Seventh-day Adventist Bible CommentaryActes 9

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

Lire Actes 9 dans la Bible

Actes 9:1

1. Saul. Voir la note complémentaire 2 sur le ch. 7.

Encore. Gr. eti, " encore ", qui relie le récit du ch. 9 à celui du ch. 8:3. Alors que l'Église se développe en dehors de Jérusalem(ch. 8, 4-40), Saul continue de la persécuter à l'intérieur et autour de la capitale.

L'expiration. L 'arrestation et le massacre des chrétiens étaient, au sens figuré, l'air que Saul respirait. Les peuples sémites associaient souvent l'émotion de la colère à la respiration.

Menaces et massacres. Le zèle du persécuteur s'est intensifié, il est prêt à aller jusqu'à des limites extrêmes pour éradiquer l'enseignement détesté. Il le reconnaît lui-même dans les chapitres 22:4 et 26:9-11. Il n'essaie pas de minimiser le rôle terrible qu'il a joué en ravageant l'Église. Les premiers Pères de l'Eglise ont vu un parallélisme à moitié prophétique entre le langage de Jacob : "Benjamin ravira comme un loup ; le matin il dévorera la proie, et le soir il partagera le butin"(Gen. 49:27), et la conduite de celui qui se glorifiait d'appartenir à la tribu de Benjamin(Phil. 3:5), et qui portait le nom du grand héros-roi de la tribu.

Contre les disciples. Les noms des victimes de cette persécution continue ne sont pas donnés, mais l'aveu ultérieur de Paul, " Quand on les a mis à mort, j'ai voté contre eux "(ch. 26:10), indique qu'Étienne n'a pas été le seul à être tué à cette époque. Le zèle dont Saul fit preuve au moment de la mort d'Étienne lui valut d'être élu au Sanhédrin(AA 102), et il fut bientôt armé de l'autorité des chefs des prêtres pour traquer les chrétiens à Jérusalem. Si l'on savait à Jérusalem que des Samaritains avaient été admis dans l'Église (voir ch. 8:1), la haine des Juifs s'intensifia sans doute.

Grand prêtre. Anne ou Caïphe (voir ch. 4:6), tous deux sadducéens, alors que Saül se glorifiait d'être un strict pharisien(ch. 26, 5). Mais l'étrangeté de cette alliance (voir Vol. V, pp. 51, 52) ne découragea pas le sévère persécuteur. La coalition des sadducéens et des pharisiens qui s'était formée précédemment contre Jésus-Christ(Matt. 26:3) se renouvelle contre ses disciples.



Ellen G. White


1, 2. La nouvelle foi s’épanouit à Damas—À Damas, la nouvelle foi semblait avoir acquis une vie et une énergie nouvelles. L’œuvre de répression devait y commencer, et Saul fut choisi pour cette tâche (The Youth’s Instructor, November 15, 1900).
« Respirant encore la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur », Saul se rendit, non pas auprès de la classe inférieure et ignorante, mais auprès des plus hauts dignitaires religieux du monde, des hommes qui avaient pris part à la mise à mort du Christ, des hommes qui possédaient l’esprit et les sentiments de Caïphe et de ses associés. Ces grands hommes, pensait Saul, s’ils disposaient d’auxiliaires religieux et déterminés, pourraient certainement abattre cette petite poignée d’hommes fanatiques. Saul se rendit donc auprès du souverain sacrificateur, « et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il trouvait des adeptes de cette voie, hommes ou femmes, il les amène liés à Jérusalem ». Le Christ le permit, et beaucoup, un très grand nombre, perdirent la vie à cause de leur foi en lui.
Paul croyait sincèrement qu’il persécutait une secte faible, ignorante et fanatique. Il ne se rendait pas compte que c’était lui-même qui était égaré et trompé, et qu’il suivait inconsciemment la bannière du prince des ténèbres (Manuscript 142, 1897).
1-4 (ch. 26:9; 1 Corinthiens 15:9). L’incrédulité de Saul était sincère, mais non excusable—L’esprit qui résiste à la vérité verra tout sous un jour déformé. Il sera pris dans les pièges certains de l’ennemi et verra les choses à la lumière de l’ennemi.
Saul de Tarse en était un exemple. Il n’avait aucun droit moral à être incrédule. Mais il avait choisi d’accepter les opinions des hommes plutôt que les conseils de Dieu. Il avait les prophéties qui désignaient le Messie, mais il préférait les paroles des rabbins, les paroles des hommes. Dans sa propre sagesse, Saul ne connaissait ni Dieu ni Jésus-Christ, celui qu’il avait envoyé. Plus tard, en racontant son expérience, il déclara qu’il pensait devoir faire beaucoup de choses contre le nom de Jésus de Nazareth. Saul était sincère dans son incrédulité. Il n’y avait chez lui aucune prétention, et Jésus l’arrêta dans sa course et lui montra de quel côté il travaillait. Le persécuteur accepta les paroles du Christ et passa de l’incrédulité à la foi en Christ.
Saul ne traita pas avec indifférence l’incrédulité qui l’avait conduit à suivre la voie de Satan et à causer la souffrance et la mort des êtres les plus précieux de la terre—ceux dont le monde n’était pas digne. Il ne prétendit pas que son erreur de jugement était excusable. Longtemps après sa conversion, il parla de lui-même comme du principal des pécheurs. « Car je suis le moindre des apôtres, dit-il, moi qui ne suis pas digne d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Église de Dieu. » Il ne trouva aucune excuse à sa conduite cruelle en suivant fidèlement la fausse impression d’une conscience (Manuscript 9, 1898).
Il se rendit alors à Jérusalem, désirant faire connaissance avec les apôtres qui s’y trouvaient, et particulièrement avec Pierre. Il était très désireux de rencontrer les pêcheurs galiléens qui avaient vécu, prié et conversé avec le Christ sur la terre....
Il tenta de se joindre à ses frères, les disciples ; mais sa tristesse et sa déception furent grandes lorsqu’il constata qu’ils ne voulaient pas l’accueillir comme l’un des leurs. Ils se souvenaient de ses persécutions passées et le soupçonnaient de jouer la comédie pour les tromper et les détruire. Certes, ils avaient entendu parler de sa merveilleuse conversion, mais comme il s’était immédiatement retiré en Arabie et qu’ils n’avaient plus rien entendu de précis à son sujet, ils n’avaient pas cru à la rumeur de son grand changement.
Barnabas, qui avait généreusement contribué de ses biens à soutenir la cause du Christ et à subvenir aux besoins des pauvres, connaissait Paul depuis l’époque où celui-ci s’opposait aux croyants. Il s’avança alors, renoua connaissance avec lui et entendit le témoignage de Paul concernant sa conversion miraculeuse et son expérience depuis lors. Il crut pleinement en Paul et l’accueillit ; il le prit par la main et le conduisit en présence des apôtres. Il raconta ce qu’il venait d’entendre de son expérience : Jésus était apparu personnellement à Paul alors qu’il se rendait à Damas ; Il lui avait parlé ; Paul avait recouvré la vue en réponse aux prières d’Ananias et avait ensuite déclaré dans la synagogue de la ville que Jésus était le Fils de Dieu.
Les apôtres n’hésitèrent plus ; ils ne pouvaient pas résister à Dieu. Pierre et Jacques, qui étaient alors les seuls apôtres à Jérusalem, tendirent la main droite de la communion fraternelle à celui qui avait autrefois persécuté avec acharnement leur foi ; et il était maintenant tout aussi aimé et respecté qu’il avait auparavant été craint et évité. C’est ici que se rencontrèrent les deux grandes figures de la nouvelle foi — Pierre, l’un des compagnons choisis du Christ lorsqu’il était sur la terre ; et Paul, un pharisien qui, depuis l’ascension de Jésus, l’avait rencontré face à face, lui avait parlé et l’avait aussi vu en vision, ainsi que la nature de son œuvre dans le ciel (Sketches from the Life of Paul, 34-36).

Actes 9:2

Souhaité. De préférence, « demandé » ou « sollicité », en son propre nom, peut-être pour justifier son élévation au Sanhédrin. Vie de Paul

Nichol, F. D. (1978). Commentaire biblique adventiste du septième jour : La Sainte Bible avec commentaire exégétique et explicatif. Série de références de commentaires (Ac 8:6). Washington, D.C. : Review and Herald Publishing Association.

De la naissance à Tarse à l'appel à Antioche Lettres. Il s'agissait des documents qui constituaient « l'autorité et la commission » de Saul (chap. 26:12). Il semble que Rome coopérait avec les autorités juives en accordant au grand prêtre des pouvoirs d'extradition sur les Juifs fugitifs. Cette autorité date probablement d'environ 56 av. J.-C. (Josèphe, Antiquités xiv. 8. 5 [146–148] ; cf. 1 Maccabées 15:15–24). Damas. La ville est considérée comme l'une des plus anciennes du monde. Son site était traditionnellement considéré comme le lieu du meurtre d'Abel. Josèphe (Antiquités i. 6. 4 [145]) attribue la fondation de la ville à Uts, petit-fils de Sem (vol. I, p. 270). Elle apparaît dans l'histoire d'Abraham comme le lieu de naissance de son intendant (Gen. 15:2). David y plaça des garnisons (2 Sam. 8:6), mais sous Rézon la ville devint un centre d'opposition à Salomon (1 Rois 11:23–25). Ses fleuves, l'Abana et le Pharpar, étaient, aux yeux de Naaman, général syrien lépreux, meilleurs que tous les fleuves d'Israël (2 Rois 5:12). Elle était le centre du royaume syrien dans ses alliances et ses guerres avec Israël et la Judée (2 Rois 14:28; 16:9, 10; Amos 1:3, 5). Elle faisait commerce de marchandises avec Tyr, ainsi que de vin et de laine blanche, comme le note Ézéchiel (chap. 27:16, 18). En 333 av. J.-C., le général macédonien Parménion prit la ville pour Alexandre le Grand. Elle fut de nouveau prise par le Romain Pompée en 64 av. J.-C. Au moment de la conversion de Saul, elle était sous la juridiction de Vitellius, alors gouverneur romain de Syrie. Lorsque Tibère mourut en 37 apr. J.-C., Vitellius se hâta de gagner Rome, et Arétas IV, roi des Nabatéens, prit le contrôle de Damas et la gouverna par l'intermédiaire d'un représentant. Telle était la situation lorsque Saul s'échappa de la ville (2 Cor. 11:32). Damas formait une oasis dans le désert syrien. Le fleuve Abana, alimenté par les neiges des monts de l'Antiliban, arrosait le terrain et le rendait très productif. La ville était

bien décrite comme « une capitale prédestinée ». Sa population était principalement araméenne, mais la ville comptait une importante colonie juive. Le récit (Actes 9:2, 14) implique qu'il y avait parmi eux de nombreux « disciples du Seigneur » (v. 1). Beaucoup d'entre eux étaient peut-être des réfugiés de la persécution à Jérusalem et dans ses environs, et les synagogues locales furent sans doute chargées de faire appliquer le décret du Sanhédrin de Jérusalem. Luc n'explique pas pourquoi Saul choisit cet endroit pour poursuivre son œuvre vindicative contre l'Église. On peut toutefois proposer plusieurs raisons : (1) Comme indiqué, des chrétiens s'y étaient réfugiés, à une distance assez considérable de la Judée. (2) Des convertis chrétiens, citoyens de la ville, s'y trouvaient. (3) Damas était peut-être devenue un centre périphérique de l'Église en expansion. (4) Saul connaissait peut-être bien les autorités juives et pouvait compter sur leur coopération contre les chrétiens. Synagogues. La ville était cosmopolite, et des Juifs de nombreuses nations y vivaient probablement. Comme à Jérusalem (cf. le commentaire sur chap. 6:9), les groupes nationaux établissaient leurs propres synagogues. On estime qu'il pouvait y avoir 30 ou 40 synagogues dans la ville de Damas à cette époque. Sans doute, les chrétiens fréquentaient encore pieusement les synagogues, et c'est contre eux que Saul projetait d'agir. De cette voie. C'est-à-dire, « tous ceux qui appartenaient à la voie ». Le mot « voie » apparaît comme un ancien synonyme du christianisme (cf. chap. 19:9, 23 ; 22:4 ; 24:14, 22). Comparer l'emploi que Luc fait de « le nom » (chap. 5:41, RSV), « la parole » (chap. 4:4 ; 8:4 ; 14:25), « la voie du salut » (chap. 16:17) et « la voie du Seigneur » (chap. 18:25). Le terme peut avoir pour origine la déclaration du Christ selon laquelle il est la « voie » (Jean 14:6), ou dans sa référence à la « voie » étroite (Mat. 7:14). Hommes ou femmes. L'inclusion des femmes parmi ses victimes potentielles souligne la fureur avec laquelle Saul s'en prenait aux chrétiens (cf. chap. 22:4). Liés pour être conduits à Jérusalem. La mission de Saul implique que le délit des chrétiens dépassait la compétence des tribunaux locaux (voir le commentaire sur Mat. 10:17), et devait être renvoyé au Sanhédrin (vol. V, p. 67) à Jérusalem. Le pouvoir sacerdotal était si grand (voir plus haut sous « lettres ») que les autorités juives étaient autorisées à arrêter ceux qu'elles désiraient, même en territoire étranger.

Actes 9:3

Voyagea. Il est désormais impossible de savoir par quelle route Saul et ses compagnons se rendirent, mais ils avaient le choix entre au moins deux routes. L’une d’elles était la principale route caravanière reliant l’Égypte à Damas, qui longeait parallèlement la côte palestinienne jusqu’à obliquer vers l’est pour traverser le Jourdain au-dessus du lac de Galilée. L’autre route traversait la Samarie et franchissait le Jourdain au sud du lac de Galilée, puis, après être passée par Gadara, se dirigeait vers le nord-est jusqu’à Damas. Les 150 mi. pouvaient être parcourus en une semaine. Près de Damas. Le lieu de la vision de Saul est inconnu. Des traditions contradictoires et infondées indiquent quatre endroits différents. Il devait cependant être relativement proche de la ville, car ses compagnons « le conduisirent par la main et le firent entrer dans Damas » (v. 8 ; cf. AA 117). Le livre des Actes rapporte trois récits de ce qui eut alors lieu près de Damas. Concernant les variations mineures entre les récits bibliques parallèles, voir la Note additionnelle sur Matthieu 3. Le tableau ci-dessous compare les principaux points des trois récits. Brilla. Mieux : « jaillit en éclair ». Les chapitres 22:6 et 26:13 indiquent que le moment de la journée était midi. Aussi éclatante que soit la lumière du soleil oriental à midi, Paul dit plus tard que la lumière qu’il vit du ciel était « au-dessus de l’éclat du soleil » (ch. 26:13). Au milieu de cet éclat

il vit si clairement le Christ glorifié qu’il se compte parmi ceux qui eurent le privilège de voir le Seigneur après sa résurrection (Actes 9:17; 1 Cor. 9:1; 15:8 ; AA 115). Quant à la manière dont les TROIS RÉCITS DE LA CONVERSION DE PAUL Récit historique de Luc Discours de Paul devant le peuple Discours de Paul devant Agrippa Actes 9:1-9 Actes 22:4-11 Actes 26:9-18 v. 1. Saul v. 4. Persécuté de cette manière. vs. 9-11. Persécutait les saints. persécutait les dis– ciples. v. 2. Désirait v. 5. Reçut des lettres de v. 12. Reçut une commission des lettres du souverain sacrificateur au souverain sacrificateur et des principaux sacrificateurs. des syna– gogues à des anciens. Damas. Pour amener Pour amener des chrétiens à des chrétiens, hommes et Jérusalem pour être pun– femmes, à Jérusalem. is punis v. 3. Près de v. 6. Près de Damas, vers v. 13. À midi, il vit une Damas une lumière venant du ciel midi, une grande lumière lumière venant du ciel, au-dessus qui soudain brilla tout venant du ciel brilla soudain de l’éclat du autour de lui. tout autour de lui. soleil, qui brillait autour du groupe. v. 4. Il tomba v. 7. Il tomba à terre. v. 14. Tous tombèrent à terre. par terre. Il entendit une Il entendit une voix : « Saul, Il entendit une voix, en voix : « Saul, Saul, pourquoi persécutes-tu Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » langue hébraïque : moi ? » « Saul, Saul, pourquoi me per– sécutes-tu ? » v. 5. Il dit : v. 8. Il répondit : « Qui es-tu, v. 15. Il dit : « Qui es-tu, « Qui es-tu, Seigneur ? » Seigneur ? » Seigneur ? » Le Seigneur Le Seigneur dit : « Je suis Le Seigneur dit : « Je suis dit : « Je suis Jésus que tu Jésus de Nazareth, celui que Jésus que tu persé– cutes. » persé– cutes. » tu persécutes. » cutes. » v. 6. Il dit : v. 10. Saul dit : « Que dois-je ----------------

« Seigneur, que veux-tu que je fasse Seigneur ? » Le Seigneur Le Seigneur dit : « Lève-toi, ---------------- dit : « Lève-toi et va dans et va dans Damas » la ville » — pour — pour recevoir des instructions. instructions. v. 7. Ses v. 9. Ses compagnons virent ---------------- compagnons restèrent sans voix, la lumière, mais n’entendirent pas entendant une voix, mais la voix. ne voyant personne. v. 8. Il v. 11. Il ne pouvait pas voir à cause vs. 16-18. Le Seigneur lui ordonna de se leva, mais ne vit personne. de la gloire de cette lumière. de se lever. Compagnons Il fut conduit par la main de ---------------- le conduisirent par la main dans compagnons à Da– Damas. mascus. apparition, il est naturel de penser qu’elle était semblable à celle qui avait frappé le regard d’Étienne (voir le commentaire sur Actes 7:55, 56). Les paroles du martyr : « Je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu », avaient alors semblé blasphématoires au zèle ardent de Saul, le pharisien. Maintenant, Saul lui-même voit le Fils de l’homme dans la gloire du Père. Les compagnons de Saul entendirent une voix, mais ne distinguèrent pas les paroles (voir ch. 22:9 ; cf. le commentaire sur ch. 9:7). Ils virent la lumière (ch. 22:9), mais ne perçurent pas la forme de Celui qui parlait (cf. le commentaire sur Jean 12:29). Ces détails prouvent la réalité de l’expérience.



Ellen G. White


3-6. Voir les commentaires d’EGW sur 1 Corinthiens 2:1-5.
3-9. Rendu aveugle afin qu’il puisse voir—Quelle humiliation pour Paul de savoir que, tout le temps où il employait ses facultés contre la vérité, pensant servir Dieu, il persécutait le Christ. Lorsque le Sauveur se révéla à Paul dans les rayons éclatants de sa gloire, celui-ci fut rempli d’horreur pour son œuvre et pour lui-même. La puissance de la gloire du Christ aurait pu le détruire, mais Paul était un prisonnier de l’espérance. Il fut rendu physiquement aveugle par la gloire de la présence de Celui qu’il avait blasphémé, mais c’était afin qu’il puisse avoir la vue spirituelle, afin qu’il soit réveillé de la léthargie qui avait engourdi et paralysé ses perceptions. Sa conscience, réveillée, se mit alors à agir avec une énergie accusatrice. Le zèle de son œuvre, sa résistance acharnée à la lumière qui brillait sur lui par l’intermédiaire des messagers de Dieu, apportaient maintenant la condamnation à son âme, et il était rempli d’un amer remords. Il ne se voyait plus comme juste, mais condamné par la loi dans ses pensées, son esprit et ses actes. Il se voyait pécheur, complètement perdu, sans le Sauveur qu’il avait persécuté. Durant les jours et les nuits de sa cécité, il eut le temps de réfléchir et se jeta, totalement impuissant et désespéré, sur le Christ, le seul qui pouvait lui pardonner et le revêtir de justice (Manuscript 23, 1899).

Actes 9:4

4. Tombé. La lumière du ciel a tellement bouleversé les voyageurs que tous sont tombés à terre(ch. 26:14), bien que Luc ne mentionne ici que Saul. Rien ne prouve que l'un d'entre eux était à cheval.

Ils ont entendu une voix. La comparaison avec les chapitres 9:7 et 22:9 suggère que Saül a entendu et compris la voix qui lui parlait, alors que ses compagnons ont entendu le son sans comprendre ce qui était dit (voir sur le chapitre 9:7).

Saül . Jusqu'ici, le récit a donné le nom de Saül sous sa forme grecque, Saulos. Ici, et dans les chapitres 9:17; 22:7, 13; 26:14, cependant, la forme hébraïque du nom, Saoul, est utilisée. Cela reflète probablement les mots réellement prononcés : (1) par Jésus, qui, selon le chapitre 26:14, parlait en langue hébraïque (araméenne) (voir Vol. I, p. 30) ; (2) par Ananias, qui était probablement un Juif et parlait donc hébreu (araméen). Pour la réitération du nom d'une personne dans les communications divines, cf. Gen. 22:11; 1 Sam. 3:10; Matt. 23:37; Luc 10:41; 22:31.

Pourquoi me persécutes-tu ? C'est une question pénétrante que le Christ pose au persécuteur ; elle remet en question le fondement de sa conduite et montre qu'il n'a pas connu Celui qu'il persécutait avec tant d'acharnement. Notez que le Christ s'identifie tellement à ses disciples que leurs souffrances deviennent les siennes(AA 117) : "Dans toute leur affliction, il a été affligé"(Ésa. 63:9), et "celui qui vous touche touche la prunelle de ses yeux"(Zach. 2:8). Ce qui a été fait aux disciples, le Seigneur l'a considéré comme fait à lui-même(Matt. 10:40).

Actes 9:5

5. Qui es-tu, Seigneur ? Saul n'utilisait pas encore le mot "Seigneur" dans toute sa plénitude . C'était l'expression naturelle de la crainte et du respect (voir sur Jean 1:38). Mais Saul était vaguement conscient de la présence divine, et le montrait par son utilisation du mot "Seigneur".

Jésus. Il existe des preuves textuelles(cf. p. 10) en faveur de la lecture " Jésus de Nazareth " ou " Jésus le Nazaréen ", mais il est probable qu'elle a été insérée à partir du chapitre 22, 8, où elle apparaît dans le récit de Paul lui-même. Jésus de Nazareth est le nom qui a été utilisé avec mépris par les accusateurs d'Etienne(ch. 6,14), le nom même que Saul avait poussé des hommes et des femmes à blasphémer(ch. 26,11; cf. v. 9). En utilisant ce nom pour lui-même, l'Être céleste qui apparaît à Saul s'identifie sans équivoque comme le Christ. Le persécuteur capitule. La prise de conscience que Jésus est le Christ marque le point de conversion de Saul et la fin de sa rage de persécution. Il est amené à voir ce que son maître Gamaliel avait déjà suggéré(ch. 5:39), à savoir que persécuter Jésus, c'est "lutter contre Dieu" (voir sur les ch. 22:8; 26:15.

Celui que tu persécutes. Le pronom " tu " est exprimé avec emphase en grec, tout comme le pronom " je " qui le précède. Cela met le Christ, dans son amour, sa puissance et sa gloire, en contraste marqué avec Saul, qui persécutait, mais qui était maintenant prostré et craintif.

C'est difficile. L'évidence textuelle atteste(cf. p. 10) l'omission des mots " il t'est difficile de te débattre contre les aiguillons " Il y a cependant une base textuelle solide pour ces mots dans le chapitre 26, 14. Bien que ces mots se trouvent dans de nombreux textes latins du ch. 9:5, ils n'apparaissent dans aucun manuscrit grec. Leur présence dans la Bible grecque imprimée à partir de laquelle la KJV a été traduite est due au fait qu'Erasme (voir Vol. V, pp. 141, 142), en préparant son édition imprimée du NT grec, les a traduits en grec à partir du latin et les a insérés dans son texte. Pour un commentaire sur ces mots, voir ch. 26:14.

Actes 9:6

6. Et il trembla. Les preuves textuelles attestent(cf. p. 10) l'omission des mots " et il dit, tremblant et étonné : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Cependant, la question de Saül, " Que dois-je faire, Seigneur ? " apparaît avec un soutien textuel sans réserve dans le chapitre 22, 10. Comme la dernière partie du v. 5 (voir ci-dessus sous " Il est difficile "), le présent passage ne se trouve dans aucun manuscrit grec, et est apparemment entré dans la KJV par une insertion faite par Erasme à partir de la Vulgate latine.

Lève-toi. Saül était resté prostré là où il était tombé.

Entrez dans la ville. Cela suggère que Saul et ceux qui l'accompagnaient étaient près de Damas(cf. v. 3).

On te le dira. Au chapitre 26:16-18, Paul donne un compte rendu plus complet des instructions que le Christ lui a données. Le récit de Luc est ici plus bref. D'autres instructions sont données, par l'intermédiaire d'Ananias, aux versets 15-17.



Ellen G. White


6. La coopération du divin et de l’humain est nécessaire—Le Seigneur donne toujours à l’être humain sa tâche. Voilà la coopération du divin et de l’humain. L’homme travaille dans l’obéissance à la lumière divine qui lui est donnée. Si Saul avait dit : Seigneur, je ne suis nullement disposé à suivre tes directives précises pour travailler à mon propre salut, alors, même si le Seigneur avait fait briller dix fois plus de lumière sur Saul, cela aurait été inutile. C’est à l’homme de coopérer avec le divin. Et c’est le conflit le plus difficile et le plus rigoureux qui survient lorsque l’être humain, dans un grand moment de résolution et de décision, se propose d’incliner sa volonté et sa conduite vers la volonté et la voie de Dieu... Le caractère déterminera la nature de la résolution et de l’action. L’action ne se conforme pas au sentiment ou à l’inclination, mais à la volonté connue de notre Père qui est dans les cieux. Suivez et obéissez aux directives du Saint-Esprit (Letter 135, 1898).

Actes 9:7

Les hommes. Saül n’avait été pourvu non seulement de l’autorité nécessaire à son œuvre de persécution, mais aussi d’un certain nombre d’assistants. Apparemment, le plan était d’extirper complètement le christianisme de la ville de Damas. Se tinrent debout. Ils furent terrassés (chap. 26:14). Ils s’étaient probablement relevés avant Saül. Sans parole. Bien que l’expérience eût été moins intense pour eux que pour leur chef, elle les avait laissés muets. Entendant une voix. Gr. akouontes … tēs phōnēs. À première vue, cette déclaration semble contredire ce qui est dit au chap. 22:9, où Paul affirme que ses compagnons « n’entendirent pas

la voix » (tēn … phōnēn ouk ēkousan). Cependant, une étude attentive des deux récits aide à expliquer cette apparente divergence. Le verbe akouō, « entendre », peut se rapporter soit à la capacité des oreilles à percevoir un son (voir Matth. 11:15; 13:15) soit à la capacité de l’esprit à comprendre ce qui est entendu (voir Marc 4:33; 1 Cor. 14:2» Dans le passage présent, le mot traduit par « voix » (phōnēs) est au génitif. En grec, cela indique que les compagnons de Saül entendirent seulement le son de la voix, mais ne purent comprendre ce qui avait été dit. Au chap. 22:9, le mot traduit par « voix » (phōnēn) est à l’accusatif ; cela, avec la négation « pas », signifie qu’ils n’entendirent pas la voix assez distinctement pour comprendre ce qui avait été dit (cf. chap. 9:4, où, en parlant de Saül qui avait compris, Luc emploie l’accusatif en disant qu’il « entendit une voix » [ēkousen phōnēn]). Cette explication est encore étayée par le fait que le chap. 22:9 déclare également que les hommes « virent réellement la lumière », tandis que le présent verset dit qu’ils « se tinrent sans parole… ne voyant personne ». Ils virent la lumière éblouissante, mais leur vue n’était pas assez distincte pour discerner Celui qui s’était révélé à Saül dans cette lumière. De même, il est raisonnable de comprendre qu’ils entendirent le son de la voix, mais pas assez distinctement pour saisir les paroles qui furent prononcées. Ne voyant personne. Ils virent la lumière céleste (chap. 22:9), mais ne perçurent pas la forme divine que Saül vit enveloppée dans cette lumière.

Actes 9:8

8. Les yeux se sont ouverts. Mais ils étaient aveugles.

Ne vit aucun homme. L'évidence textuelle favorise(cf. p. 10) la lecture " ne vit rien ", car il avait été aveuglé par la gloire éblouissante de la lumière céleste(cf. ch. 22, 11). Son aveuglement prouvait que ce qu'il avait vu n'était pas une simple hallucination. Pour Saül lui-même, cette cécité pouvait avoir une signification spirituelle. Il s'était considéré comme un "guide des aveugles", se vantant de voir clair(cf. Rom. 2:19). Maintenant, pour un certain temps, jusqu'à ce que la lumière intérieure et extérieure brille sur lui, il devait accepter sa cécité. L'âme nouvellement née devait être commeâ

"Un enfant qui réclame la lumière,

Et sans autre langage qu'un cri."

Certains commentateurs trouvent des preuves de l'effet permanent de cette expérience sur son pouvoir de vision dans le fait qu'il dictait généralement ses lettres (voir 2 Thess. 3:17), qu'il utilisait de gros caractères lorsqu'il écrivait (voir sur Gal. 6:11) et qu'il n'a pas reconnu le grand prêtre qui lui a ordonné de se faire frapper (voir Actes 23:2-5). La plus raisonnable des nombreuses théories concernant son "épine dans la chair" est qu'il s'agissait d'une affection des yeux, avec peut-être des crises de douleur atroce (voir sur 2 Cor. 12:7). Dans cette hypothèse, le désir ardent des Galates d'arracher leurs yeux, si possible, et de les lui donner, prend une signification particulière (cf Gal. 4:15).

Ils le conduisirent. La vue de ses compagnons était relativement intacte. Peut-être n'avaient-ils pas regardé aussi directement la gloire flamboyante , ou bien l'éclat n'avait-il pas brillé sur eux. Quoi qu'il en soit, ils étaient capables de guider Saül, de tenir par la main celui qui avait commencé par être leur chef. L'orgueil de Saül s'est transformé en humiliation. Sa mission était déjà connue à Damas, et son arrivée avait été attendue avec impatience par la faction sacerdotale et redoutée par les chrétiens. Il était venu, mais sa mission avait échoué. Les lettres aux synagogues n'ont jamais été remises.



Ellen G. White


8, 9 (2 Corinthiens 12:7-9; Galates 6:17). « Les marques du Seigneur Jésus. »—Il [Paul] devait toujours porter dans son corps les marques de la gloire du Christ, dans ses yeux, qui avaient été aveuglés par la lumière céleste (Sketches from the Life of Paul, 34).

Actes 9:9

9. Trois jours. Le conflit dans l'âme consciencieuse de Saül devait être terrible, et les trois jours ont été nécessaires avant que la paix ne soit atteinte. L'Esprit de Dieu a d'ailleurs mis à profit ces trois jours sans vision pour éclairer l'esprit de l'homme frappé. Dans le calme de l'obscurité, Saul put se rappeler les prophéties messianiques, les appliquer à Jésus de Nazareth et juger son propre passé à la lumière de ses nouvelles convictions. Combien grande a dû être son angoisse, combien ferventes ont été ses prières pour le pardon, combien doux a été le don du pardon du Christ lui-même ! Voir AA 118-120.

Ne pas manger ni boire. L'abstinence n'était pas entièrement un acte de pénitence. Son angoisse mentale l'emporte temporairement sur l'envie normale de manger. Les trois jours de cécité ont été une période d'introspection et de repentir.

Actes 9:10

Ananias. Pour la signification du nom, voir la note sur le chap. 5:1. Ananias était un nom courant parmi les Juifs. Ce disciple particulier n’est mentionné nulle part ailleurs dans l’Écriture, sauf au chap. 22:12, où Paul le décrit comme « un homme pieux selon la loi, jouissant d’une bonne réputation auprès de tous les Juifs qui habitaient » à Damas. Il est possible que ces qualités aient fait de lui le chef de la communauté chrétienne et l’aient préparé à être le messager du Seigneur auprès de Saül. On ignore comment il devint chrétien. Il avait peut-être suivi le Sauveur pendant la vie terrestre du Christ, ou comptait parmi les convertis juifs du jour de la Pentecôte ou d’une époque ultérieure. Il avait alors peut-être été contraint de fuir Jérusalem à cause de la persécution qui suivit la mort d’Étienne. Ce ne sont toutefois que des conjectures. Mais il ressort clairement des paroles qu’Ananias employa pour exprimer sa réticence à rendre visite à Saül (chap. 9:13, 14) qu’il entretenait encore des communications fiables avec Jérusalem, car il connaissait les ravages causés par le persécuteur et le but de sa mission à Damas. Dans une vision. De même qu’Ananias fut préparé par une vision à rendre visite à Saül, Saül fut préparé à recevoir la visite d’Ananias (v. 12). Au sujet de cette préparation par la vision et de sa similitude avec celle de Pierre et de Corneille (chap. 10:1–8), Conybeare et Howson font remarquer : « La préparation simultanée des cœurs d’Ananias et de Saül, et la préparation simultanée de ceux de Pierre et de Corneille — les interrogations et l’hésitation de Pierre, et les interrogations et l’hésitation d’Ananias —, l’un se demandant s’il pouvait se lier d’amitié avec les païens, l’autre se demandant s’il pouvait s’approcher de l’ennemi de l’Église —, l’obéissance sans hésitation de chacun, lorsque la volonté divine fut clairement révélée —, l’état d’esprit dans lequel furent trouvés le pharisien et le centurion, chacun attendant de voir ce que le Seigneur leur dirait —, cette étroite analogie ne sera pas oubliée par ceux qui lisent avec révérence les deux chapitres consécutifs [9 et 10], dans lesquels le baptême de Saül et celui de Corneille sont relatés dans les Actes des Apôtres » (The Life and Epistles of the Apostle Paul, p. 94). Voici, je suis là, Seigneur. Ces paroles expriment la disposition d’Ananias à exécuter les instructions du Seigneur. Comparez les exemples de Samuel (1 Sam. 3:1–10) et d’Ésaïe (És. 6:8).

Actes 9:11

11. Rue. Gr. rhumÃâ, passage étroit entre des rangées de maisons. Le nom a fini par s'appliquer à des voies de circulation plus larges. Même dans ce cas, la "rue" serait étroite selon les normes occidentales.

Droite. Une longue rue droite, connue aujourd'hui sous le nom de Sultaniyeh, traverse toujours la vieille ville de Damas d'est en ouest, et c'est peut-être celle qu'Ananias a empruntée pour rencontrer Saul dans la maison de Judas. Le niveau actuel de la rue est supérieur d'une trentaine de marches à celui de l'époque de Saül, et il n'est donc pas possible d'identifier la maison où Saül a séjourné.

Judas. Le récit ne donne aucune information sur ce Judas, ni sur la raison pour laquelle Saul a été conduit à sa maison ( ). L'ensemble de ce récit montre à quel point la connaissance du Seigneur et sa planification sont détaillées.

Saul, de Tarse. Ce passage est remarquable car c'est la première fois que l'Écriture mentionne le lieu de naissance de l'apôtre(cf. note complémentaire 2 sur le chapitre 7). Sa position physique garantit l'importance de Tarse. Bien qu'elle se trouve à 10 km à l'intérieur des terres, un port sûr se trouve entre la ville et la mer, et les petites embarcations peuvent atteindre la ville. Au-delà des limites de la ville s'élevaient les monts Taurus, par lesquels l'étroite gorge connue sous le nom de Portes de Cilicie donnait accès à l'intérieur de l'Asie Mineure. Mais la ville antique n'était pas seulement connue pour son emplacement stratégique. Elle était célèbre en tant que ville universitaire et était parfois surnommée l'Athènes de l'Asie mineure. Ses érudits étaient respectés pour leurs compétences en sciences, et ses philosophes comptaient de nombreux stoïciens de renom, qui ont peut-être eu une certaine influence sur la vision de Saül. Dans le domaine des métiers, il est significatif que la fabrication de tentes, le métier de Saül(ch. 18:3), occupe une place de choix.

Prie. Plutôt "prie", ce qui dénote une continuité dans la prière(cf. 1 Thess. 5:17). Il y a en effet un contraste entre les menaces et les massacres que le persécuteur proférait à l'approche de Damas, et la prière d'humble repentance dans laquelle il vivait maintenant. Les prières de Saul incluraient une demande de pardon pour le passé, de lumière et de sagesse pour l'avenir, de force pour l'œuvre à laquelle il était maintenant appelé, et d'intercession pour ceux qu'il avait persécutés auparavant.

Actes 9:12

12. Dans une vision. Les témoignages textuels sont partagés(cf. p. 10) entre le maintien et l'omission de ces mots, mais Saul a probablement été informé de cette manière. Il n'est pas étrange que le Seigneur qui s'est révélé sur le chemin de Damas assure maintenant le succès de ses plans en donnant des visions presque simultanées à ceux qu'il projette de réunir.

Un homme. Bien que Jésus s'adresse à Ananias, il rapporte le point de vue de Saul. La description d'Ananias montre clairement qu'il était inconnu de Saul à ce moment-là.

L'entrée. Notez la manière indirecte dont le Seigneur donne ici ses instructions à Ananias : Il raconte la vision et attend d'Ananias qu'il la concrétise en trouvant Saul et en lui rendant la vue.

Actes 9:13

Entendu par beaucoup. Ou plutôt, « entendu de beaucoup ». Ananias recule devant le commandement implicite. Son esprit obéissant, mais humain, répugne à l’idée de servir quelqu’un ayant la terrible réputation de Saul. Il proteste respectueusement auprès du Seigneur. Ces paroles montrent qu’Ananias vivait à Damas et qu’il n’arrivait pas tout juste de Jérusalem (voir l’explication du v. 10). Elles indiquent également que les chrétiens connaissaient largement la fureur des attaques de Saul contre l’Église. Les récits furent malheureusement confirmés par les réfugiés venus à Damas de Jérusalem. Que de mal. Voir l’explication des chap. 8:1, 3; 9:1. Saints. Pour l’arrière-plan hébraïque du terme, voir Ps. 16:3. Pour sa signification parmi les chrétiens, voir Rom. 1:7. Il est intéressant de constater que cet usage précoce du mot dans le NT (voir Matt. 27:52) soit le fait d’Ananias, envoyé pour instruire Saul, et qu’il ait ensuite été employé si fréquemment par l’apôtre lui-même (Rom. 1:7; 15:25; 16:2; 2 Cor. 1:1; Eph. 1:1; Phil. 1:1; etc.).

Actes 9:14

14. L'autorité. Il s'agit d'une autorité formelle exprimée par écrit, que Saül avait recherchée personnellement (voir vs. 1, 2).

Tous ceux qui appellent. Invoquer le Christ, c'est croire en lui. Voir ch. 2:21; cf. Actes 9:21; 1 Cor. 1:2; 2 Tim. 2:22.

Actes 9:15

15. Va. Les mots "ton chemin" n'apparaissent dans aucun texte grec. La perplexité d'Ananias provenait de son ignorance de la situation réelle. Mais le Seigneur connaissait toutes les circonstances de cette situation et dirigea son serviteur en conséquence.

Vaisseau. Gr. skeuos, " vase ", " instrument ", est utilisé avec un large éventail de significations dans le NT(cf. Matt. 13:48; Luc 8:16; Jean 19:29; Actes 10:11; Rom. 9:21; 2 Cor. 4:7; 1 Thess. 4:4). Les auteurs classiques l'employaient à propos d'esclaves utiles et dignes de confiance. C'est dans ce sens que le Seigneur applique skeuos à Saul en tant qu'instrument avec lequel il accomplirait sa gracieuse volonté pour les païens. Le mot pour "choisi"(eklogÃâ), qui apparaît ici pour la première fois dans le NT, est traduit par "élection" dans tous les autres cas.

Portez mon nom. Ceci explique le but du Seigneur dans l'élection de Saul ; il devait porter le nom du Christ, ou montrer son caractère (voir ch. 3:16).

Les païens. Les païens sont placés en premier sur la liste, parce que le champ d'action de Saül devait se situer tout particulièrement parmi eux Rom. 1:13, 14; 11:13). Cela a dû être une révélation surprenante pour Ananias qui, en tant que Juif pieux, n'avait pas encore réalisé que le monde entier devait entendre parler du Christ. Mais il voit maintenant, dans l'homme dont il n'avait entendu parler que comme du grand persécuteur, quelqu'un qui a été choisi et formé, et rendu plus apte que tous les autres à l'œuvre de diffusion de l'Évangile dans le monde entier.

Les rois. Ces mots trouvent un accomplissement suffisant, mais peut-être pas exclusif, dans le discours de Paul devant Agrippa(ch. 26:1, 2), et peut-être devant Néron (voir sur 2 Tim. 4:16).

Les enfants d'Israël. Bien qu'apôtre des païens, Paul prêchait aux Juifs chaque fois qu'il en avait l'occasion (voir ch. 13:5; 14:1; 17:1, 10; 18:4, 19; 19:8).

Actes 9:16

16. Je montrerai. Cela suggère des instructions spéciales données par le Christ à Saul, peut-être par le biais d'une vision(cf. ch. 20:23). La perspective de la souffrance tend à dissuader certaines personnes de se lancer dans une entreprise. Pour Saul de Tarse, cependant, une telle perspective serait un défi. Elle lui permettrait, sinon d'expier son passé, du moins de porter des fruits dignes de son repentir. L'accomplissement de la prévision de la souffrance est rapporté dans 2 Cor. 11:23-28, et, de manière moins détaillée, dans 2 Cor. 6:4, 5. Voir aussi Matt. 5:10-12; Actes 14:22; Rom. 8:17; 2 Tim. 2:12.

Actes 9:17

17. Ananias s'y rend. Il accepte les assurances du Seigneur et obéit immédiatement.

Il imposa ses mains. Cet acte a un double but : (1) guérir (voir Marc 16:18), et (2) conférer le Saint-Esprit(cf. Actes 6:6). L'acte a servi à confirmer la vision de Saul(ch. 9:12) et à identifier son visiteur envoyé par le Ciel.

Frère Saul. L'ancien persécuteur s'était coupé des autorités juives et avait apparemment peu de chances d'être accepté par les chrétiens. L'utilisation par Ananie du titre "frère" devait donc le rassurer et apaiser ses craintes. Ananias utilise la même forme hébraïque(araméenne) du nom(Saoul) que Jésus avait déjà employée dans la vision sur le chemin de Damas (voir v. 4).

Le Seigneur, Jésus. Ce titre composite combine le titre que Saul avait déjà utilisé pour son interlocuteur céleste(v. 5) et l'identification du Christ lui-même comme "Jésus"(v. 5). Cela rassurera également l'homme frappé.

Cela est apparu. Le fait qu'Ananias, jusqu'alors inconnu de Saul, ait déjà eu connaissance de la révélation sur le chemin de Damas, a dû confirmer à Saul la réalité de ce qu'il avait vu et entendu.

Il m'a envoyé. Cela fait le lien entre la vision de Paul sur le chemin et la visite d'Ananias. Saul pouvait maintenant s'attendre à recevoir l'instruction promise(v. 6), dont un compte rendu plus complet est donné au chapitre 22:14-16.

Recouvre la vue. Littéralement, " lève les yeux ", c'est-à-dire retrouve la vue. Il y a ici une relation étroite entre l'imposition des mains, le recouvrement de la vue et le fait d'être rempli du Saint-Esprit.

Être rempli. Comparer avec Actes 2:4; 4:31; Eph. 5:18.

Actes 9:18

18. Écailles. Gr. lepides, utilisé par Hippocrate comme terme technique pour désigner une maladie de l'œil. Dans la mesure où la cécité de Saul était le résultat d'une manifestation surnaturelle, il est vain d'essayer d'identifier précisément son affection dans la terminologie médicale moderne. Toutefois, il est compréhensible que Luc utilise un terme médical pour décrire l'état de Saul.

Il a recouvré la vue. Littéralement, " il leva les yeux ", ce qui signifie qu'il recouvra la vue.

Aussitôt. L'évidence textuelle atteste(cf. p. 10) l'omission de ce mot. Cependant, le mot " immédiatement " indique clairement que la guérison a été instantanée.

Baptisé. Le récit plus complet du chapitre 22:16 montre qu'Ananias a exhorté Saul à s'engager dans le rite. Il est clair que le baptême était considéré comme une condition d'admission dans l'Église (voir sur Matt. 3:6; Actes 22:16). Aucune vision ou révélation du Seigneur, aucune intensité de conviction personnelle n'en dispensait Saul. Le baptême se déroule probablement dans la rivière Abana ou Pharpar, mentionnée dans le récit de Naaman(2 Rois 5:8-14). Le rite est administré par Ananias, en tant que représentant du Christ(AA 122).



Ellen G. White


18, 19. Le baptême de Paul—Paul fut baptisé par Ananias dans le fleuve de Damas. Il fut ensuite fortifié par la nourriture et se mit immédiatement à prêcher Jésus aux croyants de la ville, précisément ceux qu’il avait quittés à Jérusalem dans le but de détruire (Sketches from the Life of Paul, 32).

Actes 9:19

Reçut de la nourriture. La première phrase de ce verset semble mieux convenir à la fin du v. 18. Pour l’emploi de « nourriture », au sens d’« aliment », voir Matt. 3:4. Le jeûne de trois jours de Saul a dû le laisser affaibli. Fortifié. Comme le dit Calvin : « Il ne rafraîchit pas son corps avec de la nourriture avant que son âme ait reçu de la force. » Ainsi, le corps et l’âme furent fortifiés pour l’œuvre qui les attendait. Était Saul. Les preuves textuelles attestent (voir p. 10) la leçon « il était », se rapportant bien sûr à Saul. Quelques jours. Le gr. hēmerai tines est également employé par Luc dans Acts 10:48; 15:36; 16:12; 24:24; 25:13, et indique dans chaque cas une courte période. Il décrit le temps que Pierre passa chez Corneille, le bref séjour de Paul et Barnabas à Antioche, le court séjour de Paul à Philippes, la brève détention de Paul à Césarée avant qu’il comparaisse devant Félix, ainsi qu’une période semblable entre l’arrivée de Festus et la visite qu’Agrippa lui rendit pour le saluer en tant que nouveau gouverneur. Ici, cette expression contraste avec « plusieurs jours » au chap. 9:23, qui semble indiquer dans l’esprit de l’auteur une période un peu plus longue. Il est probable, d’après la manière dont les « disciples » sont mentionnés ici, qu’il y avait beaucoup de chrétiens à Damas, même à cette époque précoce. Saul fut alors accueilli par eux, non comme un ennemi, mais comme un frère. L’œuvre du fidèle Ananias est maintenant achevée, et il n’apparaît plus dans aucune autre scène du livre des Actes.

Actes 9:20

Aussitôt. Christ guérit Saul « immédiatement » (v. 18); Saul commença aussitôt son témoignage. Les deux adverbes viennent du même mot grec. Prêcha Christ. Les preuves textuelles attestent (voir p. 10) la leçon « Jésus » plutôt que « Christ », terme qui n’était pas encore employé généralement. La prédication selon laquelle Jésus de Nazareth était le Christ, leur Messie attendu depuis longtemps, constituait toujours le contenu principal du

message adressé aux Juifs. La prédication de Saul, comme celle de Pierre (voir l’explication du chap. 2:16), aurait certainement un solide arrière-plan prophétique (AA 123, 125). Dans les synagogues. Saul se rendit, comme Christ l’avait fait (voir Luke. 4:16), dans les synagogues, lieux les plus susceptibles de lui fournir des auditoires pour sa proclamation de l’Évangile. En tant qu’observateur du sabbat, il se trouvait dans les synagogues le jour du sabbat. En tant qu’apôtre, il y proclamait l’Évangile. Au lieu de remettre aux présidents des synagogues les lettres qu’il avait reçues des dirigeants de Jérusalem (Acts 9:2), il leur annonça l’Évangile au nom d’une Autorité bien supérieure à celle des principaux sacrificateurs. Pour la pratique de Paul consistant à prêcher aux « enfants d’Israël » dans les synagogues, voir l’explication du v. 15. Le Fils de Dieu. Pour la signification du titre, voir Luke 1:35. C’est le seul passage des Actes où ce titre est employé à propos de Jésus. Paul proclamait (1) que Christ était véritablement le Fils de Dieu, tout autant que le fils de David, (2) que Jésus de Nazareth avait été reconnu comme étant le Christ. Non seulement cela était une perplexité pour les Juifs (voir l’explication de Matt. 22:41–46), mais cela leur semblait être une prétention blasphématoire. Il fallait beaucoup de grâce aux Juifs pour accepter le message de la filiation unique de Jésus.

Actes 9:21

Étonnés. Voir l’explication du chap. 2:7. Cet étonnement se comprend à la lumière de la réputation de Saul comme persécuteur des chrétiens. Les autorités de la synagogue avaient peut-être reçu pour instruction de coopérer avec Saul dans l’œuvre qu’il devait accomplir. Il ressort de ce qui suit que sa renommée était bien connue des Juifs de Damas. Les détruisait. Ou : « faisait des ravages parmi eux ». Paul emploie le même verbe pour décrire sa propre conduite (Gal.1:13, 23). La forte expression employée ici montre clairement que le massacre des chrétiens à Jérusalem ne se limita pas à la lapidation d’Étienne. Invoquaient ce nom. Voir l’explication des chap. 2:21; 3:16; 4:12. Était venu ici. Ou plutôt : « était venu ici », ce qui implique que le projet de Saul en venant à Damas avait été abandonné.

Actes 9:22

22. Saul a augmenté. Il a gagné en expérience et en efficacité. Le Saint-Esprit lui donnait de plus en plus de pouvoir au fur et à mesure que le temps passait

La force. Plus tard, ce mot joua un rôle important dans la pensée de Paul : "Je puis tout par le Christ qui me fortifie "(Phil. 4:13). Il se rendit compte que c'était le Christ dont la "force" était "rendue parfaite dans la faiblesse"(2 Cor. 12:9) ; c'était le Christ qui le "rendait capable", ou le rendait fort pour le ministère(1 Tim. 1:12) ; et c'était le Christ qui le "fortifiait" dans les dernières épreuves de sa vie(2 Tim. 4:17)

Confondus. Gr. sugchunÅÂ," verser ensemble ", " déconcerter ", " confondre " La formation de Saul auprès de Gamaliel lui a été d'un grand secours. Il pouvait maintenant utiliser sa connaissance approfondie du savoir juif pour soutenir ses nouvelles convictions. Ses méthodes recommandaient sa foi aux Juifs qui cherchaient sincèrement l'espoir d'Israël, mais ceux-ci, malheureusement, ne représentaient pas une grande partie de ses auditeurs. Les autres juifs étaient " confus " : ils entendaient leurs Écritures appliquées à la vie de Jésus par un esprit exercé. Ils continuaient à rejeter le Sauveur, mais ils n'étaient pas encore allés assez loin pour attaquer Saul

Prouver. Gr. sumbibazÅÂ,"joindre", "amener une personne à s'unir à une conclusion" ; d'où "démontrer", "prouver". Avec une habileté consommée, Saul expose les prophéties du Messie telles qu'elles se sont accomplies en Jésus de Nazareth

C'est vraiment le Christ. Ou, "c'est l'Oint [le Messie]"

Actes 9:23

23. Beaucoup de jours. Gr. hÃâmerai hikanai, une expression qui se réfère au v. 43 au temps que Pierre a passé à Joppé ; au ch. 18:18 (traduit, "un bon moment") au temps que Paul a passé à Corinthe après son audience devant Gallio ; et au ch. 27:7 (traduit, "beaucoup de jours") à la longue période de navigation lente de Paul lors de son voyage à Rome. Il semble donc que l'expression couvre une période assez longue mais indéfinie. En revanche, " certains jours " désigne une période plus courte (voir ch. 9:19).

Cette distinction est d'une grande valeur pour toute tentative de reconstitution de cette période de la carrière de l'apôtre. Les " certains jours " du v. 19 et les " nombreux jours " de ce verset semblent distinguer deux périodes de résidence à Damas. La première fut brève et se termina lorsque Saul confondit les Juifs(v. 22). La seconde fut plus longue et se termina par sa fuite de Damas(vs. 23-25). La visite en Arabie(Gal. 1:15-18) peut être placée au mieux entre ces deux périodes(AA 125-128). Luc ne mentionne pas cette visite, mais Paul affirme qu'il s'est rendu en Arabie peu après sa conversion, avant son retour à Damas et avant de retourner à Jérusalem(Gal. 1:15-18). Après la crise sur le chemin de Damas, le repos et l'isolement étaient souhaitables, et une communion tranquille avec Dieu était nécessaire pour le préparer aux années de dur labeur qui l'attendaient. Si les " trois ans " de Galates 1:18 sont calculés à partir de la conversion de Saul, les deux visites à Damas sont incluses dans cette période, et le séjour en Arabie et la résidence de " plusieurs jours " dans la ville n'ont pas besoin d'être indûment prolongés.

La localisation précise de l'"Arabie" où Saul s'est rendu n'est pas connue. Cependant, le fait que Damas était alors occupée par les troupes d'Arétas IV, roi d'Arabia Petraea, ou Nabataea (voir Palestine pendant le ministère de Jésus), rend probable que Saül se soit rendu dans cette région. Cette région était si vaste, s'étendant des frontières de l'Égypte aux environs de Damas, qu'elle ne permet pas de savoir précisément où Saül s'est rendu. Il n'y a pas non plus de données sûres permettant de fixer le moment de sa visite. Pour les faits chronologiques pertinents, voir p. 100.

La période d'absence de Saul a probablement été marquée par une forte croissance de la société chrétienne à Damas, avec un type de discipline et de culte similaire à celui de Jérusalem. Pour autant que l'on sache, aucun païen n'avait encore été admis dans l'Église, et la prédication de l'Évangile était encore réservée aux Juifs. Avec une grande affection pour ses frères selon la chair(Rom. 10:1), Saul s'engagea vigoureusement dans l'œuvre d'évangélisation parmi eux, jusqu'à ce que leur antagonisme acharné le chasse de Damas. Saul lui-même goûte maintenant à la haine qui a été déversée contre Étienne.

Il tint conseil. Les autorités étaient poussées à comploter contre le Christ en raison du succès de son ministère (voir sur Matthieu 15:21; 19:3; Jean 5:16). L'œuvre de Saul conduisit les Juifs à une opposition meurtrière. Leur évaluation du témoignage du nouvel apôtre peut être estimée par les mesures drastiques qu'ils prirent pour tenter de détruire Saul.

Actes 9:24

24. L'attente. Gr. epiboulÃâ," un plan contre quelqu'un ", d'où " un complot " Le même mot est utilisé dans les chapitres 20:3, 19; 23:30, mais il est propre aux Actes. Il implique une opposition soigneusement planifiée , avec pour objectif la mort de Saul. Saul fut mis au courant du complot, peut-être par l'un de ses propres disciples (voir ch. 9:25). Le fait qu'il ait été averti montre qu'il s'était fait des amis dans la ville et que ceux-ci étaient prêts à l'aider dans la situation d'urgence qui se présentait.

Observait. Plutôt "veillaient", secrètement, de jour comme de nuit. Pour les détails de cet incident dans la vie de l'apôtre, voir 2 Cor. 11:32, 33. L'ethnarque (gouverneur) de la ville prit une part active au complot contre Saül. Cet ethnarque représentait le Nabatéen Arétas, roi d'Arabie Pétrée, qui avait pour capitale Pétra, dans l'ancien Edom, et qui était le père de la femme dont Hérode Antipas avait divorcé pour épouser Hérodiade (voir Vol. V, pp. 40, 64). Pour une suggestion sur la manière dont Arétas était entré en possession de Damas, voir Actes 9:2. On a trouvé des pièces de Damas portant les noms d'Auguste et de Tibère, mais aucune n'a été trouvée pour les règnes des successeurs de Tibère, Caligula et Claude. Tibère avait été l'ami et le soutien d'Hérode Antipas contre Arétas, mais il est possible que Caligula ait inversé cette politique et créé une nouvelle ethnarchie, en faveur d'Arétas, à qui Damas avait appartenu ( Antiquités de Josèphe xiii. 15. 2 [392]). L'ethnarque souhaitait apparemment s'attirer les faveurs de l'importante population juive et, considérant Saül comme un perturbateur de la paix publique, il prit des mesures pour l'arrêter et le condamner. D'après le récit de Luc, il semble que les Juifs aient assumé une grande part de responsabilité dans la capture de Saul. Le récit de Paul lui-même(2 Cor. 11:32) ne s'y oppose pas, mais montre qu'ils avaient le soutien de l'ethnarque. Des sentinelles étaient manifestement postées à chaque porte de la ville par laquelle un fugitif pouvait tenter de passer, afin d'empêcher Saul de s'échapper.

Actes 9:25

Les disciples. Le témoignage textuel atteste (cf. p. 10) la lecture « ses disciples ». Cette lecture solidement étayée s’accorde avec les implications de l’expression « de nombreux jours » au v. 23. Lors de sa deuxième visite à Damas, Saul resta assez longtemps pour rassembler autour de lui un groupe de disciples qui l’avaient accepté comme leur maître et qui étaient maintenant disposés à risquer leur vie pour sa sécurité. Panier. Gr. spuris, « panier », probablement un panier à main, comme dans Matth. 15:37. Mais dans 2 Cor. 11:33 Paul le décrit par un autre mot, sarganē, « une corbeille d’osier ou de cordes », qui serait assez grande pour contenir un homme. Paul mentionne cette expérience en rapport avec ses « infirmités » (auxquelles il a peut-être inclus sa petitesse traditionnelle) dont il se contentait de se glorifier (2 Cor. 11:30). L’évasion se fit par une ouverture ou une « fenêtre » dans la muraille de la ville (2 Cor. 11:33 ; cf. l’évasion des espions de la maison de Rahab, Josué 2:15, et celle de David depuis sa propre maison, 1 Sam. 19:12). Saul semble avoir eu conscience de l’incongruité de la situation : il était sauvé, d’une manière assez ignominieuse, par précisément ceux qu’il était venu exterminer !



Ellen G. White


25-27 (Galates 1:17, 18). Deux grands personnages se rencontrent—Les portes de la ville étaient gardées avec vigilance, jour et nuit, afin de lui couper toute possibilité de fuite. L’anxiété des disciples les poussait à prier Dieu ; ils dormaient peu, car ils s’occupaient de trouver les moyens d’assurer la fuite de l’apôtre choisi. Finalement, ils conçurent un plan grâce auquel il fut descendu d’une fenêtre et abaissé de nuit par-dessus la muraille dans une corbeille. C’est de cette manière humiliante que Paul s’échappa de Damas.

Actes 9:26

Jérusalem. Cette fuite de Damas à Jérusalem survient après la période de trois ans passée en Arabie (voir Gal. 1:17, 18). Ce serait donc la première visite de Saul dans la capitale depuis le jour où il était parti pour Damas, et les chrétiens de Jérusalem le connaissaient probablement encore seulement comme leur ennemi résolu. Essaya de se joindre. C’est-à-dire « tenta [ou “essaya”] de se joindre ». Le verbe traduit par « se joindre » (kollaō) s’emploie pour désigner une communion étroite et intime, comme celle d’un mari et de sa femme, de frères et d’amis (cf. à propos de Matth. 19:5; Luc 15:15). Saul cherchait à établir une pleine fraternité avec les disciples. Si Saul était allé comme Juif à Alexandrie ou dans quelque autre ville où les Juifs étaient nombreux, sa première pensée aurait été de rechercher ses coreligionnaires. Il le fit à Jérusalem : il chercha à se joindre à la communauté chrétienne. Mais l’Église se méfiait de lui. Ses membres ne connaissaient Saul qu’à travers ses terribles persécutions. Ne cherchait-il pas encore à les détruire ? Ils resteraient prudents jusqu’à être certains de sa sincérité. Leur ignorance concernant la nature véritable de sa conversion peut s’expliquer par au moins deux raisons : (1) l’absence de « trois ans » (voir à propos de Actes 9:23) offrait peu de fondement à des informations fiables concernant son attitude envers le christianisme ; (2) politiques

changements dans la ville de Damas ont peut-être (voir à propos du v. 24) interrompu les communications entre les chrétiens qui s’y trouvaient et ceux de Jérusalem. Craignant Saul. Cette proposition devrait être introduite par « et » plutôt que par « mais ». Cela atténue le contraste entre le désir de Saul de se joindre aux frères et leur comportement en conséquence. L’expression pourrait alors se lire : « et tous [les disciples] le craignaient ». Ils avaient eu raison de le craindre dans le passé et, ne connaissant aucune raison de changer d’avis, continuaient à le craindre. Ils se sont peut-être demandé s’il ne dissimulait pas simplement sa véritable nature afin de les espionner et de provoquer d’autres troubles. Ne le crurent pas. Cela montre que quelqu’un avait informé les disciples de la conversion de Saul, mais qu’ils n’étaient pas prêts à accepter la nouvelle d’un tel miracle. Ils voulaient des preuves fiables de son changement avant de l’accepter dans leur communauté. Dans ces circonstances, leur prudence était naturelle et même digne d’éloges.

Actes 9:27

Barnabas. Pourquoi Barnabas accueillit-il Saul, alors que les autres disciples le craignaient ? La réponse se trouve peut-être dans son caractère, qui semble avoir été d’une nature bienveillante et généreuse (voir la note sur le chap. 4:36, 37). De nombreux commentateurs suggèrent que Barnabas prit la défense de Saul parce qu’il le connaissait déjà. Si tel est le cas, nous pouvons voir Barnabas, s’appuyant sur la confiance qu’il accordait à l’excellent caractère de Saul, croire au miracle de sa conversion et le recommander volontiers aux apôtres. Cet acte de bonté témoigne également de la position influente qu’occupait Barnabas dans l’Église. Aux apôtres. C’est-à-dire qu’il le conduisit auprès des apôtres qui se trouvaient alors à Jérusalem. Dans le récit plus précis de Gal. 1:18, 19, Saul lui-même déclare qu’il se rendit à Jérusalem « pour voir Pierre », et que le seul autre enseignant éminent qu’il vit fut « Jacques, le frère du Seigneur ». Bien qu’il eût reçu directement de Jésus sa mission, il souhaitait entendre parler de son Seigneur par ceux qui avaient été témoins oculaires de sa vie et de son ministère terrestres. Puisque seuls Pierre et Jacques sont mentionnés, il est possible que les autres apôtres fussent absents de Jérusalem à ce moment-là. Il est également possible qu’après avoir pris le pouls de l’Église, il n’ait fait aucun effort pour s’imposer à eux. Il rapporte qu’il était « inconnu de visage aux Églises de Judée » (Gal. 1:22). Cette expression peut toutefois simplement signifier qu’il était inconnu des Églises provinciales de Judée, bien qu’il fût personnellement connu des membres de Jérusalem. Compte tenu de sa vigoureuse activité évangélique à Jérusalem (Actes 9:28, 29), il est difficilement possible qu’il soit resté inconnu de l’Église de la capitale. D’autre part, sa visite ne dura que 15 jours (Gal. 1:18), et fut abrégée par des tentatives visant à lui ôter la vie (Actes 9:29, 30). Déclaré. Gr. diēgeomai, « déclarer pleinement », « déclarer en détail ». Comme le texte grec l’indique plus clairement, cela fut fait par Barnabas au nom de Saul. Cela suppose que Saul ait raconté en détail à Barnabas son expérience de conversion, et que celui-ci ait ensuite relaté cette merveilleuse histoire. Vu le Seigneur. Aucun des autres récits de la rencontre de Saul sur le chemin de Damas (chap. 9:3–9 ; 22:6–11 ; 26:12–18) n’affirme expressément qu’il vit le Seigneur Jésus. Toutefois, dans les chap. 9:17 et 26:16, il est dit que le Seigneur apparut à Saul, et au chap. 22:14, Ananias parle du fait qu’il avait vu « ce Juste ». Barnabas affirme maintenant clairement que Saul « avait vu le Seigneur en chemin ». Cela concorde avec les déclarations ultérieures de Paul : « N’ai-je pas vu Jésus-Christ ? » et « il [le Seigneur] s’est aussi fait voir à moi » (1 Cor. 9:1; 15:8). Lui avait parlé. Il était important pour les apôtres de savoir que Christ avait effectivement parlé à celui que Barnabas parrainait. Ils avaient reçu directement du Seigneur leurs missions (voir la note sur Marc 3:14; Matthieu 28:19, 20 ; etc.). Ils seraient

impressionnés en apprenant que Saul avait lui aussi été personnellement chargé d’une mission par le même Maître. Prêchait avec hardiesse. Gr. parrēsiazomai, « parler clairement » ou « librement » ; d’où « prendre confiance », « avoir de l’assurance » (cf. 9:29 ; 14:3 ; 18:26 ; etc.). C’était là la preuve de l’authenticité de la conversion de Saul. Il défendait avec hardiesse la cause qu’il s’était initialement proposé de détruire. Barnabas savait parfaitement que la nouvelle du ministère audacieux de Saul ferait une profonde impression sur l’esprit des apôtres et les amènerait à l’accueillir comme l’un des leurs. Nom de Jésus. Voir la note sur le chap. 3:6, 16.

Actes 9:28

28. Était avec eux. Cela implique l'intimité de la communion.

Il entrait et sortait. Cela ne signifie pas que Saul quittait et rentrait constamment dans la ville, mais qu'il se déplaçait librement à l'intérieur de Jérusalem (voir ch. 1:21).

Actes 9:29

Parla avec hardiesse. Voir la note sur le v. 27. La première proposition du v. 29 doit être rattachée au v. 28. Elle se lit littéralement : « parlant avec hardiesse au nom du Seigneur ». La seconde proposition se lit littéralement : « il parlait et disputait à la fois contre les Hellénistes ». Nom. Voir les notes sur les chap. 2:21 ; 3:6, 16. Disputait. Le mot grec ainsi traduit est employé par Luc pour décrire la rencontre d’Étienne avec les Grecs (voir la note sur le chap. 6:9). Il existe toutefois une différence notable. Les « Hellénistes » avaient disputé avec Étienne ; maintenant, Saul dispute avec eux. En tant que Juif de Tarse, il était parfaitement préparé à une telle discussion (voir la note sur le chap. 9:11). Ils furent animés d’une fureur passionnée. Deux fois en l’espace de quelques semaines, la vie de l’apôtre fut en danger : d’abord à Damas (v. 24), maintenant à Jérusalem. Hellénistes. C’est-à-dire des Juifs hellénistiques (voir la note sur le chap. 6:1). Entreprit. Gr. epicheireō, « mettre la main à », « essayer » (voir Actes 19:13 ; cf. la note sur Luc 1:1; Actes 9:23, 24). Tuer. Saul était disposé à affronter la mort qui avait frappé Étienne, mais le Seigneur avait d’autres projets pour son courageux serviteur. C’est à ce moment que la vision d’avertissement et d’instruction peut être le mieux située (voir la note sur le chap. 22:17–21 ; cf. AA 130).

Actes 9:30

Les frères le savaient. Ils savent maintenant qui est Saul et quel complot est ourdi contre lui. Leur connaissance les pousse à agir immédiatement. Ils le conduisent jusqu’à la côte, d’où il peut fuir le pays. Césarée. Il ne s’agit pas de Césarée de Philippe (au pied du mont Hermon), mais du port situé à environ 64 miles au nord-ouest de Jérusalem. C’était un endroit d’où Tarse pouvait être facilement atteinte, soit par mer, soit par la route qui longeait la côte de Syrie vers le nord. À Césarée, il trouverait probablement Philippe. Les deux hommes, l’un ami et l’autre ancien adversaire d’Étienne, se retrouveraient ainsi face à face comme des frères. Voir le commentaire sur le chap. 8:40. L’envoyèrent. Gr. exapostellō, littéralement « envoyer au-dehors ». Cela semble impliquer que les disciples envoyèrent Saul par bateau à Tarse. Il n’y a pas de conflit inconciliable entre cela et la propre déclaration de Paul : « Ensuite, je me rendis dans les régions de Syrie et de Cilicie » (Gal. 1:21). La Syrie et la Cilicie formaient alors une seule province romaine et, en se rendant à Tarse, Saul entra dans cette région. D’autres interprétations sont possibles : (1) son bateau fit escale dans des ports syriens en route vers Tarse, en Cilicie ; (2) Saul se rendit d’abord à Tarse, puis effectua des voyages missionnaires dans les territoires voisins de Cilicie et de Syrie. Cette dernière suggestion peut expliquer la présence d’Églises chrétiennes dans cette région, qui doivent

avoir été établies indépendamment du premier voyage missionnaire de Paul (voir le commentaire sur Actes 15:36, 41). Tarse. Cette ville, la ville natale de Saul (voir le commentaire sur le v. 11), n’a peut-être pas été le refuge le plus agréable pour l’apôtre. La parole du Christ selon laquelle « un prophète n’est pas honoré dans sa patrie » (Jean 4:44) allait probablement se vérifier douloureusement dans le cas de Saul. Non seulement il retournait dans sa ville natale ; il y retournait comme un Juif renégat, un apostat de la foi de ses pères, un chef de la secte méprisée et persécutée des chrétiens. On peut imaginer l’accueil qui lui fut réservé, ce qui peut contribuer à expliquer son silence au sujet de sa famille. À ce stade, le récit abandonne Saul jusqu’à ce que Barnabas le recherche pour un ministère plus étendu (Actes 11:25).

Actes 9:31

Alors. Il faut plutôt lire : « donc ». L’enchaînement des événements des v. 29–32 est semblable à celui du chap. 8:3–5. Auparavant, Saul persécutait l’Église ; les croyants furent donc dispersés et prêchèrent la Parole, ce qui ouvrit la voie à Philippe pour porter l’Évangile en Samarie. Dans le cas présent, Saul lui-même fut persécuté, se retira à Tarse, l’Église bénéficia d’un répit et en fit un usage profitable, et Pierre évangélisa les régions côtières. Églises. Les preuves textuelles favorisent (cf. p. 10) la lecture suivante : « l’Église dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie jouissait maintenant de la paix ». Il s’agit de l’ensemble du corps chrétien, et non de communautés précises. Cela souligne l’union des Églises locales au sein du corps collectif de l’Église tout entière. Le mot « Église » semble donc être employé ici dans un sens universel plutôt que local. Répit. Littéralement, « paix ». Ce répit pouvait être dû au départ de Paul : lorsqu’il partit, l’irritation des Juifs fut supprimée. Une autre raison pourrait éventuellement résider dans la diversion provoquée par la tentative de l’empereur Caligula d’installer sa statue dans le Temple de Jérusalem (voir p. 78) — tentative à laquelle il renonça, selon Josèphe (Antiquités xviii. 8. 2–8), uniquement en raison de l’opposition résolue des Juifs, des supplications pressantes du roi Hérode Agrippa, qui résidait alors dans la ville de Rome, et des appels de Pétronius, gouverneur de Syrie. Selon Josèphe, le gouverneur syrien fut influencé par des averses qui, après une longue sécheresse, tombèrent d’un ciel serein en réponse aux prières d’Israël. Toute la Judée. Cette brève notice couvre une grande partie de l’histoire de l’Église primitive et revêt une importance particulière. C’est la première indication de l’existence de communautés religieuses organisées dans les villes et villages de Palestine. Aucune Église locale n’est nommée, mais beaucoup ont pu naître comme résultat différé du ministère personnel du Christ. Il faut également prendre en compte l’œuvre de Philippe, de Pierre et de Jean (voir les commentaires sur le chap. 8:5, 6, 14, 25). Mais, quelle qu’ait été l’origine des Églises palestiniennes, ce verset atteste leur existence et montre que le commandement du Christ (chap. 1:8) était fidèlement observé. Édifiée. Gr. oikodemeō, « construire une maison », « ériger un bâtiment » et, par extension, « édifier », « bâtir » en général. La « paix » mentionnée plus tôt dans le verset donna à l’Église l’occasion d’être « édifiée », tant au sens organisationnel que spirituel. Oikodomeō occupe une place fréquente dans le vocabulaire de Paul (voir Actes 20:32; Rom. 15:20; 1 Cor. 8:1; Gal. 2:18 ; etc.). Crainte du Seigneur. L’expression est courante dans les écrits de l’AT, où elle décrit une crainte révérencieuse (voir les commentaires sur Job 28:28; Ps. 19:9; Prov. 1:7). Elle est rare dans le NT, la forme anglaise de l’expression n’étant employée qu’ici. Dans 2 Cor. 5:11 « la terreur du Seigneur » se traduit mieux par « la crainte du Seigneur ».

Réconfort. Gr. paraklēsis, « consolation », « exhortation », « encouragement » (voir les commentaires sur Matt. 5:4; Luc 6:24; Jean 14:16). L’expression peut se traduire par « marchant… dans [ou « par »] le conseil du Saint-Esprit ». Les membres de l’Église craignaient le Seigneur et étaient guidés par l’Esprit ; toute leur vie était sous le contrôle divin. Se multiplièrent. En conséquence de l’état spirituel satisfaisant de l’Église, ses membres et ses groupes augmentèrent en nombre. Il en sera toujours ainsi. Une vie spirituelle profonde chez les chrétiens portera du fruit pour le salut des incroyants. Ces fruits peuvent provenir de la vie des laïcs aussi bien que du ministère des responsables de l’Église.

Actes 9:32

Il arriva. Voir le commentaire sur Luc 1:8. Cette expression est caractéristique du style de Luc. Il l’emploie au moins 39 fois dans son Évangile, et 14 fois dans les Actes. Elle marque généralement un tournant dans le récit. Pierre. À partir de ce point et jusqu’au chap. 11:25, le récit quitte Saul et se tourne vers l’œuvre de Pierre. C’est pourquoi la présente section est parfois décrite comme « Les Actes de Pierre ». Il est évident, cependant, que Luc rapporte ici le ministère de Pierre non comme une biographie partielle de ce pilier de l’Église, mais comme une partie de son plan littéraire général décrivant la conversion des Gentils. Lorsque, grâce à l’œuvre de Pierre, cette nouvelle phase du service chrétien est bien engagée, l’auteur revient à la carrière de Saul et se concentre sur ses travaux missionnaires parmi les Gentils. Le récit de Luc (Actes 8:25) avait laissé Pierre, avec Jean, prêcher l’Évangile aux villages samaritains sur le chemin du retour vers Jérusalem. Après son retour, il reçut la visite de Saul pendant 15 jours (Galates 1:18). Mais il est clair que les apôtres ne se confinèrent pas à Jérusalem ; ils allèrent plus loin et exercèrent leur ministère auprès de groupes de croyants récemment établis. De telles visites contribuèrent à unifier l’Église naissante et à favoriser sa croissance équilibrée. Passa. Gr. dierchomai, « traverser ». Pour sa signification missionnaire, voir le commentaire sur le chap. 8:4 (cf. Luc 9:6). Dans tous les quartiers. On peut aussi traduire cette expression par « parmi eux tous », en faisant référence soit aux groupes d’Église du v. 31, soit aux « saints » mentionnés plus loin dans ce verset. Les saints. Voir le commentaire sur le v. 13. Lydda. Lod de l’Ancien Testament (1 Chroniques 8:12; Esdras 2:33; Néhémie 7:37; 11:35), connue à l’époque moderne sous le nom de Ludd. La ville fut fondée par des colons de la tribu de Benjamin (1 Chroniques 8:1, 12), dans la riche plaine de Saron. Elle se trouvait à 11 mi (17,7 km) au sud-est de Joppé, et à une journée de voyage au nord-ouest de Jérusalem. Josèphe (Antiquités xx. 6. 2) l’appelait un village « qui n’était pas moins grand qu’une ville ». À la demande de Judas Maccabée, Démétrius Soter la transféra aux possessions du Temple de Jérusalem (1 Maccabées 11:32–34). Sous le gouvernement du Romain Cassius, connu pour ses saisies brutales de biens et de fonds, les habitants furent vendus comme esclaves (Josèphe, Antiquités xiv. 11. 2 [275]). Cependant, elle avait retrouvé sa prospérité d’autrefois et semble avoir été à cette époque le siège d’une communauté chrétienne florissante. Lors des guerres qui précédèrent la destruction de Jérusalem, elle fut incendiée par Cestius Gallus en l’an 66 apr. J.-C. (Josèphe, Guerre ii. 19. 1 [515, 516]), alors que la plupart de ses habitants étaient allés à Jérusalem pour la fête des Tabernacles, puis occupée par Vespasien en l’an 68 apr. J.-C. (ibid. iv. 8. 1 [444]). Lorsque la ville fut reconstruite, probablement sous Hadrien (vers 130 apr. J.-C.), elle fut rebaptisée Diospolis (ville de Zeus). Elle devint plus tard le siège de l’un des principaux évêchés de l’Église syrienne. Sa caractéristique la plus marquante semble avoir été sa pauvreté. Selon un ancien commentaire juif, Rabbi Nathan (en l’an 160 apr. J.-C.) déclara : « Il y a dix parts de pauvreté dans le monde, neuf en Lydie [Lydda] et une

dans le reste du monde » (Midrash Rabbah, sur Esther 1:3, éd. Soncino, p. 30). Il est fort probable que la foi en Christ ait été implantée dans la ville par Philippe l’évangéliste. La ville se trouvait sur la route que Philippe devait suivre en traversant « toutes les villes » de son trajet d’Azot à Césarée (voir le commentaire sur Actes 8:40). Ministère de Pierre auprès des Juifs et des Gentils

Actes 9:33

Énée. Gr. Aineias, un ancien nom grec, à ne pas confondre avec celui du célèbre héros de Troie, Aineias. Chez Josèphe (Antiquités xiv. 10. 22 [248]), ce nom est employé pour désigner un Juif ; cet homme pouvait donc fort bien être un Juif hellénistique (voir le commentaire sur le chap. 6:1). Il ne nous est pas dit qu’il était disciple, mais on peut déduire qu’il comptait parmi « les saints ». Le soin avec lequel Luc précise qu’Énée était paralytique et alité depuis huit ans peut refléter une exactitude professionnelle (cf. Luc 13:11; Actes 3:2; 4:22; 14:8). Pour des exemples de l’intérêt de Luc pour les questions médicales, voir le commentaire sur Actes 3:7; 9:18; 28:8. Pour la signification du mot « paralysie », voir le commentaire sur Matthieu 4:24; Marc 2:3). Aucun doute ne pouvait être émis quant au caractère miraculeux de la guérison de cet homme.

Nichol, F. D. (1978). Commentaire biblique adventiste du septième jour : La Sainte Bible avec commentaire exégétique et explicatif. Série de références de commentaires (Ac 9:2). Washington, D.C. : Association de publication Review and Herald.

Actes 9:34

34. Jésus-Christ. Notez le soin avec lequel Pierre évite de revendiquer un quelconque pouvoir personnel de guérison. Il ne reconnaît que la capacité du Christ à aider celui qui souffre(cf. ch. 3:6, 12; 4:9, 10).

Te guérit. L'utilisation du présent suggère que la guérison a été immédiate(cf. "il s'est levé immédiatement").

Lève-toi. Commandement utilisé par notre Seigneur dans des cas similaires(Matt. 9:6; Jean 5:8).

Fais ton lit. Il devait faire immédiatement pour lui-même ce que d'autres avaient fait pour lui pendant tant d'années.

Actes 9:35

35. Tous ceux qui habitaient. C'est-à-dire pas nécessairement chaque individu, mais un grand nombre d'habitants. La nouvelle de ce miracle s'étant répandue, il y eut un réveil général de la piété dans la région

Saron. Gr. ho SarÅÂn,"le Saron", de l'héb. Sharon. Aucun village ou ville de ce nom n'est connu. L'emploi de l'article permet de penser qu'il s'agit de la plaine de Saron, située entre les montagnes centrales de la Palestine et la mer Méditerranée, et qui s'étendait le long de la côte de Joppé au Carmel. Elle était proverbiale pour sa beauté et sa fertilité (cf Esaïe 35:265:10)

Il l'a vu. La paralysie de cet homme, qui durait depuis huit ans, devait être bien connue dans la région, et le fait de voir un tel homme se promener guéri a dû attirer autant d'attention que la guérison du boiteux au Temple(cf. ch. 3). Beaucoup ont sans doute cherché à savoir comment l'homme avait été guéri

Il s'est tourné vers le Seigneur. Le miracle qui a rétabli Énée physiquement a suscité la foi dans le pouvoir de Jésus-Christ de guérir spirituellement. Ainsi, le cercle des croyants s'est encore élargi. La voie était préparée pour l'annonce de l'Évangile aux païens qui vivaient dans cette région côtière

Actes 9:36

36. Joppa. Gr. IoppÃâ, de l'hébreu Yapho, signifiant "beauté", la moderne Jaffa. Voir Josué 19:46; 2 Chron. 2:16; Jonas 1:3. La ville est mentionnée par les Égyptiens de au 15e siècle avant J.-C. L'endroit était célèbre dans les légendes grecques comme étant l'endroit où Andromède avait été attachée lors de sa délivrance par Persée(Strabon Géographie xvi. 2. 28 ; Josèphe Guerre iii. 9. 3 [420, 421]). La ville s'élevait sur une colline si haute que l'on prétendait que Jérusalem pouvait être vue de son sommet. C'était le port le plus proche de Jérusalem, et bien que l'entrée du port fût difficile et dangereuse, il servait à débarquer le bois qui, d'abord sous Salomon, puis sous Zorobabel, fut apporté du Liban pour la construction du Temple(1 Rois 5:9; 2 Chron. 2:16; Esdras 3:7). C'était le port d'où partaient les navires pour Tarsis(Jonas 1:3). Sous les Maccabées, le port et les fortifications sont restaurés(1 Maccabées 14:5). Auguste donna la ville à Hérode le Grand, puis à Archélaüs (Josèphe Antiquités xv. 7. 3 ; xvii. 11. 4). Après la chute d'Archélaüs, la ville fut rattachée à la province romaine de Syrie. Elle resta cependant fanatiquement juive et demeura fidèle au judaïsme pendant les bouleversements de l'an 66-70. À l'époque de Pierre et plus tard, la ville était réputée pour être le quartier général des pirates. Ici, comme dans le cas de Lydda (cf Actes 9:32), la création d'une communauté chrétienne a probablement été accomplie par Philippe (voir ch. 8:40).

Disciple. Gr. mathÃâtria "une femme disciple".

Tabitha. Nom araméen, Ṭabyetha', correspondant au nom hébreu Zibiah dans l'AT(2 Rois 12:1; 2 Chron. 24:1), ou Zibia(1 Chron. 8:9), "gazelle"."Le fait que le nom de ce disciple soit donné dans deux langues peut impliquer certains points de connexion entre les sections hébraïque et hellénistique de l'Église.

Pleine de bonnes œuvres. Certains considèrent Dorcas comme une diaconesse dans l'Église de Joppé. Si cela est vrai, cela peut refléter l'influence de Philippe. Il était l'un des sept (voir chap. 6:3, 5), et il est possible qu'il ait transposé l'organisation de l'Église de Jérusalem dans les églises qu'il a lui-même établies. Ainsi, Dorcas a peut-être pris un soin particulier des veuves de l'Église(cf. chap. 6:1; 9:39).

Aumône. Gr. eleÃâmosunÃâ, " miséricorde ", surtout lorsqu'il s'agit de faire l'aumône, d'où " charité ", " bienfaisance ", " aumône "."La bienveillance de Dorcas s'est exprimée de deux manières principales : elle a donné ses services dans les " bonnes œuvres " ; elle a donné ses moyens dans les " aumônes " ; elle ne s'est pas contentée d'être charitable par procuration, mais elle s'est donnée elle-même ainsi que ses biens.

Actes 9:37

37. S'est réalisé. Voir v. 32.

Elle était malade et mourut. Les détails donnés sur le traitement du corps de Dorcas prouvent qu'elle était effectivement morte. Les critiques tentent souvent de mettre en doute la réalité des miracles de résurrection des morts en alléguant que la personne était simplement dans le coma.

Lavé. La coutume de laver le cadavre était pratiquée par de nombreux peuples à l'époque classique. Dans la Mishna(Shabbath 23, 5, Soncino ed. of the Talmud, p. 771), il est dit : " On peut faire tout ce qu'il faut pour le mort ; on peut l'oindre d'huile et le laver " Les femmes de l'Église accomplissaient alors cet office pour leur bien-aimée Dorcas.

Mise au tombeau. A Jérusalem, l'enterrement avait lieu le jour même de la mort(cf. ch. 5, 6, 10). En dehors de la capitale, il pouvait y avoir un intervalle de trois jours entre le décès et l'enterrement. On laissait le cadavre reposer jusqu'à ce que tout espoir de réanimation ait disparu et qu'il n'y ait plus de danger que quelqu'un soit enterré vivant. Pendant cette période d'attente, le corps était généralement déposé dans la chambre haute, immédiatement sous le toit. Dans le cas de Dorcas, l'Église a peut-être retardé l'enterrement dans l'espoir d'une intervention divine. Pierre venait de guérir Énée, et les âmes pieuses ont sans doute espéré qu'il ramènerait Dorcas à la vie.

Actes 9:38

38. Près de Joppé. Lydda n'étant située qu'à 17,7 km au sud-est de Joppé, la nouvelle de la guérison d'Énée a pu rapidement circuler d'une ville à l'autre.

Pas de retard. Les messagers ont peut-être quitté Joppé avant la mort de Dorcas, espérant que l'apôtre arriverait à temps pour éviter la mort. Si, comme il est plus probable, la mort avait déjà eu lieu, l'Église avait la foi que la résurrection était possible par la puissance de Dieu. Dans un cas comme dans l'autre, il était impératif de se hâter, soit pour sauver une vie, soit pour empêcher un enterrement.

Actes 9:39

39. Pierre se leva. Il était prêt à répondre à tout appel sincère qui lui parvenait, notamment à un appel aussi urgent que celui des chrétiens de Joppé

Chambre haute. Voir sur v 37

Toutes les veuves. Luc montre une sympathie particulière pour la gent féminine (voir sur Luc 8:2, 3). Il mentionne "veuve" neuf fois dans son Évangile et trois fois dans les Actes. Les "veuves" de l'église faisaient l'objet d'une disposition spéciale (voir sur Actes 6:1). L'expression utilisée ici suggère que l'église de Joppé était également organisée pour la charité

Manteaux et vêtements. Gr. chitÅÂnes et himatia, respectivement (voir sur Matt. 5:40)

Dorcas a fait. Elle avait l'habitude de confectionner des vêtements à des fins caritatives (voir v. ) 36)

Actes 9:40

40. Mettez-les tous en avant. En faisant cela, Pierre suivait l'exemple de son Seigneur lors de la guérison de la fille de Jaïre (voir sur Marc 5:39, 40), dont il avait été témoin. Dans la chambre où reposait le corps de Dorcas, on entendait le bruit d'un grand deuil(Actes 9:39). Pierre ressent le besoin d'un silence qui lui permette de communier avec Dieu. Comparez la méthode d'Elie avec l'enfant de la veuve(1 Rois 17:17-23), et la procédure d'Elisée lors de la résurrection du fils de la Shunamite 2 Rois 4:33. Notez également que les serviteurs de Dieu évitent de faire étalage de leur pouvoir de manière ostentatoire.

Prié. Pierre s'agenouille et s'engage dans une prière sincère, réalisant que seule la puissance divine peut accomplir le miracle désiré. La prière s'avère à nouveau être le canal par lequel l'Église primitive obtient la puissance(cf. ch. 1:14, 24; 6:4, 6; 8:15; 9:11; 10:2; etc.) La nature humble, pieuse et sincère de Pierre est clairement révélée dans cet incident(cf. sur le ch. 3:1).

Le retournement. Après avoir prié et reçu l'assurance intérieure que sa prière avait été entendue. Il se rend compte qu'il dépend totalement de la puissance surnaturelle, mais lorsqu'il est assuré de son action, il n'hésite pas à agir.

Le corps. Cela ne laisse aucune place au doute quant à la nature du miracle qui s'ensuit. Dorcas était morte (voir v. 37). Pierre se tourne vers son corps sans vie.

Lève-toi. La brièveté même de son ordre montre qu'il croyait fermement à l'exaucement de sa prière.

Assis. Gr. anakathizÅÂ," s'asseoir ", est employé par les médecins pour décrire la position assise d'un patient dans son lit, et par Luc dans son Évangile(ch. 7:15). La brève description de la restauration de Dorcas est extraordinairement vivante. Il y a l'ouverture des yeux, comme après le sommeil, la vue inattendue de Pierre, qui lui était probablement inconnu, et le redressement spectaculaire de quelqu'un qui était mort. De tels détails s'accordent bien avec les intérêts médicaux de Luc.

Actes 9:41

41. Il lui a donné la main. Elle accepte la main qu'il lui tend, car elle est déjà consciente, contrairement à la fille de Jaïre que Jésus "prend par la main"(Matthieu 9:25). Ce détail prouve que les deux récits sont indépendants. Ce dernier n'est pas un simple écho du récit précédent, comme certains l'ont prétendu.

Les saints. Voir v. 13. Cela n'implique pas nécessairement que les veuves n'étaient pas des " saintes " ou des chrétiennes, bien qu'il soit possible que certaines de celles que Dorcas a aidées n'aient pas été membres de l'Église.

Il l'a présentée vivante. Pierre s'est assuré que ce miracle de Dieu serait dûment reconnu en rassemblant d'abord ceux qui connaissaient Dorcas personnellement et qui pouvaient témoigner de sa mort, puis en la leur présentant publiquement. Il s'assura ainsi qu'il y aurait un grand nombre de témoins du fait qu'un miracle avait eu lieu.

Actes 9:42

Beaucoup crurent. La nouvelle d’un tel miracle se répandit rapidement. Toute la région de Joppé fut bouleversée, et le message de l’Évangile reçut un grand élan.

Actes 9:43

Il arriva. Voir le commentaire sur le v. 32. Séjourna. Il est impossible de savoir combien de temps Pierre séjourna. Pour le commentaire sur « plusieurs jours », voir celui du v. 23. Simon, tanneur. Luc s’intéresse aux noms des personnages secondaires de son récit (cf. chap. 9:11, 33, 36 ; 12:13 ; 21:16 ; etc.) ainsi qu’aux métiers (cf. chap. 8:27 ; 10:1 ; 16:14 ; 18:3 ; 19:24). Le métier de tanneur rebutait les Juifs stricts. C’était soit

parce que cela exigeait d’entrer en contact avec les carcasses et les peaux d’animaux morts, avec le risque d’impureté cérémonielle (voir Lév. 11:24, 25), ou parce que c’était d’une manière générale un métier répugnant et désagréable. Les rabbins juifs estimaient que si un tanneur sur le point de se marier dissimulait son métier à sa future épouse, cette dissimulation était considérée comme une forme de fraude qui invaliderait le contrat (Mishnah Kethuboth 7. 10, éd. Soncino du Talmud, p. 482, 483). La maison de ce tanneur était « au bord de la mer » (Actes 10:6). Il aurait été facile pour Pierre, pendant son long séjour chez Simon, humble mais hospitalier, de reprendre son ancienne activité de pêche et de gagner ainsi sa vie. Le fait qu’il ait accepté de loger chez un tanneur indique que l’apôtre tendait déjà à abandonner les préjugés juifs. C’est ainsi que Dieu préparait son serviteur à l’étape plus importante consistant à prêcher à Corneille, le Gentil (voir le commentaire sur le chap. 10).

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés