Seventh-day Adventist Bible CommentaryMatthieu 15
Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs
Lire Matthieu 15 dans la BibleMatthieu 15:2
Les paniers de la première occasion étaient des kophinoi, de petits paniers à provisions, et ceux de la seconde occasion, des spurides, de grands paniers semblables à des corbeilles (voir sur Marc 6:43). Avec les 5 000 hommes, les disciples transportaient des kophinoi, c’est-à-dire de petits paniers à provisions tels que les Juifs en utilisaient pour de courts voyages, et la première occasion comportait un trajet de moins de 10 mi (16 km) en moins de 24 heures. La seconde occasion avait été précédée d’un voyage de 50 à 75 mi (80 à 120 km) à travers un territoire principalement païen, qui avait duré plusieurs semaines. Lors d’un tel
voyage à travers un territoire païen, où les Juifs évitaient d’acheter de la nourriture aux païens, les disciples auraient transporté les plus grandes spurides (voir sur Marc 6:43). Si les grands paniers avaient été utilisés avec les 5 000 hommes, lors d’un très court voyage, et les petits paniers lors d’un voyage plus long, il semblerait y avoir une divergence. Le fait que Jésus se soit ensuite référé aux deux occasions et ait distingué les kophinoi des spurides témoigne à nouveau de la différence entre les deux miracles (Matthieu 16:9, 10; Marc 8:19, 20). Certains ont avancé que la différence entre les deux sortes de paniers concernait leur type plutôt que leur taille. Quoi qu’il en soit, les évangélistes maintiennent constamment cette distinction.
Matthieu 15:3
Le fait que la foule soit restée avec Jésus pendant trois jours lors de la seconde occasion et qu’elle n’ait apparemment manqué de nourriture qu’au troisième jour laisse fortement supposer qu’elle était venue préparée à rester au moins un ou deux jours. En d’autres termes, elle savait qu’elle trouverait Jésus et s’attendait apparemment à passer quelque temps auprès de lui. Le fait supplémentaire que certains soient venus de très loin (Marc 8:3) indique qu’il s’agissait d’un rassemblement organisé, ce que le premier n’était pas. Mais le récit évangélique fournit involontairement une explication parfaitement satisfaisante de la manière dont les gens se sont trouvés rassemblés comme ils l’étaient, bien que cette explication ne soit pas donnée en lien avec le récit lui-même. Les deux démoniaques guéris avaient raconté leur histoire dans toute la Décapole (Marc 5:20; Luc 8:39). Ils avaient été sincères et zélés dans leur œuvre, et dans toute la région on désirait ardemment voir Jésus (voir Luc 8:40 ; Jésus-Christ, p. 404). Lorsqu’il revint, plusieurs mois plus tard, les deux démoniaques guéris, et sans aucun doute d’autres personnes, participèrent à la diffusion de la nouvelle et, peut-être avec l’assentiment préalable de Jésus, convoquèrent les gens de près comme de loin. La principale raison pour laquelle les critiques nient l’existence de deux miracles distincts est que les disciples étaient aussi peu préparés à cette manifestation de la puissance du Christ qu’ils l’avaient été lors de la première occasion (Matthieu 15:33 ; cf. Marc 6:35–37). En outre, il ne s’était écoulé tout au plus que trois mois, peut-être quatre, depuis le miracle précédent, et il semble difficile de croire que les disciples aient pu être aussi lents à comprendre qu’ils paraissent l’avoir été en cette occasion. Cependant, la foule précédente était composée exclusivement de Juifs, auxquels le « pain du ciel » était présumément destiné, tandis que cette fois la foule était composée exclusivement de païens (voir Jésus-Christ, p. 404, 405). Jésus lui-même n’avait-il pas récemment déclaré qu’« il n’est pas convenable de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens » (Matthieu 15:26) ? Certes, cette déclaration ne s’appliquait pas plus littéralement qu’au sens figuré, mais, dans leur lenteur d’esprit (cf. chap. 16:6–11), les disciples la prirent manifestement au sens littéral. Moins de 24 heures plus tard, Jésus les réprimanda de nouveau parce qu’ils étaient si lents à saisir le sens de ses paroles (versets 15:9–12). Pour les disciples, ce qui était étonnant et inattendu n’était pas que Jésus puisse fournir le pain, mais plutôt qu’il le fasse pour des païens.
Matthieu 15:6
Matthieu 15:9
Ellen G. White
9 (voir les commentaires d’EGW sur le chap. 5:13, 14; Jeremiah 8:8). L’erreur comme parasite sur l’arbre de la vérité—Satan a œuvré avec une puissance trompeuse, introduisant une multitude d’erreurs qui obscurcissent la vérité. L’erreur ne pourrait subsister seule et s’éteindrait bientôt si elle ne s’attachait pas comme un parasite à l’arbre de la vérité. L’erreur tire sa vie de la vérité de Dieu. Les traditions des hommes, comme des germes flottants, s’attachent à la vérité de Dieu, et les hommes les considèrent comme faisant partie de la vérité. Par les fausses doctrines, Satan gagne un point d’appui et captive l’esprit des hommes, les amenant à soutenir des théories sans aucun fondement dans la vérité. Les hommes enseignent hardiment comme doctrines les commandements des hommes, et tandis que les traditions se transmettent d’âge en âge, elles acquièrent un pouvoir sur l’esprit humain. Mais l’âge ne transforme pas l’erreur en vérité, pas plus que son poids accablant ne fait de la plante de la vérité un parasite. L’arbre de la vérité porte son propre fruit authentique, révélant son véritable origine et sa nature. Le parasite de l’erreur porte lui aussi son propre fruit et manifeste que son caractère diffère de celui de la plante d’origine céleste (Letter 43, 1895).
Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés
Matthieu 15:1
Puis vint. [Controverse au sujet de la tradition et de la souillure cérémonielle, Matt. 15:1– 20=Marc 7:1–23. Commentaire principal : Marc.] Pour un commentaire sur l’emploi par Matthieu du mot « puis », voir le commentaire sur le chap. 4:1. 6. Et n’honore pas. La première phrase du v. 15:6, telle qu’elle apparaît dans la KJV, se poursuit en réalité et complète la pensée du v. 5. Le verset 6 commencerait mieux par les mots : « Ainsi vous avez annulé. » Commandement. Les preuves textuelles favorisent (cf. p. 146) la lecture « parole ». 13. Toute plante. Désignant ici toute tradition, tout « commandement d’hommes » (voir le commentaire sur Marc 7:3, 13, 15). 14. Fosse. De préférence, « puits » ou « trou ». 21. Jésus partit de là. [Retraite en Phénicie, Matt. 15:21–28=Marc 7:24–30. Commentaire principal : Matthieu. Voir Retrait du ministère public ; La durée du ministère du Christ, le début du ministère galiléen, Le ministère de notre Seigneur ; au sujet des miracles, p. 208–213.] L’incident suivant s’est probablement produit à la fin du printemps de l’an 30 apr. J.-C., peut-être vers le mois de mai. Avec la multiplication des pains pour les 5 000 et le discours sur le pain de vie dans la synagogue de Capernaüm (voir le commentaire sur Jean 6:1, 25), le ministère galiléen atteignit son apogée. Le courant de popularité commença à se retourner contre Jésus, comme cela s’était produit l’année précédente en Judée (voir DA 393), et la majorité de ceux qui s’étaient considérés comme ses disciples le rejetèrent (voir le commentaire sur Jean 6:60–66). Cela s’était produit seulement quelques jours avant la Pâque de cette année-là, à laquelle Jésus n’assista pas (voir le commentaire sur Marc 7:1). La troisième tournée galiléenne avait vivement alarmé les dirigeants juifs (voir DA 395 ; voir le commentaire sur Marc 6:14). Après la Pâque, une délégation de Jérusalem confronta Jésus en l’accusant de saper les exigences religieuses (voir Marc 7:1–23). Mais il les réduisit au silence en révélant leur hypocrisie, et ils s’en allèrent dans une grande colère et une grande fureur (voir DA 398). Leur attitude et leurs menaces montraient clairement que sa vie était en danger (DA 398, 401). Ainsi, conformément au conseil qu’il avait précédemment donné aux disciples, il se retira quelque temps de Galilée (voir le commentaire sur Matt. 10:14, 23), comme il s’était retiré de Judée l’année précédente après avoir été rejeté par les dirigeants de cette région (voir le commentaire sur le chap. 4:12). Cette retraite vers le nord marque le début d’une nouvelle période du ministère du Christ, ainsi que la fin de son ministère en Galilée, auquel il avait consacré environ une année, de la Pâque de l’an 29 apr. J.-C. à celle de l’an 30 apr. J.-C. Il restait alors moins d’une année avant sa mort. Bien que la circonstance immédiate qui avait incité Jésus à se retirer dans la région de Phénicie fût sa rencontre avec les scribes et les Pharisiens de Jérusalem, ce voyage avait également des objectifs positifs. Jésus avait un but précis, non seulement en quittant la Galilée, mais aussi en se rendant dans la région générale de la Phénicie. Maintenant qu’il avait été rejeté par les Juifs aussi bien en Judée qu’en Galilée, Jésus cherchait l’occasion d’enseigner à ses disciples à travailler pour les non-Juifs. Les païens avaient besoin de l’Évangile, et il entreprit alors une série de leçons destinées à amener les disciples à prendre conscience des besoins des païens et du fait qu’eux aussi étaient des candidats potentiels au royaume des cieux. La retraite en Phénicie offrait une excellente occasion pour un tel enseignement (voir DA
400). Jésus n’accomplit qu’un seul miracle au cours de cette visite en Phénicie. Cette visite n’était toutefois manifestement pas un voyage missionnaire au sens où l’avaient été les trois tournées en Galilée, car dès son arrivée Jésus se retira à l’écart et prévoyait de garder secrète sa présence en ce lieu (voir Marc 7:24). Contrées. Gr. merē, « district », « division » ou « région ». Jésus se retira dans les collines de la région frontalière entre la Galilée et la Phénicie (voir DA 399), d’où il pouvait voir les villes de Tyr et de Sidon, distantes de 23 mi (env. 37 km), dans la plaine côtière en contrebas. La région appartenait à la province romaine de Syrie (voir vol. II, p. 69). Tyr et Sidon. Voir vol. I, p. 128 ; vol. II, p. 67, 68 ; voir le commentaire sur Gen. 10:15. Pendant des siècles avant l’arrivée des Romains, les Phéniciens avaient été les chefs commerciaux du monde. 22. Une femme de Canaan. Les Phéniciens appartenaient à l’ancienne race cananéenne ; en fait, ils s’appelaient eux-mêmes Cananéens (voir le commentaire sur Gen. 10:6, 18). Ce sont les Grecs qui les appelèrent Phéniciens, apparemment d’après le nom d’une teinture pourpre (Gr. phoinix) que les premiers achetaient aux seconds aux débuts du commerce phénicien dans la région de la mer Égée (voir vol. II, p. 68). Les Cananéens étaient d’ascendance chamitique, mais, dès le début de leur résidence dans le pays de Palestine, ils adoptèrent la langue sémitique et assimilèrent tant de culture sémitique que l’on crut longtemps qu’ils étaient d’origine sémitique. Les Juifs étaient sémitiques, et il existait de grandes similitudes de langue et de caractéristiques culturelles générales entre les peuples hébreu et cananéen. C’était la quatrième occasion rapportée dans les Évangiles où Jésus avait exercé son ministère auprès de non-Juifs. La première eut lieu à Sychar, en Samarie (Jean 4:5–42), la deuxième à Capernaüm (Luc 7:1–10), et la troisième, dans les environs de Gergésa (Marc 5:1–20). Les Samaritains étaient, bien sûr, en partie juifs, et bien que le ministère de Jésus en leur faveur n’eût pas été considéré avec approbation, il ne lui aurait pas attiré le blâme que lui aurait valu une œuvre en faveur de païens avérés. Le centurion était favorable aux Juifs et croyait qu’ils détenaient la vraie religion. Le miracle que Christ accomplit pour lui était conforme à la demande des dirigeants juifs eux-mêmes. La guérison des démoniaques de Gergésa ne pouvait être interprétée par les Juifs comme un contact intentionnel de la part de Christ avec les païens. Ils pouvaient plutôt la considérer comme une situation d’urgence imposée à Christ, dans laquelle, en un sens, il chassa les démons en état de légitime défense. En outre, il refusa de permettre aux hommes délivrés des démons de s’associer à lui comme disciples. Même maintenant, avec la femme de Phénicie, Jésus ne travaillait pas ouvertement pour les habitants de la région (voir Marc 7:24). Elle vint à lui et lui imposa sa demande. Les relations de Christ avec les non-Juifs de Palestine étaient accessoires à son ministère en faveur des « brebis perdues de la maison d’Israël » (Matth. 15:24). Si son travail en faveur du peuple choisi devait connaître quelque mesure de succès, il était nécessaire qu’il se conforme, extérieurement du moins, à la coutume, afin que les dirigeants juifs n’aient aucune raison de l’accuser d’abattre les barrières qu’ils avaient érigées contre les Gentils, aussi erronées que fussent ces barrières à bien des égards (voir vol. IV, p. 28-33). Autrement, il aurait détruit son influence auprès même du peuple pour lequel il était venu œuvrer. Aujourd’hui, les ouvriers chrétiens doivent considérer tous les hommes comme leurs égaux devant Dieu et se rappeler que « Dieu ne fait pas de favoritisme » (Actes 10:34). Contrées. Gr. horia, « frontières », ici une région délimitée par des frontières (voir la note sur le v. 21). Jésus se trouvait dans la région de Tyr et de Sidon, la femme était de la région de Tyr et de Sidon, et
l’incident rapporté ici se produisit dans cette même région. Lorsque la femme trouva Jésus, elle « se jeta à ses pieds » (Marc 7:25), se prosternant devant lui dans la posture orientale habituelle adoptée par une personne présentant une requête à un supérieur (voir la note sur Matth. 4:9; 8:2). Aie pitié. Gr. eleeō (voir la note sur le chap. 5:7). Fils de David. Voir la note sur le chap. 1:1. Qu’une femme païenne s’adresse à Jésus par ce titre, qui impliquait qu’elle le reconnaissait comme le Messie, est surprenant. De nombreux Juifs vivaient en Phénicie et, parmi eux, la nouvelle des œuvres merveilleuses de Jésus circulait depuis longtemps (voir Marc 3:8; Luc 6:17). C’est apparemment par l’intermédiaire de ces Juifs résidant en Phénicie que la femme avait entendu parler de Jésus (voir JC 400). Cruellement tourmentée par un démon. Littéralement, « fortement démonisée », ou, plus librement, « sévèrement possédée par un démon » (voir la note supplémentaire sur Marc 1). 23. Pas un mot. Le but de Christ était d’enseigner aux disciples une leçon sur le travail en faveur des non-Juifs, et il le fit en mettant en scène le contraste entre l’attitude juive habituelle et la sienne (voir la note sur le v. 21). Le rabbin juif typique aurait fait exactement ce que les disciples proposaient : la renvoyer sans même répondre directement à sa demande. La bienveillance avec laquelle Jésus lui-même considérait les Gentils, comme pouvant bénéficier des privilèges du royaume des cieux, ressort clairement de ce qu’il avait dit à leur sujet (voir Luc 4:26, 27), ainsi que de ce qu’il avait fait pour eux à des occasions précédentes. Jésus ne partageait en aucune manière l’exclusivisme étroit que les Juifs éprouvaient envers les Gentils (voir la note sur Matth. 15:22, 26). Ses disciples vinrent. Ils n’appréciaient pas la publicité suscitée par les appels passionnés de cette femme gentile, qu’ils considéraient comme ne valant pas mieux qu’un chien (voir la note sur le chap. 10:5). Non seulement c’était une étrangère ; c’était une femme. Et de plus, c’était une étrangère. Il n’y avait encore aucune place, dans leur conception de la mission évangélique, pour des femmes étrangères inconnues. 24. Je ne suis pas envoyé. Voir la note sur le v. 21. Autrement dit, Jésus était envoyé principalement vers les Juifs, bien que, lorsque l’occasion se présentait, il ne refusât pas aux Gentils les bénédictions qu’il accordait à son propre peuple (voir vol. IV, p. 26-30). Ce n’est que de nombreuses années après l’ascension de Christ au ciel que les chrétiens juifs comprirent pleinement que Dieu considérait tous les hommes, partout, comme pouvant devenir citoyens du royaume des cieux (voir Actes 9:9–18, 32– 35; 10:1–48; 15:1–29; Rom. 1:16; 9:24; etc.). Brebis perdues. Voir la note sur le chap. 10:6. 25. Adora. Littéralement, « se prosterna » (voir la note sur le chap. 8:2). Cette posture orientale typique de supplication pouvait être adoptée devant des objets de culte, ou même devant des hommes, particulièrement devant des supérieurs dont on recherchait la faveur (voir la note sur Esther 3:2). L’emploi par cette femme du titre messianique « fils de David » (voir la note sur Matth. 1:1; 15:22) implique qu’elle avait au moins une vague idée de la véritable identité de Jésus. On ne sait pas clairement si elle employait ce terme simplement parce que ses voisins juifs l’avaient utilisé en parlant des œuvres merveilleuses du Christ, ou s’il exprimait de sa part une certaine croyance que Jésus était le Messie. 26. Ce n’est pas convenable. C’est-à-dire que ce n’est ni approprié, ni juste, ni bon. Le Christ exprime ici l’attitude juive caractéristique selon laquelle les païens étaient indignes des bénédictions du ciel. Le pain. C’est-à-dire le « pain » du salut (voir John 6:32) que Dieu avait confié aux Juifs, ses « enfants », pour qu’ils le distribuent aux païens, mais que les Juifs égoïstement gardaient pour eux-mêmes (voir COL 291–293).
Les chiens. Gr. kunaria, « petits chiens », terme employé ici pour désigner les païens (voir la note sur le ch. 7:6). Les Juifs estimaient que les bénédictions du salut seraient gaspillées si elles étaient accordées aux païens qui, selon leur opinion, n’avaient pas la capacité d’apprécier ces bénédictions ni d’en tirer profit. L’attitude de dédain que le Christ semblait adopter envers cette femme aurait pu la décourager, mais il avait sans aucun doute confiance que sa foi ne faillirait pas (voir 1 Cor. 10:13). Elle semblait certaine que le Christ pouvait exaucer le désir de son cœur s’il le voulait seulement (voir la note sur Mark 1:40). L’orgueil et les préjugés ne signifiaient rien pour elle, et elle ne les laisserait pas l’arrêter. Sa foi et sa persévérance sont vraiment dignes d’éloges. 27. C’est vrai, Seigneur. Ou : « Oui, Seigneur. » Derrière l’indifférence feinte de Jésus à son appel fervent (voir la note sur les v. 15:23, 26), elle discerna apparemment la tendre compassion qui coulait en courants inépuisables de son grand cœur rempli d’amour. Le simple fait qu’il daigne discuter de la question avec elle — au lieu de la congédier brusquement, comme les rabbins l’auraient fait — lui donna manifestement le courage de croire qu’il accéderait à sa demande. Sa voix ne portait aucune trace d’impatience, et son visage ne révélait que la dignité sereine et la tendresse infinie qui marquaient toujours ses traits. Les miettes. Gr. psichia, forme diminutive signifiant « petits morceaux » ou « miettes ». Même les « petits chiens » (voir la note sur le v. 26) ont droit aux « petits morceaux » que leurs maîtres leur jettent. Cette femme remarquable est prête à accepter tout niveau d’humanité que le Christ pourrait lui attribuer, sans même discuter ce point, s’il veut seulement accéder à sa requête. Comparez la persévérance du lépreux face à de grands obstacles (voir la note sur Mark 1:40– 45). 28. Grande est ta foi. Elle a réussi l’épreuve ; sa foi demeure ferme. Elle est certaine que le Christ a le pouvoir d’accorder la santé à sa fille. Comparez les éloges du Christ envers le centurion (voir la note sur Luke 7:9). À cette même heure. Comme le fils de l’officier royal (voir John 4:43–54) et le serviteur du centurion (voir Luke 7:1–10), la fille de la femme cananéenne fut guérie à distance, et non en la présence immédiate du Christ ; comme dans chacun des autres cas, la guérison fut immédiate et complète. 29. Jésus partit de là. [Un sourd-muet guéri ; autres miracles dans la Décapole, Matt. 15:29–31=Mark 7:31–37. Commentaire principal : Marc.] 30. Les jetèrent à ses pieds. Non pas de manière brutale, mais apparemment comme un geste définitif. Ils confièrent les malades et les souffrants à sa miséricorde. 32. Appela ses disciples. [La multiplication des pains pour les quatre mille, Matt. 15:32–39=Mark 8:1–10. Commentaire principal : Matthieu. Voir Retrait du ministère public ; Le ministère de notre Seigneur ; sur les miracles, p. 208–213.] Pour les événements qui précèdent immédiatement celui-ci, voir la note sur le v. 15:21. Pour le lieu de ce miracle, ainsi que pour un miracle antérieur dans la même région et le rapport entre les deux événements, voir la note sur Mark 5:1, 18–20. Pour une comparaison des deux événements, voir la Note supplémentaire à la fin du chapitre. L’époque se situait probablement au début de l’été de l’an 30 apr. J.-C., peut-être à la fin de juin ou au début de juillet. A compassion. Le Sauveur est toujours touché par les souffrances et les malheurs humains (Heb. 4:15). La foule. Principalement, sinon exclusivement, des païens (DA 405). D’abord prévenus contre Jésus, ils semblent maintenant non seulement amicaux, mais vivement intéressés par ce qu’il a à dire. Trois jours. Selon le calcul oriental, cela correspondrait à un jour entier, ainsi qu’à toute partie du jour précédent et du jour suivant (voir p. 248-250). Les gens avaient apporté de la nourriture pour au moins un jour, sinon deux, car Jésus ne s’inquiéta qu’au troisième jour.
Je ne veux pas. Littéralement : « Je ne le veux pas. » De peur qu’ils ne défaillent. Ils avaient faim, et Jésus se préoccupait de leur bien-être physique, comme il s’était préoccupé de leur bien-être spirituel. 33. Ses disciples disent. Comparez la note sur Mark 6:35–37. 34. Combien de pains ? Pour un commentaire sur la question parallèle au moment de la multiplication des pains pour les 5 000, et pour les « pains », voir la note sur Mark 6:38. Quelques petits poissons. Il n’y en avait pas beaucoup et, aux yeux des disciples, ils étaient si petits qu’ils ne valaient guère la peine d’être remarqués. 35. Le sol. Concernant le fait significatif qu’aucune herbe ne soit mentionnée, contrairement au récit de la multiplication des pains pour les 5 000, voir la Note supplémentaire à la fin du chapitre. 36. Rendit grâces. Voir la note sur Mark 6:41. 37. Ils mangèrent tous. Voir la note sur Mark 6:42. Morceaux de nourriture. Le mot « nourriture » est ajouté. Pour le mot traduit par « brisés », voir à Mark 6:43. Corbeilles. Gr. spurides, grandes corbeilles faites de cordes d’herbe ou de vannerie (voir à Mark 6:43). 38. Quatre mille hommes. Lors de la multiplication des 5 000, il y avait en tout plus de 10 000 personnes présentes, femmes et enfants compris (voir DA 809). Si la proportion était à peu près la même cette fois-ci, il y aurait eu plus de 8 000 personnes, hommes, femmes et enfants compris. 39. Magdala. Les preuves textuelles favorisent (cf. p. 146) la leçon Magadan. Marc a Dalmanutha (ch. 8:10). Il se peut qu’il y ait eu plusieurs noms variantes. La plupart des autorités modernes privilégient l’orthographe Magdala et l’identifient provisoirement à Mejdel, sur la rive occidentale, entre Capernaüm et Tibériade. Les ruines de Mejdel se trouvent près de la limite sud de la plaine de Génésareth. NOTE ADDITIONNELLE SUR LE CHAPITRE 15 Les critiques ont souvent prétendu que la multiplication des pains pour les 4 000 n’était pas un événement distinct de celle des 5 000. Ils soulignent les nombreux détails similaires et, en particulier, l’attitude des disciples lorsque Christ proposa de nourrir une si grande foule dans une région peu peuplée. Cependant, de nombreux autres détails indiquent deux événements similaires, comme l’affirment les auteurs des Évangiles, plutôt que deux versions d’un seul événement originel, comme le prétendent les critiques. Les points de similitude peuvent être énumérés comme suit : (1) la région où le miracle s’est produit, la rive orientale ou nord-est de la Galilée ; (2) une grande foule de gens rassemblée sur le flanc d’une colline en pleine campagne pour écouter Jésus ; (3) le manque de nourriture et la compassion de Jésus à leur égard compte tenu de cette situation ; (4) Jésus s’entretenant avec ses disciples, ce qui implique qu’ils devaient prendre l’initiative de fournir de la nourriture ; (5) la réponse incrédule des disciples et la question de Jésus au sujet des provisions disponibles ; (6) la foule assise par terre ; (7) la bénédiction, la rupture et la distribution des pains et des poissons ; (8) la quantité de nourriture restante ; (9) le renvoi de la multitude ; (10) le retour sur la rive occidentale du lac. Les points de dissemblance sont les suivants : (1) dans un cas, l’arrivée par mer ; dans l’autre, par terre, comme l’implique le contexte ; (2) dans un cas, près de Bethsaïda Julias ; dans l’autre, probablement plus au sud, près de Gergésa ; (3) dans un cas, des Juifs en route pour assister à la Pâque (DA 364) ; dans l’autre, des païens vivant dans la région (DA 404) ; (4) dans un cas, un enseignement d’une journée ; dans l’
autre, un enseignement de trois jours ; (5) les circonstances qui ont conduit Jésus dans la région : dans un cas, être seul avec ses disciples ; dans l’autre, Jésus se trouvait déjà dans la région et guérissait des gens ; (6) le moment : dans un cas, immédiatement après la troisième tournée en Galilée ; dans l’autre, après un voyage en Phénicie ; (7) dans un cas, la foule s’était assemblée spontanément et n’avait pas apporté de provisions ; dans l’autre, la foule avait apparemment des provisions pour un jour ou deux et s’était donc rassemblée selon un plan préétabli ; (8) dans un cas, 5 000 ; dans l’autre, 4 000 ; (9) dans un cas, les disciples exposent le problème et proposent de renvoyer les foules chez elles ; dans l’autre, Jésus expose le problème, laissant entendre que les disciples ont le devoir de faire quelque chose à ce sujet ; (10) dans un cas, l’herbe était verte ; dans l’autre, aucune mention de l’herbe ; (11) dans un cas, une disposition ordonnée des places est décrite ; dans l’autre, aucune mention de la manière dont les gens étaient assis ; (12) le type de paniers utilisés pour recueillir le surplus : dans un cas, kophinoi ; dans l’autre, spurides ; (13) la quantité recueillie : dans un cas, 12 kophinoi ; dans l’autre, 7 spurides ; (14) dans un cas, Jésus envoie les disciples en avant de l’autre côté du lac et se retire dans les collines pour prier ; dans l’autre, il les accompagne ; (15) la destination : dans un cas, Capernaüm ou Génésareth ; dans l’autre, Magdala ; (16) dans un cas, suivi d’une tempête sur le lac ; dans l’autre, aucune mention d’une traversée agitée ; (17) dans un cas, ce qui avait motivé la foule à se rassembler était que certains avaient vu Jésus partir ; dans l’autre, certains venaient de très loin et n’auraient pas su qu’il y avait un rassemblement ou n’auraient pas pu l’atteindre, sauf dans le cadre d’un plan préalable. Le caractère accessoire de plusieurs points de différence exclut une origine commune aux deux récits ou toute intention de la part des auteurs des Évangiles de faire deux histoires à partir d’un seul récit originel. Il faut également noter que les points de similitude sont pour la plupart de nature générale, tandis que les points de dissemblance concernent principalement des détails précis. De plus, les points de différence sont plus nombreux que les points de similitude. Quelques-uns des points de différence les plus significatifs méritent une attention particulière : 1. Lors de la multiplication des 5 000, il y avait beaucoup d’herbe verte («Matt. 14:19; Mark 6:39; John 6:10), tandis qu’avec les 4 000 aucun des deux auteurs des Évangiles ne mentionne l’herbe. Le premier miracle s’est produit quelques jours avant la Pâque, et donc probablement dans la dernière partie de mars ou au début d’avril de l’an 30 (voir à Mark 6:30). En Palestine, les dernières pluies notables tombent en mars et, en règle générale, l’herbe se dessèche avec l’arrivée de la saison sèche quelques semaines plus tard (voir vol. II, p. 110). Matthieu et Marc rapportent également des faits qui, replacés dans leur contexte, exigent qu’au moins plusieurs semaines se soient écoulées entre les deux miracles (voir sur Marc 7:1; Matthieu 15:21). Au moment du second miracle, l’herbe aurait été brune et sèche. Ces deux détails indépendants et accessoires des deux récits tendent à se confirmer mutuellement, alors que, si l’inverse avait été vrai — si de l’herbe verte avait été mentionnée dans le second cas mais non dans le premier — il semblerait y avoir une divergence.