Dictionnaires bibliques
Alliance
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Alliance », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
On appelle ainsi la relation qui s’établit entre des parties qui, séparées antérieurement, se rapprochent l’une de l’autre sous diverses conditions et dans divers buts, et qui consolident ce rapprochement par certains rites et par certaines promesses qui le rendent sacré. Ce rapprochement est donc opéré par un lien, et comme ce lien introduit souvent entre ceux qu’il rattache un genre d’unité ou de communauté, alliance désigne quelquefois non pas le lien seulement, mais encore ce qui fut lié ou plutôt l’état d’union qui en dérive. Dans ce cas, alliance et communion ont un même sens (Matthieu 26.28 ; 1 Corinthiens 10.16). Or, une même communauté ou un même corps ne pouvant être animés que d’une seule et même vie, on comprendra facilement pourquoi toute participation à une même nourriture (comme principe de cette même vie) constatait une alliance déjà consommée ou acceptée, tout comme ce qui déterminait un droit à cette participation commune, constatait la consommation elle-même de l’alliance (cf. Exode 24.4-5, 6, avec 9, 10, 11). Quant à l’alliance, c’est-à-dire quant aux liens proprement dits, ils ressortaient nécessairement de la qualité et des circonstances des personnes qui entraient dans de pareils rapports, car de cette qualité ou de ces circonstances se tiraient les considérations qui fixaient, non seulement la nature et le caractère du traité que l’on voulait former, mais celles surtout par lesquelles se spécifiaient encore les intérêts et les avantages des personnes qui y voulaient entrer (Exode 19.4 ; 20.2 ; Genèse 31.43 ; 15.7 ; Josué 9.9 ; 1 Samuel 20.15). Du reste, une alliance ne se faisait point sans qu’elle imposât des obligations qui lui étaient particulières, et qui, le plus souvent, se trouvaient réciproques pour chacune des parties (Genèse 26.28 ; Exode 19.5 ; Genèse 31.50-52, 54). Observer ces obligations devenait indispensable, puisqu’elles étaient autant de conditions sans l’accomplissement desquelles le contrat formé ne pouvait obtenir la réalisation de sa fin. On devait, par conséquent, envisager de pareilles obligations ou de pareilles conditions comme si étroitement unies aux alliances, que si, de part et d’autre, elles n’étaient pas fidèlement remplies, les liens du traité lui-même se rompaient inévitablement. Toute la valeur de l’alliance dépendait ainsi de l’engagement que prenait chaque partie de respecter les nouveaux devoirs qu’elle venait de contracter et de ne se rien permettre qui pût détruire ou troubler les nouveaux rapports dans lesquels elle venait d’entrer. Or cet engagement consistait en une promesse solennelle, c’est-à-dire accompagnée de serments et de témoignages, et comme le traité tirait d’elle toute sa force, faire cette promesse et la garder se disaient l’un et l’autre : confirmer l’alliance (Galates 3.15-17 ; Daniel 9.27). Cette confirmation étant une promesse d’observer une alliance faite, suivait naturellement l’alliance elle-même.
Pour qu’une alliance fût consommée, il fallait que cette alliance et que la promesse de la garder fussent consacrées par certains actes religieux. Ces actes avaient deux buts :
1°. de réclamer une intervention et par conséquent une sanction divine ;
2°. de consommer le traité, en d’autres termes, de le mettre en activité par une démonstration solennelle qui exprimait à la fois son caractère et sa réalité.
L’acte qui réclamait l’intervention et la sanction de la Divinité, consistait dans une reconnaissance formelle de Dieu, et comme témoin de la vérité des traités, et comme exécuteur du bien et du mal que leur observation ou que leur transgression méritait.
Ces fonctions de témoin et d’exécuteur des contrats, quoiqu’elles appartinssent à Dieu proprement, pouvaient cependant, par une autorisation légale ou spéciale de sa part, être transmises à d’autres. Mais ces deux fonctions étant réunies en Dieu, le devaient être également dans ceux qui les recevaient de lui (Deutéronome 17.7). Du reste, l’une et l’autre avaient un même office ; elles exigeaient un témoignage rendu à l’inviolabilité des traités, par conséquent leur exécution, en tant qu’elle dépendait de Dieu et non plus des hommes seulement. Ce témoignage ou cette exécution n’étaient donc qu’un jugement de Dieu direct ou indirect, c’est-à-dire sa bénédiction ou sa malédiction, imposées en vertu de l’alliance elle-même, et suivant la fidélité des contractants.
L’acte religieux qui, dans une alliance quelconque, consacrait une sanction pareille était d’une double espèce : c’était d’abord un signe qui, comme symbole, constatait quelle était cette intervention dont chacune des parties reconnaissait la validité, et qui, comme témoignage quelquefois monumental, constatait en même temps la réquisition que l’on en avait faite ; c’était ensuite un serment par lequel on déclarait se soumettre et s’attendre à être jugé par le tiers intervenant (appelé témoin), selon les termes de l’alliance et selon la manière dont on l’aurait gardée. Quant au serment lui-même, la nature du traité le pouvait aussi modifier, c’est-à-dire qu’il appelait séparément la bénédiction ou la malédiction, ou qu’il certifiait la possibilité de l’une et de l’autre. Dans certains cas, il était accompagné d’un symbole qui montrait que la sentence méritée était immédiatement imposée, symbole dont le sens devenait alors sacramentel.
L’acte qui servait à consommer une alliance, ou plutôt à la mettre en vigueur par une démonstration solennelle, laquelle devait exprimer à la fois et la réalité et la nature du lien qu’elle établissait entre les contractants, cet acte précédait le serment et variait d’après la nature du contrat. Il paraît, du moins, s’être distingué de certains rites païens par ce côté essentiel, que jamais, dans ses formes, il ne confondait une alliance profane avec une alliance dont le but était proprement religieux. Enfin, il était lui-même réclamé comme témoignage ; et indépendamment d’un rapport quelconque avec la religion, certains symboles lui donnaient, par leur signification, le caractère sacré qu’il devait toujours posséder. Quant aux rites qui accompagnaient de semblables contrats, ils offrent des modifications que la variété des circonstances sert à expliquer. Ces explications sont donc renvoyées à l’article qui traite le sujet particulier auquel elles se rapportent. Nous nous bornons ici à indiquer les formes les plus indispensables et les plus inhérentes au cérémonial des alliances contractées.
Ce qui figurait l’alliance comme lien et communauté, c’est-à-dire ce qui figurait l’alliance elle-même, c’était ordinairement un repas pris en commun (Genèse 26.30 ; 31.46 ; Josué 9.14). Quand la communauté fondée était une communauté religieuse, alors seulement le repas se faisait avec les victimes du sacrifice (Deutéronome 27.7). Le pain et le vin, mais surtout le sel, paraissent avoir été habituellement employés. Le sel particulièrement tirait des qualités qui lui appartiennent, un sens symbolique correspondant à l’idée même d’alliance. Par cette puissance qu’il a d’attaquer dans un corps certaines parties, en même temps qu’il en conserve d’autres, par cette action amie et ennemie qu’il exerce à la fois sur tout aliment, il était le symbole le plus naturel d’un contrat dont la vertu propre est justement de vous rendre et l’ami de ceux qui sont les amis de votre allié, et l’ennemi de ceux qui en seraient les ennemis (Genèse 12.3). Mais une alliance faite en ces ternies : « Je bénirai ceux qui te bénissent, et je maudirai ceux qui te maudissent », étant considérée comme l’alliance la plus sacrée et la plus indestructible que l’on pût former, le sel, dont la propriété est de conserver, exprimait doublement le caractère de semblables alliances, de ces alliances éternelles que, dans certains endroits, l’Écriture nomme également, à cause de cela, des alliances de sel (Nombres 18.19 ; 2 Chroniques 13.5). Enfin, l’épithète d’alliance accompagne le mot sel là où il est ordonné de le faire entrer dans la composition de tout ce que l’on devait offrir à Dieu d’après son alliance (Lévitique 2.13).
Un autre rite non moins solennel et non moins répandu dans toute l’antiquité (il a donné son nom au mot hébreu qui signifie alliance, Berith, de Barah, disséquer, tailler, partager), consistait à partager un ou plusieurs animaux en des parts qui se plaçaient de manière à se correspondre (Genèse 15.10), les parties contractantes passaient entre ces moitiés, et donnaient ainsi à entendre qu’elles entraient dans les mêmes rapports qui avaient précédemment uni les membres de la victime. Cette interprétation sera peut-être contestée, mais toutes les autres se fondent sur des points de vue qui semblent inconciliables avec le seul exemple que l’Écriture nous fournisse d’une alliance faite de cette manière, l’alliance de Dieu avec Abraham. Jérémie 34.18, n’est point en opposition avec ce que nous venons de dire ; car rien ne prouve que les deux parts représentassent les deux parties contractantes.
Un dernier usage que nous consignerons sur ce point, et dont il est parlé en Genèse 21.28, fut de donner à celui avec lequel on voulait contracter, une portion de son propre bien.
Les parties contractantes, leur sincérité dans les engagements qu’elles avaient pris, sont également figurés dans le rituel des alliances par des signes matériels et visibles, destinés à servir quelquefois de témoignages permanents (Genèse 31.46.) Les symboles employés dans ce but étaient habituellement des pierres ; on les érigeait en un monceau, suivant le nombre des parties contractantes, et si l’alliance où elles entraient était une alliance religieuse, on en faisait un autel (Exode 24.4). À l’égard de ces autels, il est constamment ordonné de les construire de pierres non taillées (Exode 20.25 ; Deutéronome 27.5 ; Josué 8.31). Cet ordre fut donné, d’abord afin que ces autels ne fussent point une occasion de révolte contre le commandement exprès de n’offrir des sacrifices qu’au lieu que l’Éternel aurait désigné lui-même (pour cette même raison ils se faisaient de terre dans les autres cas), mais surtout afin qu’ils marquassent plus expressément leur genre de destination et qu’ils représentassent par leur propre intégrité la vie, la plénitude, la sainteté du témoignage dont ils faisaient foi (Deutéronome 27.8 ; 1 Pierre 2.5 ; 1 Rois 6.7 ; Éphésiens 2.22 ; Jean 19.36 ; Exode 12.46).
La consécration des alliances, en tant que ces alliances sont une promesse à garder, trouve dans le rituel des symboles correspondants. Cette consécration consiste, avons-nous dit, dans l’invocation d’un témoignage divin, invocation qui imposait au lien établi, et surtout à la promesse donnée, un caractère inviolable et sacré ; néanmoins elle ne les convertissait jamais en des rapports proprement religieux, si déjà ils ne l’étaient pas par eux-mêmes. Ce témoignage invoqué était habituellement représenté par des pierres ; tantôt ces pierres étaient carrées, alors elles étaient le symbole reconnu de l’univers ; tantôt elles étaient non taillées, et elles représentaient davantage l’œuvre de Dieu : dans ce dernier cas elles étaient tout ensemble un témoignage rendu à Dieu, et un témoignage venant de Dieu. Dans l’un et dans l’autre cas, les cieux ou la terre étaient invoqués en témoignage. Ces pierres donnaient à entendre que celui qui est l’auteur de la création devait être le Dieu du témoignage, l’auteur des serments, le Dieu par lequel on devait jurer (cf. Philémon 1.10-11 ; Apocalypse 5.8 ; etc. Josué 24.22, et Deut 27.9). Celui qui érigeait une telle pierre faisait donc un acte de foi, et il en usait comme d’un gage de sa propre fidélité. C’est pourquoi aussi Dieu, voulant donner à son peuple, au sujet de son alliance avec lui, un gage (ou un témoin) de sa propre fidélité, il employa pour signe dans le second temple une pierre carrée (Théod. Hasaiiis, de lapide fundamenti, dans le Thésaurus Ugolini, t. vm), et dans le premier deux tables de pierre, qui sans doute, sous une forme appropriée aux circonstances, représentaient ces cieux et cette terre où Dieu a partout écrit de son doigt le témoignage, c’est-à-dire sa loi. Le nombre sept avait une place sacrée parmi les symboles destinés à la consécration du serment. Il représente le monde dans sa durée ; mais cette durée, elle est envisagée elle-même dans son rapport avec le témoignage de Dieu. De là l’emploi de ce nombre dans notre cas. Christ comme témoin est également représenté par une pierre à sept yeux (Zacharie 3.9 ; cf Apocalypse 5.6).
Enfin la consécration des alliances, en tant que ces alliances sont un lien et une communion établis entre plusieurs, ne se célébrait point d’après des rites religieux, si les rapports fondés sur ces alliances n’étaient eux-mêmes essentiellement religieux. Ainsi aucun sacrifice, aucune libation, aucune participation à la victime, aucun signe d’une consécration personnelle n’accompagnait une alliance purement humaine. Les cérémonies païennes, par exemple celles des Grecs (Iliad. III, 2o1), celles des anciens Arabes (Hérod. 3, 8), celles des Scythes (Hérod. 4, 70.comp. Sali. Cat. 22), celles des Lydiens et des Mèdes consistaient toutes au contraire dans une participation des contractants à la victime (lliad. III, 273), ou dans une corrélation établie mystiquement entre eux par la communication de leur propre sang (Hérod. 1, 74). L’un et l’autre étaient défendus à l’Israélite ; boire le sang lui était interdit, le sacrifice appartenait au temple.
L’usage de partager un animal en deux moitiés, et de passer entre elles, fut commun à plusieurs peuples de l’antiquité. De là sont venues, en hébreu, les expressions Berith (partage), Karath Be-rith (partager) ; mais rien ne prouve que les mots fcedus icere, ferire, percutere, en soient également déduits (voyez cependant le passage de l’Iliade cité plus haut). Quoi qu’il en soit, rien ne nous oblige à voir dans ce rite un sacrifice proprement dit, plutôt qu’un acte symbolique et solennel dont le sens a été indiqué, lequel paraît certain à l’égard des Juifs : rien ne prouve qu’il en fût autrement chez les autres nations (Hérod. 2, 139.7-39.comp. Liv. 1, 24.Sophonie Aj. 1177.sq.). Cela explique pourquoi nous ne trouvons rien de pareil dans la consécration des alliances de Dieu avec son peuple, et pourquoi encore ce signe n’était point un signe de réciprocité, et s’employait seulement quand l’une des parties était sommée par l’autre de donner un témoignage figuratif des engagements qu’elle contractait (Genèse 18.8).
De là dérivent néanmoins certaines formules d’imprécation ou de malédiction, qui pourtant ne contredisent en rien ce que nous venons d’avancer, puisqu’elles démontrent justement que l’animal partagé ne figurait que l’une des parties du contrat (Jérémie 34.19).
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Alliance (1)
Dans les saintes Écritures, on emploie souvent le nom de Testamentum, et en grec Diathéké pour exprimer la valeur du mot hébreu Berith, qui signifie Alliance ; d’où viennent les noms d’Ancien et de Nouveau Testament, pour marquer l’ancienne et la nouvelle alliance. La première alliance de Dieu avec les hommes, est celle qu’il fit avec Adam au moment de sa création, et lorsqu’il lui défendit l’usage du fruit défendu (Genèse 2.16). Le Seigneur mit l’homme dans le paradis terrestre, et lui fit ce commandement : Vous mangerez de tous les fruits du paradis, ou du jardin ; mais ne mangez point de l’arbre de la science du bien et du mal, car aussitôt que vous en aurez mangé, vous mourrez, ou vous deviendrez mortels. C’est là, dit saint Augustin, la première alliance de Dieu avec l’homme.
La seconde alliance est celle que Dieu fit avec l’homme après son péché, en lui promettant non-seulement le pardon, pourvu qu’il fît pénitence, mais aussi la venue du Messie, qui le rachèterait, et toute sa race, de la mort du péché et de la seconde mort qui est celle de l’éternité. Saint Paul, en plusieurs endroits, nous parle de ce pacte, par lequel le second Adam a racheté et délivré de la mort ceux que le premier Adam avait fait condamner à mourir (1 Corinthiens 15.22) Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta race et la sienne ; elle [la race de la femme] te brisera la tête, et tu l’attaqueras en secret [par ruse] par le talon. La postérité de la femme qui doit briser la tête du serpent, est le Messie qui, par sa mort, a fait périr le diable, qui avait l’empire de la mort (Hébreux 2.14).
Une troisième alliance est celle que le Seigneur fit avec Noé, lorsqu’il lui dit de bâtir une arche (Genèse 6.18), ou un grand vaisseau, pour y sauver tous les animaux de la terre, et pour y retirer avec lui un certain nombre d’hommes, afin que par leur moyen il pût repeupler un monde nouveau après le déluge.
Cette alliance fut renouvelée cent vingt-un ans après, lorsque, les eaux du déluge s’étant retirées, et Noé étant sorti de l’arche avec sa femme et ses enfants, Dieu lui dit (Genèse 9.8-11) : Je vais faire alliance avec vous et avec vos enfants après vous, et avec tous les animaux qui sont sortis de l’arche, en sorte que je ne ferai plus périr toute chair par les eaux du déluge ; et l’arc-en-ciel que je mettrai dans les nues, sera le gage de l’alliance que je fais aujourd’hui avec vous.
Toutes ces alliances ont été générales entre Adam et Noé, et toute leur postérité. Mais celle que Dieu fit dans la suite avec Abraham, fut plus limitée : elle ne regardait que ce Patriarche et sa race, qui devait naître de lui par Isaac (Genèse 12.1-3). Les autres descendants d’Abraham par Ismaël et par les enfants de Céthura, n’y devaient point avoir de part. La marque ou le sceau de cette alliance fut la circoncision que tous les mâles de la famille d’Abraham devaient recevoir le huitième jour après leur naissance (Genèse 17.10-12) ; les effets et les suites de ce pacte sont sensibles dans toute l’histoire de l’Ancien Testament ; la venue du Messie en est la consommation et la fin. L’alliance de Dieu avec Adam forme ce que nous appelons l’état de nature ; l’alliance avec Abraham, expliquée dans la loi de Moïse, forme la loi de rigueur ; l’alliance de Dieu avec tous les hommes, par la médiation de Jésus-Christ, fait la loi de grâce.
Dans le discours ordinaire, nous ne parlons guère que de l’Ancien et du Nouveau Testament ; de l’alliance du Seigneur avec la race d’Abraham, et de celle qu’il a faite avec tous les hommes, par Jésus-Christ, parce que ces deux alliances contiennent éminemment toutes les autres, qui en sont des suites, des émanations et des explications ; par exemple, lorsque Dieu renouvelle ses promesses à Isaac et à Jacob (Exode 2.24 ; 6.4-7), et qu’il fait alliance à Sinaï avec les Israélites (Exode 19.5-6 ; 20.1-3), et leur donne sa loi : lorsque Moïse, peu de temps avant sa mort, renouvelle l’alliance que le Seigneur a faite avec son peuple (Deutéronome 29), et qu’il rappelle devant leurs yeux tous les prodiges qu’il a faits en leur faveur ; lorsque Josué se sentant près de sa fin (Josué 24.25 ; 23), jure avec les anciens du peuple, une fidélité inviolable au Dieu de leurs pères ; tout cela n’est qu’une suite de la première alliance faite avec Abraham. Josias (2 Rois 23.1-3 ; 2 Chroniques 34.26), Esdras (Esdras 10.3), Néhémie (Néhémie 9.38), renouvelèrent de même en différents temps leurs engagements et leur alliance avec le Seigneur ; mais ce n’est qu’un renouvellement de ferveur, et une promesse d’une fidélité nouvelle à observer les lois données à leurs pères.
La plus grande, la plus solennelle, la plus excellente et la plus parfaite de toutes les alliances de Dieu avec les hommes est celle qu’il fait avec nous par la médiation de Jésus-Christ : alliance éternelle qui doit subsister jusqu’à la fin des siècles, dont le Fils de Dieu est le garant, qui est cimentée et affermie par son sang, qui a pour fin et pour objet la vie éternelle, dont le sacerdoce, le sacrifice et les lois sont infiniment plus relevées que celles de l’Ancien Testament. Voyez saint Paul dans les Épîtres aux Galates et aux Hébreux.
alliance livre de L’alliance (2)
Il est parlé dans l’Exode (Exode 24.7) d’un livre de l’Alliance, Volumen foederis. Quel était ce livre ? Comme il ne nous en est pas venu sous ce titre, on a dit qu’il est perdu. Si on lit avec attention les chapitres 19 et suivants de l’Exode, jusqu’à l’endroit où il est parlé du livre de l’alliance, on n’aura peut-être pas trop de peine à reconnaître que sous ce titre Moïse désigne le Décalogue, qui renferme, en effet, les conditions de l’alliance. Les lois et ordonnances qu’on trouve ensuite n’en sont que le développement, l’explication, le commentaire.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetLexique de la Bible (Lelièvre)
A la base de toute pensée religieuse se trouve l’idée d’un rapport avec la divinité. Ce rapport peut être envisagé soit comme établissant un contrat entre les parties, et c’est une alliance ; soit comme réalisant une pénétration intime des êtres qui s’unissent, et c’est une communion.
En fait, ces deux notions s’amalgament étroitement dans les religions primitives et s’expriment conjointement dans le culte sacrificiel aussi bien que dans les rapports d’homme à homme. L’alliance entre des individus ou des clans était souvent conclue par le moyen d’un repas pris en commun, parce que la participation à une même nourriture était sensée établir entre les commensaux, par le « lien du sang », une communion intime, d’où résultait le vif sentiment des devoirs mutuels des contractants. Le sacrifice (voyez ce mot) fut de même, pendant longtemps, un partage d’aliments entre la divinité et l’adorateur : entre l’homme et son dieu s’établissait ainsi une communion et une alliance sacrées. Une conception de cette nature fut certainement à l’origine des pratiques religieuses des anciens Hébreux.
Cependant, l’idée d’une alliance entre Yahvé (voir : Dieu) et Israël, bien qu’apparaissant déjà chez les plus anciens écrivains de l’Ancien Testament (Ge 15 ; Ex 24), n’acquiert une véritable importance religieuse que dans le livre du Deutéronome (De 29), donc au temps du roi Josias. Elle repayait de temps en temps chez les prophètes (Jérémie, Ezéchiel), et ne devient vraiment dominante qu’après l’exil, dans les écrits sacerdotaux. Mais comme les écrivains de cette dernière époque ont réédité et remanié tous les récits des époques antérieures (voyez : Bible), il ne faut pas s’étonner que cette idée de l’alliance avec Dieu nous apparaisse dès les premières pages de la Genèse et s’exprime tout au long des livres historiques de l’Ancien Testament.
Yahvé traite avec Noé une alliance qui concerne tous les êtres vivant à la surface de la terre, et dont le signe est l’arc dans la nue (Ge 9.1-17) ; il traite avec Abraham une alliance qui concerne le futur peuple d’Israël en particulier, et dont le signe est la circoncision (voyez ce mot ; Ge 17). Et il est fait sans cesse allusion à cette alliance, surtout quand il y a lieu de la rappeler à un peuple (lui l’oublie Le 26.14-17 ; 25.44-45 ; 2Ro 17.15 ; Jer 31.32, etc.).
Plusieurs prophètes se sont emparés de cette notion de l’alliance avec Dieu pour formuler, en des termes de nature à frapper l’imagination de leurs contemporains, le message d’espérance qui devait redresser un peuple vaincu et faire briller à ses yeux un avenir de rédemption. Jérémie, comme ses prédécesseurs, annonce à Israël son châtiment ; mais parce que Yahvé est miséricordieux (Jer 2.12), il donnera à son peuple un cœur nouveau (Jer 24.7 ; 32.39), et la nation qui ne possède ni la volonté ni le pouvoir de se convertir, Dieu lui-même la convertira : « Voici, les jours viennent, dit Yahvé, où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle, non comme l’alliance que je traitai avec leurs pères, le jour où je les saisis par la main pour les faire sortir du pays d’Egypte, alliance qu’ils ont violée quoique je fusse leur maître. Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël après ces jours-là : je mettrai ma loi au dedans d’eux, je l’écrirai dans leur cœur, et je serai leur Dieu et ils seront mon peuple... Et tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand » (Jer 31.31-34). L’alliance nouvelle se distinguera de l’alliance ancienne en ce que la communion qu’elle établira entre l’homme et son Dieu sera la vraie communion spirituelle, réalisée non plus dans une religion nationale seulement, mais dans une piété intérieure et individuelle (comparez : Esa 55.3 ; 59.21 ; Eze 16.60 ; 37.26-28).
Cette espérance prophétique, c’est l’Evangile qui l’a réalisée. Jésus, il est vrai, n’a pas présenté la Bonne Nouvelle au peuple sous le nom d’une alliance (les évangélistes ne mettent ce mot qu’une fois dans sa bouche, lors du dernier repas, Mt 26.28 ; Marc 14.24 ; Luc 22.20) : cette image d’un contrat était sans doute peu compatible, en ce qu’elle présente de juridique, avec le fait que le véritable rapport de Dieu à l’homme est pour Jésus un rapport de père à enfant. Dans la vie religieuse, il n’y a plus rien qui ne soit purement spirituel. Mais il est naturel que les premiers chrétiens, en comparant l’Evangile à la religion juive, n’aient cru mieux pouvoir exprimer leur contraste qu’en reprenant le langage de Jérémie et qu’en opposant la nouvelle à l’ancienne alliance. C’est ce que fait Paul, par exemple. dans la 2e Épître aux Corinthiens (2Co 3.6 ; comparez : Heb 8.7-13). Cette opposition entre les deux Alliances a fait fortune dans l’Eglise et la littérature chrétienne, et elle s’offre sans, cesse à nos regards, aujourd’hui encore, puisque c’est elle qui a fourni leurs titres aux deux parties de notre Bible : les premières Bibles françaises se divisaient en « Ancienne Alliance » et « Nouvelle Alliance » (il aurait été plus exact d’écrire : livres de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliance). Puis, le mot grec traduit par « Alliance » signifiant aussi « Testament », l’habitude fut prise d’employer ce dernier mot, malgré son caractère énigmatique.
Lexique de la Bible — Charles Lelièvre, source levangile.com
L’article dans LelièvreDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Hébreu berilh, assyrien biritu, grec diathèkè = pacte au moyen duquel des personnes ou des sociétés unissent leurs intérêts ou stipulent les conditions de leur activité commune. Le mot diathèkè signifie aussi Testament. C’est ce terme qui a été retenu pour désigner les deux parties de la Bible (voir ce mot).
Les formalités du contrat étaient dans l’antiquité extrêmement variées. Dans les temps les plus reculés, pour devenir frères par alliance, il fallait avaler un peu de sang l’un de l’autre. Plus tard ce réalisme barbare, dont nous retrouvons encore des formes dans les peuplades africaines, fut remplacé par des actes symboliques tels que la communion par le sel, les libations, les sacrifices accompagnés de repas en commun (Esdras 4.14, cf. Lévitique 2.13 ; Genèse 15.10 ; Genèse 15.17 ; Genèse 31.54 ; Jérémie 34.18 et suivants). L’alliance pouvait être confirmée devant un autel ou une pierre plantée (Josué 24.25, cf. 2 Rois 11.4). Puis on s’en tint au serment accompli en présence de Dieu, ce qui exposait le parjure à une malédiction divine (Genèse 26.31 ; Deutéronome 27.15 et suivants, cf. Hébreux 6.17) ; au serment on ajoutait une poignée de main (Ézéchiel 17.18) qui, à l’occasion, tenait lieu de serment (Esdras 10.19 ; Proverbes 6.1 ; Proverbes 17.13 ; Proverbes 22.26). Parfois, un monument rustique était élevé pour servir de commémoration ou de témoin perpétuel de l’accord intervenu (Genèse 31.44-48). L’alliance établissait entre les contractants une parenté dont rien ne pouvait dégager, et qui assurait à chacune des parties le secours de l’autre. Rompre une alliance était un péché dénoncé et condamné par les prophètes (Osée 6.7 ; Osée 8.1 etc.), lesquels établissent la supériorité de Dieu par rapport aux hommes sur le fait que Jéhovah est fidèle à ses promesses (Deutéronome 7.9 ; Deutéronome 32.4 ; Néhémie 9.33 ; Ésaïe 49.7 ; Osée 12.1, cf. Romains 3.14).
L’Ancien Testament parle fréquemment des alliances entre les humains : alliance conjugale (Proverbes 2.17 ; Malachie 2.14 ; Osée 1 ; Osée 2 ; Osée 3) ; alliance entre voisins, parents, amis : Abraham et les Amoréens (Genèse 14.13), Abimélec et Abraham (Genèse 21.27, cf. Genèse 26.28), Laban et Jacob (Genèse 31.44), Josué et les Gabaonites (Josué 9.7), Jonathan et David (1 Samuel 18.3 ; 1 Samuel 23.18), Salomon et Hiram (1 Rois 5.12), Achab et Ben-Hadad (1 Rois 20.34), etc. Il mentionne aussi des alliances sacerdotales (Nombres 25.13), politico-religieuses (Josué 24.26 ; 2 Rois 11.17), réformatrices (2 Chroniques 29.10 ; 2 Rois 23.3 ; Esdras 10.3). Mais le mot alliance ne prend dans la Bible un sens original, vraiment unique dans l’histoire de l’humanité, que, lorsqu’il désigne, au cours des siècles, les contrats établis entre la créature et le Créateur. Ici, l’alliance est l’expression constante de la grâce de Dieu, déployée en faveur des hommes ; elle est établie pour régler les relations humaines avec le Père céleste.
Bien que le mot n’y soit pas prononcé, on peut considérer que l’alliance inaugurale fut contractée entre Dieu et les premiers humains lorsque ceux-ci, placés dans un jardin de délices, apprirent du Créateur les conditions de ce séjour (Genèse 2.16 ; Genèse 2.17). Eve, dans sa réponse au serpent, montre qu’elle sait fort bien qu’il existe en Éden un contrat formel (Genèse 3.3). Ce contrat ayant été violé par l’homme, celui-ci est chassé de la présence de Dieu (Genèse 3.23).
L’alliance qui la première est présentée comme telle par les textes est celle de Dieu avec Noé. Après le déluge, la Bible nous fait assister à un recommencement de l’humanité, et parle positivement d’une alliance à cette occasion. C’est l’alliance « naturelle », où Dieu, après des cataclysmes cosmiques que Genèse 6 présente comme une conséquence de la Chute, donne l’assurance que désormais les lois naturelles qui assurent le rythme normal de la destinée des êtres vivants ne seront plus troublées (Genèse 8.22 ; Genèse 9.8-17 ; Ésaïe 54.9 ; Jérémie 33.20 ; Jérémie 33.25).
Quand l’humanité orpheline fut arrivée par ses expériences à la conversion élémentaire qui consiste à vouloir un Dieu, l’appel divin fut adressé à Abraham. C’est le recommencement de l’humanité croyante. « Abraham eut confiance en Dieu qui le lui imputa à justice » (Genèse 15.6). L’alliance de Dieu avec Abraham s’accomplit au cours d’une cérémonie symbolique très impressionnante (Genèse 15.12-18). Elle ne comporte aucune révélation sur la nature de Dieu et les devoirs religieux de l’homme ; elle ne réclame que la loyauté dans le service (Genèse 17.1-2). Toutefois Genèse 18 nous donne une haute idée du caractère d’Abraham ; et d’autre part l’alliance contractée est présentée comme une alliance perpétuelle, avec la circoncision comme signe (Genèse 17.9-14) et la promesse de bénédictions qui, par la famille d’Abraham, s’étendront sur toute l’humanité (Genèse 12.1-3). Ainsi, l’alliance de la promesse, confirmée à Isaac et à Jacob (Exode 2.24 ; Lévitique 26.42 ; Psaumes 105.9 et suivants), porte déjà ce caractère que Dieu, par elle, poursuit le dessein de ramener toute l’humanité à lui.
L’alliance avec Moïse (Exode 3.1-6 ; Exode 3.10-11 ; Exode 4.1-12), et par Moïse avec le peuple élu, est fondée sur le contrat de Dieu avec Abraham. Jéhovah est le Dieu des pères (Exode 3.6-13 ; Exode 6.24 etc.). Conclue en Horeb, au Sinaï, puis renouvelée dans les champs de Moab (Exode 19.5 ; Exode 34.10 ; Exode 34.27, Deutéronome 10, Deutéronome 27), elle comporte toute une constitution religieuse, morale, sociale, accompagnée de récompenses et de pénalités. L’alliance est d’abord inaugurée par Dieu en dix paroles (Exode 20 ; Deutéronome 5) inscrites sur des tables de pierre (Exode 34.28 ; Deutéronome 9.9) et déposées dans l’arche de l’Alliance (Deutéronome 10.2 ; 1 Rois 8.9-21 ; 2 Chroniques 5.10, cf. Hébreux 9.4). Le Décalogue était accompagné d’une sorte de constitution jéhovique, charte de l’alliance donnée par Dieu à Moïse, écrite dans un livre (Exode 24.4) appelé « livre de l’Alliance » (Exode 24.7 ; voir article suivant), que vint compléter le « livre de la Doctrine » deutéronomique renfermant les malédictions encourues par le peuple s’il violait l’alliance. Ce dernier livre était déposé à côté de l’Arche (Deutéronome 31.9 ; Deutéronome 31.24-26) C’est lui qui, selon toute probabilité, fut découvert sous Josias et que 2 Rois 23.2 appelle le Livre de l’Alliance (signifiant : berith dans Deutéronome 29.1).
L’alliance de Dieu avec Abraham s’était annoncée comme devant être une bénédiction pour toute l’humanité ; l’alliance de Jéhovah avec Moïse se présente comme l’avènement de la religion définitive, « la religion de l’esprit. Moïse, s’il est permis de s’exprimer ainsi, a donné Dieu à Israël et Israël à Dieu ; c’est ce qu’exprime la phrase souvent répétée dans les divers écrits de l’Ancien Testament : « Je serai votre Dieu et vous serez mon peuple ». Par un libre choix, Yahvé assume à l’égard d’Israël des droits et des devoirs ; et, corrélativement, Israël à son tour acquiert des droits sur Yahvé et contracte envers lui des devoirs. C’est là l’idée fondamentale ou plutôt le fait fondamental de ce qu’on peut appeler le mosaïsme. C’est la pensée centrale qu’exprime le décalogue » (L. Gautier.). Bien que l’alliance mosaïque fût avant tout la charte d’un peuple, le contrat qui faisait d’Israël la nation élue, mise à part, héritière des promesses (Deutéronome 4.32-40 ; Ésaïe 41.8-10 ; Ésaïe 43.1-7 ; Ésaïe 44.1 ; Ésaïe 44.6, etc., cf. Jean 4.22 ; Romains 9.4), les principes mêmes de la religion qu’il apportait au monde devaient faire éclater le moule étroit du nationalisme. Sa loi, étant la vraie, devait devenir celle de tous les hommes ; son culte, n’allant pas sans la conversion du cœur individuel, devait par là même aboutir à l’universalisme : tout cœur d’homme devait trouver dans l’adoration de Jéhovah, le Dieu unique et saint, le Dieu amour, son affranchissement. Les prophètes, tout en prêchant l’alliance nationale du Sinaï, ont compris cela ; par là, l’insuffisance de l’alliance mosaïque leur est apparue et ils ont annoncé, dès le VIIe siècle, que Dieu établirait une nouvelle constitution rendue nécessaire :
- parce qu’Israël avait violé celle de Moïse ;
- parce que tout homme était appelé à la connaissance et au service de Jéhovah (Jérémie 12.14-16 ; Jérémie 31.31-34 ; Jérémie 32.40 ; Jérémie 50.5 ; Ésaïe 55.3-5 ; Ésaïe 59.20-21 ; Ésaïe 61.1-3 ; Ézéchiel 16.59-63 ; Ézéchiel 20.39-42, à rapprocher de Ézéchiel 34.20-26). Cette nouvelle alliance, qui sera consécutive à un jugement « dans le désert » (Ézéchiel 20.36-37) et qui aura pour conséquence le pardon, le don d’un cœur nouveau et une résurrection spirituelle (Ézéchiel 36.25-27 ; Ézéchiel 37), — alliance de la grâce qui permettra à Jésus de dire à la Samaritaine : « Le salut vient des Juifs » (Jean 4.22), — est introduite dans l’histoire par une autre alliance qu’on peut appeler intermédiaire : l’alliance de Jéhovah avec la famille de David, d’où sortira le Messie, né de la race d’Israël, germe de justice et rédempteur de tous les peuples. L’alliance avec la maison de David sera perpétuelle et aura pour aboutissement la conversion de tous les peuples (2 Samuel 7.12-16 ; 2 Samuel 23.2-5 ; Psaumes 89.4 ; Psaumes 89.34-38 ; Jérémie 23.5 ; Jérémie 33.15, cf. Ésaïe 9.5-6 ; Ésaïe 19.22-25 ; Ésaïe 55.4-5 ; Ésaïe 66.18-21, etc.). Comme l’alliance avec Moïse s’en référait à celle avec Abraham (Exode 3), celle avec David s’en réfère à celle avec Moïse (2 Samuel 7.6 ; 2 Samuel 7.23). Toute la prophétie messianique est suspendue à cette alliance, au germe davidique (Osée 3 ; Ésaïe 9 et Ésaïe 11, Michée 5 ; Jérémie 23 ; Ézéchiel 34 ; Ézéchiel 37 ; Zacharie 3 Zacharie 6), et quand Jésus viendra exaucer les prophètes et fonder la nouvelle alliance par l’incarnation du Verbe, il se désignera lui-même comme « l’Ange de l’alliance » en parlant de son précurseur (Malachie 3.1 ; Malachie 4.5 ; Matthieu 17.10-13), et comme le fils de David (Matthieu 22.41-46 ; Matthieu 9.27 ; Marc 10.47-52 ; Marc 11.10, cf. Luc 1.32 et Apocalypse 22.16).
Il est impossible de ne pas être impressionné par l’harmonie des Écritures dans la question des alliances. Pierre, dans Actes 3.12-26, résume le plan divin qui les a inspirées ; Paul, dans Romains 11.26-36, fait de même. Le but poursuivi par le Père céleste est de regagner le cœur de ses enfants. Les prophètes s’accordent tous à proclamer que, malgré les défaillances et les rébellions successives d’Israël, Dieu aura le dernier mot et que par la suite des alliances, dont chacune marque un progrès vers le but, la rédemption de l’humanité s’accomplira. Jésus a « accompli les prophètes » en ce sens que son œuvre rédemptrice a réalisé la promesse faite par Jérémie 31.31-33 et Ésaïe 49.6. Il a personnifié l’alliance de la spiritualité et de l’universalité dans l’ordre du salut. Il a été le médiateur de « l’alliance supérieure » (Hébreux 7.22) ; mort et ressuscité, il est devenu « le grand Pasteur des brebis » par le sang d’une alliance éternelle (Hébreux 13.20). « Cette coupe, dira Jésus dans l’institution de la Cène, est la nouvelle alliance en mon sang » (Luc 22.20).
Ainsi les alliances successives se présentent à nous comme les échelons d’une échelle montante jetée entre l’homme de la Chute et le Dieu de miséricorde, marquant les étapes de l’action providentielle : avec Noé, stabilisation de la nature ; avec Abraham, reprise des rapports entre Dieu et l’homme ; avec Moïse, la révélation religieuse ; avec David, l’annonce du Messie ; avec Jésus, la rédemption par le deuxième Adam effaçant les conséquences de la chute du premier Adam et rétablissant l’humanité dans la filialité divine (Romains 9.3-6 ; Éphésiens 2.11-18 ; 2 Corinthiens 3.5-4.1, cf. Hébreux 7.20-28 ; Hébreux 8.6-13 ; Galates 3.2-18). Il est intéressant de noter que, par ce dernier passage, Paul indique que l’alliance par le Christ est l’héritière directe de l’alliance avec Abraham, l’accomplissement de la promesse faite au père des croyants ; en sorte que l’alliance par Moïse n’a été qu’une étape transitoire : sans doute la loi est « un pédagogue pour nous conduire au Christ » (Galates 3.24), mais le Christ lui-même est le fils d’Abraham (Galates 3.16) ; par delà l’alliance du Sinaï, c’est à l’alliance d’Abraham qu’il remonte, et « l’héritage » en possession duquel il nous met, c’est le salut par la foi (Galates 3.24).
Alexandre Westphal
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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