Seventh-day Adventist Bible CommentaryJérémie 1

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

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Introduction

Le ministère de Jérémie

Depuis la 13e année de Josias jusqu’après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, 40 ans plus tard, Jérémie d’Anathoth lança ses avertissements, oralement et par écrit, dans l’espoir que les derniers rois de Juda se soumettraient humblement à la direction de Dieu. Leur refus d’écouter condamna la nation, et l’élite de Juda fut emmenée à Babylone.

Les dernières années de l’histoire de Juda et le début de la captivité, VIIe-VIe siècle av. J.-C. La Palestine à l’époque biblique

Nichol, F. D. (1978). Commentaire biblique adventiste du septième jour : La Sainte Bible avec commentaire exégétique et explicatif. Série de références du commentaire (Ge 1:1). Washington, D.C. : Review and Herald Publishing Association. Nichol, F. D. (1978). Commentaire biblique adventiste du septième jour : La Sainte Bible avec commentaire exégétique et explicatif. Série de références du commentaire (Je 1:1). Washington, D.C. : Review and Herald Publishing Association.

Le livre du prophète JÉRÉMIE INTRODUCTION 1. Titre.—Le livre porte le nom de son personnage principal, Jérémie. En hébreu, le nom apparaît sous deux formes : (1) Yirmeyahu (chap. 1:1, 11 ; 29:27 ; 36:4 ; etc.), et (2) Yirmeyah (chap. 27:1 ; 28:5, 6, 10, 11, 12, 15 ; 29:1 ; etc.). L’équivalent grec des deux formes est Ieremias, dont est dérivé notre nom anglais « Jeremiah ». La signification du nom est incertaine. La seconde moitié, Yahu, ou Yah, représente Yahweh (voir vol. I, p. 171–173 ; voir sur Ex. 15:2; Ps. 68:4). Selon les papyri araméens du Ve siècle av. J.-C., Yahu était une forme courante du nom divin parmi les colons juifs de l’île d’Éléphantine, en Haute-Égypte (voir vol. III, p. 79–83). La première moitié du nom a été interprétée de diverses manières comme signifiant « jette », « élève », « établit », etc. Ainsi, « Jérémie » peut signifier « Yahweh établit », ou « Yahweh jette », etc. Les premiers mots de la prophétie constituent un titre du livre : « Les paroles de Jérémie ». Dans la LXX, la phrase d’ouverture se lit ainsi : « La parole de Dieu qui parvint à

Jérémie », qui est semblable aux phrases introductives couramment utilisées dans les autres livres prophétiques de l’AT (voir Éz. 1:3; Osée 1:1; Joël 1:1 ; etc.). 2. Auteur.—Jérémie fut l’auteur d’au moins la majeure partie du livre. La rédaction proprement dite fut effectuée par son secrétaire de confiance, Baruch, fils de Nérija (voir chap. 36:4, 27, 28, 32). Baruch a peut-être aussi rassemblé, révisé et conservé le matériau du livre, et a éventuellement contribué aux récits biographiques qu’il contient. Sa fonction de « scribe » et de secrétaire de Jérémie implique que Baruch était bien instruit. Selon Josèphe (Antiquités x. 9. 1), Baruch était issu d’une famille distinguée de Juda. Il semble que son frère ait été l’intendant de Sédécias, qui accompagna le roi à Babylone (voir sur Jér. 51:59). Sa grande intégrité et son influence sont attestées par le fait que le reste qui souhaitait fuir en Égypte accusa Baruch d’influencer le prophète contre eux (voir chap. 43:3), ainsi que par le fait que certains écrits apocryphes furent plus tard publiés sous son nom. L’un d’eux, le livre de Baruch, se trouve dans les Apocryphes. Toujours fidèle à Jérémie, il l’accompagna au pays d’Égypte lorsque le prophète fut contraint d’y accompagner le reste de Juda (voir chap. 43:5–7). Le dernier chapitre du livre (chap. 52) consiste en un résumé historique — et non en une prophétie — qui s’étend jusqu’à une époque bien postérieure au ministère connu de Jérémie et qui fut probablement rédigé par une main ultérieure. Quel qu’ait été l’auteur, il prit soin de préciser que ce chapitre n’était pas l’œuvre du prophète Jérémie. Avant d’ajouter cette annexe historique, il écrivit : « Jusqu’ici vont les paroles de Jérémie » (chap. 51:64). Le livre de Jérémie lui-même contient le récit de la manière dont furent rédigées les deux premières éditions de cette prophétie (voir chap. 36). Pendant plus de vingt ans, Jérémie s’était efforcé de persuader le peuple de Juda de revenir à Dieu avec une véritable religion du cœur. La quatrième année de Jojakim (604 av. J.-C.), Dieu lui ordonna de mettre par écrit l’essentiel de sa prédication afin qu’elle puisse être lue publiquement par son secrétaire (chap. 36:1, 2). En réponse à cet ordre, Jérémie dicta à Baruch les paroles de la première édition sur un rouleau de parchemin (chap. 36:1–4, 17, 18 ; PK 432). Baruch reçut alors la tâche périlleuse de lire ces paroles au peuple dans le Temple, un jour de jeûne (chap. 36:5–8). Plus tard, lorsqu’un des officiers de Jojakim, Jehudi, lut le rouleau au roi, Jojakim le lui arracha avec colère, le découpa avec un canif et le jeta au feu (chap. 36:20–23). Il fallut donc réécrire les messages précédents (voir chap. 36:27, 28, 32). Une fois encore, Baruch écrivit les paroles sous la dictée de Jérémie. Cette seconde copie constituait une édition nouvelle et plus volumineuse, contenant non seulement les messages précédents, mais aussi des messages supplémentaires (voir chap. 36:32). Le livre de Jérémie révèle de manière saisissante la riche personnalité de son auteur. Sa nature d’une sensibilité exquise se reflète dans plusieurs passages appelés ses « confessions » (chap. 11:18–23 ; 12:1–5 ; 15:10–18 ; 17:14–18 ; 18:18–23 ; 20:7–18 ; cf. chap. 1:4–10 ; 6:11 ; 8:21 à 9:1). Ces passages nous offrent l’autobiographie spirituelle de cet homme de Dieu. Jérémie était naturellement timide et réservé, et il lutta souvent contre de grands conflits intérieurs. Mais, par la puissance divine, il développa un courage spirituel qui fit de lui un vaillant héros de Dieu. Outre cet ensemble de passages profondément personnels, le livre de Jérémie contient une série de récits biographiques et historiques. On peut en apprendre davantage sur la vie et le ministère de Jérémie que sur la vie et le ministère des auteurs des autres livres prophétiques. En fait, un érudit, A. B. Davidson, a affirmé que ce livre « ne vise pas tant à

enseigner des vérités religieuses qu’à présenter une personnalité religieuse » (Hastings, Dictionnaire de la Bible, vol. 2, p. 576). Jérémie vivait à Anathoth (chap. 1:1 ; 29:27), l’actuel Râs el–Kharrûbeh, à environ 21/2 mi. (4 km.) au nord-est de Jérusalem. Il était issu d’une famille sacerdotale (chap. 1:1). Son père était Hilkija, qu’il faut sans doute distinguer du grand prêtre de ce nom qui découvrit le livre de la loi (voir « 2 Rois 22:8 »). Le père de Jérémie est désigné comme étant « d’entre les prêtres » et non « le prêtre » ou « le grand prêtre ». Le fait que Jérémie vivait à Anathoth implique qu’il était probablement un descendant d’Éli et appartenait à la lignée d’Abiathar, que Salomon destitua de la fonction de grand prêtre (voir la note sur « 1 Rois 2:26, 27). L'appel de Jérémie à la fonction prophétique eut lieu en 627/626 av. J.-C., la treizième année du règne de Josias (ch. 1:2 ; voir p. 18, 19 ; voir aussi vol. II, p. 77). Peu après, Dieu ordonna au prophète de prêcher à Jérusalem (ch. 2:2). Il ne limita pas son ministère à Jérusalem, mais entreprit une tournée de prédication dans les villes de Juda (ch. 11:6 ; PK 428). À son retour à Anathoth, ses concitoyens complotèrent pour lui ôter la vie (ch. 11:18–23). Pour échapper à ces persécutions, il semble avoir transféré sa résidence à Jérusalem. Là, une nouvelle tentative fut faite contre sa vie. Sa prédiction audacieuse, au début du règne de Jojakim, fils de Josias, selon laquelle le Temple deviendrait comme Silo, irrita les prêtres, les faux prophètes et le peuple de Jérusalem, qui exigèrent que Jérémie soit mis à mort (ch. 26:6–11). Cependant, les princes prirent sa défense (ch. 26:16). Plus tard, lorsque l’armée de Nabuchodonosor se retira quelque temps du siège final de Jérusalem pour faire face à la menace que représentait l’approche du roi d’Égypte, Jérémie fut arrêté alors qu’il tentait de se rendre à Anathoth (ch. 37:11–15). Le prophète fut accusé de déserter au profit des Chaldéens, puis de nouveau battu et emprisonné. En fait, il faillit perdre la vie dans le cachot boueux de Malkija (voir ch. 38:6), mais il fut sauvé par Ebed-Mélec l’Éthiopien (voir ch. 38:7–13). Cependant, Sédécias le garda apparemment en prison, où il demeura jusqu’à la chute de Jérusalem (ch. 38:14–28). Après la désolation de Jérusalem, Nabuchodonosor rendit sa liberté au prophète et lui permit de choisir entre rester en Palestine et accompagner les captifs à Babylone (voir ch. 40:1–5). Jérémie choisit de rester avec le reste en Palestine, sous leur gouverneur nouvellement nommé, Guedalia (ch. 40:6). Après l’assassinat de Guedalia, un reste des Juifs placé sous l’autorité de Jochanan s’enfuit en Égypte, contrairement aux conseils de Jérémie, et emmena le prophète avec lui (chs. 42 ; 43). Là, à Tahpanhès, Jérémie prédit l’invasion de l’Égypte par Nabuchodonosor (ch. 43:8–13) et adressa son dernier message d’avertissement aux Juifs qui s’y étaient enfuis (ch. 44). C’est apparemment dans cette terre étrangère que la carrière du grand prophète prit fin. Une brève note sur les différences entre le texte de la LXX et celui de l’hébreu s’impose. Une différence frappante réside dans l’agencement des prophéties concernant les nations étrangères. Dans le texte hébreu, ces prophéties se trouvent dans les chs. 46 à 51, tandis que dans la LXX elles se trouvent dans les chs. 25:14 à 31:44. Il existe également une différence dans l’ordre selon lequel les diverses nations sont traitées. En hébreu, l’ordre est le suivant : Égypte, Philistie, Moab, Ammon, Édom, Damas, Kédar et Hatsor, Élam et Babylone ; dans la LXX, l’ordre est : Élam, Égypte, Babylone, Philistie, Édom, Ammon, Kédar et Hatsor, Damas et Moab. Le texte présente également des variantes. On estime que la LXX est environ huit fois moins longue, soit quelque 2 700 mots de moins, que l’hébreu. En général, la LXX n’emploie pas l’expression « dit le Seigneur » lorsqu’elle est utilisée entre parenthèses, ni des titres tels que « le

prophète » après le nom de Jérémie, et « le roi » après le nom du monarque régnant. Il en va principalement de même pour des titres divins tels que « le Dieu d’Israël » ou « le Dieu des armées ». Certaines sections entières comprenant plusieurs versets n’y apparaissent pas non plus. Les plus remarquables sont les suivantes : ch. 8:10b–13a ; ch. 10:6–10 ; ch. 17:1–5a ; (ch. 34 dans la LXX) ch. 27:1, 7, 13, 21 ; (ch. 36 dans la LXX) ch. 29:16–20 ; (ch. 40 dans la LXX) ch. 33:14–26 ; (ch. 46 dans la LXX) ch. 39:4–13 ; (ch. 31 dans la LXX) ch. 48:45–47 ; (ch. 28 dans la LXX) ch. 51:44c– 49a ; et ch. 52:27b–30. À cela s’ajoutent de petites variantes portant principalement sur des expressions et des mots isolés. Pour expliquer ces variantes textuelles, certains spécialistes ont eu recours à la théorie d’une double recension du livre de Jérémie. Ils supposent que l’une aurait été produite en Palestine et l’autre en Égypte. D’autres pensent que le traducteur de la LXX a délibérément abrégé le texte en supprimant les répétitions, en simplifiant le style et en abrégeant les lectures difficiles. Des spécialistes conservateurs estiment que cette seconde théorie pourrait contenir une part de vérité. Par exemple, l’omission de ch. 8:10b–12 dans la LXX pourrait être due à sa similitude avec ch. 6:12–15. De même, on considère que l’omission d’un ou deux passages peut simplement être due à une erreur de lecture : l’œil passe d’une ligne à une autre ayant une terminaison similaire, laissant ainsi de côté le contenu intermédiaire, omission appelée homéotéleute. Les variantes examinées ci-dessus, bien que plus nombreuses que dans les autres livres de l’AT, n’affectent pas substantiellement le thème fondamental ou la structure du livre. Il se peut qu’une étude attentive de certains manuscrits de la mer Morte (voir p. 86–88 ; vol. I, p. 31, 32) apporte davantage de lumière sur le texte deJérémie. 3. Cadre historique.—Au début du ministère de Jérémie, trois grandes puissances, l’Assyrie, l’Égypte et Babylone, luttaient pour la suprématie. Sous Assurbanipal (669–627 ? av. J.-C.), l’Assyrie avait atteint son apogée et était maintenant en déclin (voir vol. II, p. 65, 66). L’Égypte s’était débarrassée du joug assyrien et s’efforçait de retrouver sa domination d’autrefois dans les affaires du Proche-Orient (voir vol. II, p. 89–92). Avec l’accession de Nabopolassar au trône de Babylone en 626 av. J.-C., l’Empire néo-babylonien commença son ascension vers la puissance. Le destin de l’Assyrie fut scellé par la chute de Ninive (612 av. J.-C.), et le nouvel Empire babylonien devint la puissance dominante en Asie occidentale. Sous Néchao II, l’Égypte défia l’ascension soudaine de Babylone. Nebucadnetsar II, fils de Nabopolassar, releva avec succès ce défi à la bataille de Karkémish, en 605 av. J.-C., et Babylone remplaça l’Assyrie comme empire mondial (voir p. 505, 506 ; vol. II, p. 93, 94). Pendant les quarante dernières années de l’existence de Juda en tant que royaume, Jérémie adressa des messages de réforme et de réveil à cinq rois : Josias, Joachaz, Jojakim, Jojakin et Sédécias. Voici un bref résumé de chaque règne : a. Josias (640–609 av. J.-C.). Après plus d’un demi-siècle de dégradation morale et spirituelle sous Manassé (voir 2 Rois 21:1–18; 2 Chron. 33:1–20) et Amon (voir 2 Rois 21:19–25; 2 Chron. 33:21–25), Juda eut de nouveau un roi remarquable par sa piété et son zèle religieux pour Dieu. Josias n’avait que huit ans lorsqu’il commença à régner (2 Rois 22:1). À l’âge d’environ vingt ans seulement, il introduisit un certain nombre de réformes, abolissant d’abord les hauts lieux du culte idolâtre (voir 2 Chron. 34:3). Il fut aidé dans son œuvre par Jérémie, qui reçut son appel au ministère public la treizième année du roi. Josias cherchait à débarrasser le pays de l’idolâtrie par la force et à rétablir le culte de

Dieu (2 Chron. 34). Lors du nettoyage et de la réparation du Temple, la dix-huitième année du règne de Josias, une copie du « livre de la loi » fut découverte (2 Rois 22:3–20). Cette découverte conduisit à une intensification du mouvement de réforme de Josias dans tout le pays. Cette réforme s’étendit même à l’ancien territoire du royaume du Nord (2 Rois 23:15–20; 2 Chron. 34:6, 7), le déclin de l’Empire assyrien ayant rendu cette extension possible. Le roi Josias connut une mort prématurée à la suite de son intervention présomptueuse contre Néchao II d’Égypte à Meguiddo, en 609 av. J.-C. (voir p. 505 ; également vol. II, p. 94, 95 ; 2 Rois 23:29, 30; 2 Chron. 35:20–24). Sa mort fut une véritable perte pour la nation et le peuple de Juda le pleura profondément (2 Chron. 35:24, 25). b. Joachaz (609 av. J.-C.). Également connu sous le nom de Schallum (voir sur 1 Chron. 3:15). Après la mort de Josias, le peuple du pays plaça Joachaz sur le trône, probablement en raison de ses sympathies pro-babyloniennes (voir sur 2 Rois 23:30; 2 Chron. 36:1). Après que Joachaz eut régné seulement trois mois, Néchao II, apparemment de retour de sa campagne vers le nord, le destitua et l’emmena en Égypte, où il mourut (voir 2 Rois 23:31–34; Jér. 22:10–12). c. Jojakim (609–598 av. J.-C.). Appelé auparavant Éliakim (2 Rois 23:34). Après avoir destitué Joachaz, Néchao II plaça Jojakim, deuxième fils de Josias (voir sur 1 Chron. 3:15), sur le trône (2 Rois 23:34). Juda était désormais sous la suzeraineté égyptienne et payait un lourd tribut pour s’assurer l’amitié de l’Égypte (voir sur 2 Rois 23:35). En 605 av. J.-C., Nebucadnetsar envahit la Palestine, prit une partie des ustensiles du Temple et déporta à Babylone certains membres de la famille royale et de la noblesse. Parmi ces captifs se trouvaient Daniel et ses trois compagnons (voir Dan. 1:1–6 ; vol. II, p. 95). Jojakim fut ainsi contraint de transférer son allégeance de l’Égypte à Babylone. À cette époque (voir p. 505, 506), lors de la bataille de Karkémish, l’Égypte fut sévèrement battue et Néchao II se retira précipitamment en Égypte avec le reste de son armée. Malgré de solennelles assurances de fidélité à Babylone (voir 2 Rois 24:1), Jojakim, qui était pro-égyptien dans son cœur, se rebella ouvertement en 598 av. J.-C. Cela conduisit à la seconde invasion de Juda ainsi qu’à la capture et à la mort de Jojakim. Le roi semble avoir connu une fin tragique (voir sur 2 Rois 24:5). d. Jojakin (598–597 av. J.-C.). Également appelé Conias (Jér. 22:24) et Jéconias (1 Chron. 3:16; Jér. 24:1). Après un bref règne d’environ trois mois, ce fils et successeur de Jojakim se rendit aux Babyloniens assiégeants et fut déporté à Babylone avec sa mère, ses femmes, ses fils et les dignitaires de son palais (voir 2 Rois 24:10–16). Dix mille captifs furent emmenés à Babylone lors de cette seconde déportation, qui comprenait les principaux citoyens et les artisans de la ville. Le prophète Ézéchiel se trouvait parmi ces captifs (voir Éz. 1:1–3). Pour l’éclairage apporté par l’archéologie sur cette captivité, voir p. 575, 756 ; (vol. II, p. 96, 97, 99). Pendant au moins une partie de cette période, Jojakin fut gardé en prison ; la trente-septième année de son exil, il en fut libéré par le successeur de Nebucadnetsar, Amel-Marduk, l’Évil-Merodac biblique (2 Rois 25:27–30). e. Sédécias (597–586 av. J.-C.). Appelé auparavant Mattania (2 Rois 24:17). Après avoir déporté Jojakin, Nebucadnetsar fit de ce fils de Josias, âgé de 21 ans, le roi fantoche de Juda. Sédécias était confronté à une tâche difficile. Les classes supérieures de Juda avaient été déportées et les gens restés sur place étaient difficiles à gouverner. Jérémie les compara à de mauvaises figues impropres à la consommation (Jér. 24:8–10). Pour compliquer encore la situation, des ambassadeurs d’Édom, de Moab, d’Ammon, de Tyr et de Sidon se trouvaient à Jérusalem (voir Jér.

27:3) probablement dans le but d’inciter Sédécias à se joindre à eux dans la révolte contre Babylone. Jérémie mit Juda en garde contre leur intrigue et exhorta non seulement Juda, mais aussi ces nations, à se soumettre au joug de Babylone (voir Jér. 27; 28:14). Il avertit que le refus de Juda de se soumettre entraînerait la ruine totale de Jérusalem. Mais, contrairement à toutes ces instructions, Sédécias se révolta (voir vol. II, p. 97). Nebucadnetsar agit rapidement et terriblement pour écraser la révolte. Son invasion remplit Sédécias et toute Jérusalem d’appréhension et de terreur (Jér. 21:1–10). Dans une tentative désespérée de gagner la faveur de Dieu, le roi et le peuple conclurent avec lui une alliance solennelle, promettant de libérer tous les esclaves hébreux de Jérusalem (chap. 34:8–10). Mais lorsque Nebucadnetsar leva temporairement le siège à cause de la menace de l’armée de Pharaon (chap. 37:5), l’alliance fut oubliée et les hommes libérés furent cruellement réduits de nouveau en esclavage (chap. 34:11– 22). Jérémie fut saisi et emprisonné comme traître (chap. 37:11–15). Bientôt, toutefois, le siège reprit. Les Juifs combattirent désespérément pour sauver la ville et eux-mêmes du sort qui les menaçait. La ville résista pendant 30 mois (voir vol. II, p. 98 ; vol. III, p. 92). Mais en juillet 586 av. J.-C., les Babyloniens firent une brèche dans les murailles. Avec une petite escorte, Sédécias réussit à s’échapper, mais il fut rattrapé et capturé près de Jéricho (voir chap. 39:2–5). Jérusalem fut pillée et incendiée (chap. 39:8), et presque tous les Juifs restants furent emmenés en captivité (chap. 39:9, 10). f. Guedalia. Nebucadnetsar nomma gouverneur Guedalia, fils d’Achikam et petit-fils de Schaphan (Jér. 26:24) pour gouverner le reste laissé sur place (2 Rois 25:22). Guedalia établit son quartier général à Mitspa, près de Jérusalem. Les Babyloniens rendirent sa liberté à Jérémie, et celui-ci rejoignit le nouveau gouverneur à Mitspa (Jér. 40:1–6). Après l’assassinat de Guedalia (Jér. 41) un reste des Juifs sous la direction de Jochanan s’enfuit en Égypte, contraignant Jérémie à les accompagner (Jér. 43). Tableau chronologique provisoire des prophéties de Jérémie Chapitres Dates Voir Chapitres Dates Voir 1 627 chap. 1:2 30 vers 596 chap. 30:2 2-6 627/26–vers 616 chap. 2:1; 31 vers 596 chap. 31:1 PK 409, 410 32 588/87 chap. 32:1 7-11 609–vers 605 chap. 7:1 33 vers 587 chap. 33:1 12 600(?) chap. 12:1 34 vers 588/87 chap. 34:1 13 vers 597 chap. 13:1, 18 35 vers 605 chap. 35:1, 11 14 627/26–vers 616 chap. 2:1; 14:1 36:1-4 605/04 chap. 36:1 15 627/26–vers 616 chap. 2:1; 15:1 36:5-32 604 chap. 36:9 16 627/26–vers 616 chap. 2:1; 16:2 37 vers 587 chap. 37:4 17 609(?) 38 vers 587/86 chap. 38:6 18 605/04(?) chap. 18:1 39 588-586 chap. 39:1, 2 19 605/04 chap. 19:1 40 586 chap. 40:1 20 605/04 chap. 20:1 (cf. chap. 39:2, 9) 41 586 chap. 41:1; 22:1-19 605/04 chap. 22:1, 10, PK 460 22:20-30 597 chap. 22:20, 24 42 vers 586 chap. 41:1 23 597(?) chap. 23:1 43 vers 586 chap. 41:1

24 c. 597 ch. 24:1 44 c. 586–c. ch. 44:1 576(?) 25 605/04 ch. 25:1 45 604 ch. 45:1 26 609-605 ch. 26:1 46-51 (605/04- chs. 46:2; 594/93) 47:1; 27 594/93 ch. 27:1 49:34; 51:59 (cf.ch. 28:1 52 597-561 ch. 52:1, 31; 28 593 ch. 28:1 Vol. III, pp. 29 c. 596 ch. 29:1 92, 93 Une lecture séquentielle du livre de Jérémie, fondée sur cette chronologie provisoire, se présenterait comme suit : Josias (640–609) : chs. 1–6 ; 14–16. Jojakim (609–598) : chs. 17 ; 7–11 ; 26 ; 35 ; 22:1–19 ; 25 ; 18–20 ; 36:1–4 ; 45 ; 36:5– 32 ; 12. Jéhoïakin (598–597) : chs. 22:20–30 ; 13 ; 23. Sédécias (597–586) : chs. 24 ; 29–31 ; 46–51 (?) ; 27 ; 28 ; 21 ; 34 ; 32 ; 33 ; 37–39. Après la chute de Jérusalem : chs. 40–44 ; 52. 4. Thème.—Le livre de Jérémie se compose d’une série de sermons prophétiques associés à des données historiques et biographiques concernant les derniers jours du royaume de Juda. Par tous les moyens à sa disposition, Jérémie s’efforça d’arrêter la descente rapide de Juda sur la pente de la dépravation morale vers la ruine. Mais ses efforts en faveur de la nation furent largement infructueux. Ses appels à la repentance tombèrent dans des oreilles sourdes. Jérémie était le prophète de la religion du cœur. Ses messages appelaient à délaisser ce qui est extérieur et superficiel pour ce qui est intérieur et réel. Il enseignait que la corruption a sa source dans un cœur mauvais (ch. 17:9) et que, sans un cœur nouveau, de nouvelles intentions et un esprit nouveau, l’être humain est incapable de bonté (ch. 13:23). Il soulignait qu’un tel changement ne pouvait être opéré que par l’acte créateur de Dieu (chs. 24:7 ; 31:31–34). Comme d’autres prophètes, Jérémie mettait en garde contre les alliances étrangères compromettantes (ch. 2:36). Il exhortait Juda à se soumettre au joug babylonien et avertissait que la révolte conduirait la nation à la ruine. Au-delà du destin inévitable du présent, le prophète entrevoyait un avenir glorieux pour ceux « qui se montreraient fidèles » au Seigneur (PK 464). Les deux maisons d’Israël reviendraient ; elles seraient réunies en un seul peuple (PK 474). Ils redeviendraient le peuple de Dieu, et Il serait leur Dieu (Jer. 32:37–41). Si Israël tenait compte des messages de réforme, la nation serait reconstituée sous une nouvelle alliance (ch. 31:31– 34). Une Branche juste issue de la souche de David serait leur roi (ch. 33:14–17). 5. Plan. I. L’appel et la mission du prophète, 1:1–19. A. Identité du prophète, 1:1–3. B. L’appel de Jérémie, 1:4–6. C. L’investiture de l’autorité, 1:7–10. D. La vision de la branche d’amandier, 1:11, 12. E. La vision de la chaudière bouillante, 1:13–16. F. La mission du prophète, avec des promesses de protection, 1:17–19. II. Prophéties concernant Juda et Jérusalem, 2:1 à 35:19. A. Description et dénonciation du mal en Juda, 2:1–37.

1. L’ingratitude et l’infidélité de Juda en réponse à l’amour de Dieu, 2:1–13. 2. Le péché et l’obstination de Juda sous le châtiment, 2:14–28. 3. Le mépris de Juda pour les corrections passées de Dieu, 2:29–37. B. L’appel adressé au peuple infidèle d’Israël à revenir, 3:1 à 4:4. 1. Son infidélité honteuse et ses privilèges perdus, 3:1–5. 2. La culpabilité de Juda dépasse celle des dix tribus, 3:6–11. 3. Un appel renouvelé aux deux maisons d’Israël à se repentir, avec des promesses de réunion et de restauration, 3:12–20. 4. Une prière de confession pour Israël, 3:21–25. 5. L’exigence d’une véritable conversion du cœur, 4:1–4. C. Le jugement par une nation envahissante, 4:5 à 6:30. 1. Description du danger qui approche, 4:5–31. 2. Causes des jugements imminents, 5:1–31. a. Le manque universel d’intégrité, qui rend le jugement inévitable et le pardon impossible, 5:1–9. b. L’incrédulité à l’égard des messages prophétiques et la fausse confiance placée dans les villes fortifiées, 5:10–19. c. L’obstination, la tromperie et la désobéissance flagrante, 5:20–31. 3. Description de la ruine et de ses causes, 6:1–30. D. Le discours sur le Temple, 7:1 à 10:25. 1. Dénonciation de l’idolâtrie éhontée de Juda et de la profanation du Temple, 7:1 à 8:3. 2. Annonce d’un châtiment redoutable à cause de la méchanceté effrontée du peuple, 8:4– 22. 3. Lamentation sur la trahison et la tromperie du peuple, ainsi que sur les calamités qui en résultent, 9:1–26. 4. La folie de l’idolâtrie, 10:1–16. 5. L’invasion de Juda et l’exil de ses habitants, 10:17–22. 6. La supplication de Jérémie pour un châtiment modéré, 10:23–25. E. La prédication de l’alliance, 11:1 à 13:27. 1. L’alliance rompue, 11:1–17. 2. Réactions à la prédication de Jérémie, 11:18 à 12:6. a. Le complot des hommes d’Anathoth contre lui, 11:18–23. b. Le complot au sein de la propre famille du prophète, 12:1–6. 3. Châtiment et rédemption, 12:7–17. 4. Réprimande de l’orgueil de Juda, le peuple élu, 13:1–27. a. L’action symbolique avec la ceinture et son interprétation, 13:1–11. b. Une déclaration symbolique concernant les cruches à vin et son interprétation, 13:12–17. c. Un message au roi et à la reine mère, 13:18, 19. d. Une lamentation sur la calamité qui s’abattra sur Jérusalem, 13:20–27. F. Expériences personnelles du prophète, 14:1 à 16:9. 1. La sécheresse ; l’intercession de Jérémie rejetée, 14:1 à 15:9. 2. Le conflit intérieur de Jérémie, 15:10–21. 3. Interdiction faite à Jérémie de se marier ou de participer aux assemblées de deuil et de fête, 16:1–9. G. Les causes des calamités de Juda et des messages de consolation, 16:10 à 17:18. H. Exhortation concernant l’observance du sabbat, 17:19–27. I. Symboles de la destruction de la nation, 18:1 à 19:13. 1. Le vase du potier, 18:1–23. 2. Le vase brisé du potier, 19:1–13. J. Jérémie persécuté, 19:14 à 20:18.

1. Jérémie battu et mis au carcan par Pashur, 19:14 à 20:6. 2. Le conflit intérieur de Jérémie,20:7–18. K. Dénonciation des dirigeants civils et spirituels de Juda, 21:1 à 24:10. 1. L’appel de Sédécias à Jérémie et l’annonce par le prophète de la prise de Jérusalem, 21:1–14. 2. Un appel à la maison royale, 22:1–9. 3. Jugements contre la maison royale, 22:10 à 23:8. a. Le sort de Joachaz, 22:10–12. b. La conduite pécheresse et le sort de Jojakim, 22:13–19. c. L’effet de la perte de ses rois sur Juda, 22:20–23. d. Le sort de Jojakin, 22:24–30. e. Promesses de la restauration d’Israël, 23:1–8. 4. Dénonciation des faux prophètes, 23:9–40. 5. La vision des deux paniers de figues et son interprétation, 24:1–10. L. L’annonce du jugement, 25:1–38. 1. Jugement contre Juda ; les soixante-dix années d’exil, 25:1–14. 2. Jugement contre toutes les nations, 25:15–38. M. Conflits avec des prophètes autoproclamés, 26:1 à 29:32. 1. Conflit concernant la destruction de Jérusalem et du Temple, 26:1–24. a. Annonce de la chute de Jérusalem et de la destruction du Temple, 26:1–6. b. La demande de mise à mort de Jérémie et sa défense, 26:7–15. c. La défense deJérémie, 26:16–24. 2. Conflit concernant le joug de Babylone, 27:1 à 28:17>28:17. a. Avertissement aux nations de ne pas se révolter contre Babylone, 27:1–11. b. Conseil à Sédécias de se soumettre au joug de Babylone, 27:12–22. c. Le conflit avec Hanania, 28:1–17. 3. Conflit avec les faux prophètes à Babylone, 29:1–32. a. Lettre de Jérémie aux exilés, 29:1–23. b. Message contre le faux prophète Schemaeïa, 29:24–32. N. Prophéties de restauration, 30:1 à 33:26. 1. La délivrance et la restauration d’Israël, 30:1–24. 2. La restauration et la réunion des deux maisons sous une nouvelle alliance, 31:1–40. a. La part d’Israël dans la restauration à venir, 31:1–22. b. La part de Juda dans la restauration à venir, 31:23–26. c. La nouvelle alliance conclue avec les deux maisons, 31:27–40. 3. L’achat du champ et sa signification, 32:1–44. 4. Promesses d’un avenir glorieux pour Israël, 33:1–26. a. Promesses renouvelées de l’élévation de Jérusalem à une place d’honneur parmi les nations, 33:1–13. b. Promesses du rétablissement des fonctions royale et sacerdotale, 33:14–26. O. L’infidélité et le châtiment de Juda, 34:1 à 35:19. 1. Prédiction du sort de Jérusalem et de Sédécias, 34:1–7. 2. Dénonciation de la rupture de foi de Juda, qui a réduit de nouveau en esclavage des hommes libérés, 34:8–22. 3. Une leçon tirée de la fidélité des Récabites, 35:1–19. III. Récits biographiques et historiques, 36:1 à 45:5. A. Événements précédant la dévastation de Jérusalem, 36:1 à 39:18.

1. La rédaction des prophéties de Jérémie, 36:1–32. a. La dictée de la première édition à Baruch, 36:1–8. b. La lecture du rouleau par Baruch dans les parvis du Temple, 36:9–19. c. La destruction par le feu du rouleau par Jojakim, 36:20–26. d. La production du nouveau rouleau, 36:27–32. 2. L’emprisonnement de Jérémie, 37:1 à 38:28. a. La levée temporaire du siège final, 37:1–5. b. Prédiction du retour des Chaldéens, 37:6–10. c. Jérémie faussement accusé et emprisonné, 37:11–15. d. Le prophète dans la cour de garde, 37:16–21. e. Jérémie jeté dans une citerne boueuse, 38:1–6. f. Le sauvetage du prophète par Ébed-Mélec, 38:7–13. g. L’entretien secret de Sédécias avec Jérémie, 38:14–23. h. La détention du prophète dans la cour de garde, 38:24–28. B. La captivité de Juda, 39:1–18. 1. La prise de Jérusalem et le sort de Sédécias et du peuple, 39:1–10. 2. La libération de Jérémie, 39:11–14. 3. Les promesses du Seigneur à Ébed-Mélec, 39:15–18. C. Événements après la dévastation de Jérusalem, 40:1 à 44:30. 1. La libération de Jérémie et son retour auprès de Guedalia, 40:1–6. 2. Le gouvernement de Guedalia, 40:7–16. 3. L’assassinat de Guedalia et ses conséquences, 41:1–18. 4. La fuite en Égypte, 42:1 à . 5. Avertissements contre l’idolâtrie en Égypte, 44:1–30. D. Les promesses du Seigneur à Baruch, 45:1–5. IV. Prophéties concernant les nations étrangères, 46:1 à 51:64. A. La suscription des messages, 46:1. B. Prophétie concernant l’Égypte, 46:2–28. 1. La défaite de Néco II lors de la seconde bataille de Karkémish, 46:2–12. 2. Prédiction de l’invasion de l’Égypte par Nabuchodonosor, 46:13–26. 3. Message de consolation à Israël, 46:27, 28. C. Prophétie concernant la Philistie, 47:1–7. D. Prophétie concernant Moab, 48:1–47. 1. La destruction progressant de ville en ville, 48:1–10. 2. Le jugement et ses causes, 48:11–30. 3. La destruction totale de Moab, 48:31–47. E. Prophétie concernant Ammon, 49:1–6. F. Prophétie concernant Édom, 49:7–22. G. Prophétie concernant Damas, 49:23–27. H. Prophétie concernant Kédar et Hatsor, 49:28–33. I. Prophétie concernant Élam, 49:34–39. J. Prophétie concernant Babylone, 50:1 à 51:64. 1. La chute de Babylone et la délivrance d’Israël, 50:1–20. 2. Le châtiment de Babylone, correspondant à ses crimes, 50:21–28. 3. L’ampleur de la destruction de Babylone, 50:29–40. 4. Les instruments de la chute de Babylone, 50:41 à 51:5.

5. L’appel adressé au peuple de Dieu de fuir Babylone pour échapper à son destin, 51:6–14. 6. Dieu opposé aux idoles, 51:15–19. 7. Israël, le marteau du Seigneur, 51:20–26. 8. La chute et la dévastation de Babylone, 51:27–37. 9. La joie du monde à la chute de Babylone, 51:38–49. 10. Description finale de la chute de Babylone, 51:50–58. 11. Seraja et l’histoire de la prophétie concernant Babylone, 51:59–64. V. Appendice historique, 52:1–34. A. Introduction à l’appendice, 51:64b. B. La prise finale de Jérusalem, 52:1–11. C. Événements liés à la destruction de Jérusalem, 52:12–27. 1. La dévastation de la ville et la déportation du peuple, 52:12–16. 2. L’emportement des vases sacrés du Temple, 52:17–23. 3. L’exécution des représentants du peuple, 52:24–27. D. Déclaration concernant le nombre des captifs, 52:28–30. E. La libération de Jojakin de prison, 52:31–34.

Jérémie 1:1

1. Les paroles de Jérémie. Une introduction plus commune aux livres prophétiques est "la parole du Seigneur est venue", etc.(Eze. 1:3; Osée 1:1; Joël 1:1; etc.). Certains commentateurs juifs suggèrent que l'introduction hébraïque, plus courte, a été utilisée parce que le livre ne présente pas seulement des prophéties mais contient aussi des informations sur la vie personnelle de Jérémie (voir Amos 1:1)

Hilkiah. Probablement pas le grand prêtre de ce nom qui a joué un rôle important dans la découverte du "livre de la loi"(2 Rois 22:8). Le fait que le père de Jérémie était originaire d'Anathoth l'identifie probablement comme appartenant aux descendants d'Abiathar, qui fut déchu du sacerdoce à l'époque de Salomon(1 Rois 2:26, 27, 35)

Des prêtres. Jérémie était un prêtre de naissance et un prophète par un appel divin spécial, comme certains des autres prophètes (voir Eze. 1:3; Zach. 1:1; cf. p. 1085)

Anathoth. Une des quatre villes de Benjamin attribuées aux descendants d'Aaron (voir Josué 21:17, 18), à environ 4 km au nord-est de Jérusalem, immédiatement après le mont des Oliviers

Jérémie 1:2

2. Treizième année. C'est-à-dire, 628/27 avant J.-C., en supposant que Jérémie a compté les années à partir de l'automne ; c'était 627/26 s'il a compté à partir du printemps, comme certains le soutiennent (voir Vol. III, p. 93, note 7). L'une ou l'autre date est calculée à partir de la mort de Josias en 609 (voir p. 505)

Jérémie 1:3

3. Onzième année. C'est-à-dire 586 av. J.-C. (voir Vol. II, pp. 97, 98). La captivité finale a commencé au cinquième mois juif de cette année-là. Comme le ministère prophétique de Jérémie s'est poursuivi au-delà (voir p. 19), elle a duré plus de 40 ans.

Jérémie 1:4

4. Vint à moi. Le premier chapitre est manifestement conçu comme l'introduction de l'auteur à l'ensemble du livre. Jérémie y présente, dès le départ, ses références en tant que prophète de Dieu. Cette vocation n'est pas le fruit d'un choix humain, mais d'une commande directe de Dieu. Le sentiment profond de l'appel divin a été la force motrice de son ministère et son soutien dans les moments de découragement.

Jérémie 1:5

5. Avant que je te forme. Avant même la naissance de Jérémie, il était prévu qu'il remplisse la fonction prophétique. À chaque individu, Dieu a assigné une place de devoir et de responsabilité dans son grand plan (voir PK 536; COL 326, 327)

Sanctifié. Heb. qadash, qui, dans la forme trouvée ici, peut être traduit par "déclaré comme sacré [ou, dédié]" (voir sur Gen. 2:3). Dieu a mis Jérémie à part pour un usage spécial. Il l'a séparé pour son travail prophétique particulier

Ordonné. Heb. nathan, "donner", utilisé ici dans le sens de "nommer". Un choix prénatal similaire a été fait pour Jean le Baptiste(Luc 1:15). Jérémie aurait pu refuser de se conformer à l'appel divin. Tous les hommes sont dotés à la naissance de certaines possibilités, mais il leur incombe de développer pleinement ces possibilités. De même, Dieu a un plan pour chaque vie aujourd'hui : "La place spécifique qui nous est assignée dans la vie est déterminée par nos capacités"(Ed 267). Nous devons découvrir quelle est cette place et chercher à réaliser le dessein et le plan de Dieu pour nous

Un prophète. Un prophète est celui qui reçoit de Dieu des révélations directes à communiquer aux autres. Il n'est pas d'abord un annonciateur ou un prédicteur. Il est plutôt un porte-parole ou un interprète de Dieu. La révélation que le prophète reçoit peut se référer ou non à l'avenir

Nations. Jérémie devait être le messager de Dieu non seulement pour Juda, mais aussi pour les nations païennes périphériques

Jérémie 1:6

6. Ah, Seigneur Dieu ! Littéralement, " Hélas ! Seigneur Yahvé " (voir tome I, p. 35, 170-173). Le jeune homme recule avec terreur à l'idée d'être un prophète. Un sentiment d'indignité l'envahit, et sa nature recule devant une tâche dans laquelle il serait en décalage avec les hommes de sa génération. Comme l'indique également sa plainte amère plus tard dans son ministère(ch. 15:10), il redoutait l'inimitié des hommes

Je ne peux pas parler. Jérémie a objecté qu'il n'avait pas l'éloquence nécessaire pour se qualifier pour la fonction prophétique. Un prophète doit parler à de grands hommes et à des multitudes. Comment pourrait-il, sans les pouvoirs de l'orateur, gagner l'attention du peuple ou l'influencer en faveur de Dieu (voir sur Ex. 3:114:10) ? Il sentait qu'il ne pouvait pas formuler ses messages dans un langage approprié

Enfant. Héb. na'ar, " un jeune homme " (voir Gen. 41:12; Ex. 33:11). A en juger par la durée de son ministère, Jérémie avait probablement moins de 25 ans, peut-être seulement 18 ou 20 ans. Na'ar est utilisé ailleurs pour les jeunes adultes (voir Gen. 41:12; voir sur 1 Rois 3:7)

Jérémie 1:7

7. Ne dites rien. Dieu refuse d'accepter les excuses du prophète et répond par une déclaration catégorique de sa volonté. Lorsque Dieu commande, les pensées personnelles n'ont pas leur place. Il ne reste qu'un seul devoir, celui de la simple obéissance. Jérémie doit aller où et à qui Dieu veut l'envoyer, que ce soit à des rois idolâtres, à des prêtres corrompus, à des prophètes menteurs, à des juges injustes, à des hommes de tous rangs, aussi éminents ou puissants soient-ils. Jérémie avait dit : "Je ne sais pas parler", mais Dieu lui a répondu : "Tout ce que je t'ordonnerai, tu le diras", le qualifiant pour tout ce qu'il serait appelé à faire (voir Ex. 4:10-12; Matt. 10:18, 19).

Jérémie 1:8

8. Je suis avec toi. Dieu a promis d'assister et de protéger son prophète. La conscience que Dieu était avec lui éleva Jérémie au-dessus de sa timidité et de sa peur et le rendit invincible. Il a été assailli par de nombreux et puissants ennemis et s'est souvent trouvé dans une situation extrêmement périlleuse en raison de ses enseignements impopulaires et de sa condamnation amère de la méchanceté ; mais cette promesse, répétée au moins deux fois(ch. 1:19; 15:20), a dû être pour lui une source de force et de réconfort extraordinaires. De même, la promesse de Jésus, "Je suis avec vous tous les jours"(Matt. 28:18-20), a apporté courage et force aux chrétiens qui ont cherché à obéir à la grande mission de l'Evangile.

Jérémie 1:9

9. Touché ma bouche. Après l'appel du prophète, vint cet acte solennel de consécration, symbolisant la communication de nouveaux pouvoirs de pensée et de parole. Ainsi touché sur ses lèvres (voir Ésa. 6:6, 7), Jérémie était assuré qu'il n'y aurait aucune incertitude quant à son message. Il devait aller de l'avant pour dire les paroles mises dans son cœur par l'Esprit de Dieu (voir Jér. 5:14; 15:16; cf. Es. 51:16; 59:21; Matt. 10:20; 2 Pierre 1:21).

Jérémie 1:10

10. Sur les nations. Le prophète était investi de son autorité en tant que représentant de Dieu. Le mot traduit par " établir ", lorsqu'il apparaît dans la forme ici trouvée, signifie " faire " d'un homme un surveillant, un surintendant ou un gouverneur (voir Gen. 39:4, 5; Nb. 1:50; 2 Rois 25:23). Jérémie a été nommé adjoint de Dieu avec l'autorité de déclarer les desseins de Dieu concernant les nations. Sa parole devait être la parole de Dieu (voir Ésaïe 55:10, 11).

Déraciner. Le prophète qui annonce les desseins de Dieu est représenté comme les exécutant lui-même (voir Jérémie 5:14; Esaïe 6:10; Ezéchiel 43:3). L'oeuvre de Jérémie devait être d'une double nature : destructive et constructive. Les métaphores de Jérémie 1:10 sont tirées de l'architecture et de l'agriculture. Quatre verbes expriment la phase destructrice des jugements et deux déclarent le dessein de Dieu de restaurer et de guérir. Le livre de Jérémie est un commentaire de ces déclarations.

Jérémie 1:11

11. Amandier. Heb. shaqed, de la racine shaqad, "être éveillé". Cet arbre doit son nom au fait que l'amandier est le premier arbre à se réveiller au printemps. En Palestine, il fleurit dès le mois de janvier.

Jérémie 1:12

Se hâtera. De l’hébreu shaqad (voir la note sur le v. 11). Il y a un jeu de mots intéressant aux versets 11 et 12. Voici une tentative pour reproduire ce procédé littéraire : « Je vois le rameau d’un arbre éveillé. … Tu as bien vu, car je veille sur ma parole pour l’accomplir » ; ou : « Je vois le bâton d’un arbre de garde … car je veille sur ma parole pour l’accomplir. »

Jérémie 1:13

13. Pot. Héb. sir, un récipient domestique utilisé pour la cuisine (voir 2 Rois 4:38) et la lessive(Ps. 60:8). Cette seconde vision était un symbole de la "parole" que Dieu veillait à accomplir, et révélait l'instrument qui permettrait d'accomplir cette parole. L'image est celle d'une marmite placée sur un feu que l'on fait brûler en soufflant, d'où une marmite en ébullition (voir Job 41:20).

Vers le nord. Apparemment, la marmite était représentée comme reposant sur un côté et penchée vers le nord, avec sa bouche prête à déverser son contenu brûlant vers le sud, sur le pays de Juda.

Jérémie 1:14

14. Hors du nord. Voir sur le ch. 4:6; cf. Ezé. 26:7. Bien que Babylone soit à l'est de la Judée, les routes militaires et les voies d'invasion vers la Palestine approchaient Juda par le nord. Il n'était pas possible pour les armées de traverser le désert directement à l'est de la Palestine. C'est pourquoi les Hébreux faisaient souvent référence à Babylone en rapport avec le nord. La direction ne fait pas référence à l'emplacement de la maison de l'envahisseur, mais à la route qu'il suivrait pour entrer dans le pays, car les envahisseurs de l'est et du nord venaient du nord. Les captifs étaient emmenés dans le pays du nord, et c'est de là que le Seigneur les ferait retourner (voir Jérémie 3:18; 23:8; 31:8; Zacharie 2:6).

Un mal. Littéralement, "le mal ", c'est-à-dire le mal que les prophètes avaient annoncé depuis longtemps (voir Michée 3:12). Le mot pour " mal ", ra'ah, ne se réfère pas toujours à une faute morale. Le mot est souvent employé pour décrire des problèmes, des malheurs ou des calamités.

Jérémie 1:15

15. J'appellerai. La construction hébraïque représente l'action comme étant déjà en cours.

Les royaumes du nord. Voir v. 14. Les tribus ou clans composant le royaume de l'envahisseur du nord (voir ch. 25,9). Le pluriel a pour effet d'accentuer l'image de la calamité à venir.

Des portes. La porte d'une ville orientale était le lieu habituel de l'administration de la justice (cf Gen. 19:1; Josué 20:4; Job 29:7). Les princes des ennemis vainqueurs établiront le siège de leur pouvoir aux portes de Jérusalem(Jér. 39:3-5 cf. ch. 43:9, 10).

Jérémie 1:16

16. Contre eux. Les péchés mentionnés ont été particulièrement importants pendant le mauvais règne de Manassé (voir 2 Chron. 33:1-7).

Jérémie 1:17

17. Ceins-toi les reins. La métaphore est tirée de la coutume orientale de rassembler les longs vêtements flottants à l'aide d'une ceinture en prévision d'un voyage ou d'un travail (voir 1 Rois 18:46; 2 Rois 4:29; 9:1; voir sur les Ps. 65:6). Jérémie devait se préparer résolument à sa tâche (voir Luc 12:35; 1 Pierre 1:13). Il devait dire franchement et sans crainte le message que Dieu lui donnerait.

Confondre. Les appels répétés au courage indiquent la timidité naturelle du jeune prophète (voir 1 Tim. 4:12; 6:13; 2 Tim. 2:3). Il est également sous-entendu que Jérémie rencontrerait une grande opposition dans son travail.

Jérémie 1:18

18. Je t'ai fait. Le "je" s'oppose au "tu" du v. 17. En hébreu, les deux pronoms sont emphatiques. Le prophète devait sans crainte faire sa part, et Dieu ferait la sienne en accordant la protection et la puissance nécessaires.

Une ville fortifiée. Un symbole de force et d'invincibilité.

Jérémie 1:19

19. Je suis avec toi. Jérémie était averti que la conduite de l'œuvre de Dieu susciterait l'opposition la plus farouche de l'ennemi. Comme les émissaires de Jésus, il était envoyé comme un agneau au milieu des loups(Luc 10:3). Cependant, la présence de Dieu l'accompagnerait et le protégerait (voir Ex. 33:14)

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés