Seventh-day Adventist Bible CommentaryJuges 2

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

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Juges 2:1

1. Un ange. Les cinq versets suivants des Juges appartiennent à juste titre au premier chapitre. Ils clôturent opportunément le récit de la conquête et de la colonisation du ch. 1. L'auteur y explique pourquoi le peuple élu n'a pas pu faire une conquête complète du pays. Le thème principal de ces versets est une réprimande adressée aux Israélites pour avoir mêlé les pratiques religieuses païennes des peuples parmi lesquels ils s'étaient installés à leurs propres formes de religion inspirées par Dieu. Au lieu de détruire les autels païens, les Israélites ont adoré devant eux.

Il est difficile de savoir de qui parle l'auteur lorsqu'il évoque "un ange du Seigneur" Le mot "ange" signifie littéralement "messager"."L'expression " messager de l'Éternel " peut désigner un prophète que Dieu a utilisé pour transmettre son message à Israël(Aggée 1.13), mais elle peut aussi se référer à l'Éternel lui-même, qui est parfois désigné par ce titre (voir Ex. 23.20, 23; 33.2). Le fait que le message ne soit pas introduit par un " Ainsi parle le Seigneur ", comme c'était la coutume chez les prophètes ultérieurs, suggère que l'orateur était le Seigneur lui-même. L'utilisation de la première personne soutient également ce dernier point de vue.

De Guilgal. La ville qui avait servi de quartier général temporaire aux tribus(Josué 4:19; 9:6; 10:6; etc.). C'est dans ce camp, sur la rive occidentale du Jourdain, entre Jéricho et le fleuve, que le mystérieux "chef de l'armée" était apparu à Josué(Josué 5:13-15). Ce capitaine était le Christ(PP 488). Il est possible, mais en aucun cas certain, que le même visiteur soit présenté ici.

Bochim. Littéralement, " pleureurs " Ce nom a été donné à l'endroit à la suite de l'expérience qui est maintenant rapportée (voir vs. 4, 5). Aucun lieu portant ce nom n'est connu aujourd'hui, et il n'est pas non plus mentionné ailleurs dans la Bible. La LXX, après le mot " Bochim ", ajoute l'explication suivante : " et à Béthel " L'événement a pu se produire à Béthel, mais le fait qu'ils y aient offert des sacrifices(v. 5) suggère qu'il s'agissait plus probablement de Silo, où le tabernacle était dressé à l'époque. Le contexte indique une grande assemblée, et il est possible que ces événements se soient produits en relation avec l'une des grandes assemblées religieuses telles que la Pâque ou la fête du rassemblement. Dans ce cas, le lieu aurait été soit Silo, soit un petit village proche.

Ce que j'ai juré. La promesse a été donnée dans Gen. 12:7; 13:14-16; 15:18; 26:3; 28:13.

Mon alliance. Voir Ex. 34:10-16.



Ellen G. White


1, 2. Un véritable réveil—[Juges 2:1, 2 cité.] Le peuple s’inclina devant Dieu dans la contrition et la repentance. Il offrit des sacrifices et se confessa à Dieu et les uns aux autres. Les sacrifices qu’il offrait n’auraient eu aucune valeur s’il n’avait pas manifesté une véritable repentance. Sa contrition était sincère. La grâce du Christ agit dans leurs cœurs tandis qu’ils confessaient leurs péchés et offraient des sacrifices, et Dieu leur pardonna.
Le réveil était véritable. Il produisit une réforme parmi le peuple. Ils demeurèrent fidèles à l’alliance qu’ils avaient conclue. Le peuple servit le Seigneur tous les jours de Josué, et tous les jours des anciens qui survécurent à Josué et qui avaient vu les grandes œuvres du Seigneur. Ils se repentirent de leurs péchés, et ceux-ci furent pardonnés, mais la semence du mal avait été semée, et elle poussa pour porter du fruit. La vie de Josué, marquée par une intégrité inébranlable, prit fin. Sa voix ne se fit plus entendre pour réprimander et avertir. Un à un, les sentinelles fidèles qui avaient traversé le Jourdain déposèrent leur armure. Une nouvelle génération entra en scène. Le peuple s’éloigna de Dieu. Son culte se mêla de principes erronés et d’un orgueil ambitieux (The Review and Herald, September 25, 1900).
Dieu tient les parents pour responsables du mépris de Son commandement de se séparer, eux et leurs familles, de ces influences impies. Bien que nous devions vivre dans le monde, nous ne devons pas être du monde. Il nous est interdit de nous conformer à ses pratiques et à ses modes. L’amitié des impies est plus dangereuse que leur inimitié. Elle égare et détruit des milliers de personnes qui pourraient, grâce à un exemple convenable et saint, être conduites à devenir des enfants de Dieu. L’esprit des jeunes se familiarise ainsi avec l’irréligion, la vanité, l’impiété, l’orgueil et l’immoralité ; et le cœur qui n’est pas protégé par la grâce divine se corrompt progressivement. Presque imperceptiblement, les jeunes apprennent à aimer l’atmosphère viciée qui entoure les impies. Les mauvais anges se rassemblent autour d’eux, et ils perdent le goût de ce qui est pur, raffiné et ennoblissant.
Les parents chrétiens professants témoigneront la plus grande déférence à leurs hôtes mondains et irréligieux, tandis que ces mêmes personnes éloignent de la sobriété et de la religion les enfants de ceux qui leur témoignent tant d’attentions polies. Les jeunes peuvent s’efforcer de mener une vie religieuse, mais les parents ont invité le tentateur dans leur foyer, et il tisse son filet autour des enfants. Jeunes et vieux se laissèrent absorber par des plaisirs douteux et par l’excitation des plaisirs mondains.
Beaucoup pensent devoir faire certaines concessions pour plaire à leurs parents et amis irréligieux. Comme il n’est pas toujours facile de tracer la limite, une concession en prépare une autre, jusqu’à ce que ceux qui étaient autrefois de vrais disciples du Christ soient, dans leur vie et leur caractère, conformes aux coutumes du monde. Le lien avec Dieu est rompu. Ils ne sont chrétiens que de nom. Lorsque vient l’heure de l’épreuve, on voit alors que leur espérance est sans fondement. Ils se sont vendus, eux et leurs enfants, à l’ennemi (The Signs of the Times, June 2, 1881).
Amitié avec le monde ou faveur de Dieu ?—Parmi le peuple choisi de Dieu, il y a des hommes occupant des postes à responsabilité qui se contentent de demeurer dans un état de froideur et de rétrogradation. Leur piété disparaît à l’approche de la tentation. Pour gagner l’amitié des gens du monde, ils risquent les conséquences de la perte de la faveur de Dieu. Le Seigneur met son peuple à l’épreuve comme on éprouve l’argent. L’épreuve pénétrante se rapprochera toujours davantage, jusqu’à ce que le cœur soit entièrement soumis à Dieu, ou endurci dans la désobéissance et la rébellion (The Signs of the Times, June 2, 1881).

Juges 2:2

2. Ne pas faire d'alliance. Voir Ex. 34:12. Il est évident, d'après le premier chapitre des Juges, que les Israélites avaient conclu de nombreuses ligues avec les habitants païens de la Palestine. Les Israélites ont probablement soutenu que ces accords leur avaient été imposés en raison de leur incapacité à chasser les indigènes de leurs positions fortes.

Jeter leurs autels. Voir Ex. 34:13. Ces "autels" étaient des autels à piliers de pierre, si répandus en Palestine. Les relations sociales avec les habitants de la région constituent la première étape de l'infidélité d'Israël. L'étape suivante a été franchie lorsque, par ce biais, une partie du peuple a été amenée à participer à des festivités autour d'autels, d'arbres sacrés et de piliers païens. Une fois les barrières brisées, l'apostasie, telle une inondation, s'est répandue parmi eux. En peu de temps, la fusion qu'ils avaient opérée avait ravagé les principes religieux les plus élevés. Les mêmes résultats se produisent aujourd'hui. Le Seigneur nous a avertis : "Ne savez-vous pas que l'amitié du monde est inimitié avec Dieu ? Quiconque veut être ami du monde est ennemi de Dieu"(Jacques 4:4).

Pourquoi avez-vous fait cela ? Le messager avait commencé par raconter ce que Dieu avait fait pour son peuple en le délivrant de l'esclavage égyptien et en l'établissant dans le pays de la promesse. La question se pose maintenant de savoir ce qu'ils ont fait pour Dieu en retour Leur ingratitude s'est manifestée par l'apostasie religieuse qui, en l'espace de quelques années seulement, s'est manifestée de manière éclatante. Israël avait désobéi de manière flagrante dans des domaines importants que Dieu avait spécifiquement ordonnés. Ils avaient rompu le pacte, et Dieu ne pouvait donc pas remplir sa part de l'accord.



Ellen G. White


2 (2 Corinthiens 6:14-18). Effets nuisibles de l’association avec le monde—Il n’est pas prudent pour les chrétiens de choisir la compagnie de ceux qui n’ont aucun lien avec Dieu et dont la conduite Lui déplaît. Pourtant, combien de chrétiens professants s’aventurent sur le terrain interdit. Beaucoup invitent chez eux des membres de leur famille qui sont vains, frivoles et impies ; et souvent l’exemple et l’influence de ces visiteurs irréligieux produisent des impressions durables dans l’esprit des enfants de la maison. L’influence ainsi exercée est semblable à celle qui résulta de l’association des Hébreux avec les Cananéens impies.

Juges 2:3

3. J'ai aussi dit. C'est-à-dire que Dieu avait déjà donné un avertissement (voir Num. 33:55; Josué 23:13). Cette menace devait maintenant être mise à exécution. Dieu allait retirer ses promesses conditionnelles faites en Ex. 23:31 et à d'autres endroits.

Ce sera un piège. L'adoration de ces divinités païennes entraînerait une corruption flagrante, qui causerait la ruine de toute la nation (voir Ex. 23:33; Ex. 34:12; Deut. 7:16; Josué 23:13).

L'incapacité à chasser les habitants du pays a entraîné son propre châtiment. Il en va de même pour tout péché. La convoitise et la corruption non seulement coupent la grâce de Dieu, mais entraînent une rétribution et une punition en raison du péché lui-même. Dieu punit souvent le péché par le péché (voir PP 728).

Juges 2:5

Bochim. Voir v. 1. La sévère réprimande infligée par le messager fit fondre le peuple en larmes. C’était une manifestation de honte, et seulement en partie de repentance. Dès lors, ce nom servit à rappeler les larmes de déception et de disgrâce. Le lieu et les événements qui s’y rattachent nous rappellent le moderne mur des Lamentations de Jérusalem. Comme les Hébreux dans cette expérience à Bochim, beaucoup de gens aujourd’hui s’attendrissent sous la prédication de la repentance, pour se durcir de nouveau avant même de pouvoir être façonnés dans un nouveau moule. Il est remarquable de voir à quelle vitesse ces gens égarés furent touchés par la prédication de ce messager. La Parole de Dieu a le pouvoir d’émouvoir et de convertir les hommes, et celui qui est ainsi touché peut à juste titre pleurer sur ses échecs et ses erreurs passés. « Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés » (Matth. 5:4). Cependant, il serait bien préférable que, plutôt que de nommer le lieu de manière à mettre principalement l’accent sur les sentiments et les manifestations de tristesse, on puisse l’appeler « Repentance ». C’est cette dernière expérience que Dieu recherche. Cette attente est bien exprimée dans les paroles de Paul : « La tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent pas » (2 Cor. 7:10). Trop souvent, la religion est une expérience de sentiment et d’émotion plutôt que de foi et d’obéissance.

Juges 2:6

Quand Josué. En relatant les premiers efforts des tribus pour consolider leur position en Palestine, ainsi que la réprimande divine pour l’échec d’Israël à obéir aux directives de Dieu, l’auteur a donné le contexte historique qui explique pourquoi Dieu suscita des juges. Il se tourne maintenant vers le thème principal du livre, à savoir montrer comment les périodes alternées d’oppression, suivies de délivrance, résultaient des efforts de Dieu pour détourner Israël de l’idolâtrie et l’amener à une obéissance loyale envers Dieu et sa loi. Avant de commencer l’histoire fluctuante des oppressions et des délivrances, l’auteur rattache son récit à celui du livre de Josué. Versets 6–10 sont une récapitulation qui reprend le récit au moment de la mort de Josué et complète brièvement l’histoire jusqu’à l’expérience de Bochim rapportée précédemment.

Juges 2:7

7. Servir le Seigneur. Au moins avec une déférence extérieure et sur une base nationale. Le souvenir des puissantes interpositions de Dieu en leur faveur pendant un certain temps a maintenu les Israélites extérieurement fidèles à leur foi.

Josué. Il est gratifiant de constater à quel point l'influence d'un chef pieux peut être étendue. Son poids et son influence sur Israël étaient tels que, tant que Josué vécut, ils suffirent à maintenir le peuple fidèle à ses promesses envers le Seigneur.

Les anciens. Les anciens étaient les chefs de famille et de clan. Ils détenaient l'autorité officielle en matière sociale et religieuse et jouaient un rôle de premier plan dans le maintien de la fidélité aux coutumes et à la religion définies par Moïse. A leur mort, l'apostasie religieuse s'installe rapidement. Ce passage nous aide à comprendre que ce ne sont pas seulement les grands chefs renommés qui peuvent exercer une influence bénéfique, mais que des officiers moins importants peuvent aussi modeler le modèle de la vie religieuse.

Juges 2:8

Cent dix ans. Le récit n’indique pas combien de temps Josué vécut après l’assemblée à Sichem. Sa mort survint probablement peu après, car il était « vieux et avancé en âge » (Josué 23:1, 2) lorsqu’il convoqua cette réunion des chefs et des représentants des tribus. La raison de la convocation de cette assemblée fut probablement qu’il avait compris que la mort était proche. Après avoir raconté la dispersion de l’assemblée, le narrateur rapporte que Josué mourut (Josué 24:29), indiquant ainsi qu’il ne vécut que peu de temps après.

Juges 2:9

À Timnath-Hérès. Littéralement : « portion du soleil ». Dans Josué 19:50 et 24:30, Timnath-Sérakh, « portion supplémentaire » (premières et dernières lettres de la seconde partie transposées). Il est impossible de savoir avec certitude laquelle représente l’orthographe correcte. La ville s’appelait Timnath et, parce qu’elle était située dans une région montagneuse connue sous le nom de Hérès (voir Juges 1:35), on pense que ce dernier nom a pu être ajouté pour éviter de la confondre avec d’autres villes nommées Timnath. L’endroit s’appelle aujourd’hui Khirbet Tibneh et se trouve à 9 3/4 mi. (15.6 km.) au nord-ouest de Béthel, dans les hautes terres centrales.

Juges 2:10

10. Une autre génération. Il s'agissait d'une génération qui avait grandi dans le pays de Canaan, soumise aux influences corruptrices de l'association sociale et religieuse avec les peuples idolâtres du pays. Les enfants récoltaient abondamment ce que leurs parents avaient semé.

Ils ne connaissaient pas le Seigneur. Ils ne connaissaient pas par expérience l'action puissante de Dieu, et leur environnement, avec ses influences corruptrices, n'avait pas développé en eux une force de caractère indépendante. Josué et les anciens de l'époque avaient servi d'appui à leur faible foi. Lorsque ces contreforts ont été enlevés par la mort, le peuple a trébuché et est tombé parce qu'il n'avait pas de fondement religieux solide.

Il est impératif que tous les chrétiens examinent bien les fondements de leur foi pour voir si leur expérience est une relation personnelle et directe avec Dieu, ou simplement un effort extérieur basé sur l'expérience d'un autre. Si ce n'est pas le cas, ils risquent de subir le même sort que ces Israélites de la deuxième génération. En outre, les chrétiens feraient bien de se rappeler ce qu'Israël a oublié, à savoir les directions providentielles de Dieu dans le passé : "Nous n'avons rien à craindre pour l'avenir, sauf si nous oublions la manière dont le Seigneur nous a conduits, et son enseignement dans notre histoire passée"(LS 196).

Juges 2:11

11. Baalim. Il s'agit d'une forme plurielle de l'héb. ba''al, qui est diversement rendu par "mari", "homme", "maître", "seigneur". Le terme est également appliqué à des divinités païennes. À l'époque, le Baal le plus vénéré en Canaan était un dieu de la fertilité agricole. On pensait qu'il donnait la pluie, dont le pouvoir énergisant faisait pousser les plantes et les animaux. Il était vénéré en de nombreux endroits et sous différentes formes. Son nom a donné naissance à divers termes tels que Baal-Peor, Baal-Hermon, Baal-Zebub, etc. Dans les mythes du peuple cananéen, Baal était l'adversaire du dieu Mort (Mot). Il était aidé et soutenu par deux divinités féminines, Anath, sa sœur, et le dieu-soleil Shamash. Baal était parfois assimilé à Hadad, le dieu syrien de la pluie ou de l'orage. Canaan étant essentiellement un pays agricole, l'adoration de Baal sous différents titres était la forme suprême de culte. Parfois, les auteurs hébreux utilisent son nom comme l'équivalent de n'importe quelle divinité païenne, et c'est peut-être le cas ici.

Les Israélites devaient connaître les terribles conséquences d'un tel culte et le châtiment qui serait infligé à ceux qui y prenaient part. Ils ne pouvaient ignorer l'expérience de Baal-Peor, où la peste emporta 24 000 personnes à cause du culte de Baal et des pratiques qui y étaient liées(Nombres 25:3-9).

Juges 2:12

12. Abandonner le Seigneur. Leur péché consistait non seulement à abandonner le Dieu qu'ils s'étaient engagés à adorer, mais aussi à faire preuve d'une ingratitude flagrante pour avoir été délivrés de la servitude abjecte dont Dieu les avait délivrés en Égypte. De cette servitude, ils n'auraient jamais pu s'affranchir par leurs propres forces. Ils devaient adorer le vrai Dieu pour ce qu'il était et pour ce qu'il avait fait. Les œuvres qu'il avait accomplies pour son peuple lui donnaient droit à leur allégeance.

Les dieux du peuple. Non seulement les divinités des peuples parmi lesquels ils vivaient en Canaan, mais peut-être aussi les divinités des nations environnantes. Lorsque les hommes abandonnent Dieu, il semble n'y avoir aucune limite à leur apostasie.

Juges 2:13

13. Baal. Voir v. 11.

Ashtaroth. Pluriel d'Ashtoreth. Cette déesse était également connue sous le nom d'Astarté. En Babylonie, elle était appelée Ishtar. Elle était la déesse de l'amour sexuel, de la maternité et de la fécondité. Dans les tablettes de Ras Shamra, elle apparaît également comme une déesse de la guerre et de la chasse. Son culte était répandu dans tout le monde proche-oriental, de Moab (son nom figure sur la pierre moabite) à la Babylonie. Elle était adorée en Canaan à l'époque d'Abraham(Gen. 14:5) ; l'armure de Saül a été placée par les Philistins dans son temple comme trophée de leur victoire(1 Sam. 31:10) ; Salomon lui a rendu hommage à son apogée(1 Rois 11:5). Les nombreuses figurines féminines trouvées par les archéologues dans les habitations hébraïques et cananéennes sont considérées comme des représentations d'elle dans son rôle de déesse-mère. Dans l 'Ancien Testament, les noms de Baal et d'Ashtoreth sont presque synonymes de tous les faux dieux et déesses de Palestine. La langue hébraïque n'a pas de mot pour désigner une déesse. Ashtoreth était apparemment utilisé à la place pour le concept.

Juges 2:14

14. Spoilers. Ce mot est un résumé général des diverses nations à l'intérieur de Canaan et autour de ses frontières qui ont fait des raids, envahi, opprimé ou autrement molesté Israël. Le mot hébreu utilisé ici est le même que celui que les Égyptiens utilisaient pour désigner les bandes de brigands bédouins qui harcelaient leurs frontières.

Juges 2:15

15. Partout où ils allaient. En d'autres termes, chaque fois qu'ils sont sortis pour combattre ou qu'ils se sont engagés dans une campagne militaire, ils ont été battus parce que Dieu n'était plus avec eux. Les victoires auraient pu être interprétées comme la sanction de Dieu à l'égard de leur conduite pécheresse et n'auraient donc servi qu'à confirmer et à endurcir les Israélites dans leur apostasie. C'est l'une des raisons pour lesquelles Dieu a permis aux peuples païens de gagner et de punir ainsi son peuple désobéissant. Cependant, dans tout cela, les objectifs de Dieu étaient salutaires. Ses châtiments étaient correctifs, conçus pour ramener les Israélites à leur Dieu.

Juges 2:16

16. Les juges. Leur expérience fait de leur nom un synonyme de "libérateur" : ce sont des champions ou des chefs que le Seigneur a appelés pour faire face à des situations particulières (voir Introduction, p. 301). Après une période de punition, Dieu accordait un répit aux Israélites en dotant un homme choisi d'un pouvoir et d'une autorité suffisants pour repousser les oppresseurs à l'adresse . Les expériences ultérieures révélaient si le peuple avait appris la leçon de l'histoire. Les expériences ultérieures révéleront si le peuple a tiré ou non les leçons des conséquences de son apostasie religieuse.

Juges 2:17

17. N'a pas écouté. Les défaites face aux ennemis et l'oppression qui s'ensuivit ne servirent pas à enseigner l'obéissance au peuple hébreu. Dans ses efforts pour les sauver, Dieu avait laissé le désastre les frapper. Lorsqu'il atténua leur misère par l'action des juges, il trouva le peuple aussi impénitent que jamais.

Il s'est prostitué. C'est une métaphore fréquente dans la Bible pour désigner l'apostasie religieuse. Dans la mesure où le culte des divinités païennes au Proche-Orient s'accompagnait souvent d'immoralité sexuelle dans leurs temples et leurs bosquets, l'expression n'était pas seulement métaphorique, mais aussi littérale.

Juges 2:18

18. Ils se sont repentis auprès du Seigneur. En d'autres termes, l'Éternel a été attristé par le fait qu'ils aient dû subir l'oppression. Le sens fondamental du mot traduit par "repenti" est "s'affliger", "avoir de la compassion", "avoir pitié", ce qui ne veut pas dire que Dieu a changé d'avis. Dieu a permis le châtiment pour leur bien. Lorsque le châtiment a produit les effets désirés, la pitié de Dieu a suscité la délivrance pour les opprimés. Le but de Dieu était de faire en sorte que la souffrance entraîne un changement de comportement. Lorsque l'objectif était atteint, l'oppression était supprimée ou atténuée. C'était tout à fait conforme à son objectif initial.

Juges 2:19

19. Ils sont revenus. C'est-à-dire qu'ils sont retournés à leurs anciennes apostasies. Ils abandonnèrent le culte de Dieu et se tournèrent vers l'adoration de divinités païennes et la pratique d'idolâtries corruptrices. Dans le cadre de ces faits, l'auteur du livre des Juges présente sa thèse, à savoir que Dieu a permis que des troubles surviennent à la suite du péché afin d'inciter son peuple à voir le mal de ses voies. Ces troubles ont produit une forme de tristesse et de repentance. Le Seigneur a alors suscité un libérateur. Pendant le répit, il a prévu un test pour vérifier l'authenticité de la repentance d'Israël. Après la mort du juge, le peuple ingrat est vite retombé dans ses anciennes habitudes. C'est ce point de vue qui fait du livre des Juges plus qu'une simple histoire. C'est une philosophie de l'histoire. L'auteur ne se contente pas de raconter ce qui s'est passé après l'installation en Canaan. Il est plus un prédicateur qu'un historien. Il veut que le lecteur comprenne pourquoi ces choses se sont produites. Il dit que la période qui a suivi l'entrée en Canaan a été troublée et, dans l'ensemble, désastreuse pour les Hébreux. Pendant un certain temps, ils étaient libres, puis ils étaient réduits à la servitude ou subissaient une invasion. Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que le peuple s'est détourné de Dieu et que celui-ci, dans un effort pour le ramener, a laissé venir le désastre. En d'autres termes, l'auteur nous dit que la main de Dieu façonnait l'histoire pour parvenir à ses fins. L'auteur des Juges était l'un des premiers véritables historiens. Il a cherché à enregistrer pour les générations futures la signification des événements.

Plus que leurs pères. L'une des caractéristiques les plus frappantes du péché est sa façon de se muscler. Laissez-lui un petit début, et il étouffe bientôt la capacité à lui résister, et envahit toute la vie.

Ne cessa pas. La phrase se lit littéralement : "ils ne laissèrent rien tomber de leurs actions" Ils n'étaient pas disposés à abandonner leurs mauvaises habitudes et pratiques. Leur cœur n'a pas été réellement changé. S'ils avaient réellement reçu un esprit nouveau, celui-ci aurait fait tomber ces vieilles pratiques comme la sève montante d'un arbre fait tomber les feuilles mortes.

Juges 2:20

20. La colère du Seigneur. Ce passage a pour but de dépeindre la haine de Dieu pour le péché. La colère n'est pas le fruit d'une impulsion, mais elle exprime plutôt la répugnance de Dieu pour le mal, répugnance qui trouve son fondement dans la sainteté de son caractère. La colère de l'homme est un feu, brûlant d'une passion impulsive et égoïste ; la colère de Dieu jaillit des principes éternels de justice et de bienveillance. Si Dieu est infiniment bon et saint, et s'il connaît toute la misère que le péché a introduite dans sa création, avec quel autre sentiment peut-il considérer le péché que celui de la haine et de l'indignation qui le condamnera finalement à l'anéantissement ? En attendant, Dieu cherche à sauver le pécheur de peur qu'il ne soit lui aussi consumé dans les feux purificateurs(Eze. 33:11; 2 Pierre 3:9).

J'ai transgressé mon alliance. Le mécontentement de Dieu n'est pas sans cause. Le fait que le peuple ait pris part à l'alliance conclue au Sinaï et l'ait acceptée lui imposait des obligations qui équivalaient à des commandements. L'obligation spécifique qu'ils ignoraient de manière si flagrante était celle qui interdisait l'adoration de tout autre dieu.

Juges 2:21

21. Ne pas conduire désormais. Les seules victoires qu'ils ont remportées l'ont été grâce à l'aide du Seigneur. Israël ayant rompu les termes de l'alliance en adorant d'autres dieux, le Seigneur était libéré de sa part du contrat et n'était pas tenu d'accomplir sa promesse de chasser les derniers habitants du pays(Ex. 23:27, 31).

Juges 2:22

22. Prouver Israël. Le départ de ces nations païennes n'avait pas pour but de vérifier si Israël, ainsi exposé à un contact étroit et constant avec le païen, resterait fidèle à sa propre religion : "Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente personne"(Jacques 1:13). Au contraire, dès le début, il était évident qu'Israël ne restait pas fidèle. Dieu a laissé les nations comme instruments pour affliger les Israélites, les punir et leur enseigner que la voie de l'apostasie n'est pas payante. Par ces afflictions, Dieu s'efforçait de ramener à lui l'esprit de son peuple. Il semble que ce soit la connotation du mot "éprouver" ici. Il signifie "éprouver" dans le sens d'apporter des expériences éprouvantes qui éveilleront le peuple à son véritable état.

Des expériences similaires ont été le lot des hommes à toutes les époques. Des périodes de souffrance et de déception ont servi à ramener les pensées de ceux qui étaient tentés vers le sérieux de leur devoir et le grand dessein de Dieu dans leur existence. Ces expériences n'avaient pas pour but de montrer à Dieu le caractère des hommes, car il connaît leur coeur, mais plutôt de leur "prouver" leur véritable nature.

Malgré les échecs répétés d'Israël au cours de cette période, la discipline n'a pas été un échec total. Les châtiments infligés par les nations étrangères ont dû apporter des changements salutaires dans la vie de certains Hébreux. Les punitions sévères et constantes ont sans doute inculqué à beaucoup le sentiment que la voie du péché était une voie de douleur. Pour reprendre les termes de Bunyan, Dieu a rendu le "By-path Meadow" plus rude que la "King's highway" ; après avoir été saisis à plusieurs reprises par le "Giant Despair", les Israélites étaient souvent heureux de revenir par le chemin qu'ils avaient emprunté au départ. Ces châtiments ont enseigné au peuple des leçons suffisamment dures pour qu'à l'époque de Samuel, les Israélites semblent avoir fait quelques progrès sur le plan spirituel. A la fin de la période des juges, lorsque s'ouvre celle de Samuel, nous entendons moins parler d'apostasies qu'auparavant. En outre, tous ces troubles ont eu tendance à rapprocher les différentes tribus, de sorte qu'à l'époque de Samuel, un fort sentiment nationaliste était perceptible.

Garder le cap. La tendance naturelle à faire " chacun ce qui est bon à ses yeux "(Deut. 12:8; cf. Juges 17:6; 21:25) a été pleinement démontrée par Israël pendant les siècles où il a été gouverné par les juges, et plus tard sous la monarchie. Les voies d'un homme sont généralement "justes à ses propres yeux"(Prov. 21:2). En conséquence, "nous nous sommes tous égarés comme des brebis, chacun a suivi sa propre voie"(Ésaïe 53:6).

Juges 2:23

23. Il a quitté ces nations. Les obstacles sont nécessaires au développement du caractère. Il était bon que les Israélites apprennent à vivre une vie sainte au milieu d'un environnement corrompu. Un conflit continu avec les puissances du mal, s'il est correctement affronté, développera une véritable foi en Dieu. Pour cette raison, Dieu n'avait pas pleinement prospéré les premiers efforts des tribus pour consolider leurs lotissements. C'est pour la même cause qu'Il n'avait pas permis à Josué d'obtenir la maîtrise absolue de tout le territoire cananéen. Le Seigneur avait aidé les Israélites à chasser autant de Cananéens qu'il était nécessaire pour permettre aux tribus de s'installer. Son plan était qu'au fur et à mesure que le peuple augmenterait en nombre et apprendrait les leçons de l'obéissance et de la foi, il lui serait donné le pouvoir de chasser les Cananéens restants. Dans l'histoire d'Israël sous David et Salomon, cet objectif a été atteint, au moins dans une certaine mesure

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