Seventh-day Adventist Bible CommentaryÉzéchiel 1

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

Lire Ézéchiel 1 dans la Bible

Introduction

Le monde d’Ézéchiel, 593 av. J.-C.

Le Livre du prophète ÉZÉCHIEL INTRODUCTION 1. Titre. En hébreu, le livre porte le nom de son auteur, Yechezqe’l, qui signifie « celui que Dieu fortifiera ». Ce nom, comme celui de beaucoup d’autres saints d’autrefois, convenait singulièrement à la vie et à l’œuvre de celui qui le portait. Dans la KJV, comme en hébreu, le livre occupe la troisième place parmi les écrits des quatre grands prophètes. Il s’agit certainement de sa véritable position chronologique, car le livre se situe entre ceux des deux grands contemporains d’Ézéchiel. Parmi eux, Jérémie avait commencé ses prophéties bien auparavant, et Daniel les poursuivit bien plus tard.

2. Auteur. Jusqu’à ces dernières années, l’authenticité et la canonicité du livre d’Ézéchiel n’ont pas été sérieusement contestées. Toutefois, les spécialistes conservateurs, ainsi que nombre de ceux de l’école plus critique, maintiennent encore la position traditionnelle selon laquelle Ézéchiel lui-même est l’auteur du recueil de déclarations prophétiques qui portent maintenant son nom. Rien n’est connu de l’histoire personnelle du prophète, si ce n’est ce qui peut être tiré du livre lui-même et des circonstances de l’époque où vécut l’auteur. Il n’est mentionné dans aucun autre livre de l’AT, et ses écrits ne sont jamais cités directement dans le Nouveau (sauf peut-être 2 Cor. 6:17), bien qu’il y ait de nombreuses allusions à ses images, en particulier dans le livre de l’Apocalypse. En dehors de la Bible, il n’est mentionné que par Josèphe (Antiquités x. 5. 1 ; 6. 3 ; 7. 2 ; 8. 2), et par Jésus, fils de Sirac ( Ecclesiasticus 49:8), aucune des deux sources n’apportant de détail important. Ézéchiel se désigne comme « le prêtre, fils de Buzi » (ch. 1:3). On ne sait rien de Buzi. Le fait qu’Ézéchiel ait été compté parmi « tous les princes et tous les hommes vaillants » (2 Kings 24:14) qui furent emmenés lors de la captivité de Jojakin (597 av. J.-C. ; voir sur Eze. 1:2), ce qui indique qu’il était probablement membre de l’aristocratie de Jérusalem. On ne peut pas savoir avec certitude quel âge avait Ézéchiel lorsque le malheur de la captivité s’abattit sur lui. Certains suggèrent que la « trentième année » du ch. 1:1 pourrait désigner la trentième année de sa vie. Selon cette hypothèse, il aurait eu 25 ans au moment de son exil. D’après Josèphe, le prophète était alors un jeune homme (Antiquités x. 6. 3). Le fait qu’il devait être à cette époque au moins relativement jeune est attesté par le fait que l’une de ses prophéties est datée de 27 ans plus tard, en 570 ou 571 (voir sur le ch. 29:17), et qu’apparemment il exerça encore sa fonction pendant quelque temps. Voir le Tableau chronologique des prophéties d’Ézéchiel à la p. 572. Contrairement à Jérémie, qui resta célibataire (Jer. 16:2), Ézéchiel avait une femme qu’il chérissait comme le désir de ses yeux (Eze. 24:16). Elle mourut soudainement la 9e année de la Captivité (ch. 24:1 ; voir sur ch. 1:2), laissant le prophète affronter dans la solitude les grandes épreuves de sa fonction prophétique. 3. Cadre historique. Ézéchiel commença sa prophétie la 5e année de la captivité de Jojakin (ch. 1:2), en 593/592 av. J.-C. (voir vol. III, p. 92–94). Le royaume du nord d’Israël avait cessé d’exister plus de 100 ans auparavant, et la chute de Juda approchait rapidement. La servitude babylonienne avait déjà commencé lorsque, la 3e année de Jojakim (605 av. J.-C.), Nebucadnetsar, roi de Babylone, vint contre Jérusalem (Dan. 1:1). On ne sait pas combien de captifs furent emmenés à cette époque. Parmi eux se trouvaient certains « de la race royale et des princes » (Dan. 1:3 ; cf. 2 Kings 24:1). Après 11 années de règne, Jojakim connut une fin peu glorieuse et son fils Jojakin lui succéda (597 av. J.-C. ; voir sur 2 Kings 24:1). Après seulement trois mois de règne, il fut emmené captif à Babylone avec 10 000 de ses principaux sujets, parmi lesquels Ézéchiel (2 Kings 24:12–16; Eze. 1:1, 2; 33:21). Le successeur de Jojakin, Sédécias, ne valait pas mieux que ses prédécesseurs. La 11e année de son règne (586 av. J.-C.) survint la chute définitive de Juda (2 Kings 25:1–11). Le reste du peuple fut emmené, le Temple fut incendié et Jérusalem fut détruite. Seuls quelques-uns des « pauvres du pays » furent laissés pour être vignerons et cultivateurs (2 Kings 25:12). Telles étaient les temps troublés au milieu desquels Ézéchiel, encore jeune homme, fut appelé à la fonction prophétique. Les perspectives étaient loin d’être brillantes. Le coup du jugement qui s’était déjà abattu sur Jérusalem, au lieu d’assagir les habitants de Juda, semblait seulement les plonger plus profondément dans l’apostasie et le vice. Les exilés du fleuve Kebar

étaient disposés à être « exercés » par le « châtiment » (Heb. 12:11). Eux aussi demeurèrent rebelles et idolâtres (Eze. 2:3; 20:39), et manifestaient peu de disposition à une réforme en profondeur. 4. Thème. Les messages du livre d’Ézéchiel clarifient le dessein de Dieu pour son peuple dans l’amère expérience de la captivité babylonienne. Pendant des siècles, les prophètes avaient conseillé et averti Israël, mais la nation s’enfonçait toujours davantage dans l’apostasie. Finalement, il devint évident que le peuple élu n’atteindrait jamais les objectifs que Dieu avait fixés pour lui en tant que nation (voir p. 26–30), à moins d’employer des moyens draconiens pour lui enseigner l’obéissance à Dieu et la coopération avec lui. En conséquence, il leur permit d’apprendre dans l’adversité les leçons qu’ils avaient refusé d’apprendre aux temps de prospérité (voir p. 31). Chose étrange, ce furent les dirigeants d’Israël qui, par leurs préceptes et leur exemple, entraînèrent la nation dans l’apostasie (voir És. 3:12; 9:16; Éz. 34:2–19). Au début, semble-t-il, Dieu avait prévu que seuls les dirigeants seraient emmenés en captivité (voir Dan. 1:3, 4). La grande majorité du peuple devait rester en Judée, attendant le retour d’un groupe de dirigeants corrigés, qui les guideraient dans la voie choisie par Dieu. Si les Juifs avaient accepté de se soumettre à Nabuchodonosor, comme Dieu l’avait prévu (voir Jér. 27:1–22), la ville de Jérusalem et son magnifique Temple seraient restés intacts (voir Jér. 17:25, 27; 38:17), et le siècle de retard, de difficultés et de découragement auquel les exilés furent confrontés à leur retour de Babylone aurait été évité. Mais la résistance obstinée d’Israël (voir Jér. 28:1–14) rendit leur coupe de souffrance progressivement plus amère et entraîna une deuxième, puis une troisième déportation (respectivement en 597 et 586 av. J.-C.). Les « jougs de bois » furent remplacés par des « jougs de fer » (Jér. 28:13, 14). Mais même en captivité, la justice divine était tempérée par la miséricorde. Dieu vint à son peuple comme un enseignant, pour lui faire comprendre la folie de la désobéissance et le bien-fondé de coopérer avec lui, plutôt que comme un juge sévère venu le punir. Les expériences amères de la captivité n’étaient pas tant de nature punitive que corrective. Les prophètes Jérémie, Ézéchiel et Daniel furent chargés de révéler aux hommes le dessein du Ciel et de susciter leur coopération avec celui-ci. Jérémie fut envoyé aux Juifs restés en Judée, tandis qu’Ézéchiel accomplissait une mission semblable auprès de ceux qui étaient déjà partis en captivité. Daniel était l’ambassadeur du Ciel auprès de la cour de Nabuchodonosor, afin de lui faire connaître la volonté divine et d’obtenir sa coopération. Les feux de la souffrance ne devaient pas brûler plus fort qu’il n’était nécessaire pour éliminer les scories. Pour une étude détaillée du rôle de Daniel en rapport avec la captivité, voir l’Introduction à Daniel. Pour une étude du dessein divin général pour Israël pendant la captivité, voir p. 29–32 ; cf. sur Dan. 4:17. Le livre d’Ézéchiel se compose de deux parties distinctes. La première, chap. 1:1–33:20 à 33:20, rapporte les messages transmis par Ézéchiel aux captifs établis près du fleuve Kebar, près de Babylone, principalement avant la chute de Jérusalem en 586 av. J.-C. La seconde, chap. 33:21 à 48:35, anticipe la restauration après la captivité et était destinée à susciter l’espérance en celle-ci. Par l’intermédiaire d’Ézéchiel, Dieu avait l’intention de lancer un appel puissant à Israël en captivité, afin qu’il accepte enfin la destinée divine qui lui était réservée. Le moment était particulièrement propice à un tel appel, à la lumière des nouveaux développements historiques. Le plan du livre présente le style caractéristique de l’Évangile. Plusieurs messages sont consacrés à l’exposition des péchés du peuple. Le but est double : premièrement, conduire le peuple à une véritable expérience de repentance ; deuxièmement, révéler la nécessité de l’aide divine pour l’obéissance future promise dans la nouvelle alliance. D’un côté, par ignorance, et de l’autre, par l’enseignement perverti de prêtres corrompus, de faux prophètes et de dirigeants apostats,

les Israélites avaient une image profondément déformée du caractère de Dieu et du plan de Dieu pour son peuple. C’est cette impression erronée qu’Ézéchiel chercha à corriger. Il espérait qu’une nouvelle conception de Dieu serait la force motrice permettant d’accomplir la réforme nécessaire et d’inciter le peuple à accepter sa haute destinée. Il les exhorta instamment à accepter l’Exil et à abandonner leur faux espoir en la capacité de Jérusalem à résister à la prise de la ville. Il les supplia de permettre à la Captivité de produire en eux son effet salutaire. Il couronna son appel par des tableaux répétés et détaillés de la gloire future qui résulterait de l’acceptation de ces conditions. Combien l’histoire d’Israël aurait été différente si elle avait prêté attention aux appels passionnés du voyant ! 5. Plan. Les prophéties d’Ézéchiel sont présentées selon un plan mûrement réfléchi. Elles se divisent naturellement en deux grandes parties : les 33 premiers chapitres correspondent aux prophéties prononcées, du moins principalement, avant la destruction de Jérusalem, et les 15 derniers à celles qui furent prononcées après la destruction. La première partie peut à son tour être divisée en deux sections : les chapitres 1 à 24 sont consacrés à Israël dans ses rapports avec la Captivité, et les chapitres 25:1 à 32:32 aux jugements prononcés contre les nations environnantes. Un autre aspect intéressant des prophéties d’Ézéchiel est la précision de leur datation. Le tableau chronologique de la p. 572 indique les dates des différentes sections du livre, dans la mesure où elles peuvent être établies à partir des données chronologiques fournies par le prophète (comparer la chronologie de Jérémie, p. 348). Chaque grande partie se subdivise naturellement en plusieurs sections grâce à l’insertion de l’expression « et la parole de l’Éternel me fut adressée ». Cette phrase apparaît 29 fois dans l’ensemble du livre. Le plan suit les indications précédentes : I. Prophéties de jugement concernant Israël, 1:1 à 24:27. A. Première section, 1:1 à 7:27 (5e année, 4e mois, 5e jour). 1. L’appel d’Ézéchiel, 1:1–3:11 à 3:11. a. La vision de la gloire de Dieu, 1:1–28. b. La mission divine confiée au prophète, 2:1 à 3:11. 2. Le début de l’activité prophétique, 3:12 à 7:27. a. L’hésitation à Kebar, 3:12–16. b. L’hésitation réprimandée, 3:17–27. c. Le siège de Jérusalem représenté symboliquement, 4:1–17. d. Les quatre signes et leur interprétation, 5:1–17. e. Les montagnes d’Israël réprimandées, 6:1–14. f. La désolation d’Israël annoncée, 7:1–27. B. Deuxième section, 8:1 à 19:14 (6e année, 6e mois, 5e jour). 1. Une série de visions alors qu’il était en esprit à Jérusalem, 8:1 à 11:25. a. Les abominations dans le Temple, 8:1–18. b. L’œuvre du jugement, 9:1–11. c. La réapparition de la vision des êtres vivants, 10:1–22. d. Les dirigeants du peuple condamnés, 11:1–25. 2. Deux signes symboliques, 12:1–20. a. La tentative de fuite et la capture de Sédécias illustrées, 12:1–16. b. Les terreurs du siège illustrées, 12:17–20. 3. Discours révélant la cause et l’imminence des jugements annoncés, 12:21 à 14:23. a. La certitude de l’accomplissement rapide, 12:21–28.

b. Le discours contre les faux prophètes et les fausses prophétesses, 13:1–23. c. Le témoignage contre ceux qui, idolâtres, consultent les oracles, 14:1–23. 4. Diverses paraboles et similitudes, 15:1 à 19:14. a. L’arbre de vigne, 15:1–8. b. Le nourrisson misérable et l’adultère débauchée, 16:1–63. c. Les deux aigles et la vigne, 17:1–24. d. Les raisins aigres, 18:1–32. e. Les petits du lion, 19:1–9. f. La vigne flétrie, 19:10–14. C. Troisième section, 20:1 à 23:49 (7e année, 5e mois, 10e jour). 1. Le récit des rébellions d’Israël, 20:1–49. 2. Diverses représentations de jugements menaçants, 21:1–32. a. L’épée contre Jérusalem, 21:1–7. b. L’épée brillante et polie pour le massacre, 21:8–17. c. La divination du roi de Babylone, 21:18–27. d. L’épée contre Ammon, 21:28–32. 3. Un catalogue des péchés de Jérusalem et du malheur qui en résulte, 22:1–31. a. Les abominations des princes et du peuple, 22:1–16. b. Le terrible malheur de Jérusalem, 22:17–22. c. L’absence d’un seul intercesseur, 22:23–31. 4. L’histoire de l’apostasie racontée en parabole, 23:1–49. D. Quatrième section, 24:1–27 (9e année, 10e mois, 10e jour). 1. La vision de la marmite bouillante, 24:1–14. 2. La mort de la femme d’Ézéchiel, 24:15–27. II. Prophéties de jugement concernant les nations étrangères, 25:1 à 32:32. A. Première section, 25:1 à 28:26, la date n’est pas précisée, mais elle suit peut-être le message sous « D » ci-dessus. 1. Une série de prophéties concernant les voisins immédiats d’Israël, 25:1–17. a. Contre les Ammonites, 25:1–7. b. Contre les Moabites, 25:8–11. c. Contre les Édomites, 25:12–14. d. Contre les Philistins, 25:15–17. 2. Une série de prophéties concernant Tyr, 26:1 à 28:19. a. Sa chute prédite, 26:1–21. b. Une lamentation sur elle, 27:1–36. c. Son prince pleuré, 28:1–10. d. L’origine, l’histoire et la destinée de Satan décrites sous la figure du roi de Tyr, 28:11–19. 3. Une prophétie contre Sidon, 28:20–26. B. Deuxième section, 29:1 à 32:32 (dates diverses), prophéties sur l’Égypte. 1. Première division (10e année, 10e mois, 12e jour). a. Le jugement contre Pharaon, 29:1–7. b. La désolation du pays d’Égypte, 29:8–12. c. La promesse d’un retour de captivité, 29:13–16. 2. Deuxième division (27e année, 1er mois, 1er jour du mois [inséré ici pour compléter la prédiction concernant l’Égypte]).

a. L’Égypte sera donnée à Nebucadnetsar en salaire, 29:17–20. b. Le rétablissement d’Israël, 29:21. 3. Troisième division (sans date, probablement comme le groupe a ci-dessus) : l’Égypte et ses auxiliaires tomberont, 30:1–19. 4. Quatrième division (11e année, 1er mois, 7e jour) : Babylone renforcée contre l’Égypte, 30:20–26. 5. Cinquième division (11e année, 3e mois, 1er jour) : la gloire et la chute de l’Égypte parallèles à celles de l’Assyrie, 31:1–18. 6. Sixième division (12e année, 12e mois, 1er jour) : lamentations pour l’Égypte, 32:1–16. 7. Septième division (12e année, 15e jour) : l’Égypte prendra sa place parmi les autres nations tombées, 32:17–32. III. Prophéties de miséricorde concernant Israël, 33:1 à 48:35. A. Première section, 33:1 à 39:29 (12e année, 10e mois, 5e jour). 1. La mission d’Ézéchiel renouvelée, 33:1–20. 2. L’arrivée de la nouvelle de la chute de Jérusalem, 33:21–33. 3. Les bergers d’Israël réprimandés, 34:1–31. 4. Une prophétie contre Édom, 35:1–15. 5. Les montagnes d’Israël réconfortées, 36:1–38. a. Israël dévasté sera rebâti, 36:1–15. b. Un réveil spirituel, fondement du nouveau royaume, 36:16–38. 6. La vision des ossements desséchés, 37:1–28. 7. Prophéties contre Gog et Magog, 38:1 à 39:29. B. Deuxième section, 40:1 à 48:35 (25e année, au début de l’année, 10e jour), visions du rétablissement futur. 1. Du Temple, 40:1 à 43:27. 2. Le rituel du Temple, 44:1 à 47:12. 3. La répartition du pays, 47:13 à 48:35. Tableau chronologique des prophéties d’Ézéchiel Année de la captivité de Jéhoïakin Année av. J.-C. Jour Mois Captivité Julien S–S F–F Chapitres Mois (1) (597/96) (597/96) 5 4 5 Juillet 593 592 1-7 5 6 6 Septembre 592 591 8-19 10 5 7 Août 591 590 20-23 10 10 9 Janvier 588 588 24, 25? 12 10 10 Janvier 587 587 29:1-16; 30:1-19? 1 ---- 11 587/86 587/86 26-28 7 1 11 Avril 587 586 30:20-26 1 3 11 Juin 587 586 31 5 10 12 Janvier 585 585 33 (34-39?) 1 12 12 Mars 585 585 32:1-16 15 [12] 12 Mars [585] [585] 32:17-32 10 [1?] 25 Avril 573 Oct. 573? 40-48 { Avril 572?

1 1 27 Avril 571 570 29:17-21

Ézéchiel 1:1

1. Trentième année. Avec la précision caractéristique d'un historien fidèle, Ézéchiel commence sa dissertation prophétique par une datation minutieuse des événements concernés. Il s'agit de la trentième année. Cependant, il ne précise pas l'événement particulier qui marque le début de cette période. Beaucoup pensent qu'il fait référence à la 30e année de sa vie. L'âge de 30 ans était significatif du fait qu'à cet âge, les jeunes hébreux étaient considérés comme ayant atteint la maturité. C'est l'année où les Lévites ont commencé à exercer leurs fonctions au Temple(Nombres 4:3). C'est vers l'âge de 30 ans que notre Seigneur et Jean le Baptiste ont commencé leur ministère public (cf Matt. 3:1).

Puisque cette 30e année est assimilée à la 5e année de la captivité de Jehoïachin (cf Eze. 1:2), la 1ère année des 30 serait (selon deux des calculs possibles) une année significative, la 18ème de Josias ; car c'est alors que le livre de la loi fut découvert dans le Temple(2 Rois 22:3-8). Cet événement marqua le début d'une réforme qui, si elle avait été poursuivie avec succès, aurait beaucoup contribué à modifier l'histoire future de Juda. Il est possible qu'Ézéchiel ait eu cet important incident à l'esprit lorsqu'il a désigné la 30e année.

Quatrième mois. Numéroté à partir du mois de printemps Nisan, que l'année civile soit comptée au printemps ou à l'automne(Vol. II, p. 108-110, 116). Le 4e mois commencerait en juin ou juillet de notre ère, 593 ou 592 (voir sur le v. 2).

Parmi les captifs. C'est-à-dire qu'Ézéchiel se trouvait au milieu de la région où étaient installés les captifs. La vision lui est venue en privé, et devait plus tard être livrée publiquement(ch. 3:1, 4).

Le Chebar. La plupart des premiers commentateurs ont identifié ce fleuve avec le Habor, l'actuel Nahr el-Khã¡bà "r, dans le nord de la Mésopotamie. La difficulté de ce point de vue était que ce fleuve ne se trouvait pas "dans le pays des Chaldéens"(v. 3). Cependant, des fouilles récentes effectuées à Nippur, en Babylonie proprement dite, ont mis au jour des preuves de l'existence d'une colonie juive dans la région entre le VIIe et le Ve siècle avant J.-C. L'un des grands canaux babyloniens, connu sous le nom de Nécessus Kabari, traverse cette région et est probablement le fleuve auquel Ézéchiel fait référence ici.

Les visions de Dieu. Il ne s'agissait pas seulement de visions données par Dieu, mais de manifestations de la gloire divine à l'œil du prophète. De telles révélations sont appelées théophanies. Elles accompagnent fréquemment l'appel d'un prophète. Ainsi, Ésaïe a tremblé devant l'effroyable spectacle du trône haut et élevé(Ésaïe 6:1) ; Moïse a contemplé la gloire dans le buisson ardent(Ex. 3:2) ; Jean le révélateur a vu un être semblable au Fils de l'homme marcher au milieu des chandeliers d'or(Apocalypse 1:13). Quel était le but de ces visions de Dieu ? On peut les considérer comme de grandes introductions par lesquelles Dieu fait entrer le prophète dans un nouveau domaine de connaissance et de compréhension, une nouvelle ère d'expérience, une nouvelle phase de responsabilité. En leur qualité de prophètes, on attend de ces messagers qu'ils parlent avec conviction des questions divines. Pas de simples suppositions mentales. Ils devaient parler de choses réellement vues. C'était un avantage pour eux de pouvoir dire avec Ésaïe : "Mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur des armées"(Ésaïe 6:5)

Ézéchiel fut si impressionné par sa vision de la gloire divine qu'il nota l'heure précise. C'était le 5e jour du 4e mois de la 5e année de la captivité de Jehoïachin(v. 2). Les chrétiens font bien de noter et de se rappeler souvent les interventions spéciales de la Providence divine et les révélations inhabituelles de la présence divine dans leur expérience.



Ellen G. White


Glorieuses révélations durant les jours les plus sombres—Tous ceux qui servent Dieu avec pureté d’âme sauront qu’il tient jalousement à ce que son honneur soit préservé. Plusieurs des plus glorieuses révélations rapportées dans la Bible furent données par le Seigneur durant les jours les plus sombres de l’histoire de l’Église. Le Seigneur a donné ces révélations de sa gloire afin que les hommes soient profondément impressionnés par le caractère sacré de son service. Des impressions ont été produites qui devraient s’imposer solennellement à l’esprit, montrant que Dieu est Dieu et qu’il n’a pas perdu sa gloire. Il exige aujourd’hui la plus grande fidélité dans son service. L’impression doit rester dans les esprits humains que le Seigneur Dieu est saint et qu’il défendra sa gloire (Manuscript 81, 1906).
Ceux qui sont appelés à des postes de responsabilité dans l’œuvre de Dieu ont souvent le sentiment de porter de lourds fardeaux, alors qu’ils pourraient avoir la satisfaction de savoir que Jésus les porte tous. Nous nous permettons d’éprouver beaucoup trop de souci, de difficultés et de perplexité dans l’œuvre du Seigneur. Nous devons lui faire confiance, croire en lui et aller de l’avant. La vigilance infatigable des messagers célestes, leur activité incessante dans leur ministère en relation avec les êtres de la terre, nous montre comment la main de Dieu guide la roue au milieu d’une roue. L’Instructeur divin dit à chaque acteur de son œuvre, comme il l’a dit autrefois à Cyrus : « Je t’ai ceint, bien que tu ne me connaisses pas » (The Review and Herald, January 11, 1887).

Ézéchiel 1:2

2. Cinquième année. Cette date est facilement synchronisable avec l'histoire profane, car la capture de Jojakin est l'événement le plus précisément daté de la Bible. Déjà placée en 597 av. J.-C. par son synchronisme avec une année de Nabuchodonosor (voir sur 2 Rois 24:12), dont le règne est astronomiquement fixé (voir Vol . II, p. 152), on sait maintenant qu'il s'est produit le 2 Adar (voir Vol. IV, pp. 505, 756), soit approximativement le 16 mars. Puis vint le départ de Jojakin pour Babylone et le début de la période connue sous le nom de captivité de Jojakin(2 Rois 24, 6-15). Il est évident qu'Ezéchiel faisait partie de cette malheureuse compagnie qui fut emmenée à Babylone à cette époque, car son système de datation, qui est basé sur les années de la captivité de Jojakin (comme indiqué dans le présent verset), est par deux fois assimilé aux années " de notre captivité "(chap. 33:21; 40:1). La 5e année de l'exil de Jojakin nous amènerait à 593/592 av. J.-C. pour l'année du début des visions d'Ezéchiel. La question de savoir si le jour de cette vision se situe dans l'été 593 ou dans l'été 592 dépend du fait qu'Ezéchiel a compté l'année de captivité de Jojakin à partir du printemps (selon le calendrier babylonien) ou à partir de l'automne (selon le calendrier civil juif). Voir p. 572 pour les dates alternatives des visions.

Ézéchiel 1:3

3. Venu expressément. Littéralement, "être, était". Le verbe "être" est dédoublé, devenant ainsi emphatique : le mot "vint vraiment" à lui. Ézéchiel a reconnu le caractère unique de sa nouvelle expérience. Il savait que ce qui lui était arrivé n'était pas une soudaine fuite de l'imagination, ou un éclat d'illumination spirituelle. Le Seigneur lui parlait directement d'une manière qui était désormais possible grâce à son nouvel investissement dans le don prophétique.

Le prêtre. Voir p. 567.

La main du Seigneur. Une figure de la puissance divine qui reposait sur lui. La même expression est utilisée à propos d'autres prophètes, par exemple Élie(1 Rois 18:46), Élisée(2 Rois 3:15). Comparez l'expérience de Daniel(Dan. 8:18; 10:10), d'Ésaïe(Ésaïe 8:11) et de Jean(Apocalypse 1:17). Ézéchiel savait que cette puissance étrange et nouvelle qui le poussait n'était autre que la puissance de Dieu.

Ézéchiel 1:4

4. Je regardais. C'est ici que commence la description de ce qui s'est passé sous le regard étonné du prophète. La vision concernant les quatre êtres vivants, les quatre roues, le firmament et le trône a été considérée comme la plus obscure de toutes les visions de l'AT. Il est vrai que certaines caractéristiques semblent étonnamment inhabituelles, mais cela ne devrait pas nous dissuader de chercher à comprendre ce que Dieu a jugé bon de présenter d'abord, puis d'enregistrer et de préserver dans sa Parole sacrée. Il est possible de comprendre une grande partie, voire la quasi-totalité, de ce que Dieu a voulu enseigner par cette vision.

Du nord. Le nord était la direction à partir de laquelle les conquérants assyriens et chaldéens avaient l'habitude de s'abattre sur Jérusalem (voir sur Jérémie 1:14). On a suggéré que c'était peut-être la raison pour laquelle le tourbillon, qui apportait avec lui la nuée cachant la présence divine et l'arc de la promesse, était présenté comme venant de cette direction. Au-dessus des monarques cruels d'Assyrie et de Babylone trônait le Dieu de miséricorde et de vérité(5T 752). Ezéchiel était rempli de sombres pressentiments concernant la désolation de son pays et avait besoin d'être rassuré.

Un grand nuage. Sans doute un symbole de la présence divine (voir Ex. 19:9-16; Ps. 50:3).

Se déployant. La forme du verbe hébreu utilisé ici suggère que le feu se rassemble en de nouveaux éclats de flamme.

Ambre. Heb. chashmal, un mot qui n'apparaît qu'ici, au v. 27 et au ch. 8:2. La dérivation est incertaine et toute traduction n'est que conjecturale. Les LXX lisent elektron, "electrum", un alliage d'argent et d'or. Ce métal poli, brillant à la lumière des flammes tournantes, ajoute à l'éclat et à la splendeur éblouissante de la scène.

Ézéchiel 1:5

5. La ressemblance. Le prophète se voit présenter des êtres qu'il n'a jamais vus auparavant et que ses auditeurs et lecteurs ne connaissaient pas. Il doit les décrire dans des termes compris par les hommes. Son sentiment d'inadéquation est indiqué par l'utilisation fréquente du terme " ressemblance ", qui apparaît dix fois au chapitre 1.

D'un homme. Malgré l'étrange variété des détails qui restent à décrire, l'impression principale est que les créatures vivantes avaient une forme humaine. Ils se tenaient debout et se déplaçaient comme des hommes.

Ézéchiel 1:6

6. Quatre visages. Les quatre êtres vivants avaient une apparence identique. Chacun d'eux avait quatre visages distincts, ceux d'un homme, d'un lion, d'un bœuf et d'un aigle(v. 10). En revanche, les quatre créatures vivantes que Jean a vues n'étaient pas identiques. Elles n'avaient chacune qu'une seule face, et les quatre faces étaient différentes(Apoc. 4:7), les formes correspondant cependant aux faces des créatures vivantes vues par Ezéchiel.

Quatre ailes. Les créatures vivantes d'Apocalypse 4 avaient six ailes. Les séraphins d'Esaïe 6:2 avaient six ailes.

Ézéchiel 1:7

7. Leurs pieds. Le mot traduit par " pieds " désigne parfois les " jambes " (voir 1 Sam. 17:6). La structure était telle que les créatures pouvaient se déplacer dans toutes les directions, sans avoir besoin de se tourner, comme l'indique la vision (voir Ézé. 1:17).

Ézéchiel 1:8

8. Les mains d'un homme. Voir sur le ch. 10:8. Si, comme cela semble évident, les deux textes représentent la même figure, les mains n'appartiennent pas aux créatures vivantes en tant que partie de leur corps. Elles représentent plutôt la main de Dieu placée sous les ailes pour les guider.



Ellen G. White


8 (chap. 10:8, 21). Le pouvoir divin donne le succès—Dans la vision d’Ézéchiel, Dieu avait sa main sous les ailes des chérubins. Cela enseigne à ses serviteurs que c’est le pouvoir divin qui leur donne le succès. Il travaillera avec eux s’ils éloignent l’iniquité et deviennent purs de cœur et de vie. Les messagers célestes vus par Ézéchiel, semblables à une lumière brillante se déplaçant parmi les êtres vivants avec la rapidité de l’éclair, représentent la vitesse à laquelle cette œuvre avancera finalement jusqu’à son achèvement. Celui qui ne sommeille pas, qui travaille constamment à l’accomplissement de ses desseins, peut faire avancer harmonieusement sa grande œuvre. Ce qui paraît embrouillé et compliqué aux esprits limités, la main du Seigneur peut le maintenir dans un ordre parfait. Il peut concevoir des moyens et des procédés pour déjouer les desseins des conseillers impies et de ceux qui trament le mal.

Ézéchiel 1:9

9. Rejoint. Comparer avec le v. 11.

Ne se sont pas tournés. Il n'était pas nécessaire de se tourner, car comme les visages regardaient dans toutes les directions, toute direction était un mouvement vers l'avant. Les pieds étant "droits" (voir v. 7), il était tout aussi facile d'aller dans n'importe quelle direction. Nous pouvons imaginer une formation comme un carré qui ne tournait jamais sur son axe, mais qui se déplaçait simplement dans la direction dans laquelle il était poussé.

Ézéchiel 1:10

Leurs faces. Il n’y avait qu’un seul corps pour chacune de ces créatures, mais chaque corps avait quatre faces. Les faces se trouvaient sur les quatre côtés, de sorte que chacune des quatre créatures regardait simultanément dans les quatre directions. Puisque le prophète n’interprète pas les symboles de sa vision et que les Écritures n’indiquent pas ailleurs directement la signification de ces faces, nous ne pouvons que conjecturer quant à l’application précise des symboles. Les commentateurs ont proposé diverses idées, telles que : (1) Le visage humain est le symbole le plus élevé de l’Éternel ; le lion, un symbole de souveraineté ; le bœuf, également un symbole de souveraineté royale, associé à un symbole naturel de force assujettie aux usages humains ; et l’aigle, un emblème du pouvoir royal. (2) Les faces sont les symboles des quatre évangélistes. Cette conception a été avancée par les Pères de l’Église, Irénée étant l’un des premiers à exposer cette théorie. Le lion est parfois identifié à Matthieu, et l’homme à Marc, et inversement. Le bœuf et l’aigle sont invariablement attribués à Luc et Jean respectivement. Mais cette interprétation ne repose que sur l’imagination. (3) Selon la tradition juive ultérieure, les quatre formes, en prenant

l’ordre d’Ézéchiel, sont les étendards généralement portés par les tribus de Ruben, de Juda, d’Éphraïm et de Dan lorsqu’elles campaient dans le désert (Num. 2:2). De tels étendards anciens ne peuvent être attestés. Même si cela était possible, il est difficile de voir un quelconque lien entre les étendards et les objectifs pédagogiques de la vision. Lorsqu’on tente d’interpréter ces quatre êtres vivants, il est bon de garder à l’esprit que, dans la prophétie symbolique, le prophète voit des représentations de la réalité, et non la réalité elle-même. Ces représentations peuvent ressembler à la réalité ; souvent, ce n’est pas le cas. Fréquemment, les acteurs d’un drame prophétique ont une apparence très différente des êtres ou des mouvements qu’ils représentent. Ainsi, des anges peuvent jouer les rôles qui seront plus tard joués par des hommes. Un ange a joué le rôle du peuple de l’avènement dans une vision de la déception (Rev. 10:1–11; cf. Rev. 14:6–12). Des bêtes caricaturales et des dragons servent à dramatiser les rôles des nations et des puissances surnaturelles (voir Dan. 7; 8; Rev. 12; 13; 17). Dans un cas, Jésus est présenté symboliquement comme un agneau portant une blessure sanglante faite par un couteau, avec sept cornes et sept yeux (Rev. 5:6). Personne ne conclurait un instant qu’il s’agissait d’une tentative de représenter l’apparence de Jésus. Dans une vision de la seconde venue, Jésus est montré chevauchant un cheval blanc, vêtu d’un vêtement trempé de sang et ayant une épée dans la bouche. Là encore, la vision n’a pas pour but de représenter l’apparence réelle de Jésus au moment du grand événement culminant de l’histoire (Rev. 19:11–15). Il faut veiller à ne pas prendre littéralement un prophète biblique lorsque le sens littéral n’est pas voulu. Un jour, ridiculisée par ses détracteurs, Ellen G. White écrivit : « Mes adversaires tournent en dérision “cette faible et puérile expression de magnifiques raisins poussant sur des fils d’argent, ces fils étant attachés à des barres d’or.”… Je ne dis pas que des raisins poussaient sur des fils d’argent. Ce que j’ai vu est décrit tel que cela m’est apparu. Il ne faut pas supposer que les raisins étaient attachés à des fils d’argent ou à des barres d’or, mais que telle était l’apparence présentée » (EGW MS 4, 1883). Dans l’interprétation de la prophétie symbolique, il est important de permettre au même Esprit qui a inspiré la vision d’en identifier les symboles. Lorsque cette identification fait défaut, l’exégète est réduit à conjecturer quant à l’application ; il faut donc éviter tout dogmatisme. De plus, comme dans les paraboles, les différents éléments des représentations symboliques ont des degrés variables de signification et d’importance. Il ne faut pas faire tenir une parabole sur ses quatre pieds. Cela est également vrai de la prophétie symbolique. Il ne faut pas accorder la même importance à chaque détail d’une image prophétique. Certains éléments peuvent être introduits simplement pour compléter la présentation ou fournir un arrière-plan cohérent. Comme dans le cas des paraboles, nous devons comprendre quel est l’objectif général de la vision et quels éléments de la représentation picturale sont destinés à transmettre une vérité divine (voir vol. III, p. 1111 ; voir aussi COL 244). L’Inspiration ne nous a pas laissés dans l’obscurité quant à l’objectif pédagogique de la vision d’Ézéchiel concernant les êtres vivants (voir PK 535, 536 ; 5T 751–754 ; Ed 177, 178). Les déclarations auxquelles il est fait référence ici exposent d’abord le contexte de la vision. La présentation prophétique visait à donner du courage aux Juifs à un moment où une grande partie de leur pays était en ruines après des invasions successives et où nombre de ses habitants étaient captifs dans une terre étrangère. Il semblait à ces opprimés que Dieu n’exerçait plus le contrôle. Beaucoup interprétaient le pillage à volonté des nations païennes comme si Dieu ne se souciait plus d’eux. Le peuple ne discernait pas la main de Dieu dans le cours de l’histoire. Il ignorait qu’un dessein divin et souverain était à l’œuvre dans les événements récents, comme il l’avait d’ailleurs été à toutes les époques. La vision fut donnée pour montrer qu’une Puissance souveraine intervenait dans les affaires des dirigeants terrestres et que Dieu contrôlait toujours. Voilà l’objectif général

de la vision. Ainsi, toute interprétation proposée doit être cohérente avec cet objectif. Les êtres vivants représentent des êtres célestes (voir 5T 751). Comme nous l’avons déjà indiqué, il n’est pas nécessaire d’imaginer que le service de Dieu est assuré par des êtres à quatre têtes et à quatre ailes. L’Inspiration n’exige nulle part une telle conclusion. Les formes choisies pour cette présentation prophétique étaient sans doute destinées à symboliser les messagers célestes dans la plénitude de leurs fonctions, de leurs capacités et de leurs facultés d’adaptation.

Ézéchiel 1:12

12. Où va l'esprit ? Il n'y a pas d'action indépendante de la part de ces créatures. Leurs mouvements sont en harmonie avec les directions de l'Esprit. Cela est encore souligné au v. 20.

Ézéchiel 1:13

13. Apparition des lampes. Une nouvelle référence au feu mentionné au v. 4. Ezéchiel est maintenant en mesure d'observer de plus près. Il tente de décrire en langage humain le spectacle intéressant des lampes vibrantes et des éclairs émanant qui étaient continuellement actifs parmi les créatures.

Ézéchiel 1:14

14. La vitesse de ces créatures est ainsi représentée lorsqu'elles se hâtent d'aller et de revenir de leurs différentes missions. La vitesse de ces créatures, qui se hâtent d'aller et de revenir de leurs diverses missions, est ainsi représentée : "La lumière éclatante qui passe parmi les créatures vivantes avec la rapidité de l'éclair représente la vitesse avec laquelle cette œuvre ira finalement à son terme"(5T 754). Les hommes ont souvent l'impression que les desseins divins sont longtemps retardés. Il est vrai qu'il y a eu des retards, mais "le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, comme quelques-uns le croient, et il use de patience envers nous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance"(2 Pierre 3:9). Un jour, et bientôt, avec une rapidité inquiétante, éclatant comme une surprise écrasante, la fin viendra, plus rapidement que les hommes ne l'attendent.

Ézéchiel 1:15

15. Une roue sur la terre. Alors qu'il contemplait encore ces quatre créatures vivantes, le prophète a vu une autre merveille se dérouler devant lui. Il y avait en tout quatre roues (voir vs. 16, 19). Ces roues touchaient la terre, alors que les chérubins étaient apparus dans une nuée(vs. 4, 5).



Ellen G. White


15-28. Liberté individuelle, mais harmonie complète—Dieu connaît chaque homme. Si nos yeux pouvaient s’ouvrir, nous verrions que la justice éternelle est à l’œuvre dans notre monde. Une puissante influence, qui n’est pas sous le contrôle de l’homme, est à l’œuvre. L’homme peut s’imaginer qu’il dirige les affaires, mais des influences supérieures à l’homme sont à l’œuvre. Les serviteurs de Dieu savent qu’il agit pour contrecarrer les plans de Satan. Ceux qui ne connaissent pas Dieu ne peuvent comprendre ses mouvements. Une roue est à l’œuvre au milieu d’une roue. Apparemment, la complexité de la machinerie est si grande que l’homme ne peut voir qu’un enchevêtrement complet. Mais la main divine, telle que le prophète Ézéchiel l’a vue, est posée sur les roues, et chaque partie se meut dans une harmonie parfaite, chacune accomplissant le travail qui lui est assigné, tout en jouissant d’une liberté d’action individuelle (Manuscript 13, 1898).

Ézéchiel 1:16

16. Couleur d'un béryl. Une certaine forme de pierre précieuse est désignée, mais l'identification est incertaine. Certains commentateurs suggèrent la topaze. Le nom de Tarsis indique probablement la source de la pierre. Sur l'emplacement de Tarsis, voir Gen. 10:4.

Au milieu. La construction unique et la disposition des roues présentaient une image apparemment confuse, mais les mouvements étaient en parfaite harmonie.

Ézéchiel 1:17

17. Leurs quatre côtés. Comme dans le cas des créatures vivantes, il n'y avait pas de rotation sur l'axe, mais le mouvement était possible et s'effectuait dans toutes les directions. En outre, la position relative des créatures vivantes et des roues en mouvement n'a pas changé.

Ézéchiel 1:18

18. Anneaux. C'est-à-dire les jantes des roues.

Plein d'yeux. Cela signifie que la vision ne portait pas sur de simples forces physiques, mais sur des forces incarnant l'intelligence.

Ézéchiel 1:19

19. Passa près d'eux. Il y a dans les vs. 19-21 une certaine répétition, mais aussi une variété d'expression. La description met l'accent sur la parfaite coordination des mouvements des êtres vivants et des roues. Il n'y a pas d'opération indépendante, ni de la part des roues, ni de la part des êtres vivants.

Selon PK 535, 536 et 5T 751-754, les roues, si compliquées dans leur agencement, représentent les affaires humaines et les événements de l'histoire dans tous leurs jeux et contre jeux. Ce qui, pour l'observateur non averti, semble être une confusion sans espoir, le fruit du hasard, le résultat de l'ambition et du caprice humains, est ici présenté comme un modèle harmonieux élaboré et guidé par une main infinie vers des fins prédéterminées. Pour un commentaire sur la main de Dieu dans l'histoire, voir Dan. 4:17.

Ézéchiel 1:22

22. Le firmament. Héb. raqia', littéralement, "une étendue" (voir sur Gen. 1:6; Ps. 19:1). Il s'agit de l'étendue au-dessus des créatures vivantes.

Cristal. Dans toutes les autres occurrences, le mot est traduit soit par " glace ", soit par " givre "(Gen. 31:40; Job 6:16; 37:10; 38:29; Jer. 36:30). L'image est celle d'un spectacle magnifique, qui ressemble peut-être un peu au soleil matinal tombant sur les neiges éternelles d'un haut sommet.

Ézéchiel 1:23

23. Leurs ailes sont droites. Le prophète essaie de représenter chaque partie de la vision dans sa relation avec les autres parties. Deux des ailes de chaque créature étaient droites, c'est-à-dire tendues vers le firmament, pas nécessairement pour le soutenir comme certains l'ont supposé. Les deux autres ailes étaient repliées avec respect sur les corps des créatures vivantes.

Ézéchiel 1:24

24. Bruit. Héb. qol, un mot courant dans l'AT; également souvent traduit par "son" ou "voix". Le contexte doit déterminer le sens qui convient le mieux à chaque cas particulier. Qol apparaît cinq fois dans ce seul texte, et est traduit trois fois par " bruit " et deux fois par " voix ". " Son " au lieu de " bruit " serait la traduction préférable dans la première occurrence du mot. Une telle traduction de qol dans Gen. 3:8 donnerait également à ce passage une traduction plus significative. Au lieu de lire " ils entendirent la voix du Seigneur Dieu qui marchait ", nous pourrions lire " ils entendirent le bruit du Seigneur Dieu qui marchait ".

Le bruit des ailes en mouvement qu'Ezéchiel entend le frappe comme différent des sons ordinaires qu'il a l'habitude d'entendre. Il cherche une expression pour décrire la mélodie qui fait vibrer son âme. Il trouve un parallèle partiel dans le bruit des grandes eaux, peut-être un ruisseau impétueux ou une cataracte déferlante. Mais l'analogie est inadéquate. Le son est complexe. En plus de la voix de Dieu, Ezéchiel perçoit la voix d'une grande armée, comme si un grand nombre d'êtres étaient impliqués dans les mouvements des créatures vivantes et les mouvements des roues.

Ézéchiel 1:25

25. Du firmament. Cela signifie que la voix vient du trône qui, selon le v. 26, était au-dessus de l'étendue. Cette voix est à distinguer du son entendu et décrit précédemment.

Qu'ils abaissent leurs ailes. Comparer avec le v. 24. La répétition de l'idée semble suggérer un nouvel acte de révérence envers la Majesté d'en haut. Lorsque la voix se fit entendre, les chérubins s'arrêtèrent, les bruits puissants de leur marche furent étouffés, et leurs ailes tombèrent immobiles dans l'attitude d'une attention révérencieuse.

Ézéchiel 1:26

26. La ressemblance d'un trône. Voici le point culminant de la vision. La plus grande gloire a été gardée jusqu'à la fin. Au-dessus du firmament cristallin apparaît ce qui sembla d'abord au prophète une concentration du bleu le plus riche et le plus profond. La KJV a inversé l'ordre des mots de ce texte. La version hébraïque dit : "comme une pierre de saphir, comme un trône" La ressemblance avec la pierre s'est sans doute imposée en premier. Puis, au fur et à mesure que les détails se précisent, le prophète remarque la forme d'un trône.

L'apparence d'un homme. En vision, le prophète n'a vu qu'une représentation de l'original (voir v. 10). Ezéchiel n'a pas vu l'Être divin lui-même, mais plutôt une représentation de la Déité. En décrivant l'Être comme un homme, le prophète a fait preuve d'une extrême prudence, en utilisant la combinaison de termes "une ressemblance avec l'apparence d'un homme" "Aucun homme n'a jamais vu Dieu"(Jean 1:18), et les êtres humains sont donc incapables de donner une description précise de son essence réelle. Dieu se révèle aux hommes en vision ou en réalité sous diverses formes : à Abraham, le Christ est venu comme un voyageur(Gen. 18:1) ; à Jacob, comme un assaillant(Gen. 32:24) ; à Josué, comme un guerrier(Josué 5:13). A Jean, le révélateur, il s'est révélé en vision sous diverses formes, dont celle d'un agneau(Apoc. 6:1; cf. Apoc. 1:1-16; 14:1). Ses "visions de Dieu" (voir sur Ezé. 1:1) ont donné à Ezéchiel l'assurance nécessaire de l'authenticité de son appel et ont ajouté l'autorité requise à son message.

Le Dieu qui règne dans les cieux n'est pas un Seigneur absent. Ezéchiel voit le firmament et le trône directement au-dessus de la tête des créatures vivantes. Ceux-ci se trouvaient à côté de chacune des roues qui, au repos, touchaient le sol. Quel réconfort de savoir que celui qui est assis au-dessus des chérubins contrôle la situation, qu'il garde toujours son peuple et que toute puissance terrestre qui cherche à s'élever contre le Dieu du ciel sera soumise, et que Dieu sera tout en tous !

Ézéchiel 1:27

27. Ambre. Heb. chashmal. Par diverses répétitions, le prophète tente de décrire l'éclat et la gloire extraordinaires de la scène. Mais cette représentation n'est qu'une pâle réplique de l'original, car le Père éternel habite " dans la lumière dont nul ne peut s'approcher, et que nul n'a vue, ni ne peut voir "(1 Tim. 6:16).

Ézéchiel 1:28

L’arc. Ézéchiel se souvint probablement de la gracieuse promesse en Gen. 9:13. Aussi décourageante et annonciatrice de désastres que fût la situation nationale qui se présentait au prophète, il savait que les pensées de Dieu envers son peuple étaient des pensées de paix et non de malheur. Ainsi s’acheva la majestueuse présentation de la gloire de Dieu. Submergé par l’éclat céleste de la scène, Ézéchiel tomba sur sa face, mais une voix lui ordonna de se lever et d’écouter la parole du Seigneur. L’arc-en-ciel qui entoure le trône de Dieu est notre assurance de son amour éternel. « Le trône voûté par l’arc-en-ciel de la promesse, [c’est] la justice du Christ. … L’arc-en-ciel qui entoure le trône représente la puissance combinée de la miséricorde et de la justice » (EGW RH 13 déc. 1892). C’est « un signe de la miséricorde de Dieu envers le pécheur repentant » (PP 107).

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés