aux Corinthiens à se séparer des malfaiteurs, 6:11 à 7:1. H. La joie de Paul devant l’accueil chaleureux des Corinthiens, 7:2–16. III. La collecte pour les chrétiens nécessiteux de Judée, 8:1 à 9:15. A. La libéralité exemplaire des Églises de Macédoine, 8:1–6. B. L’exemple de Jésus-Christ, 8:7–15. C. La mission et la recommandation de Tite pour recevoir l’offrande à Corinthe, 8:16–24. D. Un appel aux Corinthiens à faire leur part, 9:1–15. 1. Un appel à achever la collecte de fonds, 9:1–5. 2. Un appel à la libéralité, 9:6–15. IV. La défense par Paul de son apostolat ; un appel aux impénitents, 10:1 à 13:10. A. Une réponse à ceux qui ont minimisé Paul en tant qu’apôtre, 10:1–12. B. Corinthe dans la sphère de travail qui lui a été assignée, 10:13–18. C. Les marques de différence entre les vrais et les faux apôtres, 11:1 à 12:18. 1. La subtilité des faux apôtres, 11:1–6. 2. Paul ne dépendant pas des Corinthiens pour son soutien, 11:7–15. 3. Sa confrontation au danger et aux privations, 11:16–33. 4. Paul, bénéficiaire de révélations divines «révélations, 12:1–5. 5. Paul humilié par « une écharde dans la chair », 12:6–10. 6. Paul ne s’étant pas enrichi à leurs dépens, 12:11–18. D. Un dernier appel aux impénitents, 12:19 à 13:10. V. Conclusion, 13:11–14.

2 Corinthiens 1:1

Apôtre. Gr. apostolos (voir les commentaires sur Marc 3:14; Actes 1:2). Paul avait reçu sa mission directement de Jésus-Christ (Actes 26:16, 17 ; cf. Gal. 1:11, 12). Il était donc un ambassadeur représentant le Christ (2 Cor. 5:20). Dans la plupart de ses épîtres, Paul se présente comme un apôtre ; son autorité était donc égale à celle des Douze, qui avaient tous vu le Seigneur et avaient été instruits personnellement par lui (voir les commentaires sur 1 Cor. 9:1). De Jésus-Christ. C’est-à-dire, envoyé par Jésus-Christ et parlant donc en son nom. Volonté de Dieu. Les faux apôtres qui troublaient alors l’Église de Corinthe étaient venus de leur propre initiative. Paul était devenu apôtre par un acte de la volonté divine (cf. Rom. 1:1; 1

Cor. 1:1). Il est impératif que les Corinthiens reconnaissent cette différence et acceptent Paul pour ce qu’il est — le représentant même de Dieu. Pendant plusieurs décennies, un groupe influent de chrétiens juifs exigea que les païens convertis au christianisme deviennent eux aussi des prosélytes du judaïsme et observent les exigences de la loi rituelle. Ces Juifs niaient apparemment la validité de la décision du concile de Jérusalem selon laquelle les païens convertis n’avaient pas à le faire (Actes 15:19, 20, 28, 29). À une époque, ce groupe judaïsant réussit à dresser contre Paul les Églises de Galatie (Gal. 3:1; 5:1–7), ainsi que les Églises de la province d’Asie (2 Tim. 1:15). Ces judaïsants dénigraient constamment Paul et, puisqu’il n’avait pas été personnellement associé au Christ comme les Douze, ils le présentaient au mieux comme un apôtre de second rang. Dans l’Église primitive, on avait tendance à diviser les apôtres en deux groupes : ceux qui avaient été avec le Christ et ceux qui ne l’avaient pas été. Ceux qui avaient connu Jésus dans la chair étaient généralement tenus en plus haute estime que les autres. Ce dernier groupe avait été nommé à l’apostolat par l’Église et était considéré comme inférieur au premier. Cette classification était purement humaine et n’avait reçu l’approbation ni de Dieu ni des apôtres originels. C’est pourquoi Paul jugeait souvent nécessaire d’insister sur le fait qu’il avait été appelé personnellement par le Christ. Il avait rencontré Jésus face à face sur le chemin de Damas. Il avait été instruit en personne par le Seigneur Jésus-Christ (Gal. 1:11, 12). Il avait également reçu sa mission de Jésus en personne, dans le Temple, lors de sa première visite à Jérusalem après sa conversion (Actes 22:21). Parce que le groupe d’opposition à Corinthe avait contesté ses titres d’apôtre, Paul, dans sa deuxième épître à cette Église, affirma hardiment le fait de sa nomination divine à l’apostolat (voir 2 Cor. 3:1–6; 10:1–12; 11:1 à 12:18). Si c’était « la volonté de Dieu » que Paul soit apôtre, de quel droit les judaïsants pouvaient-ils contester son autorité ? Voir les commentaires sur 2 Cor. 3:1; 11:5; Gal. 1:1; 2:6. Timothée, notre frère. Timothée n’est nulle part appelé apôtre. Il était encore jeune, bien qu’il ait été associé à Paul pendant près de quinze ans (voir les commentaires sur Actes 16:1–3 ; cf. AA 184). Paul désigne également Timothée comme son « compagnon d’œuvre » (Rom. 16:21). Peut-être était-il encore considéré comme un apprenti. Il était déjà bien connu de l’Église de Corinthe (1 Cor. 16:10; 2 Cor. 1:19). Les noms de Paul et de Timothée sont associés dans les salutations de cinq autres épîtres (Phil. 1:1; Col. 1:1; 1 Thess. 1:1; 2 Thess. 1:1; Philémon 1:1). Paul l’appelle son « véritable fils dans la foi » (1 Tim. 1:2 ; cf. 2 Tim. 1:2). Voir les commentaires sur 1 Cor. 4:17; 16:10. Église. Gr. ekklēsia (voir les commentaires sur Matt. 18:17). Paul appelle l’Église de Corinthe « l’Église de Dieu », ce qui signifie qu’elle avait été établie par la volonté de Dieu, tout comme Paul avait été ordonné apôtre « par la volonté de Dieu ». La ville de Corinthe était remarquable par son instruction, sa richesse et sa méchanceté (voir p. 656). Pourtant, dans ce qui était l’un des endroits les plus mauvais du monde romain, Dieu avait établi son Église. Tous les saints. Il y avait apparemment à cette époque un nombre considérable de croyants en Achaïe (voir Les voyages de Paul). L’Église de Cenchrées est expressément mentionnée (Rom. 16:1). Il y en avait sans doute d’autres. Le terme hagioi, « saints » (voir les commentaires sur Rom. 1:7), fut employé dès le début pour désigner les croyants chrétiens (voir Actes 9:13) comme des personnes séparées du monde pour Dieu. Le peuple de Dieu est appelé « croyants » (1 Tim. 4:12), en raison de sa foi dans le Christ ; « disciples » (Actes 11:26), parce qu’il apprend de lui ; « serviteurs » (Éph. 6:6), parce qu’il accomplit sa volonté ; « enfants » (1 Jean 3:10 ; cf. v. 1), parce qu’ils sont adoptés

dans la famille de Dieu ; et « saints », parce que leur vie lui est exclusivement consacrée (1 Cor. 1:2). Achaïe. Les Romains divisèrent la Grèce en deux provinces sénatoriales, l’Achaïe et la Macédoine (cf. Actes 19:21). Corinthe était la capitale de l’Achaïe, qui comprenait l’Attique et le Péloponnèse, et la résidence du proconsul romain, ou gouverneur (voir Les voyages de Paul). La mention dans la salutation de « tous les saints qui sont dans toute l’Achaïe », en plus de ceux de Corinthe, implique que, dans une certaine mesure, eux aussi avaient besoin des conseils adressés à l’Église de Corinthe. Les Corinthiens devaient transmettre les salutations et le message de l’apôtre aux autres Églises.

2 Corinthiens 1:2

2. La grâce ? et la paix. Voir à ce sujet Rom. 1:7. C'est la salutation de Paul dans toutes les épîtres, sauf dans les épîtres pastorales, où il ajoute le mot "miséricorde" Grâce(charis; voir sur Jean 1:14) était une salutation courante chez les Grecs. Elle exprimait le souhait que la personne à qui elle était adressée puisse connaître la joie et la prospérité. En tant que salutation chrétienne, la "grâce" exprimait le désir que la personne à qui elle était adressée puisse connaître la plénitude de la puissance et de la bénédiction divines. Dans l'usage chrétien, les mots grecs courants prennent souvent de nouvelles nuances (voir Vol. V, p. 106). La " paix ", la salutation préférée des Juifs, souhaitait à son interlocuteur toutes les bénédictions matérielles et spirituelles (voir sur Isa. 26:3; Matt. 5:9; Luc 1:79; 2:14; Jean 14:27). Peut-être que par la salutation " grâce ? et paix ", Paul a voulu exprimer son désir de communion avec les chrétiens d'origine juive et païenne. L'Église chrétienne réunit à la fois les Juifs et les Grecs.

La "grâce" de Dieu justifie les pécheurs repentants(Rm 3,24; cf. Tt 2,11) ; sa "paix" garde leurs cœurs et leurs esprits inébranlables en Christ(Ph 4,7).

Notre Père. Voir sur Matt. 6:9.

Seigneur Jésus-Christ. Voir sur Matt. 1:1; Jean 1:38.

2 Corinthiens 1:3

3. Béni soit Dieu. Gr. eulogÃâtos (voir sur Matt. 5:3). Comme il se doit, Paul commence par l'attribution de la louange à Dieu. Pour le sens dans lequel les hommes " bénissent " Dieu, voir Ps. 63:4.

Le Père. L'importance que le Christ attache au nom de Père appliqué à Dieu se retrouve tout au long des enseignements et du ministère de Jésus. Elle reflète l'esprit du Sermon sur la montagne. C'est le mot clé du Notre Père. C'est le fondement de la fraternité chrétienne, l'incitation à pardonner à ceux qui nous ont offensés. La conscience omniprésente de Dieu comme son Père a accompagné Jésus tout au long de sa vie (cf Luc 2:49). Après sa résurrection, il a parlé de "mon Père et de votre Père"(Jean 20:17). Les hommes éprouvent parfois des difficultés à comprendre l'omniprésence, l'omnipotence et l'omniscience du Dieu infini. Mais tous les hommes peuvent le comprendre et l'apprécier en tant que Père aimant, qui a donné son Fils unique pour vivre et mourir pour une race de pécheurs(Jean 3:16). Voir Jésus, c'est voir et connaître le Père(Jean 14:9; cf. ch. 17:3).

Père de miséricorde. Cette expression exacte n'apparaît qu'ici dans le NT. Dieu est le Père miséricordieux, la source d'où jaillissent les miséricordes, l'auteur de toutes les miséricordes. La miséricorde implique quelque chose de plus que la simple bienveillance, plus que la bonté. Dieu est bon envers tous, mais il est miséricordieux envers ceux qui sont affligés par le péché et qui ont besoin de pardon. La miséricorde est une révélation du caractère même de Dieu. Elles sont l'expression de son cœur. Voir Rom. 12:1.

Réconfort. Gr. paraklÃâsis (voir sur Matt. 5:4). C'est par le Saint-Esprit, le Consolateur (voir sur Jean 14:16), que Dieu s'approche de l'homme pour répondre à ses besoins spirituels et matériels. Le mot paraklÃâsis est caractéristique de cette épître. Il apparaît 11 fois en tant que nom et 18 fois sous forme de verbe.

2 Corinthiens 1:4

4. Réconforter. Gr. parakaleà  (voir sur Matt. 5:4). C'est-à-dire par l'intermédiaire du Saint-Esprit (voir sur 2 Cor. 1:3). Le grec implique que ce "réconfort" se poursuit sans interruption.

Tribulation. Gr. thlipsis, " oppression ", " pression ", " affliction ", " détresse ", " situation difficile ". Le " réconfort " venu de Dieu a permis à l'apôtre d'adopter l'attitude de calme et de sérénité face à la détresse qui se reflète dans les ch. 4:8-11; 11:30.

Réconforter. Ceux qui ont connu eux-mêmes la tribulation et le chagrin et qui ont trouvé le "réconfort" qui vient d'en haut sont capables de sympathiser avec d'autres personnes qui se trouvent dans des circonstances similaires et de les orienter vers leur Père céleste.

Le réconfort. Ce terme ne se limite pas à la simple consolation dans le chagrin ou la détresse. Il comprend tout ce qu'un Père céleste aimant peut faire pour ses enfants nés sur terre. Voir Matt. 5:4. Pour le chrétien, la tribulation joue un rôle important dans le perfectionnement du caractère(cf. Héb. 2:10). En elles-mêmes, la souffrance et la tribulation n'ont pas le pouvoir de rendre les hommes semblables au Christ. En fait, elles rendent beaucoup d'hommes moroses et amers. Mais Dieu sanctifie la tribulation, et ceux qui trouvent en Lui la grâce et la force d'endurer ont résolu l'un des grands problèmes de la vie(cf. Héb. 2:10). Comparez l'expérience et l'exemple de Paul lui-même (voir sur 2 Cor. 4:8-11; cf. ch. 12:7-10). Il est beaucoup plus difficile de croire en Dieu au milieu du luxe, du confort et de l'aisance du monde. Dans la providence de Dieu, les tribulations et les peines peuvent nous rapprocher de Lui. Les hommes ne devraient-ils donc pas le louer pour les tribulations et les considérer comme un tremplin vers le royaume de Dieu(Actes 14.22; Rom. 5.3; cf. Jacques 1.2, 3) ?

2 Corinthiens 1:5

5. Les souffrances du Christ. L'expression peut signifier soit les souffrances endurées pour l'amour du Christ, soit les souffrances du Christ lui-même qui sont partagées par ses disciples. La construction grecque, "du Christ", permet le second sens, ce qui soulève la question suivante : dans quel sens les souffrances du Christ doivent-elles abonder en nous ? Dans quel sens les souffrances du Christ doivent-elles abonder en nous ? Le Christ a demandé à ses disciples : "Pouvez-vous boire la coupe que je boirai ?"(Matt. 20:22). Pierre parle de "participer aux souffrances du Christ"(1 Pierre 4:13). Le chrétien a le privilège de connaître "la communion de ses souffrances"(Phil. 3:10), "portant toujours dans son corps la mort du Seigneur Jésus"(2 Cor. 4:10). Selon la première interprétation, "les souffrances du Christ" sont celles endurées pour lui. De même que les souffrances du Christ ont été causées par l'opposition, le mépris, la persécution, l'épreuve et la misère, de même celles de ses disciples.

La valeur de la souffrance ne dépend cependant pas tant des circonstances qui la provoquent que de l'attitude de celui qui la subit(cf. 1 Cor. 13:3, RSV). La volonté de souffrir n'est pas en soi une preuve de christianisme. D'innombrables milliers de personnes qui ont subi des épreuves et des souffrances sans se plaindre n'étaient pas des enfants de Dieu. C'est la communion avec le Christ qui ennoblit et sanctifie la souffrance (voir 1 Pierre 2:20, 21).

Consolation. Gr. paraklÃâsis (voir v. 3).

Abondance. Voir sur Eph. 3:20. Dans toutes ses détresses terrestres, Paul était pleinement satisfait du "réconfort" apporté par le Ciel.

2 Corinthiens 1:6

6. Être affligé. Les afflictions de Paul, ainsi que le réconfort divin qui lui est venu dans son affliction, étaient toutes en faveur de ceux qu'il a gagnés à Christ. Plus encore, de telles afflictions offraient l'occasion d'une endurance patiente, que les nouveaux convertis pouvaient imiter. En outre, les afflictions de Paul le qualifiaient pour donner de la consolation et des conseils à d'autres qui pourraient passer par des expériences similaires.

Ce qui est efficace. Des preuves textuelles importantes peuvent être citées(cf. p. 10) pour lire cette longue clause centrale de la phrase à la fin du verset, l'appliquant ainsi au réconfort dont Paul a fait l'expérience ainsi qu'à ses afflictions. Les afflictions et les consolations vécues par les responsables d'Église se révèlent souvent d'une grande valeur pour les personnes qu'ils servent. L'exemple courageux et patient des premiers encourage les seconds (voir Phil. 1:13, 14). L'endurance patiente de l'affliction tend toujours à promouvoir le salut et la sanctification(Rom. 5:3-5; 8:28).

Réconforté. Gr. parakaleà  (voir sur Matt. 5:4; cf. 2 Cor. 1:3, 4).

2 Corinthiens 1:7

Notre espérance à votre égard. C’est-à-dire, pour vous ou vous concernant. La confiance de Paul à leur égard reposait sur sa propre expérience. Ayant reçu la consolation de Dieu dans les temps d’épreuve, il sait que d’autres peuvent en recevoir autant dans des circonstances semblables. Tel est le privilège de tous ceux qui partagent la communion des souffrances du Christ. Comme vous y participez. Aux versets 4–6, Paul a fait référence à sa propre expérience. La consolation dont il parle ne peut être connue qu’en faisant l’expérience de l’affliction. Il est évident que les Corinthiens avaient été soumis à des épreuves semblables, à certains égards, à celles que Paul avait endurées. De telles épreuves étaient courantes dans les premières Églises et servaient à unir tous les vrais croyants dans une communion de souffrance — et de consolation. Les chrétiens s’attendaient à subir la persécution à cause du Christ (cf. John 16:33). La fermeté chrétienne n’est pas un simple état émotionnel dans lequel on se met soi-même. Elle est le fruit de l’amour et de la grâce divins à l’œuvre dans la vie d’hommes et de femmes consacrés. C’est une espérance fondée sur les preuves passées de la puissance salvatrice de Dieu et de sa « consolation » dans les temps d’épreuve. L’expérience qui consiste à s’appuyer sur Dieu dans de tels moments fournit une base solide pour rester ferme en d’autres occasions (cf. 1 Peter 5:10).

2 Corinthiens 1:8

8. Nos difficultés. Après avoir énoncé des principes généraux sur la tribulation(vs. 3-7), Paul aborde maintenant l'épreuve spécifique qu'il a récemment traversée en Asie. Les spécialistes ont suggéré diverses expériences que Paul pouvait avoir à l'esprit :

a. Le tumulte soulevé par Démétrius à Éphèse(Actes 19:22-41). On a cependant objecté que Paul n'aurait guère pu désespérer de la vie au cours de ce tumulte, puisque ce sont ses amis qui l'ont persuadé de ne pas se montrer en public au théâtre, craignant qu'il ne soit mis en pièces. En outre, Paul avait souvent été en danger de mort, comme à Lystres, où il avait été lapidé et laissé pour mort(Actes 14:19, 20), de sorte que l'expérience d'Éphèse ne semble guère expliquer l'angoisse extrême exprimée ici. Certains ont considéré l'incident de Lystre comme celui auquel Paul se réfère ici.

b. Une maladie mortelle. Cette proposition ne semble guère justifiée par le contexte.

c. Le complot des Juifs visant à tuer Paul au moment où il quittait Corinthe, ce qui l'a obligé à changer ses plans(Actes 20:3; cf. 1 Cor. 16:9).

d. L'agonie de l'esprit et de l'âme de Paul face à l'état de l'Église de Corinthe, en particulier depuis sa deuxième visite, qui l'avait tant affligé (voir p. 822), et son inquiétude face à la réception de sa lettre précédente. Il est souligné que Paul réserve ses expressions les plus fortes à l'angoisse mentale plutôt qu'au danger physique et à la souffrance. On a également attiré l'attention sur le soulagement que Paul a ressenti à l'annonce d'un changement dans les affaires de Corinthe(2 Cor. 7:6, 7, 13). Bien que l'expression " désespérer même de la vie " puisse sembler forte pour désigner l'angoisse mentale, ceux qui en ont fait l'expérience témoigneront que les circonstances peuvent engendrer un tel stress de l'âme qu'il semble impossible de continuer à vivre si l'on ne trouve pas un remède. Tout compte fait, cette suggestion semble plus probable que les autres(cf. AA 323-325).

Pressé hors de toute mesure. Ce n'est pas la souffrance elle-même, mais son intensité, que Paul souligne. Son but est double : (1) exprimer son intérêt personnel et sa préoccupation pour les croyants de Corinthe, et (2) les encourager à être inébranlables.

Ils ont même désespéré de la vie. Voir plus haut "notre détresse".

2 Corinthiens 1:9

9. Phrase. Paul pensait que Dieu voulait qu'il donne bientôt sa vie. Ils avaient en eux la " réponse " de la mort, c'est-à-dire que la réponse intérieure qu'ils donnaient à la question de leur destin était qu'ils allaient mourir. Le temps du verbe grec implique que le souvenir vivace de l'expérience de la mort lui semblait encore réel au moment où il écrivait.

Ne pas se fier à soi-même. L'expérience que Paul venait de vivre lui avait inculqué cette leçon. La même vérité était évidente pour lui lorsqu'il priait pour que lui soit retirée son "écharde dans la chair"(ch. 12:7-10). Paul a appris à s'appuyer sur le "réconfort" qu'il avait trouvé en Dieu (voir ch. 1:4).

Tous les hommes ont une forte tendance à se fier à eux-mêmes, une tendance qu'il est très difficile de surmonter. Il a fallu à Paul "une sentence de mort" et "une écharde dans la chair" pour la surmonter. Les expériences d'Israël sur le chemin de l'Égypte à Canaan ont été conçues pour enseigner à Israël cette leçon fondamentale . Dieu permet souvent à son peuple de connaître des situations difficiles afin qu'il prenne conscience de son insuffisance et qu'il soit amené à faire confiance et à espérer en sa suffisance.

Les épreuves sont nécessaires à l'expérience chrétienne(Actes 14:22). Il est fondamental pour le salut de l'homme qu'il apprenne à s'appuyer entièrement sur le Christ. La confiance en Dieu est un facteur essentiel de la vie chrétienne au quotidien. C'est souvent dans la fournaise ardente que les hommes apprennent à marcher aux côtés du Fils de Dieu (voir Dan. 3:25). Seuls ceux qui ont "faim et soif" des choses de Dieu peuvent s'attendre à être "rassasiés" (cf Matt. 5:6). Un sentiment de besoin est toujours une condition préalable pour recevoir les dons du Ciel (voir Vol. V, p. 209 ; voir sur Marc 1:44; Luc 7:41).

Ressuscite les morts. Pour le commentaire de Paul sur la certitude de la résurrection, voir 1 Cor. 15:12-23, 51-55; 1 Thess. 4:16, 17.

2 Corinthiens 1:10

10. Une mort si grande. Le mot " délivrer ", utilisé ici trois fois, est la clé de ce verset. La délivrance avait acquis une signification réelle pour Paul (voir ch. 11:23-28), ce qui explique l'importance qu'il lui accorde.

Il délivrera encore. Peut-être le péril auquel Paul fait allusion au v. 8 n'était-il pas encore tout à fait écarté. Peut-être Paul se rendait-il compte que, dans le ministère de l'Évangile, un péril serait certainement suivi d'un autre. La délivrance passée a donné la "confiance" et l'assurance nécessaires pour s'attendre à la délivrance future. Le sentiment de sécurité du chrétien naît de la confiance dans les promesses de Dieu et des expériences personnelles au cours desquelles ces promesses se sont réalisées.

2 Corinthiens 1:11

11. Aider ensemble. Par la prière, les croyants de Corinthe pouvaient collaborer avec Paul dans son ministère. Il croyait fermement à la valeur de la prière d'intercession ? la sienne(Rom. 1:9; Eph. 1:16; Phil. 1:4; etc.) et celle des autres(Rom. 15:30; 1 Thess. 5:25; 2 Thess. 3:1). Paul a une grande estime pour les prières unies du peuple de Dieu.

Le don accordé. C'est-à-dire la bénédiction qui a été accordée en réponse aux prières unies. Paul fait sans doute allusion à sa délivrance d'un péril mortel(v. 8).

Beaucoup de personnes. Littéralement, " de nombreux visages ", expression idiomatique pittoresque signifiant " des personnes " ; peut-être Paul pense-t-il aux nombreuses personnes dont les visages ont été levés vers Dieu en sa faveur. L'esprit de prière et de reconnaissance se reflète dans le visage. En repensant aux afflictions et aux épreuves qu'il a traversées, il se rend compte qu'une main divine l'a délivré de la mort, mais il voit aussi une mer de visages retournés qui intercèdent pour lui au trône de la grâce.

Paul invite les membres de la maison de la foi à s'unir dans la prière pour ceux que Dieu a désignés pour répondre à leurs besoins spirituels. La position de ces responsables est souvent des plus périlleuses. Leurs responsabilités sont grandes et leurs problèmes nombreux. Leur préservation spirituelle et physique est un sujet de préoccupation majeur pour l'Église. Il est tout aussi important que les ministres ressentent l'amour de leur troupeau. C'est ce qui a conduit Paul à exprimer son désir de voir prier ceux parmi lesquels il travaillait. Une grande force résulte de la sympathie et du soutien par la prière. Paul n'avait pas été seul à prier pour l'aide divine ; maintenant, il ne pouvait pas se réjouir seul. Il désirait ardemment que d'autres partagent les bénédictions qui lui étaient parvenues.

2 Corinthiens 1:12

Notre conscience. Paul commence maintenant son exposé des relations récentes entre lui-même et l’Église de Corinthe. Il avait revendiqué le droit à leurs prières d’intercession (v. 11), et il déclare maintenant qu’il n’a pas perdu ce droit par sa conduite passée ou présente. Sa conscience l’innocente pleinement. Incidemment, Paul fait à plusieurs reprises référence au témoignage de sa conscience (voir Acts 23:1; 24:16; Rom. 9:1). Certains Corinthiens l’avaient accusé d’intentions douteuses et peu sincères concernant son changement de projets au sujet de sa visite annoncée à Corinthe (voir 2 Cor. 1:15). Mais sa conscience était exempte de reproche devant Dieu, devant les païens et, en particulier, devant les Corinthiens. Dans la simplicité. Les données textuelles favorisent (cf. p. 10) la lecture « dans la sainteté ». L’attitude de Paul était le résultat d’un abandon sans réserve à la volonté de Dieu. Sagesse charnelle. Voir Rom. 7:24; 2 Cor. 10:2 ; voir aussi 1 Cor. 9:27. Paul vit et travaille dans une atmosphère entièrement spirituelle, sans être influencé par les considérations qui motivent les hommes du monde. La « sagesse charnelle » est celle de l’homme non régénéré, qui n’est pas sous l’influence de l’Esprit de Dieu. La sagesse humaine peut sembler profonde, mais elle trompe souvent. Avoir … une conduite. Gr. anastrephō, littéralement, « se tourner de nouveau », c’est-à-dire se tourner çà et là, et ainsi « se conduire », « vivre ». Traduit de diverses manières, anastrephō apparaît dans ce sens dans Eph. 2:3; 1 Tim. 3:15; Heb. 13:18; 1 Peter 1:17; 2 Peter 2:18. La forme nominale, anastrophē, signifie « manière de vivre », « comportement », « conduite » (voir Gal. 1:13; Eph. 4:22; James 3:13; 2 Peter 3:11; etc.). En vieil anglais, le mot « conversation » signifiait « conduite », « manière de vivre ». Dans l’usage moderne, « conversation » en est venu à désigner un échange de paroles entre les personnes. Rien ne maintient un homme ferme au milieu de souffrances multiples comme une conscience tranquille. La souffrance est considérablement aggravée par une conscience qui ne cesse de dire à l’homme qu’il s’est attiré lui-même ses problèmes. Il ne récolte que ce qu’il a semé. Voir 1 Peter 2:12, 19, 20. C’est une « bonne conscience » qui a soutenu Paul tout au long de son procès, d’abord à Jérusalem (Acts 23:1) puis à Césarée (ch. 24:16). Le sommet de la stature morale n’est atteint que lorsque « l’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » (Rom. 8:16). La conviction certaine d’être pleinement accepté par Dieu et de jouir de sa faveur est la seule base permanente d’une joie durable. À votre égard. Paul avait donné aux Corinthiens toute possibilité d’observer la grâce de Dieu à l’œuvre dans sa propre vie.

2 Corinthiens 1:13

Nous écrivons. Paul vient de parler de sa sincérité et de la pureté de ses intentions. Cela, dit-il, se trouve dans ses lettres, la présente et les deux précédentes que nous connaissons (voir p. 822). Lire … reconnaître. Grec anaginōskō … epiginōskō, un jeu de mots. Anaginōskō désigne la lecture silencieuse ou orale des mots, et epiginōskō, la compréhension de ce qui est lu. Il n'y a aucun sens caché dans ses paroles, aucune ambiguïté qui permette à Paul de penser une chose tout en en écrivant une autre. Les Corinthiens l'avaient apparemment accusé de duplicité, de dire une chose tout en voulant en dire une autre. Paul déclare que tout ce qu'il leur a écrit n'a pas d'autre sens que celui que les mots semblent avoir. Le rapport apporté par Tite indiquait que beaucoup de croyants corinthiens avaient correctement compris Paul. Ils ne se méprenaient pas sur ses intentions. Il espérait qu'ils n'auraient jamais l'occasion de penser autrement.

2 Corinthiens 1:14

14. Reconnu. C'est-à-dire compris (voir v. 13). Si certains Corinthiens ont compris Paul, d'autres ne l'ont pas compris.

En partie. Cela peut s'appliquer soit à Paul, soit aux Corinthiens. Il signifie soit que tous ont une compréhension partielle de lui, soit que seule une partie d'entre eux le comprend.

Nous sommes votre joie. À Corinthe, certains ressentaient une fierté sacrée à l'égard de Paul et de ses collaborateurs. Il est de bon augure pour l'Église que le ministère et les laïcs se fassent mutuellement confiance et se réjouissent mutuellement.

Vous aussi. Au dernier jour, les convertis de Paul seront sa "couronne de joie" (voir 1 Thess. 2:19, 20; Phil. 2:16; cf. Héb. 12:2). La joie des ministres et des laïcs sera complète en ce jour où le Christ apparaîtra pour rassembler ses rachetés dans son royaume. Si tous gardaient ce jour à l'esprit, le ressentiment, l'hostilité et l'incompréhension ne se produiraient jamais. Combien d'amour chrétien et de bonne volonté seraient manifestés si tous attendaient avec impatience ce jour de joie mutuelle dans la présence de Dieu.

2 Corinthiens 1:15

Dans cette confiance. C'est-à-dire leur confiance en l'intégrité et la sincérité de Paul (voir les v. 12–14). Je me proposais. Au départ, Paul avait prévu d'aller directement d'Éphèse à Corinthe, par mer, puis en Macédoine, de revenir à Corinthe et de poursuivre jusqu'à Jérusalem. Ainsi, il se proposait de les honorer de deux visites (voir ci-dessous sous « seconde » et « avantage ») au cours du même voyage, tandis que les Macédoniens ne devaient en avoir qu'une. Cela signifiait qu'il ferait un détour pour passer ce temps supplémentaire auprès de l'Église de Corinthe. Il avait renoncé à cette double visite à Corinthe, pour la raison donnée au v. 23. Avant. Les preuves textuelles favorisent (voir p. 10) le rattachement de ce mot au verbe « se proposait » plutôt qu'à l'infinitif « venir ». Cependant, le sens semble l'exiger, et les commentateurs s'accordent généralement pour dire que sa position devrait être celle de la KJV. Ainsi comprise, cette expression signifie que Paul avait prévu de visiter Corinthe « avant » de poursuivre vers la Macédoine. Seconde. Il n'est pas tout à fait clair si Paul considère sa visite initiale à Corinthe comme le premier « avantage » et cette double visite projetée comme le second, ou s'il pense à l'itinéraire désormais annulé, avec ses première et seconde visites. Avantage. Grec charis, « grâce » ou « faveur ». On peut invoquer des preuves textuelles (voir p. 10) en faveur de la lecture chara, « joie » ou « plaisir ». Paul avait informé les Corinthiens de son changement de projets (1 Cor. 16:5, 6), et ses adversaires à Corinthe profitèrent de ce changement pour

l'accuser d'inconstance et de légèreté (2 Cor. 1:17). Ils s'emparèrent de ce prétexte futile à cause de leur propre malveillance envers lui et de leur désir de le discréditer.

2 Corinthiens 1:16

Accompagner … chemin. Grec propempō, « envoyer en avant », « accompagner », « escorter ». Propempō est traduit de diverses manières dans Actes 15:3; 20:38; 21:5; Rom. 15:24; 1 Cor. 16:6, 11. Paul s'attendait à ce que des représentants de l'Église de Corinthe l'accompagnent, au moins une partie du chemin, lorsqu'il quitterait Corinthe pour Jérusalem. Ce serait une manifestation supplémentaire de leur amour et de leur respect envers un apôtre du Christ, leur père spirituel. Au moins certains membres de la délégation de Corinthe iraient jusqu'à Jérusalem, pour transmettre la collecte reçue de ce lieu (voir Actes 24:17; 1 Cor. 16:1–4).

2 Corinthiens 1:17

17. Légèreté. Gr. elaphria, " légèreté [de l'esprit] ", " inconstance ", " changement " Lorsque Paul a fait la promesse(v. 15), il avait l'intention de l'accomplir consciencieusement. Son changement de plan n'était pas le résultat de son inconstance, mais pour leur bien (voir chap. 1:23; 2:1-4). Paul explique et défend maintenant son changement de plan contre les accusations de ses adversaires. Apparemment, il avait été rapporté à Corinthe qu'il n'avait plus l'intention de venir directement d'Éphèse. En outre, il ne leur avait pas expliqué personnellement ce qui se passait jusqu'à présent. Ses adversaires ont profité de cette situation pour l'accuser de ne pas tenir sa parole et de ne pas être fiable.

Selon la chair. Est-il possible que les décisions de Paul aient été prises en fonction d'intérêts égoïstes ? Établissait-il ses plans comme le font les hommes du monde ? A-t-il modifié ses plans avec désinvolture et caprice lorsqu'il s'est avéré que son intérêt personnel serait mieux servi ?

Oui, oui et non. Paul avait-il réellement l'intention de ne pas se rendre à Corinthe pendant tout le temps où il en avait parlé ? Voulait-il dire non lorsqu'il a dit oui ? Ou bien était-il si hésitant qu'il pouvait dire à la fois oui et non, presque dans le même souffle ? Était-ce vraiment vrai que personne ne pouvait compter sur lui ou savoir ce qu'il fallait attendre de lui ? Paul le nie. La double visite qu'il avait prévue a été empêchée, non par son inconstance, mais par leur manque de foi et par son désir d'éviter de les traiter durement. Voir à ce sujet Matt. 5:37; cf. Jacques 5:12.

2 Corinthiens 1:18

18. Comme Dieu est vrai. Paul appelle Dieu à témoigner de la vérité de sa déclaration. Le débat porte sur l'accomplissement des promesses. En tant que représentant de Dieu, comment Paul pourrait-il présenter l'immuabilité de Dieu et de ses promesses, et en même temps parler et agir autrement ? Comme Dieu est vrai, Paul l'a été dans ses rapports avec eux. Celui qui prêche l'accomplissement complet des promesses de Dieu ne pratiquera pas lui-même le double jeu.

Notre parole à votre égard. Probablement la promesse de Paul de leur rendre visite.

2 Corinthiens 1:19

19. Fils de Dieu. Voir à ce sujet Luc 1:35.

Prêché parmi vous. Voir Actes 18:1-18.

Silvain et Timothée. Voir Actes 18:5.

En lui était le oui. Le message de l'Évangile est positif et sans équivoque. Il ne comporte aucune incertitude.

2 Corinthiens 1:20

20. Toutes les promesses. Les promesses de Dieu sont fiables.

En lui, il y a un oui. C'est-à-dire par le Christ. Toutes les promesses de Dieu se sont incarnées en lui, elles ont trouvé leur accomplissement en lui. Il est donc la preuve de la fiabilité de toutes les promesses divines faites aux pères. Comparez Actes 3:20, 21; Rom. 15:8. La foi chrétienne est une certitude absolue.

Amen. C'est-à-dire vraie, fidèle, certaine (voir sur Matt. 5:18; Jean 1:51). Le mot reprend ici l'idée déjà exprimée dans " oui " (voir sur 2 Cor. 1:17, 18). Il ne s'agit pas d'un titre comme dans Apoc. 3:14. Comme le grec se lit littéralement " l'amen ", on a suggéré que Paul se réfère ici au mot " Amen " prononcé par les chrétiens pour affirmer les vérités éternelles de la foi chrétienne.

Gloire de Dieu. Dans toutes ses activités, Paul ne cherchait qu'à honorer Dieu et à faire progresser son royaume. Voir Rom. 3:24.

Par nous. Par le Christ, les promesses sont prouvées fiables, et par son peuple, elles sont prouvées efficaces. Dans la vie et le ministère de Paul en particulier, le nom de Dieu était glorifié, et Paul pouvait difficilement faire des promesses capricieuses alors qu'il était engagé dans la proclamation de promesses aussi sûres que celles de Dieu confirmées par le Christ.

Dans la mesure où les chrétiens suivent leur Maître, ils deviennent eux aussi constants et inébranlables ? dans l'obéissance à Dieu et dans le dévouement à sa cause sur terre. L'expérience chrétienne ne rend jamais les hommes inconstants. Paul a parfois modifié ses plans, mais lorsqu'il l'a fait, c'était avec une loyauté inébranlable envers les principes et le devoir tels qu'ils lui avaient été révélés.

2 Corinthiens 1:21

Celui qui affermit. C'est Dieu qui avait établi Paul et les Corinthiens comme chrétiens. Paul avait été le messager de Dieu pour les établir. Celui qui est versatile et changeant — comme ils avaient accusé Paul de l'être — pourrait-il en établir d'autres ? Mais aucun mérite ne revient à Paul, car c'est Dieu qui les a établis, lui et eux. A oint. Grec chriō, la forme verbale du mot traduit par Christ (voir la note sur Matt. 1:1). En un sens, tous les chrétiens sont oints, ou consacrés, à Dieu, par l'effusion du Saint-Esprit au moment de la conversion et du baptême. Paul fait peut-être référence à sa propre consécration particulière au ministère de l'Évangile, mais le contexte de 2 Cor. 1:21, 22 semblerait indiquer que l'onction générale de tous les vrais croyants est visée. L'onction du Saint-Esprit qualifiait et rendait capables ceux qui, comme Paul, avaient été oints pour accomplir efficacement leur œuvre.

2 Corinthiens 1:22

Scellé. Gr. sphragizō, « marquer d’un sceau », « sceller », « authentifier », « confirmer ». Un sceau sert à attester l’authenticité du document auquel il est apposé. Le « sceau » que Dieu appose sur les hommes et les femmes les reconnaît comme ses fils et ses filles, établis en Christ et consacrés à son service (v. 21). Voir l’explication de Eze. 9:4; John 6:27; Eph. 1:13; 4:30; Rev. 7:2, 3; 14:1. Gage. Gr. arrabōn, « gage », « acompte », apparenté à l’héb. ‘erabon, « garantie », comme dans Gen. 38:17–20. Ce mot était couramment employé par les marchands cananéens et phéniciens. Arrabōn apparaît fréquemment dans les papyrus pour désigner la somme versée comme gage pour une vache, une terre, une épouse, etc. Il est aussi employé pour parler d’une bague de fiançailles. Il constituait un acompte, une garantie que la somme entière serait versée comme promis. Il confirmait ainsi l’accord. Le gage devait être un paiement de même nature que celui stipulé pour le montant total, et était considéré comme une partie intégrante de celui-ci. Si la transaction n’était pas menée à terme par l’acheteur, la somme versée comme gage était acquise au vendeur. Paul emploie ici l’image du gage pour illustrer le don du Saint-Esprit aux croyants, comme un premier versement, l’assurance de leur plein héritage dans l’au-delà (voir Eph. 1:13, 14 ; cf. Rom. 8:16). Le privilège du chrétien est de recevoir, au moment de la conversion, la conviction ferme d’être accepté par Dieu comme son enfant adopté, et de la conserver toute sa vie (voir l’explication de 1 John 3:1), d’accepter le don de la vie éternelle (voir l’explication de John 3:16), et de faire l’expérience de la transformation du caractère rendue possible par la présence en lui du

Saint-Esprit (voir l’explication de Rom. 8:1–4; 12:2 ; cf. John 16:7–11). Mais la joie qui vient lorsque la volonté s’accorde avec celle de Dieu (voir l’explication de Ps. 40:8), lorsque le cœur aspire à la stature de la perfection en Jésus-Christ (voir l’explication de Matt. 5:48; Eph. 4:13, 15; 2 Peter 3:18), et lorsqu’il y a une marche quotidienne ininterrompue avec le Sauveur — cette joie est le « gage » d’une joie plus grande et éternelle sur la terre renouvelée. Paul a vécu une telle expérience, comme les croyants de Corinthe qui étaient véritablement convertis (2 Cor. 1:21). Ainsi, l’accusation selon laquelle il aurait été guidé par des motifs égoïstes dans la modification de ses projets (v. 23 ; cf. v. 15–17) était totalement infondée. Un « gage » est bien plus qu’une garantie. Ce qui est donné comme garantie diffère par sa nature de ce qu’il garantit. De plus, la garantie est rendue lorsque l’obligation qu’elle représente est remplie. En revanche, un « gage » fait partie de l’obligation elle-même. Le « gage de l’Esprit » peut être considéré comme équivalent aux « prémices de l’Esprit » (Rom. 8:23), qui constituent un échantillon de ce que sera la moisson à la fin du monde. Un gage est versé lorsqu’un certain délai doit s’écouler avant l’achèvement de la transaction. Les fils et les filles de Dieu deviennent héritiers de toutes les bénédictions du ciel dès qu’ils entrent dans une relation d’alliance avec lui (Rom. 8:17; Eph. 1:3–12; 1 John 3:1, 2); et le « gage de l’Esprit » leur est donné en témoignage de ce droit. D’une certaine manière, ils vivent déjà au ciel (Eph 2:5, 6; Phil. 3:20). Les véritables enfants de Dieu, qui possèdent ce « gage de l’Esprit », ne sont nullement dans l’incertitude quant au fait que Dieu les a acceptés en Christ et qu’il tient prête pour eux leur héritage éternel (voir l’explication de John 3:16; 1 John 3:2; 5:11). Mais le paiement intégral et complet — l’admission effective au ciel — est différé afin de laisser le temps au développement du caractère, pour que les enfants soient pleinement préparés pour le ciel. Le titre, ou le droit, du chrétien au royaume des cieux devient automatiquement le sien au moment où il fait l’expérience de la justification par la foi dans la justice imputée du Christ ; l’aptitude au royaume s’acquiert tout au long d’une vie en s’appropriant la justice communiquée du Christ et en l’appliquant aux problèmes quotidiens de la vie chrétienne (DA 300 ; MYP 35). Tandis que le Saint-Esprit communique la grâce et la puissance nécessaires pour vaincre le péché, le chrétien fait l’expérience d’un « gage » du triomphe et de la victoire complets qui seront les siens lors de son admission au ciel. La communion avec le Christ et les uns avec les autres ici-bas est également un avant-goût de la communion des êtres célestes. Seuls ceux qui ont reçu le « gage de l’Esprit » peuvent savoir ce qu’il est et quelle joie il apporte (1 Cor. 2:11, 15). La connaissance des choses spirituelles ne vient que par l’expérience. Pour ceux qui manquent d’une telle connaissance spirituelle, le ciel est plus ou moins irréel.

2 Corinthiens 1:23

23. Dieu pour les archives. Après avoir justifié sa récente action(vs. 16-22), Paul donne maintenant(ch. 1:23 à 2:4) la raison de son nouveau projet de visite à Corinthe, et fait reposer son espoir de vie éternelle sur la véracité de la déclaration qu'il s'apprête à faire concernant la raison de son récent changement de projet (voir ch. 1:17).

Pour vous épargner. Son changement de plan a été fait par égard pour leurs sentiments et pour leur bien. Ils avaient de bonnes raisons d'en être reconnaissants. Si Paul s'en était tenu à son plan initial, il serait venu à eux avec une verge(1 Cor. 4:21). Ce report a permis à Paul, lorsqu'il est venu plus tard à Corinthe, d'y passer trois mois dans la paix et l'harmonie, sans avoir à prendre les mesures disciplinaires sévères qui auraient été nécessaires dans d'autres circonstances.

2 Corinthiens 1:24

Autorité sur votre foi. L’expression « vous épargner » (v. 23) a peut-être été mal comprise par les Corinthiens comme une tentative de la part de Paul de dominer sur eux. Paul

désire ne leur laisser aucune excuse pour penser qu’il aspire à prendre la place de Dieu à leur égard. Aucun homme — pas même Paul l’apôtre — n’a le droit d’exercer une autorité sur la conscience des hommes. Agir ainsi serait usurper l’autorité divine. Quelle est impressionnante l’humilité de Paul, comparée à l’arrogance des dirigeants ultérieurs de l’Église qui, au nom des apôtres, usurpèrent la juridiction divine sur les consciences et les âmes des hommes (voir la note supplémentaire sur Dan. 7). Dans la gestion des affaires de l’Église aujourd’hui ou dans leurs conseils aux membres de l’Église, les dirigeants devraient toujours se garder de s’interposer entre la conscience et Dieu. Chaque homme est directement responsable devant Dieu de sa propre conscience, comme il l’est de ses actes. Auxiliaires de votre joie. Tout ce que Paul avait fait, il l’avait fait en ami, non en maître. C’est par la foi que vous tenez ferme. La majorité des Corinthiens étaient demeurés fermes dans la foi malgré les vents de doctrine et de mécontentement qui avaient soufflé sur l’Église comme une tempête et l’avaient secouée jusque dans ses fondements.

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés