Tyndale Open Study NotesMatthieu 5
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Lire Matthieu 5 dans la BibleMatthieu 5:3
Dans l'Ancien Testament, les pauvres (littéralement les pauvres d'esprit ; cf. Lc 6.20, 24) sont souvent dépeints comme particulièrement pieux car l'oppression par les riches les conduit à faire confiance au Seigneur pour leur salut et leur délivrance plutôt que de se fier au pouvoir de la richesse (Mt 11.5 ; Ps 37.14–15 ; 40.17 ; 69.28–33 ; Es 61.1 ; 66.2). Dans les récits de Matthieu et de Luc, les "pauvres" sont en effet matériellement pauvres, mais c'est leur confiance en Dieu, et non leur pauvreté, qui a pour résultat leur bénédiction (Es 57.15 ; 66.2).
Matthieu 5:4
Ceux qui pleurent sont ceux qui se lamentent sur l'état spirituel d'Israël et sur Israël en tant que nation (voir 23.37–39 ; Es 61.2–3 ; Jl 1.8–13 ; 2.12–13, 18–19 ; Rm 9.1–5 ; 1 Cor 5.2 ; Jc 4.9). Le chagrin personnel, qu'il soit causé par le péché ou la tragédie, peut également être visé ici (Mc 16.10 ; Ap 18.11, 19). • On dit qu'ils seront consolés, à la voix passive, par respect pour le saint nom de Dieu ; la phrase pourrait également être tournée ainsi : Dieu les consolera (voir aussi Mt 5.6–7, 9). La consolation accompagnera l'accomplissement de tout ce que Dieu a promis (Es 40.1–2 ; 61.2–3).
Matthieu 5:5
Voir Ps 37.11 que Jésus reprend presque mot pour mot ici. Ailleurs, Jésus se décrit lui-même en des termes similaires, par opposition aux autres enseignants (Mt 11.29) et comme quelqu'un qui évite l'orgueil (12.17–21 ; 21.5). Son humilité est illustrée par sa mort sur la croix (1P 2.23 ; 3.9). • La terre pourrait désigner la promesse de Dieu faite à Abraham de lui donner le pays, à lui et à sa descendance (Gn 12.7 ; 17.8 ; voir Es 60.21). Peut-être que le sens était plus large et qu'il s'agissait du règne de Dieu sur la terre entière (Mt 19.28 ; 28.18–20 ; Ps 115.16).
Matthieu 5:6
Ceux qui ont soif de justice peut désigner soit le disciple de Jésus dont le but principal dans la vie est d'obéir au Seigneur (cf. 3.15 ; 5.10, 20), soit le désir du disciple de voir la justice advenir pour tous (Ps 11.7 ; 85.10–12 ; Es 11.1–4 ; Jr 23.5–6 ; 33.16). Celui qui est animé d'une telle aspiration prie souvent en ces termes : "Que ta volonté soit faite sur la terre" (Mt 6.10). • Le Christ a apporté la justice et la droiture (Rm 3.21–22 ; 5.1) ; les disciples en seront rassasiés (cf. Ps 42.1–2 ; 63.1–2).
Matthieu 5:7
Matthieu 5:8
Ceux qui ont le cœur pur (voir Ps 24.3–5 ; 51.7 ; Es 6.5) sont cités par contraste avec ceux qui pensent avoir satisfait la volonté de Dieu en se conformant aux rituels de la tradition (Mt 23.25–26). Jésus insistait sur la simplicité, la vraie droiture du cœur (voir 6.1–24 ; 15.1–20 ; 23.23–28 ; Dt 6.5). • Ils verront Dieu et parviendront donc à une situation plus enviable encore que celle de Moïse (voir Ex 33.18–23 ; 34.5–7 ; voir aussi Ps 73.1).
Matthieu 5:9
Cette béatitude visait probablement les zélotes – des révolutionnaires juifs qui prônaient le renversement de la domination romaine par la résistance violente. Le Royaume du Messie sera quant à lui établi par d'autres moyens. • Jésus ne prône pas le pacifisme en soi, mais plutôt un militantisme d'une autre sorte. • La paix est l'absence d'inimitié et la présence du salut de Dieu (Lv 26.6 ; 1S 16.4–5 ; Es 9.5–6 ; Za 8.16 ; Ep 2.14 ; Col 1.20). Les disciples de Jésus doivent œuvrer pour la justice, la droiture, la réconciliation et la miséricorde qui sont les fruits du salut de Dieu par le Christ (Mt 5.43–47 ; Lc 10.5–6).
Matthieu 5:10-11
Les premiers disciples de Jésus ont été persécutés par des responsables juifs hostiles, heurtés par la révélation nouvelle et pleine d'autorité de Jésus (voir 10.17–23 ; 11.2–6 ; 12.1–8 ; 15.1–20 ; 23.34–36). Depuis lors, agir avec droiture au nom de Jésus et en obéissant à ses enseignements a souvent été une cause de persécution (10.24–25 ; 2Tm 3.12).
Matthieu 5:12
La grande récompense que Jésus mentionne ne se gagne par en souffrant pour avoir bien agi ; c'est la bénédiction de Dieu offerte à ceux qui ont manifesté sa grâce envers les autres (voir 10.41–42 ; 20.1–16). • Les anciens prophètes sont étroitement liés aux apôtres du Nouveau Testament (voir aussi 13.16–17 ; 23.29–36 ; Ep 2.20).
Matthieu 5:13-16
Les bonnes actions des disciples auront des effets positifs profonds sur le monde qui les entoure, pour la gloire de Dieu. Cependant, Jésus les met en garde d'éviter toute action qui pourrait compromettre cette influence positive.
Matthieu 5:13
Matthieu 5:14
Matthieu 5:16
Les religieux hypocrites cherchent à se glorifier eux-mêmes ; les disciples de Jésus doivent chercher à louer Dieu (voir 1P 2.12).
Matthieu 5:17
Abolir signifierait éliminer et remplacer la loi de Moïse et les écrits des prophètes (c'est-à-dire, l'ensemble de l'Ancien Testament) en tant que révélation de la volonté de Dieu. • Accomplir leur but pourrait vouloir dire y obéir parfaitement, parfaire leur enseignement, ou réaliser l'accomplissement de leurs prophéties (voir 1.22 ; 2.15, 17, 23). Jésus est lui-même la réalisation de tout ce que les prophètes et la Loi enseignaient et attendaient. Maintenant que le Christ (l'accomplissement) est venu, l'Ancien Testament doit être compris à sa lumière (Lc 24.26, 44).
Matthieu 5:19
La réalisation de la loi en Christ signifie que l'obéissance à tous ses commandements (voir 28.20) est la seule réponse acceptable pour ses disciples. • Le commandement fait référence aux commandements de l'Ancien Testament (5.18), désormais accomplis dans l'enseignement du Christ (voir 5.21–48). • Jésus veut peut-être dire qu'un tel individu entrera dans le Royaume, mais seulement de justesse et avec un statut inférieur ; certains éléments de la tradition juive suggèrent à l'inverse que Jésus fait référence à la damnation (cf. 8.12, où "ceux qui devaient rentrer dans le Royaume" sont exclus pour toujours).
Matthieu 5:20
Les disciples de Jésus doivent manifester une forme de justice profondément nouvelle que Jésus enseigne et rend possible (illustrée dans 5.21–47 et résumée dans 5.48) ; elle est différente à la fois d'un point de vue quantitatif et qualitatif. Tout comme Jésus est plus grand que le Temple (1.6) et que Jonas (12.41), la justice de ses disciples dépasse de loin celle des docteurs de la loi et des pharisiens (voir 3.7–9).
Matthieu 5:21-47
Jésus oppose son propre enseignement à six interprétations erronées de la loi. Chaque antithèse fournit un exemple de la justice supérieure de Jésus. Jésus révèle la volonté de Dieu en soulignant à quel point elle diffère des traditions.
Matthieu 5:21
Il est fait référence ici à l'interprétation traditionnelle des docteurs de la loi religieuse et des pharisiens. Bien que leurs traditions interdisaient le meurtre, elles n'interdisaient pas la haine. La justice supérieure prônée par Jésus exige la réconciliation (5.23–24) ; s'abstenir seulement de tuer n'est pas suffisant (5.22).
Matthieu 5:22
Les deuxième et troisième châtiments sont plus sévères que de coutume à l'époque de Jésus, ce qui souligne la supériorité de la justice de Jésus et de ses disciples (voir 5.20). Ils ne toléraient ni absence de réconciliation dans une relation ni la moindre dévalorisation d'autrui. • Le terme araméen reqa’ (translittéré en raca) signifie quelque chose comme "tête vide", c'est donc probablement une manière de maudire autrui (littéralement si vous dites, "tu es stupide !" ; cf. Jc 2.20). La dévalorisation des personnes est un péché qui prend différentes formes.
Matthieu 5:23-26
Jésus donne deux illustrations de réconciliation dans la communauté et dans la société.
Matthieu 5:27-30
La justice de Jésus révèle le péché à un niveau plus profond, au-delà de ce qui se voit extérieurement ; il dévoile le véritable sens de la loi.
Matthieu 5:29-30
Ces images appellent à se défaire radicalement du péché. Mais même l'automutilation, aussi radicale soit-elle, ne peut pas mettre un terme à la convoitise de l'esprit. Jésus appelle à la justice supérieure que lui seul peut apporter.
Matthieu 5:29
La géhenne désignait à l'origine une vallée située à l'extérieur de Jérusalem où certains rois de Juda adoraient des idoles et pratiquaient le sacrifice humain par le feu (2Ch 28.3 ; 33.6 ; Jr 7.31 ; 32.35). Le site a finalement été détruit par Josias (2R 23.10). Dans le Nouveau Testament, la géhenne décrit le lieu du châtiment infligé par Dieu. Si les disciples ne manifestent pas une justice supérieure, ils n'entreront pas dans le Royaume (Mt 5.20) et subiront un châtiment éternel (5.22 ; 23.33).
Matthieu 5:31-32
Jésus remet en question l'interprétation de la disposition de l'Ancien Testament relative au divorce (voir Dt 24.1–4 ; cf. Mt 19.3–9) : suivre les règles ne rend pas le divorce acceptable. Jésus n'autorise qu'une seule raison légitime pour le divorce, l'infidélité sexuelle, et interdit le divorce décidé pour des raisons ordinaires (voir aussi 1Co 7.10–11).
Matthieu 5:31
Un acte de divorce est un document attestant de la légalité d'un divorce. Des éléments suggèrent qu'un tel document autorisait le remariage. Selon la Mishnah Guittin 9.3, la formule essentielle dans un acte de divorce est : "Voici, tu es libre d'épouser n'importe quel homme". Parallèlement, la formule essentielle dans un acte d'affranchissement d'une esclave est : "Voici, tu es une femme libre : te voilà appartenant à toi-même."
Matthieu 5:32
La clause d'exception autorise le divorce lorsque l'un des partenaires a été infidèle mais ne l'exige pas (voir aussi 19.9). Il est important de noter que Jésus n'exige pas la mort du coupable (voir Dt 22.21–22). • Cela semble vouloir dire qu'en divorçant de sa femme pour des raisons illégitimes, l'homme la pousse à commettre l'adultère car il la met à tort dans une situation où elle se remarie et enfreint ainsi la loi. • On ne sait pas clairement si Jésus parle de toute femme divorcée, quel que soit le motif, ou seulement d'une femme divorcée sans raison acceptable (infidélité). L'idée qui sous-tendait la loi juive sur le divorce était simple : les divorces légitimes permettaient le remariage.
Matthieu 5:33-37
Jésus résume ici l'enseignement de l'Ancien Testament sur les serments (Lv 19.12 ; Nb 30.2–4 ; Dt 23.21–23 ; Ps 50.14 ; Za 8.17). Les pharisiens avaient établi des degrés d'engagement pour les serments – par exemple, un serment qui ne mentionnait pas Dieu n'était pas aussi contraignant. Jésus montre que puisque Dieu est apparenté à toutes choses (ciel, terre, Jérusalem, ma tête ; voir aussi Mt 23.16–22), rompre n'importe quel serment revient à enfreindre un commandement de Dieu (voir Ex 20.7). L'essentiel, c'est d'être totalement honnête. La justice de Jésus élève le "oui" et le "non" prononcé au quotidien par le disciple au niveau du serment contraignant. Les serments deviennent inutiles lorsque la personne est honnête (Jc 5.12).
Matthieu 5:38-42
L'Ancien Testament permettait une rétribution proportionnelle (Ex 21.24–25 ; Dt 19.16–21), afin d'éviter que les châtiments ne surpassent trop la gravité de l'offense. Jésus, cependant, n'autorise aucune forme de vengeance personnelle parmi ses disciples. La voie de Jésus ne consiste pas à exiger la justice mais à trouver la victoire par la souffrance et la croix (1P 2.23). Certains ont interprété ce passage comme étant une voie à suivre dans toutes les dimensions de la vie (y compris politique). D'autres le comprennent simplement comme la volonté de renoncer à ses droits personnels et de pardonner comme Dieu a pardonné (voir Mt 5.48 ; 18.23–35). À l'image du serviteur dans Es 50.4–9 et 53.7 (voir aussi Mt 12.15–21), les disciples de Jésus doivent appliquer cette vertu lorsqu'il s'agit d'honneur, de possessions, de temps ou de propriété. La justice ne consiste pas à imposer sa volonté.
Matthieu 5:41
Matthieu 5:42
Voir Dt 15.7–11.
Matthieu 5:43-47
En parlant de la détestation des ennemis, Jésus ne s'oppose pas à l'Ancien Testament, mais à une interprétation traditionnelle qui en a été faite de manière erronée (cf. Ex 23.4–5). Le terme "détester" ne se trouve pas dans l'Ancien Testament (mais voir Ps 139.21–22).
Matthieu 5:45
En aimant tout le monde, les disciples de Jésus ne deviendront pas pour autant des enfants de Dieu ; c'est par leurs actions qu'ils démontreront qu'ils sont bel et bien les vrais enfants de Dieu, conformément à sa nature et à sa volonté (voir Dt 10.18–19).
Matthieu 5:47
On enseignait aux juifs de saluer les non-juifs afin de maintenir des relations pacifiques, mais ces salutations n'étaient pas les mêmes que celles réservées aux "frères" - c'est-à-dire, aux juifs.
Matthieu 5:48
Ce verset fait l'unité du passage 5.20–48 (voir note d'étude sur 4.23–25). • Le terme rendu par "parfait" signifie maturité et intégralité en réponse à la proclamation du Royaume faite par Jésus, et consécration totale à Dieu (19.21 ; Ep 4.13 ; Ph 3.15 ; Col 1.28 ; 4.12 ; 1Jn 4.18). La perfection repose sur l'amour (voir Lc 6.36).
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Matthieu 5:1-2
C'est le premier des cinq longs discours rapportés dans l'évangile de Matthieu (voir aussi 9.35–11.1 ; 13.1–53 ; 18.1–19.2 ; 23.1–26.1). Le Sermon sur la montagne a pour thème l'appel du Messie à la justice. Pour Paul, cette justice s'entendait comme l'action salvatrice de Dieu et le statut d'une personne sauvée devant lui. Jésus utilise le terme pour désigner un comportement moral conforme à la volonté de Dieu, comme le fait Jacques. Plus précisément, l'attitude juste consiste à faire la volonté de Dieu telle que Jésus la révèle. Cette "révélation de la justice" confère son unité à tout le Sermon.