Seventh-day Adventist Bible CommentaryJérémie 48

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

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Jérémie 48:1

1. Moab. Ce pays occupait le plateau à l'est de la mer Morte. Son peuple était apparenté aux Hébreux, puisqu'il descendait de Lot, le neveu d'Abraham(Gen. 19:36, 37). Lorsqu'Israël s'installe en Canaan, le territoire de Moab s'étend entre le fleuve Arnon et le ruisseau Zered. La tribu de Ruben occupait le pays au nord. David inclut Moab dans son empire(2 Sam. 8:2, 11, 12; 1 Chron. 18:2, 11). Le royaume d'Israël du Nord tente de maintenir un certain contrôle sur ce pays (voir sur 2 Rois 1:1). A la fin du règne d'Achab, lorsque Achazia monte sur le trône, un certain Mesha se révolte contre Israël et établit Moab en tant que royaume indépendant(2 Rois 3:4-27), incluant dans ses territoires ce qui avait été précédemment détenu par la tribu de Ruben. Il inscrit ses conquêtes sur une plaque de basalte noir, aujourd'hui connue sous le nom de "pierre moabite". Cette inscription a été découverte en 1868 à Dibon et se trouve aujourd'hui au Louvre, à Paris (voir la note complémentaire sur 2 Rois 3). Moab est resté un royaume indépendant jusqu'à ce que le Westland soit submergé par les Assyriens au 8e siècle av.

Lechapitre 48 énumère un certain nombre de villes moabites qui subirent le fléau des Babyloniens. Sur les 25 localités citées, 21 peuvent être raisonnablement identifiées. Toutes ces localités, sauf quatre, se trouvaient dans les territoires situés au nord de l'Arnon, attribués à Israël lors de la colonisation de Canaan et qui lui furent enlevés lors de la révolte de Moab au 9e siècle avant J.-C. En fait, Mesha cite 11 des localités mentionnées dans ce chapitre parmi celles qu'il a enlevées à Israël. Il prétend en outre avoir ajouté 100 villes à son territoire (voir la note complémentaire sur 2 Rois 3). Jérémie semble donc décrire tout particulièrement les jugements de Dieu sur les Moabites vivant dans l'ancien territoire de la tribu de Ruben.

Nébo. A ne pas confondre avec le dieu babylonien(Ésaïe 46:1) ou le mont Nébo(Deut. 32:49). Nebo désigne ici une ville, comme dans Nombres 32:38, probablement située près du mont Nebo, à l'est de l'extrémité nord de la mer Morte. Sur la pierre moabite, Mesha mentionne la prise de cette ville à Israël (voir la note complémentaire sur 2 Rois 3).

Kiriathaim. Lieu situé à environ 11,2 km au nord de la rivière Arnon, aujourd'hui connu sous le nom d'el-Qereiyâ¢t. Mesha y fait référence sous le nom de Qiryathan, et prétend l'avoir construit (voir la note complémentaire sur 2 Rois 3).

Misgab. Le site de Misgab est inconnu. Le mot hébreu apparaît dans Ésaïe 25:12, traduit par la KJV par "fort élevé".

Heshbon. Ville située à 24,4 km à l'est-nord-est de l'extrémité nord de la mer Morte. Elle faisait partie du territoire de Ruben, pris à Sihon l'Amorite lorsqu'Israël entra en Canaan (voir Nombres 32:33, 37). Mais le Heshbon de Jérémie n'est plus aux mains des Juifs. Les fouilles de Tell Hesbä¢n ont livré des vestiges de l'époque de Jérémie et du début de la monarchie, où la ville était réputée pour ses étangs à poissons(S. of Sol. 7:4).

Conçu. Heb. chashab. Il y a ici un jeu de mots, l'hébreu pour Heshbon étant Cheshbon. Cet artifice illustre bien la forte tonalité poétique qui traverse la prophétie. Le verset 2 semble indiquer qu'à l'époque de Jérémie, Heshbon était au centre d'un complot contre les Moabites.

Des fous. Le site est incertain, mais il pourrait s'agir de l'actuel Khirbet Dimneh, à environ 15,2 km à l'est de la langue qui se prolonge à l'est dans la mer Morte.



Ellen G. White


Après que le Seigneur a mis quelqu’un à l’épreuve afin qu’il puisse être assuré de son appel au ministère, s’il se contente de suivre sa propre voie et sa propre volonté, s’il ne tient pas compte des manifestations de l’Esprit de Dieu, s’il refuse de tirer profit de la croissance dans la grâce et de la profondeur de la compréhension, soyez assuré que le Seigneur n’a pas besoin de lui ; car il ne peut communiquer ce qu’il n’a jamais reçu.
Toute âme doit exercer un ministère. Elle doit utiliser toutes ses facultés physiques, morales et mentales, par la sanctification de l’Esprit, afin d’être ouvrière avec Dieu. Tous sont tenus de se consacrer activement et sans réserve au service de Dieu. Ils doivent coopérer avec Jésus-Christ dans la grande œuvre qui consiste à aider les autres. Christ est mort pour tout homme. Il a racheté tout homme en donnant Sa vie sur la croix. Il a fait cela afin que l’homme ne vive plus une vie sans but et égoïste, mais qu’il vive pour Jésus-Christ, qui est mort pour son salut. Tous ne sont pas appelés à entrer dans le ministère, mais néanmoins, tous doivent servir. Pour un homme, choisir une vie consacrée à ses propres intérêts est une insulte au Saint-Esprit de Dieu.
Le ministère ne signifie pas seulement l’étude des livres et la prédication. Il signifie le service (Letter 10, 1897).
La connaissance de la vérité non mise en pratique—Cette description de Moab représente les églises qui sont devenues semblables à Moab. Elles n’ont pas occupé leur poste de devoir comme des sentinelles fidèles. Elles n’ont pas coopéré avec les intelligences célestes en exerçant la capacité que Dieu leur a donnée de faire la volonté de Dieu, en repoussant les puissances des ténèbres et en utilisant tout pouvoir que Dieu leur a donné pour faire progresser la vérité et la justice dans notre monde. Elles ont une connaissance de la vérité, mais elles n’ont pas mis en pratique ce qu’elles savent (Manuscript 7, 1891).
Dieu discipline ses ouvriers—Dieu a donné à chacun sa tâche, et nous devons reconnaître la sagesse de son plan pour nous en coopérant cordialement avec lui. Ce n’est que dans une vie de service que se trouve le vrai bonheur. Celui qui mène une vie inutile et égoïste est malheureux. Il est mécontent de lui-même et de tous les autres.
Le Seigneur discipline ses ouvriers afin qu’ils soient préparés à occuper les postes qui leur sont assignés. Il désire ainsi les rendre aptes à accomplir un service plus agréable.
Une vie monotone n’est pas ce qui favorise le mieux la croissance spirituelle. Certains ne peuvent atteindre le plus haut niveau de spiritualité que par un changement dans l’ordre habituel des choses. Lorsque, dans sa providence, Dieu voit que des changements sont essentiels à la réussite de la formation du caractère, il trouble le cours paisible de la vie.
Il en est qui désirent exercer le pouvoir, et qui ont besoin de la sanctification de la soumission. Dieu opère un changement dans leur vie. Il leur confie peut-être des devoirs qu’ils n’auraient pas choisis. S’ils acceptent de se laisser guider par lui, il leur donnera la grâce et la force d’accomplir ces devoirs dans un esprit de soumission et d’entraide. Ils sont ainsi préparés à occuper des postes où leurs aptitudes disciplinées les rendront très utiles.
Dieu en forme certains en leur envoyant la déception et l’échec apparent. Son dessein est qu’ils apprennent à maîtriser les difficultés. Il les inspire d’une détermination à transformer chaque échec apparent en réussite. Souvent, les hommes prient et pleurent à cause des perplexités et des obstacles qui se dressent devant eux. Mais s’ils gardent jusqu’à la fin ferme leur assurance initiale, il leur frayera la voie. La réussite leur viendra tandis qu’ils luttent contre des difficultés apparemment insurmontables....
Beaucoup ignorent comment travailler pour Dieu, non parce qu’ils devraient l’ignorer, mais parce qu’ils refusent de se soumettre à sa formation. Moab est présenté comme un échec car, déclare le prophète, « Moab a été tranquille depuis sa jeunesse, ... et n’a pas été transvasé de vase en vase, ni allé en captivité ; c’est pourquoi son goût lui est resté, et son parfum n’a pas changé. »
Il en est ainsi de ceux dont les tendances héréditaires et cultivées au mal ne sont pas purifiées. Leur cœur n’est pas nettoyé de la souillure. Ils ont eu l’occasion d’accomplir une œuvre pour Dieu, mais ils n’ont pas choisi de l’accomplir, parce qu’ils souhaitaient réaliser leurs propres plans.
Le chrétien doit être préparé à accomplir une œuvre qui révèle la bonté, l’indulgence, la longanimité, la douceur et la patience. Le développement de ces dons précieux doit entrer dans la vie du chrétien afin que, lorsqu’il sera appelé au service par le Maître, il soit prêt à employer ses plus hautes facultés pour aider et bénir ceux qui l’entourent (The Review and Herald, May 2, 1907).
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Jérémie 48:3

Horonaïm. L’emplacement de ce lieu est inconnu. Il s’agit du Hauronen que Mésha déclare avoir pris à Israël sur l’ordre de Kemosh (voir la Note supplémentaire sur 2 Rois 3).

Jérémie 48:5

Montée de Luhith. Ou « ascension de Luhith ». Il s’agit sans doute d’une route, mais son emplacement n’est pas connu. Elle a peut-être traversé l’un des nombreux ouadis, ou lits de rivières profonds et étroits, qui entaillent les hauts plateaux de Moab et descendent vers la mer Morte. Horonaïm. Voir le commentaire sur le v. 3.

Jérémie 48:6

Bruyère. Hébreu ‘aro‘er, de la racine ‘arar, « se dépouiller ». Il s’agit probablement ici du genévrier, ou du tamaris, qui, dans son apparence dépouillée, était un symbole approprié de la désolation des réfugiés moabites. Il y a ici un jeu de mots subtil qui ne peut pas être traduit. Le mot hébreu rendu par « bruyère » est aussi le nom d’Aroer, l’une des villes de Moab (voir le v. 19). La LXX lit « âne sauvage », comme si le mot venait de l’hébreu ‘arod, au lieu de ‘aro‘er. Cette leçon a été adoptée par la RSV. La figure d’un âne sauvage errant convient effectivement aux réfugiés sans foyer dans le désert. Cependant, le mot hébreu presque identique ‘ar‘ar au ch. 17:6 est rendu par « tamaris sauvage » dans la LXX et par « arbuste » dans la RSV ; il semble donc plus sûr de conserver la leçon du texte hébreu.

Jérémie 48:7

7. En captivité. L'image est celle des idoles des peuples captifs emportées en exil avec leurs fidèles (voir Ésaïe 46:1, 2).

Jérémie 48:8

Vallée. « La vallée » et « la plaine » désignent les deux principales caractéristiques géographiques du territoire moabite : le versant oriental de la vallée du Jourdain, face à la mer Morte, et le grand plateau de Transjordanie, s’élevant à près de 4 000 pieds au-dessus de la vallée et s’étendant jusqu’au désert d’Arabie.

Jérémie 48:10

10. Maudits. Le fait de prononcer une malédiction sur tous ceux que Dieu a choisis comme ses vengeurs et qui pourraient s'abstenir d'exécuter ses jugements est une manière poétique de souligner le caractère inévitable des événements prédits



Ellen G. White


10-12. L’Esprit n’agit pas au-delà du pouvoir humain de résistance—L’influence de l’Esprit sur l’esprit humain le régulera selon l’ordre divin. Mais l’Esprit n’agit pas d’une manière ni avec une puissance qui dépassent le pouvoir de résistance de l’agent humain. Un homme peut refuser d’écouter les conseils et les avertissements de Dieu. Il peut choisir de prendre lui-même en main la direction de sa conduite ; mais lorsqu’il agit ainsi, il n’est pas fait vase d’honneur. Comme Moab, il refuse d’être changé, d’être transvasé de vase en vase ; c’est pourquoi son odeur demeure en lui. Il refuse de corriger ses traits de caractère défectueux, bien que le Seigneur lui ait clairement indiqué son œuvre, ses privilèges, ses occasions et les progrès à accomplir. Il trouve trop pénible de rompre avec ses anciennes habitudes et de transformer ses idées et ses méthodes. « Son odeur n’est pas changée. » Il s’attache à ses défauts et se trouve ainsi inapte à l’œuvre sacrée du ministère. Il n’était pas disposé à s’examiner attentivement lui-même ni à rechercher avec soin la lumière afin qu’elle brille sur lui d’une manière claire et distincte. Ses prières ne sont pas montées vers Dieu avec humilité, tandis que, dans un humble effort, il cherchait à mettre ses prières en pratique en comprenant et en accomplissant son devoir.

Jérémie 48:11

11. Il s'est installé sur sa lie. Jérémie compare Moab à un vin qui n'a jamais été transvasé dans un autre récipient et qui a donc absorbé la qualité de sa lie. Bien que leur pays ait connu des fortunes politiques diverses, le fait que les Moabites n'aient jamais été déportés vers un pays étranger (ils n'ont "pas été vidés d'un récipient à l'autre") peut avoir eu tendance à les empêcher d'absorber de nouvelles vues du monde et de nouvelles perspectives de vie. C'est ainsi que leur provincialisme s'est transformé en un contentement de soi national qui a entraîné leur chute.

Jérémie 48:12

Errants. Hébreu ṣo‘im, « ceux qui inclinent », c’est-à-dire ceux qui inclinent des récipients afin d’en verser le contenu.

Jérémie 48:13

13. Honteux de Kemosh. Un contraste frappant avec les déclarations vantardes de Mesha (voir l'inscription sur la pierre moabite, traduite dans la Note complémentaire sur 2 Rois 3).

Honte de Béthel. Référence au culte idolâtre sous la forme d'un veau, établi par Jéroboam à Béthel, et qui se poursuivit généralement tout au long de l'histoire du royaume du Nord (voir 1 Rois 12:26-29). De même qu'Israël avait constaté l'impuissance de ses idoles, Moab allait maintenant constater l'impuissance des siennes.

Jérémie 48:18

18. Fille qui habite Dibon. C'est-à-dire les habitants de Dibon. Comparez les expressions "fille d'Egypte"(ch. 46:11), "fille de Juda"(Lam. 1:15), "fille de Sion"(Lam. 2:10). Dibon, la moderne Dhábá¢n, était une ville importante dans la partie méridionale du territoire anciennement occupé par Ruben, à 5,2 km au nord de l'Arnon et à 19,2 km à l'est de la mer Morte. Il se trouvait sur le grand Derek ham-melek, ou route du roi (la "voie haute" de Deut. 2:27), qui était dans l'antiquité la principale voie de circulation traversant la Transjordanie du nord au sud. Dibon était un lieu de campement des Israélites en route pour Canaan (voir Nombres 33:45, 46), fut reconstruit par la tribu de Gad(Nombres 32:34) et fut ensuite inclus dans les territoires de Ruben. Sur la pierre moabite, Mesha indique que Dibon fait partie des villes qu'il a prises à Israël et ajoutées au royaume de Moab (voir la note complémentaire sur 2 Rois 3).

Jérémie 48:19

Aroer. Soit une ville aujourd’hui appelée ‘Arâ‘ir, à 31/8 mi. (5 km) au sud-est de Dibon et mentionnée comme ayant été prise à Israël par Mésha (voir la note additionnelle sur 2 Rois 3), soit un site non identifié près de Rabbah (Josué 13:25) ; mais pas l’Aroer de 1 Sam. 30:28. Route. Hébreu derek. Il s’agit probablement d’une référence à la Route du Roi (voir le commentaire sur le v. 18), sur laquelle Aroer était située. Cette voie était l’itinéraire naturel qu’empruntaient les réfugiés moabites lorsqu’ils fuyaient les Babyloniens qui approchaient par le nord. Ici, Jérémie appelle ironiquement les habitants d’Aroer à sortir et à regarder leurs compatriotes fuir vers le sud le long de la route devant les envahisseurs.

Jérémie 48:20

Dans l’Arnon. Ou « par l’Arnon » (RSV). L’Arnon était le fleuve le plus important de Moab. Il coulait vers l’ouest depuis le plateau jusqu’à la mer Morte et marquait la frontière méridionale de la tribu de Ruben lorsque les Israélites détenaient ce territoire.

Jérémie 48:21

Région de plaine. Voir le commentaire sur le v. 8. Holon. Peut-être un lieu près de Medeba, bien que le site exact soit inconnu. Jahazah. On pense qu’il s’agit soit du Jālûl moderne, soit de Khirbet et–Teim, près de Medeba, dans ce qui était autrefois le nord de Ruben. C’est ici qu’Israël vainquit Sihon, roi des Amorites (voir Nomb. 21:23, 24). La stèle de Moab la désigne sous le nom de Jahaz et dit qu’elle était le quartier général du roi israélite pendant la guerre contre Mésha. Le Moabite se vante que son dieu, Kemosh, chassa les Israélites de Jahaz (voir la note additionnelle sur 2 Rois 3). Mephaath. Peut-être le Tell ej–Jâwah moderne, à environ 7 mi. (11,2 km) au sud de Rabbath-Ammon.

Jérémie 48:22

Dibon. Voir le commentaire sur le v. 18. Nebo. Voir le commentaire sur le v. 1. Beth-diblathaim. Il n’est pas certain que ce lieu soit identique à Almon-diblathaim, où Israël campa avant d’entrer en Canaan (Nomb. 33:46). La seconde est considérée comme le Khirbet Deleitlât esh–Sherqîyeh moderne, dans ce qui était autrefois le centre de Ruben. Beth-diblathaim apparaît sous le nom de Beth–diblathen sur la stèle de Moab, où Mésha affirme l’avoir construite (voir la note additionnelle sur 2 Rois 3). Le Khirbet Deleilât esh–Sherqîyeh se trouve à environ 7 mi. (11,2 km) au sud de Medeba.

Jérémie 48:23

Kiriathaim. Voir le commentaire sur le v. 1. Beth-gamul. Le Khirbet ej–Jumeil moderne, à environ 7 mi. (11,2 km) à l’est-sud-est de Dibon, dans ce qui était autrefois le sud de Ruben. Beth-Meon. Ce lieu est aujourd’hui connu sous le nom de Ma‘în, à environ 41/2 mi. (7,2 km au sud-ouest de Medeba. Il est identique à Baal-Meon, que les Rubénites construisirent (voir Nomb. 32:37, 38), ainsi qu’à Beth-Baal-Meon (dans Josué 13:15–21). Mésha y fait référence dans la stèle de Moab sous ces deux derniers noms et dit qu’il construisit (c’est-à-dire reconstruisit la

ville (voir la note additionnelle sur 2 Rois 3). L’étendue de ses ruines actuelles indique que ce devait être un lieu important. Ézéchiel la classe avec deux autres villes parmi « la gloire du pays » de Moab (Éz. 25:9). Une raison possible à la variété de ses noms est suggérée par la déclaration selon laquelle les Rubénites changèrent son nom (voir Nomb. 32:38). Il semble que le changement ait été celui du nom païen Baal-Meon, littéralement « Baal de l’habitation », en Beth-Meon, littéralement « maison de l’habitation ». Ensuite, l’ancien nom et le nouveau semblent parfois avoir été fusionnés en Beth-Baal-Meon, littéralement « maison du Baal de l’habitation ».

Jérémie 48:24

Kerioth. Ce lieu n’a pas été identifié. Il est mentionné sur la stèle de Moab comme la ville où Mésha amena Orel, le commandant israélite d’Ataroth, « le traînant devant Kemosh à Kerioth » (voir la note additionnelle sur 2 Rois 3). Botsra. Probablement la ville de Beṣer mentionnée comme ayant été reconstruite par Mésha (voir la note additionnelle sur 2 Rois 3). L’emplacement est inconnu. La ville doit être distinguée de la Botsra mentionnée dans És. 63:1 et Jér. 49:13, qui se trouvait en Édom.

Jérémie 48:25

Corne. Un symbole de force. Voir à propos de Lam. 2:3.

Jérémie 48:27

Trouvé parmi les voleurs. Être démasqué comme voleur est présenté comme une cause de grande honte (voir ch. 2:26). Ici, le prophète reprend la même idée sous forme de question rhétorique, vraisemblablement pour souligner l’absurdité du mépris de Moab envers Israël.

Jérémie 48:30

Je sais. Cette proposition est exprimée avec emphase en hébreu. C’est une puissante assurance pour Israël opprimé et méprisé : le Seigneur connaît la vérité malgré l’orgueil et la vantardise des hommes, qu’Israël a entendus (v. 29).

Jérémie 48:31

Kir-Hérès. On croit qu’il s’agit du même lieu que le Kir-Haraseth de 2 Kings 3:25 et le Kir-Haréseth de Isa. 16:7, l’actuel el–Kerak dans le sud de Moab. Après avoir mentionné des villes qui avaient auparavant appartenu à Israël, Jérémie évoque un lieu situé en Moab proprement dit. Kir-Hérès était l’une des villes les plus importantes de Moab. C’est là que Mésha se réfugia pour échapper aux assiégeants israélites et qu’il sacrifia son fils aîné en holocauste sur les murailles de la ville (voir 2 Kings 3:25–27).

Jérémie 48:32

Sibma. Un lieu près de Hesbon, mais l’emplacement exact est inconnu. La région était réputée pour ses vignobles. Jaazer. La situation est incertaine, mais on pense que le lieu se trouvait à l’ouest ou au nord-ouest de Rabba-Ammon. Il est peut-être mentionné ici pour montrer jusqu’où, vers le nord, les conquêtes moabites avaient pénétré en Israël.

Jérémie 48:33

Acclamations. Les acclamations joyeuses au moment de la récolte, lorsque les raisins étaient foulés dans le pressoir.

Jérémie 48:34

Élealé. L’actuel el–‘Al, près de Hesbon. Jahats. Voir à propos du v. 21. Tsoar. Un lieu dans le sud de Moab, soit près du rivage, soit maintenant recouvert par l’extrémité sud-est de la mer Morte. Horonaïm. Voir à propos du v. 3. Les eaux de Nimrim aussi. Le Wâdī en–Numeirah, un cours d’eau se jetant dans l’extrémité sud-est de la mer Morte. Le prophète dépeint un cri d’angoisse retentissant dans les deux sens à travers les parties septentrionale et méridionale du territoire moabite, englobant ainsi tout le pays (voir Isa. 15:6).

Jérémie 48:35

Hauts lieux. Hébr. bamah. Ce terme désignait à l’origine une colline ou une montagne sur laquelle le culte était célébré. Plus tard, le mot fut employé pour des tertres ou des plateformes artificiels, puis aussi pour des chapelles où les dieux étaient adorés. Une bamah découverte à Guézer révéla une série de grottes souterraines, dans lesquelles on trouva un autel ainsi que les ossements d’hommes, de femmes et d’enfants, et de divers animaux. Salomon érigea une bamah au dieu moabite Kemosh près de Jérusalem (voir 1 Kings 11:7). Les rois d’Israël bâtirent des bamoth dans toutes leurs villes (voir 2 Kings 17:9). Ces sanctuaires étaient également courants en Juda (voir 1 Kings 22:43; 2 Kings 15:35; 16:4). Ils furent détruits en Juda par Ézéchias (voir 2 Kings 18:4) et Josias (voir 2 Kings 23:5). Lors de la réforme sous Josias, Jérémie joua un rôle prépondérant.

Jérémie 48:36

Flûtes. Hébr. chalilim, littéralement, « les objets percés ». Ces instruments étaient des flûtes doubles ou des hautbois. Les flûtes étaient jouées par paires, les extrémités étant écartées, chaque main jouant une flûte distincte et produisant ainsi des tons séparés. Elles étaient utilisées particulièrement pour exprimer la joie et le deuil. C’est sans doute à ce dernier usage que Jérémie fait référence ici. Pour une description plus détaillée de ces instruments, voir vol. III, p. 38, 39.

Jérémie 48:37

Toute tête. Se raser la tête et la barbe et se faire des incisions sur le corps étaient des signes de deuil courants chez les peuples anciens (voir Isa. 15:2, 3; Jer. 16:6).

Jérémie 48:40

Comme un aigle. Une référence aux Babyloniens (cf. Eze. 17:3–7).

Jérémie 48:41

Kerijoth. Voir à propos du v. 24.

Jérémie 48:42

Sera détruit. Avec l’exil babylonien, les Moabites disparurent pratiquement en tant que peuple.

Jérémie 48:43

La peur, la fosse et le piège. Hébr. pachad wapachath wapach, un exemple frappant d’allitération, qui démontre la nature poétique de la déclaration de Jérémie (voir Lam. 3:47).

Jérémie 48:44

Visitation. Voir à propos du ch. 46:21.

Jérémie 48:45

Hesbon. Voir à propos du v. 2. Sihon. Comparer Num. 21:28. Sihon, roi des Amorites, avait pris à Moab le territoire au nord du fleuve Arnon, qui était occupé par Ruben (voir à propos de Judges 11:19) et fut ensuite reconquis par Moab (voir à propos de 2 Kings 3:5 ; voir aussi vol. II, p. 864, 865). Cette région est ici désignée par le nom de Sihon. Les tumultueux. Littéralement, « fils du tumulte ». Une référence aux Moabites (voir Amos 2:2).

Jérémie 48:46

Kemosh. Le dieu des Moabites (voir v. 7).

Jérémie 48:47

Ramener. Une promesse d’espérance, sans doute conditionnelle (ch. 18:9, 10).

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