Seventh-day Adventist Bible CommentaryEsdras 1

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

Lire Esdras 1 dans la Bible

Introduction

INTRODUCTION À ESDRAS [Voici l’introduction à la fois d’Esdras et de Néhémie, car ils constituent les parties d’un même tout.] 1. Titre. Dans les manuscrits de la Bible hébraïque, Esdras et Néhémie apparaissaient en un seul volume, comme les livres de Samuel, des Rois et des Chroniques, jusqu’en 1448 apr. J.-C., lorsque la division de la Vulgate en deux volumes fut introduite pour la première fois dans un manuscrit hébreu. À l’origine, le livre uni s’appelait « Esdras ». Mais dans la LXX, il fut divisé en deux parties appelées 2 et 3 Esdras, précédées par l’apocryphe 1 Esdras, qui contient des extraits des deux livres canoniques d’Esdras et de Néhémie. Jérôme fut le premier à donner aux deux livres canoniques les noms « Esdras » et « Néhémie », noms qu’ils portent encore aujourd’hui. Il désigna 1 Esdras de la LXX comme 3 Esdras et le classa parmi les livres apocryphes. 2. Auteur. Esdras et Néhémie constituent la continuation historique et littéraire des livres des Chroniques, et une étude du style et de la langue révèle qu’ils avaient probablement le même auteur. La tradition juive (le Talmud) désigne Esdras comme l’auteur principal (Baba Bathra 15a) et Néhémie comme celui qui acheva l’œuvre. Bien que le livre double Esdras-Néhémie ne prétende pas avoir été écrit dans son intégralité par Esdras, rien de ce qu’il contient n’aurait pu être écrit par lui. L’auteur a utilisé des documents officiels de l’époque de Zorobabel et les siens, ainsi que des rapports probablement rédigés par Néhémie. Le changement de pronoms de la première personne à la troisième personne du singulier ne prouve pas une pluralité d’auteurs dans les sections consacrées au travail d’Esdras (troisième personne : chap. 7:1–26; 8:35, 36; 10:1–44; première personne : chap. 7:27 à 8:34; 9:1–15) et de Néhémie (première personne : chap. 1:1 à 7:73; 12:27 à 13:31; troisième personne : chap. 8:1 à 12:26. De tels changements apparaissent également dans la littérature ancienne non biblique (voir la note sur Esdras 7:28). Puisque les différentes listes de prêtres et de Lévites présentées dans Néhémie 12 se terminent vers 400 av. J.-C. (voir la note sur Néhémie 12:10, 11, 22), le livre semble avoir été écrit à cette époque, à l’époque d’Esdras et de Néhémie. Esdras était un scribe (Esdras 7:6), et il était désireux de faire connaître à son peuple les écrits sacrés (voir Néhémie 8:1–8). Il aurait été vraiment étrange qu’un tel homme ne prenne pas de dispositions pour préserver, afin de guider et d’édifier la postérité, un récit exact des merveilleux événements de son époque. Il est donc tout à fait approprié de considérer Esdras comme l’auteur inspiré des livres des Chroniques, d’Esdras et de Néhémie. En écrivant, il était guidé dans ses choix parmi les archives publiques disponibles, telles que les décrets (voir Esdras 1:2–4; Esdras 6:6–12; etc.), des lettres (voir Esdras 4:11–16; 5:7–17; etc.), des listes (voir Esdras 2:1–67; etc.), et d’autres documents sources. Le fait que deux sections d’Esdras soient rédigées en araméen (chap. 4:8 à 6:18; 7:12–26) a été utilisé autrefois comme preuve d’une rédaction bien postérieure à l’époque d’Esdras. Cet argument a été avancé à une époque où l’on ne connaissait que de manière fragmentaire l’étendue et l’usage de l’araméen dans l’Empire perse. Depuis la découverte de nombreux documents araméens provenant de différentes parties du royaume perse et de nombreux documents juifs araméens provenant d’Égypte, datant de l’époque d’Esdras et de Néhémie, cet argument n’est plus valable. Il existe une ressemblance remarquablement grande entre l’araméen de ces documents et les parties araméennes d’Esdras. L’araméen était devenu la langue officielle de l’Empire perse et était utilisé pour la publication des décrets et des directives, ainsi que pour la correspondance et les documents économiques et juridiques. Ainsi, des hommes instruits comme Esdras

étaient bilingues et pouvaient utiliser à la fois leur langue maternelle et l’araméen à l’oral comme à l’écrit. En fait, l’usage de l’araméen s’était tellement répandu que tout homme sachant lire était censé connaître l’araméen ; ainsi, l’auteur d’Esdras pouvait s’attendre à ce que ses lecteurs soient capables de comprendre ses sections en araméen. Cela explique pourquoi il ne jugea pas nécessaire de traduire en hébreu les documents sources araméens qu’il utilisa. Concernant les documents araméens contemporains, voir p. 79–83. 3. Cadre historique. En dehors d’Esther, Esdras et Néhémie sont les seuls livres historiques de la période postexilique et revêtent une grande importance pour la reconstitution de l’histoire de la communauté juive postexilique. Cependant, ils ne relatent pas l’histoire du peuple de Dieu en une séquence ininterrompue pour la période couverte par les deux livres, mais seulement certaines parties de celle-ci. Il existe d’importantes lacunes, sur lesquelles on dispose de peu d’informations. Esdras rapporte tout d’abord le retour des Juifs de l’exil sous la conduite de Zorobabel, la réorganisation du service sacrificiel et le début de la reconstruction du Temple. Tous ces événements se déroulèrent en environ deux ans, au début du règne de Cyrus. Au cours des 13 années suivantes, les travaux progressèrent lentement face à l’opposition. Vient ensuite le récit de la reprise de la construction du Temple, de son achèvement et de sa dédicace sous Darius Ier. Des près de 60 années suivantes, Esdras ne laisse aucun récit. Puis, en 457 av. J.-C., le roi Artaxerxès renvoya Esdras en Judée, en lui conférant une vaste autorité pour réorganiser l’administration de la nation selon la loi mosaïque. Il raconte son retour et certaines de ses réformes, mais rompt de nouveau le fil de la continuité pendant plus de dix ans, jusqu’à ce que Néhémie apparaisse sur la scène comme gouverneur et rende compte de ses activités dans le livre qui porte son nom. Tous les événements décrits dans Esdras et Néhémie se déroulèrent pendant la première moitié de la période de l’Empire perse, qui s’étendit de 539 av. J.-C., lorsque Babylone tomba aux mains des forces victorieuses de Cyrus, jusqu’à la mort de Darius III en 331 av. J.-C., date à laquelle l’empire cessa d’exister et fut remplacé par celui d’Alexandre le Grand. L’histoire de la communauté juive postexilique commence « la première année de Cyrus, roi de Perse » (Esdras 1:1). L’Empire perse s’étendait des déserts arides de l’Iran à l’est jusqu’à la côte de l’Asie Mineure à l’ouest, et des hauts plateaux arméniens au nord jusqu’à la frontière de l’Égypte au sud. Cyrus, son fondateur, était un monarque prudent et humain. Conformément à sa politique d’apaisement des nations assujetties par Babylone, il les réinstalla dans leurs anciennes demeures et restaura leurs lieux de culte. En accord avec cette politique généreuse, les Juifs furent autorisés à retourner dans leur ancienne patrie et à reconstruire leur Temple. Pour la plupart, les rois de Perse tentèrent de gouverner leur empire avec équité et bienveillance. Il était recommandé à leurs fonctionnaires de faire preuve d’honnêteté et d’œuvrer dans l’intérêt des peuples qu’ils gouvernaient. La religion monothéiste de Zoroastre, religion d’État au moins depuis Darius Ier, se situait à un niveau bien supérieur à celui des prédécesseurs polythéistes et idolâtres des Perses, les peuples de Babylonie. Lorsque Cyrus prit Babylone, il fit la connaissance de Daniel, âgé, conseiller de confiance du grand Nebucadnetsar d’une époque antérieure, et apprit à apprécier ses conseils. Par l’intermédiaire de Daniel, Cyrus a dû prendre connaissance des prophéties d’Ésaïe le concernant et au sujet du rôle qui lui avait été assigné en faveur du peuple de Dieu (És. 44:21 à 45:13), et permit leur restauration (PK 557). La grande œuvre de pacification de son vaste empire au cours de ses premières années exigea toute l’attention du roi. Il perdit la vie au cours d’une campagne contre des tribus orientales rebelles, après un règne d’environ neuf ans, compté à partir de la chute de Babylone.

De retour en Judée, les Juifs trouvèrent des voisins hostiles et furent continuellement harcelés par les Samaritains, un peuple aux origines raciales et religieuses mêlées. Comme Cyrus était occupé à unifier son vaste empire, ces ennemis réussirent à entraver les Juifs et à leur causer d’innombrables difficultés qui ralentirent la reconstruction du Temple. Cambyse, le fils aîné de Cyrus, régna moins de huit ans. Sa plus grande réussite fut la conquête de l’Égypte. Un document juif découvert en Égypte montre qu’il était favorablement disposé envers les Juifs, mais rien ne prouve qu’il les ait activement aidés à reconstruire leur Temple. Le bref règne du faux Smerdis constitua un sérieux revers pour les Juifs. Sous ce roi, décrit par Darius comme un destructeur de temples, les travaux à Jérusalem furent arrêtés. Cet arrêt était peut-être dû en partie aux ennemis samaritains, car de nouvelles fondations durent être posées dès que les conditions stables instaurées par le gouvernement énergique de Darius Ier permirent la reprise des travaux. L’époque de Darius le Grand fut marquée par la prospérité et l’ordre. Les Juifs, comme les autres nations, bénéficièrent de son gouvernement sage et fort. Sous la direction spirituelle des prophètes Aggée et Zacharie, ils achevèrent le Temple et le dédièrent la sixième année du règne de Darius, en 515 av. J.-C. Une période de troubles commença cependant lorsque, vers la fin de son règne, Darius décida d’envahir la Grèce. Dès lors, l’empire connut des revers répétés en Grèce, en Égypte et ailleurs, qui perturbèrent sa paix et sa stabilité intérieures. Les deux rois suivants, Xerxès et Artaxerxès Ier, étaient faibles, opportunistes et instables de caractère, et devaient leur trône à l’autorité de conseillers puissants. Des campagnes désastreuses en Grèce et des rébellions en Égypte et dans d’autres régions de l’empire provoquèrent de grands troubles et entraînèrent des politiques intérieures et étrangères changeantes. C’est au cours d’une grave rébellion en Égypte (463–454 av. J.-C.) qu’Esdras obtint d’importantes concessions pour les Juifs, dont Artaxerxès avait besoin de la bonne volonté durant cette période critique, puisque la Judée se trouvait en travers de la route menant à l’Égypte. Plus tard, lorsque la satrapie à laquelle appartenait la Judée se révolta (après 450 av. J.-C.), Artaxerxès soutint apparemment les Samaritains supposés loyaux, dans la crainte et sous l’effet de la fausse supposition que les Juifs pourraient se joindre à la rébellion. Artaxerxès autorisa donc les Samaritains à interrompre la reconstruction de la muraille de Jérusalem, qui était en cours depuis quelque temps. Lorsque l’ordre fut rétabli dans la satrapie, Néhémie, un fonctionnaire juif de la cour digne de confiance, réussit à obtenir une nomination royale comme gouverneur de Judée et acheva la reconstruction de la muraille de la ville. Il le fit malgré des menaces constantes de violence. Il exerça la fonction de gouverneur pendant deux mandats et se révéla un organisateur compétent ainsi qu’un dirigeant religieux. Il posa des fondations politiques, sociales et morales relativement solides, qui se révélèrent d’une grande valeur dans les temps troublés qui suivirent. 4. Thème. Esdras et Néhémie sont des livres historiques qui relatent la mise en œuvre du plan divin dans la restauration des Juifs, à qui fut ainsi offerte une nouvelle occasion de coopérer avec les desseins éternels et de prouver leur droit d’exister en tant que nation. Ce récit montre en outre comment les prophéties d’Ésaïe et de Jérémie s’accomplirent, et fournit des sources d’une valeur inestimable grâce auxquelles d’autres prophéties, celles de Dan. 8 et 9, peuvent être solidement ancrées dans les faits de l’histoire. Esdras et Néhémie illustrent, par une série d’exemples instructifs, comment quelques personnes peuvent accomplir de grandes choses pour Dieu lorsqu’elles sont dirigées par des responsables craignant Dieu, sincères, désintéressés, mais intrépides et déterminés. Ces livres contiennent beaucoup de choses qui édifient et fortifient la foi dans la direction infaillible de Dieu.

5. Plan. I. Le décret de Cyrus et le retour sous Zorobabel, Esdras 1:1 à 4:5, 24. A. Le décret de Cyrus, 1:1–11. 1. Une copie du décret, 1:1–4. 2. Les Juifs répondent à l’appel, 1:5, 6. 3. Cyrus restitue les vases sacrés du Temple, 1:7–11. B. La liste des exilés de retour, 2:1–67. 1. Les dirigeants, 2:1, 2. 2. Les laïcs, 2:3–35. 3. Le personnel du Temple, 2:36–63. 4. Le nombre total de l’assemblée, 2:64. 5. Les serviteurs, les chanteurs et les bêtes de somme, 2:65–67. C. Reprise de l’offrande quotidienne ; pose des fondations du Temple, 2:68 à 3:13. 1. Dons pour le nouveau Temple, 2:68, 69. 2. Installation des exilés de retour, 2:70. 3. Reconstruction de l’autel et reprise des sacrifices quotidiens, 3:1–6. 4. Contrats conclus pour les matériaux et avec les ouvriers, 3:7. 5. Pose des fondations du nouveau Temple, 3:8–13. D. Poursuite des travaux dans les difficultés jusqu’à leur arrêt, 4:1–5, 24. 1. Les Samaritains proposent leur aide, qui est refusée, 4:1–3. 2. Efforts des ennemis pour entraver les travaux, 4:4, 5. II. Tentatives de nuire aux Juifs durant les premières années d’Assuérus, Esdras 4:6. III. Artaxerxès arrête la construction de la muraille de Jérusalem, Esdras 4:7–23. A. Lettre de Bishlam de Samarie à Artaxerxès, 4:7–16. B. Réponse d’Artaxerxès, autorisant les Samaritains à interrompre les travaux, 4:17–22. C. Les Samaritains arrêtent les travaux par la force, 4:23. IV. Reprise et achèvement de la construction du temple à l’époque de Darius Ier, Esdras 5:1 à 6:22. A. Aggée et Zacharie provoquent la reprise des travaux du temple, 5:1, 2. B. La visite de Tatnaï à Jérusalem, 5:3–17. 1. La visite de Tatnaï et son entretien avec les anciens, 5:3–5. 2. La lettre de Tatnaï à Darius, 5:6–17. C. Le décret de Darius, 6:1–12. 1. Le décret de Cyrus trouvé à Achmetha, 6:1, 2. 2. Une copie du décret de Cyrus, 6:3–5. 3. Les instructions de Darius à Tatnaï, 6:6–12. D. Le temple achevé et consacré, 6:13–22. 1. Tatnaï aide les Juifs, 6:13. 2. Le nouveau temple achevé, 6:14, 15. 3. La consécration du nouveau temple, 6:16–18. 4. Célébration de la Pâque, 6:19–22. V. Le décret d’Artaxerxès Ier et le retour sous Esdras, Esdras 7:1 à 10:44. A. Le décret d’Artaxerxès, 7:1–28. 1. La généalogie d’Esdras, 7:1–5. 2. Un bref récit du retour, 7:6–10. 3. Une copie du décret, 7:11–26.

4. L’expression de gratitude d’Esdras, 7:27, 28. B. Le retour de Babylone, 8:1–36. 1. Une liste des exilés de retour, 8:1–14. 2. Le rassemblement à Ahava et la sollicitation des Lévites, 8:15–20. 3. Préparatifs du voyage à Ahava, 8:21–30. 4. Arrivée à Jérusalem et remise des dons, 8:31–36. C. Les réformes d’Esdras, 9:1 à 10:44. 1. La détresse d’Esdras au sujet des mariages avec des étrangères en Judée, et sa prière, 9:1–15. 2. Les dirigeants et le peuple divorcent volontairement d’avec leurs femmes étrangères, 10:1–17. 3. Liste des transgresseurs, 10:18–44. VI. Premier mandat de Néhémie comme gouverneur de Judée, Néh. 1:1 à 12:47. A. Retour de Néhémie à Jérusalem, 1:1 à 2:11. 1. Néhémie reçoit des nouvelles de la situation à Jérusalem, 1:1–4. 2. La prière de Néhémie, 1:5–11. 3. Artaxerxès accorde à Néhémie sa demande de retourner à Jérusalem et d’en rebâtir les murailles, 2:1–8. 4. Arrivée de Néhémie ; premières indications de difficultés, 2:9–11. B. La reconstruction des murailles, 2:12 à 6:19. 1. Inspection nocturne de la muraille par Néhémie, 2:12–16. 2. Un appel à l’action rencontre approbation et opposition, 2:17–20. 3. Répartition de 42 groupes de bâtisseurs, 3:1–32. 4. Diverses tentatives infructueuses pour arrêter le travail de Néhémie, 4:1–23. 5. Réformes sociales menées pendant la première période du gouvernorat de Néhémie, 5:1–19. 6. Nouvelles tentatives pour arrêter la construction ; achèvement de la muraille, 6:1–19. C. Néhémie prévoit de repeupler Jérusalem, 7:1–73. 1. Organisation de la police de la ville, 7:1–3. 2. Néhémie prévoit un recensement préparatoire au repeuplement de Jérusalem, 7:4, 5. 3. La liste des exilés revenus à l’époque de Zorobabel sert de base au nouveau recensement, 7:6–73. D. Réformes religieuses d’Esdras et Néhémie, 8:1 à 10:39. 1. Lecture de la loi lors d’une grande assemblée nationale, 8:1–13. 2. Célébration de la fête des Tabernacles, 8:14–18. 3. Un jour de repentance et de confession solennelles, 9:1–38. 4. Une liste de ceux qui signèrent l’alliance, 10:1–28. 5. Le contenu de l’alliance de réforme, 10:29–39. E. Le repeuplement de Jérusalem réalisé, 11:1–36. 1. Liste de ceux qui habitèrent à Jérusalem, 11:1–19. 2. Liste des villes de la province de Judée, 11:20–36. F. Une liste du personnel du temple, 12:1–26. 1. Prêtres et Lévites de l’époque de Zorobabel, 12:1–9. 2. Généalogie des grands prêtres, 12:10, 11. 3. Prêtres de l’époque de Joïakim, 12:12–21. 4. Lévites de l’époque d’Eliashib, 12:22–26. G. La dédicace de la muraille, 12:27–43. H. La nomination des trésoriers, 12:44–47. VII. Second mandat de Néhémie comme gouverneur de Judée, Néh. 13:1–31. A. Séparation des Juifs d’avec les étrangers, 13:1–3. B. Expulsion de Tobija du temple, 13:4–9.

C. Regroupement des Lévites et réforme de la dîme et de l’observance du sabbat, 13:10–22. D. Réforme concernant les femmes étrangères, 13:23–29. E. Déclaration finale, 13:30, 31.

Esdras 1:1

1. La première année. La ville de Babylone tombe aux mains des Perses le 16 Tishri (12 octobre) 539 av. J.-C. (voir p. 55) et Cyrus lui-même entre dans la ville le 3 Marcheshvan (29 octobre) de la même année. Cependant, ce n'est que le jour de l'an suivant, le 1er Nisan (24 mars), 538 av. J. -C., que débute la première année royale babylonienne. Tous les documents antérieurs à ce jour sont datés de son "année d'accession" (voir Vol. II, p. 138). Les Juifs, quant à eux, comptaient les années royales des souverains perses selon leur propre calendrier. Selon le calendrier civil juif, la première année complète depuis la chute de Babylone s'étendait de l'automne 538 à l'automne 537 av. J.-C. Pour plus d'informations sur ce problème, voir p. 96, 97. Sur le règne de "Darius le Mède", voir p. 95, ainsi que la Note complémentaire sur Daniel 6.

L'édit de Cyrus pour le retour des Juifs semble avoir été publié dans l'ancienne capitale des Mèdes, Ecbatana (Achmetha), qui devint l'une des résidences d'été des rois perses. Une copie du décret trouvée dans les archives d'Ecbatana quelques années plus tard(Esdras 6:2) implique que Cyrus s'y trouvait au cours de sa première année. Les archives contemporaines de la banque "Egibi & Sons" de Babylone indiquent que Cyrus se trouvait à Ecbatana au mois de septembre 537 av. J.-C. ou avant, ce qui correspond à la fin de la première année civile juive complète après la chute de Babylone.

Cyrus. Il s'agit de la forme grecque latinisée de l'hébreu Koresh, qui est plus proche de ses équivalents perse(Kurush) et babylonien(Kurash).

Jérémie. Il est fait référence ici aux deux prophéties de Jérémie contenues dans les chapitres 25:11, 12; 29:10, prophéties qui avaient convaincu Daniel que le temps du retour et de la restauration était venu(Dan. 9:2). La captivité babylonienne ayant commencé en 605 av. J.-C. (voir sur Dan. 1:1), les 70 ans des prophéties de Jérémie devaient expirer en 536, selon le calcul inclusif (voir Vol. II, p. 136). Par conséquent, si le décret de Cyrus fut promulgué au cours de l'été ou de l'automne 537, et que les Juifs retournèrent probablement dans leur patrie au printemps de l'année suivante, 536, les prophéties de Jérémie s'accomplirent (voir pp. 96, 97).

Stimuler l'esprit. Comme dans les années passées, Dieu avait influencé les dirigeants païens(Gen. 20:3; Dan. 2:28; etc.) pour réaliser ses desseins, il agissait maintenant sur le cœur de Cyrus pour accomplir les prophéties d'Ésaïe concernant ce monarque, prophéties qui avaient été faites plus de 150 ans auparavant(Ésaïe 44:28; 45:1-4, 13).

Une proclamation. Le décret est proclamé publiquement dans les différentes satrapies de l'empire, des frontières de l'Inde à l'est jusqu'à la mer Égée à l'ouest, et du Caucase au nord jusqu'au golfe Persique et à la frontière de l'Égypte au sud.

Par écrit. Le décret fut envoyé sous forme écrite et déposé dans des archives pour référence permanente (voir ch. 6:1, 2). L'écriture n'a probablement été introduite en Perse que récemment, car les preuves archéologiques montrent que les Perses ont commencé à tenir des registres à partir du règne de Cyrus. La proclamation a vraisemblablement été publiée dans la langue officielle perse, peut-être aussi en babylonien, et probablement en araméen, qui était compris dans tout l'empire. L'inscription de Behistun de Darius Ier (voir Vol. I, pp. 98, 110, 111 ; Vol. III, p. 57) est constituée d'inscriptions similaires en vieux-perse, en élamite et en babylonien. Une copie a également été trouvée en araméen.

Esdras 1:2

Ainsi parle Cyrus. Formule officielle servant à introduire une proclamation royale, semblable à celles utilisées dans d'autres décrets royaux. Par exemple, l'inscription de Behistun (version araméenne, col. iii, l. 37) porte : « Ainsi parle le roi Darius. » Roi de Perse. Comparez la formule habituelle des inscriptions perses : « Je suis…, le grand roi, le roi des rois, le roi de Perse. » Le Seigneur, Dieu des cieux. On trouve exactement le même titre dans une requête en araméen adressée par des Juifs de l'île nilotique d'Éléphantine à un gouverneur perse (Cowley, Aramaic Papyri, No. 30, lines 27, 28), tandis que dans la réponse de l'officiel perse aux requérants, seuls les mots « Dieu des cieux » sont employés (ibid., No. 32, lines 3, 4). Le monothéisme juif a peut-être séduit Cyrus s'il était zoroastrien ; il a peut-être assimilé Yahvé à son propre dieu Ahura-Mazda. M'a donné. Cyrus estimait être un homme désigné par le ciel et, à ce titre, avoir une mission divine à accomplir. Dans la célèbre inscription sur le cylindre d'argile de Cyrus, aujourd'hui conservé au British Museum, le roi dit : « Il [le dieu babylonien Marduk] scruta et observa [à travers] tous les pays, cherchant un dirigeant juste disposé à le conduire [dans la procession annuelle]. Il prononça le nom de Cyrus, roi d'Anshan, déclarant

Nichol, F. D. (1978). The Seventh-day Adventist Bible Commentary : The Holy Bible with exegetical and expository comment. Commentary Reference Series (Ezr 1:1). Washington, D.C.: Review and Herald Publishing Association.

qu'il était le souverain du monde entier. » Ces paroles, écrites pour les Babyloniens, ressemblent tellement à celles employées dans la proclamation en faveur des Juifs que, combinées aux autres termes officiels caractéristiques utilisés, elles constituent une preuve solide de l'authenticité du décret. La seule différence réside dans les noms des dieux. Dans les proclamations babyloniennes, le nom du dieu babylonien Marduk était naturellement employé, tandis que dans celle qui fut écrite pour les Juifs, c'est le nom de leur Dieu qui fut utilisé. Il m'en a chargé. Le mot « il » est emphatique. Cette emphase se retrouve également dans les anciennes traductions grecque et latine du texte. De toute évidence, Cyrus fait référence à Isa. 44:28. Josèphe (Antiquités xi. 1) affirme que ce passage fut montré à Cyrus peu après la chute de Babylone, et il est tout naturel de considérer Daniel comme celui qui informa le roi des prédictions concernant la conquête de la Babylonie par Cyrus et son rôle dans la reconstruction du Temple de Jérusalem (voir PK 557). Dans l'inscription susmentionnée sur le cylindre d'argile, Cyrus affirme avoir rapatrié de nombreux dieux étrangers que les Babyloniens avaient transportés dans leur capitale, et avoir reconstruit de nombreux sanctuaires qui étaient en ruine. Étant donné que l'autorisation de reconstruire le Temple de Jérusalem fut accordée durant la première année de son règne, il est probable que la sagesse d'une telle politique (voir PK 571, 572) ait conduit Cyrus à faire de même pour les autres peuples assujettis et leurs dieux. Ainsi, l'action du roi envers les Juifs et leur Temple était tout à fait conforme à ce qui devint finalement une politique générale visant à s'attirer la faveur des nations qui avaient souffert sous la main cruelle des Babyloniens, afin d'obtenir leur bienveillance et leur soutien loyal en tant que citoyens du nouvel Empire perse. Maison. Héb. bayith, « maison », terme désignant soit une habitation humaine, soit un lieu consacré à Dieu. Bayith peut donc à juste titre être traduit par « temple » ici. En Juda. L'ajout de cette expression ici, puis de nouveau au verset suivant, reflète le caractère officiel du document, qui devrait indiquer l'emplacement géographique précis du Temple à reconstruire.

Esdras 1:3

3. De tout son peuple. L'autorisation de retour ne se limite pas aux exilés de Juda et de Benjamin, descendants des sujets de l'ancien royaume de Juda emmenés en captivité par Nabuchodonosor. Il incluait tous les peuples qui considéraient "le Seigneur Dieu des cieux"(v. 2) comme leur Dieu, en particulier les descendants des dix tribus de l'ancien royaume d'Israël du Nord, transplantées dans diverses provinces de l'Empire assyrien au 8e siècle avant J.-C. D'après 1 Chron. 9:3, des membres d'au moins quelques-unes des tribus du nord vivaient alors à Jérusalem.

Que son Dieu soit avec lui. La bonté de Cyrus, louée par de nombreux auteurs classiques (Eschyle, Hérodote, Xénophon, Plutarque, Diodore, Cicéron et d'autres), se reflète dans ces mots. La grandeur de Cyrus réside dans sa tolérance et sa générosité à l'égard des peuples soumis. L'influence de Daniel et la prédiction d'Isaïe le concernant ont sans doute joué un rôle important dans l'élaboration de sa politique impériale (voir PK 557).

Il est le Dieu. Les commentateurs et les traducteurs de la Bible sont divisés quant au sens de cette clause et de celle qui la suit. Certains y voient un aveu de Cyrus que Jéhovah est le seul vrai Dieu, et le comparent à un aveu similaire de Nabuchodonosor(Dan. 6:26). D'autres l'associent à la clause suivante et lisent : " Il est le Dieu qui est à Jérusalem ", ce qui amènerait Cyrus à considérer Jéhovah comme une simple divinité locale.

En traitant " il est le Dieu " comme une expression parenthétique et en traduisant 'asher par " qui ", on laisse entendre que la clause " qui est à Jérusalem " renvoie au mot " temple "."L'hébreu, cependant, dit clairement : " il est le Dieu qui est à Jérusalem ", comme le font aussi les LXX, la Vulgate et d'autres versions anciennes. Si des parenthèses doivent être utilisées, elles doivent entourer l'ensemble de l'énoncé comme une unité. De plus, le mot 'asher peut être traduit par " qui " ou " qui ", selon le contexte.

Il se peut que, comme Nabuchodonosor(Dn. 2:47; 3:28; 4:37) et Darius(Dn. 6:26), Cyrus en soit venu à reconnaître le vrai Dieu (voir PK 557) ; mais le texte hébreu, du moins tel que nous l'avons aujourd'hui, ne permet pas d'interpréter les mots d'Esdras 1:3 comme une preuve de cela. On a retrouvé un document dans lequel Cyrus, s'adressant aux Babyloniens, parle de leur dieu Marduk exactement dans les mêmes termes que ceux qu'il utilise ici pour le Dieu des Juifs. Cependant, voir PK 557.

Esdras 1:4

4. Quiconque reste. C'est-à-dire les Juifs qui ont choisi de rester en exil (voir PK 559). Ceux qui avaient réussi à s'établir dans des entreprises commerciales d'un genre ou d'un autre étaient les plus susceptibles de rester. Il était normal qu'ils aident leurs frères qui revenaient en apportant des contributions importantes.

L'offrande volontaire. Les Juifs furent autorisés à collecter des contributions financières auprès de leurs amis païens pour le Temple à construire à Jérusalem. Il est intéressant de noter que la publication du décret de Cyrus contient cet appel aux citoyens de l'empire sans mentionner le fait que Cyrus avait pris des dispositions pour la reconstruction du Temple sur des fonds publics, comme l'indique la copie du décret déposée dans les archives du gouvernement à Ecbatana (voir ch. 6:2). La raison en est évidente. Si la proclamation avait mentionné la subvention royale, peu de gens se seraient sentis poussés à donner eux-mêmes pour l'entreprise. Sans savoir que le gouvernement prenait en charge une partie des frais, de nombreux païens bien disposés à l'égard des Juifs auraient peut-être été plus enclins à apporter des contributions privées.

Esdras 1:5

5. Chef des pères. Il s'agit des chefs de famille héréditaires, dont l'autorité est reconnue (voir sur Ex. 3:16). Bien que l'autorisation de retour ait été formulée de manière à inclure tous les croyants en Jéhovah, seules les deux tribus, Juda et Benjamin, sont spécifiquement mentionnées. Les membres des autres tribus, s'il y en avait, devaient être en minorité.

Dont Dieu avait suscité l'esprit. Seule une minorité relative des exilés est revenue. Même de nombreux membres des clans de Juda et de Benjamin choisirent de rester dans leur pays d'adoption. Beaucoup avaient acquis honneur et richesse en Babylonie, comme le montrent les documents cunéiformes, et n'étaient pas disposés à abandonner tout ce qu'ils avaient acquis au prix d'un dur labeur au fil des ans en échange d'un avenir incertain dans une Judée désolée. C'est pour cette raison que, plus tard, on s'efforça à nouveau de ramener en Judée ceux qui étaient restés en arrière lors du premier mouvement de retour (voir Esdras 7,7; Zacharie 6,10). La première troupe prête à tout risquer pour son pays et pour son Dieu était composée de patriotes et de zélotes ; peut-être aussi de ceux qui n'avaient rien à perdre dans ce mouvement et qui ne pouvaient qu'améliorer leur sort en retournant dans leur ancienne patrie. Ceux qui sont restés sur place ont peut-être justifié leur décision en citant l'exhortation de Jérémie, plus d'un demi-siècle auparavant, à construire des maisons, à planter des champs, à fonder des familles et à s'intéresser activement au bien-être de leur terre d'exil(Jérémie 29:4-7). Ceux qui refusèrent de retourner en Palestine formèrent le noyau des communautés juives fortes et influentes qui existèrent en Babylonie tout au long de son histoire jusqu'à une époque très récente.

Esdras 1:7

7. Les récipients. Tous les objets énumérés sont en or et en argent. Étant donné que de nombreux objets du Temple pris par Nabuchodonosor étaient en bronze(2 Rois 25:14; voir sur Ex. 25:3), Cyrus n'a manifestement restauré que ceux qui avaient été dédiés aux divinités babyloniennes et donc conservés depuis leur arrivée de Jérusalem plus d'un demi-siècle auparavant. Il semble que les objets qui n'étaient pas en métal précieux n'aient pas été conservés.

Cet acte généreux de Cyrus n'est pas un cas isolé. Le roi relate dans l'inscription du tonneau d'argile susmentionné, conservé au British Museum (voir v. 2), qu'il a rendu à leur place légitime de nombreux objets de culte précédemment pillés par les Babyloniens.

Esdras 1:8

Mithredath. Nom perse qui apparaît aussi sous la forme Mitradati dans un document cunéiforme de l'époque d'Artaxerxès Ier. Trésorier. Héb. gizbar, « trésorier », mot qu'on ne trouve qu'ici et au chap. 7:21. Gizbar est un mot d'emprunt persan que l'on trouve également en Babylonie sous la forme ganzabaru. L'emploi de ce mot et d'autres mots d'origine perse dans le livre d'Esdras indique que le document original fut rédigé à l'époque de l'Empire perse, probablement par un contemporain des événements décrits. Sheshbazzar, le prince de Juda. Sheshbazzar, appelé « gouverneur » au chap. 5:14, est identifié par de nombreux spécialistes à Zorobabel (voir chap. 3:8 ; 5:16 ; EGW, RH, 28 mars 1907). Il est appelé « prince de Juda », une dignité que Zorobabel, en tant que petit-fils du roi Jojakin, possédait également (1 Chron. 3:17–19). Il n'était pas inhabituel que les nobles juifs en exil portent deux noms (voir Dan. 1:7). On pense que le nom Sheshbazzar vient du nom babylonien Shamash–abal–usur.

Esdras 1:9

Trente. On remarquera que la liste détaillée des ustensiles du Temple donnée aux v. 9 et 10 totalise 2,499 plutôt que 5,400, chiffre donné au v. 11. Il est possible que la liste détaillée ne soit que partielle et qu’Esdras n’ait pas eu l’intention qu’elle totalise le chiffre indiqué. Cependant, le dernier élément de la liste semble inclure tous les autres ustensiles non encore énumérés et devrait, vraisemblablement, constituer la différence entre le total des éléments précédents et le total général de tous ces éléments. Tous les anciens manuscrits hébreux et toutes les versions concordent avec les chiffres tels qu’ils sont donnés dans la KJV. Il convient toutefois de noter qu’un passage parallèle du livre apocryphe de 1 Esdras (ch. 2:13, 14) évite cette apparente divergence en indiquant 1,000 « coupes d’or » au lieu des 30 données ici, et 2,410 « fioles … d’argent » au lieu de seulement 410, comme au v. 10. Sinon, les chiffres sont les mêmes. Le total général indiqué dans 1 Esdras 2:14est de 5,469, la somme des chiffres des différents éléments tels qu’ils y sont donnés. Certains ont suggéré que les chiffres de 1 Esdras ont été délibérément modifiés pour éviter l’apparente divergence dans Ezra 1:9–11. Tout ce qu’on peut dire, c’est que les éléments disponibles sont insuffisants pour fournir une solution définitive au problème. Plats. Hébr. ’agarṭelim, « paniers », un mot au sens incertain. La LXX, la Vulgate et la Syriaque proposent la traduction « bassin », qui a été adoptée par diverses versions modernes. Couteaux. Hébr. machalaph, un mot qui ne se trouve qu’ici dans l’AT et dont le sens est incertain. Le contexte laisse entendre qu’il s’agit d’une sorte de récipient.

Esdras 1:10

Bassins. Hébr. kaphor, « bol » ou « bassin », comme aussi dans Ezra 8:27 et 1 Chron. 28:17. Le mot akkadien apparenté kaparu signifie également « bol ».

Esdras 1:11

Tous les vases. Voir au sujet du v. 7. Il est probable que beaucoup de ces « vases » figuraient parmi ceux que Belshazzar profana lors du festin, la nuit où Babylone tomba (Dan. 5:3). L’usage irrévérencieux de ces ustensiles sacrés et l’esprit de défi qui avait suscité un tel acte démontraient visiblement que Babylone ne répondrait plus aux messages divins de direction et qu’elle refuserait de libérer les captifs juifs afin qu’ils puissent retourner dans leur patrie, comme Dieu l’avait prévu (Dan. 5:1–4, 21–23). En conséquence, le royaume passa à une nation qui coopérerait avec le plan divin (v. 25–31).

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés