Seventh-day Adventist Bible CommentaryHabacuc 1
Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs
Lire Habacuc 1 dans la BibleHabacuc 1:1
Fardeau. Hébr. maśśa’, une « déclaration » (voir la note sur Ésaïe 13:1). Prophète. Parmi les autres petits prophètes, seuls Aggée et Zacharie revendiquent pour eux-mêmes le titre de « prophète ».
Habacuc 1:2
2. Combien de temps ? Le prophète était très affligé par le péché de son peuple et par les conséquences qui s'ensuivraient certainement. D'après le langage qu'il emploie, il semble qu'Habacuc ait porté sa perplexité à Dieu depuis un certain temps, et pourtant Dieu " n'a pas entendu ", c'est-à-dire qu'il n'a apparemment rien fait pour mettre un terme aux maux de Juda. Habacuc laisse entendre qu'il est plus intéressé par le droit et la justice que Dieu ne semble l'être.
La violence. Héb. chamas, les torts en général, n'impliquant pas nécessairement l'infliction de dommages corporels à autrui, comme le suggère le mot anglais " violence ".
Habacuc 1:3
3. Spoiling. Héb. shod, "violence" ou "dévastation", se référant souvent à la destruction causée par le pillage.
Violence. Voir v. 2. La dernière clause du v. 3 dans les LXX se lit ainsi : "Le jugement a été porté contre moi, et le juge reçoit une récompense."
Habacuc 1:4
4. Loi. Heb. torah (voir sur Deut. 31:9; Prov. 3:1).
Paralysé. Le prophète attribue la paralysie de l'efficacité de la loi parmi les habitants de Juda à l'incapacité de Dieu à mettre fin à cette iniquité. Cependant, la lecture hébraïque du texte massorétique est confirmée par la lecture du texte hébreu cité dans le Commentaire d'Habacuc des manuscrits de la mer Morte, récemment découvert (voir p. 1047).
Boussole. Entourer de mauvaises intentions (voir Ps. 22:12, 13). Il en résulte que les justes sont victimes des méchants et que le " jugement " est détourné et perverti dans sa relation avec eux.
Le jugement. Ou "justice".
Habacuc 1:5
5. Parmi les païens. Dieu répond à la plainte du prophète. Il charge Habacuc de chercher parmi les nations environnantes celui que Dieu utilisera pour punir son peuple de ses péchés. Les LXX commencent ce verset par " Voici, vous les méprisants ", ce que Paul cite dans Actes 13:41.
Émerveillez-vous. Lorsque le châtiment de Dieu survient soudainement, il frappe les cœurs de terreur.
En vos jours. Habacuc ayant demandé "combien de temps"(v. 2) il serait permis à cette iniquité de se poursuivre, le Seigneur l'assure que la colère divine viendra au temps de ceux qui vivent alors.
Ne croyez pas. Une indication de la sévérité du jugement à venir.
Habacuc 1:6
Chaldéens. Hébr. Kaśdim (voir la note sur Dan. 1:4). La nation de Babylone est maintenant révélée comme l’instrument de la colère divine que Dieu « suscitera » pour servir Son dessein.
Impétueux. Hébr. nimhar, « impétueux ». Cela annonce la progression rapide des conquêtes babyloniennes, bien représentée par la figure des « ailes de l’aigle » de la prophétie de Daniel (voir la note sur Dan. 7:4).
Habacuc 1:7
Leur jugement. Les Chaldéens étaient si forts et si sûrs d’eux-mêmes qu’ils ne reconnaissaient d’autre puissance que la leur, attribuant leurs grandes réalisations à leurs propres capacités (voir Dan. 4:28–30).
Habacuc 1:8
8. Les léopards. La rapidité du léopard à attraper sa proie est proverbiale (voir sur Dan. 7:6).
Les loups du soir. Ces animaux sont les plus féroces la nuit, lorsqu'ils rôdent à la recherche de nourriture (voir Jérémie 5:6; Sophonie 3:3).
Se répandre. Le contexte favorise la lecture des LXX, " s'élancer ", c'est-à-dire avancer pour conquérir.
L'aigle. Moïse avait prophétisé que si Israël se détournait de Dieu, le peuple serait puni pour ses péchés par une nation dont les chevaux étaient si rapides qu'ils étaient comparés à des aigles(Deut. 28:47-50).
Habacuc 1:9
9. Pour la violence : "La violence", le péché de Juda mentionné précédemment (voir sur v. 2), sera désormais le châtiment infligé à Juda par les Chaldéens.
Remonter. Heb. megammath, un mot dont le sens est obscur. Il n'apparaît qu'ici dans l'AT, et en raison de l'incertitude de sa définition, la clause entière a été traduite de plusieurs manières différentes dans les diverses versions.
Vent d'est. Voir sur Jér. 4:11; 18:17. Le mot hébreu traduit par "vent d'est" peut aussi être traduit par "vers l'est".
Comme le sable. Chiffre indiquant le grand nombre de prisonniers et le butin qui serait pris. Cela s'accorde tout naturellement avec la figure précédente du redoutable "vent d'est" avec ses colonnes de sable soufflé par le vent.
Habacuc 1:10
10. Se moquer. Du haut de leur amour-propre (voir v. 7), les Babyloniens regardaient de haut et se moquaient des rois et des princes étrangers.
Entasser de la poussière. Allusion à la construction d'un monticule ou d'un talus de terre pour attaquer une ville (cf 2 Sam. 20:15voir aussi l'illustration dans le Vol. II, face à la p. 64). La LXX lit : " jeter un monticule ".
Habacuc 1:11
Passer outre. Signifie soit traverser le pays en poursuivant sa route, soit aller de l’avant, soit franchir toutes les limites dans l’orgueil. Offenser. Dieu est « offensé » parce que les Babyloniens attribuent leur succès à leur propre force et à leur habileté, faisant de leur puissance leur dieu (voir la note sur le v. 7). Le prophète laisse entendre que la nation utilisée pour punir Juda sera elle-même punie pour ses propres péchés.
Habacuc 1:12
12. Ne l'es-tu pas ? Habacuc, parlant au nom de son peuple, fait appel à la miséricorde de Dieu pour qu'il ne périsse pas(vs. 12-17). Regardant au-delà des perspectives rébarbatives du présent, le prophète affirme, dans la foi, "Nous ne mourrons pas" (voir PK 386).
Le jugement. Utilisé ici dans le sens de "châtiment".
Dieu puissant. Héb. á¹¢ur,"rocher" (voir Deut. 32:31; 2 Sam. 22:3, 47). Ce titre souligne l'idée que Dieu est un soutien sûr et inébranlable de son peuple. La clause finale du texte hébreu cité dans le Commentaire d'Habacuc des manuscrits de la mer Morte (voir p. 1047) se lit comme suit : "Ô Rocher, c'est Toi qui l'as ordonné comme Celui qui le châtie."
Habacuc 1:13
Des yeux plus purs. Puisque la nature sans péché de Dieu ne peut tolérer le « mal » (voir Ps. 5:4–6) et ne peut supporter l’« iniquité » (voir Ps. 145:17), le prophète est perplexe et se demande pourquoi
Dieu devrait permettre aux Chaldéens d’« agir perfidement » envers Son peuple. Ce sont des idolâtres, et bien pires — du moins du point de vue d’Habacuc — que Juda. Comment donc Dieu pourrait-il, en toute justice, les utiliser pour punir Juda ? Que lui. C’est-à-dire, que l’homme « méchant ».
Habacuc 1:14
14. Les poissons. L'homme juste est souvent aussi muet et impuissant face à un oppresseur méchant que le sont les poissons dans les filets des pêcheurs.
Les choses rampantes. Voir Ps. 104:25.
Pas de chef. Dans le commentaire Habacuc des manuscrits de la mer Morte, cette dernière clause se lit comme suit : " Comme une chose rampante sur laquelle on peut régner " (voir Gen. 1:26).
Habacuc 1:15
Ils. Littéralement, « il », c’est-à-dire l’homme « méchant » (voir la note sur le v. 13). Prendre. Le prophète montre ici de façon figurée comment les Babyloniens conquièrent les nations, le matériel de pêche représentant les armées chaldéennes. Cependant, cette même figure pourrait représenter l’activité de toute personne méchante.
Habacuc 1:16
Ils sacrifient. Littéralement, « il sacrifie ». Manière métaphorique d’indiquer que les Chaldéens ne reconnaissaient pas le vrai Dieu, mais attribuaient leur succès à leurs propres moyens habiles (voir la note sur Hab. 1:7 ; cf. Ésaïe 10:12, 13).
Habacuc 1:17
17. Ils. Littéralement, " il " (voir vs. 13, 15).
Vider. Le prophète demande si les Chaldéens seront autorisés à poursuivre leurs conquêtes, à continuer à " vider leur filet " pour le remplir à nouveau avec le butin de la guerre. Le verset 17 du texte hébreu cité dans le Habakkuk Commentary des manuscrits de la mer Morte (voir p. 1047) se lit comme suit : "Il tirera donc continuellement l'épée pour tuer des nations sans faire preuve de pitié."
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Introduction
HABACUC INTRODUCTION 1. Titre. Le titre de ce livre, comme celui des autres livres des petits prophètes, est simplement le nom de l’auteur. Habacuc, héb. Chabaqquq, dérive du verbe chabaq, « embrasser ». Certains ont rapproché ce nom de l’akkadien ha̮mbaququ, nom d’une plante aromatique de jardin. Le nom d’Habacuc n’apparaît nulle part ailleurs dans l’Ancien Testament. 2. Auteur. On ne sait rien d’autre d’Habacuc que ce qui est révélé dans son livre. Que, comme Amos (voir le commentaire sur Amos 7:14), Habacuc a été appelé par Dieu alors qu’il exerçait une autre activité, ou s’il a été spécialement formé pour sa vocation dans les écoles des prophètes, cela n’est pas rapporté. Parmi les célèbres rouleaux découverts à Khirbet Qumrân (voir p. 86 ; voir aussi vol. I, p. 31– 34) se trouvait un rouleau consacré au livre d’Habacuc. Après examen, il s’est révélé être un ancien midrash, ou commentaire, composé de courts passages cités d’Habacuc, suivis de l’interprétation que l’auteur en donnait. L’écriture est bien conservée, mais il y a malheureusement de nombreuses lacunes. Le commentaire comprend 13 colonnes d’écriture et ne couvre que les deux premiers chapitres d’Habacuc. Le manuscrit a été daté d’environ 100 av. J.-C., à peu près à l’époque des deux rouleaux d’Ésaïe (voir p. 87). Avec le rouleau d’Ésaïe plus complet (1QIs, voir p. 87), le Commentaire d’Habacuc a été publié en planches fac-similé, accompagné d’un texte parallèle en caractères hébraïques modernes, sous la direction de Millar Burrows (The Dead Sea Scrolls of St. Mark’s Monastery, vol. 1 [New Haven : American Schools of Oriental Research, 1950]). L’importance première du Commentaire d’Habacuc pour l’érudition biblique ne réside pas dans les commentaires eux-mêmes, aussi intéressants soient-ils, mais plutôt dans le texte biblique lui-même. Ce texte, copié par un ancien scribe sectaire (probablement un essénien), est antérieur de près d’un millénaire aux plus anciens manuscrits du texte massorétique (voir vol. I, p. 34, 35). Il est donc d’une valeur inestimable pour toute étude textuelle du livre d’Habacuc. Voir le commentaire sur les chapitres 1:4, 17 ; 2:1, 4, 5, 15, 16. 3. Cadre historique. Il semble que ce livre ait été écrit à une époque de profonde apostasie (PK 386), probablement vers la fin du règne de Manassé, sous le règne d’Amon, ou pendant la première partie du règne de Josias. Il semble très probable que le ministère d’Habacuc ait suivi de près celui du prophète Nahum. Cette opinion est favorisée par la position du livre dans les canons hébraïque et grec. Les maux en général qu’Habacuc attribue à son peuple et dont il se plaint indiquent également cette période. La date générale de 630 av. J.-C. a été attribuée à sa prophétie pour les raisons énumérées p. 23. Le prophète connaissait bien la crise que Babylone allait bientôt provoquer chez son peuple à cause de ses péchés, crise qui devait finalement conduire à la captivité de Juda. Habacuc avertit la nation de cette crise et prédit également le jugement divin sur Babylone idolâtre et inique, l’ennemie de Dieu et de son peuple. 4. Thème. Bien qu’Habacuc regrette les péchés de Juda et sache que son peuple mérite la punition, il se préoccupe de l’issue de ses afflictions. Il se préoccupe également du destin de l’instrument dont Dieu se sert pour infliger cette punition, les Chaldéens, qui semblent être favorisés par une prospérité croissante. Dieu répond au cœur interrogateur de son serviteur et montre à Habacuc que le châtiment des Israélites est pour leur
bien ultime, tandis que la prospérité terrestre des méchants, représentée par Babylone, disparaîtra à cause du jugement divin. Dans la « prière » du chapitre 3, ce livre atteint son point culminant avec une représentation saisissante du destin des impies et de la récompense triomphante des justes. Par ce contraste, Dieu veut révéler au prophète comment l’orgueil grandissant des Chaldéens, et pareillement celui de tous les méchants, conduit à la mort, tandis que la soumission confiante des justes à Dieu par la foi conduit à la vie. Par cet accent mis sur la sainteté et la foi, Habacuc prend place aux côtés d’Ésaïe comme prophète de l’Évangile. Le livre d’Habacuc apporte une solution au problème de savoir pourquoi Dieu permet aux pécheurs de prospérer, comparable à celle que le livre de Job apporte au problème de savoir pourquoi Dieu permet aux saints de souffrir (voir vol. III, p. 494). Habacuc aimait sincèrement le Seigneur et désirait ardemment le triomphe de la justice, mais il ne pouvait comprendre pourquoi Dieu semblait permettre que l’apostasie et le crime de Juda restent impunis et sans contrôle (Hab. 1:1–4 ; cf. Jér. 12:1). Dieu l’informe qu’il a un plan pour arrêter et punir Juda à cause de ses mauvaises voies, et que les Chaldéens seront l’instrument par lequel il accomplira ce plan (Hab. 1:5–11 ; voir p. 31, 32 ; cf. Ésaïe 10:5–16). Cette explication fait surgir un autre problème dans l’esprit d’Habacuc : comment Dieu peut-il utiliser une nation plus méchante que Juda pour punir Juda ? Comment un tel plan peut-il être concilié avec la justice divine (chap. 1:12–17) ? Témérairement, mais avec tout le sérieux et l’innocence de sa démarche, Habacuc demande une réponse à Dieu (chap. 2:1). Laissant momentanément de côté la témérité de la demande d’Habacuc, Dieu assure au prophète de la certitude de Son dessein concernant Juda (v. 2, 3), puis lui montre qu’il a besoin d’humilité et de foi (v. 4). Dieu entreprend ensuite d’énumérer les péchés de Babylone (chap. 2:5–19). Il est pleinement conscient de la perfidie et de la méchanceté de Babylone et assure à Habacuc que Lui, Dieu, demeure maître des affaires de la terre. Par conséquent, tous les hommes, y compris Habacuc, feraient bien de « garder le silence » devant Lui (v. 20), c’est-à-dire de ne pas mettre en doute la sagesse de Ses voies. Comprenant qu’il a outrepassé les limites de la bienséance en prétendant contester la sagesse et la volonté divines, Habacuc se repent humblement. Cependant, dans le même souffle, son souci sincère et dévoué pour Juda, instrument choisi du plan de Dieu sur la terre (voir p. 26, 27), le conduit à demander que la justice divine soit tempérée par la miséricorde (chap. 3:1, 2). Cette prière est suivie d’une révélation de la gloire et de la puissance divines, qui montre Dieu à l’œuvre pour le salut de Ses fidèles et pour le renversement de leurs ennemis (v. 3–16). Le livre s’achève sur l’affirmation par Habacuc de sa confiance dans la sagesse et le succès final du plan divin (v. 17–19). 5. Plan. I. Le problème : la patience divine envers Juda et Babylone, 1:1–17. A. La plainte d’Habacuc au sujet de la méchanceté en Juda, 1:1–4. B. Le plan de Dieu concernant Juda, 1:5–11. C. La protestation d’Habacuc contre le plan de Dieu, 1:12–17. II. La solution : la confiance dans la sagesse et le succès du plan de Dieu, 2:1–20. A. Habacuc demande une réponse, 2:1. B. Dieu recommande de faire confiance à la sagesse et au succès de Son plan, 2:2–4, 20. C. Dieu énumère les péchés nationaux de Babylone, 2:5–19. III. La réponse d’Habacuc, 3:1–19. A. Intercession pour l’action et la miséricorde divines, 3:1, 2. B. Une vision du jugement et de la délivrance, 3:3–16.
C. L’affirmation par Habacuc de sa foi en Dieu, 3:17–19.