Seventh-day Adventist Bible Commentary1 Jean 1

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

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Introduction

Œuvres littéraires de Jean

Événements ayant conduit à la rédaction des œuvres littéraires de Jean Évangile : épîtres, Apocalypse Rédigés vers la fin du Ier siècle apr. J.-C., pendant d’intenses persécutions contre les chrétiens Première épître générale de JEAN INTRODUCTION 1. Titre. Dans les manuscrits grecs les plus anciens, le titre de cette épître est simplement Iōannou A, littéralement « De Jean, I », c’est-à-dire la première (épître) de Jean. Il est impossible de savoir si c’était la première épître pastorale jamais écrite par Jean, mais c’est la première de celles qui ont été conservées par l’Église chrétienne. 2. Auteur. Dans aucune des épîtres du NT attribuées à Jean, l’auteur ne s’identifie lui-même. Néanmoins, il existe une si grande similitude entre la première épître et l’Évangile de Jean que la plupart des spécialistes acceptent l’auteur commun des deux ouvrages. Si nous considérons que le quatrième Évangile a été écrit par le disciple bien-aimé («Jean 21:20–24), identifié comme l’apôtre Jean, fils de Zébédée (voir vol. V, p. 179–181, 891, 892), nous avons de bonnes raisons de considérer qu’il est également l’auteur de la première épître portant le nom de Jean. Une relation similaire unit la première épître à la deuxième, et la deuxième à la troisième. Voici quelques-unes des similitudes remarquables de formulation entre cette épître et l’Évangile : L’Épître L’Évangile

« Que votre joie soit complète » « Que votre joie soit complète » (16:24). (1:4). « Nous avons un avocat » « Je vous donnerai un autre Consolateur [Avocat] » (2:1). (14:16). « Nous le connaissons, si nous gardons ses commandements » « Si vous m’aimez, gardez mes commandements » (14:15). (2:3). « Je vous écris un commandement nouveau » « Je vous donne un commandement nouveau » (13:34). (2:8). « La vraie lumière brille maintenant » « La vraie Lumière, qui éclaire » (1:9). (2:8). « Il ne sait pas où il va » « Il ne sait pas où il va » (12:35). (2:11). « Demeure éternellement » (2:17). « Demeure [pour] toujours » (8:35). « Quiconque renie le Fils n’a pas non plus le Père » « Celui qui me hait hait aussi mon Père » (15:23). (2:23). « La même onction vous enseigne toutes choses » « Il vous enseignera toutes choses » (14:26). (2:27). « Que nous nous aimions les uns les autres » « Que vous vous aimiez les uns les autres » (15:12). (3:11). « Nous sommes passés de la mort à la vie » « Est passé de la mort à la vie » (5:24). (3:14). « Que nous fassions ce qui est agréable à ses yeux » « Je fais toujours ce qui lui plaît » (8:29). (3:22). « L’esprit de vérité » (4:6). « L’Esprit de vérité » (14:17). « Dieu a envoyé son Fils unique » « Il a donné son Fils unique » (3:16). (4:9). « Cette vie est dans son Fils » « En lui était la vie » (1:4). (5:11). En grec, les parallélismes de formulation et de construction sont souvent plus frappants qu’en anglais, mais la liste ci-dessus donne au lecteur anglophone un échantillon représentatif de ces similitudes. Outre les parallèles presque exacts dans la formulation, il existe de nombreuses autres similitudes facilement perceptibles entre l’épître et l’Évangile. Tous deux commencent brusquement, sans aucune introduction épistolaire formelle, l’un par « Ce qui était dès le commencement… la Parole de vie », l’autre par « Au commencement était la Parole ». On relève une étroite ressemblance dans le style, le vocabulaire, l’ordre des mots, l’emploi des prépositions, la construction grammaticale et l’association des contraires, tels que les ténèbres et la lumière, la mort et la vie, la haine et l’amour, ce qui constitue une caractéristique nettement johannique. Bien que la différence de but et de longueur des deux livres permette une grande divergence, leur sujet est si similaire que l’épître peut servir de résumé des thèmes dominants de l’Évangile.

Les différences entre les deux écrits ne doivent pas être ignorées, mais peuvent s’expliquer par divers facteurs, tels que des objectifs différents, des dates de composition différentes, l’âge avancé d’un même auteur et les différences naturelles qui existent dans tous les ouvrages dont on sait qu’ils proviennent de la même plume. L’épître semble avoir été écrite spontanément comme une lettre pastorale, tandis que l’Évangile témoigne d’une longue et profonde méditation sur l’incarnation de la Parole de Dieu. Pour exprimer la même observation autrement, l’objectif de l’épître est limité, tandis que celui de l’Évangile est vaste. Néanmoins, un fil conducteur traverse les deux œuvres et peut être perçu même par le lecteur non initié. Cependant, l’opinion des spécialistes reste partagée sur la question de la paternité. Une partie de la réticence à accepter l’apôtre Jean comme auteur de l’épître peut être due à un doute inconsciemment guidé par ce que l’on souhaite croire. Le chrétien conservateur peut déclarer à juste titre qu’il dispose de raisons suffisantes pour considérer Jean, le disciple bien-aimé, comme l’auteur de cette épître. Pour une discussion récente du problème, voir A. P. Salom, « Some Aspects of the Grammatical Style of 1 John », Journal of Biblical Literature, LXXIV, Part II, juin 1955. 3. Contexte historique. Puisque l’épître ne contient aucune référence précise à l’auteur, aux personnes auxquelles la lettre est adressée, au lieu depuis lequel elle a été écrite ni à la date de sa rédaction, les conclusions relatives à son contexte historique doivent être déduites d’indices internes. Ces indices doivent être étroitement mis en relation avec les conclusions admises concernant la paternité et la date du quatrième Évangile. Puisque ce commentaire privilégie une paternité johannique commune de l’Évangile et de l’épître, la question principale concerne la priorité — lequel a été écrit en premier, l’Évangile ou l’épître ? Aucune conclusion définitive n’est possible, et l’opinion des spécialistes s’est rangée des deux côtés. Mais il est difficile de nier que l’épître présuppose et s’appuie sur un arrière-plan de connaissances chrétiennes tel qu’on en trouve dans l’Évangile de Jean. Si l’on accorde à ce point un poids décisif, il apparaît alors que l’épître a été écrite après l’Évangile et peut être considérée comme un post-scriptum à celui-ci. À l’inverse, on reconnaîtra volontiers qu’avant même de consigner par écrit ses souvenirs et ses profondes méditations, l’apôtre avait réfléchi à une grande partie du contenu de son Évangile et l’avait enseignée à son troupeau. Il est donc possible que l’épître ait précédé la rédaction de l’Évangile. Au vu de ces considérations et d’autres considérations plus techniques, il apparaît qu’il est impossible, à partir des indices internes, de parvenir à une conclusion ferme quant à la datation relative des deux œuvres. Il est toutefois clair que l’épître a été écrite par un homme âgé qui pouvait à juste titre s’adresser à ses convertis en les appelant « petits enfants » (chs. 2:1, 12, 18, 28; 3:7, 18; 4:4; 5:21). La destination de la lettre n’est pas précisée, mais elle s’adresse manifestement à un groupe connu de chrétiens avec lesquels l’auteur vénéré avait personnellement des relations. Aucune raison concluante n’a encore été avancée pour rejeter la tradition largement répandue selon laquelle elle aurait été écrite par Jean, dans sa vieillesse, à des croyants Éphèse, ou du moins en Asie Mineure, où il avait exercé son ministère. La date de rédaction se situe probablement durant la première moitié des années 90 du Ier siècle apr. J.-C. (voir vol. V, p. 892; vol. VI, p. 35, 36). Des indices de l’existence de l’épître apparaissent très tôt au IIe siècle. Polycarpe, qui aurait personnellement connu plusieurs des apôtres, emploie des paroles qui font étroitement écho à1 Jean 4:3 (L’Épître de Polycarpe aux Philippiens vii, vers 115 apr. J.-C.); et Eusèbe affirme que Papias (vers 150 apr. J.-C.) « a utilisé des témoignages de la première [précédente] épître de Jean » (Histoire ecclésiastique iii. 24). Irénée (vers 200 apr. J.-C.) identifie plusieurs versets

qu’il cite comme provenant de la première et de la deuxième épîtres de Jean (Irénée, Contre les hérésies iii. 16. 5, 8), ainsi que le Fragment muratorien, vers 170 apr. J.-C. ; voir vol. V, p. 127) inclut non seulement les première et deuxième épîtres dans son canon, mais les attribue à l’apôtre Jean. La première épître bénéficie ainsi d’une attestation ancienne et fiable, et sa place dans le canon est fermement établie. 4. Thème. Le but principal de l’épître est pastoral. Jean écrit avec affection à ses enfants spirituels afin qu’ils soient mieux à même de vivre la vie chrétienne. Le thème majeur de la lettre est l’amour. L’ensemble forme une exhortation simple, mais profondément spirituelle. Dieu est amour (ch. 4:8) ; l’amour vient de Dieu (v. 7) ; Dieu nous a aimés et a envoyé son Fils ; nous devons donc nous aimer aussi les uns les autres (vv. 10, 11). Mais ces thèmes élevés sont présentés sur fond d’opposition, ce qui confère à l’épître un objectif aussi bien polémique que pastoral. Il est clair que des hérésies avaient troublé l’Église et que de faux docteurs issus de son sein avaient tenté de subvertir la foi (ch. 2:18, 19). Bien qu’ils eussent quitté l’Église, leur influence persistait et menaçait de causer de nouveaux dommages. Jean écrit pour contrecarrer ce danger, affermir chez les membres l’attachement aux vérités essentielles de la doctrine chrétienne et rendre la vérité si attrayante que les disciples du Christ ne seront pas entraînés dans l’erreur. L’hérésie fondamentale à laquelle Jean s’oppose a été identifiée comme une sorte de proto-gnosticisme, qui enseignait une fausse gnōsis, c’est-à-dire une fausse connaissance (voir vol. V, pp. 892, 893 ; vol. VI, pp. 54–58). D’après les accents mis en évidence dans l’épître, il semble que l’opposition provenait de deux formes principales de gnosticisme, le docétisme et le cérinthianisme, qui professaient tous deux une hérésie concernant la nature du Christ. Le docétisme niait la réalité de l’incarnation et enseignait que le Christ semblait seulement posséder un corps humain (voir vol. V, pp. 912, 913 ; vol. VI, p. 58). La seconde hérésie tirait son origine de l’un des contemporains de Jean, Cérinthe, qui, après avoir été formé en Égypte, enseigna en Asie Mineure et propagea des doctrines judaïsantes. Il soutenait que Jésus était le fils naturel de Joseph et de Marie, et que le Christ était entré dans le corps de Jésus lors de son baptême et s’en était retiré avant la crucifixion (voir vol. VI, pp. 36, 57). Jean décrit de manière frappante les auteurs et les partisans de ces hérésies comme des « antichrists » (chs. 2:18, 22 ; 4:3) et des « faux prophètes » (ch. 4:1). Pour combattre ces erreurs, il insiste sur la réalité de la nature humaine visible du Christ durant l’incarnation (ch. 1:1–3), sur le fait qu’il est bien venu dans la chair (ch. 4:2) et sur le fait que les croyants peuvent jouir de cette véritable connaissance (ch. 5:20), par opposition à la fausse gnōsis. Ces premières controverses revêtent une importance pour les temps modernes, où la divinité du Christ est si largement remise en question. L’étude de cette épître orientera le lecteur vers l’incarnation et le confrontera à une vision exaltée du Fils de Dieu, qui a été envoyé pour être la propitiation pour les péchés du monde entier. 5. Plan. I. Introduction, 1:1–4. A. Déclaration d’une connaissance personnelle du Christ, la Parole de vie, 1:1–3a. B. But de la rédaction de l’épître, 1:3b–4. 1. Favoriser la communion avec les chrétiens, Dieu et le Christ, 1:3b. 2. Apporter une plénitude de joie, 1:4. II. Les exigences de la communion avec Dieu et avec l’homme, 1:5–10. A. Marcher dans la lumière, 1:5–7. B. Confession du péché, 1:8–10. III. Exhortation à une vie sans péché, 2:1–28.

A. Le Christ, l’avocat, la propitiation pour le péché, 2:1, 2. B. Marcher comme il a marché, 2:3–6. C. Le commandement nouveau, 2:7–11. D. Appels personnels aux enfants spirituels, 2:12–28. 1. Raisons de la rédaction, 2:12–14. 2. N’aimez pas le monde, 2:15–17. 3. Prenez garde aux antichrists et à leurs hérésies, 2:18–26. 4. Demeurez dans le Christ pour vous préparer à sa venue, 2:27, 28. IV. Les fils de Dieu opposés aux enfants du diable, 2:29 à 3:24. A. La justice des fils de Dieu, 2:29 à 3:7. B. Celui qui pèche est du diable, 3:8, 9. C. Celui qui n’aime pas son frère est du diable, 3:10–18. D. Dieu assure ses enfants du salut, 3:19–24. V. La vérité, l’amour et la foi sont essentiels à la communion, 4:1 à 5:12. A. L’esprit de vérité et l’esprit d’erreur, 4:1–6. B. L’amour vient de Dieu, car Dieu est amour, 4:7–21. C. La foi apporte la victoire et la vie, 5:1–12. VI. Conclusion, 5:13–21. A. Reformulation du but, 5:13. B. Exhortation à être sans péché, 5:14–17. C. Encouragement final à connaître Dieu et son Fils, 5:18–21.

1 Jean 1:1

1. Ce qui était. Cette phrase d'ouverture de l'épître peut être interprétée de deux manières, car le pronom traduit par "ce qui"(ho) est neutre et peut se référer à : (1) le témoignage concernant la révélation de la Parole de vie, ou (2) la Parole de vie (le Christ) elle-même. L'usage johannique rend la seconde interprétation la plus probable(cf. Jean 4,22; 6,37, où les pronoms neutres se réfèrent à des personnes). Pour un commentaire sur le verbe "était"(Än), voir sur Jean 1:1

Dès le début. Jean commence son Évangile par les mots "au commencement ", mais sa première épître par "dès le commencement ", ce qui est significatif. Dans l'Évangile, il souligne que le Verbe existait déjà au moment du "commencement" ; ici, il se contente d'établir que le Verbe existe depuis le "commencement". L'Évangile regarde le commencement et avant ; l'épître regarde le commencement et après. Une interprétation plus limitée est également possible en rapportant la phrase au début de l'ère chrétienne(cf. sur le ch. 2,7), mais la comparaison avec Jean 1,1-3 donne peu de soutien à une telle limitation ici. Pour une discussion sur le "commencement", voir sur Jean 1:1

Que nous avons entendu. En affirmant qu'il est sur le point d'écrire au sujet de Celui que lui et ses associés ont réellement entendu, Jean conteste les affirmations de ceux qui nient la réalité de l'incarnation. Il établit ainsi les fondements de son autorité et de son appel aux lecteurs. Qui peut douter qu'il devait avoir de précieux souvenirs dans son esprit lorsqu'il pensait à la voix bien-aimée qu'il avait écoutée avec tant d'ardeur, il y a longtemps, en Palestine ! Le "nous" de ces premiers versets peut être interprété comme une référence éditoriale ou comme une référence à Jean et à ses associés(cf. ch. 4, 6). L'emploi du parfait, " ont entendu ", suggère que les souvenirs sont encore présents dans sa mémoire

Ce que nous avons vu. Le commentaire ci-dessus sur " ce que nous avons entendu " s'applique également ici. Le verbe traduit ici par "avoir vu"(horaÅÂ) signifie l'acte physique de voir avec les yeux. Pour qu'il n'y ait aucun doute sur la réalité de son expérience, l'auteur ajoute les mots sans équivoque : " avec nos yeux " Il ne laisse donc aucun doute sur le fait qu'il a effectivement vu " la Parole "

Ont regardé. Gr. theaomai, "regarder attentivement", "contempler", le même verbe qui est traduit par "contempler" en Jean 1:14, où le sujet est le même - la contemplation de la Parole incarnée. Ici, cependant, la forme du verbe indique une action achevée, au lieu d'une action passée dont les résultats se poursuivent dans le présent, comme dans Jean 1:14. Il est naturel d'interpréter ces mots et ceux qui suivent comme une référence au fait que les apôtres ont été témoins des scènes historiques de la vie terrestre du Christ

Avoir manipulé. Gr. psÄlaphaÅÂ,"tâtonner", "sentir", "examiner de près", "manipuler", de psaÅÂ,"toucher" (voir sur Actes 17:27). Le même verbe apparaît dans Luc 24:39 (voir le commentaire à ce sujet), où Jésus invite Thomas à le manipuler. Jean peut se référer particulièrement à cet événement et peut-être à d'autres événements similaires. Il serait difficile de concevoir une manière plus claire d'affirmer que l'écrivain et son groupe ont eu une connaissance personnelle du Verbe fait chair, et donc de réfuter les diverses hérésies concernant l'irréalité de l'existence terrestre du Christ (voir p. 625, 626)

De la Parole. L'apôtre ne prétend pas traiter de tous les aspects de la Parole, mais son épître énonce(v. 3) des vérités fondées sur une expérience personnelle(v. 1-3) de la Parole. Pour un commentaire sur "la Parole"(ho logos) voir sur Jean 1:1. L'utilisation du terme "Parole"(logos) pour désigner Jésus-Christ est propre au quatrième Évangile (Jean 1:1, 14), à la présente épître(ch. 1:1; 5:7) et à l'Apocalypse(Apoc. 19:13), ce qui confirme l'idée qu'ils ont un auteur commun

De la vie. Cette phrase peut être expliquée comme la Parole qui concerne la vie, ou la Parole qui donne la vie, les deux interprétations étant des descriptions valables du Sauveur



Ellen G. White


1-3. Témoignage inestimable de Jean.—[1 Jean 1:1-3 cité.] Ainsi Jean témoigne qu’il avait vu le Christ et qu’il avait été avec le Christ. Au début de l’histoire de l’Église chrétienne, l’ennemi tenta d’introduire des questions qui conduiraient au doute et à la dissension. À cette époque, le témoignage de Jean fut inestimable pour établir la foi des croyants. Il pouvait dire avec assurance : Je sais que le Christ a vécu sur cette terre ; et je peux témoigner de Ses paroles et de Ses œuvres (Manuscript 29, 1911).
1-10 (voir les commentaires d’EGW sur Apocalypse 1:9). Jean, serviteur âgé de Jésus—L’apôtre Jean est un exemple de la manière dont Dieu peut utiliser des ouvriers âgés. Lisez ses paroles émouvantes, écrites alors qu’il était un vieil homme. Qui aurait pu rendre un témoignage plus ferme et plus décidé ? [1 Jean 1:1-10; 2:1-5 cité.]
Dans sa vieillesse, Jean révéla la vie du Christ par sa propre vie. Il vécut presque cent ans et répéta maintes et maintes fois le récit du Sauveur crucifié et ressuscité. La persécution s’abattit sur les croyants, et ceux qui étaient jeunes dans la foi risquaient souvent de perdre leur attachement au Christ. Mais le vieux serviteur éprouvé de Jésus resta fermement attaché à sa foi (Manuscript 92, 1903).
Cela est représenté comme le sang qui pardonne, inséparablement lié à la résurrection et à la vie de notre Rédempteur, illustré par le courant intarissable qui procède du trône de Dieu, l’eau du fleuve de vie (Letter 87, 1894).
(1 Jean 1:1-10.) Les glorieuses vérités confiées à Jean—Souvent, les meilleurs hommes, ceux que Dieu utilise pour la gloire de Son nom, ne sont pas reconnus par la sagesse humaine, mais Dieu ne les oublie pas un seul instant. Lorsque Jean fut exilé sur l’île de Patmos, beaucoup pensaient qu’il n’était plus utile, un vieux roseau brisé prêt à tomber à tout moment. Mais le Seigneur jugea bon de l’utiliser dans cette demeure insulaire solitaire où Son serviteur était emprisonné. Le monde, ainsi que les prêtres et les dirigeants fanatiques, se réjouissaient d’être enfin débarrassés de son témoignage toujours renouvelé. [1 Jean 1:1-3 cité.]

1 Jean 1:2

2. Pour la vie. Le mot " vie " au v. 1 sert de base à l'examen plus approfondi de la " vie " au v. 2, qui est une parenthèse, une digression par rapport au courant principal de la pensée. La construction des phrases des v. 1 à 3 est compliquée, l'achèvement de la pensée étant en suspens jusqu'au v. 3, où l'auteur rassemble son argumentation en une conclusion globale. "La vie" se réfère principalement à l'aspect de l'être du Christ qui a été révélé dans son incarnation, et non à sa préexistence éternelle.

S'est manifesté. Gr. phaneroÅÂ,"faire connaître", "rendre visible", "manifester", "montrer". Jean utilise fréquemment phaneroÅÂ (neuf fois dans l'Évangile et six fois dans l'épître). Cette manifestation de la vie correspond à "le Verbe s'est fait chair" en Jean 1,14, et renvoie à l'incarnation vue par les habitants de la terre qui en ont contemplé la gloire.

Plusieurs des mots préférés de Jean apparaissent aux versets 1 à 3, bien que la KJV obscurcisse parfois l'identité du mot original. ArchÄ,"commencement", apparaît 23 fois dans ses écrits ; zÅÂÄ,"vie", 64 fois ; martureÅÂ,"témoigner", 47 fois.

Nous avons vu. L'apôtre n'avait pas seulement vu et entendu "au sujet" de la Parole de vie(v. 1), mais il avait aussi perçu sa signification en tant que "vie" (voir sur Jean 1:4).

Rendre témoignage. Jean ne se contente pas d'avoir vu le Christ ; il est poussé à "rendre témoignage" de ce qu'il a vu(cf. Ac 1,8).

Témoigner. Gr. apaggellÅÂ,"apporter des nouvelles", "proclamer", "déclarer", le même mot est traduit par "déclarer" au v. 3.

Cette vie éternelle. L'association du mot "vie" avec le mot "éternel" revient 23 fois dans les écrits de Jean. Il pense en termes d'éternité et souligne la nature éternelle de son Seigneur bien-aimé et de la vie qu'il s'attend à partager avec lui (voir sur Jean 3:16).

Avec le Père. Gr. pros ton patera (voir le commentaire sur " avec Dieu " en Jean 1,1). Le mot pros, " avec ", exprime la proximité du Verbe avec le Père et, en même temps, met en évidence sa personnalité distincte. Bien que Jean n'ait pas encore mentionné le Fils par son nom, son utilisation du titre " Père " implique la filiation de la Parole et prépare le terrain pour l'identification ouverte de la Parole comme Jésus-Christ en 1 1 Jean 1:3.

Il s'est manifesté à nous. L'auteur est rempli d'admiration lorsqu'il réalise le privilège qui lui a été accordé de voir celui qui était avec le Père depuis l'éternité. La splendeur de la révélation ne s'estompe jamais dans l'esprit de Jean. Au contraire, elle reste au centre de sa vision spirituelle(cf. Jean 1:14, 18).

1 Jean 1:3

3. Ce que nous avons vu. Une répétition rhétorique(vs. 1, 2) pour souligner et récapituler tout ce qui a été dit précédemment. L'importance de cette insistance sur la connaissance personnelle de Jésus par l'auteur ne peut être exagérée à la lumière de l'opposition de l'épître aux premières formes de gnosticisme (voir pp. 625, 626).

Déclarer. Voir plus haut sous le terme "montrer"(v. 2).

Communauté. Gr. koinÅÂnia (voir sur Actes 2:42). Le mot implique un partage mutuel, que le partenariat soit égal, comme entre frères, ou inégal, comme entre Dieu et nous(cf. Actes 2:42; 2 Cor. 8:4; Gal. 2:9; Phil. 2:1; etc.) En l'occurrence, l'apôtre souhaite que ses lecteurs partagent les mêmes bénédictions spirituelles dont il jouit grâce à la connaissance du Père et du Fils. L'un des principaux objectifs de l'épître est de permettre à d'autres personnes de participer à ce partenariat. Le mot "communion" est l'une des clés de voûte du premier chapitre. Celui qui connaît vraiment le Christ voudra toujours que d'autres partagent cette compagnie bénie : "A peine quelqu'un vient-il au Christ que naît dans son cœur le désir de faire connaître aux autres quel ami précieux il a trouvé en Jésus"(SC 78). Ceux qui travaillent ainsi pour les autres participeront à l'exaucement de la prière du Sauveur, "afin qu'ils soient un, comme nous [le Père et le Fils] sommes un"(Jean 17:22).

Notre communauté. Littéralement, "la communion, la nôtre", c'est-à-dire notre type de communion, la communion qui existe entre Jean et la Divinité. Le chrétien devient un lien entre le ciel et la terre. D'une main, il saisit sa connaissance de Dieu par le Christ, et de l'autre, il saisit ceux qui ne connaissent pas Dieu, établissant ainsi un lien vivant entre le Père et ses enfants égarés.

Son Fils Jésus-Christ. Ici, Jean identifie la Parole avec le Christ. Le double titre, " Jésus-Christ ", montre que Jean considère les aspects humains et divins de la vie du Fils (voir sur Matt. 1:1; Phil. 2:5cf. sur 1 Jean 3:23). La communion avec le Père n'est possible que par l'intermédiaire du Fils, qui est le seul à pouvoir révéler Dieu aux hommes(cf. sur Jean 1:18).

1 Jean 1:4

4. Ces choses. C'est-à-dire le contenu de l'épître, y compris ce qui a déjà été écrit dans les vs. 1-3, et ce que l'auteur a l'intention d'écrire dans le reste de la lettre.

A vous. Des preuves textuelles importantes peuvent être citées(cf. p. 10) en faveur de l'omission de cette phrase et de la lecture à sa place d'une forme emphatique du sujet du verbe en grec. La lecture qui en résulterait serait " et c'est ce que nous écrivons ".

Votre. Mais le contexte favorise la lecture de la KJV, car il est plus probable que Jean écrive pour apporter de la joie à ses lecteurs qu'à lui-même.

La joie. Le résultat naturel de la communion avec le Christ (voir sur Rom. 14:17).

Plein, ou "accompli". Jésus avait exprimé la même raison de dire " ces choses " à ses disciples(Jean 15.11), et les disciples bien-aimés pourraient bien se faire l'écho des paroles de leur Maître. L'accomplissement de la joie est un thème fréquent dans les écrits de Jean(Jean 3:29; 15:11; 16:24; 17:13; 2 Jean 12). La religion chrétienne est une religion heureuse (voir sur Jean 15:11).

Ainsi se termine la brève introduction à l'épître. Jean, qui a connu personnellement le Christ, désire partager sa connaissance avec ses lecteurs afin qu'ils puissent jouir de la même communion que lui avec le Père et le Fils. Pour exprimer ce désir d'amour, il affirme la divinité, l'éternité, l'incarnation et, par conséquent, l'humanité du Fils. Il transmet cette merveilleuse connaissance dans un langage simple mais emphatique, afin que les lecteurs, à son époque et à la nôtre, n'aient aucun doute quant au fondement de la foi chrétienne, à la nature et à l'œuvre de Jésus-Christ. Il répond ainsi efficacement à l'enseignement gnostique sans même mentionner l'hérésie.

1 Jean 1:5

5. Entendu de lui. Plutôt "entendu de lui", c'est-à-dire de Dieu, ou peut-être du Christ. Jean tient à préciser qu'il n'a pas inventé ou découvert le message qu'il s'apprête à transmettre à ses lecteurs, mais qu'il l'a reçu du Seigneur, que ce soit directement du Christ ou par révélation.

Déclarer. Gr. anaggellÅÂ," annoncer ", " faire connaître ", " divulguer ", un mot différent de celui utilisé aux versets 2 et 3(apaggellÅÂ) pour " montrer " et " déclarer "." AnaggellÅÂ suggère de faireremonter la nouvelle jusqu'au destinataire, alors qu'apaggellÅÂ met l'accent sur la source de la nouvelle, c'est-à-dire sur la personne d 'où elle vient.

Dieu est lumière. L'absence d'article en grec devant le mot " lumière " précise que la " lumière " est un aspect, ou une qualité, de la nature de Dieu(cf. ch. 4:8). Comparez la lumière comme attribut du Christ en Jean 1.7-9.

Dans la Bible, la lumière est étroitement associée à la divinité. Lorsque le Seigneur a mis la main à la création, la lumière a été le premier élément à être amené à l'existence(Gen. 1:3). Les manifestations divines sont généralement accompagnées d'une gloire ineffable(Ex. 19:16-18; Deut. 33:2; Isa. 33:14; Hab. 3:3-5; Heb. 12:29; etc.). Dieu est décrit comme la "lumière éternelle"(Esaïe 60:19, 20) et comme demeurant "dans la lumière dont nul ne peut s'approcher"(1 Tim. 6:16). Ces manifestations physiques symbolisent la pureté morale et la sainteté parfaite qui caractérisent le caractère de Dieu (voir le commentaire sur la "gloire"[doxa], Jean 1:14; Rom. 3:23; 1 Cor. 11:7).

L'une des qualités les plus remarquables de la lumière est son pouvoir de dissiper les ténèbres. Sur le plan le plus élevé, le plan spirituel, Dieu présente cette qualité à un degré superlatif - les ténèbres du péché ne peuvent exister à ses yeux(Hab. 1:13).

En lui, il n'y a pas de ténèbres. Littéralement, "il n'y a pas de ténèbres en lui, pas une seule [ténèbres]", la double négation dénie catégoriquement la présence d'un quelconque élément de ténèbres dans la nature de Dieu. Il est typique de Jean de faire une déclaration catégorique telle que " Dieu est lumière ", puis de la renforcer par une négation du contraire(cf. vs. 6, 8; ch. 2:4; Jean 1:3, 20; 10:28). Il y a une raison immédiate à la déclaration emphatique de Jean. Selon la théorie gnostique, le bien et le mal sont des contreparties nécessaires l'une de l'autre, et tous deux proviennent de la même source divine - Dieu. Si, cependant, Dieu est totalement et entièrement "lumière", sans le moindre mélange de ténèbres, alors le gnosticisme (voir Vol. VI, p. 55) enseignait quelque chose de contraire à la nature de Dieu et devait être rejeté par ceux qui acceptent les paroles de l'apôtre.

Dans les écrits de Jean, les " ténèbres "(skotos ou skotia) sont l'antithèse de la " lumière ", de même que dans les épîtres de Paul, le péché est l'antithèse de la justice(Rom. 6:18, 19) et la " chair " de l'" Esprit "(ch. 8:1). Voir Jean 12:35, 46; voir sur Jean 1:5; 8:12.

1 Jean 1:6

6. Si nous disons. Pour se faire entendre de ceux qui ont besoin de ses conseils, l'apôtre adoucit certaines de ses réprimandes implicites en les rendant hypothétiques(cf. vs. 8, 10; etc.) et en s'incluant dans la déclaration. Il était sans doute conscient que beaucoup prétendaient être en communion avec le Père mais marchaient à l'encontre de sa volonté. Pourtant, il utilise un langage doux dans l'espoir de ne pas contrarier ses lecteurs

Avoir de la camaraderie. Voir sur v 3. La revendication de la communion avec Dieu doit être démontrée par ses résultats pratiques. Il y aura une vie à double facette - pensée et action, prière et travail (MH512). Pratiquer la présence de Dieu, c'est être conscient à tout moment de sa proximité par son Esprit Saint. Chaque pensée, chaque mot, chaque acte, reflète la conscience de Sa présence aimante et de Son œil qui voit tout. Nous avons appris à l'aimer. Nous savons qu'il nous a toujours aimés et nous sommes reconnaissants de sa sollicitude(Ps. 139:1-12; Jér. 31:3). Aussi naturellement qu'un enfant glisse avec confiance sa main dans celle de son père à l'approche d'un danger, et la garde même lorsque le danger est passé, ainsi l'enfant de Dieu marche avec son Père céleste. Telle est la véritable "communion avec lui"

Marcher. Gr. peripateÅÂ (voir sur Eph. 2:2Phil. 3:17)

Ténèbres. Gr. skotos (voir sur v 5). Rien ne peut s'épanouir dans les ténèbres, sauf certaines formes de vie inférieures qui tendent à rendre l'obscurité plus repoussante. La décomposition progresse rapidement en l'absence de la lumière qui donne la vie. Les yeux qui se sont habitués aux ténèbres perdent leur capacité à réagir à la lumière. Il en va de même pour l'âme : les ténèbres du péché empêchent la croissance spirituelle, et le péché continuel détruit la vue spirituelle. Pourtant, les hommes sont tellement attachés au péché qu'ils recherchent les ténèbres afin de pouvoir pécher plus efficacement(Jean 3:19, 20)

Nous mentons. Jean souligne l'hypocrisie de ceux qui professent suivre le chemin de la lumière mais qui marchent volontairement dans les ténèbres. Puisque Dieu est lumière(v. 5), tous ceux qui sont en communion avec lui doivent aussi marcher dans la lumière. Par conséquent, ceux qui prétendent être en communion avec le Père et qui marchent pourtant dans les ténèbres doivent mentir. Leurs prétentions à la communion avec Dieu prouvent au moins une certaine connaissance de la lumière, mais les ténèbres qui les entourent révèlent qu'ils sont soit tenus à l'écart de la lumière par ignorance, soit qu'ils s'en sont délibérément exclus

Ne pas faire la vérité. Une autre illustration de l'habitude de Jean de faire suivre une déclaration positive, " nous mentons ", par sa contrepartie négative, " ne pas faire la vérité " (voir le v 5). L'idée de "faire la vérité" est propre à Jean dans le NT (voir sur Jean 3:21; cf. sur ch. 8:32). Pour la "vérité" (alÄtheia) voir sur6 Jean 1:14. En plus de mentir avec leurs lèvres, ceux qui "marchent dans les ténèbres" n'appliquent pas la vérité dans leur conduite. Le péché s'exprime d'abord par une pensée dans l'esprit, mais cette pensée se traduit généralement par un acte. Lorsque les activités de la vie quotidienne commencent à nier la profession faite par la fréquentation de l'église, la séparation de la communion avec Dieu est évidente. Lorsque la religion cesse d'être une affaire de sept jours, Dieu est exclu de la vie, et les ténèbres se rapprochent

1 Jean 1:7

7. Mais si nous marchons. On peut paraphraser cette phrase : "Si, au contraire, au lieu de marcher dans les ténèbres, nous marchons..." Jean ne laisse pas son troupeau dans le désespoir, mais se tourne vers les aspects positifs de la vie chrétienne, afin de l'encourager et d'exprimer sa confiance en lui

Il est dans la lumière. Dieu est constamment entouré de lumière qui rayonne de lui-même. Le mieux que les chrétiens puissent faire est de marcher dans les rayons de lumière qui émanent de Dieu. De même qu'un voyageur suivra la lumière d'un guide le long d'une route sombre et inconnue, de même l'enfant de Dieu suivra la lumière du Seigneur le long du chemin de la vie(2 Cor. 4:6; Eph. 5:8; cf. sur Prov. 4:18)

L'un avec l'autre. Si nous marchons dans la lumière, nous marchons avec Dieu, de qui la lumière brille, et nous sommes en communion non seulement avec Lui mais aussi avec tous les autres qui suivent le Seigneur. En servant le même Dieu, en croyant les mêmes vérités, en suivant les mêmes instructions sur le chemin de la vie, nous ne pouvons que marcher dans l'unité. Le moindre signe de mauvaise volonté entre nous et nos frères devrait nous inciter à revoir notre propre conduite, afin de nous assurer que nous ne nous éloignons pas du chemin éclairé de la vie(cf. ch. 4:20)

Et le sang. La dernière clause du verset n'est en aucun cas une réflexion après coup, car l'expérience décrite ici est étroitement liée à la marche " dans la lumière ". Reconnaissant que même ceux qui sont en communion avec Dieu continueront à avoir besoin d'être purifiés du péché, Jean assure le chrétien que Dieu a déjà anticipé ce besoin et y a pourvu. Pour la signification du "sang" dans la purification du péché, voir sur Rom. 3:255:9; cf. sur Jean 6:53

Jésus-Christ. D'importantes preuves textuelles peuvent être citées(cf. p. 10) en faveur de l'omission de "Christ", mais comme Jean utilise souvent dans ses épîtres l'expression "Jésus-Christ" ou parle de Jésus comme "le Christ" ou "le Fils de Dieu"(ch. 4:15; 5:1, 5), beaucoup préfèrent conserver le mot Christ. Dans son Évangile, l'apôtre parle souvent de Jésus, le Verbe incarné, mais ici il pense particulièrement au Sauveur divin-humain, Jésus-Christ. Pour le titre Jésus-Christ, voir sur Matt. 1:1

Son Fils. Cette identification supplémentaire de Jésus souligne l'ampleur du sacrifice qui a fourni le sang purificateur - il est venu du Fils de Dieu. Pour une discussion sur la filiation du Christ, voir sur Luc 1:35

Purifie. Gr. katharizÅÂ,"rendre pur", "purifier", utilisé dans les Évangiles pour "purifier" un lépreux(Matt. 8:2; Luc 4:27; etc.), et ailleurs pour la purification du péché ou de la culpabilité du péché(2 Cor. 7:1; Eph. 5:26; Héb. 9:14; etc.). La purification à laquelle Jean se réfère ici n'est pas celle qui se produit avec la première repentance et la première confession, au début de la marche chrétienne, et qui précède la communion. La purification dont il est question ici se poursuit tout au long de la vie terrestre, et fait partie du processus de sanctification (cf Rom. 6:191 Thess. 4:3). Personne d'autre que Christ n'a jamais vécu une vie sans péché (cf Jean 8:461 Pierre 2:22) ; les hommes ont donc continuellement besoin du sang du Christ pour les purifier de leurs péchés (voir sur 1 Jean 2:1, 2)

L'écrivain s'inclut lui-même parmi ceux qui ont besoin de cette purification. Ceux qui marchent le plus près de Dieu seront, dans la gloire de sa lumière, les plus conscients de leur propre péché(ch. 1:8, 10; AA 561, 562; GC 469-473)

Tous les péchés. Plutôt, "tout péché", c'est-à-dire tout type et toute manifestation de péché. Pour un commentaire sur le terme "péché", voir le ch 3:4



Ellen G. White


7-9. Voir les commentaires d’EGW sur 1 Timothée 2:5.
7, 9 (Hébreux 9:11-14, 22; Apocalypse 22:1). L’efficacité du sang du Christ—Remercions Dieu de ce que Celui qui a versé son sang pour nous vit pour le plaider, vit pour intercéder en faveur de toute âme qui le reçoit. « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et nous purifier de toute iniquité. » Le sang de Jésus-Christ nous purifie de tout péché. Il parle de meilleures choses que le sang d’Abel, car Christ est toujours vivant pour intercéder en notre faveur. Nous devons garder constamment devant nous l’efficacité du sang de Jésus. Ce sang qui purifie et soutient la vie, approprié par une foi vivante, est notre espérance. Nous devons croître dans l’appréciation de sa valeur inestimable, car il ne parle en notre faveur que lorsque, par la foi, nous nous réclamons de sa vertu, gardant la conscience pure et en paix avec Dieu.

1 Jean 1:8

8. Si nous disons. Voir v. 6.

Nous n'avons pas de péché. Jean ne dit pas si certains prétendaient publiquement à la perfection ou si les paroles étaient prononcées uniquement dans le cœur, mais il est conscient de l'existence de cette prétention et en montre le danger. L'emploi du présent montre que ces personnes qui se suffisaient à elles-mêmes revendiquaient une justice présente et continue qu'elles n'avaient en fait pas atteinte. Ils ne nient pas avoir péché dans le passé, mais disent maintenant, littéralement : "Nous n'avons pas de péché" A cet égard, ils forment un contraste avec les justes authentiques, qui reconnaissent leur péché et leur besoin de purification(v. 7). Seul le Christ pouvait prétendre être sans péché (voir v. 7). Pour un commentaire sur le "péché", voir ch. 3:4.

Nous nous trompons nous-mêmes. Voir sur Matt. 18:12. Puisque nous nous trompons nous-mêmes, nous ne pouvons blâmer personne d'autre. Puisque prétendre être sans péché est une exaltation de soi, une réanimation du vieil homme, un acte d'orgueil et donc de péché, c'est une affirmation contradictoire qui n'est faite que par quelqu'un qui s'est trompé lui-même. Ne voulant pas admettre son propre péché, le cœur humain trompeur invente d'innombrables façons de protester de son innocence. Seule la puissance pénétrante de la Parole de Dieu peut révéler le véritable état du cœur, et ce uniquement lorsque l'esprit est disposé à recevoir la révélation(Jér. 17:9; Héb. 4:12).

La vérité n'est pas en nous. Voir v. 6. L'auteur fait encore suivre une affirmation positive de son contraire négatif(cf . 5, 6). Celui qui rejette délibérément le droit et accepte une contre-vérité, en particulier une contre-vérité qui le fait se sentir supérieur aux autres et indépendant du Sauveur, ne peut jamais être sûr qu'il sera un jour disposé ou capable de discerner la différence entre le bien et le mal(cf. Matt. 12:31). A moins qu'il n'y ait un retour rapide à l'ancienne marche humble dans les rayons de la lumière révélatrice de la vérité, une telle âme s'est détournée vers un chemin qui ne peut aboutir qu'à la condamnation et à la mort. Si pénétrante que soit la connaissance des autres aspects de la vérité, une erreur dans ce domaine rendra toute autre connaissance inutile.

1 Jean 1:9

9. Confesser. Gr. homologeÅÂ, "dire la même chose [qu'un autre]", "admettre la vérité d'une accusation" (voir sur Rom. 10:9), de homos, "un et le même", et leg ÅÂ, "dire"

Nos péchés. Gr. hamartiai (voir sur ch 3:4). Les paroles de Jean montrent qu'il est conscient que les chrétiens sincères tombent parfois dans le péché (cf. ch. 2,1 ) . Il est également clair qu'il parle d'actes spécifiques de péché, et non du péché en tant que principe mauvais dans la vie. En conséquence, la confession doit être plus spécifique que la simple reconnaissance du péché. La reconnaissance de la nature précise d'un péché et la compréhension des facteurs qui ont conduit à sa commission sont essentielles à la confession et à la constitution d'une force pour résister à une tentation similaire lorsqu'elle se reproduit(5T 639). Le fait de ne pas vouloir être précis peut révéler l'absence d'un véritable repentir et d'un désir réel de tout ce que le pardon implique (voir SC 41). Pour une discussion sur la relation étroite entre la confession et la repentance, voir sur Eze. 18:30; voir 5T 640

Le contexte montre que l'auteur s'attend à ce que la confession soit faite à Dieu, car Dieu seul "est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité", d'où l'absence d'intermédiaire humain, de prêtre, pour nous déclarer libres de tout péché. Nous venons à Dieu, non seulement parce que Lui seul peut "purifier", mais parce que nous avons péché contre Lui. Cela est vrai de tout péché. Si le péché est également dirigé contre une personne, la confession doit être faite à cette personne ainsi qu'à Dieu(5T 645, 646; DA 811). L'étendue de la confession devrait être mesurée par l'étendue du dommage causé par notre mauvaise action(cf. sur Prov. 28:13)

Il est fidèle. Le seul élément d'incertitude dans le processus de confession et de pardon réside dans le pécheur. Le Seigneur est sûr de pardonner si l'homme veut vraiment se confesser. La fidélité est l'une des qualités exceptionnelles du Seigneur (1Cor. 1.9 ; 10. 13 ; 1 Thess . 5.24 ; 2 Tim. 2.13 ; Héb. 10.23). Ici, Jean souligne la fidélité de Dieu en ce qui concerne le pardon (cf. Ex 34,6.7 ; Michée 7,19)

Combien de fois la paix est-elle perdue par ceux qui doutent de la fidélité de Dieu ! Satan fait tout son possible pour briser notre foi dans l'intérêt que le Seigneur porte à notre personne (MB115). Satan se contente de nous faire croire que Dieu se soucie de beaucoup ou de la plupart des siens, s'il peut seulement nous amener à douter de son attention pour nous personnellement. Nous devons constamment nous rappeler la puissance divine qui nous empêchera de tomber(Jude 24), et lorsque nous tombons parce que nous n'avons pas utilisé cette puissance, nous devons venir, repentants, au trône de la miséricorde pour obtenir grâce et pardon(cf. Héb. 4:16; 1 Jean 2:1)

Juste. Gr. dikaios, "juste", ou "droit" (voir sur Matt. 1:19). Dieu est un juge juste, et sa justice est particulièrement évidente lorsqu'elle contraste avec "toute notre iniquité [adikia]" ; heureusement pour nous, sa justice est tempérée par la miséricorde

Pardonner. Gr. aphiÄmi, utilisé dans le NT avec un avec la variété des significations - "renvoyer", "congédier", "laisser", "pardonner". Lorsque le verbe est utilisé en conjonction avec "péché", cependant, il est uniformément traduit par "pardonner" (voir sur Matt. 6:1226:28). C'est dans le domaine du pardon que la fidélité et la justice de Dieu trouvent leur pleine expression. Pour une discussion sur le pardon, voir sur 2 Chron. 7:14Ps. 32:1Actes 3:19

Nous nos péchés. C'est-à-dire les péchés particuliers qui ont été confessés. Le Seigneur est prêt à pardonner au pécheur repentant, mais il ne peut pas pardonner ces péchés dans le sens de les ignorer. Les péchés confessés sont portés par l'Agneau de Dieu(Jean 1:29). L'amour gracieux de Dieu accepte le pécheur repentant, le péché confessé lui est enlevé, et le pécheur se tient devant le Seigneur couvert de la vie parfaite de Christ (Col. 3:3, 9, 10; COL 311, 312). Le péché a disparu, et le pécheur est un homme nouveau en Jésus-Christ

Et pour purifier. L'expression "pour nous purifier de toute iniquité" peut être comprise soit comme étant en apposition à l'expression "pour nous pardonner nos péchés", et donc explicative de celle-ci, soit comme exposant un processus distinct de celui du pardon et le suivant. Les deux idées sont valables lorsqu'elles sont appliquées à la vie chrétienne pratique. Tout péché souille, et lorsque le pécheur est pardonné, il est purifié des péchés pour lesquels il a reçu le pardon. En confessant son grand péché, David a prié : "Crée en moi un cœur pur, ô Dieu" (Ps. 51:10). Cependant, le Seigneur veut purifier le pécheur repentant de toute iniquité. Il exige la perfection morale de ses enfants (voir sur Matt. 5:48) et a pris des dispositions pour que chaque péché puisse être combattu et vaincu avec succès (voir sur Rom. 8:1-4). Tant qu'il y a de la vie, il y aura de nouvelles victoires à remporter et de nouvelles excellences à atteindre. Cette purification quotidienne du péché et cette croissance dans la grâce sont appelées sanctification (voir sur Rom. 6:19). L'étape initiale par laquelle le pécheur se détourne de son péché et accepte le Christ est appelée la justification (voir sur Rm. 5:1). Il est possible de voir ces deux processus dans les paroles de Jean, mais on peut se demander si les apôtres avaient à l'esprit une analyse aussi précise de ces étapes du salut. Il est plus probable qu'il pensait à la purification qui accompagne le pardon, bien que ses paroles puissent être appliquées plus largement

De toute iniquité. Cette déclaration globale montre clairement la rigueur avec laquelle Dieu est prêt à ôter l'iniquité de ceux qui ont confessé et se sont vu pardonner leurs péchés. Mais le pécheur lui-même doit coopérer avec Dieu en abandonnant le péché. Si le plan scripturaire est suivi, la purification sera complète

Il faut une surveillance attentive et la prière pour empêcher les vieilles habitudes de pensée et d'action de reprendre vie(Rom. 6:11-13; 1 Cor. 9:27). L'action de la volonté est décisive, mais la volonté est faible et vacillante jusqu'à ce que le Christ l'ait purifiée et fortifiée. Le cœur trompeur a souvent un désir caché pour ses anciennes habitudes et propose de nombreuses excuses pour justifier une indulgence continue. Une conscience constante de ce danger et un renouvellement quotidien de la volonté sont nécessaires à l'absence de péché(SC 52), car le Ciel ne peut rien faire pour un homme tant qu'il n'accepte pas la grâce et la puissance du Christ pour l'éradication de tout désir et tendance pécheresse dans sa vie. Voir sur 1 Jean 3:6-10Jude 24

1 Jean 1:10

10. Nous n'avons pas péché. C'est la troisième et la plus spécifique des prétentions fallacieuses à la sainteté (voir les versets 6 et 8). Le verset 6 rapporte la fausse prétention d'être en communion avec Dieu tout en marchant dans les ténèbres. C'est une affirmation facile à faire, mais souvent difficile à réfuter. Le verset 8 énonce la prétention d'avoir un cœur sans péché, ce qui, là encore, serait difficile à prouver ou à réfuter. Ici, cependant, Jean laisse entendre que certains prétendent n'avoir commis aucun acte de péché. Mais une telle affirmation est fausse, car tous ont péché(Rom. 3:23). Dans la mesure où l'épître est adressée à des chrétiens qui, vraisemblablement, étaient conscients du péché, Jean fait clairement référence à la conduite après la conversion.

Faire de lui un menteur. La conséquence de la prétention à l'absence de péché est exposée selon le modèle suivi aux versets 6 et 8, où les résultats sont exprimés à la fois positivement et négativement, mais ici des termes plus sérieux sont utilisés. Une fausse prétention à la communion fait de nous des menteurs(v. 6), une prétention à l'absence de péché signifie que nous nous égarons(v. 8), mais une prétention à ne pas avoir péché fait de Dieu un menteur. Non pas que l'hypothèse d'un homme puisse affecter la perfection divine, mais si l'affirmation était vraie, elle contredirait les déclarations claires de la Parole de Dieu.

Sa parole. Il ne s'agit pas du Christ, la Parole vivante, mais de la parole écrite ou parlée de Dieu, qui est le véhicule par lequel sa vérité(v. 8) est transmise. Cette Parole est la vérité(Jean 17:17), et elle ne peut pas demeurer dans ceux qui contredisent ses déclarations claires. Si les hommes n'acceptent pas le témoignage de Dieu, s'ils nient la validité de la description qu'il fait de leur condition, ils excluent sa Parole et ne peuvent plus la faire demeurer dans leur cœur.

La Parole inspirée est le moyen ordonné par Dieu pour révéler à un homme sa véritable condition et pour l'empêcher de se tromper en pensant qu'il est sans péché. Chaque chrétien devrait donc étudier la Parole avec assiduité. Les vérités de la Bible doivent être mémorisées et l'esprit ainsi fortifié par la Parole vivifiante. Ses précieuses promesses nous soutiendront dans les épreuves et les difficultés, et son enseignement de la justice nous conduira au Sauveur et nous préparera à recevoir son caractère saint(2 Tim. 3:16, 17). Avec la Parole de Dieu ainsi cachée dans nos cœurs, nous ne pécherons plus volontairement contre lui(Ps. 119:11), mais nous ne pourrons toujours pas prétendre à une sanctification complète(cf. CG 618, 619).

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés