Seventh-day Adventist Bible Commentary2 Corinthiens 8
Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs
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2. Essai. Ce mot est utilisé notamment pour tester la qualité des métaux. Les chrétiens de Macédoine ont souffert d'une affliction plus que normale, mais leur foi et leur expérience se sont révélées authentiques. Ils ont gravement souffert de la persécution(Actes 17:5-9; 1 Thess. 1:6-8; 2:14; 3:3-5; 2 Thess. 1:4-6). L'un des grands tests d'une expérience chrétienne triomphante est de connaître la joie, la paix et l'amour au milieu de l'affliction(Matt. 5:11, 12; Rom. 5:3; 12:12; 1 Pierre 2:20, 21).
L'abondance de leur joie. La persécution et la pauvreté auraient toutes deux tendance à réprimer l'esprit et la pratique de la libéralité, mais l'abondance de leur joie combinée à la profondeur de leur pauvreté est représentée comme inspirant la générosité. Tel était l'esprit de l'Église primitive(Actes 4:32-37).
La pauvreté profonde abondait. Au sens figuré, la pauvreté des Macédoniens était telle qu'ils devaient racler le fond d'un tonneau presque vide. Pourtant, en dépit de leur dénuement total, ils débordent d'aide pour les autres dans le besoin. L'éloge de Paul à l'égard des chrétiens de Macédoine ne se mesure pas à la quantité réelle donnée, bien qu'elle soit sans doute considérable. C'est l'esprit qui a poussé à donner qui a été désigné par Paul comme digne d'être imité (cf Marc 12:41-44).
La pauvreté abyssale de la Macédoine à cette époque était due à divers facteurs. Trois guerres avaient désolé la région : la première, entre Jules César et Pompée, la deuxième, entre les triumvirs et Brutus et Cassius après l'assassinat de César, et la troisième, entre Octave et Antoine (voir Vol. V, p. 28, 35, 37). La situation des Macédoniens était si désespérée qu'ils avaient demandé à l'empereur Tibère une réduction des impôts. En outre, la plupart des premiers chrétiens étaient issus des classes les plus pauvres de la société.
Libéralité. Gr. haplotÃâs, "simple [de coeur]", "sincérité", "absence de prétention"(2 Cor. 11:3; Eph. 6:5; Col. 3:22; etc.). Ici, il désigne cette ouverture d'esprit et de cœur qui s'est manifestée par une grande libéralité. Il ne s'agit pas tant de ce qu'ils ont donné que de la qualité du cœur qui est à la base de tout don véritable et qui se traduit par un don de soi spontané pour le bien-être des autres.
2 Corinthiens 8:3
3. A leur puissance. En grec, les vs. 3-6 constituent une seule phrase, qui explique davantage la qualité de la libéralité mentionnée aux vs. 1, 2. Les Macédoniens donnaient au-delà de leurs capacités et de leurs moyens. Leur tendance n'était pas de donner trop peu, mais trop. Ils donnaient spontanément, sans qu'on les presse ou qu'on leur rappelle, comme cela semblait être le cas pour les Corinthiens. Il suffisait que les Macédoniens soient au courant du besoin qui existait. Ils ont demandé le privilège d'être autorisés à participer au ministère auprès des saints pauvres de Jérusalem. Leur esprit témoignait d'un dévouement et d'une abnégation totaux à l'œuvre du Seigneur.
2 Corinthiens 8:4
Supplication. Gr. paraklēsis (voir la note sur Matth. 5:4). La communion fraternelle. Les Macédoniens considéraient le besoin de leurs frères de Jérusalem comme s’il était le leur. Pour les croyants de Macédoine, appartenir à la grande famille chrétienne signifiait partager le même sort que leurs frères chrétiens dans le sacrifice, la souffrance, le partage de la pauvreté et l’aide aux autres. Dans la mesure de leurs possibilités, et même au-delà, ils étaient prêts à tout mettre en commun — même la pauvreté — (voir Actes 2:44; 4:32). Leurs ressources spirituelles, morales, sociales et matérielles étaient à la disposition des autres, prêtes à être mobilisées pour une cause commune. En fait, ils considéraient comme une faveur qu’on leur permette de le faire.
2 Corinthiens 8:5
5. Pas comme nous l'espérions. Au contraire, ils ont dépassé les plus grandes espérances de Paul. Ils considéraient la collecte non pas comme un devoir, mais comme un privilège. Ils ont fait de cette cause la leur.
Ils ont donné de leur personne. Les dons des Macédoniens provenaient de cœurs consacrés et dévoués. Ils se sont donnés eux-mêmes, et leurs dons ont suivi automatiquement. Ils ont donné eux-mêmes dans leurs dons(cf. Prov. 23:26). Le chrétien qui donne son cœur à Dieu ne garde rien en arrière. L'exemple des Macédoniens aux Corinthiens et aux chrétiens de tous les temps illustre la grande vérité que "le don sans celui qui le donne est vide" : celui qui se donne sans réserve n'hésitera pas à donner aussi ses biens.
La volonté de Dieu. Ils ont permis à Dieu de diriger leur vie, et sa volonté est devenue la leur. C'est la preuve d'une conversion complète.
2 Corinthiens 8:6
6. Désiré. Gr. parakaleà  (voir sur Matt. 5:4). Tite était un Grec(Gal. 2:1, 3) et l'un des amis les plus sûrs de Paul(Tite 1:4). Paul avait envoyé Tite pour régler le difficile problème de Corinthe, et sa mission avait été couronnée de succès au-delà de toute attente (cf 2 Cor. 7:13). Il avait gagné la confiance des croyants de Corinthe et avait commencé à collecter des fonds auprès d'eux pour les pauvres de Judée. Il était maintenant prévu qu'il retourne à Corinthe avec cette épître et qu'il achève la collecte (voir ch. 9:5; cf. ch. 12:18).
Comme il avait commencé. C'est-à-dire que Tite avait mis en œuvre le plan en cours à Corinthe.
La même grâce. C'est-à-dire que la collecte, qui reflétait la grâce de Dieu opérant dans le cœur des donateurs (voir vs. 1, 2).
Ellen G. White
6. Les ministres doivent enseigner la libéralité—Ce chapitre contient également une leçon pour ceux qui travaillent à la cause de Dieu. Paul dit : « Nous avons exhorté Tite à ce que, comme il avait commencé, il achève aussi chez vous cette œuvre de grâce » —c’est-à-dire vous faire abonder dans la grâce de la libéralité. Les ministres du Christ ont la responsabilité d’éduquer les Églises à être libérales. Même les pauvres doivent participer à la présentation de leurs offrandes à Dieu. Ils doivent prendre part à la grâce du Christ en renonçant à eux-mêmes pour aider ceux dont le besoin est plus pressant que le leur. Pourquoi les pauvres saints seraient-ils privés de la bénédiction de donner pour venir en aide à ceux qui sont encore plus pauvres qu’eux-mêmes (MS 28, 1894) ?
2 Corinthiens 8:7
7. Vous abondez. Dans les versets 7-15, Paul donne des instructions concernant la collecte à Corinthe. Il fait appel au principe selon lequel la vie chrétienne est une vie abondante(Jean 10:10)
En toute chose. Une expérience chrétienne symétrique est un développement harmonieux de la vie et du service, des grâces intérieures et de leur expression extérieure. Tout aspect de la vie chrétienne cultivé au détriment d'autres aspects peut devenir une tare. Comparez 1 Cor. 1:5. Les Corinthiens excellaient dans tant de domaines qu'il serait incohérent de négliger la grâce de la charité
La grâce. C'est-à-dire la collecte (voir sur vs 1, 2)
2 Corinthiens 8:8
8. Pas par commandement. Comparez 1 Cor. 7:6, 12, 25. La collecte doit être effectuée par leur propre choix, et non parce que Paul l'exige d'eux. Un tel ordre aurait exprimé un doute quant à leur volonté d'obéir par amour, et aurait annulé le principe selon lequel seules les offrandes volontaires sont acceptables pour Dieu (voir sur Marc 12:41-44).
L'empressement des autres. C'est-à-dire l'empressement des croyants macédoniens, malgré leur pauvreté relative, à répondre à l'appel à aider les nécessiteux de Jérusalem.
Pour prouver. Le noble exemple des Macédoniens devient un test divin pour les Corinthiens. Paul n'a pas fait appel à l'orgueil, à la vanité, aux sentiments égoïstes ou à un esprit de rivalité et de compétition pour pousser les Corinthiens à faire quelque chose que des motifs plus valables ne les inciteraient pas à faire. L'émulation de vies nobles n'est jamais un appel à la rivalité, mais elle permet de tester la profondeur et l'authenticité de l'amour et de la dévotion d'une personne. Ce principe élevé de comparaison constitue un moyen précieux de discipline spirituelle.
Sincérité de votre amour. Voir ch. 7:11, 16. Paul ne doutait pas de leur sincérité, mais il savait que la collecte offrait une occasion idéale de démontrer l'authenticité de leur amour.
2 Corinthiens 8:9
Vous le savez. Paul leur avait pleinement exposé la grâce du Christ, et ils la connaissaient par expérience, comme le montre clairement le grec, et non simplement comme un principe de croyance. Ils y avaient goûté, et savaient ainsi que le Seigneur est plein de grâce. En fait, ils constituaient eux-mêmes une preuve vivante de cette grâce. La grâce du Christ doit contrôler le cœur et la volonté. Elle n'est jamais efficace tant qu'elle demeure seulement un concept intellectuel. D'ailleurs, aucune vérité divine n'est connue par la seule compréhension intellectuelle de celle-ci (voir Matt. 16:17; Jean 6:45; 16:14; 1 Cor. 2:4; 12:3). Le seul homme pour qui la Parole de Dieu est la vérité est celui qui est enseigné et convaincu par l'Esprit. Les richesses que nous recevons par la pauvreté du Christ nous viennent de l'illumination spirituelle de la vie. Grâce. Voir Rom. 3:24. Les actes suprêmes du Christ, son incarnation et sa crucifixion, sont attribués à la grâce uniquement ici et dans Rom. 5:15; Gal. 1:6. Ces actes constituaient les manifestations suprêmes de l'amour et de la condescendance divins. Paul oppose ici le sacrifice suprême du Christ aux actes de charité incomparablement infimes de l'homme.
Seigneur Jésus-Christ. Voir Matt. 1:1; Jean 1:38. Il était riche. Une allusion à l'existence préincarnée du Christ (voir Jean 17:5 ; voir Phil. 2:6, 7 ; voir la Note supplémentaire sur Jean 1). Puisqu'il était le Créateur et le Roi, l'univers lui appartenait (Jean 1:1, 2; Col. 1:15–17), mais sa vie terrestre fut toujours marquée par une extrême pauvreté (Matt. 8:20). Ses richesses consistaient dans la nature et les attributs de la divinité, dans des millions innombrables de mondes, ainsi que dans l'adoration et la loyauté de multitudes d'anges. Devint pauvre. Gr. ptōcheuō, « être [extrêmement] pauvre », « être un mendiant ». Pour un commentaire sur ptōchos, le nom apparenté, voir Marc 12:42. Le temps du verbe employé ici désigne l'acte de devenir « pauvre » — l'incarnation. Le Christ s'est si complètement dépouillé lui-même qu'il n'a rien conservé des richesses qui étaient autrefois les siennes. Il a pris la nature humaine et s'est soumis aux limitations de l'humanité. Il est devenu pauvre au point de ne pouvoir rien faire de lui-même (Jean 5:19, 20 ; voir vol. V, p. 917, 918). Pourrait être riche. Avec l'apparition du péché, l'homme a perdu sa demeure, son domaine, son caractère et même la vie elle-même. Par nature, il passe désormais sa vie à rechercher de fausses richesses (voir És. 55:2; Jean 6:27). La pauvreté éternelle attend ceux qui ne se constituent pas de trésors dans le ciel (voir Matt. 19:21; Luc 12:21). Le Christ est venu délivrer l'homme de sa pauvreté, qui résulte de la recherche de fausses richesses (voir 3T 401). En Christ et par lui, les hommes sont capables de discerner la véritable valeur des choses et reçoivent le privilège de devenir « riches » en Jésus-Christ. En lui, ils héritent de toutes choses (Matt. 6:20; Rom. 8:17, 32; 1 Cor. 1:5; Éph. 1:3–5, 10, 11, 18, 19; 2:6, 7 ; voir Matt. 6:33).
Ellen G. White
9. La pauvreté du Christ, une partie de Son grand sacrifice—L’apôtre les invita à considérer l’exemple du Christ. Le Commandant du ciel s’est livré à une vie d’humiliation et de pauvreté afin de se tenir aux côtés de la race déchue et de restaurer en l’homme l’image morale de Dieu. Le Seigneur Jésus accepta de devenir pauvre afin que, par Son humiliation et Sa mort sur la croix, Il puisse payer la rançon pour nous.
2 Corinthiens 8:10
10. Mon conseil. Paul ne parle pas "par commandement" (voir v. 8). Il savait que l'expression d'un jugement sain aurait beaucoup plus de poids auprès des Corinthiens qu'un ordre péremptoire. L'Église s'était déjà engagée à faire l'offrande et n'avait besoin que d'être encouragée à raviver et à mettre en œuvre ses bonnes intentions. Un ordre aurait été tout à fait déplacé.
Il s'agit d'une mesure opportune. Le conseil de Paul était qu'ils ne devaient plus retarder l'achèvement de ce qu'ils avaient commencé un an auparavant. Il était souhaitable, dans leur propre intérêt, qu'ils ne le fassent pas. Tout retard serait préjudiciable à leur propre expérience chrétienne et les exposerait à la critique. Un vœu fait à Dieu ne peut être répudié sans mettre en cause l'intégrité chrétienne d'un homme(Eccl. 5:4-5).
Il y a un an. Environ un an s'est écoulé depuis que les Corinthiens ont entrepris de collecter des fonds pour l'Église de Jérusalem(ch. 9:2). Ce noble projet avait manifestement été interrompu par les disputes et les querelles provoquées par les faux apôtres. Maintenant que la majorité a réaffirmé sa loyauté envers Paul, le projet peut reprendre. Voir sur le ch. 11:22.
2 Corinthiens 8:11
11. Exécuter. Littéralement, "achever", c'est-à-dire ce qu'ils avaient déjà promis de faire.
Volonté de vouloir. Un esprit bien disposé rend même un peu acceptable, mais faire moins que ce que l'on est capable de faire est un déni de volonté. Une volonté généreuse est bonne en soi, mais elle ne suffit pas. La volonté doit s'incarner dans des actes, si nous voulons que nos meilleurs désirs et nos meilleures énergies donnent de la solidité et de la force à notre caractère. Il est bon de chérir l'idéal de la charité, mais l'idéal doit trouver une expression pratique. La foi et l'amour, en tant qu'idéaux, ne nourrissent jamais les affamés et ne vêtissent jamais les nus(Jacques 2:14-20). La "disponibilité" est donc une disposition spontanée et une attitude d'esprit pour servir Dieu et ses semblables. Elle n'a pas besoin d'être poussée ou poussée en avant par l'importunité des autres.
2 Corinthiens 8:12
12. La volonté. C'est la volonté sincère de l'esprit qui détermine l'acceptabilité du don par Dieu. Devant Dieu, la question est toujours : "Combien ton cœur a-t-il donné ? Si le cœur ne donne rien, ce que les mains peuvent offrir est sans valeur devant Dieu. Dieu n'a pas besoin de notre argent, ne s'en préoccupe pas et n'en tire aucun bénéfice. Un homme peut avoir peu ou rien à donner, mais un cœur bien disposé est ce qui sanctifie le don. Les meilleurs efforts d'un homme peuvent échouer, en raison de circonstances indépendantes de sa volonté, ou ses désirs de travailler pour Dieu peuvent rester insatisfaits par manque d'opportunité. Mais cela ne doit pas le condamner devant le Ciel. Pour un commentaire sur la base de laquelle les récompenses éternelles doivent être distribuées, voir Matt. 20:1-16; 25:14-46. Ce n'est pas le nombre de talents qu'un homme peut avoir, mais le dévouement et la fidélité avec lesquels il les améliore qui comptent aux yeux de Dieu.
2 Corinthiens 8:13
13. Vous êtes chargés. Paul n'a pas voulu que les Corinthiens portent plus que leur part du fardeau, afin d'épargner aux Églises d'autres pays la nécessité de faire leur part du travail.
2 Corinthiens 8:14
14. Une égalité. Paul ne parle pas ici d'une égalité de propriété ou de biens, mais d'une égalité proportionnelle d'efforts. Dans leur état actuel de prospérité matérielle, les Corinthiens étaient capables de faire beaucoup plus que les Macédoniens dans leur état de pauvreté (voir vs. 1-5).
Votre pauvreté. Il se peut qu'un jour les Corinthiens soient dans le besoin et que d'autres aient à supporter une plus grande part du fardeau. Les Écritures reconnaissent le droit à la propriété privée et le droit à ce que toutes les contributions soient volontaires, mais elles condamnent également la négligence égoïste et sans cœur à l'égard des pauvres et des nécessiteux. Si un chrétien donne une somme importante, cela ne dispense pas les autres de l'obligation de contribuer dans la mesure de leurs moyens. Ceux qui ont moins de biens sur cette terre ne doivent pas s'excuser de faire leur part proportionnelle pour aider les autres(cf. Eph. 4:28; 2 Thess. 3:12).
2 Corinthiens 8:15
15. Beaucoup recueilli. Pour illustrer le principe de péréquation énoncé au v. 14, Paul fait allusion à la collecte de la manne dans le désert(Ex. 16:17, 18). Indépendamment de la quantité effectivement recueillie, chacun avait de quoi subvenir à ses besoins. Le même principe doit s'appliquer dans l'Église chrétienne, non pas par une intervention miraculeuse, mais par l'exercice de l'esprit d'amour envers les frères. La volonté de Dieu est que chacun ait une part des biens matériels de la vie qui corresponde à ses besoins. La volonté de Dieu est également que ceux qui, en raison de leurs capacités naturelles et des opportunités qui s'offrent à eux, recueillent davantage de biens de ce monde, ne profitent pas égoïstement de leur surabondance, mais la partagent avec ceux qui sont dans le besoin (cf Luc 12:13-34). Ils sont les intendants, et non les propriétaires, des biens terrestres qu'ils ont amassés, et doivent les utiliser pour le bien-être de leurs semblables(Ps. 112:9; Matt. 25:14-46). C'est ainsi que les maux qui résultent de la richesse surabondante et de la pauvreté peuvent être évités.
2 Corinthiens 8:16
16. Grâces soient rendues à Dieu. Paul commence ainsi une autre section de sa lettre. Dans les versets 1 à 15, il a présenté aux Corinthiens le noble exemple des Macédoniens et énoncé les vrais principes de la bienfaisance chrétienne. Il expose maintenant les détails pratiques à suivre pour compléter la collecte.
Mettez. Littéralement, " donne ", c'est-à-dire qu'il continue à donner, ou qu'il donne continuellement. Il n'y a aucun risque que le zèle de Tite s'affaiblisse.
Le même soin sincère. Tout d'abord, Paul recommande Tite à l'Église de Corinthe, exprimant sa gratitude pour le fait que Tite partage son propre intérêt pour la collecte proposée. Ils peuvent compter sur l'application diligente de son esprit et de son cœur à la tâche à accomplir.
L'élan vers des entreprises de sacrifice personnel pour le bien-être pratique et spirituel de l'humanité est essentiellement chrétien. L'oeuvre de charité et de philanthropie dans le monde est essentiellement chrétienne dans son origine et son esprit. Un tel esprit ne trouve pas son origine dans le coeur humain, qui est naturellement égoïste. Cela fait partie du grand travail de l'Eglise de sortir les hommes d'eux-mêmes et de leur inspirer un véritable souci du bien-être d'autrui. Les chrétiens peuvent être reconnaissants à Dieu pour l'Eglise, qui incite ses membres non seulement à contribuer aux besoins des autres membres, mais aussi à répondre à leurs besoins(Matt. 20:26, 28). Tite accorderait ainsi aux Corinthiens une véritable faveur en les incitant à des actes généreux. Au lieu de chercher à éviter les appels à donner pour le salut et le bien-être des autres, les chrétiens devraient remercier Dieu pour de telles occasions.
Ellen G. White
16-18, 23. Titus se rend à Corinthe—Le témoignage de Paul était considéré comme ayant une grande importance, en raison des nombreuses révélations qu’il avait reçues. Il connaissait mieux que beaucoup d’autres les besoins de diverses régions. Mais Paul ne voulait pas se charger personnellement de la collecte de cette contribution. Il avait largement contribué à sa collecte, mais, de peur que quelqu’un ne trouve une occasion de dire du mal, Titus et ses compagnons ... firent le voyage jusqu’à Corinthe ; car il n’existait alors aucun moyen sûr de transporter de l’argent (Manuscript 101, 1906).
2 Corinthiens 8:17
Il accepta l'exhortation. Tite avait répondu avec empressement à l'appel de Paul de se rendre à Corinthe dans l'espoir de restaurer l'Église dans son état antérieur de paix et d'unité. En avant. Ou « zèle ». Les paroles de Paul expriment un double sens. Bien que la collecte ait été initiée par Paul, Tite était pleinement d'accord avec ce projet et partageait son souci de sa réussite. L'encouragement ne venait pas exclusivement de Paul. De toute évidence, Tite s'était déjà porté volontaire pour se rendre en mission à Corinthe. Il y alla. Paul parle du départ imminent de Tite pour Corinthe comme s'il était déjà parti — du point de vue des Corinthiens qui lisent cette lettre. Ce mode d'expression grec caractéristique désigne clairement Tite comme le porteur de la deuxième épître.
2 Corinthiens 8:18
18. Ont envoyé. C'est-à-dire qu'ils envoient (voir v. 17).
Le frère. Paul a confié le travail de collecte en Achaïe à trois hommes, Tite et deux autres dont les noms ne sont pas donnés. Tous trois jouissaient de la confiance des Églises. Cet arrangement avait pour but de faciliter la collecte et de protéger tous ceux qui s'en occupaient contre le soupçon d'appropriation des fonds ainsi collectés à leur propre usage. Étant donné qu'une minorité de Corinthiens s'opposait encore à Paul, il était préférable qu'il ne recueille pas personnellement les fonds. Il ne fait aucun doute qu'une somme considérable a été collectée, et qu'un rapport complet a pu être fait aux Eglises, à la fois sur le montant donné et sur sa remise à Jérusalem (voir vs. 20, 21). Paul savait que ses adversaires trouveraient à redire s'ils le pouvaient. Le ministre de l'Evangile est spécifiquement invité à être discret dans son attitude vis-à-vis de l'argent(1 Tim. 3:3; 1 Pierre 5:2).
La louange de qui. Ce frère s'était révélé un ouvrier efficace " dans l'Évangile " et devait être respecté comme un digne collaborateur de Paul et de Tite.
2 Corinthiens 8:19
19. Choisi. Gr. cheirotoneà  (voir sur Actes 14:23). Bien que ce mot signifie littéralement "tendre la main", et donc "élire", son usage laisse incertaine la manière dont ce compagnon de Tite a été désigné.
Voyage. C'est-à-dire à Jérusalem, en compagnie de Paul et d'autres, pour remettre aux frères de cette ville les fonds recueillis en Macédoine et en Grèce.
La grâce. Comme dans les versets 4 à 7, le mot fait ici référence à l'entreprise charitable d'assistance aux pauvres de Jérusalem, qui était une expression de la grâce de Dieu(v. 1).
A la gloire. La collecte proposée pour les saints de Jérusalem amènerait les hommes à glorifier Dieu. Les habitants de Jérusalem le loueront de ce que l'Évangile a amené les païens à s'intéresser de manière si pratique à leur condition de nécessiteux, et les païens trouveront de la joie à répondre aux besoins de leurs coreligionnaires chrétiens.
Votre esprit est prêt. En plus du bien qu'en retireraient les saints pauvres de Jérusalem et les Églises païennes en pourvoyant à leurs besoins, le projet démontrerait aussi aux chrétiens juifs de Judée que Paul ne les avait pas oubliés dans ses activités en faveur des païens. Le projet lierait les cœurs des Juifs et des Gentils et tendrait à les unir dans une même communauté. Cela contribuerait à abattre "le mur de séparation"(Eph. 2:14) qui les séparait.
2 Corinthiens 8:20
20. Éviter cela. Paul a cherché à éviter que l'on puisse l'accuser de tirer un profit personnel du projet. La stricte honnêteté n'est pas toujours suffisante dans les affaires d'argent, où la moindre négligence peut donner lieu à des critiques. Le ministre chrétien, en particulier, doit faire preuve d'un soin scrupuleux dans la gestion des questions d'argent(cf. 1 Tim. 3:3; 1 Pierre 5:2).
Le blâme. Ou "reproche", impliquant ici que quelqu'un pourrait accuser Paul de ne pas avoir été très honnête avec les fonds qui lui avaient été confiés.
Abondance. La collecte avait toutes les chances d'être fructueuse, compte tenu de ce que Paul attendait de l'Église de Corinthe, relativement aisée. Les Corinthiens étaient généralement considérés comme des gens riches, comme en témoigne le proverbe : "Tout le monde ne peut pas prétendre vivre à Corinthe".
2 Corinthiens 8:21
21. Honnête. C'est-à-dire bon, admirable, beau, c'est-à-dire ce qui est beau et honorable. Il désigne ici la conduite de quelqu'un qui possède l'excellence de l'amour et jouit donc d'une bonne réputation auprès des autres, quelqu'un qui est tenu en haute estime pour sa conduite admirable. Les chrétiens ne sont pas seulement appelés à être saints, honnêtes et purs, mais "aux yeux des hommes", ils doivent être reconnus comme ayant la beauté de la sainteté, de l'honnêteté et de la pureté. Le vrai chrétien doit donner l'exemple, devant Dieu et devant les hommes, d'un mode de vie beau et attrayant(Rom. 12:17; Phil. 4:8; 1 Pierre 2:12). Ce verset est une citation de la traduction LXX de Prov. 3:4.
2 Corinthiens 8:22
Notre frère. Il n'est pas davantage possible d'identifier ce compagnon de Tite que celui du v. 18. Cependant, certains ont suggéré Tychique, qui était membre de la délégation ayant accompagné Paul à Jérusalem avec la collecte (Actes 20:4). Ailleurs, Paul parle de Tychique comme d'un « frère bien-aimé et fidèle serviteur » (Éph. 6:21; Col. 4:7). Paul considérait Tychique comme l'un de ses messagers les plus dignes de confiance et l'envoya plus tard pour diverses missions importantes (2 Tim. 4:12; Tite 3:12).
2 Corinthiens 8:23
Tite. Paul recommande ici les trois hommes choisis pour diriger le travail de la collecte comme des hommes diligents en qui l'on peut avoir confiance. Il les investit d'une pleine autorité, afin qu'aucune des factions de Corinthe ne soit tentée de mettre en doute leurs motivations. Ils sont tous pleinement accrédités et doivent être acceptés comme tels. Tite est mentionné en premier, manifestement en tant que président du groupe et représentant personnel de Paul. Tite occupa par la suite un poste important de direction dans l'Église chrétienne primitive (Tite 1:1– 5; 2:15). Messagers. Littéralement, « apôtres », ou « personnes envoyées [en mission] ». Cette désignation leur confère une autorité équivalente à celle de Paul lui-même (ch. 1:1), en ce qui concerne la collecte. Elle ne leur confère pas nécessairement le titre ou la fonction permanente d'apôtre. Gloire du Christ. Ces trois hommes doivent recevoir le plus grand respect en tant que représentants personnels du Christ. Leur mission contribuera à la gloire du Christ. Paul n'aurait pas pu donner à ces hommes une plus haute recommandation.
2 Corinthiens 8:24
Montrez-vous à la hauteur. Paul exhorte les Corinthiens à assumer pleinement leur responsabilité en donnant aux chrétiens d’ailleurs un exemple digne d’être imité. L’attitude qu’ils adopteraient, la contribution qu’ils apporteraient et le traitement qu’ils accorderaient à ces délégués seraient inévitablement connus des autres Églises. Les Corinthiens étaient exposés au regard public dans cette affaire de la collecte. Leur honneur en tant qu’Église était en jeu. La seule réponse convenable
de leur part serait de coopérer de tout cœur avec les messagers du Christ et de faire preuve de générosité envers les chrétiens pauvres de Judée. Toute Église sur la terre représente le royaume de Dieu et constitue donc un spectacle pour les anges et pour les hommes (1 Cor. 4:9). Aucun sujet de ce royaume n’a reçu les dons ou les bénédictions de Dieu simplement pour son usage personnel, qu’il s’agisse de la vérité, d’une expérience personnelle avec le Christ ou des bénédictions matérielles de la providence divine.
Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés
2 Corinthiens 8:1
Frères. Les chapitres 8 et 9 constituent une nouvelle section, qui traite de la collecte en faveur des pauvres de Judée (voir la note sur 1 Cor. 16:1). Le mot « frères » donne le ton de la nouvelle section. L’amour fraternel entre chrétiens constitue le véritable motif du don et du partage. Dans 2 Cor. 8:1–5 Paul attire l’attention des Corinthiens sur l’exemple de générosité donné par les Églises de Macédoine, d’où Paul écrit cette épître. Paul avait précédemment informé les Corinthiens de la question de l’aide en Judée et de son projet concernant la grande collecte (1 Cor. 16:1–4 ; cf. Gal. 2:9, 10). Lorsque Paul avait présenté cette proposition pour la première fois, environ un an auparavant (2 Cor. 8:10), ils avaient manifesté un grand zèle, dont Paul se vanta plus tard auprès d’autres (ch. 9:3, 4). Mais leur zèle avait diminué et, au moment où Paul écrivit cette épître, ils étaient très en retard dans l’accomplissement de leurs promesses (ch. 9:4, 5). Cela était probablement dû à une période de déclin spirituel, mais ils s’étaient maintenant pleinement repentis. Leur conversion étant authentique, Paul supposa à juste titre qu’ils seraient désireux de démontrer leur amour de manière concrète. L’une des marques d’une conversion authentique est la volonté de faire des sacrifices personnels pour ceux qui peuvent être dans le besoin. Nous vous faisons savoir. Expression polie et archaïque signifiant : « nous voulons vous faire connaître ». La grâce de Dieu. La libéralité des Églises macédoniennes s’est manifestée malgré leur « grande pauvreté » (v. 2), et cela témoignait de « la grâce de Dieu » à l’œuvre dans leur cœur. Paul rattache leur générosité à sa véritable source et fait remarquer aux Corinthiens que c’est la grâce divine qui inspire des dons généreux et sacrificiels. On dit des chrétiens qu’ils sont « intendants de la grâce multiforme de Dieu » (1 Pierre 4:10). De plus, par la grâce de Dieu, les chrétiens sont intendants des biens qu’ils possèdent. La disposition à donner aux autres est un talent inspiré par Dieu et constitue donc une preuve particulière de la grâce divine. Un esprit généreux cherche spontanément à s’exprimer par des actes de bienfaisance. Il n’a pas besoin d’être stimulé. Les Églises de Macédoine. Paul les exaltait comme dignes d’être imitées. Elles avaient toutes été fondées par lui — Philippes, Thessalonique, Bérée et peut-être d’autres. L’Église de Philippes était particulièrement remarquable par sa générosité. C’était la seule Église dont on sache qu’elle ait contribué aux besoins personnels de Paul, missionnaire subvenant lui-même à ses besoins (2 Cor. 11:9 ; cf. Phil. 4:10, 11, 14–18). Il ne recevait aucun soutien financier ni de l’Église de Jérusalem ni de celle d’Antioche (1 Cor. 9:4–7, 14, 15). L’Église de Bérée avait également un caractère élevé et noble (Actes 17:10–12). Des contributions généreuses venaient de Macédoine et d’Achaïe (Rom. 15:26).
Ellen G. White
1-8. L’exemple des autres, un encouragement à donner—Lorsqu’un peuple éprouve le désir sincère d’aider là où l’aide est nécessaire pour faire avancer la cause de Dieu dans quelque domaine que ce soit, le Seigneur donnera à ces personnes consacrées et désintéressées un cœur qui donne avec joie, comme s’il s’agissait d’un privilège. Dieu poussa ces Macédoniens, dans leur profonde pauvreté, à donner généreusement afin que leur exemple soit rapporté, conduisant ainsi d’autres personnes à exercer la même bienfaisance.