Seventh-day Adventist Bible CommentaryGalates 2

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

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Galates 2:1

Quatorze ans plus tard. Le fil de pensée de Paul se poursuit sans interruption. Il n’est pas clair si cette période de 14 ans a commencé avec sa conversion ou avec sa visite à Jérusalem trois ans plus tard. Pour un commentaire sur ce problème, voir p. 100 et la Note complémentaire Actes 15. Le but de la mention des 14 ans est de montrer combien de temps s’est écoulé après sa conversion avant que Paul ait un contact prolongé avec les Douze. Il ne leur avait pas emprunté l’Évangile qu’il prêchait depuis quelque 14 (ou 17) ans. De nouveau à Jérusalem. Si les périodes de 3 ans et de 14 ans se sont succédé, 17 ans se sont écoulés entre la conversion de Paul et le moment de sa deuxième visite à Jérusalem, et 14 ans depuis la brève visite de 15 jours qu’il y avait faite avec Pierre (ch. 1:18). Comme cela a déjà été noté (v. 18, 19), Paul avait eu peu d’occasions d’apprendre quoi que ce soit des apôtres lors de cette première visite. Dans le ch. 2:1–10, Paul montre clairement qu’il n’est en aucune façon redevable aux apôtres du message qu’il prêche (voir le commentaire sur les v. 6, 7). Concernant le rapport entre la visite de Gal. 2:1–10 et celle de Actes 11:25–30voir p. 318, 319. Ce commentaire privilégie l’assimilation de la visite de Gal. 2:1–10à celle de Actes 15. Avec Barnabé. Lorsque l’apôtre Paul fut envoyé par l’Église d’Antioche pour assister au concile de Jérusalem, certains autres l’accompagnèrent, dont Barnabé (voir Actes 15:2). Si l’on considère les récits de Actes 15 et de Gal. 2 comme parallèles, l’un d’

eux était Tite. Luc ne fait aucune mention de Tite en relation avec l’un des voyages de Paul. La première référence de Paul à son sujet se trouve dans la deuxième lettre aux Corinthiens, où il le considère manifestement comme un auxiliaire très précieux (voir le commentaire sur 2 Cor. 2:13).



Ellen G. White


1-10 (Actes 15:4-29). La sagesse de Paul—Paul ... décrit la visite qu’il fit à Jérusalem pour parvenir à un règlement des questions mêmes qui agitent actuellement les églises de Galatie : les Gentils devaient-ils se soumettre à la circoncision et observer la loi cérémonielle ? Ce fut le seul cas où il s’en était remis au jugement des autres apôtres, le considérant comme supérieur au sien. Il avait d’abord cherché un entretien privé, au cours duquel il exposa la question sous tous ses aspects aux principaux apôtres, Pierre, Jacques et Jean. Avec une sagesse prévoyante, il conclut que si ces hommes pouvaient être amenés à adopter une position juste, tout serait gagné. S’il avait d’abord présenté la question à l’ensemble du conseil, il y aurait eu une divergence d’opinions. Le fort préjugé déjà suscité parce qu’il n’avait pas imposé la circoncision aux Gentils aurait poussé beaucoup à prendre position contre lui. Ainsi, l’objectif de sa visite aurait été compromis et son utilité grandement entravée. Mais les trois principaux apôtres, contre lesquels un tel préjugé n’existait pas, ayant eux-mêmes été gagnés à la vraie position, portèrent l’affaire devant le conseil et obtinrent de tous leur adhésion à la décision de laisser les Gentils libres des obligations de la loi cérémonielle (Sketches from the Life of Paul, 192, 193).
Après tous les échecs de Pierre, après sa chute et sa restauration, sa longue carrière de service, sa connaissance intime du Christ, sa connaissance de la pratique pure et droite des principes par le Christ ; après toutes les instructions qu’il avait reçues, tous les dons, les connaissances et la grande influence qu’il avait dans la prédication et l’enseignement de la Parole, n’est-il pas étrange qu’il dissimule et élude les principes de l’Évangile, par crainte des hommes ou afin de gagner leur estime ? N’est-il pas étrange qu’il vacille et soit à double face dans sa position ? Que Dieu donne à chacun le sentiment de sa propre impuissance à diriger son navire droit et en toute sécurité jusqu’au port. La grâce du Christ est essentielle chaque jour. Sa grâce incomparable seule peut préserver nos pieds de tomber (Manuscript 122, 1897).

Galates 2:2

2. Par révélation. Si l'on admet qu'il s'agit de la même visite que celle d'Actes 15, la déclaration de Paul selon laquelle Dieu lui a ordonné de se rendre à Jérusalem semble être en contradiction avec celle de Luc, qui dit que Paul et Barnabas ont été envoyés à Jérusalem par l'église d'Antioche. Apparemment, tant Paul que l'église d'Antioche ont été dirigés par Dieu pour effectuer la visite à Jérusalem à laquelle l'apôtre fait référence ici. De la même manière, le Saint-Esprit et l'Église ont été unis pour envoyer Paul et Barnabas dans leur premier voyage missionnaire(Actes 13:2, 3). Comparez également Num. 13:1, 2 avec Deut. 1:22. Paul a souvent été le bénéficiaire d'une illumination céleste. À plusieurs reprises, il a été dirigé, averti ou encouragé par Dieu (voir Actes 16:9; 20:23; 23:11; 27:22-26)

Communiquée. Les instructions que Paul reçut par révélation lui ordonnaient de se rendre à Jérusalem et de présenter aux dirigeants de cette ville l'Évangile qu'il avait prêché parmi les païens. Compte tenu des doutes de certains concernant ses qualifications en tant qu'apôtre et la nature de son évangile, cette procédure semble la plus appropriée. Les dirigeants de Jérusalem avaient le droit et le devoir de savoir

En privé. Sagement, Paul cherche à éviter de susciter inutilement l'opposition à la ligne de conduite à laquelle Dieu l'a appelé, mais en même temps il prend conseil auprès des dirigeants reconnus de l'Église

De réputation. C'est-à-dire ceux qui étaient des leaders, identifiés au v. 9 comme Jacques, Pierre et Jean. Il n'y a aucune raison de douter que Paul reconnaissait la position de ces apôtres principaux, bien que plus tard(v. 6) il minimise la valeur de toute instruction qu'il a pu recevoir d'eux

De peur que, par n'importe quel moyen. Paul ne suggère pas ici un doute dans son esprit concernant la solidité de son évangile, mais du succès de sa visite à Jérusalem. Il craignait que les frères de Jérusalem ne désapprouvent son ministère évangélique parmi les païens. Cela aurait été une victoire majeure pour ses adversaires judaïsants et un obstacle sérieux à ses plans d'évangélisation des Gentils. Si les judaïsants avaient pu opposer à Paul des lettres officielles des douze apôtres le condamnant, lui et son évangile, il aurait été considéré comme un apôtre de l'erreur

Galates 2:3

3. Circoncis. Les versets 3 à 5 sont des parenthèses dans l'argumentation principale. L'incident concernant Tite est une preuve tangible que les apôtres ont compris et approuvé l'Évangile de Paul. Il se peut que Paul ait une autre raison, tout aussi importante, d'insérer cet incident. Timothée, lui-même Galate, à moitié juif et à moitié païen, s'était fait circoncire au début de son ministère, par concession aux préjugés juifs(Actes 16:1-3). Pour une déclaration de principe, voir 1 Corinthiens 9:21-23. Il s'agissait d'un compromis pratique destiné à faciliter la prédication de l'Évangile parmi les Juifs des pays païens. Dans le cas de Tite, un païen de plein sang, la situation était différente. Si Paul avait accepté de circoncire Tite, il aurait renié son Évangile et aurait semblé admettre que ces formes extérieures étaient essentielles au salut. Si Paul mentionne l'incident concernant Tite, c'est pour citer un cas où les apôtres eux-mêmes n'ont pas exigé qu'un païen converti soit circoncis. Il est évident qu'ils n'ont pas cédé aux exigences des "faux frères" de Gal. 2:4, 5. Les faux enseignants qui ont égaré les Galates doivent faire face à ces faits, qui les confrontent à un argument auquel ils auront beaucoup de mal à répondre. Le fait que les chefs de Jérusalem n'aient pas insisté auprès de Tite pour qu'il se fasse circoncire témoigne de leur position en la matière.

Cet incident révèle à la fois la cohérence de Paul et la volonté des dirigeants de mettre de côté leurs préjugés et de reconnaître la vérité lorsqu'elle leur est présentée. C'est cet esprit qui a permis à Dieu d'agir d'une manière merveilleuse au sein de l'Église primitive. Il attend le même esprit d'amour et de tolérance dans l'Église d'aujourd'hui. Il doit y avoir la même volonté d'accepter la lumière nouvelle lorsqu'elle se présente, si l'Eglise veut atteindre de nouveaux sommets d'expérience spirituelle, et de nouvelles profondeurs - une nouvelle compréhension - du plan de Dieu pour son Eglise.

Galates 2:4

4. Faux frères. Ces judaïsants bigots étaient probablement les chrétiens pharisiens d'Actes 15:5. Leur but était d'influencer les Juifs croyants contre Paul à cause de son indifférence aux exigences de la loi cérémonielle.

Espionner. Leur prétendue amitié avait un motif sinistre : la jalousie à l'égard de la "liberté" des convertis païens.

Liberté. C'est-à-dire la liberté par rapport aux exigences de la loi rituelle et au légalisme comme moyen de salut (voir p. 933).

La servitude. C'est-à-dire aux exigences de la loi rituelle et au légalisme (voir ch. 4:3, 9, 24, 25, 31; 5:1, 2). Tous ceux qui adoptent le principe du légalisme - selon lequel le salut peut être gagné par la conformité à un code prescrit - s'obligent évidemment à se conformer à toutes les exigences de ce code. Ils deviennent des esclaves de la loi, obligés de faire "tout ce qui est écrit dans le livre de la loi"(ch. 3:10). Si les judaïsants parvenaient à leurs fins, la liberté de l'Évangile serait échangée contre la servitude qui découle de la dépendance à l'égard des œuvres.

Galates 2:5

À qui. C’est-à-dire aux judaïsants et à leur exigence que Tite soit circoncis. Céder par soumission. Ou « se soumit ». La question même qui troublait alors les Églises de Galatie s’était posée à Jérusalem concernant Tite. Mais les apôtres refusèrent apparemment de soutenir l’exigence des judaïsants que Tite soit circoncis. Ainsi, en tentant d’imposer la circoncision aux Galates, ce furent les judaïsants — et non Paul — qui s’opposèrent à la position des apôtres. La vérité. Céder aux judaïsants — à Jérusalem ou en Galatie — aurait été nier le grand principe de la justification par la foi. Ce n’était nullement une manifestation d’obstination de la part de Paul ; c’était plutôt une opposition résolue à une tentative de pervertir l’Évangile en substituant à la vérité fondamentale de l’Évangile — la justification par la foi — la justification par les œuvres de la loi.

Galates 2:6

Semblaient être quelque peu importants. C’est-à-dire, probablement, les apôtres eux-mêmes, les dirigeants reconnus de l’Église. Ces personnes sont également décrites au v. 2 comme des hommes « de renom ». Le verset 6 poursuit le fil de la pensée interrompu par les v. 3 à 5. Paul ne parle pas ici de manière dépréciative de ces hommes « de renom », comme cela pourrait le sembler au premier abord, car leur acceptation de sa personne et leur approbation de son Évangile (chap. 1:24 ; 2:9) constituent une preuve importante confirmant son autorité d’apôtre. Voir v. 9. Quels qu’ils aient été. Le but de cette parenthèse est de rappeler aux Galates que la question discutée n’est pas l’excellence des apôtres, mais la validité de l’Évangile de Paul. La personnalité, et même une haute fonction, a moins d’importance que la vérité. Il est incontestable que les Douze avaient bénéficié de grands privilèges. Ils avaient été personnellement associés à Jésus pendant trois ans. Ils l’avaient entendu prêcher. Ils avaient été témoins de ses miracles. Paul ne cherche pas à amoindrir l’importance des apôtres, mais il s’efforce

de faire comprendre que leur position et leur fonction ne pouvaient absolument rien changer au problème considéré. Dieu n’a pas consulté l’homme au sujet de ce qui est la vérité, mais il le charge de proclamer la vérité. Paul a été appelé à cette importante fonction, tout comme les Douze. Personne. Littéralement, « visage », c’est-à-dire l’apparence extérieure par opposition au caractère intérieur (voir la note sur 1 Sam. 16:7). Puisque telle est la méthode d’évaluation de Dieu, pourquoi la position ou le rang devraient-ils être considérés comme supérieurs au caractère ? La vérité est d’une importance capitale, tandis que la position ou le rang de ceux qui la proclament est de peu d’importance. Néanmoins, Paul a toujours soutenu loyalement ceux qui avaient été nommés à des fonctions de responsabilité dans l’Église. Il tenait en très haute estime ceux qui, comme lui, avaient été chargés par Dieu de prêcher l’Évangile. Il considérait son propre appel comme un grand honneur et croyait qu’il lui conférait une autorité qu’il était tenu d’exercer lorsque les circonstances l’exigeaient (voir Rom. 11:13; 2 Cor. 13:2). Comparez Actes 10:34. N’ont rien ajouté. L’Évangile de Paul provenait de la même source que celui des apôtres, et était un Évangile complet. Y ajouter ou en retrancher quelque chose aurait terni sa perfection. La force de son argument est que, bien que Paul n’ait pas conféré avec les Douze ni reçu leurs instructions, son Évangile était néanmoins le même que le leur. En examinant l’exigence des judaïsants selon laquelle Tite et tous les païens convertis au christianisme devaient être contraints de se soumettre à la circoncision, les apôtres se trouvèrent en plein accord avec Paul. Ils ne proposèrent pas que Paul change ou modifie sa position.

Galates 2:7

Évangile de l’incirconcision. Il n’y a pas deux Évangiles différents, l’un pour les circoncis et l’autre pour les incirconcis. Comme Paul le montre clairement aux chap. 3 et 4, le Juif comme le païen sont sauvés par la foi et non par les œuvres de la loi (voir chap. 3:28). Les œuvres de la loi ne font réellement pas partie de l’Évangile. La différence ne résidait pas dans le message, mais dans la condition préalable de ceux auxquels il était donné. À Pierre. Il y a deux cercles d’auditeurs — Juifs et païens — mais un seul Évangile. Paul avait été chargé d’être ambassadeur auprès des uns, et Pierre auprès des autres (voir v. 7 à 9).

Galates 2:8

A agi efficacement en. Littéralement, « a agi en », c’est-à-dire a animé. Le mot « efficacement » a été ajouté par les traducteurs. Le succès du ministère de Pierre constituait la preuve que Dieu agissait par son intermédiaire. Mais il en était de même du ministère de Paul. Il serait incohérent d’acclamer l’un et de condamner l’autre. La source de l’autorité et de la puissance de Paul est la même que celle de Pierre. Si l’un est apôtre, l’autre l’est aussi. Était puissant en. En grec, ce mot est identique à celui traduit par « a agi efficacement en » dans la première partie du verset.

Galates 2:9

9. Jacques. Il ne s'agit pas du frère de Jean, qui avait été mis à mort avant le premier voyage missionnaire de Paul(Actes 12:1, 2), mais sans doute de " Jacques, le frère du Seigneur ", déjà présenté en Gal. 1:19. Le fait qu'il soit nommé en premier implique qu'il était, à l'époque, le chef des apôtres à Jérusalem. Dans le récit de Luc sur le concile de Jérusalem(Actes 15), Jacques occupe la première place parmi les dirigeants de l'Église (voir vs. 13, 19-22). Le fait que Jacques, chef reconnu de l'Église, n'ait pas été l'un des Douze, réduit à néant l'accusation des judaïsants selon laquelle Paul ne peut être considéré comme un véritable apôtre. Quelques anciens manuscrits et versions lisent "Pierre et Jacques", manifestement pour faire apparaître Pierre comme le premier des apôtres.

Céphas. Voir Matt. 16:18; Marc 3:16.

Jean. Voir sur Marc 3:17.

Semblaient l'être. C'est-à-dire qu'ils étaient généralement considérés comme tels. Paul a peut-être volontairement évité de dire que ces trois personnes étaient des leaders. Le succès ou l'échec de l'Évangile ne dépend pas d'un homme ou d'un groupe d'hommes. Personne n'est indispensable à son succès.

Piliers. C'est-à-dire les dirigeants de l'Église. Si Jacques, qui ne fait pas partie des Douze, est tenu en si haute estime qu'il est considéré comme un "pilier" de l'Église au même titre que Pierre et Jean, pourquoi pas Paul ?

Les mains droites. Les principaux apôtres ont conclu un accord formel et amical avec Paul, reconnaissant sa qualité d'apôtre et approuvant son évangile. Le fait de donner la main droite était une pratique familière à d'autres nations ainsi qu'aux Juifs. Cet acte implique manifestement plus qu'une admission à contrecœur que Dieu a appelé et béni Paul et Barnabé, et qu'une concession réticente à leur point de vue. Par ce geste, les apôtres les reconnaissaient comme égaux dans le ministère chrétien. De plus, leur évangile était accepté comme pur et digne d'être prêché.

Communauté. Gr. koinÅÂnia, "participation", "partage", "association".

Vers les païens. Les apôtres n'étaient pas jaloux du succès rapporté par Paul et Barnabé, mais s'en réjouissaient. Ils acceptent que Paul poursuive son travail, comme auparavant, parmi les païens. Ceci est une bonne illustration de la possibilité de parvenir à une solution harmonieuse aux problèmes difficiles de l'Eglise, sans qu'il y ait de rudes querelles ou de conflits. De nombreux conflits qui ont déshonoré l'Église au cours des siècles suivants n'auraient jamais eu lieu si les croyants avaient été aussi honnêtes et nobles d'esprit que les dirigeants de l'époque apostolique.

Galates 2:10

10. Souvenez-vous des pauvres. Il s'agit sans doute des chrétiens pauvres de Judée. Deux raisons justifient cette demande. La première, bien sûr, est la nécessité. La seconde est le désir d'éviter que les nouveaux convertis païens ne s'éloignent des chrétiens juifs. Le fait qu'il ait été officiellement accepté par les dirigeants de l'Église comme apôtre des Gentils ne modifiera pas son attitude à l'égard de ses parents, les Juifs.

Moi aussi, j'étais en avant. Paul a honoré cette demande avec zèle, en lançant des appels répétés aux églises païennes de Macédoine et de Grèce pour qu'elles apportent des contributions généreuses (voir Rom. 15:25-27; 1 Cor. 16:3; 2 Cor. 8).

Galates 2:11

11. Pierre est venu. Bien que la conduite de Pierre(vs. 11-14) nous semble étrange après son expérience avec Corneille(Actes 10:19 à 11:18), et surtout après la décision du Conseil de Jérusalem(Actes 15:7, 22, 29), il est évident que Paul raconte ici l'incident dans son ordre chronologique. Il convient de rappeler que la décision du concile de Jérusalem ne concernait que les croyants païens. Elle ne libérait pas spécifiquement les chrétiens juifs des exigences de la loi rituelle. Ayant perdu leur cause en ce qui concerne les convertis païens, les judaïsants refusaient naturellement de lire dans la décision plus que ce qui était réellement énoncé. Mais Paul et d'autres ont raisonné à juste titre en disant que si les païens pouvaient être sauvés sans être soumis à la loi rituelle, les juifs pouvaient l'être aussi. Lorsqu'il était à Jérusalem, Paul n'avait aucune objection sérieuse à participer lui-même aux cérémonies rituelles(cf. Actes 21:20-27), en tant que Juif. Comme pour la consommation d'aliments offerts aux idoles(1 Cor. 10:27-29), aucun principe moral n'était en jeu(ch. 8:8). La préoccupation de Paul à cette occasion concernait les membres de l'Église(cf. 1 Cor. 10:29-33), et l'Église d'Antioche était composée en grande partie de païens(Actes 11:19-21). Pierre aurait donc dû être prêt à rester fermement sur la position qu'il avait adoptée à l'origine, à savoir entrer en pleine communion avec les croyants païens sur la base d'une réciprocité totale.

Cette visite de Pierre à Antioche a apparemment eu lieu peu après la clôture du concile de Jérusalem. D'après Actes 15:1, 2, il est évident que la discussion à Antioche sur la question de la circoncision avait fourni l'occasion immédiate de convoquer ce concile. Maintenant que la question avait été réglée d'une manière apparemment satisfaisante pour toutes les parties concernées, il était naturel qu'au moins certains des dirigeants se rendent à Antioche. D'après la participation de Pierre au concile (voir Actes 15:6-11), et en particulier son expérience dans la maison de Corneille, on pouvait s'attendre à ce qu'il fasse ce qu'il pouvait à Antioche pour aplanir les divergences d'opinion et pour aider à mettre en œuvre la décision du concile.

Je lui ai résisté. Cet incident prouve clairement l'égalité de Paul en tant qu'apôtre et justifie son argument contre l'obligation pour les païens de se conformer aux pratiques juridiques juives (voir v. 14). Paul, Barnabé et deux autres personnes avaient été choisis pour porter la décision du conseil à Antioche (voir Actes 15:22, 23). Comme Pierre s'était montré favorable à la décision et l'avait sans aucun doute approuvée sans réserve, on ne peut pas dire qu'il y ait eu une controverse entre lui et Paul. Ils étaient d'accord, au moins sur les principes généraux, et donc sur la décision, énoncés lors du concile en ce qui concerne le statut des païens au sein de l'Église chrétienne. Cette décision claire et sans équivoque a sans doute servi de base à la réprimande ouverte de Paul à Pierre, et l'a justifiée.

Il devrait être possible pour les responsables d'église de discuter d'opinions diverses sans susciter de ressentiment. On peut raisonnablement supposer que le silence de Pierre reflétait le fait qu'il reconnaissait avoir commis une erreur de jugement. C'était une chose noble de sa part. L'unité d'effort est nécessaire au succès de toute entreprise. L'Église ne pourra jamais remplir sa mission tant qu'il n'y aura pas le même type d'honnêteté et de franchise que celui qui était évident chez les dirigeants apostoliques.

Il devait être blâmé. Certains auteurs de l'Église primitive ont insisté sur le fait que le Pierre mentionné ici n'était pas l'apôtre Pierre, mais l'un des Soixante-dix. D'autres ont prétendu que les deux apôtres avaient arrangé la scène à l'avance pour montrer aux judaïsants qu'ils devaient être aussi disposés à se soumettre que Pierre l'avait été aux arguments persuasifs de Paul. Ces tentatives et d'autres pour expliquer des faits simples étaient motivées par la croyance préconçue en la primauté de Pierre et par le refus d'admettre qu'il ait pu se tromper, sans parler du fait qu'il ait été ouvertement réprimandé par un autre apôtre. Apparemment, Pierre s'est rendu compte de sa propre erreur et n'a pas cherché à se justifier ou à s'excuser. Une telle réaction est conforme à ce que l'on peut attendre de Pierre après sa grande confession (voir Jean 21:15-17). Elle l'a marqué comme un homme d'une noble stature spirituelle.



Ellen G. White


11, 12 (Jacques 1:8; voir les commentaires d’EGW sur Actes 21:20-26). Quand les hommes forts vacillent—Même les meilleurs hommes, s’ils sont livrés à eux-mêmes, commettront de graves erreurs. Plus on confie de responsabilités à l’agent humain, plus sa position est élevée pour dicter et contrôler, plus il est certain de causer du tort en pervertissant les esprits et les cœurs s’il ne suit pas attentivement la voie du Seigneur. À Antioche, Pierre manqua aux principes d’intégrité. Paul dut résister face à face à son influence subversive. Ceci est rapporté afin que d’autres puissent en tirer profit et que cette leçon soit un avertissement solennel aux hommes haut placés : qu’ils ne manquent pas à l’intégrité, mais restent fermement attachés aux principes.

Galates 2:12

12. De Jacques. Tout ce que l'on peut déduire avec certitude au sujet de ces croyants dont on dit qu'ils sont venus de la part de Jacques, c'est qu'ils étaient membres de l'Église de Jérusalem, dont Jacques était le chef. Dans la mesure où il n'est pas dit qu'il les a envoyés à , ce serait une supposition injustifiée que de dire qu'ils étaient venus avec l'autorisation officielle de Jacques. Ils représentaient apparemment le parti de la circoncision et étaient probablement des chrétiens pharisiens (voir Actes 15:5). Il est possible qu'ils soient venus à Antioche sans l'approbation de Jacques. Il est certain qu'ils n'avaient pas son autorisation pour semer le trouble, car dans ses remarques au conseil, il avait donné la preuve de son désir sincère d'harmonie entre les croyants du monde entier(Actes 15:13-21).

Avec les païens. Avant sa vision et l'expérience qui s'ensuivit chez Corneille(Actes 10:9-48), Pierre n'aurait pas fréquenté les païens comme il l'a fait à Antioche. La précaution qu'il prend en emmenant six témoins(Actes 11:12) reflète sa crainte que les frères de Jérusalem hésitent à accepter son témoignage s'il était isolé. Mais après la démonstration inhabituelle de l'approbation de Dieu, évidente dans le don de l'Esprit avant leur baptême, Pierre est confiant dans l'acceptation des païens au sein de l'Église chrétienne. Cette confiance a été confirmée par l'attitude du Conseil de Jérusalem quelques années plus tard(Actes 15). Il n'y avait plus de place pour un doute légitime sur cette question. C'est pourquoi, lorsque Pierre se rendit à Antioche, il se sentit libre de se joindre à ses frères dans la communion avec les croyants païens.

Il s'est retiré et s'est séparé. Apparemment, Pierre a discrètement mis fin à son association avec les païens, sans explication. Il est probable que cette séparation n'a été qu'une rupture des relations sociales.

Il les craint. Pour se défendre, Pierre cherche à éviter tout nouveau conflit avec ces frères déraisonnables et judaïsants de Jérusalem. C'est ce même groupe qui avait semé le trouble à Antioche, avant le concile, en insistant sur la circoncision de tous les païens qui cherchaient à être admis dans l'Église chrétienne (voir Actes 15:5). Les représentants de ce parti avaient également altéré la loyauté de nombreux membres de l'Église de Corinthe (cf 2 Cor. 11:22). La crainte de Pierre peut être due, en partie du moins, au même esprit de prudence qui l'a poussé à emmener six autres Juifs chez Corneille(Actes 11:12). Après tout, le Conseil de Jérusalem n'avait pas prévu que les Juifs puissent s'associer librement avec les païens (voir sur Gal. 2:11), et Pierre a pu craindre que ces frères judaïsants interprètent ses actions d'une manière qu'il aurait du mal à expliquer à son retour à Jérusalem.

Galates 2:13

A feinté. Littéralement, « a agi sous un masque avec [Pierre] », c’est-à-dire a joué le rôle d’hypocrites. Pierre et ces « autres Juifs » savaient qu’ils n’agissaient pas correctement, mais ils se sont compromis afin d’éviter des difficultés avec les judaïsants. Ils ont agi ainsi pour dissimuler leurs véritables sentiments à ceux qui étaient venus de Jérusalem. Ils ont prétendu prendre parti pour les frères judaïsants. Si l’accusation de manque de sincérité portée par Paul était vraie — et il n’y a aucune raison d’en douter — Pierre a bien fait de garder le silence, comme il semble l’avoir fait. Rien ne peut être dit pour défendre sa conduite, et elle ne peut pas non plus être excusée. Barnabas aussi. Ce dut être un grand choc pour Paul lorsque son propre ami intime et compagnon d’œuvre succomba à la pression de l’opinion publique. Apparemment, même les dirigeants chrétiens forts risquent d’abandonner leurs convictions personnelles si une pression suffisante est exercée sur eux. Dissimulation. Littéralement, « hypocrisie », « manque de sincérité ».

Galates 2:14

14. Ils n'ont pas marché droit. La conduite de Pierre, de Barnabé et des autres Juifs allait semer la confusion et la division dans l'Église. La question allait bien au-delà de la conduite des dirigeants. Le bien-être des croyants païens était en jeu, et même le sort de l'Évangile lui-même. Si l'on laissait le parti judaïsant agir à sa guise, l'Évangile - le salut par la foi en la mort expiatoire de Jésus - serait supplanté par la doctrine du salut par les œuvres de la loi. Ainsi, "la vérité de l'Évangile" ne serait plus proclamée.

Devant tous. La réprimande était publique parce que l'offense était publique. Tous, ou presque, étaient concernés. Paul écrivit plus tard à Timothée qu'une réprimande publique pour un péché ouvert dissuaderait efficacement les autres de suivre la même voie (voir 1 Tim. 5:20). L'action de Pierre et des autres Juifs a créé un fossé dans la communion de l'Église et a menacé de briser l'unité des Gentils et des Juifs en Christ. La perspective était désastreuse. Paul a adressé ses remarques à Pierre parce que sa ligne de conduite était la principale responsable de la crise qui avait surgi à cette occasion.

Le comportement des païens. Il avait fallu un miracle pour convaincre Pierre que les païens devaient être admis dans la communauté chrétienne sur un pied d'égalité avec les Juifs (voir Actes 10:20, 28, 29, 34). Depuis cette expérience, il s'était manifestement senti libre de fréquenter des païens, contrairement à la coutume juive. Son silence apparent, lorsqu'il est réprimandé, implique qu'il a reconnu l'erreur de son geste précipité et la gravité de ses implications pour l'avenir de l'Église en tant que corps universel et uni. On peut admettre ce point en faveur de Pierre.

Pourquoi t'obliger ? Le changement soudain d'attitude de Pierre obligerait les païens à se conformer aux exigences des judaïsants, à savoir se faire circoncire et observer les rites juifs, pour que les relations amicales entre eux et les chrétiens juifs se poursuivent. Cela reviendrait pratiquement à obliger les païens à vivre comme des Juifs. Paul souligne ici l'incohérence résultant de cette attitude des juifs chrétiens à l'égard des païens dans l'Église.

Galates 2:15

15. Juifs par nature. C'est-à-dire des descendants littéraux d'Abraham. Il n'est pas tout à fait clair si les versets 15 à 21 font partie de la censure publique de Paul à l'égard de Pierre à Antioche ou si Paul s'adresse à nouveau directement aux Eglises de Galatie. Il est raisonnable de considérer que l'absence de transition évidente indique que Paul répète ici en substance ce qu'il a dit à Pierre, reformulé et adressé aux chrétiens de Galatie. Les versets 15 et 16, en particulier, semblent s'adresser à des chrétiens juifs, mais il n'est pas certain qu'il s'agisse d'Antioche ou de la Galatie. Le fait que le v. 14 parle des chrétiens juifs d'Antioche peut impliquer que Paul cite encore ce qu'il leur a dit.

Pécheurs parmi les païens. Ou "pécheurs des Gentils", probablement un terme juif courant reflétant un certain mépris pour les Gentils non régénérés, considérés comme une race inférieure, sans la loi. Paul admet qu'il y a certains avantages à être juif (voir Rom. 3:1, 2; 9:4, 5), mais en ce qui concerne leur position devant Dieu, tous sont des pécheurs qui ont besoin du salut (voir ch. 3:9). Les païens étaient, en un sens, désavantagés, car ils n'avaient pas bénéficié de tous les avantages accordés aux Juifs. Néanmoins, les païens sont sans excuse (voir Rom. 1:20).

Galates 2:16

16. Justifié. Ou, "reconnu juste" (voir sur Rom. 3:20, 28; 4:8, 25).

Les œuvres de la loi. Littéralement, " les œuvres de la loi " (voir sur Rom. 2:12). Paul fait ici référence non pas tant aux observances rituelles de la loi cérémonielle qu'au concept juif selon lequel un homme peut se sauver en observant méticuleusement la loi (voir sur 2 Cor. 3:3-9) "la loi", qui consistait en des préceptes moraux, cérémoniels et civils (voir pp. 933, 934). Dans son épître aux Galates, Paul ne s'intéresse qu'aux codes moral et cérémoniel. Le code civil n'entre apparemment pas directement dans le problème posé. Les Juifs se sont trompés en (1) de considérer que le salut pouvait être atteint par leurs propres efforts, en se conformant aux exigences de la "loi", et en vertu d'une vie méritoire dans laquelle un surplus de bonnes actions annulerait les mauvaises, (2) d'ajouter à la loi, telle qu'elle est donnée par Dieu, une masse d'exigences créées par l'homme, communément appelées "tradition" (voir Vol. V, p. 96 ; voir sur Marc 7:3), et (3) l'extension et la tentative d'application de certains aspects des dispositions rituelles et cérémonielles de la "loi" au-delà de la croix, lorsqu'elles sont devenues caduques. Tout cela était sans aucun doute présent à l'esprit de Paul lorsqu'il écrivait. Comme nous l'avons déjà dit, le mot " loi ", tel qu'il est utilisé par Paul dans le livre des Galates, comprend à la fois la loi morale, ou Décalogue, et la loi cérémonielle (voir EGW Supplementary Material on Gal. 3:24). Mais Paul ne se préoccupe pas tant de l'une ou l'autre de ces lois, en tant que telles, que du système juridique juif de justice par les œuvres, qui était basé sur elles.

La foi en Jésus-Christ. C'est-à-dire la foi en Jésus-Christ (voir sur Jean 1:12; 3:16; Rom. 4:3; 5:1). La justification est un don gratuit de Dieu en Jésus-Christ (voir sur Jean 3:16). Les œuvres ne jouent aucun rôle dans cette transaction. De la part de Dieu, il s'agit d'un don rendu possible par Jésus-Christ. Pour l'homme, il faut une foi et une confiance totales en Dieu, qui est capable et désireux de justifier le pécheur. La foi est le moyen par lequel l'homme reçoit la justification.

Nous avons cru. C'était vrai pour Pierre comme pour Paul, et Pierre savait déjà que l'observation de la loi ne pouvait justifier personne. C'est pour cette raison qu'ils s'étaient tournés vers le Christ pour être sauvés du péché. Paul laisse entendre que cette profession même est une reconnaissance du fait que leurs anciennes observances étaient en elles-mêmes sans valeur et nulles.

Pas de chair. C'est-à-dire aucun homme, aucun être humain. Voir Rom. 3:20.



Ellen G. White


16 (chap. 3:10-13, 24; Romains 3:19-28; 5:1). Aucune place pour l’autosuffisance—Nous sommes justifiés par la foi. L’âme qui comprend le sens de ces paroles ne sera jamais autosuffisante. Nous ne sommes pas suffisants par nous-mêmes pour penser quoi que ce soit de nous-mêmes. Le Saint-Esprit est notre efficacité dans l’œuvre de la formation du caractère, dans la formation de caractères à la ressemblance divine. Lorsque nous nous croyons capables de façonner notre propre expérience, nous commettons une grave erreur. Nous ne pouvons jamais, par nous-mêmes, obtenir la victoire sur la tentation. Mais ceux qui ont une foi authentique en Christ seront façonnés par le Saint-Esprit. L’âme dans le cœur de laquelle demeure la foi grandira pour devenir un temple magnifique pour le Seigneur. Elle est dirigée par la grâce du Christ. À mesure qu’elle dépend de l’enseignement du Saint-Esprit, elle grandira (Manuscript 8, 1900).

Galates 2:17

17. Nous. C'est-à-dire "nous qui sommes Juifs"(v. 15), c'est-à-dire des Juifs chrétiens, des Juifs qui "cherchent à être justifiés par le Christ."

Chercher à être justifiés. Les juifs chrétiens, du moins en apparence, reconnaissent la nécessité de venir au Christ pour le salut, admettant ainsi tacitement l'insuffisance des "œuvres de la loi"(v. 16).

Nous-mêmes. En grec, le pronom est emphatique.

Nous sommes trouvés pécheurs. C'est-à-dire, en plus des pécheurs païens du v. 15. Le grec dit littéralement : "ont été trouvés pécheurs", c'est-à-dire à un moment donné dans le passé, après être devenus chrétiens. Le Christ avait promis la justification à ceux qui viendraient à Dieu par lui (voir v. 16). Mais si ceux qui le font sont encore "pécheurs", alors la grâce accordée par le Christ est insuffisante. Ayant fait une promesse, il est incapable de l'accomplir, et doit donc être tenu responsable de l'état de péché qui subsiste.

Ministre du péché. Ou "agent du péché", c'est-à-dire celui par qui nous sommes devenus pécheurs, et donc celui qui est responsable de notre état de pécheur. Si l'on suivait les exigences des chrétiens judaïsants, cela semblerait être le cas, car, bien qu'ils se soient appelés chrétiens, ils ont maintenu la nécessité d'un strict accomplissement de la loi cérémonielle afin d'être libérés du péché. Si tel était le cas, pourquoi être chrétien ? Les chrétiens seraient donc revenus à leur point de départ, c'est-à-dire des pécheurs condamnés par la loi. Si le Christ exige cela d'eux, conclut Paul, alors le Christ est devenu un agent, ou un complice, du péché.

Dieu nous en préserve. Littéralement : "Que cela ne se produise pas !" Qu'une telle idée disparaisse ! Pourtant, telle était la conclusion logique, bien qu'absurde, à laquelle conduisait la position des judaïsants. L'idée est absurde et tout à fait en désaccord avec une conception véritable de ce que le Christ a fait pour sauver l'homme de la situation dans laquelle ses péchés l'ont mis. Essayer de substituer les œuvres à la foi, c'est confondre et déformer la simple vérité de l'Évangile, à savoir que le salut est par la foi seule.

Galates 2:18

18. Si je construis. C'est-à-dire, si après avoir reconnu, en tant que chrétien juif, l'inefficacité totale de la loi comme moyen de salut et m'être tourné vers le Christ pour être justifié, je retourne au système juridique juif pour tenter de trouver une justification

Les choses que j'ai détruites. C'est-à-dire les observances rituelles du judaïsme comme moyen de salut. Pour un Juif, accepter le Christ était une admission tacite qu'en soi, le judaïsme ne pouvait pas sauver un homme. Même si Paul écrit à la première personne, il est évident qu'il pense à ce qui serait vrai pour tous les juifs convertis au christianisme

Un transgresseur. Pour un Juif converti, revenir aux pratiques du judaïsme comme moyen de salut reviendrait à admettre l'incapacité du Christ à sauver un homme par la foi seule. En outre, ce serait admettre qu'il avait eu tort de se détourner du judaïsme en premier lieu, et que, ce faisant, il s'était rendu "transgresseur" de la loi rituelle. C'est précisément ce que Pierre avait fait(vs. 11-14), et ce que tous les judaïsants faisaient

Galates 2:19

19. Pour moi. En grec, le pronom " je " est emphatique. Alors qu'au v. 18, Paul parle comme s'il était l'un des judaïsants, il se réfère maintenant à son expérience personnelle(v. 19-21).

Par la loi. Par son expérience personnelle de la recherche du salut par le respect des exigences du système juridique, Paul a prouvé à sa propre satisfaction l'inefficacité de ce système. En outre, il voyait maintenant que la loi renvoyait le pécheur à Christ.

Mort à la loi. C'est-à-dire qu'il n'a plus rien à voir avec elle. Auparavant, Paul s'attendait à être justifié en respectant scrupuleusement toutes les exigences de la loi. C'était l'objectif de sa vie. Maintenant que le véritable objectif de la loi lui est apparu clairement, il a compris qu'il ne pouvait attendre aucune aide de cette source. En conséquence, il a abandonné le système juridique comme moyen de salut.

Vivre pour Dieu. Sa vie était désormais orientée vers Dieu, comme elle l'avait été auparavant vers la loi. Son but dans la vie était désormais de s'approprier les moyens de salut que Dieu avait gracieusement mis à sa disposition (voir Phil. 3:13).

Galates 2:20

20. Crucifié avec le Christ. C'est-à-dire que Paul avait accepté l'expiation fournie par la mort du Christ sur la croix (voir Rom. 6:3-11 ; Phil. 3:8-10). Il se considérait comme mort au péché, au monde et aux méthodes inventées par l'homme pour parvenir à la justice, comme s'il avait été crucifié. Ces méthodes ne lui plaisaient plus, et dans son cœur, il n'y avait aucune réponse à ces méthodes

Néanmoins, je vis. Le grec traduit par "je vis néanmoins, mais ce n'est pas moi" peut aussi être rendu par "ce n'est plus moi qui vis" ; les deux sont appropriés au contexte, et dans les deux cas, le sens de la déclaration dans son ensemble reste inchangé

S'il était mort pour certaines choses, Paul était bien vivant pour d'autres. Il était aussi actif après sa conversion qu'avant, car la vie d'un chrétien n'est pas une vie d'inactivité. Jésus a parlé de cette nouvelle vie comme d'une vie plus abondante (voir Jean 10.10). Puisque Jésus est la source de la vie, il ne peut y avoir de véritable appréciation de la vie en dehors de Lui

Le Christ vit en moi. C'est le secret d'une vie chrétienne réussie : le Christ demeure en nous et vit en nous la même vie parfaite qu'il a vécue ici-bas. L'amour du Christ le contraint(2 Cor. 5:14), et la justice du Christ devient une réalité dans sa vie(Rom. 8:3, 4)

Dans la chair. C'est-à-dire la vie présente. Le chrétien est encore dans le monde, mais il n'en fait pas partie(Jean 17:11, 14)

La foi du Fils de Dieu. C'est-à-dire la foi dans le Fils de Dieu. Des preuves textuelles importantes peuvent être citées(cf. p. 10) pour lire "foi en Dieu et en Christ"



Ellen G. White


20 (Philippiens 1:21; Colossiens 3:3; voir les commentaires d’EGW sur Apocalypse 3:1). La plus grande œuvre dans le monde—Tout ce qui est bon chez les hommes et les femmes est le fruit de l’action du Saint-Esprit. L’Esprit nous enseigne à manifester la justice dans notre vie. La plus grande œuvre qui puisse être accomplie dans notre monde est de glorifier Dieu en vivant le caractère du Christ. Dieu ne rendra parfaits que ceux qui mourront au moi. Ceux qui sont disposés à le faire peuvent dire : « Je vis ; mais ce n’est pas moi, c’est Christ qui vit en moi » (Manuscript 16, 1900).

Galates 2:21

21. Frustrer. Revenir au système légal de la justice par les œuvres annulerait tout ce qui a été reçu par la grâce de Dieu, par la foi en Jésus-Christ. Paul refuse même un instant de céder aux exigences de ceux qui, comme Pierre et les judaïsants, insistent sur le retour aux oeuvres de la loi comme condition de la justification. Il faut y voir un reproche à l'attitude de Pierre (voir v. 15). La conclusion évidente de Paul est donc que tous ceux qui, comme Pierre, se séparent des chrétiens païens, seront frustrés de la grâce de Dieu.

Si la justice vient. Si la grâce n'est pas nécessaire, l'Évangile n'a ni valeur ni attrait. En discutant de la justice qu'Abraham a reçue par la foi, Paul soutient que les récompenses de celui qui travaille ne sont pas une faveur ou un don ; elles lui appartiennent, en tant que résultat de ses propres efforts (voir Rom. 4:4, 5). Or, si, par les oeuvres de la loi, on peut obtenir tous les avantages qui viennent de l'Evangile, le plan de la rédemption de l'homme par Jésus-Christ est devenu inutile. La logique de cette conclusion devait être évidente pour Pierre et pour tous ceux qui suivaient son exemple.

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés