Seventh-day Adventist Bible CommentaryExode 1

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

Lire Exode 1 dans la Bible

Introduction

Le deuxième livre de Moïse appelé EXODE INTRODUCTION 1. Titre. Comme chacun des quatre autres livres du Pentateuque, l’Exode est désigné par les Juifs d’après la première phrase du texte hébreu, We’eleh shemoth, « Et voici les noms ». Le nom Exode est composé de deux mots grecs signifiant « la sortie » ou « le départ » (des Israélites hors d’Égypte), et a été adopté par les traducteurs anglais à partir de la Vulgate, qui l’avait elle-même repris de la LXX. Ce terme fait naturellement référence au thème central du livre. Les mots « Le deuxième livre de Moïse » ne figurent pas dans le texte hébreu, mais furent ajoutés ultérieurement. 2. Auteur. La question de l’auteur du livre de l’Exode est étroitement liée à celle de tous les livres du Pentateuque, et en particulier de la Genèse, dont il constitue la suite. Le livre de l’Exode joue un rôle important dans le problème de l’identification de l’auteur du Pentateuque, puisque certaines de ses déclarations désignent Moïse comme l’auteur de certaines de ses parties. Moïse devait, par exemple, consigner dans un livre la bataille contre les Amalécites (ch. 17:14). Ceci, avec Nomb. 33:2, indique que Moïse tenait un journal. Cela ressort de Ex. 24:4 qui montre qu’il a écrit les ordonnances contenues dans les ch. 20:21 à 23:33, le « livre de l’alliance » (ch. 24:7). Selon le ch. 34:27, il est l’auteur de la révélation rapportée aux v. 11–26. Les éléments conservés dans le livre de l’Exode lui-même désignent donc expressément Moïse comme l’auteur des récits historiques et autres qu’il contient. À l’exception de Moïse, aucun individu n’est mentionné dans le Pentateuque comme ayant écrit une partie quelconque de celui-ci. L’emploi de nombreux mots égyptiens et la description exacte de la vie et des coutumes égyptiennes dans la première partie du livre suggèrent fortement que l’auteur avait été instruit en Égypte et connaissait intimement le pays et sa culture. Aucun autre Hébreu connu après l’époque de Joseph n’était qualifié pour écrire le récit de l’Exode. Moïse seul semble avoir été « instruit dans toute la sagesse des Égyptiens » (Actes 7:22). La preuve la plus forte de la paternité mosaïque se trouve toutefois dans le Nouveau Testament. Dans Marc 12:26 le Christ cite Ex. 3:6, et désigne sa source comme étant « le livre de Moïse » (voir GC 434). Ces trois considérations — le témoignage direct du livre lui-même, la preuve indirecte que l’auteur avait été instruit en Égypte et le témoignage du Christ — garantissent toutes l’exactitude de la tradition juive selon laquelle Moïse a écrit le livre de l’Exode. 3. Cadre historique. Le premier livre de Moïse, la Genèse, présente un bref aperçu de l’histoire des élus de Dieu, depuis la création du monde jusqu’à la fin de l’époque patriarcale, une période de nombreux siècles. Dans ses deux premiers chapitres, cependant, l’Exode, suite de la Genèse, ne couvre qu’environ 80 ans et, dans le reste du livre, seulement une année environ. Bien que l’absence de preuves archéologiques nous empêche d’être catégoriques sur divers points de l’histoire des Israélites en Égypte, il semble y avoir suffisamment de preuves pour justifier la conclusion que Joseph et Jacob entrèrent en Égypte à l’époque des Hyksos. Ces souverains sémites étaient bienveillants envers leurs parents de race, les Hébreux, et sous leur règne Joseph s’éleva à l’honneur et à la renommée. En tant qu’envahisseurs et souverains étrangers, cependant, les Hyksos seraient haïs par les Égyptiens autochtones, même s’ils pouvaient gouverner avec modération et agir dans l’intérêt de leurs sujets.

Lorsque les Hyksos eurent régné sur l’Égypte pendant environ 150 ans (vers 1730-1580 av. J.-C.), Sekenenre, un prince égyptien local de la Haute-Égypte et vassal des Hyksos, se révolta. Le récit de cette rébellion apparaît dans une histoire légendaire d’une époque ultérieure et ne révèle pas le succès ou l’échec de sa tentative de restaurer l’indépendance de l’Égypte. Sa momie présente de terribles blessures à la tête, témoignage silencieux d’une mort violente, subies peut-être sur le champ de bataille alors qu’il combattait les Hyksos. La véritable lutte pour la liberté commença avec Kamose, le fils et successeur de Sekenenre. Il réussit à chasser les Hyksos de la Haute et de la Moyenne-Égypte et à limiter leur pouvoir à la région orientale du delta. Cependant, Kamose ne vécut pas assez longtemps pour voir l’expulsion définitive des Hyksos. Celle-ci fut accomplie par son frère cadet Ahmose, qui vainquit les ennemis détestés et contraignit leur capitale, Avaris, à se rendre. Avec la chute d’Avaris, les Hyksos perdirent leur dernier bastion en Égypte. Ils se retirèrent alors à Sharuhen, dans le sud de la Palestine, qui fut à son tour conquise par Ahmose après une campagne de trois ans. La perte de Sharuhen et le retrait des Hyksos vers le nord qui s’ensuivit marquèrent la fin de leur pouvoir et leur disparition de l’histoire. Après avoir vaincu les Hyksos, les souverains de Thèbes devinrent les monarques incontestés de toute l’Égypte. En tant que rois de la XVIIIe dynastie, ils libérèrent non seulement l’Égypte, mais soumirent également la Nubie et la Palestine, et édifièrent un empire puissant et prospère. Il était tout naturel que ces souverains, qui « ne connaissaient pas Joseph » (Ex. 1:8), à considérer avec méfiance ces étrangers, les Israélites, qui occupaient le pays de Gosen dans le delta oriental. On ne pouvait s’attendre à ce que les Égyptiens de souche leur fassent confiance, car ils s’y étaient installés sous les Hyksos, leur étaient apparentés par la race et avaient été favorisés par eux. La chronologie des rois de la XVIIIe dynastie n’a pas encore été établie avec certitude. Les dates suivantes, bien que fondées sur les meilleures données disponibles, ne sont qu’approximatives. À Ahmôsis succéda Amenhotep Ier (1546-1525 av. J.-C.), qui mena des campagnes au sud et à l’ouest. Son fils Thoutmôsis Ier (1525-1508 av. J.-C.), qui poussa sa campagne syrienne jusqu’à l’Euphrate, fut le premier roi à mentionner l’emploi d’esclaves asiatiques dans la construction de ses temples. Il est possible qu’il fasse référence aux Hébreux. À sa suite vint son faible fils, Thoutmôsis II (1508-1504 av. J.-C.), après la mort duquel Hatchepsout, fille de Thoutmôsis Ier, gouverna pacifiquement l’Égypte pendant 22 ans (1504-1482 av. J.-C.). Il est probable qu’elle devint la mère adoptive de Moïse, puisque les 40 premières années de sa vie se situèrent sous les règnes de Thoutmôsis Ier, Thoutmôsis II et Hatchepsout. Selon la chronologie biblique adoptée dans ce commentaire, Moïse s’enfuit d’Égypte quelques années avant le début du règne personnel de Thoutmôsis III. Au début du règne d’Hatchepsout, une révolution des prêtres l’avait contrainte à accepter la corégence de son neveu, Thoutmôsis III. Sa disparition soudaine, plus tard, peut avoir été due à la violence ou à des causes naturelles. Si, comme cela paraît plausible, Hatchepsout était la princesse qui adopta Moïse, cette révolte des prêtres a peut-être été provoquée par le refus de Moïse de devenir membre de la caste sacerdotale (voir PP 245). Dès que Thoutmôsis III devint le seul souverain (1482-1450 av. J.-C.), il partit pour la Palestine dans le cadre d’une campagne militaire et vainquit une coalition de princes syriens et palestiniens à Megiddo. Son empire asiatique était maintenu par une démonstration de force, au moyen de campagnes annuelles. Comme son grand-père, il affirme que des esclaves asiatiques furent employés à son programme de construction de temples. Il était probablement le Pharaon auquel Moïse s’enfuit. Après Thoutmôsis III, son fils Amenhotep II monta sur le trône (1450-1425 av. J.-C.). Il commença un règne de terreur calculée sur ses possessions étrangères et correspond remarquablement bien au rôle du

Pharaon de l’Exode. Pour une raison non mentionnée dans les documents non bibliques, ce ne fut pas le prince héritier, mais un autre fils d’Amenhotep II, Thoutmôsis IV (1425-1412 av. J.-C.), qui lui succéda sur le trône. La disparition du prince héritier peut être due au meurtre de tous les fils premiers-nés lors de la dixième plaie d’Égypte. Tel est le contexte historique des événements dramatiques décrits avec tant de vivacité dans le livre de l’Exode. Aucun document contemporain non biblique de l’Exode n’existe, car les Égyptiens n’ont jamais consigné les événements qui leur étaient défavorables. 4. Thème. Le but principal de Moïse en écrivant l’Exode était de décrire l’intervention merveilleuse de Dieu en faveur de son peuple élu, en le délivrant de l’esclavage et en s’abaissant avec bonté pour conclure une alliance avec lui. Montrer que ni leur infidélité répétée ni l’opposition de la plus grande nation de la terre ne pouvait contrecarrer le plan de Dieu à leur égard : tel est le thème qui traverse le livre comme un fil d’or. Les récits de l’Exode parlent à l’imagination des jeunes et fortifient la foi de ceux qui sont plus âgés. Ils appellent aujourd’hui à placer sa confiance dans la direction de Dieu et nous invitent à suivre humblement partout où il peut nous conduire. 5. Plan. I. L’Exode hors d’Égypte. 1:1 à 15:21. A. Le séjour en Égypte. 1:1–22. 1. Noms des fils de Jacob. 1:1–6. 2. Accroissement et oppression des enfants d’Israël en Égypte. 1:7–22. B. La préparation de Moïse à la direction. 2:1 à 4:31. 1. Naissance, protection et jeunesse de Moïse. 2:1–10. 2. Meurtre, fuite et séjour à Madian. 2:11–22. 3. La mort de Pharaon, moment opportun pour l’Exode. 2:23–25. 4. L’appel de Moïse. 3:1 à 4:17. 5. Retour de Moïse en Égypte. 4:18–31. C. Les dix plaies et la Exode. 5:1 à 13:16. 1. Première apparition de Moïse et d’Aaron devant Pharaon. 5:1–18. 2. Renouvellement de la promesse de Dieu de délivrer Israël. 5:19 à 6:12. 3. Généalogies de Ruben, Siméon et Lévi. 6:13–26. 4. Seconde apparition de Moïse et d’Aaron devant Pharaon. 6:27 à 7:13. 5. Première plaie : l’eau changée en sang. 7:14–25. 6. Deuxième plaie : les grenouilles. 8:1–15. 7. Troisième plaie : les poux. 8:16–19. 8. Quatrième plaie : les mouches. 8:20–32. 9. Cinquième plaie : maladie du bétail. 9:1–7. 10. Sixième plaie : les ulcères. 9:8–12. 11. Septième plaie : la grêle. 9:13–35. 12. Huitième plaie : les sauterelles. 10:1–20. 13. Neuvième plaie : les ténèbres. 10:21–29. 14. Annonce de la dixième plaie et institution de la Pâque. 11:1 à 12:28. 15. Dixième plaie : tous les premiers-nés tués. 12:29, 30. 16. L’Exode. 12:31–42. 17. Instructions concernant la Pâque et les premiers-nés. 12:43 à 13:16. D. De l’Égypte au Sinaï. 13:17 à 19:2.

1. Le passage de la mer Rouge. 13:1.7 à 14:31. 2. Le cantique de Moïse. 15:1–21. 3. Mara et Élim. 15:22–27. 4. Les cailles et la manne dans le désert de Sin. 16:1–36. 5. Massa et Meriba. 17:1–7. 6. La victoire sur Amalek à Rephidim. 17:8–16. 7. La visite de Jéthro. 18:1–27. 8. L’arrivée au Sinaï. 19:1, 2. II. Israël au Sinaï. 19:3 à 40:38. A. La promulgation du Décalogue. 19:3 à 20:21. 1. La manifestation divine. 19:3–25. 2. Le Décalogue. 20:1–17. 3. La terreur d’Israël. 20:18–21. B. Le livre de l’alliance. 20:22 à 23:33. 1. Lois concernant l’autel. 20:22–26. 2. Droits de l’esclave hébreu. 21:1–11. 3. Lois concernant la vie et les biens. 21:12 à 22:17. 4. Lois concernant divers péchés. 22:18–20. 5. Lois concernant l’aide aux nécessiteux. 22:21–27. 6. Lois diverses. 22:28 à 23:33. C. Ratification de l’alliance. 24:1–18. D. Directives concernant le tabernacle et son mobilier. 25:1 à 31:17. 1. L’offrande pour le tabernacle. 25:1–9. 2. L’arche. 25:10–22. 3. La table des pains de proposition. 25:23–30. 4. Le chandelier. 25:31–40. 5. Les tentures et les planches. 26:1–37. 6. L’autel des holocaustes. 27:1–8. 7. Le parvis. 27:9–19. 8. L’huile pour les lampes. 27:20, 21. 9. Les vêtements sacrés. 28:1–43. 10. Règlements concernant la consécration des prêtres. 29:1–37. 11. Les sacrifices quotidiens du matin et du soir. 29:38–46. 12. L’autel des parfums. 30:1–10. 13. Lois concernant le rachat des personnes. 30:11–16. 14. La cuve. 30:17–21. 15. L’huile d’onction. 30:22–33. 16. Le parfum sacré. 30:34–38. 17. L’appel de Betsaleel et d’Oholiab. 31:1–11. 18. Exhortation à observer le sabbat. 31:12–17. E. Les deux tables de pierre données à Moïse. 31:18. F. L’apostasie et le renouvellement de l’alliance. 32:1 à 34:35. 1. Le veau d’or. 32:1 à 33:11. 2. La supplication de Moïse et son succès. 33:12–23. 3. Les nouvelles tables de pierre. 34:1–35. G. La construction du tabernacle et de son mobilier. 35:1 à 40:38.

1. Nouvelle exhortation à observer le sabbat. 35:1–3. 2. Offrandes pour le tabernacle. 35:4–29. 3. Betsaleel et Oholiab sont désignés. 35:30 à 36:7. 4. Les tentures et les couvertures. 36:8–38. 5. L’arche. 37:1–9. 6. La table des pains de proposition. 37:10–16. 7. Le chandelier. 37:17–24. 8. L’autel des parfums. 37:25–28. 9. L’huile d’onction et le parfum. 37:29. 10. L’autel des holocaustes. 38:1–7. 11. La cuve. 38:8. 12. Le parvis. 38:9–20. 13. Le total des offrandes du peuple. 38:21–31. 14. Les vêtements sacrés. 39:1–31. 15. Moïse inspecte le travail et érige le tabernacle. 39:32 à 40:38.

Exode 1:1

1. Maintenant. De la particule hébraïque we, plus communément traduite par "et". C'est la première fois que cette particule est utilisée au début d'un livre. Tous les livres historiques de l'AT, sauf quatre, s'ouvrent ainsi.

Les enfants d'Israël. Sur les noms des fils de Jacob, voir Gen. 29:32 à 30:24; 35:18; 46:8-26; 49:3-27.



Ellen G. White


1. Voir les commentaires d’EGW sur Deutéronome 1:1.
(Exode 1:1). Étudiez davantage le Deutéronome et l’Exode—Nous n’accordons pas assez d’importance au Deutéronome et à l’Exode. Ces livres relatent les actions de Dieu envers Israël. Dieu a libéré les Israélites de l’esclavage et les a conduits à travers le désert jusqu’à la terre promise (Manuscript 11, 1903).

Exode 1:5

Soixante-dix personnes. Le récit du petit nombre de ceux qui émigrèrent avec Jacob en Égypte est donné ici afin de souligner l’augmentation numérique remarquable des enfants d’Israël durant leurs années de séjour. Cette croissance était l’accomplissement des promesses faites à Abraham (Gen. 15:14) et à Jacob (Gen. 46:3). Quant au nombre de 70, qui inclut Jacob lui-même, voir le commentaire sur Gen. 46:27.

Exode 1:7

7. Les enfants d'Israël ont été féconds. La famille de Jacob s'est miraculeusement agrandie, tant du vivant des douze patriarches qu'après leur mort. Les bénédictions accordées à l'humanité lors de la création(Gen. 1:28) et la promesse faite plus tard à Abraham(Gen. 22:17) se sont maintenant concrétisées dans une mesure appréciable.

La terre fut remplie. Il s'agit en particulier du pays de Gosen, où vivaient les Hébreux(Gen. 47:11). Le climat de l'Égypte, la fertilité du sol, la virilité naturelle de la race hébraïque et la bénédiction de Dieu entraînèrent une croissance extraordinaire de la population.

Exode 1:8

8. Un nouveau roi. Pas simplement un autre individu, mais une nouvelle dynastie. Étant donné que ce commentaire adopte la datation du milieu du XVe siècle pour l'Exode, on peut supposer que Joseph a vécu sous le règne des Hyksos en Égypte (cf Gen. 39:1; également pp. 191 et suivantes, 492). Par conséquent, les rois de la dix-huitième dynastie, qui ont libéré l'Égypte de la domination des Hyksos, étaient les pharaons de l'oppression.

Les Hyksos étaient des peuples asiatiques comme les Hébreux, et bien qu'égyptianisés, ils auraient été amicaux envers Joseph et sa famille . Mais l'expulsion des Hyksos a conduit à un nouvel esprit de nationalisme, et tous les étrangers ont été considérés avec suspicion, en particulier ceux qui étaient favorisés par les Hyksos. La contribution de Joseph au bien-être du peuple sera oubliée, principalement parce qu'il était asiatique et ministre d'un roi étranger. La génération qui avait connu les sept années de famine était morte, et les descendants des fils de Jacob étaient confrontés à une situation entièrement nouvelle, à une population égyptienne autochtone et à une dynastie qui haïssait les Israélites.



Ellen G. White


8. Les Égyptiens péchèrent en refusant la lumière—Le péché des Égyptiens était d’avoir refusé la lumière que Dieu leur avait si gracieusement envoyée par Joseph (The Youth’s Instructor, April 15, 1897).

Exode 1:9

9. Il s'agirait d'un roi du début de la XVIIIe dynastie, soit Ahmose, le grand libérateur de l'Égypte, soit son fils Amenhotep Ier (1546-1525 av. J. -C.), au cas où il ne s'agirait pas du même individu que le roi vivant à l'époque de la naissance de Moïse. Toutefois, s'il s'agit du roi dans le palais duquel Moïse a été élevé, il s'agit alors de Thoutmosis Ier (1525-1508 av. J.-C.), le père d'Hatchepsout.

A son peuple. Le roi s'entretenait sans doute avec ses ministres et ses conseillers. Dans les quelques documents qui nous éclairent sur la guerre de libération, il est dit à deux reprises que les rois Sekenenre et Kamose ont réuni leurs conseillers avant d'agir. Bien que Kamose ait déjà pris sa décision et n'ait pas suivi leurs conseils, il a discuté de la question avec ses ministres.

Plus nombreux et plus puissants. Pharaon exagérait probablement, car l'Égypte était une grande nation depuis des siècles. C'est le genre d'exagération à laquelle se livrent les personnes sans scrupules pour justifier une action extrême et déraisonnable.

Exode 1:10

10. Agissons avec sagesse. Pharaon propose un habile expédient politique pour éviter le danger d'une révolution et la possibilité que les Israélites fassent cause commune avec ses ennemis, les Hyksos, et quittent alors l'Égypte. Ce n'est probablement pas tant la conquête de son royaume qu'il craint que l'alliance avec ses ennemis. Parmi les Hébreux se trouvaient de nombreux ouvriers qualifiés, et Pharaon proposa donc de les garder comme esclaves afin de pouvoir les employer à ses différents projets de construction. Il est possible qu'il ait adopté cette politique à l'égard des Hébreux pendant ou peu après la révolte contre les Hyksos, leurs parents raciaux.

Exode 1:11

11. Maîtres d'œuvre, littéralement "responsables du travail [forcé et non rémunéré]". Pharaon espérait que les traitements oppressifs briseraient la force physique des Israélites et retarderaient leur remarquable augmentation en nombre. Il espère en outre écraser leur esprit d'indépendance et de respect de soi. Enfin, il pourra mener à bien ses vastes projets de construction sans faire peser de fardeau sur son propre peuple.

Les villes-trésors. Le pays de Goshen étant situé dans le delta oriental, Pharaon chargea les Israélites de construire des temples et d'autres bâtiments publics dans la région frontalière orientale. Dans l'Antiquité, les richesses nationales étaient souvent entreposées dans des temples, vraisemblablement sous la garde des dieux.

Pithom. Ce nom a été expliqué comme une traduction hébraïque de l'égyptien Per-Atum, "Maison du dieu soleil Atoum" Certains chercheurs l'ont identifié avec l'actuelle Tell el-Maskhuta dans le WadiTumilat, à environ 12 mi. à l'ouest du lac Timsah dans la région du Delta oriental, où Naville a découvert de grands entrepôts pour le grain, en 1883. Ayant découvert que cette ville avait été construite par Ramsès II, auquel le nom de la seconde ville semble faire référence, Naville pensait qu'il s'agissait du pharaon de l'oppression. Naville a eu de nombreux adeptes de ce point de vue. D'autres ont identifié Tell el-Maskhuta avec la Succoth biblique(ch. 12:37), d'où les Israélites quittèrent l'Égypte, dans la mesure où les inscriptions révèlent que le nom égyptien de l'endroit était Tjeku. Cependant, jusqu'à ce que des preuves plus précises soient apportées, l'emplacement de Pithom reste incertain.

Et Raamses. Cette ville a été identifiée par Flinders Petrie avec Tell el-Retabeh dans le Wadi Tumilat, à 8 mi. à l'ouest de Tell el-Maskhuta. D'autres chercheurs, cependant, identifient "Raamses" avec Tanis, la Zoan biblique(Nombres 13:22), anciennement appelée Avaris, la capitale des Hyksos. Longtemps après leur expulsion d'Égypte, Ramsès II l'agrandit, l'embellit et lui donne son nom.

Ramsès II ne peut cependant pas être le pharaon de l'oppression. La chronologie biblique de la période allant de l'Exode à la monarchie d'Israël exige au moins une date du XVe siècle pour l'Exode (voir 1Rois 6:1), qui a donc eu lieu deux siècles avant le règne de Ramsès II. Le nom de la ville-entrepôt appelée ici "Raamsès" doit être compris comme la modernisation d'un nom plus ancien. Une autre illustration de cette pratique se trouve en Gn 47,11, où le pays de Goshen est appelé " le pays de Ramsès " Personne ne soutiendra que l'entrée de Jacob en Egypte a eu lieu sous le règne de Ramsès II ; c'est pourquoi l'ancien nom de la région appelée " Ramsès " en Gn 47,11 semble avoir été abandonné au profit d'un nom plus moderne (voir sur Gen. 47:11). L'ancienne ville de Laïsh est également appelée Dan dans Gen. 14:14 (voir sur ce texte), bien qu'elle ait reçu ce nom plusieurs siècles après la mort d'Abraham et de Moïse. L'explication la plus raisonnable pour ces textes et d'autres dans lesquels des noms de villes modernes sont appliqués dans le récit à des époques antérieures est de supposer que les copistes ultérieurs ont échangé des noms anciens et obsolètes contre des noms plus modernes, dans le but de clarifier les récits pour les générations suivantes.

Exode 1:12

12. Plus ils se multipliaient. Le premier plan de Pharaon n'a pas atteint son but. Les Hébreux augmentèrent en nombre proportionnellement au degré d'oppression, et les Égyptiens furent naturellement consternés par cette croissance sans précédent. Il devint évident que les persécutions et les épreuves ne pouvaient contrarier le dessein de Dieu, et que les mesures destinées à détruire son peuple se révélaient être une source de force plus grande.

Ils furent attristés. La consternation des Égyptiens est due à l'échec de leur projet. La présence d'un ennemi à l'intérieur de leurs frontières, qui ne pouvait être maîtrisé, était embarrassante et irritante.

Exode 1:14

Rendirent leur vie amère. Sans se laisser décourager, les Égyptiens redoublèrent d’efforts pour asservir Israël. Les versets 13 et 14 ne rapportent pas une nouvelle oppression, mais la continuation et l’intensification du programme de travaux forcés déjà en vigueur. Dans le mortier et dans la brique. Alors que la pierre était le matériau principalement employé par les Égyptiens pour leurs grands temples et autres édifices publics, la brique était largement utilisée pour les palais et les bâtiments plus modestes, pour les murailles des villes, les forteresses, les enceintes des temples et les entrepôts tels que ceux mentionnés au v. 11. Toutes sortes de travaux. Les Hébreux avaient d’abord été employés à garder les troupeaux et les cheptels royaux (Gen. 47:6), mais ils se consacrèrent plus tard également aux travaux agricoles (Deut. 11:10). Aucun pays n’exige autant de soins minutieux et de travail constants tout au long de l’année que l’Égypte. Les crues annuelles du Nil nécessitent une vigilance extrême pour sauver le bétail, empêcher l’inondation des maisons et des villages et éviter que les digues du fleuve ne soient emportées. La culture se poursuit toute l’année, et sa réussite dépend d’un système d’irrigation qui exige un travail constant et une attention soutenue. Si le « service des champs » comprenait également le creusement de canaux (Antiquités de Josèphe ii. 9.1), la vie des Hébreux aurait véritablement été rendue amère. Travailler sous le soleil brûlant de l’Égypte, sans ombre et avec à peine un souffle de vent, du

lever au coucher du soleil, les pieds dans l’eau (Deut. 11:10), est une expérience des plus éprouvantes. Lorsque Méhémet Ali construisit son canal d’Alexandrie, vers le milieu du XIXe siècle, il perdit 20 000 ouvriers sur 150 000. Le pourcentage de pertes était peut-être à peu près le même dans l’Antiquité. Mais, en ce qui concernait Pharaon, plus les Hébreux périssaient, mieux cela servait son dessein malfaisant.

Exode 1:15

15. Parla aux sages-femmes hébreux. La deuxième tentative de Pharaon pour contrôler l'augmentation du nombre d'Hébreux ne fait pas semblant de dissimuler son véritable objectif. De l'oppression cruelle, il passe au meurtre ouvert. On s'est demandé si les sages-femmes étaient réellement des Hébreux, car dans ce cas, le roi ne pouvait être sûr de leur coopération. La phrase traduite par "sages-femmes hébraïques" peut aussi être rendue par "sages-femmes des femmes hébraïques", c'est-à-dire des sages-femmes qui assistaient les femmes hébraïques lors de l'accouchement. Mais leurs noms sont définitivement sémitiques et non égyptiens, Shiphrah signifiant "beauté" et Puah, "splendeur" ou "éclat", ce qui confirme le rendu de la KJV (voir au v 17)

Exode 1:16

16. Les tabourets. Plusieurs explications peu convaincantes de ce terme ont été données, qu'il n'est pas nécessaire de répéter ici, dans la mesure où sa véritable signification a été découverte par l'égyptologue Spiegelberg. En Égypte, on utilisait des tabourets d'accouchement constitués de deux pierres ou de pierres disposées sur le site en forme de fer à cheval. L'expression égyptienne courante, "s'asseoir sur les briques" pour "accoucher", que l'on trouve dans diverses inscriptions anciennes, révèle le sens des paroles du roi : "Surveillez-les lorsqu'elles sont sur les deux pierres" L'utilisation de cette expression égyptienne confirme la paternité mosaïque de l'Exode.

Si c'est un fils. Dans le monde antique, il était courant d'exposer les enfants non désirés en les laissant mourir ou, plus souvent, en les laissant dévorer par des oiseaux ou des animaux sauvages. L'ordre du roi reflète également la coutume païenne de tuer tous les hommes ennemis et de forcer les femmes et les filles à devenir les esclaves domestiques des conquérants. Dans de nombreuses guerres de conquête antiques, toute la population masculine était ainsi passée au fil de l'épée. Pharaon avait apparemment l'intention d'utiliser les hommes vivants pour les projets de construction spécifiques qu'il avait en tête, mais de laisser les Hébreux s'éteindre en tant que peuple avec cette génération. Il comptait ainsi se débarrasser d'un ennemi potentiel à l'intérieur de ses frontières, tout en fournissant une réserve d'esclaves féminines aux foyers égyptiens.

Exode 1:17

17. Les sages-femmes craignaient Dieu. Il est clair que les sages-femmes étaient des Hébreux, car elles "craignaient Dieu" et savaient qu'il avait interdit le meurtre. Bien qu'elles n'aient pas connu les mots du sixième commandement du Décalogue, "Tu ne tueras pas", elles connaissaient le règlement : "Si quelqu'un verse le sang d'un homme, son sang sera versé par un homme"(Gen. 9:6). Craignant Dieu plus qu'elles ne craignaient le roi tyran (voir Actes 4:19; 5:29), ces femmes courageuses ont osé ignorer le commandement royal. La crainte des hommes fait de l'homme la victime des circonstances, mais la crainte de Dieu apporte le repos au milieu du tumulte et la paix face au danger mortel. Telle a dû être l'expérience des deux principales sages-femmes hébraïques, dont les épaules portaient une lourde responsabilité

Exode 1:19

19. Les femmes hébraïques. Les femmes hébraïques devaient sans doute travailler dans les champs avec les hommes. Comme elles étaient habituées à travailler en plein air, il n'est pas improbable que l'accouchement ait été relativement facile pour elles. Les femmes arabes, apparentées aux Hébreux sur le plan racial, mènent une vie difficile et n'ont besoin que de peu d'assistance pour accoucher. Ce fait explique la plausibilité de l'excuse offerte à Pharaon par les sages-femmes hébraïques. Il n'y a aucune preuve que leur histoire ait été remise en question de quelque manière que ce soit.

Elles sont vives. Il en résulte que les sages-femmes étaient rarement appelées. Leurs services étaient peu demandés, car toute femme de la famille ou connaissance pouvait généralement fournir toute l'assistance nécessaire. Cela explique peut-être pourquoi les Hébreux n'avaient besoin que de deux sages-femmes, malgré leur grand nombre.

Exode 1:21

21. Il leur a donné des maisons. Dieu a récompensé les sages-femmes de leur fidélité en leur donnant des familles et en préservant leur postérité. Le sens de cette expression ressort clairement des textes parallèles où elle est employée dans ce sens (voir Ruth 4.11; 2 Sam. 7.11, 27). En ignorant l'ordre impitoyable du roi, ils ont contribué à l'édification des familles d'Israël, et leurs propres familles ont donc été édifiées par Dieu. Ils ont risqué leur vie pour sauver leur peuple.

Exode 1:22

22. Pharaon charge tout son peuple. L'échec de tous ses plans visant à affaiblir le peuple hébreu pousse le roi à des actes de violence ouverte. Ce nouveau décret impose à chaque Égyptien la responsabilité de faire sien le désir du roi. La tâche d'exterminer les Hébreux passe désormais des maîtres d'œuvre et des sages-femmes aux gens du peuple.

Chaque fils. On a fait valoir que le grand nombre d'Israélites lors de l'Exode excluait qu'un tel ordre meurtrier ait jamais été donné. Cependant, il est probable que de nombreux Égyptiens, qui n'étaient peut-être pas hostiles aux Israélites, l'ont ignoré, ou qu'il n'est resté en vigueur que peu de temps. Il est possible que Pharaon ait annulé l'édit lorsqu'il s'est rendu compte des avantages qu'il pouvait tirer du travail gratuit des esclaves, ou lorsque ses plans de construction ont pris de l'ampleur. Étant donné qu'un grand nombre d'hommes valides ont quitté l'Égypte 80 ans plus tard, cette exigence cruelle n'a pas pu rester en vigueur très longtemps.

On objecte parfois qu'il est très improbable qu'un monarque ait ordonné une destruction aussi massive et de sang-froid d'enfants innocents. Il convient toutefois d'observer que, dans l'Antiquité, la vie humaine, en particulier celle de toute personne d'une autre race ou d'une autre nation, était considérée avec légèreté. Il était courant de massacrer les prisonniers de guerre, d'anéantir des populations entières et de sacrifier aux dieux les enfants non désirés.

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés