Seventh-day Adventist Bible CommentaryActes 10

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

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Actes 10:1

Césarée. C’est-à-dire Césarée de Palestine, située sur la côte méditerranéenne, et non Césarée de Philippe. C’était la capitale de la province romaine (voir le commentaire sur le chap. 8:40) et la résidence habituelle du procurateur romain de Judée. C’était sans doute une ville cosmopolite et un centre commercial. Voir Le ministère de Pierre auprès des Juifs et des Gentils. Corneille. Luc a peut-être appris les détails de cette histoire lors de l’un de ses séjours à Césarée (chap. 21:8 ; 23:33 ; 24:27). La conversion de Corneille marque une nouvelle étape de l’expansion de l’Église. Corneille était un officier romain, mais il n’était pas complètement païen. Il était « pieux », « craignait Dieu » et faisait des aumônes au peuple (voir le commentaire sur le chap. 10:2). Aux yeux des Juifs, il était néanmoins un Gentil, car il n’était pas circoncis. Par conséquent, son admission dans l’Église marque une nouvelle étape dans l’expansion du christianisme. Il est donc compréhensible que les apôtres de Jérusalem aient accordé une attention particulière à son cas (chap. 11:1–18). Les aspects frappants et surnaturels de la conversion de Corneille ont dû jouer un rôle important en amenant les apôtres à accepter le fait qu’un Gentil incirconcis puisse devenir chrétien. Il fallut toutefois encore plusieurs années à l’Église pour comprendre pleinement que les Gentils devaient jouir exactement du même statut et des mêmes privilèges que les Juifs circoncis (voir Actes 15:1–31; Gal. 2:12). Centurion. Voir le commentaire sur Luc 7:2. Un centurion commandait environ 100 hommes. Il était considéré comme un officier subalterne qui exerçait le commandement direct des soldats et avait principalement la responsabilité de veiller à ce qu’ils accomplissent leurs devoirs et de maintenir la discipline. Les centurions accédaient rarement à des postes plus élevés dans l’armée romaine. Corneille était citoyen romain. De la cohorte. Gr. ek speirēs, « de la cohorte », ce qui indique que Corneille n’était pas le commandant de la cohorte, mais un officier qui en faisait partie. La cohorte, unité administrative des forces auxiliaires romaines, comptait 500 ou 1 000 hommes. Cohorte italienne. Il s’agissait probablement de la Cohors II. Italica, dont on sait qu’elle était stationnée en Syrie pendant la guerre judéo-romaine et qui, apparemment, s’y trouvait déjà auparavant, à l’époque du récit présent. On pense que cette cohorte était composée d’affranchis, ou du moins d’hommes d’origine non romaine. C’était une cohorte auxiliaire d’archers.



Ellen G. White


Le ciel est proche de ceux qui cherchent à sauver des âmes—Dans le dixième chapitre des Actes, nous avons encore un exemple du ministère des anges célestes, qui aboutit à la conversion de Corneille et de sa compagnie. Que ces chapitres [8-10] soient lus et reçoivent une attention particulière. Nous y voyons que le ciel est bien plus proche du chrétien engagé dans l’œuvre du salut des âmes que beaucoup ne le supposent. Nous devons également apprendre à travers eux la leçon de l’intérêt que Dieu porte à chaque être humain, et que chacun doit traiter son prochain comme l’un des instruments du Seigneur pour l’accomplissement de son œuvre sur la terre (Manuscript 17, 1908).
1-4 (Philippiens 4:18). La prière et les aumônes comme un encens suave—[Actes 10:1-4 cité.] C’est une faveur merveilleuse pour tout homme, dans cette vie, d’être recommandé par Dieu comme le fut Corneille. Et quel était le fondement de cette approbation ? — « Tes prières et tes aumônes sont montées devant Dieu comme un mémorial. »
Ni la prière ni l’aumône n’ont en elles-mêmes aucune vertu qui puisse recommander le pécheur à Dieu ; seule la grâce du Christ, par son sacrifice expiatoire, peut renouveler le cœur et rendre notre service acceptable à Dieu. Cette grâce avait agi sur le cœur de Corneille. L’Esprit du Christ avait parlé à son âme ; Jésus l’avait attiré, et il s’était laissé attirer. Ses prières et ses aumônes ne lui avaient pas été imposées ni extorquées ; elles n’étaient pas un prix qu’il cherchait à payer pour obtenir le ciel ; elles étaient le fruit de l’amour et de la reconnaissance envers Dieu.
Une telle prière, venant d’un cœur sincère, monte comme un encens devant le Seigneur ; et les offrandes faites pour sa cause et les dons destinés aux nécessiteux et aux affligés sont un sacrifice qui lui est très agréable. Ainsi, il est dit des dons des frères de Philippes, qui subvenaient aux besoins de l’apôtre Paul alors qu’il était prisonnier à Rome, qu’ils étaient « une odeur de parfum agréable, un sacrifice acceptable, agréable à Dieu. »
La prière et l’aumône sont étroitement liées — elles expriment l’amour envers Dieu et envers nos semblables. Elles sont la mise en œuvre des deux grands principes de la loi divine : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force » ; et : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Ainsi, bien que nos dons ne puissent nous recommander à Dieu ni nous gagner sa faveur, ils témoignent que nous avons reçu la grâce du Christ. Ils sont un test de la sincérité de notre profession d’amour (The Review and Herald, May 9, 1893).
1-6 (Hébreux 1:14). Les anges qui exercent un ministère prennent note de chaque individu—Ce même Veilleur saint qui dit : Je connais Abraham, connaissait aussi Corneille, et envoya son ange avec un message à l’homme qui avait reçu et amélioré toute la lumière que Dieu lui avait donnée. L’ange dit : « Tes prières et tes aumônes sont montées devant Dieu pour servir de mémorial. Et maintenant, envoie des hommes à Joppé, et fais venir un certain Simon, surnommé Pierre. » Puis des directives précises sont données : « Il loge chez un certain Simon, tanneur, dont la maison est au bord de la mer ; c’est lui qui te dira ce que tu dois faire. » Ainsi, l’ange du Seigneur travaille à mettre Corneille en relation avec l’agent humain par lequel il pourrait recevoir une plus grande lumière. Étudiez attentivement tout le chapitre et voyez la simplicité de toute cette transaction. Considérez ensuite que le Seigneur connaît chacun de nous par son nom, sait exactement où nous vivons, et connaît l’ esprit que nous possédons, et chacun des actes de notre vie. Les anges qui exercent un ministère parcourent les églises, remarquant notre fidélité dans notre domaine individuel de devoir (Letter 20a, 1893).
Les chercheurs sincères ne sont pas laissés dans les ténèbres—Ici, une preuve positive nous est donnée que le Seigneur ne laisse pas dans les ténèbres ceux qui suivent toute la lumière qui leur est donnée, mais qu’il envoie ses anges pour communiquer avec eux. Corneille vivait conformément aux instructions données dans les Écritures de l’Ancien Testament, et le Seigneur envoya un messager pour lui dire ce qu’il devait faire.
Dieu aurait pu donner à Corneille, par l’intermédiaire de l’ange, toutes les instructions dont il avait besoin, mais tel n’était pas son plan. Son dessein était de mettre Corneille en relation avec ceux qui avaient reçu la connaissance d’en haut, et dont l’œuvre consistait à transmettre cette connaissance à ceux qui cherchaient la lumière. C’est ainsi que Dieu agit toujours avec son peuple....
Corneille obéit à l’instruction reçue. Il s’unit à l’Église et devint un ouvrier utile et influent, travaillant avec Dieu (Manuscript 67, 1900).
Dieu utilise ses agents désignés—[Actes 10:1-4 cité.] L’ange ne lui donna pas la lumière qu’il aurait pu lui donner, mais le dirigea vers une démarche qui lui permettrait d’entrer en relation avec quelqu’un capable de lui annoncer une précieuse vérité.... [Actes 10:5, 6 cité.]
Corneille obéit implicitement aux instructions, et le même ange se rendit auprès de Pierre et lui donna ses instructions. Ce chapitre [Actes 10] contient pour nous de nombreux conseils précieux, et nous devrions l’étudier avec une humble attention. Lorsque le Seigneur dispose d’agents désignés par lesquels il apporte de l’aide aux âmes, et que les hommes manquent de respect envers ces agents, refusent d’en recevoir de l’aide et décident d’être directement enseignés par Dieu, le Seigneur n’exauce pas leur désir. Celui qui adopte une telle position risque de prêter l’oreille à la voix d’étrangers et d’être conduit dans de fausses voies. Corneille et Pierre reçurent tous deux des instructions sur ce qu’ils devaient faire, et ils obéirent à la parole de l’ange. Corneille rassembla les membres de sa maisonnée pour entendre de Pierre le message de lumière. S’il avait dit : Je ne serai enseigné par aucun homme, l’ange de Dieu l’aurait laissé à lui-même ; mais telle n’était pas son attitude (The Review and Herald, October 10, 1893).
Beaucoup de personnes aujourd’hui sont comme Corneille—Il y en a beaucoup aujourd’hui qui se trouvent dans la même situation que Corneille. Ils vivent à la hauteur de la lumière qu’ils ont reçue, et Dieu leur parle comme il parla à Corneille, et les conduit par ses agents désignés jusqu’au lieu où ils recevront la vérité dans des cœurs bons et honnêtes. Dieu se révèle à ceux qui s’efforcent de former des caractères qu’il puisse approuver. Les prières de ceux qui le craignent, qui reconnaissent leurs obligations envers lui, sont entendues et exaucées. Le Seigneur remarque particulièrement ceux qui marchent dans la lumière qu’il leur a donnée, et qui témoignent par leurs actes qu’ils cherchent à honorer Dieu. Par l’intermédiaire d’un Pierre, il présentera la perle de grand prix, et par l’intermédiaire d’un Corneille et de sa famille, beaucoup d’âmes seront amenées à la lumière (The Review and Herald, August 8, 1899).
Par les œuvres merveilleuses de Dieu, Corneille fut conduit à mettre sa vie énergique et fidèle en relation avec les disciples du Christ. Il en sera ainsi dans les derniers jours. Beaucoup estimeront la sagesse de Dieu au-dessus de tout avantage terrestre et obéiront à la Parole de Dieu comme à la norme suprême. Ceux-là seront conduits vers une grande lumière. Ils parviendront à la connaissance de la vérité et chercheront à présenter cette lumière de la vérité à ceux de leur entourage qui, comme eux, sont désireux de connaître la vérité. Ainsi, ils deviennent pour le monde des porteurs de lumière consciencieux. Eux-mêmes contraints par l’amour de Dieu, ils en convaincront d’autres et saisiront chaque occasion d’inviter et d’exhorter les autres à venir voir la beauté de la vérité et à consacrer leurs capacités à faire avancer l’œuvre de Dieu (Manuscript 97, 1898).
Certains de ceux qui sont comptés parmi les marchands et les princes prendront position pour obéir à la vérité. L’œil de Dieu s’est posé sur ceux qui ont agi selon la lumière qu’ils avaient reçue, en maintenant leur intégrité. Corneille… maintint son expérience religieuse, marchant strictement conformément à la lumière qu’il avait reçue. Dieu avait les yeux sur lui, et Il lui envoya Son ange avec un message. Le messager céleste passa devant ceux qui se croyaient justes, vint à Corneille et l’appela par son nom (Manuscript 97, 1898).
Beaucoup de choses sont dites au sujet de notre devoir envers les pauvres négligés. Ne faudrait-il pas accorder quelque attention être accordée aux riches négligés ? Beaucoup considèrent cette classe comme sans espoir, et ils font peu pour ouvrir les yeux de ceux qui, aveuglés et étourdis par l’éclat de la gloire terrestre, ont perdu l’éternité de vue. Des milliers d’hommes riches sont allés dans la tombe sans avoir été avertis. Mais, aussi indifférents qu’ils puissent paraître, beaucoup de riches ont l’âme accablée....
Les richesses et les honneurs du monde ne peuvent satisfaire l’âme. Beaucoup de riches aspirent à quelque assurance divine, à quelque espérance spirituelle. Beaucoup désirent quelque chose qui mette fin à la monotonie de leur vie sans but. Beaucoup de personnes occupant des fonctions officielles ressentent le besoin de quelque chose qu’elles n’ont pas. Peu d’entre elles vont à l’église, car elles estiment n’en retirer que peu de bien. L’enseignement qu’elles entendent ne touche pas le cœur. Ne leur adresserons-nous aucun appel particulier ?
Dieu appelle des ouvriers sérieux et humbles, qui porteront l’Évangile aux classes supérieures. Ce n’est pas par un contact occasionnel ou accidentel que les âmes riches et attachées au monde peuvent être attirées au Christ. Un effort personnel résolu doit être déployé par des hommes et des femmes animés de l’esprit missionnaire, qui ne failliront pas et ne se décourageront pas (The Review and Herald, April 6, 1911).

Actes 10:2

2. Celui qui craignait Dieu. Cette expression, et les mots similaires " celui qui adorait Dieu ", ainsi que l'expression " personnes pieuses ", sont utilisés à plusieurs reprises par Luc(chap. 10:22, 35; 13:16, 26, 50; 16:14; 17:4, 17 ; 18:7) en référence aux païens qui, comme Corneille, avaient accepté le judaïsme au point d'adorer Jéhovah. Souvent, du moins, cela impliquait également de respecter le sabbat et de s'abstenir des aliments interdits par la loi. Mais ces païens ne s'identifiaient pas pleinement au judaïsme en se soumettant à la circoncision ou en obéissant scrupuleusement à toutes les règles exigées d'un juif pieux. Voir Vol. V, pp. 62, 63.

Ces expressions ont fait l'objet d'une discussion savante considérable. La LXX parle de " ceux qui craignaient "(2 Chron. 5,6) d'une manière qui a conduit certains savants à penser qu'il s'agit d'une classe particulière en dehors des juifs à part entière. De même, Josèphe(Antiquités xiv. 7. 2 [110] ; Loeb ed., vol. 7, p. 505) parle de " ceux qui adoraient Dieu " comme envoyant des dons au Temple depuis le monde entier.

On a également suggéré que ceux "qui craignaient Dieu" et ceux "qui adoraient Dieu", mentionnés dans les Actes, sont les mêmes que les "prosélytes de la porte", qui sont supposés avoir constitué un groupe reconnu par de demi-prosélytes qui, bien qu'adorant Jéhovah et observant une partie de la loi juive, n'étaient pas circoncis et n'étaient donc pas considérés comme des Juifs à part entière. Cependant, certains remettent en question cette explication.

Il semble donc que les expressions "celui qui craint Dieu" (ou "celui qui craint Dieu") et "celui qui adore Dieu" aient pu être des expressions techniques, à l'époque du NT, pour désigner une classe particulière de demi-prosélytes du judaïsme qui jouissaient d'une certaine reconnaissance dans la synagogue, comme on l'a souvent suggéré. Dans le judaïsme ultérieur, un terme similaire, "craignant le ciel", a pu représenter un groupe de ce type. Les craignants de Dieu ne pouvaient guère avoir un statut formellement reconnu au sein des communautés juives, et leur relation avec le judaïsme devait être largement informelle. Néanmoins, la présence de ces hommes pieux dans le monde romain fournissait aux prédicateurs chrétiens un auditoire de païens qui, sans être liés servilement au légalisme du judaïsme, étaient des chercheurs sincères de Dieu et connaissaient quelque peu les Écritures juives (en particulier les LXX) et les croyances juives.

Avec toute sa maison. Corneille ne s'est pas contenté d'avoir trouvé une vérité supérieure pour lui-même, mais il a cherché à la transmettre à sa famille, à ses serviteurs et à tous ceux qui étaient sous son influence. Le soldat envoyé à la recherche de Pierre est qualifié de "pieux"(v. 7).

Beaucoup d'aumônes. Corneille était généreux comme l'autre centurion dont les Juifs disaient : "Il aime notre nation, et il nous a bâti une synagogue"(Luc 7:5).

Le peuple. C'est-à-dire les Juifs, par opposition aux "nations", les païens.

Prié. L'association de l'aumône et de la prière était courante tant dans le judaïsme qu'au début du christianisme (voir Matthieu 6:2, 5; Actes 10:4; 1 Pierre 4:7, 8; Tobie 12:8).

Comme la vision qui suit peut sans doute être considérée comme une réponse aux prières de Corneille, il est naturel de penser qu'il cherchait à être guidé vers une plus grande connaissance de la voie de Dieu (voir Actes 11:14).

Actes 10:3

3. Une vision. Gr. horama, " ce qui est vu ", et en particulier, comme ici, d'une vision accordée par Dieu. L'expression "dans une vision" peut également être traduite par "en vision". Voir sur 1 Sam. 3:1.

De toute évidence. Gr. phanerÅÂs, "clairement", "distinctement", "manifestement", "apparemment".

Neuvième heure. C'était l'heure de la prière de l'après-midi au Temple (voir sur Matthieu 27:45; Actes 3:1). Apparemment, Corneille avait adopté les heures de prière juives, puisqu'il était en train de prier lorsque la vision lui fut donnée(ch. 10:30).

Actes 10:4

Regarda. Ou : « fixa intensément les yeux », « fixa du regard ». Il eut peur. L’ange est appelé un « homme … vêtu d’habits brillants » (v. 30 ; cf. ch. 1:10). Pour le moment, son apparition soudaine terrifia Corneille. Les soldats romains qui gardaient le tombeau du Christ, qui n’étaient pas aussi sensibles spirituellement que Corneille, tremblèrent et devinrent comme des morts en présence de la gloire éclatante de l’ange de la résurrection (voir Matt. 28:2, 4 ; cf. Dan. 10:7–11).

Qu’est-ce que c’est ? Par cette question, Corneille indiquait que la vision comportait plus qu’il ne pouvait comprendre, et ses paroles peuvent laisser entendre qu’il était prêt à suivre la direction divine. Comparez la réponse de Saul lorsque le Christ lui apparut sur la route de Damas (ch. 9:6). Seigneur. Gr. kurios, titre de respect qui, lorsqu’il s’applique à des êtres humains, doit être traduit par « monsieur » (ch. 16:30), mais qui, lorsqu’il désigne Dieu, signifie « Seigneur » (ch. 7:33). La traduction préférable ici dépend du degré auquel Corneille reconnut d’abord l’ange comme un messager céleste. « Seigneur » est probablement la meilleure traduction. Tes prières et tes aumônes. Voir le commentaire sur le v. 2. Les aumônes de Corneille étaient l’expression tangible de la sincérité de sa vie spirituelle intérieure, nourrie qu’elle était par la prière habituelle. Sont montées. Plus exactement : « se sont élevées ». On peut comparer la prière à l’encens qui monte vers le trône de Dieu (voir Rev. 5:8; 8:3, 4) ou à la fumée de l’holocauste, qui en hébreu était appelée ‘olah, « ce qui monte ». C’était une expression particulièrement appropriée pour désigner la prière offerte au moment du sacrifice du soir (voir le commentaire sur Acts 10:3). Mémorial. Gr. mnēmosunon, mot employé à plusieurs reprises dans la LXX pour désigner la portion de l’offrande de céréales que le prêtre brûlait sur l’autel (Lev. 2:2, 9, 16; 5:12; 6:15). La fumée de l’offrande, en s’élevant, représentait les prières d’Israël. Ce même mot apparaît dans Tobit 12:12, où un ange dit : « J’ai présenté le mémorial de votre prière devant la gloire du Seigneur » (dans R. H. Charles, The Apocrypha and Pseudepigrapha of the Old Testament, vol. 1, p. 234). Les prières de Corneille étaient agréables à Dieu. Il suivait « la vraie Lumière, qui éclaire tout homme » (John 1:9), et il participait à la foi qui, depuis la création du monde, a ouvert la voie à la justification — la conviction que le vrai Dieu « existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent avec zèle » (Heb. 11:6).

Actes 10:5

5. Envoyer des hommes. Dieu a voulu que Corneille fasse un effort actif pour obtenir la connaissance de l'Évangile. Les vérités acquises à la suite d'une enquête personnelle sont souvent plus précieuses que celles qui nous sont imposées.

Appelez un Simon. Le centurion aurait sans doute pu découvrir que Simon l'apôtre logeait chez Simon le tanneur. Mais Dieu, l'Omniscient, savait où se trouvait Pierre et dirigea Corneille en conséquence. Dans son omniscience, Dieu connaît tous les détails intimes de chacun. Le fait que l'homme s'en rende compte peut le dissuader de pécher ; mieux encore, il l'encourage à mener une vie pieuse. Les errances du psalmiste et les chagrins qui les accompagnent sont connus de Dieu(Ps. 56.8). Même la chute d'un moineau est remarquée par le Seigneur, et les cheveux de la tête des hommes sont comptés(Matt. 10:29-31). Le parallèle entre l'expérience de Corneille et celle d'Ananie et de Saul(Actes 9:10-12) est remarquable.

Actes 10:6

6. Simon, tanneur. Voir sur le ch. 9:43.

Il te dira. Cependant, la même idée est exposée dans le récit de Pierre lui-même de la visite à Corneille(ch. 11:14), dans la clause " qui te dira les paroles par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta maison "."C'est l'un des nombreux cas que l'on trouve dans certains manuscrits tardifs des Actes où l'on s'est apparemment efforcé de former un récit complet dans les premiers chapitres en rassemblant et en adaptant des déclarations qui n'apparaissaient à l'origine que dans des chapitres ultérieurs(cf. ch. 9,6).

Pour une discussion sur le statut des prosélytes à part entière et des " prosélytes de la porte ", qui avaient accepté en partie la foi juive, voir Vol. V, p. 62.

Actes 10:7

7. Un soldat pieux. Le mot "pieux" implique que cet homme était, comme son supérieur le centurion, un adorateur du vrai Dieu, mais pas un prosélyte circoncis (voir Vol. V, p. 62).

Actes 10:8

Déclara toutes ces choses. La confiance que Corneille accordait à ceux qui étaient sous ses ordres se manifeste par le fait qu’il leur parla aussitôt et franchement de sa vision. Ils avaient sans doute connu ses espérances et ses prières antérieures, et étaient donc prêts à prendre part à la réponse promise. Tout cela éclaire le caractère de Corneille et indique que, dans la mesure de ses possibilités, il avait essayé de conduire ceux qui étaient sous son influence vers la vérité qui l’avait personnellement amené à une vie supérieure. À Joppé. La distance de Césarée à Joppé était d’environ 30 mi. Joppé était la ville d’où Jonas s’était enfui lorsqu’il avait été appelé à prêcher aux païens un message qui s’avéra être pour eux un message de vie. Maintenant, c’est de cette même ville que Pierre devait être appelé à proclamer l’Évangile aux païens.

Actes 10:9

9. L'heure approche. Les événements qui ont conduit à la vision de Pierre ont été programmés de manière à amener le point culminant de cette vision juste à l'heure où les messagers sont arrivés (voir vs. 17-20 )

Toit de la maison. Gr. dÅÂma, " bâtiment" ," maison " : " monter sur la maison " signifie monter sur le toit, qui en Orient était généralement plat. C'était un endroit approprié pour la prière et la méditation. Dans une ville comme Joppé, et dans la maison du tanneur, c'était peut-être le seul endroit approprié pour un tel usage. Pour des exemples d'autres utilisations des toits de maisons, voir 1 Sam. 9:25; Jer. 19:13; Matt. 10:27

La sixième heure. C'est-à-dire à midi. Chez les Juifs, cette heure ne faisait probablement pas partie des heures habituelles de prière, et la littérature juive ancienne n'en parle pas en tant que telle. Il est possible que des personnes particulièrement pieuses l'aient observée (voir Ps. 55:17), et la prière de Pierre à cette heure peut être interprétée ainsi (voir sur Actes 3:1). Cependant, d'autres explications sont également possibles. La prière régulière du matin, qui avait normalement lieu vers 9 heures , au moment de l'offrande du matin, pouvait être offerte aussi tard que midi. Ainsi, c'est peut-être sa prière du matin que Pierre offrait. Une autre possibilité intéressante, , est suggérée par un règlement juif qui remonte au moins au IIIe siècle après J.-C. Ce règlement stipulait que si un homme n'avait pas mangé avant midi, il devait d'abord offrir sa prière de l'après-midi avant de prendre de la nourriture, car la prière de l'après-midi (normalement vers 15 heures) ne devait pas être dite peu de temps après le repas . Dans la mesure où Pierre avait "très faim" (ch. 10:10), il se peut que le jour en question, il n'ait pas encore mangé, et qu'il ait donc fait exprès de faire sa prière du soir plus tôt

Quelle que soit l'explication que l'on donne au fait que Pierre ait prié à cette heure, il est clair que sa méditation et sa dévotion lui ont ouvert la voie pour recevoir une vision au moment précis où il devait se préparer à recevoir les messagers du païen Corneille

Actes 10:10

10. Très affamé. Apparemment, Pierre ne jeûnait pas, car il avait l'intention de manger. Sa faim de midi le préparait à l'ordre de manger qui devait lui être donné en relation avec sa vision(v. 13). Dans ces circonstances, le commandement était particulièrement fort

Aurait mangé. Littéralement, "souhaitait manger", ou "commençait à vouloir manger"

Une transe. Gr. ekstasis, "une mise à l'écart", et par extension, un déplacement de l'esprit hors de son environnement normal. Le mot anglais "ecstasy" est dérivé de ekstasis. Luc utilise à nouveau ce mot pour la vision de Paul dans le Temple(ch. 22:17). Ce mot est employé dans les LXX pour décrire le sommeil profond d'Abraham(Gen. 15:12). Il représente un état dans lequel l'action normale des sens est suspendue, de sorte que la vision n'est perçue que mentalement, comme dans un rêve (voir 2 Cor. 12:3). L'ekstasis de Pierre a fourni un canal pour une révélation de la volonté divine

Actes 10:11

11. Le ciel s'est ouvert. Indiquant que la vision et son message venaient de Dieu (voir ch. 7:56).

Vaisseau. Gr. skeuos, mot utilisé pour désigner les ustensiles ménagers et autres ; dans le cas présent, terme général pour désigner un récipient.

Pour lui. L'évidence textuelle favorise(cf. p. 10) l'omission de ces mots.

Un grand drap. L'évidence textuelle est divisée(cf. p. 10) quant à savoir si ce passage devrait se lire comme dans la KJV, ou, "une grande nappe descendue par quatre coins" Le mot rendu par "coins" est le mot commun pour "début", et se réfère donc à une extrémité, qui dans le cas d'une nappe serait ses coins. Il semble que l'apôtre ait vu un grand drap, dont les quatre coins descendaient de ce que l'on pourrait appeler les quatre extrémités du ciel ouvert.

Actes 10:12

Toutes sortes de … bêtes. Les preuves textuelles favorisent (cf. p. 10) l’omission des mots « de la terre et les bêtes sauvages ». Cependant, ces mêmes mots se trouvent au ch. 11:6. La vision représentait l’ensemble de la création animale. Il semble que soient représentés à la fois les aliments permis aux Juifs et ceux qui leur étaient interdits, mais que les païens utilisaient comme nourriture.

Actes 10:13

13. Tue et mange. Pierre avait faim, et la voix du ciel confirmait son appétit naturel. Sa résistance était due à sa conscience. Pierre n'avait pas encore appris que la distinction entre Juifs et Gentils avait disparu en Christ(Gal. 3:28, 29). Le fait que Pierre n'ait pas pleinement appris cela, même après cette vision, est démontré par sa dissimulation ultérieure à Antioche, pour laquelle Paul l'a si franchement réprimandé(Gal. 2:9-21).

Actes 10:14

Pas ainsi, Seigneur. La résistance énergique de Pierre, même face à une voix venant du ciel, est tout à fait conforme à son caractère (voir Matt. 16:22; Jean 13:8). Son exclamation évoque celle d’Ézéchiel lorsqu’il envisageait qu’Israël mange de la nourriture souillée (ch. 4:14). L’abstention de chair impure était l’une des marques les plus caractéristiques du Juif, une distinction à laquelle il tenait rigoureusement. Elle avait été l’une des questions fondamentales entre les Juifs et les Syriens pendant la guerre des Maccabées (voir 2 Maccabées 6:18–31), une question pour laquelle des Juifs intransigeants donnèrent volontairement leur vie. Cependant, la distinction entre les animaux purs et impurs, clairement établie dans Lév. 11, précédait la nation juive. Cette distinction avait été établie par Dieu et respectée par Noé lorsqu’il supervisa l’entrée des animaux dans l’arche (Gen. 7:2; cf. ch. 8:20). La nourriture originelle de l’homme se composait de fruits, de céréales et de noix (Gen. 1:29). Avant que la chair ne soit ajoutée à cette alimentation (Gen. 9:2, 3), la distinction entre les animaux purs et impurs avait déjà été clairement établie. Il n’existe donc aucune base valable pour soutenir que l’interdiction des aliments impurs fut supprimée lorsque la loi cérémonielle juive prit fin à la croix. Dans la vision de Pierre, ces restrictions alimentaires se rapportaient symboliquement aux distinctions juives entre les hommes — eux-mêmes et les Gentils — et l’abolition de ces distinctions était le point en question (voir les commentaires sur Gen. 9:3; Lév. 11; Actes 10:15; Note complémentaire sur Lév. 11). Commun. L’emploi du mot « commun » au sens d’« impur », selon le rituel mosaïque, reflétait l’attitude juive envers les Gentils. Tous ceux qui n’étaient pas juifs étaient considérés comme la populace « commune », exclue de l’alliance de Dieu. Les pratiques de ces exclus spirituels, différentes de celles du peuple élu, étaient appelées « communes »

choses, et comme ces choses « communes » étaient généralement celles qui étaient interdites par la loi, toutes ces choses ou actions prohibées devinrent connues sous le nom de « communes ». De même, lorsque les mains des hommes étaient souillées rituellement, elles étaient appelées « mains communes » (traduction littérale de l’expression rendue par « mains … souillées » dans Marc 7:2).

Actes 10:15

15. Ce que Dieu a purifié. Dans la vision, les bêtes pures et les bêtes impures se trouvaient sur le même pied, étant descendues du ciel dans la même nappe. Ils représentaient donc un mélange général de choses, dont aucune ne devait être qualifiée de commune ou d'impure. En interprétant la vision, il faut reconnaître que, bien qu'elle ait été donnée dans le contexte de la faim physique(v. 10), elle ne concernait pas la nourriture, mais les hommes. C'est pour les âmes des hommes, de toutes sortes et partout, que Pierre devait éprouver une faim. Ayant appris cette leçon, du moins en partie, Pierre déclara : "Dieu m'a montré que je ne dois traiter aucun homme de vulgaire ou d'impur"(v. 28). Les païens, habituellement considérés comme impurs, attendaient le ministère spirituel de Pierre. Il ne doit pas hésiter à les servir. Ils ne doivent plus être considérés comme impurs.

Actes 10:16

16. Trois fois. La vision a été répétée trois fois, sans doute pour qu'elle reste dans l'esprit de l'apôtre. De même, le rêve de Pharaon avait été donné deux fois(Gen. 41:32), et Jésus avait répété trois fois à Pierre l'injonction : "Pais mes agneaux" ou "Pais mes brebis"(Jean 21:15-17), une injonction qui devait maintenant prendre une signification nouvelle et plus complète pour lui.

Actes 10:17

17. Doutait. Ce mot est utilisé pour décrire la perplexité d'Hérode à propos du Christ, lorsque les gens disaient que Jean le Baptiste était ressuscité(Luc 9:7). Pierre, sorti de sa transe, ne savait pas comment appliquer ce qu'il avait vu et entendu. Les représentants de Corneille, qui l'appelaient à ce moment-là, lui apportèrent la réponse. Voir Actes 10:28.

Il s'arrêta devant la porte. L'emplacement général de la maison de Simon avait été décrit à Corneille(v. 6). Lorsque ses messagers ont constaté que les détails correspondaient, ils ont dû être convaincus que leur mission serait couronnée de succès. La synchronisation de la vision de Corneille avec celle de Pierre pour permettre l'arrivée des messagers, après un voyage d'un millier de kilomètres (voir v. 8), au logement de Pierre au bon moment, n'était pas une coïncidence.

Actes 10:18

Et appela. C’est-à-dire, afin que quelqu’un à l’intérieur de la maison sorte. Les messagers étaient sans doute des Gentils, comme Corneille lui-même, et ils auraient donc hésité à entrer dans une maison juive sans signaler leur présence.

Actes 10:19

Pierre réfléchissait. Pierre méditait sur sa difficulté et se demandait ce que Dieu avait voulu enseigner par cette vision. Tandis qu’il réfléchissait ainsi, l’explication arriva. L’Esprit dit. Pierre n’était plus en transe. L’Esprit divin parlait maintenant aux profondeurs de son âme. L’instruction de l’Esprit impliquait que Pierre devait faire le lien entre l’arrivée de la délégation et la vision qu’il avait eue. Trois hommes. Les deux serviteurs et le soldat que Corneille avait envoyés (v. 7).

Actes 10:20

20. Descends. Pierre était encore sur le toit.

Doute, ou hésite. Comme auparavant, Pierre ne savait pas encore ce que faisait son Seigneur, mais il le saurait plus tard(Jean 13:7). Lui et les messagers de Corneille agissaient sous l'impulsion du Saint-Esprit. La vision n'avait pas laissé entendre à Pierre qu'il devait entreprendre un voyage à l'adresse . Pierre en fut informé et comprit que le "rien qui doute" signifiait, à la fin de son voyage, qu'il ne devait pas faire de distinction entre les Juifs et les autres hommes. C'est ainsi que la vision devint peu à peu intelligible et que sa perplexité fut dissipée.

Actes 10:21

Qui furent envoyés. Les preuves textuelles attestent (cf. p. 10) l’omission des mots « qui lui avaient été envoyés par Corneille ». Quelle en est la cause ? L’Esprit avait dit à Pierre que les hommes l’attendaient et qu’il devait aller avec eux, mais il ne lui avait pas été indiqué la raison de leur venue. Naturellement, sa première question porta donc sur le but de leur appel.

Actes 10:22

Corneille, le centurion. La description donnée par ses messagers semble impliquer que Corneille n’était pas totalement inconnu à Joppé. Pierre s’est peut-être souvenu de l’autre centurion, dont le nom n’est pas rapporté, qui était stationné à Capernaüm et avait construit une synagogue pour les Juifs (Luc 7:5). Avec ce souvenir lui revinrent à l’esprit les paroles que son Maître avait prononcées en louant la foi du centurion : « Beaucoup viendront de l’est et de l’ouest, et s’assiéront avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux » (Matt. 8:11). Un homme qui craint Dieu. Voir les commentaires sur le v. 2. De bonne réputation. C’est-à-dire, en raison des aumônes qu’il avait données et de sa révérence manifeste envers le vrai Dieu. La piété de Corneille était connue non seulement de la population générale de Césarée, mais aussi de tous les Juifs. A été averti par Dieu. Gr. chrēmatizō, « conseiller ». Ce mot était employé à plusieurs reprises par les auteurs païens pour désigner une réponse rendue par un oracle. Josèphe l’emploie plusieurs fois pour parler de Dieu s’adressant aux hommes, et c’est clairement son sens dans le présent passage. Il est utilisé pour les avertissements donnés aux mages (Matt. 2:12), et à Joseph (Matt. 2:22), pour la révélation donnée à Siméon (Luc 2:26), et pour les messages divins envoyés à Moïse (Héb. 8:5), et à Noé (Héb. 11:7). Par conséquent, la KJV a traduit ce seul mot par « a été averti par Dieu ». Entendre des paroles. C’est-à-dire apprendre de Pierre ce que Dieu voulait que Corneille fasse (voir ch. 11:14). De même, les Juifs appelaient fréquemment les Dix Commandements les Dix Paroles (cf. Ex. 20:1).

Actes 10:23

23. Il a été appelé. Pour Pierre, appeler ces païens dans la maison, c'était faire un premier pas pour mettre de côté les scrupules que les Juifs ressentaient à l'égard des non-Juifs

Le lendemain. Puisque c'est vers midi que Pierre est monté sur le toit de la maison pour prier, l'arrivée des messagers qui ont suivi sa vision a dû se faire en début d'après-midi. Comme il était déjà trop tard pour atteindre Césarée, distante de 30 km, ce jour-là, Pierre ne s'est pas mis en route avant le lendemain. De plus, les messagers avaient sans doute besoin de se reposer de leur voyage à Joppé

Certains frères. Ces hommes étaient, bien sûr, des Juifs chrétiens(v. 45), et selon le chapitre 11:12, ils étaient au nombre de six. Sans doute Pierre se souvenait-il des paroles du Christ : " Toute parole peut être établie par la bouche de deux ou trois témoins "(Matt. 18:16). Il souhaitait qu'ils rapportent à l'église tout ce qu'il faisait. L'utilité de leur témoignage plus tard à Jérusalem est sous-entendue dans Actes 11:12. Sans doute Pierre les a-t-il informés de sa vision et du message que les serviteurs de Corneille avaient apporté. La bonne réputation de Corneille aurait pesé sur eux et les aurait rendus prêts à partir avec Pierre

Actes 10:24

24. Le lendemain. Apparemment, Pierre et ses compagnons ont passé la nuit à Césarée, comme les messagers de Corneille l'avaient probablement fait en allant à Joppé (voir vs. 7-9, 17). Leur route longeait la côte méditerranéenne

Corneille attendait. Son attitude de préparation montre à quel point il était convaincu que sa propre vision était réelle et que Dieu était sur le point de lui donner une réponse à ses prières

Les parents et les amis proches. Il s'agissait sans doute de soldats sous le commandement de Corneille qui étaient plus ou moins en sympathie avec ses sentiments religieux, et d'amis de la communauté. Il cherchait à mettre le plus grand nombre possible à portée de la nouvelle lumière qu'il allait recevoir

Actes 10:25

25. Ils le vénéraient. Cette obédience était la forme la plus extrême de l'hommage oriental. Ainsi, Jaïrus s'est prosterné devant Jésus(Matt. 9:18), et Jean devant l'ange(Ap. 22:8). Cet acte de la part de Corneille, un officier romain, révélait qu'il reconnaissait Pierre comme le messager de Dieu. De tels actes n'étaient certainement pas habituels chez les soldats romains, en particulier à l'égard des Juifs

Actes 10:26

26. Il l'a élevé, c'est-à-dire qu'il l'a ressuscité. La réponse de Pierre montre que le culte doit être rendu à Dieu seul. Il ne serait jamais juste que l'homme exige ou reçoive un tel hommage de la part de l'homme. Les paroles de Pierre sont parallèles à celles de Paul à Lystre(ch. 14:15). Adorer des saints, ou même des anges, c'est effacer la distinction qui devrait toujours exister entre Dieu et l'homme (voir Apoc. 22:9).

Actes 10:27

27. S'est entretenu avec lui. Les remarques ultérieures de Pierre indiquent que Corneille a raconté à l'apôtre de nombreuses choses qui ne sont pas spécifiquement mentionnées dans le texte.

Il entra. Apparemment, la partie précédente de l'entretien s'est déroulée près de l'entrée de la maison. L'action de Corneille en sortant à la rencontre de Pierre est dans l'esprit du centurion de l'Évangile, qui dit : " Je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit "(Luc 7:6).

Beaucoup. La personnalité et la conduite de Corneille lui avaient valu de nombreux amis, et dans son enthousiasme et sa foi, il les avait rassemblés pour voir et entendre un homme dont il ne savait rien (voir v. 24).

Actes 10:28

Une chose illégale. L’apôtre l’énonce comme un fait bien connu : un Juif ne pouvait pas s’associer à un Gentil. Le fait que les messagers de Corneille se tinssent à l’extérieur de la maison de Simon et appelassent quelqu’un à venir les rejoindre en plein air montrait qu’ils étaient conscients des préjugés juifs. Cette exclusivité juive était connue des auteurs classiques. Juvénal dit : « Ayant coutume de se moquer des lois de Rome, ils [les Juifs] apprennent, pratiquent et vénèrent la loi juive, ainsi que tout ce que Moïse a transmis dans son livre secret, interdisant d’indiquer le chemin à quiconque ne pratique pas les mêmes rites, et ne conduisant à la fontaine désirée que les circoncis » (Satires xiv. 100–104 ; éd. Loeb, p. 273). De même, Tacite déclara : « Les Juifs sont extrêmement loyaux les uns envers les autres et toujours prêts à faire preuve de compassion, mais envers tous les autres peuples ils n’éprouvent que haine et hostilité. Ils s’asseyent à part pour les repas et dorment à part » (Histoires v. 5 ; éd. Loeb, vol. 2, p. 181, 183). Pierre, bien sûr, parlait du point de vue du pharisaïsme traditionnel plutôt que de celui de la loi elle-même ; mais de tels sentiments étaient largement répandus et se manifestaient sous des formes rigoureuses partout où Juifs et païens entraient en contact. Le Juif strict hésiterait à entrer dans la maison d’un Gentil, comme le reflète une interdiction de la Mishnah : « Les habitations des païens sont impures » (Oholoth 18. 7, éd. Soncino du Talmud, p. 226). Dans un ancien commentaire juif sur le Lévitique figure un remarquable Nichol, F. D. (1978). The Seventh-day Adventist Bible Commentary : The Holy Bible with exegetical and expository comment. Série de références de commentaires (Ac 9:33). Washington, D.C. : Review and Herald Publishing Association.

exemple de souillure cérémonielle par contact avec un Gentil : « Il est rapporté que Siméon, fils de Ḳimḥith, sortit pour parler avec un roi arabe, et qu’un jet de salive provenant de la bouche de ce dernier fut projeté sur ses vêtements et le souilla. Son frère Juda entra et exerça à sa place la fonction de grand prêtre » (Midrash Rabbah, sur Lév. 16:1, éd. Soncino, p. 263). Le sentiment hindou de la caste, qui consiste à éviter le contact avec ceux d’un rang inférieur, bien qu’il soit maintenant en voie de disparition lente sous la pression de la loi et des idées libérales, offre un parallèle moderne étroit. Fréquenter. Ou « s’associer à lui-même » (voir le commentaire sur ch. 9:26). Le mot signifie un contact direct. Bien que les relations ordinaires de la vie obligeassent constamment les Juifs à se trouver en compagnie de Gentils, ils devaient éviter ce contact si possible, de peur d’être souillés rituellement. Ne déclarer aucun homme impur. L’apôtre montrait maintenant qu’il avait appris la leçon de la vision. L’humanité avait été rachetée par l’incarnation, le sacrifice et l’ascension du Christ, et même le païen le plus méprisé n’était plus impur ni souillé. Dieu était disposé à accueillir tous les hommes, et il le fait par Jésus. Le péché seul est ce qui sépare les hommes de Lui (És. 59:2). L’impureté doit être considérée comme une souillure morale, et non physique ou raciale. Le disciple de Dieu doit apprendre à voir en chaque pécheur le potentiel d’un homme racheté, justifié et sanctifié. Puisque chaque homme peut potentiellement faire l’objet d’une telle transformation divine, il doit être respecté comme quelqu’un en qui l’image de Dieu n’est pas entièrement effacée et peut encore être restaurée (voir 1 Pierre 2:17). La fierté de classe fondée sur de simples différences de culture ou de possibilités, et qui se manifeste par des actes et des paroles de mépris, est, d’un certain point de vue, encore moins excusable que les distinctions fondées sur une base religieuse. Ces dernières sont plus susceptibles d’être corrigées. Il ressort clairement de ce verset que la leçon que Dieu enseigna à Pierre concernait non pas les animaux, mais les hommes. Tous les hommes devaient être atteints par l’Évangile ; en définitive, ils ne seraient impurs que lorsqu’ils rejetteraient les efforts de Dieu pour les sauver.

Actes 10:29

29. Sans hésiter. Pierre était venu à Césarée sans discuter ni poser de questions, suivant avec foi les directives de l'Esprit, bien qu'il n'ait vu que vaguement ce que Dieu voulait qu'il fasse.

Actes 10:30

30. Il y a quatre jours. Il s'agit là d'un exemple clair de la méthode de comptage des périodes de temps par calcul inclusif (voir Vol . I, p. 182 ; Vol. II, p. 136, 137 ; Vol. V. p. 249, 250). Corneille reçut sa vision et envoya ses serviteurs le premier jour de(vs. 3, 7, 8) ; ils arrivèrent à Joppé le deuxième jour(vs. 9, 17) ; avec Pierre et ses amis, ils quittèrent Joppé le troisième jour(v. 23) ; et tous arrivèrent à Césarée le quatrième jour(v. 24). Comme ils rencontrèrent Corneille à peu près à l'heure où il avait eu sa vision (voir ci-dessous " jusqu'à cette heure "), la période totale n'a pu dépasser 72 heures, mais comme il s'agissait de parties de quatre jours, Corneille en parla comme de " quatre jours ".

Je jeûnais. L'évidence textuelle favorise(cf. p. 10) l'omission de ces mots.

Jusqu'à cette heure. Le grec de ce passage est ambigu, mais il est probablement préférable de le traduire par " il y a quatre jours, vers cette heure ", ce qui indique que l'arrivée de Pierre à Césarée a dû avoir lieu au milieu de l'après-midi, vers la neuvième heure, le même moment de la journée où Corneille avait reçu sa vision.

A la neuvième heure, je priai. L'évidence textuelle favorise(cf. p. 10) la lecture " je priais à la neuvième heure ", c'est-à-dire la prière de la neuvième heure, offerte au moment du sacrifice de l'après-midi (voir sur chs. 3:1; 10:3, 9). Il est donc préférable de lire l'ensemble du passage comme suit : " Il y a quatre jours, à cette heure-ci, je faisais la prière de la neuvième heure dans ma maison ".

En vêtements éclatants. Voir ch. 1:10. Cette expression, en grec, est la même que celle que Jacques traduit par " beaux vêtements " et " vêtements gais "(Jacques 2:2, 3). L'adjectif traduit par " brillant " est employé par Jean pour décrire les vêtements des anges(Apoc. 15:6) et de l'épouse de l'Agneau(chap. 19:8).

Actes 10:31

31. Ta prière. Contrairement au passage parallèle du v. 4, où il est question de " prières " au pluriel, le présent passage parle de " ta prière ", ce qui implique une supplication spécifique. Cela donne une plus grande précision à la prière de Corneille et à son objet. Sans doute s'agissait-il d'obtenir une plus grande lumière et une connaissance plus complète de la vérité (voir v. 2).

Tes aumônes. Voir v. 4.

En souvenir. Forme verbale du mot traduit par " mémorial " dans le passage parallèle (voir v. 4).

Actes 10:32

32. Joppé. Voir ch. 9:36; 10:8.

Simon, tanneur. Voir ch. 9:43.

Actes 10:33

33. Tu as bien fait. Il ne s'agit pas d'une simple approbation, mais d'une gratitude sincère (voir Phil. 4:14).

Nous tous ici. Ces mots signifient que les amis rassemblés autour de Corneille partageaient son désir de connaître la vérité et étaient prêts à se conformer à ce qui leur serait révélé comme étant la volonté de Dieu.

Entendre. Ce mot implique aussi l'intention de croire et d'obéir (voir sur Jean 5:24). Le centurion s'attendait à entendre de la bouche de Pierre des paroles par lesquelles lui et toute sa maison pourraient être sauvés.

Actes 10:34

Ouvrit sa bouche. Expression employée pour des paroles importantes (voir le commentaire sur le chap. 8:35). Qui fait acception de personnes. Gr. prosōpolēmptēs, « celui qui reçoit le visage », et donc celui qui distingue les personnes sur la base des apparences extérieures. Cette expression trouve un parallèle intéressant dans la phrase hébraïque nas̄o’ phanim, littéralement « lever le visage », qui, dans l’usage courant, signifiait également établir des distinctions injustes entre les hommes. Comparez l’expression anglaise « perdre la face ». Voir vol. V, p. 107. Pierre avait constaté chez son Maître une absence d’« acception de personnes », que les distinctions concernent le rang social, les connaissances ou la richesse. Ses ennemis eux-mêmes le reconnurent (Matt. 22:16). Jacques insiste sur ce même trait de caractère comme étant essentiel à tous ceux qui souhaitent être de véritables disciples du Christ (chap. 2:1–9). Pierre devait apprendre que la pleine application de ce grand principe exigeait des chrétiens juifs qu’ils accueillent ceux des autres races dans une communion égale avec eux-mêmes. Paul, le champion du christianisme païen, souligne ce principe dans Rom. 2:9–11 De la vision de Corneille, parallèle à la sienne, Pierre apprenait que Dieu se fait connaître à tous ceux qui aspirent à la justice, qu’ils soient juifs ou païens. Voir Deut. 10:17; 1 Sam. 16:7.

Actes 10:35

35. Dans toutes les nations. Pierre comprenait vaguement que le christianisme ne devait pas être national. Dans ses rapports avec Corneille, il a commencé à voir comment cela pouvait être, bien qu'il ne l'ait pas encore bien compris. Paul déclarera bientôt que ni la race, ni le sexe, ni le statut social n'ont d'importance aux yeux de Dieu(Gal. 3:28; Col. 3:10, 11).

Les Juifs en étaient venus à se considérer comme les seuls objets de l'intérêt, de l'attention et de la miséricorde de Dieu. Alors qu'avant la captivité à Babylone, ils avaient conformé leur vie et leurs croyances et pratiques religieuses à celles des nations païennes qui les entouraient (voir Vol. IV, p. 31), après la captivité, ils ont déployé des efforts extrêmes pour s'isoler de leurs voisins païens. Ils ont développé un esprit d'exclusivité qui les a amenés à mépriser les non-Juifs et à nier leur droit d'être acceptés par Dieu.

Au début, cet esprit d'exclusivité constituait le principal obstacle à l'avancée de l'Évangile parmi les non-Juifs. Si le christianisme n'était resté qu'une secte du judaïsme, comme les chrétiens juifs l'avaient d'abord conçu, il n'aurait jamais pu prétendre à l'allégeance de tous les hommes, partout dans le monde. La première grande tâche de l'Église a donc été de briser les liens étroits du judaïsme. Lors de la conversion de Corneille, le Saint-Esprit a conduit l'Église naissante à faire son premier pas important dans cette direction.

Il le craint. Cette phrase et la suivante peuvent être considérées comme couvrant respectivement les deux tables de la loi, la première se référant au devoir de l'homme envers Dieu, la seconde à son devoir envers ses semblables. Voir à ce sujet Michée 6:8; Matt. 22:34-40.

Accepté. Dieu n'a plus de race élue. Il appelle tous les hommes à se repentir et accepte ceux qui le font avec sincérité.

Actes 10:36

36. La parole. C'est-à-dire le message, la nouvelle du Messie, qui a apporté la paix sur terre par l'intermédiaire d'un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur (voir Luc 2:14). Ce message a d'abord été prêché à Israël en tant que peuple choisi par Dieu, mais Pierre a maintenant reconnu que Dieu remet les péchés à tous ceux qui croient en lui (voir Actes 10:43). Le message de paix ne devait plus seulement être diffusé entre Dieu et la race élue, mais aussi entre Dieu et les païens.

La prédication. Forme du verbe grec euaggelizÅÂ," annoncer de bonnes nouvelles " et, dans un sens technique chrétien, " prêcher l'Évangile " (voir Ésaïe 52:7).

La paix. Il est dit que Dieu créera la paix pour celui qui est loin comme pour celui qui est proche, pour le païen comme pour le Juif (voir sur Isaïe 57:19cf. ch. 49:6). Le Christ a prêché cette paix entre Dieu et toutes les nations sans distinction (voir Matt. 8:11; Jean 12:32 cf. Matt. 28:19). Les apôtres ont transmis cette bonne nouvelle au monde. S'adressant aux païens, Paul dit : "Vous qui étiez loin, vous vous êtes rapprochés par le sang du Christ"(Eph. 2:13). Les apôtres ont toujours prêché qu'il n'y avait sous le ciel aucun nom par lequel les hommes pouvaient être sauvés, si ce n'est le nom du Christ(Actes 4:12), et que, que les hommes soient juifs ou grecs, le Christ est tout et en tous(Col. 3:11). Ainsi, dans cette doctrine de la paix par le Christ, il y a harmonie entre l'AT et le NT, entre les prophètes et les apôtres. Le Christ est le Seigneur de tous(Rom. 3:29).

La paix promise est une paix, non pas d'abord entre les hommes, mais entre Dieu et chaque homme, et elle est obtenue lorsque l'expiation est reçue par Jésus-Christ par la foi(Rom. 3:24-26; 5:1). Le messager de la paix est Jésus-Christ ; le fondement de la paix est son œuvre expiatoire ; les termes de la paix sont la foi ; la bénédiction de la paix est la rémission des péchés ; le fruit de la paix est la sainteté.

Seigneur de tous. Dans la mesure où Jésus-Christ est le Seigneur de tous, chaque homme doit se tenir sur un pied d'égalité devant lui. En disant cela, Pierre a aussi préservé Corneille de penser que le juif qu'il avait compris être le Messie, n'était qu'un prophète et un enseignant.

Actes 10:37

37. Parole. Gr. rhÃâma, qui met l'accent sur l'énonciation, ou la prédication, de la parole plutôt que sur la " parole "(logos) elle-même, comme au v. 36. Là, il s'agit de tout le message du salut par le Christ. Ici, plus précisément, il s'agit de la nouvelle de Jésus qui s'est répandue après la prédication de Jean le Baptiste. Apparemment, Corneille et ses amis ont eu connaissance de ces nouvelles, peut-être grâce à l'enseignement qui s'était déjà répandu jusqu'à Césarée(ch. 8:40). Le contenu de cet enseignement était que, bien que Jésus ait vécu en tant qu'homme à Nazareth, il était l'oint de Dieu, le Messie, et qu'il l'avait prouvé par les œuvres puissantes qu'il avait accomplies (voir ch. 10:38). Cela indique que l'histoire du Christ était largement connue, et que les apôtres et les laïcs avaient annoncé sa venue avec vigueur et efficacité.

Le départ de la Galilée. Après avoir été baptisé dans le Jourdain, Jésus a commencé à prêcher en Galilée (voir Marc 1:14).

Actes 10:38

38. Oint. Gr. chriÅÂ,"oindre", le même mot qui apparaît sous une forme différente comme "Christ" (voir sur ch. 4:26). Venant peu après la référence de Pierre au Christ au ch. 10:36, ce mot semble impliquer que c'est à son baptême, lorsqu'il a reçu l'Esprit, que Jésus de Nazareth est devenu publiquement et officiellement le Messie (voir Matt. 3:16, 17), l'"Oint", bien qu'il ait été "l'Agneau immolé dès la fondation du monde"(Ap. 13:8).

Le Saint-Esprit. Jésus a été oint lors de son baptême, non pas avec de l'huile, mais avec le Saint-Esprit(Matt. 3:13-17).

Avec puissance. Lorsque le Fils de Dieu s'est humilié lors de l'incarnation, il a renoncé à l'exercice indépendant de ses attributs en tant que deuxième personne de la divinité(cf. Vol. V, pp. 918, 919). Pour tout ce qu'il a accompli sur terre, il s'est appuyé, comme les autres hommes, sur la puissance d'en haut (voir DA 143; cf. Jean 5,19.30; 8,28).

Faire le bien. La vie de Jésus montre un exemple constant de dévouement au service de l'humanité (voir ch. 2:22; DA 70).

Opprimé par le diable. Dans un sens, toutes les maladies et les souffrances viennent de Satan. Même "l'écharde dans la chair" de Paul était un "messager de Satan pour le faire souffrir"(2 Cor. 12:7). Mais il existe aussi une possession démoniaque spécifique, qui n'est pas toujours reconnue comme telle par le diagnostic médical moderne. Cette possession s'est manifestée dans toute sa terriblité et sa répulsion au cours des premières années de la proclamation de l'Évangile. Jésus a vaincu cette force chaque fois qu'il l'a rencontrée. Il a chassé des démons à maintes reprises. Voir la note complémentaire sur Marc 1.

Dieu était avec lui. Nicodème confesse : "Personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui"(Jean 3:2).

Actes 10:39

39. Nous sommes des témoins. Pierre était avec Jésus depuis le début de son ministère(Jean 1:40-42). L'apôtre a reconnu que le but principal de sa mission était de témoigner du Christ auprès des hommes, comme le Seigneur l'avait ordonné (voir Actes 1:8, 21, 22; cf. Matt. 28:19, 20; Luc 24:48).

Terre. Gr. chÅÂra," région ", " campagne ", ici en contraste avec la ville, Jérusalem (voir Luc 2:8; Actes 26:20).

Ils ont tué et pendu. Voir ch. 5:30. Comme au ch. 2:23, Pierre représente la crucifixion comme étant principalement le fait des dirigeants et du peuple de Jérusalem, et non du gouverneur romain.

Arbre. Gr. xulon, " bois ", mais utilisé dans les LXX et les papyrus également pour " arbre ". Il est clair qu'il s'agit de la croix. Il ne semble pas y avoir ici d'allusion à l'arbre de la connaissance du bien et du mal en Eden, comme certains commentateurs l'ont suggéré.

Actes 10:40

40. Le troisième jour. Il s'agit là d'un exemple de décompte inclusif d'une période de temps. Pour plus de détails sur cette méthode, voir Vol. I, p. 182 ; Vol. II, p. 136, 137 ; Vol. V, p. 249, 250 ; cf. sur le v. 30. Pour la durée du séjour du Christ dans le tombeau, voir Mt 16,21; Lc 23,53 à 24,6.

Il le montra ouvertement. Le Christ n'a pas été montré ouvertement (voir v. 41), mais par de nombreuses preuves, il était clair pour ceux qui le voyaient qu'il était le même Jésus, maintenant vivant et glorifié, qui avait été pendu à la croix.

Actes 10:41

41. Pas à tous. Les Juifs en général, n'ayant pas reconnu Jésus comme le Messie annoncé dans les prophéties de l'AT, n'étaient pas susceptibles d'être des témoins volontaires de sa résurrection (voir Luc 16:31). Le fait que même certains des disciples n'étaient pas prêts à accepter le Christ ressuscité(Matt. 28:17; Marc 16:14) montre à quel point une apparition publique devant les Juifs en général n'aurait pas été utile.

Des témoins déjà choisis. Les disciples avaient été choisis dès le début non seulement pour aider Jésus dans son ministère mais, plus encore, pour être témoins après son départ de ce qu'ils avaient vu et entendu (voir Matt. 28:19, 20; Jean 17:6-8; Actes 1:8; 2 Pierre 1:16-18).

Pour nous. Voir Actes 1:3; 1 Cor. 15:5-8.

A mangé et bu. Voir Luc 24:42, 43; Jean 21:13-15. Le fait qu'il ait mangé et bu a été le test crucial qui a prouvé que le Christ n'était pas un fantôme issu de l'imagination des disciples.

Actes 10:42

42. Il nous a ordonné de prêcher. Ce commandement est implicite dans Matt. 28:18-20, et est couvert par l'instruction d'Actes 1:8 de témoigner du royaume de Dieu(cf. ch. 1:2).

Ordonné par Dieu. Selon les termes de l'alliance éternelle, le Christ devait accomplir le salut de l'homme. Il est donc normal qu'il soit aussi le juge des hommes, dans l'accomplissement complet de l'alliance.

Rapide, c'est-à-dire "vivant". Paul(ch. 17:31) est d'accord avec Pierre pour relier la résurrection à l'assurance que celui qui était ressuscité serait le futur juge de tous les hommes. Le fait que Jésus était un homme, mais un homme victorieux du péché et de la mort, et le fait qu'il était en même temps Dieu, l'auteur de la loi par laquelle les hommes sont jugés, font de lui le juge logique et légitime de tous les hommes (voir sur Jean 5:22, 27).

Actes 10:43

43. Tous les prophètes. Comme dans ses discours précédents (voir ch. 2:16, 30; 3:18), Pierre révèle ici une compréhension de la signification des prophéties de l'AT en ce qui concerne le Christ et son œuvre. Il ne fait aucun doute que cela résulte en grande partie de l'enseignement que lui et les autres apôtres ont reçu du Christ dans l'intervalle entre sa résurrection et son ascension (voir Luc 24:27, 44). Dans le cas présent, Pierre se référait probablement à des passages tels qu'Isa. 49:6; Joël 2:32. Le fait que Pierre utilise les Écritures de l'AT pour renforcer son argumentation prouve qu'il savait que Corneille et sa famille connaissaient ces écrits.

Par son nom. Ces mots ont dû faire une profonde impression sur les auditeurs enthousiastes de Pierre. Voici la réponse à leurs doutes et à leurs perplexités. Ils devaient trouver le salut, non pas en se soumettant à la circoncision, ni aux traditions des Juifs, ni à tout ce que ces choses impliquaient, mais par le simple acte de foi en Christ et en la puissance de son nom (voir ch. 3:16). Leur salut se trouvait dans la puissance des attributs divins du Christ, dont son nom était un symbole inclusif. Par Jésus-Christ de Nazareth, ils recevraient, tout païens qu'ils étaient, la rémission des péchés que leur conscience éveillée leur enseignait être la condition nécessaire de la paix avec Dieu. La satisfaction de leurs désirs antérieurs les mettait dans une condition spirituelle leur permettant de participer à l'événement merveilleux que raconte le verset suivant.

Quiconque croit. C'est la promesse de Jean 3:16. Pierre la réitère ici, comme Paul le fera plus tard(Actes 16:31). Le salut se fait par l'acceptation de la grâce de Dieu en Jésus-Christ(Eph. 2:5, 8), et non par les oeuvres de la loi(Gal. 2:16, 20, 21). Les œuvres suivent la réception du don du salut(Eph. 2:10; Phil. 2:12, 13).

La rémission des péchés. Voir ch. 2:38; 3:19.

Actes 10:44

44. Le Saint-Esprit est tombé. La descente du Saint-Esprit sur le païen Corneille et sa famille avant leur baptême a directement accompli, pour les compagnons de Pierre, la promesse du Christ selon laquelle le Saint-Esprit "vous conduira dans toute la vérité"(Jean 16:13). Malgré la vision de Pierre, ils n'étaient toujours pas prêts à accepter pleinement les païens dans l'Église(Actes 10:45), jusqu'à ce que la venue du Saint-Esprit démontre que les païens étaient acceptables pour Dieu

De nombreux chrétiens ont soutenu que la réception du Saint-Esprit dépend de l'acte du baptême d'eau. Ils ont enseigné que le baptême a un pouvoir sacramentel, et qu'il est donc une cause instrumentale qui produit la grâce divine pour celui qui le reçoit. Le cas présent, dans lequel Corneille et sa famille ont reçu le don du Saint-Esprit avant d'avoir été baptisés dans l'eau, indique que la réception de l'Esprit ne dépend pas de l'acte du baptême (voir le verset 1) 47). Le baptême est plutôt un symbole extérieur d'une régénération spirituelle intérieure, et il tire sa signification de cette expérience (voir pp. 43, 44 ; voir sur Matt. 3:6Rom. 6:3-6)

Actes 10:45

45. Ceux de la circoncision. C'est-à-dire les six chrétiens juifs mentionnés au ch. 11:12 (voir ch. 10:23) comme compagnons de Pierre. Leur étonnement témoigne de la réalité du don reçu par Corneille et sa famille. Jusqu'à présent, les chrétiens considéraient comme acquis le fait que, pour devenir chrétiens, les païens devaient d'abord devenir des prosélytes juifs à part entière. Le cas de l'eunuque éthiopien baptisé par Philippe n'était probablement pas une exception à cette règle. Mais Corneille et sa famille étaient des païens, et les compagnons chrétiens juifs de Pierre ne comprenaient pas comment ils pouvaient recevoir le don du Saint-Esprit sans être d'abord devenus des prosélytes. Une raison supplémentaire de leur étonnement peut être trouvée dans le fait que certains juifs anciens déclaraient qu'à l'époque du Messie, aucun prosélyte ne serait reçu en Israël(Talmud 'Abodah Zarah 3b, Soncino ed., p. 8). Croyant que le temps messianique était arrivé, les compagnons de Pierre ont pu être influencés dans leur pensée par une telle attitude exclusive à l'égard des prosélytes.

Sur les païens. Les compagnons juifs chrétiens de Pierre virent alors un accomplissement certain de la vision de l'apôtre. Corneille et sa famille, remplis de l'Esprit Saint, étaient la preuve qu'aucun homme ne pourrait désormais appeler les païens "vulgaires ou impurs". Pour les compagnons chrétiens de Pierre, cette preuve suffisait sans doute.

Actes 10:46

46. Parler en langues. La manifestation des dons de Dieu s'est faite ici de la même manière qu'à Jérusalem le jour de la Pentecôte (voir ch. 2:4). Les mots impliquent un soudain frisson de joie spirituelle et d'élévation qui s'est manifesté par une explosion de louanges non préméditées. Dans l'histoire de l'Église apostolique, on trouve un certain nombre de cas de manifestation du Saint-Esprit par le don des langues(cf. Ac 19,6; cf. ch. 2,4; voir sur 1 Cor 14). Ce don a été accordé dans un but utile. À la Pentecôte, il a permis aux apôtres de proclamer l'Évangile à la foule non arabophone rassemblée pour la fête. Dans le cas des convertis d'Apollos qui ont été rebaptisés par Paul à Éphèse, il est raisonnable de conclure que ce don les a préparés à un champ d'action chrétien plus large (voir Actes 19:6). De même, dans le cas présent, le don des langues était un signe et un témoignage pour les compagnons de Pierre, qui n'étaient pas prêts à accepter les païens dans l'Église.

Pierre répondit. Aucune question préalable n'est posée, mais il est évident que les paroles de Pierre au v. 47 sont une réponse aux questions étonnées de ses amis chrétiens juifs, qui lui demandaient ce qu'il allait faire après que le païen Corneille et sa famille eurent reçu le Saint-Esprit. Il avait suivi les directives divines en venant leur prêcher ; allait-il maintenant aller jusqu'au bout et les baptiser eux aussi ?

Actes 10:47

47. Interdire l'eau. Pouvait-on refuser à ces païens le signe extérieur, alors que la grâce intérieure et spirituelle qu'il symbolisait avait été si manifestement accordée directement par Dieu ? D'ordinaire, comme dans le cas des Samaritains(ch. 8:15-17), le baptême était suivi de l'imposition des mains, accompagnée du don d'un pouvoir spirituel. Mais maintenant, le don de l'Esprit avait été donné en premier, et tout ce qui restait était l'acte extérieur d'amener ces croyants dans la société de l'église. Cet événement montre que Dieu donne ses dons directement, lorsque les hommes sont prêts à les recevoir (voir ch. 10:44). Mais il a montré tout aussi clairement qu'aucun don spirituel, aussi merveilleux soit-il, ne rend inutile l'obéissance à certaines formes extérieures, comme le baptême. En fait, le don exceptionnel a été accordé dans le but même d'éliminer tout scrupule que les circoncis auraient pu éprouver à l'égard du baptême. Le don de l'Esprit a ouvert la voie et le baptême a suivi.

Il en est de même pour nous. Pierre reconnaît que Dieu a choisi les païens aussi bien que les juifs, et qu'il a accordé la même grâce à chacun d'eux.

Actes 10:48

48. Il leur a ordonné de se faire baptiser. La construction semble impliquer que Pierre lui-même n'a pas baptisé ces convertis. Jésus(Jean 4:1, 2) et Paul(1 Cor. 1:14-16) se sont abstenus de baptiser les convertis, et apparemment Pierre a suivi une ligne de conduite similaire dans ce cas. Paul déclare qu'il s'abstenait généralement de baptiser, de peur que des factions ne se créent et que l'unité chrétienne ne soit rompue par des hommes se divisant en partis sous le nom de ceux qui les avaient baptisés. C'est peut-être aussi la raison invoquée ici (voir 1 Cor. 1:12).

Nous ne savons pas qui a administré le baptême. Peut-être les compagnons de Pierre l'ont-ils fait. Il est possible qu'il y ait déjà eu une congrégation organisée à Césarée, suite au travail de Philippe, et que ses anciens ou ses diacres, ou Philippe lui-même, aient agi selon les instructions de Pierre.

Le Seigneur. Les preuves textuelles attestent(cf. p. 10) la lecture " Jésus-Christ ".

De rester. Il est probable que Pierre a consenti à rester (voir ch. 11:3), montrant ainsi qu'il était prêt à agir par la suite selon l'enseignement de sa vision. Pierre a dû se mêler librement aux nouveaux convertis, mangeant et buvant avec eux(vs. 2, 3) sans craindre d'être souillé. Luc accorde une telle place à l'expérience de Pierre à Césarée qu'elle doit être considérée comme marquant un tournant dans la vie de l'apôtre, attestant son accord essentiel avec Paul. Bien que par la suite Pierre ait hésité dans son attitude à l'égard des chrétiens païens(Gal. 2:11-13) et qu'il ait été réprimandé par Paul pour cela, le récit de cette sévère réprimande montre que Pierre s'était débarrassé dans une large mesure de ses préjugés juifs et qu'il n'avait agi comme il l'a fait que sous l'influence de certains Juifs très stricts qui étaient venus de Jérusalem à Antioche.

Certains jours. Voir ch. 9:19.

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés