Tyndale Open Study NotesRomains 2
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Lire Romains 2 dans la BibleRomains 2:1-5
Le pronom « tu » est singulier en grec. Il désigne ici un Juif complaisant hypothétique, persuadé de sa supériorité sur les païens et convaincu d’échapper au jugement divin. Paul adopte un style littéraire hellénistique courant, la diatribe, où il met en scène un débat entre lui-même et un interlocuteur fictif afin de rallier son auditoire à son point de vue. • tu fais les mêmes choses : Paul souligne que les Juifs, tout comme les païens, rejettent la révélation divine pour suivre leur propre voie.
Romains 2:4
ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance? : Derrière cette interrogation de Paul résonnent des passages juifs (par exemple, Sagesse de Salomon 12–15 ; cf. Jr 7.1–5 ; Am 5.18–27) qui témoignent d’une attitude de complaisance face au jugement divin. Beaucoup de Juifs se reposaient sur leur statut de peuple élu, convaincus que leurs péchés ne seraient pas jugés aussi sévèrement que ceux des païens. Paul rappelle ici que la grâce de Dieu n’est pas une approbation du péché, mais une invitation pressante à la repentance.
Romains 2:6-11
Paul utilise un chiasme (disposition en « X ») pour illustrer son propos :
A Dieu juge tout le monde de la même manière (2.6)
B La vie est la récompense pour ceux qui font le bien (2.7)
C La colère est la sanction pour ceux qui font le mal (2.8)
C′ La colère de Dieu s'abat sur ceux qui commettent le mal (2.9)
B′ La vie est accordée à ceux qui pratiquent le bien (2.10)
A′ Dieu ne fait aucune distinction entre les hommes (2.11)
Romains 2:7
réservant la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire : Paul précise ailleurs que personne ne peut recevoir la vie éternelle autrement que comme un don de Dieu par la foi (3.20, 28; 4.1–8). Ici, il peut soit :
Faire allusion aux chrétiens, dont les bonnes actions (qui résulte de leur foi) seront prises en compte dans le jugement divin.
Rappeler la norme absolue imposée par la sainteté de Dieu, selon laquelle seule une perfection totale permettrait aux pécheurs d’être acceptés devant lui.
À mesure que son argument se développe, Paul démontrera que personne n’est capable d’atteindre cette perfection par ses propres efforts.
Romains 2:8
L'expression « par esprit de dispute » traduit le mot grec rare eritheia, qui semble exprimer l’idée d’ambition égoïste ou de conflit. Aristote l’utilisait pour critiquer les politiciens de son époque, qui recherchaient des fonctions publiques par intérêt personnel plutôt que par un véritable désir de servir le peuple (Aristote, Politique 5.3 ; voir aussi 2Co 12.20 ; Ga 5.20 ; Ph 1.17; 2.3 ; Jc 3.14, 16).
Romains 2:12
périront : Ce terme, fréquent dans le Nouveau Testament, décrit le sort réservé aux méchants après la mort (voir aussi 9.22 ; 14.15 ; 1Co 1.18 ; 15.18 ; 2Co 2.15 ; 4.3 ; Ph 1.28 ; 3.19 ; 2 Th 2.10 ; 1Tm 6.9). Les pécheurs condamnés ne cessent pas d'exister, mais ils subissent une punition éternelle, entraînant la perte définitive de tout bien dans leur identité et leur expérience. • ceux qui ont péché avec la loi : Cette expression désigne les Juifs. Ils ont reçu la loi de Moïse, tandis que les païens n’ont jamais eu cette révélation écrite. À l’époque du Nouveau Testament, de nombreux Juifs considéraient la possession de la loi comme un signe de la faveur divine, allant jusqu’à la voir comme une garantie de salut.
Romains 2:13
Romains 2:14-15
Paul explique que les païens qui obéissent instinctivement à la loi montrent qu'ils en ont une certaine connaissance. Ils pourraient être des païens devenus chrétiens, car l'idée d'une loi écrite dans leurs cœurs (2.15) fait allusion à la prophétie de la nouvelle alliance (Jr 31.31–34). Mais ils pourraient aussi être des non-chrétiens issus du paganisme, qui perçoivent la loi morale de Dieu par leur conscience. Dans ce cas, Paul ferait allusion à la loi naturelle pour souligner que tous les êtres humains sont responsables devant Dieu de certaines exigences morales fondamentales.
Romains 2:16
les actions secrètes (littéralement « les choses cachées ») : L'Écriture rappelle souvent que Dieu juge les êtres humains non seulement en raison de leurs actions extérieures, mais aussi du fait de leurs pensées et intentions (voir 1S 16.7 ; Ps 139.1–2 ; Jr 17.10).
Romains 2:17-20
La fierté des Juifs reflète l'enseignement de l'Ancien Testament et de la tradition juive concernant les privilèges et les responsabilités que Dieu leur a confiées. Il leur a donné sa loi, établi une relation particulière avec eux et les a appelés à être une lumière pour les païens (voir Es 42.6–7). Les Juifs n'avaient pas tort de profiter de ces bénédictions : leur erreur résidait dans leur incapacité à vivre à la hauteur de cette position privilégiée.
Romains 2:21-22
Paul recourt de nouveau au style de la diatribe pour mettre en lumière l’incohérence des revendications juives (voir note d'étude sur 2.1–5).
Romains 2:22
Toi qui as en abomination les idoles, tu commets des sacrilèges : La loi de l’Ancien Testament interdisait aux Juifs toute implication avec les idoles païennes (voir Dt 7.26), mais au premier siècle, cette interdiction n’était pas toujours strictement respectée par les Juifs. Certains allaient jusqu’à voler des idoles pour les garder ou les revendre comme métaux précieux.
Romains 2:24
Paul cite Es 52.5, où le nom de Dieu est blasphémé en raison de l’oppression d’Israël par des nations païennes. Paul reprend ce passage pour montrer l'échec des Juifs à être à la hauteur de leurs responsabilités.
Romains 2:25
Dieu a institué la circoncision comme un signe de son alliance avec Abraham, à pratiquer sur chaque enfant mâle israélite (Gn 17.9–13 ; voir Rm 4.11). Ce rite symbolise donc l’appartenance d’Israël à l’alliance divine. Son importance s’est accrue durant la période intertestamentaire, lorsque le roi païen Antiochos IV Épiphane tenta d’éradiquer la foi juive en interdisant la circoncision et d’autres pratiques juives. En réponse, les Juifs se rebellèrent lors de la Révolte des Maccabées (166–160 av. J.‑C.). Après la restauration du culte du Seigneur en Israël, la circoncision devint un marqueur essentiel de la loyauté juive au sein d'une culture païenne.
Romains 2:26
son incirconcision ne sera-t-elle pas tenue pour circoncision? : Paul parle peut-être des chrétiens païens, qui font partie du peuple de Dieu parce qu'ils obéissent à sa loi, ou il évoque peut-être de manière hypothétique le cas où un païen obéirait parfaitement à la loi de Dieu.
Romains 2:29
La lettre de la loi désigne la loi de Dieu gravée sur des tables de pierre (voir 2Co 3.3), tandis que l'Esprit inscrit désormais sa loi dans le cœur des hommes (Jr 31.33–34). Paul oppose ainsi une simple conformité extérieure à une obéissance découlant d'une transformation intérieure.
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Romains 2:1-29
Paul remet à plus tard son développement sur la justice par la foi (voir 3.21), afin d’établir d’abord une vérité essentielle : tous les êtres humains, qu’ils soient païens (1.18–32) ou Juifs (2.1–3.8), sont sous l’emprise du péché et ne peuvent obtenir la grâce de Dieu par leurs propres actions (3.9–20).