Seventh-day Adventist Bible CommentaryJude 1

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

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Introduction

L’Épître générale de JUDE INTRODUCTION 1. Titre. Dans les plus anciens manuscrits grecs, le titre de cette épître est simplement Ioudas (« Judas » ou « Jude »). Les mots « L’Épître générale de », que l’on trouve dans la KJV, indiquent que cette lettre s’adresse non pas à un individu précis, à une église précise ou à un groupe d’églises, mais « à ceux [c’est-à-dire à tous] qui sont sanctifiés » (voir la note sur v. 1). Pour la même raison, on l’appelle parfois une « épître catholique », au sens où « catholique » signifie « universel ». 2. Auteur. L’écrivain se présente comme « Jude, serviteur de Jésus-Christ et frère de Jacques » (v. 1), et rien ne permet de mettre en doute cette identification, bien que ces mots puissent être interprétés de plus d’une manière. Dans le NT, plusieurs hommes portant le nom de Judas sont mentionnés. Il s’agit de Judas Iscariote (Marc 3:19), Judas « non Iscariote » (voir la note sur Jean 14:22), Judas de Galilée (Actes 5:37), Judas de Damas (Actes 9:11), Judas surnommé Barsabas (Actes 15:22), et Juda (Judas) qui, comme Jacques, José et Simon, était un frère de Jésus, est le Jacques qui présidait le concile de Jérusalem (voir la note sur Actes 12:17; 15:13) et qui a peut-être aussi écrit plus tard l’Épître de Jacques (voir l’Introduction au livre). L’auteur de Jude était donc peut-être le frère de ce Jacques, et ainsi un frère du Seigneur Jésus. Cette relation tendrait à le rendre éminent dans l’Église et à lui conférer le degré d’autorité qui se reflète dans son épître. Le fait qu’il ne revendique pas ouvertement son lien familial avec le Seigneur, mais se nomme « serviteur de Jésus-Christ » (Jude 1), peut s’expliquer par une réserve délicate qui lui aurait interdit de tirer parti de sa relation avec Jésus. 3. Contexte historique. L’épître ne contient aucune déclaration directe concernant les circonstances qui ont conduit à sa rédaction, ni aucun indice quant à la communauté à laquelle elle était adressée, mais certaines informations peuvent être déduites de son contenu. Il est clair que des éléments perturbateurs s’étaient infiltrés dans l’Église (v. 4, 8, etc.) et avaient éloigné beaucoup de personnes de la pureté de l’Évangile. Des allusions dans Colossiens, les épîtres pastorales et l’Apocalypse indiquent que des hérésies gnostiques avaient commencé à pénétrer dans les Églises d’Asie Mineure. Il est donc possible que la lettre de Jude ait été adressée à ces Églises. Une question intéressante est soulevée par le fait qu’une grande partie du contenu de Jude se trouve également dans 2 Pierre (cf. Jude 4–18 avec 2 Pierre 2:1 à 3:3). Non seulement les mêmes pensées, mais souvent les mêmes mots sont employés, certains mots étant tout à fait inhabituels. Jude a-t-il emprunté à 2 Pierre, Pierre à Jude, ou tous deux ont-ils emprunté à une source commune mais inconnue ? Cette question ne peut recevoir de réponse définitive. La plupart des biblistes pensent que Jude est la plus ancienne des deux lettres, puisqu’il serait difficile d’expliquer pourquoi Jude aurait écrit une lettre s’il avait peu à dire au-delà de ce qui était déjà bien exprimé dans 2 Pierre. Ces biblistes affirment qu’il est facile d’expliquer comment Pierre aurait pu utiliser les idées exprimées dans la brève épître de Jude, puis y ajouter du contenu. Les études littéraires montrent que, parmi deux ouvrages similaires, le plus court est généralement le plus ancien. Cependant, une minorité de biblistes défend l’antériorité de 2 Pierre sur Jude. Parmi les raisons avancées figurent les suivantes : (1) 2 Pierre 2:1 parle de l’apparition future de faux docteurs, tandis que Jude donne l’impression que ces docteurs sont déjà à l’œuvre (Jude 4). (2) Jude parle de l’avertissement concernant la venue des sceptiques comme ayant eu lieu dans le passé (v. 17, 18), tandis que Pierre donne un avertissement actuel (2 Pierre 3:3).

Les arguments de part et d’autre ne sont pas suffisamment décisifs pour déterminer laquelle des deux épîtres, Jude ou 2 Pierre, est antérieure (cf. vol. V, p. 186). Pour cette raison, il est impossible de dater la lettre de Jude. Si elle a été écrite avant 2 Pierre, elle doit avoir été composée avant 67 apr. J.-C., année probable de la mort de Pierre (vol. VI, p. 102) ; si Jude a suivi 2 Pierre, elle peut avoir été écrite entre 70 et 85 apr. J.-C. 4. Thème. D’après le v. 3, il semblerait que l’auteur ait eu l’intention d’écrire une épître générale pour affermir les croyants dans leur foi chrétienne, mais la nouvelle des ravages causés par des docteurs libertins l’a conduit, sous la direction de l’Esprit divin, à modifier son projet initial et à exhorter ses lecteurs à défendre hardiment la foi. Pour les encourager dans cette tâche, il démasque les imposteurs, montre leurs liens avec les rebelles antérieurs à l’autorité divine et exhorte son troupeau à éviter ces imposteurs et à se consacrer à la préparation pour rencontrer leur Seigneur dans la gloire. Pour comprendre le contenu de l’épître, il est nécessaire de se référer fréquemment à 2 Pierre et de la comparer avec cette épître. 5. Plan. I. Salutation, 1, 2. II. Motif de la rédaction, 3, 4. III. Avertissements historiques contre l’apostasie, 5–7. A. Les Israélites, 5. B. Les anges, 6. C. Sodome et Gomorrhe, 7. IV. L’attitude provocante des pécheurs, 8–11. V. La stérilité du péché, 12, 13. VI. La certitude du châtiment des impies, 14–16. A. Prophétisé longtemps à l’avance, 14, 15. B. Leur aptitude à la destruction, 16. VII. La crise annoncée, 17–19. VIII. Conclusion, 20–25. A. Exhortation, 20–23.

Jude 1:1

Application personnelle aux croyants, 20, 21.

Jude 1:2

Responsabilité envers les autres, 22, 23. B. L’attribution de la louange, 24, 25. Il les exhorte à rester fermes dans la profession de la foi. 4 De faux docteurs se sont glissés parmi eux pour les séduire ; une terrible punition est préparée pour leur doctrine et leur conduite condamnables : 20 tandis que les pieux, avec l’aide du Saint-Esprit et par leurs prières à Dieu, peuvent persévérer, croître dans la grâce, se préserver eux-mêmes et en arracher d’autres aux pièges de ces imposteurs. 1. Jude. Pour une discussion sur l’identité possible de l’auteur, voir p. 701. Le serviteur de Jésus-Christ. Ou « un esclave de Jésus-Christ » (voir sur Rom. 1:1). Si Jude et Jacques étaient des frères du Seigneur (voir p. 701), tous deux font preuve d’une grande délicatesse dans leurs épîtres en s’abstenant de mentionner ce lien de parenté, préférant reconnaître la divinité de leur Maître et proclamer leur soumission totale en tant qu’esclaves obéissants (cf. sur Jacques 1:1). Jude ne prétend pas être un apôtre (voir sur Actes 1:2; Rom. 1:1). Sanctifiés. Les témoignages textuels favorisent (cf. p. 10) la lecture « bien-aimés ». La dernière partie du verset se lit alors littéralement : « à ceux qui sont aimés par Dieu le Père et [par] Jésus-Christ sont gardés, aux appelés ». La formulation est difficile, mais le sens est clair. L’auteur s’adresse à ceux qui ont été appelés (cf. sur Rom. 1:6, 7), qui sont profondément

aimés du Père et sont gardés par Jésus pour l’héritage que Dieu a préparé (cf. 2 Pierre 2:9) 2. Miséricorde. Cette forme de salutation ne se trouve nulle part ailleurs dans le NT, mais on trouve des salutations quelque peu similaires dans 1 Pierre 1:2. Comparez la formule habituelle de Paul dans la plupart de ses lettres (cf. Rom. 1:7; 2 Cor. 1:2; etc.). Jude, comme Pierre, souhaite que ses lecteurs reçoivent des réserves toujours plus abondantes de dons célestes (cf. sur 2 Pierre 1:2). Bien-aimés. Il s’agit d’une forme d’adresse courante dans les épîtres générales (cf. 1 Pierre 4:12; 2 Pierre 3:1; 1 Jean 3:2; etc.). Empressement. Gr. spoudē (voir sur Rom. 12:8, 11; cf. sur 2 Pierre 1:5). Jude partage avec ses lecteurs la situation réelle qui prévalait lorsqu’il entreprit d’écrire la lettre. Le salut commun. Les témoignages textuels favorisent (cf. p. 10) la lecture « notre salut commun », c’est-à-dire le salut que nous partageons. L’intention initiale de Jude était d’écrire une lettre pastorale générale, mais il semble qu’il ait reçu des nouvelles inquiétantes concernant les activités perturbatrices d’« hommes impies » (v. 4), ce qui l’a conduit à abandonner son projet initial au profit d’une vigoureuse attaque contre les fauteurs de troubles et d’une exhortation pressante aux croyants. Il était nécessaire. Littéralement : « j’avais une nécessité », ce qui implique une urgence soudaine qui a amené Jude à modifier son projet et l’a empêché de préparer tranquillement l’épître qu’il avait l’intention d’écrire. Exhorte. Gr. parakaleō (voir sur Matth. 5:4). Combattre avec ardeur. Gr. epagōnizomai, forme renforcée du verbe agōnizomai (voir sur Luc 13:24). La foi. C’est-à-dire l’ensemble complet de l’enseignement chrétien (voir sur Actes 6:7; Rom. 1:5). Une fois transmise. Ou plutôt : « transmise une fois pour toutes ». Pour un commentaire sur « transmise », voir sur 2 Pierre 2:21. Saints. Voir sur Rom. 1:7. Jude voulait que ses lecteurs s’attachent fermement à la forme originelle de la doctrine chrétienne telle qu’elle avait été transmise à l’Église par Jésus et les apôtres.

Jude 1:4

Certains hommes. Comparez 2 Pierre 2:1, où Pierre parle d’un groupe similaire d’hommes dont la venue était encore future. Jude déclare qu’au moment où il écrivait, de tels séducteurs troublaient déjà l’Église. Voir Jude 18. Se sont glissés à l’insu de tous. Gr. pareisduō, « entrer secrètement », « se glisser furtivement ». Les faux docteurs n’étaient pas honnêtes. Comme leurs doctrines étaient subversives, ils prenaient soin de se déguiser et d’entrer dans l’Église sans révéler leur véritable caractère. Désignés d’avance. Gr. prographō, littéralement, « écrire d’avance ». Jude veut dire que la condamnation des docteurs trompeurs avait déjà été prononcée, non au sens de la prédestination, mais comme un jugement réfléchi fondé sur la connaissance de leurs activités nuisibles. L’expression « autrefois » peut se rapporter aux paroles d’Hénoch citées aux v. 14, 15 ; ou, si « autrefois » (palai) est interprété dans un sens plus immédiat, comme dans Marc 15:44, la référence pourrait être 2 Pierre 2:3. Cependant, voir p. 701, 702. Condamnation. Gr. krima, « sentence », « destin funeste » (voir Rom. 2:2). Jude n’identifie pas le destin funeste. Si sa lettre a été écrite après 2 Pierre (voir p. 701, 702), il avait peut-être à l’esprit les paroles de Pierre, laissant à celui-ci le soin de les expliquer (voir 2 Pierre 2:3, 9).

Hommes impies. Gr. asebeis, forme plurielle de asebēs (voir Rom. 4:5). Pierre applique ce terme aux antédiluviens (2 Pierre 2:5). Détournant. Gr. metatithēmi, « transférer », « changer » (voir aussi Gal. 1:6). Grâce. Gr. charis (voir Rom. 3:24). Débauche. Gr. aselgeia (voir 2 Pierre 2:2). La description que Jude donne du caractère et de l’œuvre des faux docteurs correspond à celle de Pierre. Ils détournaient les paroles de l’Écriture à leurs propres fins immorales (voir aussi 2 Pierre 2:2). Niant le seul Seigneur Dieu. Les preuves textuelles favorisent (voir p. 10) l’omission du mot « Dieu ». La phrase complète peut alors être rendue ainsi : « niant l’unique Seigneur [despotēs], c’est-à-dire notre Seigneur [kurios] Jésus-Christ ». Parmi les autres auteurs du NT, Pierre seul applique directement à Christ le terme despotēs, « maître ». Pour un commentaire sur despotēs, voir 2 Pierre 2:1.

Jude 1:5

5. En souvenir. Nous ne devons pas supposer, d'après ces mots, que ses lecteurs avaient oublié les faits que Jude s'apprête à leur rappeler. L'auteur rappelle des faits connus dans le cadre de sa défense vigoureuse de la foi. Pour une phraséologie similaire , voir 2Pierre 1:12, 13; 3:1.

Bien que vous l'ayez connu autrefois. L'évidence textuelle favorise(cf. p. 10) la lecture " bien que vous ayez connu toutes choses une fois pour toutes ", confirmant l'interprétation ci-dessus de " vous remettre en mémoire ".

Le Seigneur. C'est-à-dire le Christ, qui a conduit Israël hors d'Egypte (voir sur Ex. 23:20; 1 Cor. 10:4).

Après. Littéralement, "la seconde fois", c'est-à-dire l'événement suivant était la destruction des infidèles mentionnés au v. 4(Nombres 14:26-39).

Jude 1:6

6. Les anges. Voir le passage correspondant, 2 Pierre 2:4. Jude est plus détaillé que Pierre sur ce point.

Premier domaine. Gr. arch Ä, généralement traduit par "commencement"(Jean 1:1; etc.). Paul utilise fréquemment archÄ et sa forme plurielle archai pour décrire les principautés (voir sur Rom. 8:38; Eph. 1:21; 6:12; etc.) Une fois archÄ est traduit par " règle " (voir sur 1 Cor. 15:24). Dans Jude, le mot se réfère clairement à la position originelle des anges, qu'ils ont perdue lorsqu'ils ont suivi Lucifer et ont été chassés du ciel (voir sur Ésaïe 14:12; Ézé. 28:16-18; Apoc. 12:7-9).

Gauche. Gr. apoleipÅÂ,"abandonner".

Réservé. Ou "gardé"(cf. 2 Pierre 2:4, 9).

Des chaînes éternelles dans les ténèbres. Cette expression diffère nettement de celle de 2 Pierre 2.4 (voir le commentaire), où l'on trouve des preuves textuelles de la lecture " fosses de ténèbres ". Les " chaînes " ou " liens " sont éternels dans le sens où les anges rebelles ne peuvent s'y soustraire.

Le jugement. Gr. krisis (voir sur 2 Pierre 2:4).

Le grand jour. C'est-à-dire le jour du jugement (voir sur 2 Pierre 2:4, 9).

Jude 1:7

7. Sodome et Gomorrhe. Voir 2 Pierre 2:6; cf. Gen. 19:23-28. Jude omet la référence à Noé et aux antédiluviens et ne mentionne pas Lot(2 Pierre 2:5, 7, 8).

Les villes qui les entourent. C'est-à-dire les villes voisines d'Admah et de Zeboïm(Deut. 29:23), que Pierre ne mentionne pas.

Se livrant à l'impudicité. Un mot grec, utilisé seulement ici dans le NT, et qui implique un abandon complet à la débauche sexuelle.

Une chair étrange. Ou "autre chair", apparemment une référence au péché de sodomie pratiqué par les habitants des villes de la plaine (voir sur Gen. 19:5).

Mettez en avant. Le péché et le destin des villes de la plaine ont toujours été présentés comme un avertissement des résultats terribles qui découlent du rejet du mode de vie juste. La mer Morte, avec son absence totale de vie et les qualités étranges de ses eaux, sert à souligner la nature du salaire payé par le péché(cf. Jacques 1:15).

Un exemple. Le "feu éternel" qui finira par détruire tous les impies est comparé au "feu éternel" qui a détruit Sodome et Gomorrhe. Comme le premier était éternel dans ses effets, l'autre le sera aussi.

Souffrance. Gr. hupechÅÂ, littéralement "tenir sous", d'où "subir" L'utilisation du présent par Jude implique que les villes détruites subissent encore leur châtiment. Leur châtiment est leur état de destruction totale. Leur châtiment se poursuit donc.

La vengeance. Gr. dikÄ,"peine", "châtiment".

Feu éternel. Voir sur Matt. 25:41. Certains commentateurs ont adopté l'interprétation suivante des mots de Jude : " sont donnés en exemple de feu éternel, subissant le châtiment " ; mais cette interprétation ne s'harmonise pas avec 2 Pierre 2:6, et constitue un effort inutile pour éviter le problème lié à une compréhension correcte du " feu éternel " Le feu qui a anéanti les villes de Sodome et de Gomorrhe a achevé son travail. Lorsque tout ce qui pouvait être brûlé l'a été, le feu s'est éteint. Ce feu a cessé de brûler depuis longtemps, mais son effet se poursuivra dans l'éternité. C'est en ce sens que ces villes ont subi "la vengeance du feu éternel".

Jude 1:8

8. De même. Ou encore, "de la même manière", soulignant que, malgré le terrible exemple des Sodomites, les faux docteurs persistaient à agir de la même manière.

Ces sales rêveurs. Littéralement, "ceux qui rêvent", c'est-à-dire les faux docteurs. Les traducteurs de la KJV ont fourni le mot " immonde " sur la base des mots suivants, " souiller la chair ", mais la référence au rêve peut se rapporter à la posture et aux activités prophétiques des enseignants.

Souiller la chair. Comparer avec l'expression "marcher selon la chair"(2 Pierre 2:10).

Mépriser la domination. Comparer avec 2 Pierre 2:10. Jude utilise un mot différent pour "mépriser"(atheteÅÂ,"annuler", "rejeter"), mais le même mot, kuriotÄs, pour "domination".

Parler mal des dignités. Voir sur 2 Pierre 2:10.

Jude 1:9

9. Michael. Ce commentaire est d'avis que "Michel" est l'un des noms du Christ (cf Dan. 10:13; 1 Thess. 4:16; Apocalypse 12:7), non pas comme le chef des anges, mais comme le chef des anges.

Archange. Gr. archaggelos (voir sur 1 Thess. 4:16). Les anges sont des êtres créés ; le Christ est leur Créateur (voir Col. 1:16, 17). Le Christ est très Dieu (voir Vol. V, p. 917 ; voir sur Jean 1:1-3), et les anges sont chargés de l'adorer (voir sur Héb. 1:3-8, 13, 14).

Lors de la contestation. Pierre ne fait pas référence à l'incident que Jude mentionne maintenant(cf. sur 2 Pierre 2:11), mais parle de manière générale de la conduite circonspecte des anges en présence du Seigneur. Jude est plus précis et cite un exemple plus crucial dans la rencontre personnelle entre Michel et le diable.

Diable. Gr. diabolos (voir sur Matt. 4:1; Eph. 4:27).

Le corps de Moïse. En dehors du récit de Jude, la seule référence scripturaire à l'enterrement de Moïse est Deut. 34:5, 6, où il est écrit que le Seigneur a enterré son fidèle serviteur et que sa tombe n'était pas connue des hommes. Jude révèle maintenant que le cadavre a fait l'objet d'une dispute entre le Christ et Satan. Du fait que Moïse est apparu avec Elie sur la montagne de la Transfiguration, on peut conclure que le Seigneur a triomphé dans la lutte avec le diable et a relevé Moïse de sa tombe, faisant de lui le premier sujet connu du pouvoir de résurrection du Christ (voir sur Deut. 34:6; Matt. 17:3; voir PP 478, 479).

Durst. Gr. tolmaÅÂ,"oser", "présumer", "se porter soi-même [à faire quelque chose]" Il n'était pas conforme au caractère divin de calomnier qui que ce soit, même le diable, et le Christ n'aurait pas présumé de faire quoi que ce soit de contraire à sa propre nature parfaite et à son caractère de Dieu. Le Christ n'aurait pas plus "porté contre lui [le diable] une accusation injurieuse" qu'il n'aurait menti ou volé. Satan est le grand "accusateur"(Apoc. 12:10), le grand calomniateur (voir sur Zach. 3:1, 2), et le Christ ne pourrait jamais se résoudre à utiliser les armes de guerre du diable.

Apporter. Ou, "prononcer".

Accusation calomnieuse. Littéralement, "jugement calomnieux".

Le Seigneur te réprimande. Comparez Zach. 3:2, où le Seigneur réprimande le diable. Il ne peut y avoir de condamnation plus forte que d'être réprimandé par le Seigneur. Comparez sur 2 Pierre 2:11.

Clément d'Alexandrie, Origène et Didyme affirment que Jude 9 est une citation d'un passage de l'ouvrage pseudépigraphique L'Assomption de Moïse (voir Vol. V, p. 89). Cet ouvrage n'est conservé que sous forme de fragments, et les portions existantes ne contiennent pas le passage en question. Cependant, les spécialistes sont généralement d'accord pour dire qu'il n'y a aucune raison de mettre en doute l'affirmation de ces premiers Pères de l'Église. L'affirmation selon laquelle Jude cite l'Assomption de Moïse ne nous oblige pas à accepter cet ouvrage comme inspiré. Si Jude l'a cité, il s'est simplement servi de certains éléments factuels qu'il contient(cf. v. 14).

Jude 1:10

10. Mais ceux-là. C'est-à-dire les faux docteurs. L'ensemble du verset correspond étroitement au passage parallèle, 2 Pierre 2:12 (voir le commentaire).

Jude 1:11

11. Malheur. Comparer avec Matt. 11:21; cf. Apoc. 8:13. L'exclamation de Jude indique les résultats qui ne manqueront pas d'arriver à ceux qui prendront le chemin choisi par les faux docteurs.

Ils sont partis. Jude a pu baser son jugement des enseignants sur leur conduite passée, car ils avaient déjà suivi le chemin d'autres hommes impies.

Caïn. Jude a déjà cité les exemples d'Israël incrédule(v. 5), des anges rebelles(v. 6), de Sodome et Gomorrhe(v. 7). Il ajoute maintenant Caïn, Balaam et Coré (Korah) à la liste, ce qui fait un total de six illustrations de la classe à laquelle appartiennent les faux enseignants. Le nom de Caïn évoque immédiatement le crime de meurtre. C'est sans doute le crime odieux de meurtre de Caïn que Jude a à l'esprit, car les œuvres des séducteurs ont abouti à la mort spirituelle.

Il a couru avec avidité. Gr. ekcheÅÂ,"verser", ce qui implique que les enseignants se sont imprudemment abandonnés à l'imitation du péché de Balaam.

L'erreur de Balaam. Pierre dit que les faux enseignants s'étaient "égarés"(planaÅÂ) après Balaam, tandis que Jude dit qu'ils suivaient "l'erreur"(planÄ) de Balaam. Avec seulement une légère différence de langage, les deux écrivains transmettent donc des pensées similaires. Pour un commentaire sur l'analogie entre Balaam et les faux enseignants, voir 2 Pierre 2:15.

La cupidité. Gr. antilogia, " contradiction ", d'où " opposition " ou, dans ce cas, " rébellion ".

Noyau. Koré, Dathan et Abiram se sont rebellés contre l'autorité divine de Moïse et ont suscité la rébellion dans le camp d'Israël. Jude dit que les faux enseignants se sont également rebellés contre l'autorité. En conséquence, ils périront aussi sûrement que Koré et ses compagnons à cause de leur péché (voir sur Nombres 16:1-35).

Jude 1:12

12. Taches. Plutôt "récifs", métaphore décrivant ceux qui causent des naufrages aux autres.

Les fêtes de la charité. C'est-à-dire les fêtes de l'amour(cf. 2 Pierre 2:13).

Ils se nourrissent eux-mêmes. Littéralement, "se nourrir eux-mêmes", c'est-à-dire s'occuper égoïstement de leurs propres intérêts aux dépens des autres. Ils poursuivent cette voie sans crainte, c'est-à-dire sans crainte pieuse, de manière effrontée. Dans ce verset, Jude utilise trois mots grecs qui commencent par a, signifiant " sans " -aphobÅÂs, " sans crainte ", anudroi, " sans eau ", akarpa, " sans fruit " (voir le commentaire ci-dessous).

Les nuages. Jude poursuit la liste des métaphores qu'il avait entamée en qualifiant les faux docteurs de " taches dans vos fêtes ", en y ajoutant quatre autres comparaisons : " nuages ", " arbres ", " vagues " et " étoiles "."Le fait que les faux docteurs soient qualifiés de "nuages ... sans eau" implique qu'ils ne remplissent pas plus la promesse de pluie spirituelle que les nuages qui n'arrosent pas une terre assoiffée. En ce sens, ils sont frauduleux et déçoivent ceux qui attendent d'eux un rafraîchissement spirituel.

Porté. Il s'agit plutôt de "passer", comme les nuages qui passent sans laisser tomber leur humidité.

Arbres dont les fruits se dessèchent. Ou, "arbres à la fin de l'automne"(RSV). La fin de l'automne était le moment où l'on pouvait s'attendre à des fruits, mais ces faux prophètes sont "sans fruits"(cf. 2 Pierre 1:8).

Deux fois morts. Les "arbres" ne sont pas seulement sans fruits, mais ils ont été arrachés par les racines. De même, les faux docteurs ainsi représentés étaient autrefois morts dans le péché, et sont maintenant revenus à leur état spirituel antérieur.

Arrachés par les racines. Même un arbre vivant ne pourrait survivre à un tel traitement. Les faux enseignants ont perdu leur emprise sur le Christ. Ils ne sont pas "enracinés et fondés dans l'amour"(Eph. 3:17), mais ont fondé leur vie sur l'égoïsme.

Jude 1:13

13. Des vagues déchaînées. Ou "vagues déchaînées", en référence aux passions incontrôlées des enseignants apostats.

Ecumant leur propre honte. Comme la mer rassemble son écume sur la crête de ses vagues, les docteurs exposent leurs désirs honteux à la vue de tous. "Honte" doit se lire littéralement "honte", en référence à toutes les habitudes répréhensibles pratiquées par les faux docteurs.

Les étoiles errantes. Les étoiles fixes sont précieuses pour la navigation, mais les étoiles filantes ou errantes, par lesquelles Jude entend peut-être les "comètes", ne sont d'aucune utilité, car elles ne donnent ni lumière constante ni orientation. Ainsi, ces faux enseignants, aussi brillants qu'ils puissent paraître, n'aident personne à progresser vers sa destination céleste.

A qui... pour toujours. L'expression ainsi traduite se trouve aussi dans 2 Pierre 2:17 (voir le commentaire). Comme les météores qui traversent le ciel obscurci et plongent ensuite dans le noir sont à jamais perdus de vue par les mortels, ainsi les séducteurs, après une publicité flamboyante, disparaîtront de la vue.

Jude 1:14

14. Et Hénoch aussi. La référence de Jude à Hénoch et sa citation de la prophétie de ce patriarche ont suscité de nombreux commentaires. Les commentateurs sont généralement d'accord pour dire que le livre pseudépigraphique appelé 1 Hénoch était en circulation parmi les Juifs au milieu du 1er siècle avant J.-C. (voir Vol. V, pp. 87, 88). Le chapitre 1:9 de cet ouvrage non canonique se lit comme suit : "Et voici ! Il vient avec dix mille de ses saints pour exercer un jugement sur tous, et pour détruire tous les impies, et pour convaincre toute chair de toutes les œuvres d'impiété qu'ils ont commises, et de toutes les paroles dures que des pécheurs impies ont prononcées contre lui" (R. H. Charles, The Apocrypha and Pseudepigrapha of the Old Testament, Vol. 2, p. 189).

On pense généralement que Jude a cité cet ouvrage non canonique, bien que certains pensent que c'est l'inverse qui s'est produit. Si Jude a cité 1 Hénoch, c'est parce que le Saint-Esprit l'a conduit à le faire.

Le septième depuis Adam. Dans 1 Hénoch 60:8, le patriarche est également désigné comme étant la septième génération à partir d'Adam. La généalogie est donnée dans Gen. 5:4-20, où la descendance suivante est tracée : Adam, Seth, Enos, Caïnan, Mahalaleel, Jared et Hénok. Cela fait d'Énoch le septième de la lignée, y compris Adam, selon une méthode ancienne bien établie appelée " calcul inclusif " (voir Vol. II, p. 136, 137). Dans la terminologie moderne, on l'appellerait le sixième descendant d'Adam.

Le Seigneur vient. Littéralement, " vint [le] Seigneur ", le passé étant utilisé en raison de la certitude de l'accomplissement de la prophétie. Après avoir décrit les faux docteurs et prédit leur sort, Pierre consacre la majeure partie de son troisième chapitre(2 Pierre 3) à une discussion sur le retour du Seigneur. Jude se contente d'une brève référence qui consiste entièrement en une citation de la prophétie d'Hénoch(Jude 14, 15), peut-être parce qu'il souhaitait que sa lettre(cf. v. 3) soit brève. Pierre et Jude envisagent tous deux la venue du Seigneur en relation avec les docteurs impies, Jude mettant davantage l'accent sur le jugement des séducteurs.

Dix mille des siens. Littéralement, "dans ses saintes myriades, c'est-à-dire au milieu de ses saintes myriades". Le mot traduit par "dix mille"(muriades) est à l'origine de notre mot "myriades" (voir sur Luc 12:1).

Saints. Que Jude fasse ici référence à la vaste armée de saints anges qui accompagneront le Christ lors de son retour sur terre(cf. Dan. 7:10; Matt. 25:31; 1 Thess. 3:13) ou aux rachetés à la fin des 1000 ans (cf Apoc. 20:4-9) n'est pas certaine.



Ellen G. White


L’expérience d’Énoch, un sermon convaincant—[Jude 14, 15 cité.] Le sermon prêché par Énoch et sa translation au ciel constituaient un argument convaincant pour tous ceux qui vivaient à l’époque d’Énoch. C’était un argument que Mathusalem et Noé pouvaient utiliser avec force pour montrer que les justes pouvaient être translatés (Manuscript 46, 1895).

Jude 1:15

15. Jugement. Gr. krisis (voir sur 2 Pierre 2:4). Le Christ vient prononcer un jugement sur tous les hommes, dont certains seront sauvés et d'autres perdus(cf. sur Jean 3:17; 5:22, 27).

Convaincre. Voir sur Jean 8:46; 16:8.

Tous les impies. Littéralement, " tous les impies " Pour le commentaire sur " impie "(asebeis), voir le v. 4. Le quadruple emploi de " impie " souligne la nature dépravée des maîtres du v. 4 et indique la certitude de leur châtiment.

Des discours durs. Les pécheurs ont toujours dit des choses dures sur Dieu et sur le Christ, pour excuser leur propre péché et pour déprécier la sagesse et la justice du Seigneur. Lors du jugement dernier, ces accusations recevront une réponse et seront exigées.

Jude 1:16

Ce sont eux. Jude revient maintenant à son exposé sur les faux docteurs (voir v. 12 ; 2 Pierre 2:17), ce qui implique qu’ils sont inclus parmi ceux que la prophétie qualifie d’« impies ». Murmures. Gr. goggustai, « personnes qui murmurent », de gogguzō, mot onomatopéique (prononcé « gongudzō »), « murmurer », « grommeler ». Comparez 1 Pierre 4:9. Plaignant. C’est-à-dire ceux qui sont mécontents de leur sort et qui, par conséquent, murmurent contre Dieu. Selon leurs propres convoitises. Voir 2 Pierre 3:3. Paroles enflées. Gr. huperogka (voir 2 Pierre 2:18). Admirant les personnes. Littéralement, « admirant les visages », c’est-à-dire faisant preuve de partialité envers les personnes, contrairement à l’éthique chrétienne (voir aussi Jacques 2:1). Les faux docteurs étaient moralement corrompus et n’éprouvaient aucun scrupule à employer la flatterie à leur propre avantage. De tels hommes ne sont pas dignes de confiance, et Jude prit soin d’avertir ses lecteurs de leurs tromperies.

Jude 1:17

17. Mais, bien-aimés. Littéralement : " Mais vous, bien-aimés ", l'accent étant mis sur le " vous " pour distinguer le chrétien fidèle de l'égoïste grincheux.

Souvenez-vous. L'oubli de ce que les apôtres ont dit rendrait les croyants sensibles aux enseignements séduisants de l'ennemi et préparerait la voie à l'apostasie.

Parlé avant. Bien qu'il soit principalement fait référence à la parole, cela n'exclut pas ce qui a été écrit. La plupart de ce que les apôtres ont écrit, ils l'ont sans doute aussi transmis de bouche à oreille.

Apôtres. Comprenant probablement Paul et ses principaux collaborateurs (voir sur Actes 1:2; 1 Thess. 2:6). Les apôtres, à leur tour, ont fait appel aux instructions de leur Seigneur et aux Écritures de l'AT pour soutenir leurs déclarations(cf. sur 2 Pierre 3:2).

Jude 1:18

18. Ils vous l'ont dit. Il n'est pas certain que Jude fasse ici allusion à 2 Pierre 3:3 ou à une autre source inspirée. Certains soutiennent que Jude et Pierre citent tous deux une prophétie antérieure, alors bien connue. D'autres voient dans les paroles de Jude une citation presque littérale de 2 Pierre 3:3 et avancent les raisons suivantes à l'appui de leur point de vue : (1) Jude déclare qu'il rappelle à ses lecteurs "les paroles qui ont été prononcées avant les apôtres de notre Seigneur Jésus-Christ"(v. 17). (2) Il cite ensuite une prophétie qui ne se trouve que dans 2 Pierre 3:3. (3) Pierre, quant à lui, tout en se référant à l'enseignement de l'AT et du NT (voir sur 2 Pierre 3:2), ne prétend pas citer, mais plutôt faire une déclaration personnelle qui est fiable parce qu'elle est basée sur des instructions inspirées antérieures et en harmonie avec elles (voir v. 3). Certains y voient une preuve de la priorité de 2 Pierre (voir pp. 701, 702).

Quoi qu'il en soit, Jude rappelle à ses lecteurs la prédiction apostolique des " moqueurs du dernier temps " qui, déclare-t-il(v. 4), se sont déjà glissés à l'insu de l'Église. Jean rappelle de même à ses lecteurs l'avertissement concernant l'antichrist(1 Jn 2.18) et ajoute : " Il y a maintenant plusieurs antichrists, ce qui nous fait connaître que c'est le dernier temps "(cf. 1 Jn 4.3; voir la note complémentaire sur Rom. 13).

Les différences verbales entre Jude 18 et le verset correspondant dans 2 Pierre seront notées dans le commentaire qui suit, mais le sens est identique dans les deux passages (pour des commentaires voir sur 2 Pierre 3:3).

Il devrait y avoir. Pierre dit : " il y aura "(2 Pierre 3:3).

Les moqueurs. Ou "moqueurs", comme dans 2 Pierre 3:3.

Les derniers temps. Pierre dit "les derniers jours"(2 Pierre 3:3).

Qui doit marcher. Ou "qui marchent", comme dans 2 Pierre 3:3.

Selon leurs propres désirs impies. Ou, "selon leurs propres désirs d'impiété", c'est-à-dire sous la direction des désirs qui naissent de leurs pratiques irréligieuses. Pierre parle seulement de "leurs propres convoitises" et ne fait pas référence à la source de leur nature.

Jude 1:19

19. Ceux-ci sont. Le grec est le même qu'au v. 16.

Ils se séparent. Ou, " font des divisions ", c'est-à-dire ceux qui provoquent des factions dans l'Eglise pour atteindre leurs propres objectifs. Celui qui nourrit des ambitions impies n'a guère de possibilités de réaliser ses desseins dans une église unie. C'est pourquoi il cherche des occasions de susciter des divisions parmi les membres. La véritable vie spirituelle disparaît lorsque des factions apparaissent(cf. 1 Cor. 1:10-13).

Sensuel. Gr. psuchikoi (voir sur 1 Cor. 15:44; Jacques 3:15). Psuchikoi est en apposition avec l'expression " n'ayant pas l'Esprit ", c'est-à-dire les personnes non spirituelles.

L'Esprit. Il est possible d'interpréter les mots de Jude comme " n'ayant pas la vie spirituelle ", en accord avec l'idée précédente de la nature non spirituelle des faux enseignants. Mais la référence au Saint-Esprit au v. 20 fait qu'il est probable que Jude ait le Saint-Esprit à l'esprit ici aussi. Il est certainement vrai que ceux qui causent des divisions dans l'Église et qui sont eux-mêmes sans esprit ne seront pas possédés par le Saint-Esprit.

Jude 1:20

20. Mais vous, bien-aimés. Comme dans la traduction littérale du v. 17 (voir le commentaire à ce sujet), avec l'accent mis sur le vrai croyant, par opposition au perturbateur d'églises à la recherche de lui-même

Construire. Jude recommande à ses lecteurs d'édifier leur foi pour se défendre contre les séducteurs, qui ont été si actifs dans la destruction de leur propre vie spirituelle et de celle des autres. Pour la figure de "construire", voir sur Actes 9:3120:32; cf. sur 1 Pierre 2:5

Sur votre foi très sainte. Ou, "par votre foi très sainte", c'est-à-dire la foi chrétienne, tout ce que l'église enseigne concernant le Christ. Paul parle de construire sur le fondement des apôtres, des prophètes et de Jésus-Christ(Eph. 2:20), et il est probable que Jude ait une pensée similaire à l'esprit. La foi personnelle des lecteurs en Jésus-Christ peut difficilement être qualifiée de "très sainte"

Prier dans le Saint-Esprit. C'est-à-dire prier selon les directives et avec l'aide de l'Esprit Saint(cf. Ac 9,31; Ep 6,18). Pour un commentaire sur la valeur spirituelle de la prière, voir sur Luc 18:1

Jude 1:21

21. Gardez-vous vous-mêmes. Bien que les chrétiens soient "gardés par la puissance de Dieu"(1 Pierre 1:5; cf. sur Jean 17:11), ils doivent aussi se garder de tout mal et rester dans la sphère des bonnes influences(cf. sur 1 Tim. 5:22; Jacques 1:27; 1 Jean 5:18, 21)

Dans l'amour de Dieu. C'est-à-dire dans l'orbite de l'amour de Dieu pour l'homme. Ceux qui se soustraient à l'amour protecteur de Dieu, comme l'ont fait les faux enseignants, ne peuvent s'attendre à être protégés du mal. Pour un commentaire sur l'amour de Dieu, voir sur Rom. 5:51 Cor. 13:1

Chercher. Gr. prosdechomai, " attendre "(cf. sur Tite 2:13). Comparez sur 2 Pierre 3:12

La miséricorde de notre Seigneur. L'Écriture parle généralement de la miséricorde de Dieu(cf. sur Eph. 2:4; 1 Pierre 1:3), mais le Christ, étant de la même nature que le Père, n'est pas moins miséricordieux. Cet attribut, dont dépend notre avenir, trouvera l'acmé de son accomplissement lors de la seconde venue, lorsque le Seigneur reviendra pour racheter ceux qui auront accepté la vie éternelle que sa miséricorde leur a procurée. Le chrétien attend donc avec impatience cet accomplissement

Jude 1:22

22. Certains ont de la compassion. En acceptant la lecture suggérée ci-dessous, au lieu de l'expression " faire une différence ", nous pourrions lire ici " certains réprimandent " ou " certains convainquent ".

Faire une différence. L'évidence textuelle favorise(cf. p. 10) une lecture qui peut être traduite par " qui sont dans le doute " ou " qui sont contentieux ".

Jude 1:23

23. D'autres sauvent avec crainte. Le texte est ici aussi incertain(cf. v. 22), mais il est clair que Jude exhorte ses lecteurs à se dépenser pour les autres. En outre, ils doivent être constamment stimulés par la prise de conscience du sort qui attend les non sauvés et par la reconnaissance de leur propre insuffisance face à l'ampleur de la tâche qui les attend.

Tirer. Gr. harpazÅÂ (voir sur Phil. 2:6).

Le feu. La figure est peut-être suggérée par la référence précédente de Jude au feu en relation avec le sort de Sodome et Gomorrhe(v. 7) et avec celui de Koré et de sa troupe(v. 11; cf. Nombres 16:35). Une figure similaire est utilisée dans Amos 4:11; Zech. 3:2.

La haine. Cela exprime le dégoût que le chrétien éprouve pour la contamination causée par le péché, même s'il se préoccupe avec amour des victimes du péché.

Vêtement. Gr. chitÅÂn, le vêtement intérieur porté à même la peau (voir sur Matt. 5:40) et le plus susceptible d'être contaminé par des maladies contagieuses.

Taché par la chair. Jude peut avoir la lèpre à l'esprit, une maladie communément considérée comme typique du péché(cf. DA 266), ou il peut se référer à la " chair " comme typique des désirs pécheurs de l'homme(cf. sur Rom. 6:19; 8:3-5). Cette figure indique l'horreur que l'homme converti éprouve pour toutes les manifestations du péché.

Jude 1:24

24. Maintenant. En concluant sa lettre, Jude se détourne des faux enseignants et de leurs prototypes et dirige l'attention de ses lecteurs vers la gloire ineffable du Seigneur. Cette doxologie est très proche de celle de Rm 16,25-27 (voir commentaire)

À celui qui peut. Les mêmes mots grecs sont traduits par "à celui qui a la puissance" en Rm 16,25 (voir le commentaire sur ce point et sur Eph 3,20)

Vous garder. Une image frappante de la sollicitude constante du Seigneur pour ses enfants

De la chute. Celui qui accepte la garde de Dieu peut vivre au-dessus du péché(cf. sur 1 Jean 3.6, 9)

Pour présenter. Le point culminant de la garde de Dieu est atteint lorsque le croyant se tient sans crainte dans la présence divine, au jour du jugement(cf. sur 1 Jean 2.28). Par la grâce du Christ, le chrétien vit dans la confiance en la puissance de Dieu qui l'empêche de tomber dans le péché et qui lui permet, finalement, de se tenir sans tache et sans honte dans la présence divine ( )

Sans faille. Gr. amÅÂmoi (voir sur Eph. 1:4)

Présence de sa gloire. Le test final de l'absence de péché est la capacité de se tenir devant Dieu qui habite "dans la lumière dont personne ne peut s'approcher"(1 Tim. 6:16). L'objectif de l'Évangile est de préparer les hommes à cette expérience(Col. 1:22). Pour un commentaire sur la "gloire"(doxa) voir sur Jean 1:14Rom. 3:23

Une joie surhumaine. C'est-à-dire une joie si grande qu'elle ne peut être exprimée par des mots humains. L'esprit échoue dans toute tentative de décrire la joie qui remplira le cœur du croyant lorsqu'il se tiendra enfin devant le trône de Dieu

Jude 1:25

25. Seul Dieu sage. L'évidence textuelle favorise(cf. p. 10) la lecture " seul Dieu ". Ainsi l'accent est mis sur l'unicité de Dieu (voir sur Jean 5:44cf. sur Rom. 16:27; 1 Tim. 1:17).

Notre Sauveur. L'évidence textuelle favorise(cf. p. 10) l'inclusion des mots " par Jésus-Christ notre Seigneur " après les mots " notre Sauveur "(cf. Rm 16, 27). Pour un commentaire sur le titre de " Sauveur " appliqué au Père, voir Luc 1:47; 1 Tim. 1:1; 4:10.

Être la gloire. Émerveillé par la grandeur et la bonté infinies de Dieu, Jude lui attribue toute " gloire et majesté ". Pour un commentaire sur la " gloire "(doxa), voir Jean 1:14; Rom. 3:23.

Majesté. Gr. megalÅÂsunÄ (voir sur Héb. 1:3).

Domination. Gr. kratos, également traduit par "pouvoir" (voir sur Eph. 1:19).

Pouvoir. Gr. exousia, "autorité" (voir sur Matt. 10:1; Marc 2:10).

Maintenant et toujours. Des preuves textuelles attestent(cf. p. 10) l'inclusion des mots " avant toute éternité " ou " avant tous les temps "(pro pantos tou aiÅÂnos) avant l'expression " maintenant et toujours "."Jude témoigne ainsi de la préexistence et de l'éternité de Jésus-Christ, par qui le Père a reçu, reçoit et recevra la quadruple attribution de la gloire, de la majesté, de la domination et de la puissance. Le Sauveur a toujours eu pour mission de glorifier le Père(Jean 17:1-5), et il poursuivra cette œuvre pendant toute l'éternité.

Amen. Gr. amÄn (voir sur Matt. 5:18). En employant ce mot ici, Jude peut laisser entendre qu'il est d'accord avec l'attribution d'une telle louange à Dieu, ou il peut exprimer son désir que les lecteurs soient préservés de la chute, afin qu'ils puissent à leur tour se joindre à l'hymne de louange au Père. Il est probable que l'auteur souhaite que l'"Amen" s'applique dans les deux sens. Sa lettre, aussi brève soit-elle, a certainement apporté une stabilité spirituelle dans la vie de ceux qui l'ont étudiée.

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés