Tyndale Open Study NotesMarc 13
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Lire Marc 13 dans la BibleMarc 13:1
Après avoir quitté le temple, Jésus se dirige vers le mont des Oliviers (13.3). • La vue du temple devait être impressionnante, puisqu'à l'époque, c'était le plus grand complexe abritant un temple au monde, un ouvrage fait d'immenses pierres. Dans le mur ouest, on a retrouvé une pierre dont le poids a été estimé à près de 600 tonnes. Avec ses pierres blanches, ses bordures dorées et son toit recouvert d'or, le complexe du Temple ressemblait à une montagne enneigée ; au soleil, c'était une vue éblouissante (Flavius Josèphe, Guerre des Juifs 5.5.6). Le Talmud dit que "Celui qui n'avait pas vu le Temple de Jérusalem n'a jamais vu quelque chose de beau" (Talmud de Babylone - Soucca babylonienne 51b).
Marc 13:2
La réponse de Jésus aux disciples est choquante. Le complexe entourant le temple, glorieux et massif, un symbole de force, de permanence et de faveur de Dieu pour les Juifs, va être totalement et irrémédiablement détruit. • Cette déclaration prophétique de Jésus souligne la dévastation totale qui va résulter de l'attaque ordonnée de l'armée romaine sur l'ensemble du complexe du temple (Flavius Josèphe, Antiquités juives 6.9.1 ; 7.1.1.). Ceux qui veulent affirmer que la prophétie de Jésus ne s'est pas réalisée parce que certaines des pierres de fondation sont toujours en place ne comprennent pas le langage prophétique ! On n'attend pas d'un prophète qu'il dise avec précision que 97,9 % des pierres vont être enlevées. Toute personne du premier siècle qui aurait visité Jérusalem après l'an 70 aurait reconnu que la prophétie de Jésus s'était réalisée.
Marc 13:3-4
André apparaît ici avec le trio formé par Pierre, Jacques, et Jean (5.37 ; 9.2 ; 14.33), qui vient compléter les deux duos de frères (1.16–20 ; 3.16–18). • La prophétie de Jésus a suscité deux questions de la part des disciples. Bien que certains érudits soutiennent que la deuxième question va au-delà de la première, en interrogeant sur les signes qui accompagneront la venue du Fils de l'homme à la fin des temps, il est préférable d'interpréter ces deux questions comme se concentrant sur le moment et le signe associé à la destruction de Jérusalem et du temple (voir 13.29–30 ; Lc 21.7). Ces questions découlent naturellement de la prophétie annoncée par Jésus dans 13.2. Le désir de connaître les signes annonciateurs de toutes ces choses est évocateur du désir des disciples d'être prévenus et préparés pour ces évènements.
Marc 13:5-23
Cette section est souvent divisée en deux parties, 13.5–13 et 13.14–23. La première partie est souvent interprétée comme décrivant la destruction de Jérusalem, qui a eu lieu en l'an 70, tandis que la deuxième partie est interprétée comme décrivant la venue du Fils de l'homme, encore à venir. Il est cependant préférable d'interpréter l'ensemble de 13.5–23 comme décrivant les événements entourant la destruction de Jérusalem en l'an 70 car : (1) 13.5–23 est la réponse de Jésus aux deux questions (13.4) qui traitent de la destruction de Jérusalem (13.2); (2) Les commandements de fuir la Judée (13.14–16), le malheur annoncé aux femmes enceintes et allaitantes (13.17), et la prière pour que cela n'arrive pas en hiver (13.18) n'ont du sens que s'ils renvoient aux événements de l'an 70, mais pas s'ils renvoient au retour futur du Christ ; (3) Trois avertissements (13.5,9,23) font le lien entre les différentes parties de cette section, et indiquent que 13.5–23 devrait être compris comme une unité. • Les subdivisions de cette section sont disposées en chiasme (motif en forme de X) : A: Des faussaires prétendent être le Messie (13.5–6). B: Il y a des échos de combats et de catastrophes naturelles (13.7–8). C: On assiste la persécution des croyants (13.9–13). B': Les combats en Judée et la tribulation qui en résulte commencent (13.14–20). A': Des faussaires prétendent être le Messie (13.21–23).
Marc 13:5-6
Jésus met en garde ses disciples afin qu'ils ne se laissent pas tromper par les nombreux faux messies qui pourraient venir, armés de grandes prétentions, trompant par là même beaucoup de personnes. Ces faussaires prétendraient être le Messie juif tant attendu (et non pas Jésus en soi), ou parler au nom du Messie. Parmi ces prétendants ont figuré Theudas le Galiléen (Ac 5.36), Simon Bargiora, ou encore Jean de Gischala. Ils ont trompé beaucoup de personnes dans les années 60 de notre ère.
Marc 13:7
Le mot grec employé implique une forme de nécessité est également utilisé dans 8.31. Dans les deux cas, la souveraineté de Dieu sur les différents événements est soulignée. • Ces choses vont se produire, et tout comme les douleurs de l'enfantement sont suivies d'un accouchement, le jugement de Dieu sur Jérusalem va arriver. Cependant, ces événements ne signifient pas que cela va se produire immédiatement.
Marc 13:9
Le deuxième avertissement met en garde contre la persécution qui va s'abattre sur les chrétiens (voir 6.11 ; 8.34–38 ; 10.30 ; voir 4.17). Les chrétiens d'origine juive allaient être traduits devant les conseils locaux des chefs juifs, qui avaient autorité sur les communautés juives. Dans Mt 10.17 et probablement dans Mt 5.22 (voir aussi Ac 4.1–22), il est fait référence à de tels conseils. • Lorsque Paul évoque des situations où il a été passé à tabac dans 2Co 11.24–25, cela s'est probablement déroulé dans une synagogue locale. • Les disciples de Jésus étaient également susceptibles d'être jugés devant des gouverneurs et des rois (voir Ac 23.24 ; 24.10–27 ; 25.1–26.32). S'ils devaient supporter de tels procès, c'était en raison de leur qualité de disciples (Mc 13.9,13), et non en raison d'une faute réelle (voir 1P 4.14–16).
Marc 13:10
Dieu allait utiliser de tels procès (13.9,11) pour que la Bonne Nouvelle soit prêchée à toutes les nations. Et un tel déploiement de l'évangile devait se passer avant la destruction de Jérusalem. D'une certain façon, Paul pensait que la Bonne Nouvelle avait déjà été prêchée à toutes les nations de son époque (voir Rm 16.26 ; Col 1.6,23 et aussi Rm 1.5,8 ; 10.18 ; 15.19,23).
Marc 13:11
Un mot d'encouragement suit l'avertissement de 13.9. Les disciples de Jésus n'ont pas besoin de craindre ce qu'ils vont devoir dire dans ces circonstances. La plupart des premiers disciples de Jésus étaient des personnes sans éducation et sans influence politique (voir Ac 4.10–17 ; 1Co 1.26), et entendre cela devait les réconforter. Ce n'est pas un mal pour les croyants de réfléchir à ce qu'ils pourront dire en de telles circonstances, mais ils n'ont pas à s'en soucier.
Marc 13:12-13
Les chrétiens persécutés n'avaient aucun groupe, pas même leur propre famille, vers lequel ils pouvaient se réfugier pour avoir de l'aide (voir Mt 10.35–36 ; Lc 12.53). Ils vont être universellement haïs en raison de leur allégeance à Jésus, parce qu'ils sont ses disciples. Ceux qui restent fidèles jusqu'à la mort vont ainsi être sauvés de la punition éternelle (voir aussi Mc 8.35 ; Ap 2.7,10,17,26–28 ; 3.5,12,21).
Marc 13:14-20
Marc 13:14
Marc n'explique pas ce qu'est cette abomination qui va advenir, mais les lecteurs juifs du premier siècle connaissent bien ce terme. Le prophète Daniel a prédit qu’une telle chose arriverait dans le temple de Jérusalem (Dn 9.27 ; 11.31). De nombreux Juifs ont vu dans les événements qui sont arrivés à Jérusalem en 167–164 av. J.-C., à l'époque d’Antioche IV Épiphane, l’accomplissement de cette prophétie (le livre deutérocanonique de 1 Maccabées, écrit vers 100 av. J.-C., raconte le règne d’Antioche et décrit comment lui et ceux qui le suivaient ont érigé « sur l’autel des sacrifices l’Abomination de la désolation », 1M 1.54, 59). - À la lumière du contexte historique et de la référence faite à Jérusalem (Mc 13.2, 4) et à la Judée (13.14), le fait qu’il soit dit que cette dévastation a été établie à un endroit inapproprié suggère qu’elle s’est produite dans le temple de Jérusalem. - Marc demande à ses premiers lecteurs de prêter attention à la description de ce signe. Cela indique qu’une réflexion approfondie et du discernement étaient nécessaires pour le comprendre. Les lecteurs de Marc sont appelés à rechercher un signe semblable à ce qui s’est passé du temps d'Antioche Épiphane. - La description de l’abominable dévastation est grammaticalement neutre dans le texte grec, mais le mot qui décrit son établissement est au masculin. Cela suggère que l'allusion est à une personne plutôt qu'à une chose. Cependant, il n'est pas certain qu'il s'agisse d'une personne ; il pourrait tout de même s'agir d'une chose ou d'un événement. Plusieurs suggestions ont été faites pour déterminer l’identité de cette personne si c'en est une. Il peut s’agir :
De l’empereur Caligula, qui a voulu ériger une statue de sa personne au sein même du Temple en 39–40 apr. J.-C. (Flavius Josèphe, Antiquités juives 12.8.2–3).
De Ponce Pilate (26–36 apr. J.-C.), qui a exigé que ses soldats romains marchent en portant leurs étendards en Judée. Or, cela était considéré comme de l’idolâtrie par les Juifs (Flavius Josèphe, Guerre des Juifs 2.9. 2–3).
Des zélotes en 69–70 apr. J.-C, qui ont commis des atrocités dans le Temple en désignant une personne non qualifiée pour se charger de l’office de souverain sacrificateur de la nation. Ils « élevèrent leur insolence contre Dieu et portèrent leurs pieds souillés dans le sanctuaire » (Flavius Josèphe, Guerre des Juifs 4.6).
Du général romain Titus qui, après avoir conquis Jérusalem en 70 apr. J.-C., a également forcé l'entrée du Temple (Flavius Josèphe, Guerre des Juifs 6.4.7).
Des soldats de Titus, qui ont dressé leurs étendards dans le Temple, y ont offert des sacrifices et proclamé Titus empereur (Flavius Josèphe, Guerre des Juifs 6.6.1).
De la destruction du Temple lui-même en 70 apr. J.-C.
D'un événement futur lié à la venue de l'antéchrist (voir 2Th 2.3–4).
Plusieurs théories peuvent être éliminées en raison du contexte et de la source de l'expression. Dans Daniel et 1 Maccabées, l'expression concerne le Temple, son autel et ses rituels sacrificiels. Dans Mc 13.14–20, il s'agit d'un signe pour que les gens fuient la Judée, et ce à quoi il fait référence doit se produire alors qu'il est encore temps de fuir (c'est-à-dire avant que l'armée romaine occupe la Judée et assiège Jérusalem). Les évènements décrits dans les explications (1) et (2) sont arrivés trop tôt pour avoir servi de signe reconnaissable indiquant la nécessité de fuir la Judée. Aussi, ces hommes n'ont pas réellement souillé le Temple, et les chrétiens n'ont pas fui Jérusalem en cette période. Les explications (4) à (6) sont trop tardives, car il n'y avait plus vraiment de possibilité de fuite après l'entrée de Titus à Jérusalem. Dans l'explication (7), aucune référence n'est faite à la destruction de Jérusalem en 70 apr. J.-C., ce qui est le sujet de 13.14–20. De plus, la venue de l'antéchrist ne doit pas se limiter au territoire de Judée. En réalité, l'explication qui convient le mieux est la (3) : Les zélotes ont commis leur profanation en 69–70 apr. J.-C., peu avant que Titus assiège Jérusalem. Cela a d'ailleurs pu offrir aux chrétiens une brève occasion de quitter Jérusalem avant qu'elle soit assiégée. De plus, ils ont agi en profanant le lieu saint du Temple. Cette interprétation permet également de distinguer le signe de la catastrophe à venir (l'abominable dévastation) de la catastrophe elle-même (la destruction de Jérusalem et du Temple). - Dès l'apparition de l'abominable dévastation, les habitants de la Judée sont appelés à fuir vers les collines. Eusèbe (historien de l'Église primitive), mentionne un oracle prophétique donné à l'Église de Jérusalem, qui l'a amenée à fuir la ville avant sa destruction (Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique 3.5.3).
Marc 13:15-16
Après avoir discerné et vu le signe de l'abomination, une personne flânant sur le toit de sa maison en Judée ne devait même pas prendre le temps de faire ses bagages, mais descendre et fuir. De même, une personne présente au champ ne devrait pas rentrer chez elle pour récupérer son manteau. Dès l'apparition du signe de 13.14, les croyants devaient donc fuir devant l'armée romaine qui approchait. L'armée romaine ne pratiquait pas le principe de la "guerre éclair". Elle avait plutôt pour principe d'avancer avec prudence, de manière méthodique et implacable. Mais Jésus a mis en garde contre ceux qui auraient pu être tentés de patienter jusqu'au dernier moment pour fuir, en attendant de voir comment les choses allaient évoluer.
Marc 13:17
Marc 13:18
En hiver, les oueds (lits de rivière semblables à des canyons) sont inondés, les déplacements sont plus difficiles et la survie est plus compliquée.
Marc 13:19
On retrouve souvent de telles hyperboles dans la littérature sémitique : le but est d'exprimer l'aspect dramatique de la vie à cette époque, mais il ne faut pas y voir une analyse statistique exacte de la manière dont cette souffrance se compare à d'autres catastrophes. • Il faut ne pas voir dans les événements de 13.14–23 une forme de fin de l'histoire, alors qu'il est annoncé qu'il n'y aura jamais plus de jours aussi terribles. L'histoire va bien se poursuivre après la destruction du Temple en l'an 70 !
Marc 13:20
Ce raccourcissement divin de la durée des jours de douleur est fréquemment mentionné dans la littérature juive intertestamentaire (par exemple, 2 Esdras 2.13 ; 2 Baruch 20.1). Ce passage met en avant l'horreur de la tribulation vécue par le peuple de Dieu, mais aussi la miséricorde de Dieu qui en réduit la durée. • Toute la population de Juda aurait pu être détruite si les jours d'angoisse avaient été plus longs. • Les élus font référence aux disciples de Jésus.
Marc 13:21-23
La section plus large (13.5–23) se conclut par un autre avertissement concernant des personnes qui prétendraient être le Messie. Ici, les prétendants sont associés aux événements de l'an 70, alors qu'en 13.5–6, ils étaient associés au cours normal des événements. En plus des faux messies, des prophètes de mensonge apparaîtront et accompliront des signes et des prodiges (13.22), espérant tromper non seulement les juifs de Judée et de Jérusalem, mais aussi les chrétiens (les élus de Dieu). Jésus a averti ses disciples de ne pas croire en de tels hommes. Lorsque le Messie viendra du ciel (13.26), tout le monde le verra et le reconnaîtra (voir Ap 1.7). • L'invitation à être prudent et sur ses gardes vient unifier et conclure la section (Mc 13.5–23). L'exhortation de Jésus à ne pas se laisser tromper pas de faux messie n'a pas été suivie pas tous ses contemporains, puisque beaucoup de Juifs ont cédé à de telles revendications à la fin des années 60 de notre ère, et Flavius Josèphe (Antiquités juives 17.10.8) a pu décrire les grands dommages causés par ces faux prétendants, qui ont encouragé le peuple juif à la révolte contre les Romains. Rien ne devait détourner les chrétiens de fuir la Judée et Jérusalem lorsqu'ils verraient l'abominable dévastation (annonciatrice de la profanation) émerger. • Pour les lecteurs de l'évangile de Marc qui se situaient à Rome, le message de Jésus devait avoir une application différente. Marc veut que ses lecteurs se méfient de ceux qui s'appuient sur des calendriers pour annoncer l'imminence d'une prophétie. Ils ne pouvaient pas connaître le moment de sa venue (13.32), et toute frénésie autour du second avènement du Christ était interdite. Cependant, ils devaient être vigilants (13.33–37) et se préparer à la persécution (13.9–13; voir 8.34–38) selon les paroles adressées par Jésus (13.11,13).
Marc 13:24-25
Dans certains passages du Nouveau Testament, il est parlé du son d'une trompette qui accompagne la seconde venue de Jésus (1Th 4.16). Cela semble être métaphorique puisque dans l'Ancien Testament, un langage cosmique est fréquemment utilisé pour décrire (métaphoriquement) des événements historiques (voir Es 11.1–9 ; 13.9–11 ; Jr 4.23–28 ; Ez 32.1–16). Il est donc possible que cette imagerie puisse renvoyer à un événement passé, tel que la destruction de Jérusalem, si c'est le sens de Mc 13.24–27. Cependant, les auteurs du Nouveau Testament ont clairement associé la venue du Fils de l'homme au retour futur de Jésus, un retour personnel et visible (voir Ac 1.9–11).
Marc 13:24-27
De nombreux érudits soutiennent que les signes cosmiques de 13.24–25, la venue du Fils de l'homme en 13.26, et le rassemblement des élus du monde entier en 13.27 sont des façons métaphoriques de renvoyer à la destruction de Jérusalem, qui a eu lieu en l'an 70 de notre ère, et qui vient confirmer la véracité des annonces prophétiques de Jésus. Cependant, l'interprétation traditionnelle diffère quelque peu : alors que les éléments vus précédemment renvoyaient bien à la destruction de Jérusalem, ce passage renvoie par contre à la venue du Fils de l'homme qui se produira à la fin de l'histoire (la parousie). Cette interprétation convient mieux pour différentes raisons : (1) Le temps de détresse du v.24 fait référence à la destruction de Jérusalem, et les événements mentionnés se déroulent après ce temps, pas en même temps. Les jours en question se déroulant après ce temps de détresse peuvent se produire à tout moment après les événements de 13.5–23; (2) Plusieurs mots utilisés dans 13.26 sont utilisés ailleurs pour décrire la venue du Fils de l'homme : gloire (8.38), puissance et nuée (14.62); et (3) à la lumière du désir de l'Église et de sa prière pour que le Seigneur revienne (1Co 16.22 ; Ap 22.20), les lecteurs de Marc ont pu interpréter Mc 13.26 comme faisant référence à la seconde venue de Jésus, qui allait mettre fin à l'histoire telle que nous la connaissons. Les prophètes, Jésus et les auteurs des évangiles ont décrit cet événement comme s'ils l'avaient vu à travers un télescope, et la distance entre les événements n'est pas toujours très claire ; personne ne sait quand cet événement adviendra, si ce n'est Dieu lui-même (13.32). Les événements de 13.5–23 et 13.24–27 font partie du même grand ensemble d'œuvres de Dieu, qui inclut la venue du Fils de l'homme, son ministère, sa mort et sa résurrection, le jugement de Jérusalem en l'an 70 de notre ère, et la venue finale du Fils de l'homme dans la gloire.
Marc 13:27
Lorsqu'il viendra, le Fils de l'homme rassemblera son peuple élu (ceux qui croient en lui et le suivent) des quatre coins du monde (voir Za 2.10), et jusqu'aux confins de la terre et du ciel (voir Dt 13.7 ; 30.4 ; Es 42.10 ; 62.11). Dans l'Ancien Testament, il est souvent fait mention de cette attente et de cette espérance (par exemple, Ps 107.2–3 ; Es 11.11–16 ; 27.12–13 ; 43.5–13 ; 49.12 ; 60.1–9 ; Jr 31.10). Ce passage encourage les lecteurs de Marc à rester fidèles malgré les persécutions prédites dans Mc 13.9–13. La venue du Fils de l'homme s'accompagnera également d'un jugement sur les impies (8.38 ; 13.32–37 ; Mt 13.41–43 ; 24.36–51 ; 25.1–12,31–46).
Marc 13:28-31
Marc 13:29
Le grec n'a pas de sujet explicite, donc le choix de traduction entre "il est proche" ou "elle est proche" dépend de savoir si 13.29–30 renvoie à 13.4–23 ou à 13.24–27. Puisque les mots de 13.4 sont répétés dans 13.29 et 30 (voir note d'étude sur 13.28–31), d'autres l'interprètent comme renvoyant à la destruction de Jérusalem. Tout comme la pousse du figuier est un signe de l'été, la venue de l'abominable dévastation (13.14) est un présage de la destruction de Jérusalem.
Marc 13:30
En assistant à la destruction de Jérusalem, cette génération va être témoin de l'accomplissement de ces événements. Cependant, ceux qui soutiennent que tous ces événements renvoient à la seconde venue du Fils de l'homme doivent affirmer que « cette génération » signifie autre chose que les « gens vivant à cette époque ». Cela peut renvoyer au prolongement du peuple juif, à l'ensemble de la race humaine, à la communauté chrétienne, ou à la dernière génération de la fin des temps.
Marc 13:31
Jésus va garantir tout ce qu'il vient de dire, et en parlant de ses paroles, Jésus vise spécifiquement ce qu'il a dit dans l'ensemble de son discours de Mc 13.1–37. Les lecteurs de Marc ont pu comprendre cela comme une garantie de la vérité de tous les enseignements de Jésus, tels qu'ils pouvaient les avoir reçus (Lc 1.2). Les paroles de Jésus sont éternelles, tout comme les écritures de l'Ancien Testament (voir Es 40.8). Ses enseignements sont plus durables que les éléments de la création elle-même, puisqu'à la différence des paroles de Jésus, cette création disparaîtra (voir aussi Ps 102.26–27 ; Es 40.6–8 ; 51.6 ; Mt 5.18 ; Lc 16.17 ; 2P 3.7,10 ; Ap 20.11).
Marc 13:32-37
Tout comme 13.28–31 semble reprendre le thème de 13.5–23 en parlant de la destruction de Jérusalem, 13.32–37 reprend apparemment le thème de 13.24–27 et parle de la venue du Fils de l'homme. On retrouve un avertissement introductif contre les spéculations concernant la fin des temps (13.32) qui est suivi d'une exhortation à se tenir en éveil, car on ne peut pas connaître le moment de la fin (13.33). Jésus va raconter une histoire pour illustrer le besoin d'être prêt pour le retour du Seigneur (13.34), et il va donner des applications qui réitèrent le besoin de veiller, de peur de ne pas être prêts (13.35–36) ; l'avertissement final invite également à rester vigilants (13.37).
Marc 13:32
Avant d'appeler à la vigilance (Mc 13.33–37), Jésus rappelle que personne ne connaît le jour ni l'heure (voir Ac 1.7), afin de décourager toute spéculation. • Jésus parle de lui-même comme du "Fils", celui qui est au-dessus des anges, mais qui ignore des choses seulement connues du Père. Cette déclaration vient limiter la portée de la connaissance de Jésus et vient plaider en faveur de son authenticité, puisque l'Église primitive n'aurait probablement jamais imaginé quelque chose comme ça par elle-même. Par ailleurs, dans les évangiles apocryphes (datant d'environ 150–300 apr. J.-C.), la tendance est d'exalter et de magnifier les attributs divins de Jésus (voir l'évangile de l'enfance de Jésus, selon Thomas). Dans le miracle de l'incarnation, Jésus a fait l'expérience de la finitude (Mc 10.40; 13.32). Si le Fils lui-même ne connaissait ni le jour ni l'heure, les chrétiens devraient s'abstenir de chercher à acquérir une telle connaissance pour eux-mêmes.
Marc 13:33-37
Ces versets contiennent plusieurs variations à partir du même avertissement de base, appelant à rester vigilants.
Marc 13:34-35
L'argument donné n'est pas que le retour du Seigneur est quelque chose d'incertain (voir Mt 24.45–51 ; 25.1–30 ; Lc 12.36–38 ; 19.12–27), mais qu'il n'y aura pas de signes ou d'avertissements avant son arrivée. La parabole est allégorique à au moins deux égards, le maître (kurios en grec) étant compris comme le Seigneur [kurios] Jésus-Christ, et les serviteurs de la maison comme la communauté chrétienne. Mais voir dans le portier une image allégorique pour parler d'un apôtre (comme Pierre) est un développement ultérieur au Nouveau Testament. • Les quatre périodes de la nuit (le soir, au milieu de la nuit, au chant du coq, ou à l'aube) correspondent à la division romaine de la nuit, en quatre veilles de trois heures chacune. La signification de ce verset est simplement que le maître peut revenir à tout moment pendant la nuit.
Marc 13:37
Le passage s'adresse initialement aux disciples (13.5), mais il est également destiné à tous les lecteurs de l'évangile de Marc (tout le monde). • L'église primitive était appelée à être vigilante et prête (13.32–37), dans l'attente joyeuse du retour du Seigneur Jésus-Christ (Ti 2.13). Même les chrétiens grecs du premier siècle répétaient la prière araméenne Maranatha (c'est à dire "Viens Seigneur" voir 1Co 16.22 ; Ap 22.20), et aujourd'hui, nous attendons avec impatience sa manifestation (2Tm 4.8).
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Marc 13:1-37
Ce passage conclut la section débutée en 11.1. L'échec d'Israël, qui ne produit pas de bon fruits (11.12–26 ; 12.38–40), et l'hostilité de ses dirigeants envers le Messie, l'oint de Dieu (11.1–11, 27–33; 12.13–17, 18–27), vont entraîner un jugement et la destruction de Jérusalem et du temple.