Seventh-day Adventist Bible Commentary2 Pierre 2

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

Lire 2 Pierre 2 dans la Bible

2 Pierre 2:1

Mais il y en avait. Ou : « mais il s’éleva », en mettant l’accent sur le contraste entre les prophètes de Dieu, dont il vient d’être question (ch. 1:20, 21), et les faux enseignants, dont l’apôtre s’occupe maintenant. Faux prophètes. Voir sur Matt. 7:15. Pierre fait référence à un fait historique que ses lecteurs connaissaient bien : il y avait eu beaucoup de faux prophètes à l’œuvre à l’époque de l’Ancien Testament (voir sur Jer. 14:13). Plus loin, il mentionne un exemple remarquable, Balaam (2 Peter 2:15). Le peuple. C’est-à-dire les Israélites. Il y en aura. Le futur laisse entendre que les faux enseignants n’ont pas encore commencé leur œuvre destructrice parmi les croyants auxquels Pierre écrit, bien qu’ils soient déjà actifs ailleurs, puisque, dans les v. 10–22, le présent et le passé sont tous deux employés à leur sujet. L’un des principaux buts de l’apôtre en écrivant est d’avertir ses lecteurs contre les tromperies insidieuses de ces faux enseignants, afin que son troupeau puisse être sauvé de leurs pièges. Faux enseignants. Pierre distingue un prophète d’un enseignant. Le premier prétend transmettre le message de Dieu ; le second, l’interpréter. Parmi vous. Cela peut impliquer que les faux enseignants surgiraient du milieu des croyants eux-mêmes, ou qu’ils viendraient de l’extérieur parmi eux (cf. Acts 20:29, 30). Qui. Gr. hoitines, « de cette sorte », c’est-à-dire que les faux enseignants sont le genre de personnes qui introduisent des hérésies. Introduiront furtivement. Littéralement : « feront entrer par le côté », ce qui implique peut-être le caractère secret de l’entrée des faux enseignants, qui viendraient comme des espions s’infiltrent dans un pays. Hérésies funestes. Littéralement : « hérésies de destruction », ou « hérésies de perdition », c’est-à-dire des hérésies qui conduisent à la perdition. Le mot traduit par « perdition » est apōleia (voir sur John 17:12). Dans cette épître, Pierre emploie fréquemment apōleia (deux fois dans ce verset ; au v. 3 ; et au ch. 3:7, 16). Hérésies. Gr. haireseis (voir sur Acts 5:17; 1 Cor. 11:19). Au cours de ce présent chapitre, l’apôtre fait référence à plusieurs des hérésies propagées par ces faux enseignants—

reniement du Seigneur (v. 1), enseignements licencieux (v. 10, 18), abandon du saint commandement (v. 21), etc. La description que Pierre donne de leur œuvre justifie le langage vigoureux par lequel il les condamne. Renier. Comparez le passage parallèle dans Jude 4. Quels souvenirs ont dû venir à l’esprit de Pierre lorsqu’il a employé ce mot qui lui rappelait son propre reniement de son Seigneur (voir sur Matt. 26:75 ; cf. Matt. 10:33) ! Seigneur. Gr. despotēs, « maître » (voir sur Luke 2:29; Acts 4:24). Le mot était employé par les esclaves lorsqu’ils s’adressaient à leurs maîtres. Il implique une seigneurie absolue, une propriété, généralement acquise par achat. Despotēs est un titre particulièrement approprié pour Christ en raison du prix qu’il a payé pour racheter l’humanité (voir sur Matt. 20:28; 1 Cor. 6:19, 20). Il ne peut y avoir de pire hérésie que de vivre comme les faux enseignants le faisaient manifestement, en reniant le Maître qui avait donné sa propre vie pour les racheter du péché et de ses conséquences. Le fait qu’ils aient renié leur Seigneur implique qu’ils avaient autrefois été chrétiens, même s’ils avaient depuis apostasié. Destruction rapide. Ou : « perdition soudaine », c’est-à-dire une destruction inattendue. Comparez le ch. 1:14, où le mot traduit ici par « rapide » est rendu par « bientôt ». La fin de toute fausseté est la destruction, tant pour ses enseignants que pour leurs disciples.



Ellen G. White


1. Voir les commentaires d’EGW sur Actes 20:30; 1 John 4:1; Revelation 1:1, 2.

2 Pierre 2:2

2. Suivra. Ou "suivront", ce qui implique une imitation étroite des trompeurs. L'apôtre affronte courageusement la perspective que beaucoup suivront les faux docteurs, tout en espérant que cet avertissement sauvera ses lecteurs d'une tromperie aussi fatale.

Des voies pernicieuses. L'évidence textuelle atteste(cf. p. 10) la lecture " actions lascives "(aselgeiai). L'utilisation du mot aselgeiai ici et au v. 18 suggère que les doctrines des faux docteurs encourageaient la licence parmi leurs disciples, et que ce laxisme moral attirait de nombreux personnages instables.

A cause de qui. Certains appliquent ces mots aux faux docteurs. Il est peut-être préférable de les appliquer aux membres de l'Église qui s'engagent dans les pratiques immorales enseignées par les faux docteurs.

La voie de la vérité. C'est-à-dire la voie de la vérité, la voie chrétienne. Pour un commentaire sur la "voie", voir Actes 9:2; 16:17.

Le mal est dit. Les païens ne faisaient pas de distinction entre les chrétiens authentiques et ceux qui suivaient les faux docteurs et s'adonnaient à leurs pratiques immorales. L'enseignement chrétien était rendu responsable des excès des infidèles. La conduite contraire au Christ de quelques-uns jette le discrédit sur l'ensemble de l'Église.

2 Pierre 2:3

Par cupidité. Plus exactement : « dans la cupidité », la cupidité étant l’élément dans lequel les faux enseignants opéraient pour tromper les personnes imprudentes et leur extorquer leurs richesses (cf. 1 Tim. 6:5; Titus 1:11; Jude 16). Comparez l’expérience de Balaam (Num. 22 to 24). Pour « cupidité », voir sur Rom. 1:29; Eph. 5:3; Col. 3:5. Feintes. Gr. plastoi, « modelés », « formés », d’où « forgés », « fabriqués » (cf. notre mot « plastique »). Ces faux enseignants prétendaient posséder une connaissance secrète et persuadaient les croyants de leur donner de l’argent en échange, révélant ainsi leurs véritables motivations. Faire du commerce. Gr. emporeuomai, « aller faire du commerce », « voyager pour affaires ». Notre mot anglais « emporium » vient de la même racine. Les enseignants faisaient commerce de l’âme de leurs victimes, leur vendant une fausse doctrine en échange de leurs dons. Les croyants

qui donnaient de leurs biens pour enrichir ces enseignants menteurs recevaient certainement peu en retour de leur argent. Dont le jugement… ne tarde pas. Littéralement : « pour lesquels la sentence prononcée depuis longtemps n’est pas inactive ». La sentence décidée par Dieu depuis longtemps n’est pas lettre morte et ne peut être ignorée. Condamnation. Gr. apōleia (voir sur v. 1). Il est ici question de la destruction finale des faux enseignants. Somnoler. Gr. nustazō, « hocher la tête dans son sommeil », ce terme ne se trouve dans le NT qu’ici et dans Matt. 25:5. La phrase précédente de Pierre concernait la sentence du jugement ; il assure maintenant aux fidèles que la sentence sera exécutée selon le plan de Dieu.

2 Pierre 2:4

4. Car si Dieu n'a pas épargné. Avec ces mots, l'apôtre commence une série d'illustrations concernant l'inévitabilité des jugements de Dieu. Cette pensée se prolonge au v. 9, où il tire la conclusion que le Seigneur délivrera les pieux et punira les impies. Pour un commentaire sur le verbe "épargner"(pheidomai) voir sur Rom. 8:32.

Les anges. Comparez le passage parallèle en Jude 6. L'auteur ne précise pas le péché qui a entraîné la chute de ces anges(cf. sur Jude 6; Apocalypse 12:4, 7-9). Le raisonnement de Pierre est que si Dieu n'a pas épargné les anges, des êtres spirituels qui avaient vécu en sa présence même, il ne manquera pas de punir les hommes méchants qui égarent les autres.

Les précipiter dans l'enfer. Traduction du seul mot grec tartaroÅÂ,"retenir captif dans le Tartare" : les Grecs de l'Antiquité considéraient le Tartare comme la demeure des méchants morts et le lieu où le châtiment leur était infligé. Il correspondait ainsi à la Géhenne des Juifs(cf. sur Matthieu 5,22). S'adressant à des gens qui vivaient dans une atmosphère hellénistique, Pierre utilise un terme grec pour exprimer sa pensée, mais il n'approuve ni l'idée grecque du Tartare ni le concept juif populaire de la Géhenne. Ici, le Tartare désigne simplement le lieu de séjour dans lequel les mauvais anges sont confinés jusqu'au jour du jugement.

Chaînes de ténèbres. L'évidence textuelle favorise(cf. p. 10) la lecture de "fosses de ténèbres". Le langage de Pierre est figuratif, et ne sert pas à identifier un lieu particulier comme étant la demeure des anges déchus. Cette expression diffère de celle utilisée par Jude dans son passage parallèle (voir Jude 6).

Jugement. Gr. krisis, " [l'acte de] juger " Au v. 3, Pierre utilise un autre mot pour " jugement "(krima), qui fait référence au verdict qui résulte d'un jugement(cf. sur Jean 3:19; 9:39; 16:11). Ici, l'apôtre regarde vers l'avenir, lorsque le jugement déterminé sur Satan et ses disciples angéliques sera finalement exécuté (voir sur Apocalypse 20:10).

2 Pierre 2:5

5. Et n'a pas été épargné. C'est par ces mots que l'apôtre commence sa deuxième illustration de la certitude du jugement(cf. v. 4).

L'ancien monde. C'est-à-dire le monde qui était avant le déluge.

Sauvé. Gr. phulassÅÂ,"garder", "veiller", ici, dans le sens de "protéger"(cf. Gn 7,16).

Huitième. Gr. ogdoos, " huitième ", c'est-à-dire accompagné de sept autres, dans ce cas, les membres immédiats de la famille de Noé (voir Gn 6,10; 7,7). Pierre met ici l'accent sur le fait que si peu de gens - seulement huit - sont sortis vivants du monde antédiluvien.

Prédicateur. Gr. kÄrux, "héraut" (voir sur 1 Tim. 2:7). Dès l'Antiquité, la fonction de kÄrux était sacrée et sa personne inviolable, car le héraut était considéré comme étant sous la protection immédiate des dieux. Noé était le "héraut de la justice" du Seigneur, c'est-à-dire qu'il a proclamé un message concernant la justice. Josèphe(Antiquités i. 3. 1 [72-74]) rapporte la tradition juive selon laquelle Noé a essayé de persuader ses contemporains de changer leur vie pour le mieux(cf. sur Gn 6,3; 1 Pierre 3,19, 20).

En apportant. Plutôt, "pendant qu'il amenait".

Déluge. Voir sur Gen. 7:17-24.

Impie. Gr. asebeis, singulier asebÄs (voir sur Rm. 4:5). La description que Pierre fait du monde antédiluvien est justifiée, comme le montre Gn 6,1-7(cf. PP 90-92).

2 Pierre 2:6

Et se tournant. Comparez le passage parallèle dans Jude 7. C’est la troisième illustration des jugements de Dieu (voir aussi le commentaire sur 2 Pierre 2:4, 5). Le mot grec signifiant « réduire en cendres » (tephroō) est employé par l’auteur classique Dion Cassius (Histoire romaine lxvi. 21) pour décrire l’éruption du Vésuve. Sodome et Gomorrhe. Pour une description de la destruction de ces villes, voir le commentaire sur Gen. 19:24, 25. Renversement. Littéralement, « catastrophe ». Cela peut impliquer un acte de jugement supplémentaire après la réduction des villes en cendres (voir aussi le commentaire sur Gen. 19:25). Faisant. Ou « ayant établi ». Exemple. Gr. hupodeigma, « exemple », c’est-à-dire un avertissement. Impies. La phrase se lit littéralement : « ceux qui vont vivre dans l’impiété ». Le terrible sort des villes de la plaine devait dissuader les autres de se livrer à la même méchanceté qui avait causé leur ruine.

2 Pierre 2:7

7. Délivré, ou "sauvé". De même que Dieu a sauvé Noé du déluge, il a sauvé Lot et sa famille de l'holocauste qui a consumé Sodome(Gen. 19:15, 16). Bien que Pierre se préoccupe avant tout de la certitude des jugements divins, il prend soin de souligner également les actes de miséricorde du Seigneur.

Juste. Gr. dikaios (voir sur Matt. 1:19). Le mot apparaît deux fois dans 2 Pierre 2:8, où il est traduit par "juste".

Vexé. Gr. kataponeÅÂ," fatiguer par le labeur ", ce qui donne l'image de Lot complètement épuisé et dégoûté par l'immoralité des habitants de Sodome. Au v. 8, un autre mot grec est également traduit par "vexé".

Conversation. Gr. anastrophÄ," conduite ", " comportement " AnastrophÄ est utilisé 6 fois dans 1 Pierre et 2 fois dans cette épître (ici et au ch. 3:11).

Mauvais. Gr. athesmoi, de a, " sans ", et thesmoi, " lois ", " ordonnances ", d'où " sans foi ni loi " ; généralement ceux qui se rebellent contre les ordonnances divines. Athesmoi n'apparaît qu'ici et dans le chapitre 3:17 du NT.

2 Pierre 2:8

8. Habitation. Pierre utilise un mot rare et emphatique, egkatoikeÅÂ, pour exprimer l'idée de la résidence de Lot au milieu même des méchants habitants de Sodome.

Par la vue et l'ouïe. Les actes de péché assaillent Lot de tous côtés, attaquant son intégrité à travers ses yeux et ses oreilles, jusqu'à ce qu'il ne semble plus possible d'échapper à leur influence insidieuse.

Vexé. Gr. basanizÅÂ," torturer ", " tourmenter ", le temps soulignant que la torture se poursuivait jour après jour. Lot a souffert d'une douleur mentale continue en observant chaque jour les agissements vicieux de ses voisins.

Des actes illégaux. Plutôt, "actes illégaux".

2 Pierre 2:9

9. Le Seigneur sait. L'apôtre arrive maintenant à la fin de sa longue série d'illustrations commencée au v. 4 et tire la conclusion que, compte tenu de la sollicitude du Seigneur à l'égard de Noé et de Lot, et de ses jugements contre leurs méchants contemporains, le croyant peut se fier entièrement à la justice de Dieu

Livrer. Comparer au v. 7

Pieux. Gr. eusebÄs, traduit ailleurs par "pieux" (Actes 10:2, 7)

Tentations. Littéralement, " tentation ", ce qui semble désigner ici l'incitation au péché et les épreuves qui frappent ceux qui résistent fermement au péché(cf. sur Jacques 1:2, 12). L'assurance de la protection du Seigneur fortifierait les lecteurs de l'épître pour résister aux tentations présentées par les faux enseignants

Réserver. Ou encore, "garder"(cf. v. 4)

Injuste. Gr. adikoi, utilisé ici comme le contraire de eusebÄs, "pieux"

Le jour du jugement. Dans cette épître, Pierre assimile le " jour du jugement " au " jour du Seigneur "(cf. ch. 3.7, 10) et au " jour de Dieu "(v. 12). Pour une discussion sur le jour du jugement, voir sur Apocalypse 14:720:11-15

Être puni. Gr. kolazomenous, un participe présent, littéralement, "être puni" Il existe deux écoles de pensée bien définies concernant la théologie de Pierre à ce stade

1. Le participe "être puni" exprime un but, comme le reflète la traduction "être puni", c'est-à-dire, dans le but d'être puni. Cette explication attribue le châtiment mentionné ici au jour du jugement

2. Que le participe soit traduit par "tout en étant puni", en référence à la rétribution que le péché apporte aux injustes pendant leur vie terrestre. Cette interprétation s'accorde mieux avec la première moitié du v. 9, selon laquelle les pieux sont délivrés des tentations et des épreuves qui les assaillent en cette vie. Mais les injustes, en même temps, souffrent à cause de leurs méfaits. Cette interprétation a en outre l'avantage de préserver la force du présent du participe kolazomenous, " être puni ", en harmonie avec le présent de l'infinitif tÄrein, " réserver " Pour une discussion plus approfondie, voir Problèmes de traduction de la Bible, p. 237-240

Interpréter ce passage comme signifiant que les méchants, après la mort et avant le jugement, sont sous le coup d'un châtiment, va à l'encontre de toute la teneur de l'Écriture (voir sur Luc 16:19Apocalypse 14:10, 11)

2 Pierre 2:10

10. Mais surtout. Pierre revient maintenant à la scène contemporaine et traite à nouveau des faux enseignants et de leurs méthodes corruptrices.

Ceux qui marchent. Cette phrase décrit une catégorie spécifique de ceux qui sont punis(v. 9).

Selon la chair. Comparez le passage parallèle dans Jude 7. Dans la vie des faux enseignants, la chair était le facteur dominant et ils suivaient sa direction(cf. sur Rom. 8:4, 5).

La convoitise. Gr. epithumia (voir sur Rom. 7:7).

L'impureté. Gr. miasmos, "pollution", "corruption". De miasmos est dérivé notre mot anglais "miasma". Le mot n'apparaît qu'ici dans le NT et se réfère à l'acte de souiller ou de polluer(cf. sur v. 20). D'après ces mots, et les versets 2, 12-22, il est clair que ceux qui ont troublé l'église ont répandu non seulement de fausses doctrines mais aussi une immoralité grossière. C'est un fait que tout au long de l'histoire de l'église chrétienne, les doctrines faibles ont souvent été accompagnées de mœurs faibles. Ceux qui s'écartent de la norme de vérité de Dieu trouvent facile d'abandonner également sa norme de conduite personnelle.

Méprisez le gouvernement. Le mot "seigneurie"(kuriotÄs) est traduit par "domination" et est appliqué aux anges dans Eph. 1:21 et Col. 1:16, et peut-être dans Jude 8. Cependant, la plupart des commentateurs s'accordent à dire qu'il s'agit ici de la seigneurie du Christ. Au verset 1, l'apôtre prédit que les enseignants hérétiques renieront "le Seigneur qui les a achetés", et au verset 11, il laisse entendre qu'ils ne respectent guère le Seigneur, de sorte qu'on peut vraiment dire qu'ils méprisent la seigneurie de Jésus-Christ. Une façon de tester la validité d'un nouvel enseignement est d'analyser son approche de la Déité - est-il vraiment révérencieux, ou traite-t-il la Divinité de manière irrespectueuse ?

Présomptueux. Ou "hommes audacieux", c'est-à-dire des personnes téméraires et aventureuses, surtout dans leur opposition à l'autorité.

Volontaire. Littéralement, "qui se plaisent à eux-mêmes", ce qui implique l'arrogance. Les trompeurs étaient déterminés à faire ce qu'ils voulaient, même en défiant l'autorité.

Ils n'ont pas peur. La clause se lit littéralement : "ils ne tremblent pas [lorsqu'ils] blasphèment les gloires" Les avis sont partagés quant à savoir à qui les "dignités" ou "gloires"(doxai) font référence. Certains voient une référence aux mauvais anges, mais il est difficile de comprendre comment ceux-ci peuvent être blasphémés. D'autres, avec quelque raison, appliquent les mots aux bons anges, suggérant que les faux enseignants ont parlé d'eux de manière péjorative. D'autres encore y voient une référence à l'ensemble de la famille céleste, y compris Dieu, le Christ et les anges. D'autres encore préfèrent voir une référence aux autorités terrestres locales contre lesquelles les hérétiques disent imprudemment du mal. Le choix final entre les applications possibles dépend de l'interprétation donnée au v. 11 (voir le commentaire à ce sujet).

2 Pierre 2:11

11. Attendu. Comparez le passage parallèle dans Jude 8, 9. Pierre souligne maintenant le contraste entre les faibles enseignants et les puissants anges. Les premiers sont assez téméraires pour accuser même les plus hautes autorités, tandis que les anges, qui sont plus puissants que les faux instructeurs, gardent un silence discret sur ces questions.

Les anges. Le contexte indique assez clairement que Pierre fait référence aux saints anges, et non aux anges déchus.

Plus grands. C'est-à-dire supérieurs aux faux enseignants.

Puissance et force. Plutôt "puissance et force".

Accusation injurieuse. Ou "jugement blasphématoire", c'est-à-dire jugement injurieux.

Contre eux. L'interprétation du v. 11 dépend de l'application de ces mots. Certains les réfèrent aux faux docteurs, mais le contexte suggère qu'ils peuvent être appliqués aux " dignités ", auquel cas le sens du passage sera le suivant : " Les docteurs hérétiques parlent librement du mal, mais ils ne le font pas : Les docteurs hérétiques parlent librement de les autorités, tandis que les saints anges, bien que de loin supérieurs à ces docteurs, par crainte pieuse, s'abstiennent de toute accusation de ce genre. Quelle effronterie dans la conduite des docteurs à la lumière d'une telle comparaison !

Devant le Seigneur. C'est-à-dire dans la présence divine, où les saints anges demeurent constamment. Bien qu'ils ne s'en rendent pas compte, les faux docteurs vivent eux aussi constamment sous le regard de Dieu, et devraient agir avec autant de révérence que les anges sans péché.

2 Pierre 2:12

12. Ceux-ci. C'est-à-dire les faux enseignants. Comparer avec le passage parallèle de Jude 10.

Les bêtes brutes naturelles. Le mot traduit par "bêtes" est zÅÂa,"créatures vivantes" (voir sur Apoc. 4:6).

À prendre et à détruire. La description dévastatrice de Pierre souligne la nature irrationnelle et non spirituelle de ces séducteurs lascifs.

Parler mal. Gr. blasphÄmeÅÂ,"blasphémer", "dire du mal de" Comparez l'utilisation de blasphÄmeÅÂ dans les vs. 2, 10, et de l'adjectif blasphÄmeÅÂ dans les vs. 2, 10, et de l'adjectif blasphÄmos, "calomnieux", "blasphématoire" au v. 11.

Les choses. La clause se lit littéralement : "ce qu'ils ignorent"(cf. 1 Tim. 1:7). Les trompés auraient pu acquérir une compréhension des questions divines, mais ils ont choisi de rester dans l'ignorance et d'égarer les autres.

Et ils seront... corrompus. Il y a un jeu de mots dans le grec qui n'est pas mis en évidence dans la KJV. L'auteur peut suggérer que les faux instructeurs périront comme les animaux, ou qu'ils périront à cause de leurs propres actions corrompues. Les deux interprétations sont valables et la finalité est la même : les enseignants seront détruits.

2 Pierre 2:13

Recevront. Des données textuelles importantes peuvent être citées (voir p. 10) en faveur de la leçon « subissant l’injustice », ce qui donne à la proposition complète : « subissant l’injustice comme salaire de l’injustice ». Ceux qui. La proposition se lit littéralement : « considérant la débauche comme un plaisir ». Le mot traduit par « plaisir » (hēdonē) implique souvent une satisfaction sensuelle (voir Luc 8:14; Tite 3:3; Jacques 4:1, 3), tandis que celui qui traduit « débauche » (truphē) évoque la mollesse, une vie luxueuse. Pierre décrit ainsi les séducteurs comme se livrant aux désirs sensuels qui appartiennent aux ténèbres de la nuit, tout en les considérant comme des expériences légitimes et heureuses, qui ne sont même pas répréhensibles en plein jour. Taches. Ces enseignants sont des taches et des souillures à la surface de la terre, et particulièrement dans l’Église. Faisant bombance. Ou « se divertissant », du même radical que le mot traduit par « débauche » dans la proposition précédente. Tromperies. Gr. apatai, « tromperies », mais des données textuelles importantes peuvent être citées (voir p. 10) en faveur de la leçon agapai, « agapes » (voir Jude 12 ; voir vol. VI, p. 45, 46 ; voir le commentaire sur 1 Cor. 11:20). Il est possible que Pierre se soit délibérément abstenu d’employer agapai, puisqu’il ne pouvait se résoudre à mentionner l’agape sacrée, que ces faux enseignants déshonoraient par leurs orgies alcoolisées. Même si nous conservons la leçon apatai, « tromperies », qui est mieux attestée, nous devons nous en tenir au contexte et reconnaître que l’apôtre a l’agape en tête. Comparez la description que Paul fait de l’ivresse et de la suralimentation lors de la Cène du Seigneur, telles qu’elles étaient pratiquées par certains membres de l’Église de Corinthe (voir le commentaire sur 1 Cor. 11:20–22).

Repas. Gr. suneuōcheō, de sun, « ensemble », euōcheō, « nourrir abondamment ». Le fait que Pierre dise que les faux enseignants festoient avec les croyants suggère que les perturbateurs étaient encore membres de l’Église, ce qui rendait leur influence plus dangereuse encore.

2 Pierre 2:14

De l’adultère. Il faudrait plutôt traduire : « d’une femme adultère ». Cela donne une image saisissante d’hommes dont les pensées reflètent continuellement l’image d’une femme adultère. Leurs désirs principaux sont sexuels, et toute femme qu’ils rencontrent est immédiatement évaluée de ce point de vue (voir aussi le commentaire sur Matthieu 5:28). Il n’est pas surprenant qu’ils se montrent incapables de maîtriser leurs passions et de s’abstenir de pécher. Séduisant. Ou « appâtant », c’est-à-dire offrant des attraits. Instables. Gr. astēriktoi, littéralement, « non étayés », « non affermis ». La référence première concerne les femmes que les faux enseignants entraînaient dans des pratiques adultères. Il est possible que les trompeurs assistassent aux agapes afin de faire connaissance avec des femmes qu’ils pourraient ensuite séduire. La référence de Pierre peut aussi inclure les hommes égarés par la mauvaise influence de ces enseignants.

La Palestine au temps d’Hérode Agrippa II et des procurateurs romains 2

Nichol, F. D. (1978). The Seventh-day Adventist Bible Commentary : The Holy Bible with exegetical and expository comment. Commentary Reference Series (2 Pe 1:1). Washington, D.C. : Review and Herald Publishing Association. Nichol, F. D. (1978). The Seventh-day Adventist Bible Commentary : The Holy Bible with exegetical and expository comment. Commentary Reference Series (2 Pe 2:15). Washington, D.C. : Review and Herald Publishing Association.

Exercés. Gr. gumnazō, « entraîner dans la discipline gymnique », d’où vient notre mot « gymnastique ». Ces faux enseignants s’exerçaient soigneusement à acquérir l’habileté qui leur permettait d’obtenir les choses qu’ils désiraient. Par des pratiques cupides. La preuve textuelle atteste (voir p. 10) la leçon « dans la cupidité ». C’est un vice supplémentaire auquel ces enseignants sont adonnés, en plus de leur blasphème et de leur sensualité. Enfants maudits. Littéralement, « enfants d’une malédiction », c’est-à-dire ceux qui méritent l’exécration, tant leurs caractères sont mauvais.

2 Pierre 2:15

15. Avoir abandonné. Comparez les versets 15 et 16 avec le passage parallèle de Jude 11.

Droit. Gr. euthus (voir sur Actes 8:21).

Voie. Gr . hodos (voir Actes 9:2). Pierre déclare ici que les opposants ont, à toutes fins utiles, complètement abandonné la foi chrétienne.

Ils se sont égarés. Ceux qui quittent la voie chrétienne finissent par s'égarer.

Suivre. Ou, "suivre", ce qui implique une imitation étroite(cf. v. 2).

La voie de Balaam. Au lieu de suivre la voie du Christ, ces faux enseignants ont suivi servilement le chemin emprunté par Balaam. Tout au long de ce chapitre, il semble que Pierre ait eu Balaam à l'esprit comme prototype des séducteurs de son temps. Ils ont aimé les gains financiers et ont encouragé la sensualité, tout comme l'ancien prophète. Pour un commentaire sur la conduite de Balaam, voir Nombres 22 à 24.

Bosor. Appelé " Beor " dans Nombres 22:5.

Le salaire de l'iniquité. La même expression grecque est rendue par " récompense de l'iniquité " au v. 13. Balaam et les faux docteurs avaient les yeux fixés sur la récompense matérielle qui découlait de leurs mauvaises pratiques.



Ellen G. White


Il n’existe rien de tel dans la Parole de Dieu qu’une élection inconditionnelle — une fois dans la grâce, toujours dans la grâce. Dans le deuxième chapitre de la Deuxième épître de Pierre, le sujet est exposé clairement et distinctement. Après le récit de certains qui suivirent une mauvaise voie, l’explication est donnée : « qui ont abandonné le droit chemin, ... suivant la voie de Balaam, fils de Bosor, qui aimait le salaire de l’injustice. » ... [2 Pierre 2:15-20 cité.] Voici une classe contre laquelle l’apôtre met en garde : « Car il aurait mieux valu pour eux ne pas avoir connu la voie de la justice que, l’ayant connue, de se détourner du saint commandement qui leur avait été transmis. » ...
15-21. Voir les commentaires d’EGW sur Éphésiens 1:4, 5, 11.

2 Pierre 2:16

16. Son iniquité, ou "sa propre transgression [de la loi]". La faute de Balaam n'est pas passée inaperçue ni n'a été réprimandée, et Pierre laisse entendre que la conduite des faux enseignants ne restera pas impunie.

Ass. Gr. hupozugios, littéralement " sous le joug ", appliqué à l'âne, bête de somme courante en Orient.

Parler. Gr. phtheggomai, "émettre un son", "pousser [un cri ou un bruit]", utilisé pour tout bruit fait par les hommes ou les animaux et ne se référant pas nécessairement à la parole articulée. C'est pourquoi Pierre définit le bruit fait par l'âne comme une " voix d'homme "(cf. Nombres 22:27-31).

Interdit. Le phénomène de l'âne parlant a arrêté Balaam dans sa course rebelle et lui a permis de reconnaître l'ange et d'être réceptif aux directives divines.

Folie. Ici, l'état d'être hors de soi. Si Balaam avait gardé la raison, refusant de se laisser déséquilibrer par les désirs de convoitise, il n'aurait pas commis une erreur aussi grave. L'apôtre laisse à ses lecteurs le soin d'appliquer l'illustration aux faux docteurs, qui ont suivi la voie de Balaam.

2 Pierre 2:17

17. Ceux-ci. Comparer les v. 17-19 avec le passage parallèle dans Jude12, 13, 16. Pierre quitte maintenant son illustration et parle directement des faux enseignants(cf. v. 12).

Des puits sans eau. Les séducteurs prétendaient rafraîchir ceux qui avaient spirituellement soif, mais lorsque les assoiffés les atteignaient, ils étaient amèrement déçus, car les enseignants n'avaient pas d'eau vive à leur offrir. Ils étaient spirituellement secs(cf. Jean 4:14; Apoc. 7:17; 21:6).

Nuages. L'évidence textuelle favorise(cf. p. 10) la lecture " brumes ", et la clause se lit alors littéralement, " brumes poussées par une bourrasque " Les enseignants hérétiques, prétendant apporter la lumière, apportaient une brume obscurcissante qui effaçait le paysage spirituel et empêchait les chrétiens de voir où ils allaient. De plus, les "brumes" n'étaient pas cohérentes, l'enseignement allait et venait sous l'impulsion des passions des enseignants.

Brouillard de ténèbres. Littéralement, "noirceur des ténèbres", c'est-à-dire du monde inférieur. Comparer avec le v. 4, où le mot pour "noirceur"(zophos) est également utilisé.

Est réservé. Plutôt " a été réservé "(cf. vs. 4, 9). Une preuve textuelle importante peut être citée(cf. p. 10) pour l'omission des mots " pour toujours ", bien qu'ils soient bien attestés dans le passage correspondant de Jude 13.

2 Pierre 2:18

18. Parler. Gr. phtheggomai (voir v. 16). Pierre ne crédite pas les séducteurs d'un discours ordonné, mais les décrit comme émettant des sons comme l'âne(v. 16).

De grandes paroles enflées. Gr. huperogka, littéralement, " des [choses] surabondantes ", c'est-à-dire des paroles extravagantes, grandiloquentes, avec une référence possible aux termes philosophiques utilisés par les enseignants gnostiques(cf. Jude 16).

Séduction. Le mot grec est le même que celui traduit par "séduire" v. 14.

Les désirs de la chair. Comparer avec l'expression "convoitise de l'impureté" (voir v. 10).

Dévergondage. Gr. aselgeiai (voir v. 2).

Ceux qui étaient purs ont échappé. L'évidence textuelle favorise(cf. p. 10) la lecture " ceux qui s'échappent ", c'est-à-dire ceux que les faux instructeurs séduisent par leurs paroles grandioses, leurs arguments philosophiques et leurs attraits sensuels. Les victimes visées n'avaient que récemment accepté le christianisme, ou étaient sur le point de l'accepter, lorsqu'elles ont été confrontées aux tromperies spécieuses de ces ouvriers hérétiques. Ceux qui ont trompé ces "petits" ont certainement mérité la sentence prescrite par le Sauveur(Matt. 18:6).

Ceux qui vivent dans l'erreur. C'est-à-dire les païens païens avec lesquels les jeunes convertis avaient été étroitement associés et à l'influence desquels ils venaient d'échapper.

2 Pierre 2:19

19. Promettez-leur la liberté. Les faux enseignants ont essayé de faire croire que ceux qui suivaient les voies qu'ils préconisaient seraient libérés de toutes les restrictions gênantes. Mais la liberté qu'ils promettaient était une licence sans loi, et non la liberté chrétienne (voir sur 2 Cor. 3:17Gal. 5:13). La grande liberté que le chrétien devrait posséder - l'absence de péché - les trompeurs ne pouvaient pas l'offrir et ne voulaient pas l'obtenir

Serviteurs. Ou, "esclaves"

Corruption. Gr. phthora (voir sur ch 1:4). Le mot phthora évoque aussi bien la destruction que la souillure morale. Les faux docteurs étaient incapables d'aider quiconque à s'élever sur un plan moral plus élevé, puisqu'ils étaient eux-mêmes enchaînés au vice sensuel

De qui. Ou, "par quoi", en référence à la corruption

Vaincu. Ou, "vaincu", comme dans un combat, lorsque le combattant le plus faible est vaincu

Mis en esclavage. Plutôt, "a été asservi" (voir sur Rom. 6:16). Bien que les faux enseignants ne le sachent pas, le péché les a vaincus et ils sont devenus ses esclaves abjects. Comment pouvaient-ils offrir la liberté aux autres ?

2 Pierre 2:20

20. Car si ... s'est échappé. Pour donner aux croyants un avertissement solennel concernant les dangers et les résultats de l'apostasie, l'apôtre utilise le cas de ceux qui ont été trompés en suivant les faux docteurs.

Pollutions. Gr. miasmata, " ce qui souille ", " les souillures " qui résultent du contact avec le monde(cf. v. 10).

Le monde. Voir sur 1 Jean 2:15.

Connaissance. Gr. epignÅÂsis (voir ch. 1:2).

Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. L'apôtre attribue ici à notre Seigneur un titre multiple qui incarne la plupart de ses attributs glorieux et représente ses principales fonctions (voir sur Matt. 1:1, 21, 23; Luc 2:29; Jean 13:13; Jean 20:28). Celui qui a acquis la pleine connaissance de Jésus aura une compréhension personnelle des pouvoirs du Sauveur, les ayant expérimentés dans sa propre vie. Sa connaissance expérimentale du Christ l'aura amené à fuir le monde et ses souillures, et la puissance du Christ lui aura permis d'y échapper complètement. Pierre considère que son troupeau s'est ainsi échappé et il est soucieux qu'il ne soit pas entraîné à retourner dans le monde par les attraits des faux docteurs.

Enchevêtré. Comme les gladiateurs qui se prennent dans les filets les uns des autres pendant le combat, le croyant qui cède aux attraits du monde se retrouve irrémédiablement empêtré et facilement détruit. Le mot "là-dedans" peut être rendu par "dans ces choses", c'est-à-dire dans les souillures du monde, ou "par ces choses", ce qui implique que c'est par les souillures que le chrétien est vaincu.

Vaincu. Voir v. 19.

Le dernier. La clause se lit littéralement : " les dernières choses sont devenues pour eux pires que les premières " Celui qui a été chrétien mais qui est retourné dans le monde s'endurcit spirituellement et devient moins sensible aux appels spirituels. Son salut devient donc plus difficile(cf. Mt. 12:45; Luc 11:26; Héb. 6:4-8; 10:26).



Ellen G. White


20, 21. Voir les commentaires d’EGW sur Matthieu 12:43-45.

2 Pierre 2:21

21. Cela aurait été mieux. La position des apostats aurait été meilleure s'ils n'étaient jamais devenus chrétiens, car ils auraient alors pu être abordés comme des païens. La beauté de la vérité chrétienne aurait fait une forte impression sur leurs cœurs, et ils auraient été plus sensibles à l'influence convertissante de l'Évangile.

Connu. Gr. epignÅÂskÅÂ, le verbe qui correspond au nom epignÅÂsis (voir ch. 1:2). Celui qui a acquis une pleine connaissance du Sauveur ne peut plus jamais être le même qu'avant que la connaissance ne lui parvienne. La connaissance entraîne la responsabilité. On est responsable de ce que l'on a appris. Bien qu'un chrétien rétrograde puisse retourner aux mœurs du monde, il ne peut pas échapper à la responsabilité de la connaissance salvatrice du Christ qu'il a acceptée puis rejetée.

La voie de la justice. Plutôt "le chemin de la justice", soulignant qu'il s'agit de la seule et unique voie de salut (voir vs. 2, 15).

Tournez. Des preuves textuelles importantes peuvent être citées(cf. p. 10) pour la lecture " retourner ", soulignant le rejet complet du mode de vie chrétien.

Le saint commandement. L'utilisation par Pierre de l'article défini et du nombre singulier indique une référence à un concept spécifique. Dans Rom. 7:12, Paul utilise une construction similaire pour se référer à un commandement particulier, le dixième. Ici, le langage de Pierre semble se référer à l'ensemble des instructions données aux chrétiens pour les guider dans "la voie de la justice".

Délivré. Gr. paradidÅÂmi, "remettre", "retourner", "remettre", "transmettre". Le verbe est lié au nom paradosis, "une remise", c'est-à-dire une tradition(2 Thess. 3:6; voir sur Marc 7:3). Pierre fait ainsi référence à l'enseignement que les croyants ont reçu de la part d'enseignants chrétiens.

2 Pierre 2:22

22. Proverbe. Gr. paroimia (voir sur Jean 10:6). Le contenu du proverbe s'est réalisé dans le cas des apostats.

Le chien. Ce proverbe est rapporté dans Prov. 26:11 en référence au retour d'un fou à sa propre folie. Ici, Pierre l'utilise pour illustrer la conduite vile et insensée de ceux qui, après avoir quitté la saleté morale du monde, reviennent s'y délecter une fois de plus.

Semer. Ce n'est pas un proverbe biblique, mais il était peut-être courant dans les milieux juifs de l'époque de Pierre. La figure est utilisée pour décrire le chrétien qui a été lavé des pollutions du monde mais qui, à cause d'un retour en arrière, est revenu se souiller une fois de plus avec les impuretés morales dont il avait été sauvé par l'Évangile.

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés