Adam Clarke Bible Commentary1 Corinthiens 13

Adam Clarke

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1 Corinthiens 13:1

Bien que je parle, etc. - A la fin du chapitre précédent, l'apôtre a promis de montrer aux Corinthiens une voie plus excellente que celle dans laquelle ils procédaient maintenant. Ils étaient tellement distraits par des disputes, divisés par des partis, et envieux des dons des uns et des autres, que l'unité était presque détruite. C'était une preuve complète que l'amour de Dieu et des hommes faisait défaut, et que sans cela, leurs nombreux dons et autres grâces n'étaient rien aux yeux de Dieu ; car il était évident qu'ils ne s'aimaient pas les uns les autres, ce qui est une preuve qu'ils n'aimaient pas Dieu, et par conséquent qu'ils n'avaient pas de vraie religion. Après avoir, par ses conseils et ses directives, corrigé beaucoup d'abus, et leur avoir montré comment ils devaient marcher dans les choses extérieures pour plaire à Dieu, il leur montre maintenant l'esprit, le tempérament et la disposition dans lesquels cela doit être fait, et sans lesquels tout le reste doit être inefficace.

Avant de passer à l'examen des différentes parties de ce chapitre, il est peut-être nécessaire d'examiner si le mot αγαπη doit être mieux traduit par charité ou par amour. Wiclif, traduisant de la Vulgate, a le mot charité ; et c'est lui que suit notre version autorisée. Mais Coverdale, Matthews, Cranmer, et la Bible de Genève, ont le mot amour ; ce qui est adopté par les traducteurs récents et les commentateurs en général ; parmi lesquels les principaux sont Dodd, Pearce, Purver, Wakefield, et Wesley ; tous ces derniers soutiennent vigoureusement que le mot charité, qui est maintenant limité à l'aumône, est tout à fait inapproprié ; et que le mot amour, seul, exprime le sens de l'apôtre. Comme le mot charité semble maintenant n'exprimer guère autre chose que l'aumône, qui, accomplie même jusqu'à l'extrême limite du pouvoir de l'homme, n'est rien s'il lui manque ce que l'apôtre appelle αγαπη , et que nous traduisons ici par charité ; il vaut mieux omettre l'emploi en cet endroit d'un mot qui, pris dans sa signification ordinaire, fait que l'apôtre se contredit lui-même ; voir 1 Corinthiens 13 : 3; : Quand je donnerais tous mes biens pour nourrir les pauvres, et que je n'aurais pas la charité, cela ne me servirait de rien. C'est-à-dire : "Bien que j'aie la plus grande charité, et que j'agisse à tous égards selon ses prescriptions, cependant, si je n'ai pas la charité, ma plus grande charité ne me sert de rien." Par conséquent, pour éviter cette contradiction, et la probable mauvaise application du terme, il vaut mieux substituer Amour à Charité !

Le mot αγαπη , amour, j'ai déjà considéré en détail dans la note sur Matthieu 22:37 ; et à cet endroit je demande la permission de renvoyer le lecteur pour sa dérivation et son importation. Notre mot anglais love vient du teutonique leben, vivre, parce que l'amour est le moyen, le distributeur et le conservateur de la vie ; et sans lui, la vie n'aurait rien de désirable, ni même rien de soutenable : ou bien il peut être pris immédiatement de l'anglo-saxon lofa et lufa love, de lufan et lufian, désirer, aimer, favoriser. Il serait ridicule de chercher sa dérivation dans le verbe grec φιλειν.

Après avoir dit tant de choses sur le mot amour, il faut dire quelque chose du mot charité, qui est censé être impropre en ce lieu. Charité nous vient immédiatement du français charite, qui l'a emprunté au latin charitas, lequel est probablement emprunté au grec χαρις , signifiant grâce ou faveur, ou χαρα , joie, en tant qu'un bienfait accordé est une faveur qui inspire de la joie à celui qui le reçoit ; et contribue jusqu'ici à son bonheur. Le sens propre du mot Charus, c'est cher, coûteux ; et Charitas, c'est la disette, la rareté, un prix élevé, ou la cherté. Ainsi, comme dans les temps de disette ou de pénurie, beaucoup de personnes, surtout les pauvres, doivent être dans le besoin, et que les bienveillants seront excités à les soulager, le terme qui exprimait la cause de ce besoin était appliqué à la disposition qui était excitée en faveur de celui qui souffrait. Or, comme celui qui soulage une personne en détresse, et préserve sa vie en lui communiquant une partie de ses biens, éprouvera une sorte d'intérêt pour la personne ainsi préservée ; d'où l'on dit qu'elle lui est chère : c'est-à-dire qu'elle lui a coûté quelque chose ; et il l'estime en proportion de la peine ou de la dépense qu'elle lui a coûté. Ainsi la charité exprime proprement l'attachement affectueux que nous pouvons éprouver pour une personne dont nous avons pu soulager les besoins ; mais à l'origine elle signifiait le manque des choses nécessaires à la vie qui produisait la disette ou la cherté de ces choses, et mettait le pauvre dans cet état où il avait tant besoin de la bienveillance active de son voisin plus riche. Si le mot s'applique à la bienveillance de Dieu envers l'homme, il y entre avec toute la justesse et toute la force nécessaires : nous sommes chers à Dieu, car nous n'avons pas été achetés avec de l'argent ou de l'or, mais avec le sang précieux(τιμιῳ αἱματι , coûteux) du Christ, qui nous a tant aimés qu'il a donné sa vie en rançon pour la nôtre.

Comme les chrétiens reconnaissent en général que ce chapitre est le plus important de tout le Nouveau Testament, je vais en donner ici la première traduction en langue anglaise que l'on connaisse, extraite d'un ancien et noble manuscrit en ma possession, qui semble présenter à la fois un texte et une langue qui, s'ils ne sont pas antérieurs à l'époque de Wiclif, ne sont certainement pas postérieurs à ses jours. Le lecteur voudra bien observer qu'il n'y a pas de division des vers dans le manuscrit.

Le XIII. Chapitre de 1 Corinthiens, d'après un ancien MS.

Gyf je parle avec tungis des hommes et aungels sotheli je n'ai pas charitee : Je suis aussi mauvais qu'un brasse sounynge, ou qu'un symbale tynking. Et si j'ai la prophétie et la connaissance de tous les mystères et de toutes les sciences, et si j'ai la foi de manière à pouvoir conduire des collines d'un endroit à l'autre, alors je n'ai pas de charité : Je ne suis rien. Et si j'ai de la chance, j'enlèverai tous mes biens pour les mettre dans les mains d'hommes poreux. Et si je dois mordre mon corps de façon à ce qu'il se décompose, car si je n'ai pas de charité, cela ne me sert à rien. La charité est paciente ou souffrante. Elle est bénigne ou de bonne volonté. La charité n'est pas envieuse. Elle ne se gâte pas, elle n'est pas gonflée d'orgueil, elle n'a pas d'ambition ou de convoitise. Elle ne cherche pas les choses qui lui appartiennent. Elle ne s'enflamme pas pour la colère, elle ne pense pas au mal. Elle ne se réjouit pas de la méchanceté, car elle se réjouit de la joie et de la tristesse. Elle souffre toutes les choses. Elle bileeve toutes les choses. Elle espère toutes les choses. Elle soutient toutes les choses. La charité ne tombe pas à l'eau. Si les prophéties peuvent être vérifiées, ou si les langues peuvent être cédées, ou si la science peut être détruite. Forsothe de la partie nous ban knowen : et de partye prophecien. Car si l'on fait ce qui est bon, ce qui est mauvais sera avoyé. Quand j'étais une petite chiilde : Je parlais comme une petite fille. Je comprenais comme une petite childe : Je pensais comme un petit enfant. Depuis que j'étais une maman : j'ai fait toutes les choses qui étaient d'un petit enfant. En effet, nous voyons maintenant plus de moralité dans la discrétion, que lorsque nous sommes face à face. Maintenant, je sais ce qu'il en est de la partie : plutôt que de savoir ce que je sais et comme je le sais. Maintenant, j'habite avec une grande charité. Ces trois-là : car le plus grand d'entre eux est charitable.

Voici l'ensemble du chapitre tel qu'il existe dans le manuscrit, avec toutes ses particularités orthographiques, ses points et ses lignes. Les mots avec des lignes en dessous peuvent être considérés comme les lectures marginales du traducteur ; car, bien qu'incorporés au texte, ils en sont distingués par ces lignes.

J'avais pensé un jour à donner une traduction littérale de tout le chapitre d'après toutes les anciennes versions. Ce serait à la fois curieux et utile ; mais le lecteur pourrait penser que cela prendrait trop de son temps, et l'auteur n'en a pas à perdre.

Les langues des hommes - Toutes les langues humaines, avec toute l'éloquence de l'orateur le plus accompli.

Et des anges - C'est-à-dire qu'un homme connaissait si bien la langue du monde éternel qu'il pouvait tenir une conversation avec ses habitants et connaître les secrets de leur royaume. Ou bien, probablement, l'apôtre se réfère à une notion qui était commune parmi les Juifs, qu'il y avait un langage par lequel les anges pouvaient être invoqués, adjurés, rassemblés et dispersés, et par le moyen duquel beaucoup de secrets pouvaient être découverts, et des arts et des sciences curieux connus.

On trouve beaucoup de choses de ce genre dans leurs livres cabalistiques, et dans les livres de beaucoup de ceux qu'on appelle chrétiens. La philosophie occulte de Cornelius Agrippa en abonde ; et c'était le principal objet des actions du Dr Dee avec les esprits que d'obtenir un vocabulaire complet de ce langage. Voir ce qui a été publié de son travail par le Dr Casaubon, et les parties manuscrites restantes dans la bibliothèque Sloane, au British Museum.

Dans Bava Bathra, fol. 134, il est fait mention d'un rabbin célèbre, Jochanan ben Zaccai, qui comprenait le langage des diables, des arbres et des anges.

Quelques-uns pensent que l'apôtre ne veut parler que de l'éloquence la plus splendide ; car nous appliquons parfois le mot angélique pour signifier toute chose sublime, grandiose, belle, etc. ; mais il est plus probable qu'il parle ici à la manière de ses compatriotes, qui s'imaginaient qu'il y avait un langage angélique qui était la clef de beaucoup de mystères ; un langage qui pouvait être acquis, et qui, disent-ils, avait été appris par plusieurs.

Sonnant de l'airain - Χαλκος ηχων- C'est-à-dire comme une trompette faite d'airain ; car bien que ; χαλκος signifie l'airain, et que aes signifie la même chose, nous savons cependant que ce dernier est souvent employé pour signifier la trompette, parce que généralement faite de ce métal. Ainsi Virgile, lorsqu'il représente Misenus s'efforçant de faire fuir les harpies au son de sa trompette : -

Ergo, ubi delapsae sonitum per curva dedere

Littora, dat signum specula Misenus ab alta

Aere cavo : invadunt socii, et nova praelia tentant,

Obscoenas pelagi ferro faedare volucres.

Énéide, lib. iii. ver. 238.

Puis, comme les harpies des collines une fois de plus

Descendirent en hurlant, et se pressèrent autour du rivage,

Sur son haut stand Misenus sonne de loin

La trompette d'airain, le signal de la guerre.

Avec un combat inaccoutumé, nous avons couru pour tuer

Les formes obscènes, monstres redoutables de la mer.

Pitt.

Le métal dont était fait l'instrument est encore utilisé pour l'instrument lui-même, dans ce beau passage du même poète, Enéide, lib. ix. ver. 603, où il représente les Troyens s'élançant au combat contre les Volsques : -

"A tuba terribilem sonitum procul aere canoro"

Increpuit : sequitur clamor, caelumque remugit.

Et maintenant, les trompettes, terrible de loin,

Avec un bruit de ferraille, réveillent la guerre endormie.

Les cris des soldats succèdent aux sons d'airain

Et le ciel d'un pôle à l'autre leur bruit rebondit.

Dryden.

Et encore, dans sa Bataille des abeilles, Geor., lib. iv. ver. 70 : -

- namque morantes

Martius ille aeris rauci canor increpat, et vox

Auditur fractos sonitus imitata tubarum.

Ils excitent par des cris le courage des lâches,

Et les clameurs martiales les appellent au combat ;

Avec des alarmes rauques le camp creux rebondit,

Qui imitent les sons furieux de la trompette.

Dryden.

On pourrait multiplier les exemples de la même figure, mais ceux-ci sont suffisants.

Cymbale tintante - "La cymbale était une plaque d'airain concavo-convexe, dont la face concave, frappée contre une autre plaque du même genre, produisait un son tintant et inharmonieux." Nous pouvons comprendre l'apôtre ainsi : " Quand bien même je posséderais la connaissance de toutes les langues, et que je pourrais même y délivrer la vérité de Dieu de la manière la plus éloquente, quand bien même je n'aurais pas un cœur plein d'amour pour Dieu et pour les hommes, produisant la piété et l'obéissance à l'un, et la bienveillance et la bienfaisance à l'autre, faisant à tous ce que je voudrais qu'ils me fissent si nos situations étaient inversées, ma religion ne contribue pas plus à mon salut que les sons émis par la trompette d'airain, ou le tintement des cymbales ne peuvent contribuer au plaisir intellectuel des instruments qui les produisent ; et, aux yeux de Dieu, je n'ai pas plus de valeur morale que ces sons. J'ai, il est vrai, une profession ; mais, dépourvu d'un cœur rempli d'amour pour Dieu et pour les hommes, produisant la douceur, la gentillesse, la longanimité, etc..., je suis sans l'âme et l'essence de la religion."

J'ai cité plusieurs passages de païens aux esprits les plus cultivés de la Grèce et de Rome pour illustrer des passages des auteurs sacrés. Je vais maintenant en citer un d'un charbonnier illettré de Paulton, dans le Somerset ; et, comme j'ai nommé Homère, Horace, Virgile, et d'autres, je citerai Josiah Gregory, dont l'esprit pourrait être comparé à un diamant de la première eau, dont la splendeur native se brisait en divers endroits à travers ses incrustations, mais dont l'éclat ne ressortait pas faute de la main du lapidaire. Parmi les diverses paroles énergiques de ce grand homme sans instruction, je me souviens d'avoir entendu la suivante : "Les gens de peu de religion sont toujours bruyants ; celui qui n'a pas l'amour de Dieu et des hommes dans le cœur est comme un chariot vide qui descend violemment une colline : il fait un grand bruit, parce qu'il n'y a rien dedans."

1 Corinthiens 13:2

Et quand bien même j'aurais le don de prophétie - Quand bien même j'aurais reçu de Dieu la connaissance des événements futurs, de sorte que je pourrais prédire correctement ce qui va se passer dans le monde et dans l'Église : -

Et comprendre tous les mystères - Le sens de tous les types et de toutes les figures de l'Ancien Testament, et tous les secrets inexplorés de la nature ; et toute la connaissance - tous les arts et toutes les sciences humaines ; et quand bien même j'aurais toute la foi - une foi si miraculeuse qu'elle me permettrait même d'enlever des montagnes ; ou que j'aurais un discernement si puissant dans les choses sacrées que je pourrais résoudre les plus grandes difficultés, voir la note sur Matthieu 21 :21, et n'ai pas la charité - cet amour de Dieu et des hommes, comme principe et motif de toute ma conduite, dont les caractéristiques sont données dans les versets suivants ; je ne suis rien - rien en moi-même, rien aux yeux de Dieu, rien dans l'Église, et bon à rien pour les hommes. Balaam, et plusieurs autres qui n'étaient pas sous l'influence de cet amour de Dieu, ont prophétisé ; et nous voyons tous les jours beaucoup d'hommes, qui sont de profonds savants, et bien habiles dans les arts et les sciences, et cependant non seulement insouciants de la religion, mais carrément infidèles ! Il n'est pas besoin de la langue de l'inspiré pour dire que ces hommes, aux yeux de Dieu, ne sont rien ; et leurs acquisitions littéraires ou scientifiques ne peuvent leur donner un passeport pour la gloire.

1 Corinthiens 13:3

Et quand je donnerais tous mes biens pour nourrir les pauvres - C'est une preuve que la charité, dans le sens que nous donnons à ce mot, n'est pas ce que l'apôtre veut dire ; car il est certain que l'aumône ne peut aller plus loin que de renoncer à tout ce qu'un homme possède pour soulager les besoins d'autrui. Le mot ψωμιζω, que nous traduisons par nourrir les pauvres, signifie diviser en morceaux, et mettre dans la bouche ; ce qui implique le soin et la tendresse dans l'application de la libéralité ainsi donnée.

Et bien que je donne mon corps pour être brûlé - Ἱνα καυθησομαι- M. Wakefield rend cette clause ainsi :

  1. Et quand bien même je livrerais mon corps pour avoir un motif de vantardise : en faveur de laquelle il renvoie d'abord à Daniel 3.28; Actes 15.26; Romains 8.32; Philémon 1.20.
  • Il dit qu'il n'existe pas de mot tel que καυθησωμαι.
  • Que καυχησωμαι, que je puisse me vanter, est la lecture de l'éthiopien et du copte, et il aurait pu ajouter du Codex Alexandrinus ; de plusieurs MSS grecs et latins auxquels se réfère saint Jérôme ; d'Ephraïm ; et de saint Jérôme lui-même, qui traduit le passage ainsi : Si tradidero corpus meum ut glorier: c'est-à-dire : " Si je livre mon corps pour me glorifier, ou pour avoir un motif de me glorifier. "
  • Il ajoute que le bûcher, bien qu'étant un châtiment courant dans les temps postérieurs, n'était pas répandu lorsque cette épître fut écrite.
  • Quelques-uns des critiques étrangers, notamment Schulzius, la traduisent ainsi : Si traderem corpus, ut mihi stigma inureretur: "Si je livre mon corps pour recevoir les stigmates d'un fer chaud ;" ce qui peut signifier : Si, pour racheter un autre, je me livre volontairement à l'esclavage, et que je reçoive la marque de mon propriétaire, en faisant marquer ma chair au fer chaud, et que je n'aie pas l'amour, comme il est dit plus haut, cela ne me profite pas. Cela donne un bon sens ; mais le passage le supportera-t-il ? Dans les MSS, il y a plusieurs lectures diverses, qui montrent clairement que les copistes originaux ne savaient guère que faire du mot καυθησωμαι, qu'ils trouvaient dans le texte en général. Les diverses lectures sont, καυθησομαι, que Griesbach semble préférer ; κα.υθησεται; et καυθῃ; qui toutes donnent peu de variation de sens. Lequel doit être préféré, je ne peux guère me risquer à le dire. Si nous prenons le mot communément reçu, il énonce un cas possible ; un homme peut être si obstinément attaché à une opinion particulière, manifestement fausse en elle-même, qu'il donne son corps pour être brûlé pour la défendre, comme ce fut littéralement le cas de Vanini, qui, pour son athéisme obstiné, fut brûlé vif à Paris, le 19 février 1619. Dans une telle cause, le fait de donner son corps pour être brûlé ne lui a certainement rien apporté.

    "Nous pouvons observer, dit le Dr. Lightfoot, que dans les exemples qui sont comparés à la charité, et qui ne valent rien si la charité est absente, l'apôtre mentionne ceux qui étaient de la plus noble estime dans la nation juive ; et aussi que les choses les plus précieuses qui pouvaient être nommées par eux étaient comparées à ce plus précieux, et n'avaient aucun compte en comparaison avec lui.

    1. " Parler les langues des hommes ", chez les interprètes juifs, signifie, parler les langues des soixante-dix nations. A la louange de Mardochée, ils disent qu'il comprenait toutes ces langues ; et ils exigent que les pères du Sanhédrin soient habiles en plusieurs langues, afin qu'ils ne soient pas obligés d'entendre quelque chose par un interprète. Maim. in Sanh., c. 2.

    "

  • Parler les langues des anges, ils le considéraient non seulement comme un don excellent, mais comme possible ; et ils faisaient l'éloge de Jochanan ben Zaccai parce qu'il les comprenait : voir la note sur 1 Corinthiens 13:1.
  • "

  • Connaître tous les mystères et toutes les connaissances n'était pas seulement prisé mais affecté par eux. De Hillel, l'aîné, on dit qu'il avait quatre-vingts disciples : trente qui étaient dignes que l'Esprit Saint demeure sur eux, comme sur Moïse ; trente qui étaient dignes que le soleil arrête sa course pour eux, comme pour Josué ; et il y en avait vingt entre les deux. Le plus grand de tous était Jonathan ben Uzziel ; le plus petit était Jochanan ben Zaccai. Il n'omettait pas (c'est-à-dire qu'il comprenait parfaitement) l'Écriture, la Mishna, la Gemara, les idiotismes de la loi, et les scribes, les traditions, les illustrations, les comparaisons, les égalités, les géminées, les paraboles, etc.
  • "

  • Le déplacement ou l'enracinement des montagnes, qui chez eux signifiait l'enlèvement des plus grandes difficultés, surtout du texte sacré, ils le considéraient aussi comme un accomplissement élevé et glorieux : voir la note sur Matthieu 21:21. Et de son salut, qui l'avait, ils ne pouvaient former le moindre doute. Mais l'apôtre dit qu'un homme pourrait avoir et jouir de tous ces dons, etc., et n'être rien en lui-même, et n'en tirer aucun profit."
  • Le lecteur considérera que la charité ou l'amour, dont parle l'apôtre, est celle qui est décrite depuis 1 Corinthiens 13:4-7, inclusivement : il n'est pas laissé aux conjectures des hommes de la découvrir. Ce que l'apôtre veut dire est généralement admis comme étant la vraie religion ; mais s'il ne l'avait pas décrite, cette vraie religion aurait été aussi diverse que le sont les partis qui supposent la posséder. Que le lecteur observe aussi que, non seulement les choses les plus réputées parmi les Juifs, mais les choses les plus réputées parmi les chrétiens et les païens, sont celles que l'apôtre montre comme n'étant d'aucune utilité, si l'amour décrit ci-après fait défaut. Et pourtant, qui peut supposer que l'homme déjà décrit puisse être dépourvu de la vraie religion, puisqu'il doit être sous une influence spéciale de Dieu ; sinon, comment,

      comment pourrait-il parler toutes les langues des hommes ? car il est admis que c'est là un des dons extraordinaires de l'Esprit de Dieu.
  • Il faut qu'il ait reçu un enseignement divin pour connaître le langage des anges, et se familiariser ainsi avec l'économie du monde invisible.
  • Sans l'influence immédiate de Dieu, il ne pouvait pas être prophète, et prédire les événements futurs.
  • Sans cela, il ne pourrait pas comprendre tous les mystères de la parole divine, ni ceux de la Providence.
  • Toute connaissance, à supposer qu'elle se limite aux arts et aux sciences humaines, ne pourrait être acquise sans une aide spéciale.
  • Et sans l'aide la plus puissante et la plus extraordinaire, il ne pourrait avoir une foi qui puisse déplacer les montagnes, ou une foi miraculeuse d'aucune sorte : et l'apôtre suppose qu'un homme pourrait avoir ces six choses, et ne pas posséder la religion qui pourrait sauver son âme ! Et ne pouvons-nous pas dire que, si tout cela ne peut servir au salut, mille fois moins ne le peuvent sûrement pas. Combien aveuglément, donc, des multitudes de personnes se confient en ce qui est presque infiniment moins que ce qui, selon l'apôtre, ne leur servirait à rien !
  • La charité ou l'amour que Dieu recommande, l'apôtre la décrit en seize points, qui sont les suivants : -

    1 Corinthiens 13:4

    (1.)

    Lacharité souffre longtemps - Μακροθυμει , a un long esprit ; au terme duquel ni les procès, ni les adversités, ni les persécutions, ni les provocations ne peuvent atteindre. L'amour de Dieu, et de notre prochain pour l'amour de Dieu, est patient envers tous les hommes : il souffre de toute la faiblesse, de l'ignorance, des erreurs et des infirmités des enfants de Dieu ; et de toute la malice et de la méchanceté des enfants de ce monde ; et tout cela, non seulement pour un temps, mais pour longtemps, sans fin ; car c'est encore un esprit ou une disposition, au bout desquels les épreuves, les difficultés, etc. ne peuvent jamais arriver. Il attend aussi le moment où Dieu accomplira ses desseins gracieux ou providentiels, sans murmure ni repentir ; et il porte ses propres infirmités, ainsi que celles des autres, avec une humble soumission à la volonté de Dieu.

    (2.)

    Is kind - Χρηστευεται- Il est tendre et compatissant en soi, et gentil et obligeant envers les autres ; il est doux, tendre et bénin ; et, s'il est appelé à souffrir, il inspire à celui qui le subit la plus aimable douceur et la plus tendre affection. Elle est également soumise à toutes les dispenses de Dieu et ne crée de problèmes à personne.

    (3.)

    Lacharité n'envie pas - Ου ζηλοι- n'est pas affligée parce qu'une autre personne possède une plus grande part de bénédictions terrestres, intellectuelles ou spirituelles.

    Ceux qui ont cet amour pur se réjouissent autant du bonheur, de l'honneur et du confort des autres qu'ils peuvent le faire dans le leur. Ils sont toujours prêts à ce que les autres soient préférés à eux.

    (4.)

    Charity vaunteth not itself - Ου περπερευεται- Ce mot est traduit de différentes manières : acteth not rashly, insolently ; is not inconstant, etc. Il n'est pas accepté par les savants, qu'il s'agisse du grec, du latin ou de l'arabe. L'évêque Pearce l'a dérivé de cette dernière langue ; et le traduit, n'est pas inconstant. Il y a une phrase dans notre propre langue qui exprime ce que je pense être le sens de l'original, qui ne se met pas en avant - ne désire pas être remarquée ou applaudie ; mais souhaite que Dieu soit tout en tous.

    (5.)

    Ne se gonflepas - Ου φυσιουται- Ne se gonfle pas d'un sentiment de sa propre importance ; car il sait qu'il n'a rien d'autre que ce qu'il a reçu ; et qu'il ne mérite rien de ce qu'il a obtenu. Tout homme, dont le cœur est plein de l'amour de Dieu, est plein d'humilité ; car il n'y a pas d'homme plus humble que celui dont le cœur est purifié de tout péché. Il a été dit que le péché intérieur nous rend humbles ; jamais il n'y a eu de plus grande fausseté : L'orgueil est l'essence même du péché ; celui qui a le péché a de l'orgueil, et de l'orgueil aussi en proportion de son péché : c'est une simple doctrine populiste ; et, chose étrange à dire, la doctrine dans laquelle se fonde leur doctrine du mérite ! Ils disent que Dieu laisse la concupiscence dans le cœur de chaque chrétien, afin que, en s'efforçant de la surmonter de temps en temps, il puisse avoir une accumulation d'actes méritoires : Certains protestants disent que c'est un véritable signe d'un état très gracieux lorsqu'un homme ressent et déplore ses corruptions innées. Comme ils sont proches des papistes, dont ils déclarent détester et abhorrer la doctrine ! La vérité est que ce n'est pas un signe de grâce, quel qu'il soit, mais qu'il affirme, comme ils l'utilisent, que l'homme a la lumière pour lui montrer ses corruptions ; mais il n'a pas encore la grâce pour les détruire. Il est convaincu qu'il doit avoir l'esprit de Christ, mais il sent qu'il a l'esprit de Satan ; il le déplore, et, si sa mauvaise doctrine ne l'en empêche pas, il ne se reposera pas tant qu'il n'aura pas senti le sang de Christ le purifier de tout péché.

    La véritable humilité naît du sentiment de la plénitude de Dieu dans l'âme ; l'abaissement du sentiment de la corruption est une chose bien différente ; mais cela a été mis à la place de l'humilité, et même appelé grâce ; beaucoup, très beaucoup, vérifient la parole du poète : -

    "Je suis fier de ce que je veux voir ;

    Fier de mon humilité."

    1 Corinthiens 13:5

    (6.)

    Ne se comporte pas de manière inconvenante - Ουκ ασχημονει, de α, négatif, et σχημα, figure, mien ; l'amour n'agit jamais en dehors de sa place ou de son caractère ; il observe la bienséance et les bonnes manières ; il n'est jamais grossier, ours ou brutal ; et il est toujours prêt à devenir tout à tous les hommes, afin de leur plaire pour leur bien et leur édification. Aucun homme mal élevé, ou ce qu'on appelle la grossièreté ou le manque de manières, n'est un chrétien. Un homme peut avoir une franchise naturelle, ou être un clown, et pourtant il n'y a rien de rustre ou de porcin dans ses manières. Je dois m'excuser d'utiliser de tels mots ; ils expriment le mieux le mal contre lequel je souhaite déclamer avec force et succès. Je ne veux jamais rencontrer ceux qui se plaisent à être appelés "hommes francs et honnêtes", qui se sentent au-dessus de toutes les formes de respect et de civilité, et qui ne se soucient pas de savoir combien ils font souffrir ou combien ils déplaisent. Mais qu'on ne se méprenne pas sur mes propos ; je ne suis pas partisan des cérémonies ridicules et des compliments creux ; il y a sûrement un juste milieu, et un chrétien sensé ne tardera pas à le découvrir. Même les gens qui professent être au-dessus de toutes les formes mondaines, et qui sont généralement assez rigides, sont rarement considérés comme grossiers, incivils ou mal élevés.

    (7.)

    Ne cherche pas son propre bien - Ου ζητει τα ἑαυτης- Ne se soucie pas seulement de son propre bien-être spirituel, mais aussi de celui de son prochain : car les auteurs de l'Ancien et du Nouveau Testament expriment presque toujours, conformément à leur idiome hébreu, une préférence accordée à une chose par rapport à une autre, par une affirmation de ce qui est préféré, et une négation de ce qui lui est contraire. Voir l'évêque Pearce, et voir les notes sur 1 Corinthiens 1:17; 1 Corinthiens 10:24; (note), et 1 Corinthiens 10:33; (note). L'amour n'est jamais satisfait que par le bien-être, le confort et le salut de tous. N'est pas chrétien l'homme qui ne se préoccupe que de son propre bonheur, et qui ne se soucie pas de la marche du monde, afin que lui-même soit à l'aise.

    (8.)

    N'est pas facilement provoqué - Ου παροξυνεται- N'est pas provoqué, n'est pas irrité, n'est pas rendu aigre ou amer. Il est difficile de dire comment ce mot s'est facilement introduit dans notre traduction ; mais, de quelque manière qu'il s'y soit introduit, il est tout à fait impropre, et rien dans l'original ne le justifie. Par la transcription de mon vieux MS, qui contient certainement la première traduction jamais faite en anglais, nous trouvons que le mot n'y existait pas, le traducteur consciencieux le rendant ainsi : - Il n'est pas stipendié à la colère.

    Le Nouveau Testament, imprimé en 1547, 4to, la première année d'Edouard VI, en anglais et en latin, a simplement, is not provokeed to angre. L'édition publiée en anglais l'année suivante, 1548, a le même rendu, mais l'orthographe est meilleure : is not provoked to anger. La Bible in folio, avec notes, publiée l'année suivante, 1549, par Edmund Becke, conserve presque la même lecture, is not provoketh to anger. Le grand folio imprimé par Richard Cardmarden, à Rouen, en 1566, a la même lecture. La traduction faite et imprimée sur l'ordre du roi Jacques Ier, folio, 1611, etc. s'écarte de tout cela, et insère improprement le mot facilement, qui aurait pu être celui de sa majesté ; et pourtant cette traduction n'a pas été suivie par certaines éditions ultérieures ; car la 4to. Bible imprimée à Londres quatre ans après, 1615, non seulement conserve cette lecture originale et correcte, elle n'est pas provoquée à la colère, mais a le mot amour partout dans ce chapitre au lieu de charité, dans lequel toutes les versions et éditions précédentes sont d'accord. En bref, c'est la lecture de Coverdale, Matthews, Cranmer, Genève et d'autres ; et notre propre version autorisée est la seule que j'aie vue où cette fausse lecture apparaît.

    Quant aux anciennes versions, toutes, la Vulgate, la Syriaque, l'Arabe, l'Éthiopique, la Copte et l'Italienne, suivent strictement le texte grec ; et ne fournissent aucun mot qui tende à abaisser la signification du ο de l'apôtre.υ παροξυνεται, n'est pas provoqué ; il n'y a pas non plus ici de lecture diverse dans tous les nombreux MSS. Il est important de faire ces observations, parce que la version commune de cet endroit détruit le sens de l'apôtre, et le fait parler très improprement. Si l'amour est provoqué, il cesse d'être de l'amour ; et s'il n'est pas facilement provoqué, cela veut dire, comme le disent presque tous les commentateurs, que dans des cas particuliers il peut être provoqué ; et ils en donnent l'exemple dans le cas de Paul et Barnabé, Actes 15 :39; mais j'ai suffisamment justifié ce passage dans ma note sur cet endroit, et donné en grand le sens du mot παροξυνω; et c'est à cet endroit que je demande la permission de renvoyer le lecteur. Les paroles mêmes de l'apôtre dans 1 Corinthiens 13:7, sont une preuve suffisante que l'amour dont il parle ne peut jamais être provoqué. Quand l'homme qui possède cet amour cède à la provocation, il perd l'équilibre de son âme, et blesse l'Esprit de Dieu. A ce moment-là, il cesse d'aimer Dieu de toute son âme, de toute sa pensée et de toute sa force ; et s'il s'aigrit contre son prochain, il ne l'aime pas comme lui-même. On dit généralement que, bien qu'un homme puisse se sentir fortement irrité contre le péché, il peut ressentir une tendre préoccupation pour le pécheur. L'irritation, quelle qu'elle soit, est incompatible avec l'autogestion, et par conséquent avec la paix intérieure et la communion avec Dieu. Quelle que soit l'opinion favorable que nous ayons de notre propre état, et quel que soit notre effort pour trouver des excuses aux accès de passion, etc., le témoignage de Dieu est le suivant : L'amour ne se provoque pas ; et si je n'ai pas un tel amour, quoi que je puisse posséder d'autre, cela ne me sert à rien.

    (9.)

    Ne pense pas au mal - Ουλογιζεται το κακον- "Ne croit pas au mal là où il n'y en a pas." Ne suppose jamais qu'une bonne action puisse avoir un mauvais motif ; accorde à tout homme le crédit de sa profession de religion, de sa droiture, de son zèle pieux, etc. alors qu'on ne voit rien dans sa conduite ou dans son esprit qui soit incompatible avec cette profession. Son cœur est tellement gouverné et influencé par l'amour de Dieu, qu'il ne peut penser au mal que là où il apparaît. L'original implique qu'il n'invente ni ne conçoit aucun mal, ou qu'il ne raisonne pas sur un acte ou une parole particulière de manière à en déduire le mal, car cela détruirait son amour pour son frère, ce serait ruineux pour la charité et la bienveillance.

    1 Corinthiens 13:6

    (10.)

    Ne se réjouit pas de l'iniquité - Ου χαιρει επι τῃ αδικιᾳ- Ne se réjouit pas du mensonge, mais au contraire, se réjouit de la vérité : ce sens que l'αδικια a dans différentes parties de l' Écriture. A première vue, ce caractère de l'amour semble dire peu de choses en sa faveur ; car qui peut se réjouir de l'injustice ou de la fausseté ? Mais n'est-il pas fréquent que des personnes, qui ont reçu une injure quelconque, et qui n'ont pas voulu se venger, mais qui ont peut-être laissé à Dieu le soin de le faire, se consolent, lorsque le malheur s'abat sur le pécheur, de ce qui leur paraît une preuve que Dieu a vengé leurs querelles, et se réjouissent, au moins secrètement, de ce que l'homme souffre de ses méfaits ? N'est-ce pas là, en quelque sorte, se réjouir de l'iniquité ? De même, n'est-il pas courant que des personnes intéressées se réjouissent des succès d'une guerre injuste et sanglante, du saccage et de l'incendie de villes et de villages, et la joie n'est-elle pas toujours proportionnelle au massacre de l'ennemi ? Et ces gens-là se disent chrétiens ? On peut donc s'attendre à ce que Moloch et ses sous-démons ne soient pas si loin derrière cette description des chrétiens qu'ils rendent leur cas complètement désespéré. Si de tels chrétiens peuvent être sauvés, les démons ne doivent pas désespérer !

    (11.)

    Mais se réjouit de la vérité - Αληθεια- Tout ce qui est opposé au mensonge et à l'irréligion. Ceux qui sont remplis de l'amour de Dieu et des hommes se réjouissent de la propagation et de l'extension de la vérité divine - de la diffusion de la vraie religion, par laquelle seule la paix et la bonne volonté peuvent être diffusées sur toute la terre. Et parce qu'ils se réjouissent de la vérité, ils ne persécutent ni n'entravent la vraie religion, mais l'aident à progresser de toutes leurs forces.

    1 Corinthiens 13:7

    (12.)

    Supporte tout - Παντα στεγει. Ce mot est aussi diversement interprété : endurer, supporter, soutenir, couvrir, dissimuler, contenir. L'évêque Pearce soutient qu'il faut traduire covereth all things, et produit plusieurs raisons plausibles pour cette traduction ; la plus forte est que la traduction commune le confond avec endureth all things, dans le même verset. Nous savons bien que c'est une propriété importante et distinctive de l'amour de couvrir et de dissimuler la faute d'autrui ; et il est certainement préférable de considérer le passage sous cet angle plutôt que sous celui de notre version commune ; et cela s'accorde parfaitement avec ce que St. Pierre dit de la charité, 1 Pierre 4:8; : Elle couvrira la multitude des péchés ; mais il n'y a pas de preuves suffisantes que l'original portera pleinement ce sens ; et peut-être vaudrait-il mieux le prendre dans le sens de contenir, retenir, comme un vase fait de la liqueur ; ainsi Platon a comparé les âmes des insensés à un crible, et ne pouvant, στεγειν δια απιστιαν τεκαι ληθην, de contenir quoi que ce soit par l'infidélité et l'oubli. Voir Parkhurst et Wetstein. Certaines versions ont στεργει, aime, ou est chaleureusement affectionné à toutes choses ou personnes. Mais la véritable signification doit être trouvée soit dans couvrir, soit dans contenir. L'amour cache tout ce qui doit être caché ; ne trahit aucun secret ; retient la grâce donnée ; et va en augmentant continuellement. Une personne sous l'influence de cet amour ne fait jamais des péchés, des folies, des fautes ou des imperfections d'aucun homme, un sujet de censure ou de conversation. Il les couvre autant qu'il le peut ; et s'il est seul à les connaître, il en garde la connaissance dans son propre sein autant qu'il le doit.

    (13.)

    Ilcroit tout - Παντα πιστευει- Il est toujours prêt à croire le meilleur de chaque personne, et ne crédite aucun mal d'une personne que sur les preuves les plus positives ; reçoit volontiers tout ce qui peut tendre à l'avantage de toute personne dont le caractère a pu souffrir de l'obloquerie et de la détraction ; ou même à juste titre, en raison de sa mauvaise conduite.

    (14.)

    Espère tout - Παντα ελπιζει- Quand il n'y a plus de place pour croire au bien d'une personne, alors l'amour intervient avec son espérance, là où il n'a pu agir par sa foi ; et commence immédiatement à faire des tolérances et des excuses, autant qu'une bonne conscience peut le permettre ; et plus loin, anticipe le repentir du transgresseur, et son rétablissement dans la bonne opinion de la société et sa place dans l'Église de Dieu, d'où il était tombé.

    (15.)

    Endure tout - Παντα ὑπομενει- Supporte toutes les persécutions et les mauvais traitements de la part des ennemis déclarés et des amis professés ; supporte les adversités avec un esprit égal, comme il se soumet avec une résignation parfaite à toute dispensation de la providence de Dieu ; et ne dit jamais d'une épreuve, d'une affliction ou d'une insulte, cela ne peut être supporté.

    1 Corinthiens 13:8

    (16.)

    Lacharité ne faiblit jamais - Ἡ αγαπη ουδεποτε εκπιπτει-. Cet amour ne défaille jamais, parce qu'il supporte, croit, espère et endure toutes choses ; et tant qu'il le fait, il ne peut faillir ; il est le moyen de conserver toutes les autres grâces ; en effet, à proprement parler, il les comprend toutes ; et toutes reçoivent de lui leur perfection. L'amour de Dieu et des hommes ne peut jamais être supprimé. Il est essentiel à la vie sociale et religieuse ; sans lui, aucune communion ne peut être maintenue avec Dieu ; et aucun homme ne peut être préparé à la gloire éternelle si son cœur et son âme n'en sont pas profondément imprégnés. Sans elle, il n'y a jamais eu de vraie religion, et il n'y en aura jamais ; et non seulement elle est nécessaire pendant la vie, mais elle existera pendant toute l'éternité. Que serait un état de béatitude s'il ne comprenait pas l'amour de Dieu et des esprits humains dans les degrés les plus exquis, les plus raffinés et les plus parfaits ?

    Les prophéties - échoueront - Que le mot implique la prédiction d'événements futurs, ou l'enseignement des vérités de la religion aux hommes, tout cela sera bientôt rendu inutile. Bien que le prophète précis et le prédicateur éloquent et persuasif soient utiles en leur temps, ils ne le seront pas toujours ; leurs dons ne les rendront pas aptes à la gloire ; rien d'autre que l'amour décrit ci-dessus ne peut rendre une âme apte au royaume de Dieu.

    Leslangues - cesseront - Le don miraculeux de langues différentes, qui cessera bientôt, comme inutile.

    Laconnaissance - disparaîtra - Tous les arts et toutes les sciences humaines, comme étant totalement inutiles dans le monde éternel, bien que si exaltés et utiles ici-bas.

    1 Corinthiens 13:9

    Car nous connaissons en partie - Nous n'avons ici que peu de connaissance, même des choses terrestres, et encore moins des choses célestes. Celui qui sait le plus sait peu de choses en comparaison de ce que savent les anges et les esprits des justes rendus parfaits. Et comme nous savons si peu, combien devons-nous être déficients si nous n'avons pas beaucoup d'amour ! Les anges peuvent s'étonner de l'imperfection de nos connaissances ; et les esprits séparés peuvent s'étonner de la perfection des leurs, ayant obtenu tellement plus par suite de leur séparation du corps, qu'ils ne pouvaient concevoir d'être possible pendant qu'ils étaient dans ce corps. Lorsque Sir Isaac Newton eut fait de si étonnantes découvertes dans les lois de la nature, dépassant de beaucoup tout ce qui avait été fait par tous ses prédécesseurs en science depuis les jours de Salomon, un de nos poètes, considérant le peu de connaissances humaines en comparaison de celles que possèdent les habitants du ciel, réduisit ses méditations sur ce sujet à l'épigramme nerveuse et expressive suivante : -

    Les êtres supérieurs, lorsque dernièrement ils ont vu

    Un homme mortel expliquer toutes les lois de la nature,

    Admirèrent une telle sagesse sous une forme terrestre,

    Et ont montré notre Newton comme on montre un singe.

    Ces belles lignes sont une paraphrase d'une phrase de Platon, à qui notre poète emprunte sans reconnaître sa dette. Les mots sont les suivants : ανθρωπον ὁ σοφωτατος προς θεο.ν πιθηκος φανειται - " Le plus sage des mortels ne paraîtra qu'un singe dans l'estime de Dieu." Vid. Hipp. Maj. vol. xi. p. 21. Edit. Bipont.

    Nous prophétisons en partie - Même les prophètes les plus sublimes n'ont pu dire que peu de choses sur l'état céleste ; et les meilleurs prédicateurs ont laissé à l'Esprit de Dieu une grande part de responsabilité. Et si nous n'avions pas plus de connaissances religieuses que celles que nous pouvons tirer des hommes et des livres, et si nous n'avions pas plus d'instruction dans la connaissance de Dieu et de nous-mêmes que celle que nous tirons de la prédication, notre expérience religieuse serait vraiment faible. Pourtant, il est de notre devoir d'acquérir toutes les connaissances possibles ; et comme la prédication est le moyen ordinaire par lequel il plaît à Dieu d'instruire et de convertir l'âme, nous devons l'utiliser avec diligence et reconnaissance. Car nous n'avons ni raison ni Écriture de supposer que Dieu nous donnera immédiatement de lui-même ce qu'il a promis de transmettre uniquement par des moyens. Même cela, sa bénédiction le rend efficace ; et, après tout, son Esprit fournit beaucoup de choses que l'homme ne peut enseigner. Tout prédicateur devrait veiller à inculquer cela au cœur de ses auditeurs. Lorsque vous aurez appris tout ce que vous pouvez de vos ministres, rappelez-vous que vous avez beaucoup à apprendre de Dieu ; et pour cela, vous devez attendre diligemment de lui par la lecture de sa parole et par une prière incessante.

    1 Corinthiens 13:10

    Mais lorsque ce qui est parfait - l'état de bénédiction éternelle - et ce qui est en partie - l'imparfait - seront supprimés, l'imparfait ainsi que l'état de probation cesseront pour toujours.

    1 Corinthiens 13:11

    Quand j'étais enfant - Cet état futur de béatitude est aussi loin de la plus grande perfection que l'on puisse atteindre en ce monde, que notre état adulte de chrétien est au-dessus de notre état d'enfance naturelle, dans lequel nous ne comprenons que ce que les enfants comprennent ; nous ne parlons que de quelques mots articulés et brisés, et nous ne raisonnons que comme les enfants raisonnent ; nous avons peu d'idées, peu de connaissances, mais ce que l'on peut appeler un simple instinct, et cela bien moins parfait que l'instinct de la création brute ; et nous n'avons aucune expérience. Mais quand nous sommes devenus des hommes-adultes, ayant acquis une grande connaissance des hommes et des choses, nous avons parlé et raisonné plus correctement, ayant laissé de côté toutes les manières et les habitudes de notre enfance.

    1 Corinthiens 13:12

    Nous voyons maintenant à travers une vitre, dans l'obscurité - Δι'εσοπτρου εν . Une explication littérale de ces mots est nécessaire. Le mot εσοπτρον, que nous traduisons par verre, signifie littéralement un miroir ou un réflecteur, de εις , à οπτομαι , je regarde ; et parmi les anciens, les miroirs étaient certainement en métal fin et poli. Le mot ici peut signifier toute chose par laquelle l'image d'une personne est reflétée, comme dans notre regard, ou regarder dans du verre. Le mot n'est pas utilisé pour désigner un verre à travers lequel on peut regarder, et une telle image n'aurait pas été compatible avec le dessein de l'apôtre.

    Le εσοπτρον ou miroir, est mentionné par certains des plus anciens écrivains grecs ; ainsi Anacréon, Ode xi. ver. 1 : -

    Αεγουσιν αἱ γυναικες ,

    Ανακρεων, γερων ει-

    Ααβων ΕΣΟΠΤΡΟΝ αθρειπ

    Κομας μεν ουκετ 'ουσας .

    Les femmes me le disent,

    Anacréon, tu es devenu vieux ;

    Prends ton miroir, et regarde

    Comme il reste peu de tes cheveux.

    Et encore, dans l'Ode xx. ver. 5 : -

    Εγω δ 'εσοπτρον ειην ,

    Ὁπως αει βλεπης με .

    J'aimerais être un miroir

    Que tu puisses toujours regarder en moi.

    Dans Exode 38:8, nous rencontrons le terme "miroir" ; mais l'original est מראת maroth, et devrait être traduit par "miroir" ; car c'est à partir de ces mêmes articles, que nous traduisons absurdement par "miroir", qu'a été faite la bassine d'airain !

    Dans la version grecque, le mot εσοπτρον ne se trouve pas mais deux fois, et cela dans les livres apocryphes.

    Dans le livre de la Sagesse de Salomon 7:26, en parlant de la sagesse, l'auteur dit "Elle est l'éclat de la lumière éternelle, και εσοπτρον ακηλιδωτον , et le miroir sans tache de la puissance de Dieu, et l'image de sa bonté." Dans Ecclus. 12:11, exhortant à ne pas faire confiance à un ennemi, dit-il : "S'il s'humilie et s'accroupit, prends garde à lui et garde-toi de lui, et tu seras pour lui", ὡς εκμεμαχως εσοπτρον , comme si tu avais essuyé un miroir, et tu sauras que sa rouille n'a pas été complètement effacée." Tous ces passages doivent être compris en termes de métal poli, et non de verre, qui, bien qu'il ait existé chez les Romains et d'autres, n'a pourtant été que très peu perfectionné ; et quant au meulage et à l'argenture du verre, ce sont des inventions modernes.

    Certains ont pensé que l'apôtre se réfère à quelque chose de télescopique, par lequel des objets distants et petits deviennent visibles, bien que leurs surfaces deviennent plus sombres en proportion du quantum du pouvoir grossissant ; mais cela est trop raffiné ; il semble simplement se référer à un miroir par lequel les images étaient rejetées, et non à des pouvoirs diaphanes et grossissants, à travers lesquels les objets étaient perçus.

    Peut-être la vraie signification des mots δι'εσοπτρου εν αινιγματι , à travers une vitre sombre, peut être trouvé parmi les écrivains juifs, qui utilisent un terme similaire pour exprimer presque la même chose à laquelle l'apôtre fait référence. Une révélation de la volonté de Dieu, en termes clairs et explicites, est appelée par eux מאירה אספקלריא aspecularia maira, un verre clair ou lucide, ou spéculaire en référence, specularibus lapidibus, aux pierres polies diaphanes, utilisées par les anciens pour les fenêtres au lieu du verre. Une obscure prophétie qu'ils ont appelée נהריא דלא אספקלריא aspecularia dela naharia, "un spéculaire qui n'est pas clair"

    Nombres 12:6; : S'il y a un prophète - moi, l'Éternel, je me ferai connaître à lui dans une vision, et je lui parlerai dans un songe ; Rab. Tanchum explique ainsi : "Ma Shechinah ne lui sera pas révélée, מאירה באספקלריא beaspecularia maira, dans un spéculaire lucide, mais seulement dans un rêve et une vision."

    Sur Ezéchiel 1:4, Ezéchiel 1:5; : Et je regardai, et voici un tourbillon - une grande nuée, et un feu qui se déploie, etc. ; Sohar Chadash, fol. 33, dit : "C'est une vision נהרא דלא באספקלריא beaspecularia dela nahara, par un obscur ou sombre spéculaire."

    Il ressort d'une grande variété d'exemples produits par Schoettgen que les lapins font une grande différence entre voir à travers le verre lucide ou spéculaire, et voir à travers l'obscur. Le premier est attribué uniquement à Moïse, qui a parlé avec Dieu face à face, c'est-à-dire à travers le spéculaire lucide ; et entre les autres prophètes, qui l'ont vu en rêve et en vision, c'est-à-dire à travers le spéculaire obscur. Dans ces distinctions et paroles des anciens Juifs, nous devons chercher ce à quoi l'apôtre fait allusion. Voir Schoettgen.

    Le mot αινιγματι , que nous rendons sombre, nous aidera à comprendre le vrai sens du lieu. Voici M. Parkhurst du terme et de la chose :"Αινιγμα , de ηνιγμαι, le parfait passif de ισυιττω , pour suggérer, intime, signifier avec un certain degré d'obscurité; une énigme, dans laquelle une chose répond ou se tient en correspondance ou en tant que représentant d'une autre, qui lui est semblable à certains égards ; se trouve 1 Corinthiens 13 :12; : Or - dans cette vie, nous voyons au moyen d'un miroir qui reflète les images des choses célestes et spirituelles, εν αινιγματι , d'une manière énigmatique, les choses invisibles étant représentées par le visible, le spirituel par le naturel, l'éternel par le temporel ; mais alors - dans le monde éternel, face à face, chaque chose étant vue en elle-même, et non au moyen d'un représentant ou d'une similitude."

    Maintenant, je sais en partie - bien que j'aie une révélation immédiate de Dieu concernant son grand dessein dans la dispensation de l'Evangile, il y a cependant des longueurs, des largeurs, des profondeurs et des hauteurs de ce dessein, que même cette révélation n'a pas découvertes ; et elles ne peuvent être connues et appréhendées dans l'état imparfait actuel. Seule l'éternité peut déployer tout le plan de l'Évangile.

    Comme - je suis connu - de la même manière que les esprits désincarnés connaissent et comprennent.

    1 Corinthiens 13:13

    Et maintenant [dans cette vie présente] demeurent la foi, l'espérance, la charité - Ces trois éléments remplacent la vision directe qu'aucun esprit humain incarné ne peut avoir ; ils demeurent ou restent dans l'état présent. La foi, par laquelle nous appréhendons les bénédictions spirituelles et marchons avec Dieu. L'espérance, par laquelle nous voyons et attendons la bénédiction éternelle, et traversons les choses temporelles pour ne pas perdre celles qui sont éternelles. La charité ou l'amour, par lequel nous montrons les vertus de la grâce que nous recevons par la foi en menant une vie d'obéissance à Dieu, de bonne volonté et d'utilité pour l'homme.

    Mais la plus grande de ces vertus est la charité - Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu ; et sans elle, nous ne pouvons pas participer à la grâce de notre Seigneur Jésus ; sans l'espérance, nous ne pourrions pas supporter, comme voyant celui qui est invisible ; ni avoir une notion adéquate du monde éternel ; ni supporter les afflictions et les difficultés de la vie : mais si grandes, si utiles et si indispensables que soient ces vertus, la charité ou l'amour est plus grand : L'amour est l'accomplissement de la loi, mais on ne dit jamais cela de la foi ou de l'espérance.

    Il est peut-être nécessaire d'entrer plus particulièrement dans la considération de la conclusion de ce chapitre très important.

    1. L'amour est proprement l'image de Dieu dans l'âme, car Dieu est Amour. Par la foi, nous recevons de notre Créateur ; par l'espérance, nous attendons un bien futur et éternel ; mais par l'amour, nous ressemblons à Dieu ; et par lui seul, nous sommes qualifiés pour jouir du ciel et être un avec lui pendant toute l'éternité. La foi, dit-on, est le fondement de la vie chrétienne et des bonnes œuvres ; l'espérance en élève la superstructure ; mais l'amour la termine, l'achève et la couronne dans une éternité bénie. La foi et l'espérance ne respectent que nous-mêmes ; l'amour prend en compte à la fois Dieu et l'homme. La foi nous aide, et l'espérance nous soutient ; mais l'amour envers Dieu et les hommes nous rend obéissants et utiles. Cette seule considération suffit à montrer que l'amour est plus grand que la foi ou l'espérance.
  • Certains disent que l'amour est le plus grand parce qu'il demeure dans l'éternité, tandis que la foi et l'espérance ne procèdent que par la vie ; c'est pourquoi nous disons que là, la foi se perd dans la vue, et l'espérance dans la réalisation. Mais est-ce l'apôtre qui le dit ? Ou est-ce que tout homme inspiré par Dieu le dit ? Je ne le crois pas. La foi et l'espérance entreront aussi nécessairement dans la gloire éternelle que l'amour. Les perfections de Dieu sont absolues dans leur nature, infinies en nombre, et éternelles dans leur durée. Si haute, si glorieuse, si sublime que soit l'âme dans cet état éternel, elle sera toujours, par rapport à Dieu, limitée dans ses pouvoirs, et devra être améliorée et développée par les communications de l'Être suprême. C'est pourquoi il y aura dans la nature de Dieu des gloires infinies à appréhender par la foi, à anticiper par l'espérance et à jouir par l'amour.
  • D'après la nature des perfections divines, il doit y avoir en elles des gloires infinies qui doivent être des objets de foi pour les esprits désincarnés, parce qu'il est impossible qu'elles soient expérimentalement ou possessivement connues par une créature quelconque. Même dans le ciel des cieux, nous marcherons par la foi, et non par la vue, en ce qui concerne les excellences infinies et éternelles de Dieu. Nous créditerons l'existence de gloires infinies et illimitées en lui, qui, de par leur nature absolue et infinie, doivent être incommunicables. Et comme la nature même de l'âme la montre capable d'une croissance et d'un perfectionnement éternels, les communications de la Déité, qui doivent produire cette croissance et opérer ce perfectionnement, doivent être des objets de foi pour le pur esprit ; et, si elles sont des objets de foi, elles sont par conséquent des objets d'espérance ; car comme l'espérance est "l'attente d'un bien futur", il est inséparable de la nature de l'âme de connaître l'existence de tout bien réalisable sans en faire immédiatement un objet de désir ou d'espérance. Et n'est-ce pas là ce qui constituera le bonheur éternel et progressif de l'esprit immortel : savoir, d'après ce qu'il a reçu, qu'il y a infiniment plus à recevoir, et désirer être mis en possession de tout bien communicable dont il connaît l'existence ?
  • Comme la foi avance à la vue, l'espérance avance au désir ; et Dieu continue à communiquer, chaque communication faisant place à une autre, en préparant l'âme à une plus grande jouissance, et cette jouissance doit produire l'amour. Dire que l'âme ne peut avoir ni foi ni espérance dans un état futur, c'est dire que, dès qu'elle entre dans le ciel, elle est aussi heureuse qu'elle peut l'être ; et cela revient à exclure toute croissance dans l'état éternel, et toutes les manifestations et communications progressives de Dieu ; et par conséquent à fixer un esprit, qui est une composition de désirs infinis, dans un état de similitude éternelle, dans lequel il doit être grandement changé dans sa constitution pour trouver une satisfaction sans fin.
  • Pour résumer le raisonnement sur ce sujet, je crois nécessaire d'observer,
  • Que le terme de foi doit être pris ici dans le sens général du mot, pour la croyance qu'une âme a de l'infinie suffisance et de la bonté de Dieu, en conséquence des découvertes qu'il a faites de lui-même et de ses desseins, soit par révélation, soit immédiatement par son Esprit. Or, nous savons que Dieu s'est révélé non seulement par rapport à ce monde, mais aussi par rapport à l'éternité ; et une grande partie de notre foi est employée dans les choses qui se rapportent au monde éternel et aux jouissances de cet état.
  • L'espérance doit être prise dans son acception courante, c'est-à-dire l'attente d'un bien futur ; cette attente est nécessairement fondée sur la foi, comme la foi est fondée sur la connaissance. Dieu donne une révélation qui concerne les deux mondes, contenant des promesses extrêmement grandes et précieuses relatives aux deux. Nous croyons ce qu'il a dit sur sa propre véracité ; et nous espérons jouir des bénédictions promises dans les deux mondes, parce qu'il est fidèle, lui qui a promis.
  • De même que les promesses se rapportent aux deux mondes, de même la foi et l'espérance auxquelles ces promesses se rapportent doivent être des objets.
  • Les jouissances dans le monde éternel sont toutes spirituelles, et doivent provenir immédiatement de Dieu lui-même.
  • Dieu, dans la plénitude de ses excellences, est aussi incompréhensible pour un esprit glorifié que pour un esprit résidant dans la chair et le sang.
  • Toute nature créée, intellectuelle, est capable d'un perfectionnement éternel.
  • Si voir Dieu tel qu'il est est essentiel au bonheur éternel des esprits béatifiés, les découvertes qu'il fait de lui-même doivent être graduelles, car il est impossible qu'une nature infinie et éternelle puisse se manifester autrement à une nature créée et limitée.
  • Comme les perfections de Dieu sont infinies, elles peuvent être éternellement manifestées, et, après toutes les manifestations, il doit rester une infinité de perfections à découvrir.
  • Comme toute âme qui a une idée juste de Dieu doit savoir qu'il est possédé de toutes les perfections possibles, ces perfections, étant objets de connaissance, doivent être objets de foi.
  • 10. Tout esprit saint se sent possédé de désirs illimités pour la jouissance du bien spirituel, et la foi en l'infinie bonté de Dieu implique nécessairement qu'il satisfera tous les désirs qu'il a excités.

    11. Le pouvoir de satisfaire, dans l'être divin, et la faculté d'être satisfait, dans l'esprit immortel, exciteront nécessairement des désirs continuels, lesquels désirs, sur l'évidence de la foi, produiront aussi nécessairement l'espérance, qui est l'attente du bien futur.

    12. Toutes les perfections possibles en Dieu sont les objets de la foi ; et la communication de toutes les bénédictions possibles, l'objet de l'espérance.

    13. La foi avance pour appréhender, et l'espérance pour anticiper, à mesure que Dieu continue à découvrir ses gloires et ses perfections sans limites.

    14. Ainsi découvertes et désirées, leurs influences se communiquent, l'amour les possède, il est excité et augmenté par la communication.

    15. En ce qui concerne celles qui sont communiquées, la foi et l'espérance cessent, et vont vers de nouvelles appréhensions et anticipations, tandis que l'amour continue à retenir et à jouir de l'ensemble.

    16. Ainsi se maintient un intérêt éternel, et des bénédictions infinies, en une succession sans fin, sont appréhendées, anticipées et appréciées.

    1. Mon opinion selon laquelle la foi et l'espérance, ainsi que l'amour, se poursuivront dans un état futur, paraîtra sans doute singulière à beaucoup de ceux qui ont généralement considéré les deux premiers comme devant nécessairement se terminer dans ce bas monde ; mais cela provient d'une notion impropre de l'état béatifié, et d'une inattention à l'état et à la capacité de l'âme. Si elle y a les mêmes facultés qu'ici, quelque améliorées qu'elles soient, elle doit acquérir son bonheur de l'Être suprême par la voie de la communication, et cette communication doit nécessairement être graduelle pour les raisons déjà alléguées ; et si elle est graduelle, il doit y avoir (si dans cet état nous avons quelque connaissance de la nature divine) la foi que ces choses existent et peuvent être communiquées ; le désir de les posséder parce qu'elles sont bonnes ; et l'espoir que ces bonnes choses seront communiquées.
    2. Je conclus donc de ces raisonnements et d'une multitude d'autres que l'on pourrait faire valoir à ce sujet, que la foi et l'espérance existeront dans le monde éternel aussi bien que l'amour ; et que là, comme ici, on peut dire à l'infini que la plus grande de ces choses est l'amour. C'est donc avec beaucoup d'à-propos que l'apôtre exhorte à suivre l'amour, car il est si essentiel à notre confort et à notre bonheur ici, et à notre béatification dans le monde éternel ; et nous avons déjà vu combien la foi et l'espérance sont nécessaires à cette même fin.

    Adam Clarke Bible Commentary — Adam Clarke. Domaine public