Dictionnaires bibliques

Mort

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Mort », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

Voir Meurtre, et Peines.

Conjurer les morts, voir Python, Mer Morte, voir Mer. Le nom de mort a, dans l’Écriture, différentes significations que l’on ne doit pas confondre : d’abord le sens simple et matériel, la séparation du corps et de l’âme, la fin de la vie physique, la mort qui est entrée dans le monde avec le premier péché, comme un dérangement, un affaiblissement de la nature primitive qui avait été créée saine et immortelle. Cette mort n’est point naturelle ; c’est, au contraire, un accident violent dont la nature a été troublée, mais qui a passé dans le cours ordinaire des choses comme le péché. Puis l’ensemble de la vie actuelle, négation permanente de la vie primitive, est également désigné dans l’Écriture sous le nom de mort ; l’homme ne vit pas, il est mort dans ses fautes et dans ses péchés (Éphésiens 2.1). Cette mort est aussi appelée la colère de Dieu, et il faut en être délivré pour hériter le royaume du bonheur éternel (Éphésiens 2.3). Si cette mort se consomme, elle est appelée la condamnation ; c’est dans ce sens que la parole de Dieu, qui parle d’une nouvelle naissance, parle aussi de la conversion comme d’une résurrection (Colossiens 3.1). Enfin, il faut distinguer le sens mystique du mot, la mort du chrétien au monde et à la vie extérieure, la mort des sens, dont la mort de Christ a été l’image sans préjudice à sa propre réalité ; elle est appelée une vie cachée avec Christ en Dieu (Colossiens 3.3). Celui qui est mort au monde a cessé d’être sujet à la mort du péché ; le rétablissement de l’être a commencé, il n’attend plus que la résurrection du corps comme dernière délivrance. La mort seconde désigne aussi la damnation éternelle (Apocalypse 20.6-14).

On trouve dans l’Écriture plusieurs expressions poétiques et comparaisons particulières pour rendre l’idée de mort ; mais elles se comprennent facilement. La mort est appelée le roi des épouvantements (Job 18.14) ; les portes de la mort désignent le tombeau (Psaumes 107.18) ; les instruments de mort sont des armes meurtrières ; un fils de la mort, c’est un homme condamné à mourir, ou qui a mérité la mort. L’amour est fort comme la mort, dit Salomon (Cantique 8.6), c’est-à-dire que l’amour triomphe de tout, de même que rien ne peut résister à la mort. Les Hébreux avaient, pour les corps-morts, un grand respect, autant par l’idée de la souillure légale qui résultait de leur contact, qu’à cause de leur croyance en la résurrection des corps ; ils regardaient comme un malheur réel la privation de sépulture (1 Rois 14.11 ; 16.4 ; 21.24 ; Jérémie 7.33 ; 8.2 ; 9.22 ; etc. Ézéchiel 29.5 ; etc. Psaumes 79.3 ; etc.). C’était aux plus proches parents, aux fils, qu’était imposé le devoir d’enterrer leurs pères et leurs mères (Matthieu 8.21). Si un corps restait exposé ou abandonné, il risquait de devenir promptement la proie de bandes de chiens affamés et sans maîtres, ou celle des oiseaux de l’air (1 Rois 14.11 ; 1 Rois 16.4 ; 1 Rois 21.24) ; mais ce cas était rare chez les Juifs, et n’arrivait presque qu’en temps de guerre, car les criminels eux-mêmes étaient ensevelis après leur exécution (Deutéronome 21.23 ; Matthieu 27.58).

Il n’en était pas toujours de même chez les Égyptiens (Genèse 40.19). D’après le Talmud, il y aurait eu à Jérusalem des sépulcres spécialement destinés aux suppliciés. La sépulture, ou enterrement, a été chez les Juifs, dès les temps les plus anciens, la manière ordinaire de faire disparaître les cadavres (Genèse 23.19 ; 25.9 ; 35.8-19 ; Juges 2.9 ; 1 Samuel 25.1 ; Jean 11.17 ; etc.). L’usage grec de les brûler n’existait pas, et le seul exemple que nous en trouvions (1 Samuel 31.12), se présente avec des circonstances extraordinaires, qui ont pu justifier ou provoquer cette mesure également extraordinaire. Saül était rejeté de Dieu ; roi d’Israël, il s’était suicidé, et les usages, comme les nécessités de la guerre, la mutilation, et peut-être la décomposition des corps, exigeaient qu’il en fût ainsi. On peut comparer encore Amos 6.10, dont l’idée principale est que le malheur des temps voudra que les corps soient brûlés (et cela, par les plus proches parents, à défaut d’autres), comme le seul moyen de s’en défaire sans danger. Après l’exil, l’usage de brûler les corps n’entra pas davantage dans les mœurs judaïques ; le Talmud en fait exclusivement une coutume païenne, et Tacite dit aussi que les Juifs ne se défaisaient pas de leurs morts autrement que par l’inhumation.

L’Écriture ne donne pas beaucoup de détails sur les cérémonies funèbres et sur l’ensemble des funérailles ; on peut voir ce que nous avons dit aux articles Cadavres, Deuil, et Sépulcres. Le corps était ordinairement enveloppé de linges (Jean 19.40 ; 11.44), et emporté les pieds devant. Comme on ne se servait pas toujours de bières, il n’était pas besoin d’un long temps entre la mort et la sépulture, on le voit par l’exemple d’Ananias et de Saphira. Anciennement, des pleureuses à gages et des joueurs d’instruments accompagnaient le convoi, auquel devaient se joindre, par respect, tous ceux qui le rencontraient, usage auquel notre Sauveur semble faire allusion (Luc 7.32), et Paul (Romains 12.15).

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

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Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

L’homme ayant mangé du fruit défendu, encourut la peine de mort, pour lui et pour toute sa postérité. Il mourut aussitôt de la mort de l’âme ; et dès ce moment il fut sujet à la mort du corps, qu’il ne souffrit que longtemps après. S’il était demeuré fidèle à Dieu, et qu’il n’eût point violé le précepte qu’il lui avait donné de ne pas manger du fruit défendu, il ne serait point mort, et l’usage du fruit de l’arbre de vie l’aurait conservé dans une santé constante et heureuse ; et après avoir vécu longtemps sur la terre, Dieu l’aurait transporté comme Énoch et Élie, dans une vie absolument immortelle. Les Pères et les conciles enseignent que sans le péché, Adam ne serait pas mort : mais les rabbins croient qu’après avoir très-longtemps vécu, son âme se serait séparée de son corps, sans douleur et sans violence, par le baiser du Seigneur, [Voyez Ange de mort ou Moïse, tradition des Juifs sur sa mort], pour aller jouir d’une vie encore plus heureuse dans l’éternité et l’immortalité.

Il est indubitable que c’est par la jalousie et la malice du démon que la mort est entrée dans le monde (Sagesse 2.24) et que le péché d’Adam a causé la mort à ce premier père et à nous tous (Romains 5.22). Saint Augustin distingue deux sortes d’immortalité dans l’homme, l’une grande, et l’autre moindre. La grande et la plus parfaite immortalité consiste à ne pouvoir mourir : Dieu et les anges jouissent de cette heureuse prérogative. La moindre immortalité consiste à pouvoir ne pas mourir : c’est celle dont Adam jouissait dans l’état d’innocence. Il pouvait, en demeurant dans l’obéissance qu’il devait à son Créateur, éviter la mort en usant du fruit de l’arbre de vie, et de ce moindre degré d’immortalité il pouvait parvenir à celui de ne point mourir, qui est l’état des bienheureux après la résurrection. Il fut donc chassé du paradis après son péché, afin qu’il ne mangeât point du fruit de l’arbre de vie, qui lui aurait procuré une vie éternelle.

Les Sociniens prétendent que le premier homme était créé mortel, et que le péché n’a apporté en cela aucun changement à sa condition. Ils prétendent même s’appuyer de l’autorité des rabbins. Mais ceux-ci soutiennent nettement que si nos premiers pères eussent persévéré dans l’innocence, ils eussent toujours vécu. Menassé Ben-Israël, qui vivait au milieu du siècle passé, soutient que l’immortalité du premier homme est fondée sur l’Écriture, et que plusieurs fameux rabbins qu’il cite sont de ce sentiment. Il montre que cette immortalité d’Adam s’accorde avec la raison, puisque Adam n’avait aucune cause intérieure qui le pût faire mourir, et qu’il n’avait rien à craindre du dehors, vivant dans un lieu délicieux et agréable, où tout lui était soumis, et que le fruit de vie, dont il se devait nourrir, augmentait sa force et entretenait sa santé. Les rabbins soutiennent que cet arbre de vie était d’une grosseur prodigieuse, que toutes les eaux de la terre sortaient de son pied ; que quand on aurait marché cinq cents ans, on aurait eu peine à en faire le tour : ce sont des exagérations ou des expressions figurées. Mais ils ne doutent point qu’il n’eût une vertu vivifiante, et que, par une qualité naturelle que Dieu lui avait donnée, il ne pût conserver l’homme dans un état d’immortalité ; et que ce fut pour empêcher qu’il n’en mangeât et qu’il ne vécût éternellement, que Dieu chassa du paradis le premier homme après sa désobéissance.

Jésus-Christ par sa mort a vaincu la mort el nous a mérité la béatitude et l’immortalité bienheureuses. Ce n’est pas à dire qu’il ait rendu notre âme immortelle, de mortelle qu’elle fut auparavant, ni qu’il nous ait mérité la grâce de ne pas mourir ; il n’a rien changé dans la nature de notre âme, et n’a pas jugé à propos de nous dispenser de la nécessité de mourir ; mais il nous a rendu la vie de la grâce, et nous a mérité par sa résurrection l’immortalité bienheureuse, pourvu que les mérites de son sang et de sa nort nous soient appliqués par la foi et par les sacrements, et que par notre faute nous ne rendions pas vaine la volonté qu’il a de sauver tous les hommes.

Quant à la résurrection des morts, nous en parlerons sous le titre de résurrection.

Le nom de mort se prend dans l’Écriture non-seulement pour la mort du corps et pour celle de l’âme : pour la première mort, qui est celle qui arrive lorsque l’âme se sépare du corps ; et pour la seconde mort, qui est celle de la damnation éternelle ; mais aussi pour un grand danger, un danger éminent [imminent] de mort, pour la peste et les maladies contagieuses, pour le poison, pour un grand malheur. On dit les portes de la mort, pour le tombeau et pour l’état des morts après cette vie ; les vases ou les instruments de la mort, pour des armes meurtrières et dangereuses ; les liens ou les pièges de la mort, pour les pièges que l’on tend à son ennemi pour le faire mourir ; un fils de mort, pour un homme qui mérite la mort, ou qui est condamné à la mort ; la poussière de la mort, pour l’état où un mort est réduit dans le tombeau. L’amour est fort comme la mort, dit Salomon (Cantique 8.6) ; nul ne résiste à la mort, ni à l’amour.

Morts

Mortuus, le Mort. Nous croyons que les Hébreux sous ce nom entendaient quelquefois le faux dieu Adonis. C’est en ce sens que nous expliquons ces paroles de Moïse (Deutéronome 14.1) : Soyez les enfants du Seigneur votre Dieu ; vous ne vous ferez point d’incisions, et vous ne vous raserez point entièrement la tête pour le Mort. C’est qu’on pratiquait tontes ces choses dans le deuil d’Adonis. Et dans un autre endroit (Deutéronome 26.14) les Israélites, venant présenter leurs prémices au Seigneur, font cette profession : Je n’ai point mangé de ceci dans mon deuil, je n’en ai point employé pour une chose impure, je n’en ai point consumé pour les funérailles ; l’Hébreu, à la lettre, je n’en ai rien donné au mort, apparemment à Adonis. Les sacrifices des Morts, dont parle le Psalmiste (Psaumes 105.26), et auxquels il dit que les Hébreux participèrent dans l’abomination de Béelphégor, sont aussi, comme nous le croyons, des sacrifices que l’on offrait en l’honneur de Béelphégor. Voyez notre dissertation sur Béelphégor, imprimée à la tête du commentaire sur les Nombres. [Voyez Donis et Béelphégor].

Morts

Mortuus, coena mortui. Les Hébreux étant persuadés de l’immortalité de l’âme et de la résurrection future, il n’est pas étrange qu’ils aient eu beaucoup de considératiou pour les morts. Ils regardaient comme un souverain malheur d’être privés de la sépulture (Jérémie 8.2 ; 22.14 Ecclésiaste 6.3 2 Machabées 5.10), et les plus gens de bien se faisaient un devoir d’ensevelir les morts, de faire leurs obsèques, de porter à manger sur leurs tombeaux, afin que les pauvres en profitassent (Tobie 1.20 ; 2.10 ; 6.18). Lorsqu’un Israélite venait à mourir dans une maison ou dans une tente, tous ceux qui s’y trouvaient et tous les meubles qui y étaient contractaient une souillure qui durait sept jours (Nombres 19.14-15). Tous ceux aussi qui, à la campagne, touchaient le corps d’un mort de lui-même ou tué, ceux qui touchaient ses os ou son sépulcre étaient aussi impurs pendant sept jours ; et voici la manière dont cette souillure s’expiait. On prenait de la cendre d’une vache rousse immolée par le grand prêtre au jour de l’expiation solennelle (Nombres 19.3-6). On en jetait dans un vase plein d’eau, et un homme exempt de souillure trempait un bouquet d’hyssope dans cette eau, et en arrosait les meubles, la chambre et les personnes souillées. On faisait cette cérémonie le troisième et le septième jour. Mais outre cela il fallait que celui qui avait contracté cette souillure se baignât tout le corps et lavât ses habits le septième jour ; après quoi il était censé parfaitement purifié.

Les rabbins enseignent que l’on ne contractait point de souillure dans les funérailles, à moins que le mort ne fût un Israélite : car pour les gentils, disent-ils, ils souillent pendant leur vie ceux qui les approchent ; mais après leur mort, leur cadavre demeure pur et n’imprime aucune impureté. Les Israélites au contraire pendant leur vie exhalent une odeur de pureté qui sanctifie ceux qui s’en approchent : mais après leur mort, leur âme et le Saint-Esprit les ayant quittés, ils ne sont plus propres qu’à répandre l’infection et la souillure. Les règles que nous avons rapportées, pour la purification de ceux qui avaient touché un mort ou assisté à des funérailles, ne s’observent plus depuis la destruction du temple et depuis qu’on ne fait plus le sacrifice de la vache rousse. Ainsi les Juifs ne se tiennent plus souillés par aucun mort (Voyez Léon de Modène, Cérém des Juifs).

Tous ceux qui se trouvent présents au lieu où un malade vient d’expirer déchirent leurs habits, suivant la très-ancienne coutume des Hébreux ; mais on n’en déchire d’ordinaire que l’extrémité, et de la largeur de la main, moins pour marquer une vive douleur que par cérémonie. Si la déchirure est faite pour un parent, on ne la recoud point ; si c’est pour un étranger, on peut la recoudre au bout de trente jours. C’est un ancien usage de répandre dans la rue toute l’eau qui se trouve dans la maison et dans le voisinage. Les rabbins disent que l’ange exterminateur a lavé dans ces eaux le glaive meurtrier dont il a tué le malade, et qu’il leur a communiqué un poison mortel. Après cela, on met le mort étendu sur le pavé, on lui replie le pouce dans la main, on allume un cierge aux pieds ou à la tête du mort. Ensuite on lave le corps, on met une chemise, et sur la chemise un autre habit de fine toile, dont il se revêtait le jour de l’expiation solennelle ; puis son taled, qui est une pièce d’étoffe carrée, avec des houppes. Enfin on lui met un bonnet blanc sur la tête, et en cet état il est enfermé dans le cercueil.

Dans la Palestine, anciennement, il paraît que les personnes de quelque distinction et qui en avaient le moyen, faisaient embaumer leurs corps ; mais cet usage ne fut jamais général. Saint Jean (Jean 19.39) remarque que Notre-Seigneur fut enveloppé de linges et frotté d’aromates, comme c’est la coutume des Juifs. Nous lisons que l’on brûla ou avec le corps, ou auprès du corps de quelques rois de Juda (2 Chroniques 21.19 ; 16.14 Jérémie 34.5), quantité d’aromates ; mais on ne peut pas assurer qu’il y ait eu aucun usage uniforme sur cela.

Après que le corps a été quelque temps exposé, les parents s’assemblent pour le porter en terre. On l’emporte les pieds devant, selon les rabbins. Anciennement ils avaient des pleureuses à gage et des joueurs d’instruments lugubres, qui accompagnaient le convoi (Jérémie 9.17-18 Matthieu 9.23). Les rabbins disent qu’il n’était pas permis à un Israélite d’avoir moins de deux joueurs d’instruments aux obsèques de sa femme, sans compter la pleureuse à gage ; qui y était toujours. Ceux qui rencontraient une pompe funèbre devaient par honneur se joindre à elle et mêler leurs plaintes à celles des parents du mort. C’est à quoi le Sauveur semble faire allusion, lorsqu’il dit (Luc 7.32) : Nous avons fait des lamentations, et vous n’avez point pleuré avec nous. Et saint Paul veut qu’on pleure avec ceux qui pleurent (Romains 12.15), et qu’on se réjouisse avec ceux qui se réjouissent.

Lorsqu’on est arrivé au cimetière, on place le cercueil à terre ; puis si le mort est de quelque considération, quelqu’un de la compagnie fait son éloge. Après cela, ils font dix fois le tour de la fosse, en récitant une assez longue prière qui commence par ces paroles (Deutéronome 22.4) : Le Dieu fort ; son œuvre est parfaite, etc. Ensuite on descend le mort dans la fosse, le visage tourné vers le ciel. Les plus proches parents jettent les premiers de la terre sur le mort ; puis on remplit la fosse avec une pelle. Ils se retirent du cimetière, marchant en arrière ; et arrachant trois fois de l’herbe, ils la jettent derrière le dos, en disant : Ils fleuriront comme l’herbe de la terre. Ils croient que tous les corps des Juifs se rendent dans la Palestine par des conduits souterrains, ce qu’ils appellent le roulement des morts ou le roulement des cavernes. Ils espèrent ressusciter et jouir de la béatitude en ce pays-là. Ils ne croient pas que l’âme du mort soit reçue dans un lieu de repos, avant que le corps soit réduit en poussière. Ils s’imaginent que pendant l’année qui suit son décès elle va souvent visiter son corps dans le tombeau. On peut consulter notre dissertation sur les funérailles des Hébreux, à la tête de l’Ecclésiastique. [Voyez aussi De l’origine de la crémation, ou de l’Usage de brûler les corps ; dissertation traduite de l’anglais de Jamieson, membre de la société royale d’Edimbourg ; par Boulard, Paris, 1821].

Morts

État des morts après leur décès. Voyez ci-devant âmes.

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

L’article dans Calmet

Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

Dans la Bible, ce mot possède plusieurs sens, qu’il faut examiner successivement.

I Dans l’Ancien Testament

1.

Le sens le plus habituel est évidemment celui de cessation de la vie. Mais qu’est-ce qui meurt ? est-ce la personnalité tout entière, ou seulement l’une de ses parties ? Rappelons ce qu’était l’être humain aux yeux des Hébreux. L’Ancien Testament présente deux conceptions anthropologiques. L’une divise l’homme en deux éléments, le corps et l’âme (à laquelle on donne aussi le nom d’esprit) ; cette âme représente le principe de vie et s’identifie presque avec le sang ; lorsque l’âme se sépare du corps, la mort survient, soit immédiatement, soit au plus tard lors de la décomposition du corps. C’est l’âme qui descend au Cheol. L’autre conception ne fait que développer le récit de Genèse 2.4-3.22 (cf. Genèse 2.7 : l’Éternel… souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint une âme vivante). L’homme est composé de trois éléments : le corps, l’âme et l’esprit ; l’esprit, c’est le souffle divin indispensable à la vie ; (cf. Habakuk 2.19) l’âme privée de cet esprit meurt aussitôt et le Cheol l’accueille, mais l’esprit ne meurt jamais, il quitte le corps et retourne à Dieu ; voir (Psaumes 146.4 ; Ecclésiaste 12.9) Esprit.

2.

Que devient l’âme dans le séjour des morts (voir Eschatologie, Cheol) ? Notons d’abord que l’Ancien Testament n’emploie jamais le terme d’âme ou d’esprit pour désigner les morts ; dans le Cheol n’existent que des ombres (1 Samuel 28.13 dit même « un dieu »). La condition de ces ombres est décrite de deux façons nettement distinctes :

(a) les morts sont dans un état d’activité considérable et de pleine conscience. Ils sont appelés en hébreu ideônim, littéralement « ceux qui savent », les initiés, familiers avec les choses d’outre-tombe, et auxquels on peut demander conseils ou précieuses informations (cf. Lévitique 19.31 ; Lévitique 20.6 ; Ésaïe 8.10 ; Ésaïe 19.3, où nos versions traduisent par esprits, devins, avenir). Un exemple frappant de cette croyance est fourni par la scène de nécromancie d’En-Dor (1 Samuel 28).

(b) Les morts sont dans un état d’inconscience, d’oubli et de silence (Psaumes 88.12 ; Psaumes 94.17 ; Psaumes 115.17 etc.). Ceux qui descendent au Cheol n’ont plus aucune communion avec Dieu (Ésaïe 38), ils sont plongés dans un repos inconscient (Job 3.17 ; Ecclésiaste 9.10 etc.).

3.

Pourquoi la mort existe-t-elle ? Cette question devait inévitablement se poser. L’Ancien Testament présente souvent la mort comme une punition du péché et de l’injustice. Toutefois, dans un passage comme Deutéronome 30.15 ; Deutéronome 30.19, la force des antithèses employées (vie et mort, bien et mal) montre qu’il s’agit d’un fait dont le sens ne correspond pas exactement à la mort naturelle ; de même dans Ézéchiel 18.4 et Proverbes 15.10. Lorsque la mort est représentée comme un châtiment, il s’agit en réalité d’une expérience religieuse intime qui dépasse les conditions de la présente vie. D’ailleurs rappelons-nous la belle expression : « mourir de la mort du juste » (Nombres 23.10, cf. Psaumes 116.15 ; Proverbes 14.32, etc.), qui marque aussi une expérience religieuse personnelle. En réalité, l’Ancien Testament ne dit rien sur la raison d’être de la mort ; même le récit de la chute (Genèse 3) n’est pas une véritable explication du rôle de la mort dans le monde ; Adam et Eve ne meurent pas le jour même de leur transgression, et le verset 22 laisse entendre que, même après la faute, si seulement l’homme avait mangé du fruit de l’arbre de vie, il aurait échappé à la mort. Enfin, dans Ésaïe 25.7 et suivant se montre l’idée de l’anéantissement final de la mort lorsque Dieu l’aura décidé, pensée que reprendra l’apôtre Paul (1 Corinthiens 15.54) en s’inspirant de Osée 13.14.

4.

Les Apocryphes apportent maints renseignements sur les préoccupations du judaïsme concernant la mort. La Sagesse (chapitres 1-5) décrit l’attitude de l’impie à l’égard de la mort, aborde le problème de la mort prématurée du juste et celui du sort final des bons et des méchants. Le Siracide avait également abordé ces questions ; pour alléger les tristesses de la mort, il la présente comme un parfait repos (Sagesse 38.23).

II Dans le Nouveau Testament

1.

D’une façon générale, le Nouveau Testament envisage la cessation de la vie d’une manière très semblable à celle de l’Ancien Testament. L’homme est composé de trois éléments : le corps, l’âme et l’esprit ; l’âme et le sang se confondent plus ou moins, mais l’âme, en tant que siège de la personnalité, survit au corps (Matthieu 10.39), descend dans l’Hadès et reçoit alors son châtiment (Géhenne) ou les récompenses éternelles (sein d’Abraham, Paradis). Quant à l’esprit, il n’est que la partie la plus noble de l’âme ; s’il quitte le corps, la mort se produit ; s’il revient, la vie reparaît (Luc 8.55). Souvent les morts sont appelés des esprits (1 Pierre 3.19 ; 1 Pierre 4.6 ; Hébreux 12.23), parfois des âmes (Apocalypse 6.9 ; Apocalypse 20.4).

L’apôtre Paul cependant développe une anthropologie un peu différente ; distinguant trois éléments, le corps (ou chair), l’âme et l’esprit, il voit dans l’âme, incapable de rien saisir de ce qui est esprit, le principe vital de la chair ; l’esprit, d’autre part, représente la partie morale et intellectuelle, qui peut entrer en communion avec l’Esprit de Dieu et constitue une personnalité immatérielle survivant seule à la mort (1 Corinthiens 5.5).

2.

L’enseignement de Jésus ne contient rien qui puisse éclairer le phénomène physique de la mort ; et c’est un contraste frappant avec les écrits rabbiniques de l’époque. La mort elle-même n’est pas présentée comme un mal en soi, les récits de résurrections ne montrent pas le retour à la vie comme une délivrance et un bien pour le ressuscité ; c’est par compassion pour le chagrin des autres que Jésus agit, ou « pour la gloire de Dieu » (Jean 11.4-40). Souvent le Christ parle de la mort comme d’un sommeil (Marc 5.39 ; Jean 11.11 ; Jean 11.13) qui tombe sur l’homme après les jours de la vie, et dont il s’éveillera. Enfin, dans le 4e Évangile la mort désigne surtout, au sens figuré, l’état de l’homme plongé dans Je péché (Jean 5.24 ; Jean 6.50 ; Jean 8.21-24). Dans Jean 11.25 ; Jean 11.27, la délivrance promise se rapporte à la mort spirituelle, et cette délivrance dépouille la mort naturelle de ses terreurs. Voir Eschatologie, Cheol, Hadès, Géhenne, Paradis.

3.

Dans les autres livres du Nouveau Testament, on peut noter les points suivants :

(a) La doctrine paulinienne qui voit dans la mort naturelle la conséquence du péché représente l’interprétation juive habituelle du récit de la chute, et ne trouve pas d’appui direct dans les Évangiles. Pourtant une idée toute semblable, le sentiment que « l’aiguillon de la mort, c’est le péché », est largement répandue dans tout le Nouveau Testament

(b) La mort représente souvent un état spirituel qui permet la vie, mais dans lequel l’homme est privé de tout ce qui est digne d’être appelé vie.

(c) (cf. Éphésiens 2.1 ; Éphésiens 2.5 ; Éphésiens 5.14 etc.) La mort désigne enfin le passage d’une vie de péché à une vie nouvelle et transformée. Le croyant est alors « mort au péché » (Romains 6.2 ; 1 Pierre 2.24) ; il est « mort avec Christ » (Romains 6.8 ; Colossiens 2.20). Edm. R.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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