Dictionnaires bibliques
Volonté
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Volonté », un article après l’autre.
Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Outre l’acception ordinaire de ce terme pour signifier la faculté qui est en nous de vouloir, d’aimer et de désirer, le nom de volonté se prend,
1° Pour la volonté absolue de Dieu, à laquelle rien ne résiste (Romains 9.19 Genèse 50.11 Isaïe 46.10)
2° Pour une volonté qui n’est pas absolue. Ainsi Jésus-Christ souhaitait que le calice de sa passion passât loin de lui, si l’eût été la volonté de Dieu (Matthieu 26.42). La volonté de Dieu n’est pas que le méchant périsse (Ézéchiel 18.13) Il veut qu’il se convertisse, et qu’il vive. Mais s’il veut périr, et ne veut pas se convertir, Dieu n’est pas obligé de l’en empêcher.
3° La volonté se prend souvent pour ce qu’on appelle une volonté de signe. Par exemple, Dieu veut que tous les hommes l’aiment et lui obéissent, puisqu’il leur commande à tous de l’aimer et de le servir ; cependant il est certain que peu de gens satisfont à ces devoirs. D’ailleurs il y a des théologiens qui enseignent que Dieu n’accorde aucune grâce aux infidèles à qui l’Évangile n’a point été annoncé, ni aux endurcis. Il faut donc dire que la volonté qu’il a à leur égard, qu’ils lui rendent leur culte, leur amour et leur obéissance, est, selon ces théologiens, une simple volonté de signe, opposée à la volonté qu’on appelle de bon plaisir.
4° On distingue encore en théologie en Dieu une volonté antécédente, par laquelle Dieu veut une chose en général, sans la considérer revêtue de toutes ses circonstances ; une volonté conséquente, par laquelle Dieu veut une chose considérée en tant qu’elle est revêtue de toutes ses circonstances ; Dieu veut le salut de tous les hommes d’une volonté antécédente, mais Dieu veut d’une volonté conséquente donner le bonheur éternel à ses élus.
5° Volonté se prend pour l’amour, l’approbation, la complaisance : (Malachie 1.10) : Je ne prends point plaisir dans tout ce que vous faites. On ne vous appellera plus la ville déserte et abandonnée, mais la ville dans laquelle j’ai mis ma complaisance.(Isaïe 62.4).
6° La volonté se met pour la propre volonté de l’homme. D’où vient que vous n’avez eu aucun égard à nos jeûnes ? C’est que votre propre volonté s’y trouve (Isaïe 58.3). Et Jésus, fils de Sirach (Ecclésiaste 18.50) : Gardez-vous de suivre votre propre volonté. Siméon et Lévi ont percé le mur des Sichémites pour contenter leur propre volonté, leur vengeance, leur cruauté (Genèse 49.6) ;
7° Faire la volonté de Dieu, se met pour, observer sa loi, se soumettre à ses ordres, etc. Ceux qui me diront : Seigneur, Seigneur, n’entreront pas tous dans le royaume des cieux : mais ceux-là seulement y entreront qui feront la volonté de mon Père (Matthieu 7.21). Et : Celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans le ciel, c’est celui-là qui est mon frère, ma sœur et ma mère (Matthieu 12.50).
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Hébr., le plus directement : khéphets (Ésaïe 44.28 ; Ésaïe 46.10, etc.), qui renferme à la fois les notions d’inclination, d’intention favorables et de volonté effective ; grec : boulé, la volonté délibérante (Luc 7.30 ; Luc 23.51 ; Actes 13.36 etc.), et thélêma, la volonté déterminante et agissante (Matthieu 6.10; Luc 12.47 ; Jean 11.3, etc.). Les textes Luc 22.42 et Éphésiens 1.11 marquent clairement la nuance importante qu’il y a entre ces deux termes du Nouveau Testament
La volonté est la faculté que l’homme possède de se déterminer et de faire concourir à un dessein toutes les énergies de son être, toutes les influences de son autorité. Les sources de la volonté sont dans le sentiment, dans l’intelligence et surtout dans la conscience. La volonté oriente la liberté, elle engage la responsabilité, elle crée la cohésion de la personnalité. Autant dire que la volonté est le principe constitutif du moi. C’est ce qu’a bien compris le bon sens populaire quand il dit de quelqu’un qui ne sait pas vouloir : « Ce n’est pas un homme. »
L’homme ayant été créé à l’image de Dieu, qui est la personne parfaite, on peut poser comme postulat que Dieu est volonté, qu’il est la volonté parfaite, toute-puissante. C’est bien ainsi que la Bible nous le présente (Ésaïe 46.10 ; Psaumes 33.11 ; Psaumes 103.21 ; Psaumes 135.6 ; 2 Rois 18.25 et suivant, 2 Chroniques 22.7 ; Esdras 7.18 ; Proverbes 19.21 ; Matthieu 18.14 ; Jean 3.8 ; 1 Corinthiens 12.11 ; Romains 1.10 ; Romains 15.32 ; 1 Corinthiens 4.19 ; 1 Pierre 3.17 ; Jacques 4.15 etc.).
Que sont donc la création, la loi du Sinaï, la rédemption du Christ, sinon le déploiement de cette volonté qui s’affirme pour notre bien jusque dans l’immolation : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils… » (Jean 3.16 ; Hébreux 10.10, cf. Luc 7.30) ? En quoi consiste la sainteté de Jésus ? en ce qu’il accomplit toujours et jusque sur la croix la volonté du Père céleste (Hébreux 10.9 ; Jean 8.29 ; Jean 10.18) ; et qu’est-ce que la rédemption proposée à tout homme ? un appel à sa volonté (Jean 5.6; Luc 19.14 ; Jean 5.40 ; Matthieu 23.37), une exhortation à conformer à travers toute sa vie, comme le fit Jésus en Gethsémané, sa volonté à la volonté de Dieu : « Non pas comme je veux, mais comme tu veux. »
En rapprochant Genèse 2.17 ; Genèse 3.6, on a le motif de la chute qui fit chasser l’homme du paradis : l’acte rapporté par Genèse 3.6 équivaut à dire : « Non pas ce que tu veux, mais ce que je veux ». Matthieu 26.39, au contraire, nous donne la parole d’obéissance qui permit au Christ de devenir le Sauveur du monde et d’inaugurer une nouvelle humanité (Philippiens 3.8 et suivant). À cette humanité née de son sacrifice il ne donne qu’une loi : la volonté de son Père qui est dans les cieux (Matthieu 6.10).
Autant il est vain que l’homme mette sa confiance dans sa volonté propre qui est charnelle, dévoyée, impuissante, asservie aux suggestions du Diable qui s’est vanté, non sans apparence de raison, de donner le royaume du monde à qui il veut (Luc 4.6, cf. Job 1 ; Marc 4.15; Luc 22.31 ; Matthieu 13.28 ; 2 Timothée 2.26) ; comparez le titre de Prince de ce monde donné par Jésus à Satan dans Jean 12,14,16, autant son avenir est assuré s’il se laisse instruire par Jésus sur ce qu’est la volonté de Dieu (Jean 7.17; Luc 10.26 et suivants, Marc 10.17 et suivant, etc.).
Jésus accomplit lui-même cette volonté avec amour (Jean 4.34 ; Jean 5.30 ; Jean 6.38). Il veut que ses disciples l’imitent (Matthieu 6.10 ; Matthieu 12.50 ; Jean 7.17 ; Jean 9.31). « Je me sanctifie moi-même pour eux » = je me consacre, « sanctifie-les » = consacre-les (Jean 17).
L’apôtre Paul s’est fondé sur l’enseignement de son Maître quand il a résumé la vie chrétienne dans une formule qui met en avant la volonté souveraine de Dieu tout en faisant appel à la volonté coopérante de l’homme : « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification » (1 Thessaloniciens 4.3 ; Actes 21.14 ; cf. 1 Thessaloniciens 5.18 ; Éphésiens 6.6 ; 1 Pierre 2.15 ; 1 Pierre 4.2 ; Romains 12.2 ; Colossiens 1.9 ; voir encore 1 Jean 2.17 ; 1 Jean 5.14 ; Matthieu 7.21 ; Hébreux 13.21, etc.).
Alexandre Westphal
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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