Tyndale Open Study NotesRomains 3

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Romains 3:1-20

Paul remet à plus tard son développement sur la justice par la foi (voir 3.21), afin d’établir d’abord une vérité essentielle : tous les êtres humains, qu’ils soient païens (1.18–32) ou Juifs (2.1–3.8), sont sous l’emprise du péché et ne peuvent obtenir la grâce de Dieu par leurs propres actions (3.9–20).

Romains 3:1

Quel est donc l’avantage des Juifs? : Paul anticipe les objections en posant des questions. Après plus de vingt ans de prédication de l’Évangile, il connaissait les réactions habituelles à son enseignement. Son insistance sur l’égalité des Juifs et des païens devant Dieu (chap. 2) pouvait laisser penser qu’il annulait les privilèges d’Israël. Il adopte ici le style question-réponse caractéristique de la diatribe (voir note d'étude sur 2.1–5).

Romains 3:2

L'avantage des Juifs était d'avoir reçu la parole de Dieu. • et tout d’abord : Paul n’introduit pas ici une liste complète, et il n’ajoute jamais de deuxième ou de troisième point. Il a peut-être oublié de continuer la liste, ou alors cette expression signifie simplement « le plus important ». Toutefois 9.4–5 donne un bon aperçu des privilèges spécifiques accordés aux Juifs. • En utilisant le mot révélation (en grec logia, « oracles, messages »), Paul met en avant la communication personnelle de Dieu avec son peuple (voir Dt 33.9 ; Ps 105.19), par laquelle Il leur confère à la fois des privilèges uniques et des responsabilités particulières.

Romains 3:4

Loin de là! : Le grec mē genoito est une négation emphatique, typique du style de la diatribe que Paul utilise ici et dans plusieurs autres passages de la lettre aux Romains (voir 3.6, 31 ; 6.2, 15 ; 7.7, 13 ; 9.14 ; 11.1, 11). • selon qu’il est écrit : Paul cite Ps 51.4, où David confesse son péché après son adultère avec Bath-Schéba (voir 2S 11.1–27). Dieu l’a puni, et David a reconnu que Dieu était juste et gagnerait son procès, car sa punition était totalement méritée. Dieu reste fidèle à tout ce qu’Il a dit dans le passé (à l’ensemble de sa révélation) et ses paroles annoncent autant le châtiment du péché que la récompense de l’obéissance.

Romains 3:5-7

Autrement, comment Dieu jugerait-il le monde? : Abraham a posé une question similaire : « Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice? » (Gn 18.25). Dieu punit tout péché, et ce faisant, il reste parfaitement juste. Même si Dieu peut utiliser le péché humain pour accomplir ses desseins, ce péché demeure condamnable et sera forcément puni (voir Rm 9.10–24).

Romains 3:8

comme quelques-uns, qui nous calomnient : Paul fait allusion aux déformations de son enseignement sur la justification par la foi. Si quelqu’un est déclaré juste devant Dieu par la foi seule, par la grâce divine et sans dépendre des œuvres, on pourrait croire que la Bonne Nouvelle autorise les croyants à pécher, puisque leur faute serait automatiquement pardonnée dès qu’ils la confessent (voir 6.1). L’un des objectifs de Paul est d’amener les chrétiens de Rome à reconnaître que de telles idées sont erronées et sans fondement.

Romains 3:9

Nullement : la réponse catégorique de Paul ne contredit en rien son affirmation précédente (3.1–2) selon laquelle les Juifs ont un avantage. Cependant, cet avantage leur est inutile s’ils désobéissent à la parole de Dieu, car ils subissent alors sa juste condamnation. Tout comme les païens, les Juifs ont péché contre la révélation divine et sont ainsi jugés coupables. • sous l’empire du péché : Être « sous » quelque chose implique d'être sous son pouvoir. Le problème fondamental de l’humanité n’est donc pas seulement le fait de commettre des péchés, mais celui d’être asservi au péché. Seule la délivrance offerte en Jésus-Christ peut libérer les hommes autant de la condamnation que de la domination du péché.

Romains 3:10-12

Cette citation du Ps 14.1–3 et 53.1–3 vient directement appuyer l’argument de Paul selon lequel tous les hommes sont sous l’emprise du péché.

Romains 3:10-18

Les six citations présentes dans ces versets, extraites de différentes parties de l'Ancien Testament, mettent toutes en lumière la réalité du péché humain. Paul adopte ici une méthode courante parmi les rabbins, appelée "enfilage de perles", qui consiste à regrouper plusieurs passages des Écritures autour d’un même thème pour renforcer un argument.

Romains 3:13-14

Paul évoque ici les péchés liés à la parole, mentionnant dans chacune des quatre propositions un organe différent associé à la parole (en 3.13, le terme traduit par « gosier » correspond littéralement au terme « gorge »).

Romains 3:15-17

Dans cette citation d'Es 59.7–8, Paul met en lumière les péchés commis contre autrui.

Romains 3:18

n'est pas : Cette citation finale du Ps 36.1 vient clore avec justesse l’ensemble de la série (Rm 3.10–18), reprenant les mêmes termes grecs que ceux qui ouvraient la première citation (ouk estin, traduit en 3.10 par « Il n’y a point »).

Romains 3:19

Paul désigne l’ensemble de l’Ancien Testament sous le terme de loi (voir aussi 1Co 9.8, 9  ; 14.21, 34 ; Ga 4.21). • à ceux qui sont sous la loi (littéralement à ceux dans la loi) : cette expression désigne les Juifs, à qui les Écritures ont été confiées. • Comment Paul peut-il conclure que le monde entier est coupable devant Dieu en s’appuyant sur des passages de l’Ancien Testament qui soulignent le péché des Juifs ? Il use d’un raisonnement du plus grand au plus petit, une méthode rhétorique juive courante : si la loi prouve que les Juifs, pourtant peuple élu de Dieu, sont coupables, alors à plus forte raison les païens, qui n’ont pas bénéficié de l’instruction divine, le sont également.

Romains 3:20

par les œuvres de la loi : Cette expression renvoie à l’obéissance aux prescriptions de la loi de Moïse. Bien que cette expression s’applique aux Juifs, le principe qu’elle exprime s’étend à l’ensemble de l’humanité. Si les Juifs, qui ont reçu la loi de Dieu, ne peuvent être justifiés devant lui par leur obéissance, à plus forte raison aucune autre personne ne pourrait être dans une bonne relation avec Dieu par ses seules œuvres.

Romains 3:21-22

Après avoir longuement décrit le pouvoir du péché (1.18–3.20), Paul revient au thème introduit en 1.17 : la manière dont l’homme peut être réconcilié avec Dieu (c’est-à-dire « la justice de Dieu »). Comme dans ce verset, cette expression désigne l’œuvre par laquelle Dieu établit les hommes dans une juste relation avec lui. • sans la loi (littéralement en dehors de la loi) : L’ancienne alliance annonçait déjà l’accomplissement ultime de la justice de Dieu en son Fils. Par l’œuvre de Christ, qui a pleinement satisfait aux exigences de la loi, nous pouvons désormais nous approcher de Dieu par la foi, indépendamment du cadre de l’alliance mosaïque (cf. Hé 8.13).

Paul revient au thème central de la justice de Dieu, révélée en Christ et accessible à tous ceux qui croient. L’énoncé fondamental de cette doctrine se trouve en 3.21–26 ; Paul la développe dans 3.27–31 et l’illustre par l’exemple d’Abraham au chap. 4.

Romains 3:24

par sa grâce : Dieu nous rend juste à ses yeux, non parce qu'il le doit, mais parce qu'il a librement choisi de nous accorder sa faveur par Jésus-Christ. Étant des esclaves impuissants face au péché (3.9), nous ne pouvons mériter cette justice devant Dieu (voir 4.4–5). •par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ : À l’époque de Paul, le terme « rédemption » désignait le prix payé pour affranchir un esclave. Dieu a payé notre rançon par le sang de son propre Fils, nous délivrant de l’esclavage du péché (voir 3.9). Ce langage, employé dans l’Ancien Testament, évoque l’Exode, la première rédemption du peuple de Dieu de la servitude (voir 2S 7.23). Dieu a promis qu'il rachèterait de nouveau son peuple (Os 13.14 ; Mi 4.10).

Romains 3:25

victime propitiatoire (grec hilastērion) : Ce terme, utilisé dans la version grecque de l’Ancien Testament, désigne le « propitiatoire », le couvercle qui reposait sur l'arche de l'alliance dans le sanctuaire intérieur du tabernacle. Ce couvercle jouait un rôle central lors du rituel du jour des expiations (Lv 16) et en est venu à symboliser l’expiation elle-même. Paul présente Jésus-Christ comme l’accomplissement ultime de cette expiation : il est celui pourvu par Dieu pour la réconciliation définitive de son peuple. En lui-même, il satisfait et absorbe la juste colère de Dieu contre tous les pécheurs (voir Rm 1.18). • les péchés commis auparavant : Paul évoque les justes de l’Ancien Testament qui n’ont pas reçu la punition stricte que la justice divine aurait exigée. Comme le rappelle la lettre aux Hébreux : « il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés » (Hé 10.4). Comment Dieu pouvait-il alors pardonner les péchés des gens dans l'Ancien Testament ? Paul répond que le sacrifice du Christ agit à la fois en arrière et en avant dans l’histoire. Par lui, Dieu a pleinement satisfait sa justice en offrant une expiation parfaite pour le péché humain.

Romains 3:29-30

Paul s’appuie sur le principe central du monothéisme juif pour affirmer l’universalité du pardon divin. Puisqu’il n’existe qu’un seul Dieu, il est nécessairement le Dieu des Juifs comme des païens. Dès lors, tous doivent avoir accès à lui selon une même voie : celle de la foi.

Romains 3:31

nous confirmons la loi : Paul anticipe l'objection selon laquelle son insistance sur la foi, indépendamment des œuvres de la loi, reviendrait à invalider la pertinence de la loi. Au contraire, affirme-t-il, la foi établit véritablement la loi, car elle permet à ceux qui croient de l’accomplir. En recevant le Saint-Esprit, ils sont rendus capables de vivre selon la volonté de Dieu.

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