Seventh-day Adventist Bible CommentaryPsaumes 1
Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs
Lire Psaumes 1 dans la BiblePsaumes 1:1
Béni. Héb. ’ashre, employé 25 fois dans les Psaumes ; traduit par « béni » 19 fois et par « heureux » 6 fois. Dans le présent emploi, sa force semble être celle d’une interjection : « Ô, le bonheur de l’homme ! » Le bonheur comprend les bénédictions matérielles et spirituelles, qui résultent toutes deux du fait de suivre la voie de Dieu. Le mot « béni », employé dans les Béatitudes du Sermon sur la montagne (Matthieu 5:3–11), est une traduction du même mot [Gr. makarios] qui est employé dans la LXX pour traduire le « béni » de Ps. 1. Le livre des Psaumes commence par une béatitude et se termine par un alléluia (voir Ps. 150). Marche, … se tient, … s’assied. Ces trois mots décrivent, dans un ordre culminant, les étapes successives d’une vie de mal : (1) aller dans la direction générale de ceux qui sont étrangers à Dieu, en se conformant aux coutumes du monde (voir 4T 587) ; (2) s’arrêter pour fréquenter des rebelles sous l’emprise du péché, en s’attardant auprès de la tentation ; (3) se joindre définitivement au groupe des pécheurs, s’y installer sans tenir compte de la lumière. Un rabbin a dit : « Si deux personnes s’assoient ensemble et qu’aucune parole de la Torah [loi] n’est prononcée entre elles, elles forment une assemblée de moqueurs, dont il est dit : “[Un homme bon] ne s’assied pas dans la compagnie des moqueurs.” » La vie de l’homme pieux est d’abord décrite en termes négatifs. Il évite de fréquenter les malfaiteurs afin d’éviter la contamination du mal. Il dit non au mal. Sa vie comporte certaines restrictions. Impies. Héb. resha‘im, terme courant désignant l’impiété par opposition à ṣedeq, « justice ». Il suggère une violation volontaire et persistante des commandements de Dieu. Pécheurs. Héb. chaṭṭa’im, de la racine chaṭa’, « manquer le but », soit par ignorance, soit par manque de force morale. Siège des moqueurs. L’homme pieux ne se trouvera pas en compagnie de ceux qui, choisissant délibérément le mal, prennent plaisir à exercer leur influence néfaste sur les autres. Ce verset est un exemple typique de parallélisme synthétique (voir p. 24).
Psaumes 1:2
2. Délice. Il semble que l'édition de la Bible de Coverdale (16e siècle) ait tenté de combiner ces deux idées dans sa traduction "longing delight". La vie de l'homme pieux est maintenant décrite par des points positifs (voir v. 1). Le vrai saint dit Oui à la justice. Il trouve un plaisir constant à réfléchir sur la loi de Dieu. Son étude de la Parole de Dieu est habituelle et régulière, elle n'est pas ennuyeuse. L'expérience personnelle de plaisir du psalmiste est exprimée dans Ps. 119:16, 35, 47; etc
Loi. Héb. torah, signifiant d'abord "instruction" ou "précepte", puis "commandement" ou "loi", dans le sens habituel du mot. En général, la torah signifie la révélation écrite de la volonté de Dieu
Méditer. Héb. hagah, littéralement, " murmurer ", d'où sont nées les idées de " lire à voix basse ", " soliloquer ", " méditer "... L'expérience personnelle du psalmiste dans la méditation est exprimée dans Ps. 119, 15, 148, bien qu'ici un synonyme de hagah soit employé (voir aussi MH 503, 504; 4T 539). Comparez le conseil de Moïse à Israël dans le second de ses discours d'adieu(Deut. 6:6-9), et le conseil de Dieu à Josué au début de sa carrière(Josué 1:8). Avec une telle préoccupation de l'esprit, il n'est pas étonnant que l'homme pieux connaisse les résultats décrits dans Ps. 1:3. Il n'y a pas de meilleur moyen de remplir les heures d'une nuit blanche que de méditer sur la Parole de Dieu (voir Ps. 17:3; Ps. 42:8; 119:55; etc.)
Psaumes 1:3
3. Comme un arbre. Dans la figure d'un arbre fruitier (et pas seulement d'un arbre ornemental), le psalmiste montre les résultats de la vie pieuse. Une imagerie similaire se trouve dans Jérémie 17:8
Planté. La figure suggère un but précis. L'arbre est placé dans un endroit favorable et cultivé avec soin
Rivières. Heb. pelagim, indiquant des fossés d'irrigation, des cours d'eau artificiels, suggérant encore le soin accordé à l'arbre (voir Ezéchiel 31:3, 4)
Fait pousser. L'imparfait du verbe hébreu implique une action répétée
Ne se flétrit pas. Trois bénédictions sont accordées à l'homme pieux en raison de sa dévotion à la Parole de Dieu : (1) il mène une vie utile, produisant les fruits de l'Esprit (voir Gal. 5:22, 23; Héb. 12:11) ; (2) il est perpétuellement frais et vigoureux(Ps. 92:12, 13) ; (3) il réussit finalement dans ses entreprises. De même que l'arbre s'enracine dans la terre ferme et tire son humidité du ruisseau qui coule sans cesse, de même l'homme pieux plonge ses racines et tire sa subsistance des sources d'eau du salut. Il est inébranlable, fixe, ancré. Ainsi, bien qu'il soit assailli par les difficultés et les tentations, il reste ferme ; et plus l'épreuve est grande, plus la racine est profonde et plus son emprise sur Dieu est forte
Tout ce qu'il fera prospérera. Ou encore : "Dans tout ce qu'il fait, il prospérera" : quelle que soit l'entreprise dans laquelle l'homme de bien s'engage, il prospère. Quel que soit le succès ou l'échec de l'entreprise, sa confiance en Dieu lui permet de puiser la vie à la Source éternelle et d'atteindre finalement son but
Ellen G. White
3. Qu’est-ce qui fait un chrétien toujours vert ?—Cherchez à être un arbre toujours vert. Portez l’ornement d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix aux yeux de Dieu. Cultivez la grâce de l’amour, de la joie, de la paix, de la patience, de la douceur, de la bonté, de la foi, de l’humilité et de la tempérance. Voilà le fruit de l’arbre chrétien. Planté près des courants d’eau, il porte toujours son fruit en sa saison (Manuscript 39, 1896).
Psaumes 1:4
4. Ce n'est pas le cas. Dans les LXX, l'idée est soulignée par une double négation. Cette version dit : " Pas ainsi les impies, pas ainsi ".
Comme l'ivraie. Par la figure de l'ivraie, le psalmiste montre le résultat d'une vie de méchanceté. On trouve des images similaires dans Job 21:18 et Isa 17:13. Contrairement à l'arbre, l'ivraie n'a pas de racine, pas de place fixe. Morte, sèche, sans défense, elle est à la merci des éléments. L'impie n'est attaché à rien, il n'a pas de stabilité et ne peut pas durer. En Palestine, le grain était battu sur un terrain plat et exposé, souvent sur une colline balayée par le vent. Le précieux grain restait, tandis que l'ivraie était emportée par le vent ( ). Si le psalmiste avait vécu dans d'autres régions du monde, il aurait pu utiliser l'image de l'ivraie.
Chassez l'ivraie. Il y a un paradoxe dans l'utilisation de ces deux figures de rhétorique. À l'extérieur, l'arbre semble être retenu prisonnier ; en réalité, il est libre, pousse et porte des fruits. L'ivraie semble libre à l'extérieur ; en réalité, elle est esclave de l'environnement. Le chrétien, attaché à Dieu, sa source de vie et de force, croît et produit des fruits ; l'ivraie, détachée, coupée de sa source de force, ne produit rien. Il a une liberté qui ne vaut pas la peine d'être possédée. Comparez l'image de Jésus des deux maisons(Matt. 7:24-27).
Psaumes 1:5
5. Ne subsistera pas. Cela sera particulièrement vrai lors du jugement dernier, lorsque les méchants seront séparés des justes à la fin de leur parcours respectif (voir Matthieu 25:31-46).
Psaumes 1:6
6. Le Seigneur sait. Dieu se préoccupe des justes. C'est pourquoi ils prospèrent. Le dernier verset du psaume donne la raison finale des fins différentes des deux voies. Puisque Dieu sait, il discrimine, et il approuve ou condamne selon les normes éternelles.
"On peut dire qu'une leçon et une seule histoire se répètent avec netteté : le monde est construit d'une manière ou d'une autre sur des fondations morales ; à long terme, les bons se portent bien ; à long terme, les méchants se portent mal" (Froude cité dans Soncino, sur les Psaumes).
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Introduction
Le Livre des PSAUMES INTRODUCTION 1. Titre. Le livre des Psaumes, ou le Psautier, tire son titre anglais du titre de la collection dans la LXX, Psalmoi, pluriel de psalmos, qui désigne un chant à chanter avec un accompagnement musical d'instruments à cordes. Un manuscrit porte le titre Psalterion, d'où vient le mot « Psautier ». Psalmos est la traduction grecque de l'hébreu mizmor, une désignation technique de nombreux psaumes. La racine de mizmor est zamar, qui signifie « chanter avec un accompagnement instrumental », ou simplement « chanter » ou « louer ». Dans la Bible hébraïque, le titre du livre est Tehillim, « louanges », et dans la littérature rabbinique, Sepher Tehillim, « livre des louanges ». Tehillim dérive de la racine halal, « louer ». Halal est familier aux lecteurs anglais dans le mot alléluia. Les Hébreux divisaient leurs écrits sacrés (notre AT) en trois parties : la Loi (Torah.), les Prophètes (Nebi’im) et les Écrits (Kethubim) (voir vol. I, p. 37). La partie appelée Écrits comprenait les trois livres poétiques, les Psaumes, les Proverbes et Job ; les Cinq Rouleaux (Megilloth), le Cantique des cantiques, Ruth, les Lamentations, l'Ecclésiaste et Esther ; ainsi que les livres historiques de Daniel, Esdras, Néhémie et des Chroniques. Puisque les Psaumes étaient considérés comme la partie la plus importante des Écrits, ce titre servait souvent à désigner l'ensemble (par la figure de style appelée synecdoque) ; ainsi, les Hébreux parlaient fréquemment des trois parties de leurs écrits sacrés comme étant « la Loi, les Prophètes et les Psaumes » (voir Luc 24:44). 2. Auteurs. Les psaumes sont des œuvres inspirées de plusieurs auteurs, l'ensemble de la collection ayant peut-être été réuni sous sa forme définitive par Esdras, Néhémie ou certains des scribes ayant vécu immédiatement après leur époque. Pour les activités éditoriales d'Esdras, voir EGW, Documents supplémentaires, sous Esdras 7:6–10. Les indications les plus anciennes concernant l'origine du Psautier se trouvent dans les titres, ou suscriptions, qui apparaissent au début des deux tiers des psaumes. En hébreu, ces suscriptions apparaissent comme faisant partie du texte. Bien que ces suscriptions soient plus anciennes que la LXX, de nombreux spécialistes pensent qu'elles ont été ajoutées aux psaumes après la composition des psaumes originaux, et mettent donc en question leur validité et leur authenticité. Ces spécialistes avancent les arguments suivants : (1) l'origine de ces suscriptions est incertaine ; (2) leur contenu est parfois ambigu ou obscur ; et (3) il semble difficile de concilier le contenu et le style de certains psaumes avec les affirmations ou les implications des suscriptions. Les étudiants plus conservateurs des psaumes tendent à accepter comme authentiques les affirmations explicites des suscriptions : (1) parce que leur ancienneté peut être établie au moins jusqu'au IIe siècle av. J.-C. par leur présence dans la LXX (en fait, elles doivent remonter à une époque bien antérieure à la date de cette version, car les traducteurs de la LXX ne comprenaient pas nombre de ces expressions) ; (2) parce qu'elles nous sont parvenues comme faisant partie du texte hébreu lui-même ; (3) parce que les chants hébreux des temps les plus anciens comportaient des suscriptions ; et (4) parce que les suscriptions fournissent certains éléments de contexte utiles à une compréhension plus complète de la
signification et du message des psaumes ainsi introduits. Ce commentaire adopte le point de vue conservateur. Huit noms de personnes figurant dans les suscriptions des psaumes semblent être ceux d'auteurs, de collaborateurs, de compilateurs, de musiciens ou d'autres personnes associées à la composition, à la compilation et à l'utilisation des chants sacrés. Ces noms sont David, Asaph, Koré, Moïse, Héman, Éthan, Salomon et Jeduthun. Le plus important de ces noms est celui de David. Bien que certains modernes nient que David ait été l'auteur principal du livre des Psaumes et le principal contributeur à la collection, de nombreuses raisons peuvent être avancées pour étayer la croyance traditionnelle. David était un poète et un musicien à part entière (1 Sam. 16:15–23; 2 Sam. 23:1; Amos 6:5). C'était un homme d'une profonde affection et d'une magnanimité exceptionnelle (2 Sam. 1:19–27; 3:33, 34), et d'une grande foi et d'une profonde sensibilité, qui s'exprimaient dans une adoration enthousiaste de Jéhovah. Sous sa direction sage et bienveillante, la musique prospéra en Israël. La prise de la forteresse païenne de Jébus et l'installation de l'arche sur les hauteurs de Sion renforcèrent l'importance du culte public et encouragèrent la composition de cantiques et de musique pour le rituel sacré. La connaissance que David avait du monde naturel, sa connaissance de la loi, sa formation à l'école de l'adversité, du chagrin et de la tentation, ses années de communion intime avec Dieu, sa vie haute en couleur comme roi en Israël, l'assurance que Dieu lui avait donnée qu'Il susciterait un Roi éternel sur le trône de David — toutes ces expériences préparèrent le roi-pasteur, fils d'Isaï, à chanter les chants les plus doux et les plus tristes de l'âme humaine dans sa soif de Dieu. De plus, les références et les allusions à la vie de David, ainsi que les indices de sa personnalité et de son savoir-faire, abondent dans les psaumes. Le lien du nom de David avec les psaumes et avec des passages de psaumes cités dans 2 Sam. 22 et 1 Chron. 16:1–36, constitue un solide argument en faveur de cette attribution. La preuve apportée par le NT dans l'emploi du nom de David dans Matt. 22:43–45; Marc 12:36, 37; Luc 20:42–44; Actes 2:25; 4:25; Rom. 4:6–8; 11:9, 10; Héb. 4:7 donne plus de poids à cet argument. Les écrits d'Ellen G. White apportent également un témoignage substantiel (voir PP 642–754 ; Ed 164, 165). Soixante-treize psaumes portent dans leur suscription l'expression « de David » (héb. ledawid) : 37 dans le premier livre, 18 dans le deuxième, 1 dans le troisième, 2 dans le quatrième et 15 dans le cinquième (voir p. 626 sur la division des psaumes en livres). Ces 73 psaumes sont généralement appelés la Collection davidique. Cependant, l'expression ledawid, « de David », ne constitue pas à elle seule une preuve suffisante pour attribuer à David la composition du psaume dans lequel elle apparaît. La préposition hébraïque le exprime plusieurs types de relations, dont l'attribution d'auteur n'est qu'une possibilité. Parfois, le exprime l'idée d'« appartenir à » ; ledawid pourrait donc signifier « appartenant à la collection de ». Néanmoins, d'autres éléments se combinent pour montrer que David a écrit au moins un grand nombre de ces psaumes. À propos de l'emploi de la préposition le en lien avec les noms propres, Barnes dit : « Un tel titre n'implique pas, et prouve encore moins, que toutes les pièces de la collection viennent de la main de David, mais il suggère que le plus éminent des auteurs était le grand roi d'Israël. » Dans la suscription de 12 psaumes apparaît l'expression « d'Asaph » (le’asaph) (Ps. 50, 73–83). Comme pour l'expression ledawid, le’asaph ne constitue pas une preuve certaine de l'attribution à un auteur.
Plusieurs des psaumes de cette collection ont apparemment été écrits par David (voir les introductions à Ps. 73, 77, 80). Asaph était un Lévite, l'un des chefs de chœur de David. Comme David, Asaph était un voyant et un compositeur de musique (voir 1 Chron. 6:39; 2 Chron. 29:30; Néh. 12:46). Dans la liste des captifs revenus à Jérusalem, les enfants d'Asaph sont les seuls chanteurs mentionnés (Esdras 2:41). Dans la suscription de 11 psaumes apparaît l'expression « pour les fils de Koré » (Ps. 42, 44–49, 84, 85, 87, 88). Le mot hébreu traduit par « pour » est le, la préposition traduite par « de » dans l'expression « un psaume de David » (voir p. 616). Les fils de Koré échappèrent au châtiment infligé à cause de la rébellion de leur père contre l'autorité de Moïse (voir Nomb. 16:1–35), et leurs descendants devinrent des chefs du culte du Temple (voir 1 Chron. 6:22; 9:19). Un psaume (Ps. 88) désigné comme étant « pour les fils de Koré » est également désigné comme étant « Maskil d'Héman l'Ezrahite ». Héman était le fils de Joël et le petit-fils de Samuel (héb. Shemu’el), un Kehathite de la tribu de Lévi et un chef de la musique du Temple (1 Chron. 6:33; 15:17; 16:41, 42). Les titres de trois psaumes (Ps. 39, 62, et 77) contiennent le nom de Jéduthun, qui était à la tête d'une compagnie de musiciens du Temple (voir 1 Chron. 16:41, 42), et probablement un arrangeur et compilateur de la musique du Temple. Ces titres contiennent toutefois d'autres noms que celui de Jéduthun, et il est probable que les trois psaumes n'aient pas été écrits par Jéduthun, mais qu'ils aient peut-être été destinés à être chantés sur des airs composés par lui. Un psaume (Ps. 89) est intitulé « Maskil d'Éthan l'Ezrahite » (voir 1 Rois 4:31). Dans les titres de deux psaumes (Ps. 72, 127) apparaît l'expression « pour Salomon [lishlomoh] ». Un psaume (Ps. 90) est intitulé « Une prière de Moïse [lemosheh]. » Environ un tiers des psaumes ne portent absolument aucune suscription et sont donc entièrement anonymes (on les appelle les psaumes orphelins). On a conjecturé que parmi les compositeurs des psaumes figuraient d'autres grandes figures de l'Ancien Testament, telles qu'Esdras, Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel et Aggée. 3. Cadre historique. Les tentatives modernes visant à déterminer la paternité et la date des psaumes ont commencé vers le milieu du XIXe siècle, avec l'étude des références contenues dans les suscriptions. Au cours des cent dernières années, les spécialistes ont situé la composition des psaumes sur une période de plus de mille ans, commençant avec Moïse et s'achevant avec Alexandre Jannée (mort en 78 av. J.-C.), l'écart entre leurs points de vue ne cessant de s'élargir. Ewald (trad. angl. 1880) attribuait 13 psaumes à l'époque de David et considérait que la plupart des autres psaumes étaient postexiliques. Cheyne (1888, 1891) attribuait 16 psaumes à l'époque préexilique (principalement sous le règne de Josias) et considérait que tous les autres étaient postexiliques — 30 étant macchabéens. Avec l'essor de la critique supérieure parmi les spécialistes de la Bible de cette époque, une tendance générale s'est manifestée à ne dater que quelques psaumes de David et de son époque, tandis que la plupart étaient considérés comme le produit de l'époque postexilique, principalement des périodes perse et grecque, certains étant nettement macchabéens. Au tournant du siècle, cependant, la tendance générale fut de parvenir à une position intermédiaire et de dater la plupart des psaumes de la période médiane, ou perse. Les connaissances plus récentes sur la psalmodie des nations limitrophes d'Israël ont conduit à dater de nombreux psaumes de l'époque préexilique ; et les découvertes archéologiques les plus récentes, en particulier la mise au jour des tablettes de Ras Shamrah (Ougarit) (à partir de 1929), ont tendu à prouver que nombre de psaumes remontent
à une époque ancienne de l'histoire palestinienne (voir H. H. Rowley, éd., The Old Testament and Modern Study). Buttenwieser (1938) date les psaumes de Josué à la période grecque, aucun n'étant postérieur à 312 av. J.-C. Le spécialiste conservateur soutient généralement que les psaumes ont été composés sur fond d'une histoire millénaire. Bien que nombre de psaumes pris individuellement ne puissent être situés avec certitude à un moment précis de l'histoire du peuple hébreu, de Moïse et David jusqu'aux années qui suivirent immédiatement l'Exil, on peut conclure avec assurance que l'époque de leur composition se situe dans ces limites. Les hypothèses qui cherchent à établir la paternité et la date de nombreux psaumes sont souvent très ingénieuses et fréquemment intéressantes, mais beaucoup sont loin d'être concluantes. Les raisons qui ont conduit de nombreux spécialistes modernes à rejeter entièrement ou partiellement l'autorité des suscriptions des psaumes ont entraîné de telles divergences d'opinion que la question est plongée dans une confusion presque désespérante. Ce commentaire suit le principe selon lequel, lorsque la paternité et le contexte historique sont certains ou raisonnables, ces données apparaissent dans les notes introductives consacrées aux différents psaumes, avant le commentaire du texte lui-même. Lorsque le mot « psalmiste » est employé dans ces notes, il ne désigne pas toujours un compositeur précis, tel que David, l'un des Asaphites ou l'un des fils de Coré, mais peut servir à désigner une paternité générale. Même si l'auteur et le contexte historique d'un certain nombre de psaumes ne sont pas connus, cela ne nous empêche nullement d'accepter l'ensemble du Psautier comme l'œuvre d'hommes qui « parlaient sous l'impulsion du Saint-Esprit » (Pierre 1:21). Parmi les découvertes archéologiques remarquables de ces dernières années, celles qui ont le plus contribué à une meilleure compréhension des psaumes proviennent du site syrien septentrional de Ras Shamrah, appelé autrefois Ougarit. Les fouilles entreprises en ce lieu en 1929 ont mis au jour des centaines de tablettes d’argile. Celles-ci étaient écrites dans une écriture cunéiforme inconnue au moment de leur découverte, mais qui a depuis été déchiffrée, en grande partie grâce aux efforts remarquables du professeur Hans Bauer et de P. Dhorme. Les tablettes contiennent des textes mythologiques traitant de la religion des anciens Cananéens (voir vol. I, p. 128, 129). L’étude de ces documents est devenue une science particulière appelée ougaritique, nom également donné à la langue et à l’écriture dans lesquelles ces documents sont rédigés. L’ougaritique était un dialecte cananéen parlé par la population du nord-ouest de la Syrie au milieu du deuxième millénaire av. J.-C. Comme la langue hébraïque ne diffère que très peu de l’ancien cananéen, la littérature religieuse ougaritique a apporté beaucoup de lumière sur de nombreuses expressions et de nombreux mots obscurs de l’Ancien Testament, en particulier des Psaumes. La terminologie et le vocabulaire de la littérature religieuse ougaritique ne diffèrent que légèrement de ceux que l’on trouve dans la Bible. En plus d’éclairer de nombreux passages obscurs des Psaumes, l’étude de la littérature ougaritique a aussi montré que les psaumes bibliques sont beaucoup plus anciens que ne voulaient l’admettre de nombreux érudits modernes. Il a maintenant été démontré que de nombreux psaumes que les critiques de la haute critique ont datés de l’époque macchabéenne contiennent des expressions couramment employées au deuxième millénaire av. J.-C., mais qui ne l’étaient pas à la période hellénistique. Cela tend à confirmer les dates anciennes suggérées pour bon nombre de psaumes par leurs titres respectifs. Toutefois, la plus grande contribution de l’ougaritique en rapport avec les psaumes concerne le vocabulaire et la phraséologie. De nombreux passages autrefois obscurs parce que le sens des mots s’était perdu et ne pouvait être que conjecturé,
sont maintenant devenus clairs et significatifs grâce à l’étude de leurs équivalents ougaritiques. Dans d’autres cas, l’ougaritique a confirmé la compréhension et la traduction traditionnelles du texte que l’on trouve dans notre Bible anglaise. Lorsque l’ougaritique aura apporté une contribution substantielle à une meilleure compréhension d’un certain texte ou mot, cela sera signalé dans les commentaires sur les passages concernés. Dans quelques cas exceptionnels seulement, il sera fait mention du fait que l’ougaritique confirme la lecture traditionnelle. Les notes sur l’ougaritique doivent beaucoup aux érudits suivants, qui ont accompli un travail de pionniers en démontrant l’importance de l’ougaritique pour l’étude des Psaumes : W. F. Albright, H. L. Ginsberg, C. H. Gordon, U. Cassuto et J. H. Patton. L’auteur exprime ici sa reconnaissance pour le travail de ces hommes et sa gratitude. 4. Thème. L’homme est dans la détresse — Dieu apporte le soulagement. Tel est le thème, à l’attrait universel, du livre des Psaumes. Dans ces poèmes sacrés, nous entendons le cri, non seulement de l’Hébreu, mais de l’humanité entière, qui monte vers Dieu pour implorer son aide, et nous voyons la main de la Toute-Puissance s’abaisser pour apporter le soulagement. Il n’est pas étonnant que pendant des siècles, pour les Juifs comme pour les Gentils, le Psautier ait fourni matière à la prière privée et à la dévotion publique ; il a servi avec la même satisfaction de liturgie officielle au Temple et à la synagogue hébraïques, de livre de cantiques à l’Église chrétienne et de livre de prières à l’enfant solitaire de Dieu, quelles que soient sa race ou sa confession. Le récit de l’usage du Psautier parmi les Hébreux est plein d’intérêt. Les psaumes devinrent très tôt l’expression de la dévotion du peuple, tant dans la vie privée que dans le culte public. Une part importante du culte au Temple consistait à chanter ou à psalmodier des psaumes, soit par des chœurs antiphoniques, soit par le chœur et l’assemblée selon un mode responsorial. David en donna le modèle en confiant un psaume « pour remercier le Seigneur » à Asaph et à ses frères lorsqu’il introduisit l’arche dans la tente nouvellement établie à Jérusalem (voir 1 Chron. 16:7–36). Selon la Mishnah et le Talmud, un psaume était attribué à chaque jour de la semaine, pour être chanté après le sacrifice quotidien, au moment où l’on versait la libation. Des psaumes particuliers étaient choisis pour les grandes fêtes : Ps. 113–118 pour la Pâque ; Ps. 118 pour la Pentecôte, les Tabernacles et la Dédicace ; Ps. 135 pour la Pâque ; Ps. 30 pour la Dédicace ; Ps. 81 pour la nouvelle lune, avec Ps. 29 pour le sacrifice du soir ce jour-là ; et Ps. 120–134 pour la première nuit des Tabernacles. Dans la synagogue, les prières quotidiennes remplacèrent les sacrifices du Temple, le service quotidien étant rendu aussi conforme que possible à celui du Temple. Après la destruction du Temple, les psaumes furent employés comme prières avec la lecture de la Loi et des Prophètes, assurant ainsi une communion constante avec Dieu dans le culte public. Des psaumes particuliers en vinrent à être utilisés pour des occasions particulières : Ps. 7 pour Pourim ; Ps. 12 pour le huitième jour des Tabernacles ; Ps. 47 pour le Nouvel An ; Ps. 98 et 104 pour la nouvelle lune ; Ps. 103 et 130 pour l’Expiation. Le peuple connaissait par cœur les grands hallels, ou « alléluia » : Ps. 104–106, 111–113, 115–117, 135, et 145–150, qui étaient utilisés comme expressions communautaires d’actions de grâce. Dans la synagogue moderne, l’usage des psaumes varie selon le rite suivi (européen de l’Est, hispano-portugais, yéménite, italien, etc.), mais les psaumes occupent une place d’honneur dans tous les rituels.
De même, dans la vie du Juif orthodoxe, depuis le premier moment du réveil jusqu’au dernier instant avant le repos nocturne, les psaumes constituent une part importante des prières quotidiennes du fidèle. Les chrétiens ont, dans une certaine mesure, suivi le modèle établi par le judaïsme. Jésus de Nazareth a cité plus fréquemment les Psaumes et Ésaïe que tout autre livre de l’AT. Aucun autre livre de l’AT n’est aussi fréquemment cité dans le NT que le livre des Psaumes, à l’exception possible d’Ésaïe. Les premiers chrétiens ont incorporé les psaumes à leur culte (voir 1 Cor. 14:26; Eph. 5:19; Col. 3:16; James 5:13) et les Églises qui ont suivi ont continué cette pratique au fil des siècles. Chrysostome (vers 347–407) témoigne de la prévalence des psaumes dans toutes les formes de culte. Dans l’Église médiévale, le clergé récitait chaque semaine l’intégralité du Psautier. On dit que saint Patrick récitait quotidiennement le livre entier des Psaumes. Les psaumes font partie intégrante du rituel catholique — romain comme oriental — et continuent d’occuper une place importante dans le culte des branches anglicane et évangélique de l’Église chrétienne, comme le confirment l’observation et l’expérience actuelles. En traitant le thème de la détresse de l’homme et du soulagement accordé par Dieu, les psaumes puisent leur matière dans la vie personnelle et nationale d’un peuple qui a connu beaucoup de chagrin et de joie, de frustration et d’accomplissement, de déception et de satisfaction ; dans les réactions d’un peuple qui ressentait profondément le caractère poignant de ses expériences et s’exprimait avec une grande liberté émotionnelle. Les psaumes reflètent donc presque toutes les expériences que l’homme limité puisse connaître et donnent expression à pratiquement toutes les émotions humaines. Ellen G. White dit : « Les psaumes de David parcourent toute la gamme de l’expérience, depuis les profondeurs de la culpabilité consciente et de la condamnation de soi jusqu’à la foi la plus élevée et à la communion la plus exaltée avec Dieu » (PP 754). Ils traitent de la maladie et du rétablissement, du péché et du pardon, du chagrin et du réconfort, de la faiblesse et de la force, de l’évanescence et de la permanence, de la futilité et de la raison d’être. Il existe des psaumes pour chaque humeur, pour chaque besoin : des psaumes pour les déçus, les découragés, les âgés, ceux qui désespèrent, les malades, les pécheurs ; et des psaumes pour les jeunes, les vigoureux, ceux qui ont de l’espérance, l’enfant de Dieu fidèle et croyant, le saint triomphant. Il y a un psaume dont la tonalité de découragement ne laisse entendre guère plus qu’une note d’espérance ; et, d’autre part, il y a un psaume de louange qui ne souffle pas un seul mot de supplication. Il y a des psaumes dans lesquels le pécheur s’attarde « dans le secret » de la « présence » de Dieu, « sous l’ombre » de Ses « ailes », et épanche seul son âme ; et il y a des psaumes dans lesquels le saint de Dieu se joint à la vaste assemblée des fidèles dans la grande congrégation et, accompagné d’instruments de toutes sortes, proclame à haute voix la louange de Dieu. Dans toute la collection, Dieu est exalté comme la solution à tous les problèmes de l’homme, le Tout en tous suprême : notre espérance, notre confiance, notre force, notre triomphe — incarné dans le Messie, dont la venue apporte la rédemption et inaugure le règne universel et éternel de la justice. Le Christ traverse les psaumes ; nous y percevons des aperçus prophétiques de Sa divinité (Ps. 45:6; 110:1), filiation (Ps. 2:7), incarnation (Ps. 40:6, 7), sacerdoce (Ps. 110:4), trahison (Ps. 41:9), rejet (Ps. 118:22), résurrection (Ps. 16:9, 10), et ascension (Ps. 68:18). « La clé d’or du Psautier repose dans une Main transpercée » (Alexander). Parmi les nombreuses phases du développement du grand thème traité par le psalmiste, les affirmations suivantes sont proposées comme revêtant une importance particulière : 1. L’âme pieuse ne peut imaginer de plus grande bénédiction que d’être en la présence de Dieu, ni de plus grand malheur que d’être tenue éloignée de Sa présence.
2. Le Dieu qui est le créateur et le souverain de l’univers est en même temps le père aimant de Ses enfants, le tendre berger de Ses brebis humaines. 3. La véritable religion est une expérience intensément joyeuse, abondant en toutes sortes d’expressions, exigeant la consécration de toutes les valeurs humaines à la louange de Dieu. « Je te louerai, ô Seigneur, de tout mon cœur » (Ps. 9:1). 4. La supplication et l’action de grâces devraient aller de pair. La prière et la louange sont partenaires. Lorsque le psalmiste demande à Dieu une bénédiction, il le loue pour l’abondance de ses bénédictions et le remercie pour cette bénédiction comme si elle avait déjà été reçue. 5. La contemplation de la nature conduit toujours l’âme pieuse à louer Dieu en tant que Créateur — elle n’est jamais une fin en soi. 6. Puisque l’histoire du peuple de Dieu montre que Dieu l’a abondamment béni dans le passé, on peut s’attendre avec confiance à ce qu’il continue de le bénir maintenant et à l’avenir. 7. La justice — la droiture dans l’agir — finit par recevoir sa récompense. En général, la vie pieuse sur terre est infiniment plus satisfaisante que la voie de l’homme du monde ; et, en fin de compte, elle procure une satisfaction éternelle. À l’inverse, la méchanceté — les mauvaises actions — entraîne la souffrance et la mort finale. Bien que les méchants semblent prospérer pendant un temps, la justice du gouvernement de Dieu montrera finalement la folie de leur voie et leur donnera le résultat logique de leur méchanceté. 8. C’est le privilège et la responsabilité de l’enfant de Dieu de partager son expérience avec les autres. Le nationalisme apparent de certains psaumes cède la place, dans d’autres, à la reconnaissance par le psalmiste de l’Église universelle. 9. Les difficultés, la douleur et la maladie font partie du plan rédempteur de Dieu ; elles doivent être acceptées comme une instruction et un avertissement. Tous les problèmes de la vie seront finalement résolus lors de la venue du Messie et de l’établissement de son royaume éternel de justice. 10. Dans le gouvernement de Dieu, « la miséricorde et la vérité se rencontrent » (Ps. 85:10)—la loi et l’Évangile sont unis dans une parfaite harmonie. Pour exprimer le vaste thème des Psaumes dans ses nombreuses dimensions, les psalmistes ont choisi la forme littéraire de la poésie lyrique comme le moyen le plus approprié d’exprimer les intuitions les plus profondes et les aspirations les plus élevées de l’homme dans son désir de communion avec Dieu. Les psaumes sont « la perfection de la poésie lyrique » (Moulton). Mais pour le lecteur occasionnel, habitué aux formes métriques de la poésie anglaise, les psaumes ne présentent pas l’apparence de la poésie. Il n’y trouve ni l’accent régulièrement récurrent ni la rime qui constituent les caractéristiques métriques typiques d’une grande partie de la poésie des langues occidentales. La poésie hébraïque, qui atteint son plus haut degré d’excellence dans les Psaumes, est entièrement différente par sa nature de la poésie occidentale. Son rythme ne consiste pas en une succession régulière de syllabes accentuées et non accentuées, avec des rimes à la fin des vers et parfois à l’intérieur des vers, comme dans une grande partie de la poésie anglaise. Il semble que l’accentuation irrégulière soit une caractéristique de la forme de la poésie hébraïque, mais sa nature pose un défi aux chercheurs et n’est pas pleinement comprise (voir p. 27). L’apparition peu fréquente de sons similaires à la fin de vers adjacents ne constitue pas nécessairement la preuve d’une intention de rimer de la part du poète. Aucun de ces deux éléments n’apparaît dans les traductions anglaises courantes. Fait significatif, la base métrique de la poésie hébraïque, comme celle des autres langues du Proche-Orient, est beaucoup plus souple que la base métrique de la poésie anglaise conventionnelle. Elle est assez souple pour révéler, dans sa structure interne, le développement et les relations des pensées constitutives de la composition dans son ensemble.
Le trait caractéristique de la poésie hébraïque est le rythme de la pensée appelé parallélisme, ou structure équilibrée, qui consiste à mettre un vers en regard d’un autre selon une variété de modèles. Cette structure particulière a été comparée au flux et au reflux de la marée et, selon les termes d’un écrivain allemand, « au soulèvement et à l’affaissement du cœur tourmenté ». Elle possède quelque chose qui transcende les nationalités. Elle semble être enracinée dans le cœur humain. Le lecteur de la Bible peut aussi se réjouir du fait que cette forme métrique orientale perd peu, voire rien, de sa validité et de sa beauté dans l’anglais de la KJV, à mesure qu’il s’habitue à la répétition de phrase après phrase, organisée selon une vaste gamme de variations dans l’équilibre. Le parallélisme est de trois types principaux : 1. Le parallélisme synonymique, dans lequel la pensée est immédiatement répétée avec des mots et des images différents dans le vers suivant, les deux vers formant un distique d’idées unifiées ; par exemple, « Les douleurs du séjour des morts m’entouraient ; les pièges de la mort me devançaient » (Ps. 18:5). « Ne me rejette pas au temps de la vieillesse ; ne m’abandonne pas lorsque ma force faiblit » (Ps. 71:9). 2. Le parallélisme antithétique, dans lequel la pensée est opposée ou inversée dans le vers suivant ; deux pensées sont placées l’une en face de l’autre ; par exemple, « Je suis pour beaucoup un sujet d’étonnement ; mais toi, tu es mon puissant refuge » (Ps. 71:7). « Les uns se confient dans les chars, les autres dans les chevaux ; mais nous, nous nous souviendrons du nom de l’Éternel, notre Dieu » (Ps. 20:7). 3. Le parallélisme synthétique, dans lequel le second membre du distique ajoute une pensée apparentée à celle du premier membre ou complète la pensée du premier membre ; par exemple, « J’invoquerai l’Éternel, qui est digne d’être loué ; ainsi serai-je délivré de mes ennemis » (Ps. 18:3). « Car, de même que le ciel est élevé au-dessus de la terre, aussi grande est sa miséricorde envers ceux qui le révèrent » (Ps. 103:11). Cet emploi du parallélisme connaît de nombreux développements complexes, qui sont expliqués plus en détail dans l’article « La poésie de la Bible », p. 24–27. Bien que ce rythme de la pensée, ou parallélisme, apparaisse dans une certaine mesure dans la KJV, la forme en prose sous laquelle cette version est imprimée tend à dissimuler la structure poétique. C’est pourquoi, dans ce commentaire, le texte est imprimé sous la forme typographique habituelle des vers anglais, afin de représenter dans une certaine mesure la base métrique des psaumes. 5. Plan. A. Classification. De nombreuses classifications des psaumes selon leur sujet et leur but ont été proposées. Barnes reconnaissait cinq types : (1) Hymnes à la louange de Dieu, (2) Hymnes nationaux des Hébreux, (3) Chants du temple, (4) Psaumes sur les thèmes de l’épreuve et de la calamité nationales et individuelles, et (5) Psaumes religieux et moraux. Kent énumérait les types suivants : (1) Amour et mariage, (2) Louange et actions de grâces, (3) Adoration et confiance, (4) Prière, et (5) Réflexion et enseignement. MacFayden classait les psaumes selon onze thèmes : (1) Adoration, (2) Règne universel de Jéhovah, (3) Le Roi, (4) Réflexion, (5) Actions de grâces, (6) Culte, (7) Histoire, (8) Imprécation, (9) Pénitence, (10) Supplication, et (11) Alphabétiques. S’appuyant sur son étude des compositions littéraires sous forme de chants religieux, non seulement en Israël et en Juda, mais aussi dans les cultures anciennes et contemporaines des peuples voisins du Proche-Orient, Gunkel trouva cinq types : (1) Hymnes, y compris les Chants de Sion et les Psaumes d’intronisation, (2) Lamentations communautaires, (3) Psaumes royaux, (4)
Lamentations, et (5) Chants individuels d’actions de grâces, avec un groupe de psaumes qu’il appelle Psaumes mixtes. Classant les psaumes selon leur forme littéraire et leur but, Moulton les désignait comme étant (1) Préliminaires, (2) Monologues dramatiques, (3) Psaumes acrostiches, (4) Antiennes dramatiques, (5) Antiennes pour l’inauguration de Jérusalem, (6) Liturgies, (7) Hymnes de fête, (8) Hymnes votifs, (9) Litanies, (10) Élégies nationales, (11) Hymnes occasionnels, et (12) Antiennes de fête. Pour les besoins de ce commentaire, la classification suivante, accompagnée de notes servant de définitions et d’exemples typiques de chaque classe, montrera la variété des idées et l’ampleur des thèmes dans le Psautier : a. Nature. Ps. 8, 19, 29, 104. Les Hébreux, vivant au contact de la terre, aimaient la nature. Cependant, leur amour de la nature ne constituait jamais une fin en soi, mais désignait toujours le Dieu de la nature et les conduisait à exalter la puissance et la majesté du Créateur. Le poème de Samuel Taylor Coleridge, « Hymne avant le lever du soleil dans la vallée de Chamouni », est un exemple remarquable de ce traitement hébraïque de la nature dans la littérature anglaise. Dans ce poème, la contemplation de la nature par le poète conduit à la louange de Dieu. b. Historique et national. Ps. 46, 68, 79, 105, 106, 114. Des riches expériences du passé, aussi déprimantes ou exaltantes qu’elles aient pu être, les psalmistes hébreux tiraient des avertissements concernant la conduite quotidienne et une inspiration pour l’avenir. Leur fidélité à Dieu constituait toujours le point central de leur patriotisme. C’était Lui qui fournissait l’inspiration nécessaire en temps de crise nationale. c. Didactique. Ps. 1, 15, 34, 71. Les psaumes abondent en conseils moraux, éthiques et religieux. d. Messianique. Ps. 2, 22, 69, 72, 110. Le Messie est présenté dans son caractère divin et sa descendance humaine, dans son humilité et son exaltation, dans ses souffrances et sa gloire, dans son service sacerdotal et sa dignité royale, ainsi que dans le triomphe ultime et la béatitude de son règne éternel. Le portrait du Christ dans le Nouveau Testament comme Prophète, Prêtre, Rédempteur et Roi est annoncé dans le Psautier. On a dit qu’un traité systématique sur le Messie pourrait presque être compilé à partir des Psaumes. Il est à peine nécessaire d’ajouter que dire qu’il existe des psaumes messianiques revient aussi à dire qu’il existe des psaumes prophétiques. David n’était pas seulement un doux chanteur, il était aussi un prophète (Acts 2:29, 30). e. Pénitentiels. Ps. 6, 32, 38, 51, 102, 130, 143. David se distingue comme l’un des grands confesseurs de la Bible. Après avoir péché avec vigueur, il renonça avec la même vigueur à son péché, tombant dans la tristesse et la contrition aux pieds de son Sauveur. Il est significatif que, parmi les sept psaumes pénitentiels, cinq soient attribués au roi-poète qui, confronté à la parabole du prophète concernant l’agneau, confessa immédiatement : « J’ai péché contre le Seigneur » (2 Sam. 12:1–13). f. Imprécatoires. Ps. 35, 52, 69, 83, 109. Plusieurs psaumes dénoncent les ennemis de Dieu et de son peuple et appellent des malédictions sur leurs têtes. Le ton de ces psaumes semble contraire à l’esprit qui, selon la déclaration du Christ, devrait gouverner notre attitude envers un ennemi (Matt. 5:44). Les suggestions suivantes, de valeur inégale, proposées par un large éventail de commentateurs, peuvent contribuer ensemble à éclairer le problème : 1. L’expression de condamnation peut être comprise comme prédictive plutôt qu’impérative. Le châtiment est prévu par le psalmiste ; il ne vient pas en réponse à sa requête. Les verbes d’imprécation peuvent être considérés comme des déclarations d’avertissement plutôt que comme des expressions de désir. 2. Le caractère concret de la pensée et de l’expression hébraïques tendait à associer le péché et le pécheur comme une seule réalité. L’esprit hébreu avait du mal à concevoir l’idée abstraite du péché, sauf
lorsqu’il le voyait personnifié dans le pécheur. Le péché et le pécheur n’étaient pas des entités distinctes, mais des réalités inséparables. Détruire le péché exigeait la destruction du pécheur. 3. Conscients de leur rôle de représentants choisis par Dieu parmi les païens, les Hébreux considéraient qu’une attaque menée contre eux par les païens était un péché contre Dieu, et se sentaient obligés d’infliger un châtiment pour une telle attaque. Le psalmiste a conscience d’être oint de Dieu. Lorsqu’il parle, il parle pour Dieu. Lorsque l’ennemi le persécute, il persécute Dieu. À ce propos, on peut remarquer que Moïse, dans l’intensité passionnée du discours oratoire du Deutéronome, abandonne parfois l’emploi du pronom de la troisième personne et, sans phrase de transition ni d’explication, parle pour ainsi dire directement de la bouche de Dieu (voir Deut. 11:13–15; 29:5, 6). Le psalmiste a écrit sous l’inspiration divine et avait donc le droit non seulement de dénoncer le péché, mais aussi de prononcer un jugement contre le pécheur. On peut comparer ces imprécations contre l’ennemi aux malédictions prononcées contre les Israélites eux-mêmes pour être tombés dans le péché, telles qu’elles sont rapportées dans Lev. 26, Deut 27 et 28, les dénonciations d’Isa. 5:24, 25; 8:14, 15; Jer. 6:21; 7:32–34, le langage vigoureux employé par Jésus pour dénoncer les scribes et les pharisiens (Matt. 23), ainsi que les paroles des auteurs du NT dans Acts 5:3, 9; Gal. 1:8, 9; 5:12; James 5:1–3. Comme l’indiquent ces références, les imprécations de la Bible ne se limitent pas aux psaumes, ni même à l’AT. On les trouve également dans le NT. 4. Les dénonciations du pécheur doivent être comprises dans le contexte de l’époque où elles ont été écrites. En ces temps-là, les hommes s’exprimaient en termes forts et avec des images vigoureuses. Les auteurs de la Bible exposaient leurs idées dans un langage humain et dans un style familier aux hommes. « La Bible est écrite par des hommes inspirés, mais elle ne présente pas le mode de pensée et d’expression de Dieu. Elle est humaine. Dieu n’y est pas représenté comme écrivain. Les hommes diront souvent qu’une telle expression ne ressemble pas à Dieu. Mais Dieu ne s’est pas soumis dans la Bible à l’épreuve des mots, de la logique ou de la rhétorique » (EGW MS 24, 1886). g. Prière, louange et adoration. Ps. 16, 55, 65, 86, 89, 90, 95–100, 103, 104, 107, 142, 143, 145–150. La voix du psalmiste se fait continuellement entendre dans la prière : « J’ai crié à l’Éternel » (Ps. 3:4), « Écoute ma prière, ô Éternel » (Ps. 39:12) ; et dans la louange et l’adoration : « Je t’exalterai, mon Dieu, ô roi » (Ps. 145:1), « Mon âme, bénis l’Éternel, et que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom » (Ps. 103:1). Toutes les expériences de la vie sont élevées au-dessus de leur contexte et deviennent un sujet de louange. h. Pèlerin. Ps. 120–134. Essentiellement des chants populaires, appelés « cantique des degrés » dans la suscription. Ces chants étaient peut-être entonnés par les pèlerins en route vers les grandes fêtes de Jérusalem. En hébreu, ces psaumes sont appelés shir hamma‘aloth (Ps. 121 est désigné comme shir lamma‘aloth). Ma‘alah vient de la racine ‘alah, qui signifie « monter ». Ma‘alah est employé pour désigner la montée ou le retour chez soi depuis Babylone (Ezra 7:9), les « marches » ou « escaliers » (Ex. 20:26; 1 Kings 10:19), ainsi que les « degrés d’un cadran solaire » (2 Kings 20:9). Dans le titre de ces psaumes, ma‘alah désigne peut-être les pèlerinages aux fêtes de Jérusalem (cf. son emploi dans Ezra 7:9). La Mishnah fait référence comme suit à un usage traditionnel de ces 15 psaumes dans le Temple : « Des hommes saints … répétaient des chants et des louanges … et les Lévites se tenaient avec des harpes sur les quinze marches qui descendent de la cour d’Israël à la cour des femmes, correspondant par leur nombre aux quinze cantiques des Maaloth qui se trouvent dans le livre des Psaumes. » La tradition affirme également que ces psaumes étaient chantés par les Lévites pendant la fête nocturne de la première nuit des Tabernacles, sur les 15 marches entre la cour d’Israël
et la cour des femmes, tandis que la cour des femmes était brillamment illuminée par des candélabres. i. Psaumes alphabétiques ou acrostiches. Ps. 9, 10, 25, 34, 37, 111, 112, 119, 145 dans le texte hébreu révèlent une succession alphabétique des lettres initiales des versets, qui n’est pas perceptible dans les traductions anglaises ordinaires, sauf en partie dans la KJV de Ps. 119, où la lettre hébraïque apparaît au début de chaque strophe. Les psaumes acrostiches sont de trois sortes : 1. Ceux dans lesquels la première lettre de chaque verset est une lettre de l’alphabet dans l’ordre (Ps. 25, 34, 111, 112, 145, avec quelques rares exceptions dans Ps. 25 et 34). 2. Ceux dans lesquels les lettres de l’alphabet commencent des versets alternés (Ps. 37) ou apparaissent au début des versets à des intervalles plus espacés dans le psaume (Ps. 9 et 10). 3. Le psaume (119), qui est divisé en 22 strophes de 8 versets chacune, chaque ligne de chaque strophe commençant par la même lettre de l’alphabet, les strophes se succédant dans l’ordre normal de l’alphabet. Ce procédé acrostiche était sans doute employé pour aider la mémoire du lecteur, anticipant ainsi de plus de 2 000 ans nos modernes abécédaires. En règle générale, les psaumes acrostiches ne présentent pas de développement actif du thème, mais plutôt une répétition en des termes différents et avec des illustrations variées. Sur le plan stylistique, ils se caractérisent par une grande richesse d’expression. Dans ce commentaire, la nature acrostiche des psaumes sous forme poétique est indiquée par les lettres de l’alphabet hébreu dans la marge. Les 22 lettres de l’alphabet sont répertoriées dans l’ordre à la p. 14. B. Disposition. Depuis des temps très anciens, le livre des Psaumes est divisé en cinq livres, peut-être par imitation des cinq livres de Moïse. En commentant Ps. 1, le Midrash dit : « Moïse a donné aux Israélites les cinq livres de la Loi, et pour leur correspondre, David leur a donné le Livre des Psaumes en cinq livres. » Cette division en cinq parties, probablement antérieure à la LXX, est indiquée par l’insertion de doxologies et d’« Amen » à la fin de chaque livre, à l’exception du Livre Cinq qui, comme doxologie développée et culminante, sert de conclusion à l’ensemble du Psautier. Ces divisions majeures sont les suivantes : Livre Un, Ps. 1–41, se terminant par une doxologie et un double « Amen » (Ps. 41:13). Livre Deux, Ps. 42–72, se terminant par une double doxologie, un double « Amen » et l’inscription « Les prières de David, fils d’Isaï, sont terminées » (Ps. 72:18–20). Livre Trois, Ps. 73–89, se terminant, comme le Livre Un, par une doxologie et un double « Amen » (Ps. 89:52). Livre Quatre, Ps. 90–106, se terminant par une doxologie, un « Amen » et un alléluia (« Louez l’Éternel », Ps. 106:48). Livre Cinq, Ps. 107–150, se terminant par Ps. 150, qui commence et se termine par un alléluia (« Louez l’Éternel »), et qui est lui-même un alléluia développé. Dans le corps des Psaumes, en plus des recueils davidique, d’Asaph et des fils de Koré mentionnés ci-dessus, plusieurs autres recueils apparaissent comme des psautiers mineurs. Ps. 51–72 sont appelés Les Prières de David, fils d’Isaï (voir Ps. 72:20). Ps. 52–55 sont un recueil de maschils (voir p. 628) ; Ps. 56–60, de michtams (voir p. 627) ; Ps. 57–59, d’al-taschiths (voir p. 629). Ps. 113–118 constituent le Hallel égyptien, ainsi appelé d’après la première phrase de Ps. 114: « Lorsque Israël sortit d’Égypte. » La tradition juive veut que le Hallel égyptien ait été utilisé dans le cadre du rituel de la Pâque au Temple. On dit que les différents psaumes du recueil étaient chantés tandis que les récipients contenant le sang des
agneaux de la Pâque étaient passés le long des rangées de prêtres, en descendant puis en remontant, pour être versé au pied de l’autel par le prêtre officiant. Le peuple participait oralement à la cérémonie, criant Alléluia et répétant certains versets des psaumes à intervalles. Ps. 119 peut être considéré comme un recueil de 22 psaumes courts, formant une méditation acrostiche ingénieuse sur la loi. Ps. 120–134 sont appelés Cantiques des degrés, et constituent un recueil de chants populaires de pèlerins (voir p. 625). Ps. 145–150 constituent un magnifique chœur final d’Alléluia. L’âme pieuse se voit offrir un éventail de psautiers au sein du Psautier. Lorsqu’on se réfère aux versets des Psaumes, selon la méthode habituelle de référence textuelle, il faut préciser le texte ou la version auxquels on se réfère, car la numérotation des versets varie selon plusieurs textes et versions. Il convient d’attirer une attention particulière sur la numérotation textuelle du texte hébreu, de la KJV et de la RSV, comparée à celle de la LXX grecque, de la Vulgate latine et de la Version anglaise Douay. La Bible anglaise (KJV, RSV, etc.), suivant l’hébreu, numérote 150 psaumes. La LXX en numérote 151 et la Vulgate 150, mais ces versions sont numérotées différemment. Elles réunissent Ps. 9 et 10 en un seul psaume, et de même Ps. 114 et 115 ; et divisent Ps. 116 en deux psaumes : Ps. 116:1–9; Ps. 116:10–19 ; et Ps. 147 en deux psaumes : Ps. 147:1–11, Ps. 147:12–20. Ainsi, seuls Ps. 1–9 et 148–150 sont numérotés de la même manière dans l’hébreu, le grec et le latin. À l’exception de Ps. 9, 10, 114–116, et 147, dans les psaumes restants, la numérotation hébraïque est supérieure d’une unité à celle de la LXX et de la Vulgate. Il est important de reconnaître cette différence de numérotation lorsqu’on cite des références à la LXX ou à la Vulgate. Cette différence de numérotation des différents psaumes apparaît dans le tableau suivant : Hébreu, KJV, RSV LXX, Vulgate, Douay Ps. 1-8 Ps. 1-8 9, 10 9 11-113 10-112 114, 115 113 116:1-9 114 116:10-9 115 117-146 116-145 147:1-11 146 147:12-20 147 148-150 148-150 151 (dans la LXX seulement) De plus, dans le texte hébreu, le titre ou la suscription d’un psaume constitue le v. 1, en tout ou en partie. Cela exige davantage de soin dans la citation des références aux versets du texte hébreu. Par exemple, Ps. 4:1 (KJV) est Ps. 4:2 dans l’hébreu, la suscription étant numérotée v. 1. Le texte hébreu de Ps. 4 compte donc neuf versets au lieu de huit, comme dans la KJV. C. Suscriptions. Voir aussi p. 615–617. Les suscriptions des psaumes désignent les recueils de psaumes, les types de psaumes, les mélodies, l’accompagnement instrumental, ainsi que des informations sur l’auteur et le contexte. a. Recueils. Les mentions, dans les suscriptions de nombreux psaumes, de David, d’Asaph et des fils d’Asaph, ainsi que des fils de Koré, semblent indiquer des recueils plus petits de psaumes au sein du Psautier de 150 psaumes. Le recueil davidique compte 73 psaumes,
12 dans le recueil asaphique, et 11 dans le recueil coréite. Les suscriptions de 55 psaumes contiennent l’expression « Au chef des chantres », héb. lamnaṣṣeach ; « Au maître de chant » (RSV), comme si ce recueil était dédié ou confié au « surveillant » du chœur (voir 2 Chron. 2:2, 18; 34:13 pour l’emploi de menaṣṣeach comme « surveillant »). Lamnaṣṣeach est traduit par « au chef des chantres » (KJV), « au maître de chant » (RSV), dans Hab. 3:19. Certains proposent la définition « pour les usages liturgiques ». b. Types. Des mots ou expressions clés dans les suscriptions de nombreux psaumes semblent indiquer la nature ou le type du psaume ainsi introduit. Les voici : 1. Psaume. Héb. mizmor, chant destiné à être accompagné par des instruments à cordes. Il apparaît dans les suscriptions de 57 psaumes, toujours accompagné d’autres mots, comme « de David ». Mizmor vient de la racine zamar, qui signifie « chanter », « louer », « jouer d’un instrument ». La LXX traduit mizmor par psalmos (de psallein, « pincer »). 2. Chant. Héb. shir. Ce mot apparaît dans la suscription de 29 psaumes. Dans la suscription de Ps. 18, le mot « chant » est traduit de shirah, la forme féminine de shir. L’expression « Un chant d’amour » (KJV), « un chant d’amour » (RSV), introduit Ps. 45. Dans les suscriptions de Ps. 120–134 le mot « chant » est suivi de l’expression « des degrés » (voir p. 625). 3. Michtam. Une translittération de l’héb. miktam. Ce mot apparaît dans les suscriptions de six psaumes (16, 56–60). Sa signification est inconnue. Une conjecture fait dériver ce mot d’une racine akkadienne, katamu, « couvrir », et suggère que les psaumes ainsi désignés pourraient être considérés comme des psaumes d’expiation, c’est-à-dire des psaumes concernant la couverture des péchés. Le mot pourrait être un titre musical. 4. Maschil. Une translittération de l’héb. maśkil, dérivé de la racine śakal, « être prudent ». Sa présence dans les suscriptions de 13 psaumes (32, 42, 44, 45, 52–55, 74, 78, 88, 89 et 142) semble indiquer que ces psaumes sont des poèmes instructifs ou didactiques. Maśkil est traduit par « avec intelligence » dans Ps. 47:7. Cependant, comme l’idée d’instruction, appliquée rigoureusement, ne convient pas à tous ces psaumes, maśkil peut désigner une forme d’exécution musicale. 5. Prière. Héb. tephillah. Ce mot apparaît dans les suscriptions de Ps. 17, 86, 90, 102, et 142 (voir Hab. 3:1). 6. Louange. Héb. tehillah. Ce mot apparaît dans la suscription de Ps. 145, sa seule occurrence dans une suscription du Psautier. Une forme masculine plurielle, tehillim, est le titre hébreu de l’ensemble du recueil (voir p. 615). 7. Shiggaion. Héb. shiggayon. Ce mot apparaît dans la suscription de Ps. 7 (et ailleurs au pluriel, dans Hab. 3:1). Son sens est incertain. On l’a expliqué comme désignant une ode irrégulière, de nature sauvage et passionnée. Le mot-racine hébreu est probablement shagah, « errer », « s’égarer », « chanceler », ce qui suggère un rythme extatique aux changements fréquents.
8. Enseigner. Héb. lelammed. L’expression apparaît dans la suscription de Ps. 60 et laisse entendre que le psaume était destiné à l’enseignement. Peut-être les Lévites étaient-ils chargés de l’enseigner au peuple. 9. Faire souvenir. Héb. lehazkir. L’expression apparaît dans la suscription de Ps. 38 et 70. Du terme hébreu ’azkarah, « offrande d’encens », certains ont conjecturé que cette expression indique que ces psaumes devaient être chantés pendant cette partie du service sacrificiel. Dans 1 Chron. 16:4 le mot « rappeler », « invoquer » (RSV), est traduit de l’hébreu lehazkir. 10. De louange. Héb. lethodah. Cette expression apparaît dans la suscription de Ps. 100. Il est possible que ce psaume ait été destiné à être chanté au moment de l’offrande d’actions de grâces (Lev. 7:11– 15). Ps. 100 est un psaume d’actions de grâces. c. Mélodies. Plusieurs expressions des suscriptions suggèrent des mélodies destinées à accompagner les psaumes, probablement des airs bien connus dans leur usage d’origine. Des mélodies populaires ont peut-être été adaptées au culte public. 1. Muth-labben (Ps. 9). Son sens est incertain. Certains manuscrits hébreux combinent ‘al, traduit par « sur » (KJV), avec muth, donnant ainsi le mot ‘almuth. Mais même cette combinaison demeure une note technique inexpliquée. La LXX suit cette combinaison et traduit l’expression ‘almuth labben par « au sujet des choses cachées du fils ». Certains suggèrent que l’expression est le titre ou la première phrase d’un air et la traduisent par « Meurs pour le fils ». 2. Shoshannim (Ps. 45 et 69). Littéralement, « lis », probablement le titre ou le mot-clé d’une mélodie. La suscription de Ps. 60 comprend l’expression « Shushaneduth », littéralement « lis du témoignage », et la suscription de Ps. 80 « Shoshannim-Eduth », littéralement « lis, le témoignage ». Peut-être ces expressions évoquaient-elles toutes les mêmes airs d’amour bien connus. Le lis est l’anémone de Palestine. Ou bien Eduth est peut-être un nom de lieu. 3. Aijeleth Shahar (Ps. 22). Littéralement, « la biche [d’un daim] de l’aurore ». « La Biche de l’aurore » (RSV). Selon les Targums, ce psaume était chanté lors de l’offrande de l’agneau au moment du sacrifice matinal, mais on ignore à quelle époque cette coutume a été introduite. 4. Jonath-elem-rechokim (Ps. 56). Le sens de cette expression est inconnu. En conjecturant une correction du texte, en lisant ’alim à la place de ’elem, la RSV traduit l’expression par « La colombe sur des térébinthes lointains ». Certains suggèrent qu’il pourrait s’agir d’une citation de, ou d’une allusion à, la chanson citée dans Ps. 55:6, 7. D’autres suggèrent une allusion aux années d’errance de David. 5. Al-taschith (Ps. 57–59, 75). Littéralement, « Ne détruis pas ». Il s’agit peut-être des premiers mots du chant des vendanges cité en partie dans Is. 65:8. d. Plusieurs expressions des suscriptions semblent indiquer le type d’instruments d’orchestre utilisés pour accompagner le chant ou la récitation des psaumes. 1. Sur Neginoth (Ps. 4, 6, 54, 55, 67, 76). Signifie probablement « avec des instruments à cordes » (RSV). Le mot est employé au singulier dans la suscription de Ps. 61. Neginoth est rendu par « instruments à cordes » dans Is. 38:20 et Hab. 3:19. Les Hébreux possédaient trois
types d’instruments à cordes : la harpe (héb. nebel), la lyre (héb. kinnor) et la cithare (héb. ‘aśor). Pour ces instruments, voir p. 33–37. 2. Sur Nehiloth (Ps. 5). Signifie probablement « pour les flûtes » (RSV). 3. Sur Sheminith (Ps. 6, 12). Expression au sens incertain. La lecture marginale « sur la huitième », que l’on trouve dans certaines éditions de la KJV, si « huitième » est censé faire référence à l’octave, est dépourvue de sens, car rien ne prouve que les Hébreux connaissaient l’octave. Dans 1 Chron. 15:21 l’expression est employée en rapport avec des harpes. Josèphe dit que la harpe (héb. nebel) avait huit cordes. 4. Sur Gittith (Ps. 8, 81, 84). Terme musical dont le sens exact est inconnu. La tradition juive dit qu’il désigne une harpe que David rapporta de Gath. La forme du mot peut impliquer « à la manière guittite », c’est-à-dire d’une manière empruntée aux Guittites, comme nous parlons de musique à l’italienne, ou du mode chinois, etc. Mais un sens probablement meilleur dérive de l’héb. gath, « pressoir à vin », auquel cas « sur Gittith » pourrait éventuellement désigner une mélodie des vendanges. 5. Sur Alamoth (Ps. 46). Le sens de l’expression est inconnu. La traduction « pour les jeunes filles » (établie par Aquila et Jérôme) paraît improbable, car les femmes ne prenaient apparemment aucune part au service du Temple. Dans 1 Chron. 15:20 l’expression apparaît en rapport avec des psaltérions. Il est possible que les harpes aient été accordées pour suivre le guide des lyres. 6. Sur Mahalath (Ps. 53, 88). Le sens est incertain, bien que l’idée que le psaume doit être chanté d’une manière triste et lugubre soit conforme à l’atmosphère de ces psaumes, en particulier du dernier, que certains considèrent comme le plus sombre du Psautier. e. Auteurs et circonstance. Les suscriptions de 14 des psaumes (3, 7, 18, 30, 34, 51, 52, 54, 56, 57, 59, 60, 63, 142) renvoient à des épisodes ou des circonstances de la vie de David. Pour une discussion de ces suscriptions, voir p. 617 et les introductions aux différents psaumes. D. Sélah. Translittération de l’héb. selah. Ce mot apparaît 71 fois dans le Psautier : 17 fois dans le Livre premier, 30 fois dans le Livre deux, 20 fois dans le Livre trois et 4 fois dans le Livre cinq. Il n’y a aucune occurrence dans le Livre quatre. Sélah n’apparaît que dans 39 des 150 psaumes ; 28 de ces psaumes ont pour suscription « Au chef de musique ». Le mot est de sens incertain et a été diversement interprété comme indiquant une pause dans la lecture, un intermède pour instruments à cordes, un changement de mélodie, une emphase (comme « Amen »), etc. La LXX rend le terme par diapsalma (« intermède »), ce qui laisse entendre une indication musicale dans la rédaction liturgique du psaume. Malgré de nombreuses conjectures, la signification du mot reste douteuse. « Sélah » apparaît dans des psaumes à caractère nettement hymnique et se trouve généralement à la fin d’une section de pensée. LIVRE PREMIER