Seventh-day Adventist Bible CommentaryDaniel 8

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

Lire Daniel 8 dans la Bible

Daniel 8:1

1. Troisième année. Pour une discussion du règne de Belschatsar, voir la note complémentaire sur le chapitre 5. À partir du chapitre 8, l'auteur revient à la langue hébraïque (voir p. 749), qu'il utilise jusqu'à la fin du livre

Au début. Sans doute une référence à la vision du chapitre 7

Daniel 8:2

2. J'étais à Suse. On a beaucoup discuté de la question de savoir si le prophète Daniel était physiquement présent à Suse ou s'il n'y était présent qu'en vision. En ce qui concerne le contexte, il n'est pas nécessaire de déduire la présence corporelle : " J'ai vu en vision " ou simplement " J'ai vu en vision " peut être compris comme introduisant une série d'événements vus en vision, sans référence nécessaire à une présence réelle. D'autres exemples de tels transports ayant lieu en vision, mais non dans la réalité, sont la " visite " d'Ezéchiel à Jérusalem (voir sur Eze. 8:3) et celle de Jean au désert(Apoc. 17:3). On peut aussi mentionner les expériences d'Ellen G. White (voir EW 32, 39). D'autre part, il n'est pas possible de prouver que Daniel n'était pas corporellement à Suse à cette époque. Il n'est pas difficile d'imaginer que ses voyages, officiels ou non, l'aient conduit à un moment ou à un autre dans l'ancienne métropole de l'Élam. Au moment de cette vision, si nous commençons la première année de Belschatsar en 553, l'Élam était probablement encore une province babylonienne, bien qu'elle soit passée à Cyrus quelque temps avant qu'il ne prenne Babylone. Josèphe affirme que le prophète se trouvait à Suse au moment de la vision(Antiquités x. 11. 7).

Palais. Heb. birah, "citadelle" ou "acropole" Dans l'hébreu, le terme est en rapport avec Shushan. L'expression peut être traduite par "dans la citadelle de Suse" ou, en employant la forme du nom plus familière à l'époque moderne, par "Suse la capitale"(RSV). Selon l'historien grec Xénophon, les rois perses ont ensuite utilisé la ville comme résidence d'hiver et passaient le reste de l'année à Babylone ou à Ecbatana. Pour plus d'informations sur Suse, voir Esther 1:2.

Ulai. L'Ula assyrien, une rivière non identifiée. Les auteurs classiques placent Suse sur l'Eulaeus(Karun) ou sur le Choaspes(Kerkha). Certains érudits y voient un canal entre les rivières Choaspes et Coprates.

Daniel 8:3

3. Un bélier à deux cornes. L'ange identifie plus tard ce symbole comme représentant les rois de Médie et de Perse(v. 20).

Plus haut que l'autre. Bien qu'elle se soit élevée plus tard que la Médie, la Perse est devenue la puissance dominante lorsque Cyrus a vaincu Astyages de la Médie en 553 ou 550. Les Mèdes, cependant, ne sont pas traités comme des inférieurs ou comme un peuple soumis, mais plutôt comme des confédérés. Voir au ch. 2:39.

Daniel 8:4

4. La poussée vers l'ouest. Cyrus conquiert la Lydie en 547 av. J.-C. et Babylone en 539. Cambyse étend les conquêtes vers le sud, en Égypte et en Nubie, en 525. Darius Hystaspes se rendit au nord contre les Scythes en 513 (voir Vol. III, pp. 54-59).

L'empire médo-perse couvre un territoire beaucoup plus vaste que son prédécesseur, Babylone. Le succès des armes perses est tel qu'à l'époque d'Assuérus(Esther 1:1), l'empire s'étend de l'Inde à l'Éthiopie, soit les extrémités orientale et méridionale du monde connu à l'époque. Le monarque perse portait souvent le titre de "roi des rois" ou "roi des pays".

Devenu grand. Littéralement, " a fait de grandes choses ", " s'est agrandi " ou " s'est magnifié "(RSV).

Daniel 8:5

5. Le bouc. Identifié par l'ange comme représentant la Grèce(v. 21), c'est-à-dire l'empire macédonien d'Alexandre (voir ch. 7:6).

De l'ouest. La Grèce se trouvait à l'ouest de l'Empire perse.

N'a pas touché le sol. Cette description d'une grande rapidité décrit bien la vitesse étonnante et l'exhaustivité des conquêtes d'Alexandre (voir ch. 7:6).

Corne remarquable. Selon le v. 21 (voir aussi la prophétie parallèle, ch. 11:3, 4), cette corne remarquable représente le premier grand roi grec, c'est-à-dire Alexandre le Grand (voir ch. 7:6).

Daniel 8:7

7. Enragé par la colère. Héb . marar, dans la forme trouvée ici, " être enragé ". La langue de ce verset dépeint l'achèvement de la soumission de la Perse à Alexandre. Le pouvoir de l'empire était complètement brisé. Le pays est ravagé, ses armées taillées en pièces et dispersées, ses villes pillées. La cité royale de Persépolis, dont les ruines subsistent encore comme un monument de son ancienne splendeur, est détruite par le feu.

Daniel 8:8

8. Il est devenu très grand. Ou, "s'est magnifié à l'extrême" (voir vs. 4, 9).

Lorsqu'il était puissant. La prophétie avait prédit la chute d'Alexandre alors que son empire était à l'apogée de sa puissance. À l'âge de 32 ans, encore dans la fleur de l'âge, le grand chef mourut d'une fièvre aggravée, sans doute, par sa propre intempérance. Voir ch. 7:6.

Quatre notables. Sur les quatre royaumes macédoniens (ou hellénistiques) en lesquels l'empire d'Alexandre était divisé, voir ch. 7:6; 11:3, 4.

Daniel 8:9

Issu de l’un d’entre eux. En hébreu, cette phrase présente une confusion de genre. Le mot pour « eux », hem, est masculin. Cela indique que, grammaticalement, l’antécédent est « vents » (v. 8) et non « cornes », puisque « vents » peut être masculin ou féminin, mais « cornes » est uniquement féminin. D’autre part, le mot pour « un », ’achath, est féminin, ce qui suggère « cornes » comme antécédent. ’Achath pourrait bien sûr renvoyer au mot pour « vents », qui apparaît le plus souvent au féminin. Mais il est douteux que l’auteur ait attribué deux genres différents au même nom dans un contexte aussi étroit. Pour parvenir à un accord grammatical, il faudrait soit changer ’achath au masculin, faisant ainsi clairement désigner toute la phrase les « vents », soit changer le mot pour « eux » au féminin ; dans ce cas, la référence serait ambiguë, puisque « vents » ou « cornes » pourraient être l’antécédent. Un certain nombre de manuscrits hébreux portent le mot pour « eux » au féminin. Si ces manuscrits reflètent la bonne lecture, le passage demeure ambigu. Les commentateurs qui interprètent la « petite corne » du v. 9 comme désignant Rome ont été incapables d’expliquer de manière satisfaisante comment Rome pourrait être dite surgir de l’une des divisions de l’empire d’Alexandre. Si « eux » désigne les « vents », toute difficulté disparaît. Le passage affirme alors simplement qu’une autre puissance viendrait de l’un des quatre points cardinaux. Rome venait de l’ouest. Dans l’explication littérale des symboles de la vision, il est dit que Rome surgit « à la fin de leur royaume » (v. 23), c’est-à-dire le « royaume » des quatre cornes. Cependant, le v. 23 se réfère uniquement à l’époque où la petite corne surgirait et ne dit rien du lieu de son apparition, tandis que le v. 9 concerne exclusivement son emplacement. Il faut se rappeler que le prophète donne ici un récit suivi de la symbolisation prophétique, au fur et à mesure que les scènes lui étaient présentées. Il n’interprète pas encore la vision. L’interprétation de cet aspect de la vision apparaît au v. 23. Une règle importante à suivre dans l’interprétation des symboles des visions consiste à n’attribuer une interprétation qu’aux éléments de la représentation picturale auxquels on voulait donner une valeur interprétative. Comme dans les paraboles, certains éléments sont nécessaires pour compléter la présentation dramatique, mais ne sont pas nécessairement significatifs en eux-mêmes. Lesquels ont une valeur interprétative, l’Inspiration seule peut le déterminer. Puisque, dans ce cas, l’Inspiration (v. 23) parle uniquement de l’époque où la puissance représentée par cette corne devait apparaître et ne dit rien de son point d’origine géographique, il n’y a aucune raison d’insister sur la phrase « issue de l’un d’entre eux ». Dans la mesure où la vision du ch. 8 suit étroitement les grandes lignes prophétiques des ch. 2 et 7, et puisque, dans ces deux grandes lignes, la puissance qui succède à la Grèce est Rome (voir sur

ch. 2:40 ; 7:7), l’hypothèse raisonnable ici est que la puissance de la « corne » du v. 8 s’applique également à Rome. Cette interprétation est confirmée par le fait que Rome a rempli avec précision les diverses caractéristiques de la vision. Une petite corne. Cette petite corne représente Rome dans ses deux phases, païenne et papale. Daniel vit d’abord Rome dans sa phase païenne et impériale, faisant la guerre au peuple juif et aux premiers chrétiens, puis dans sa phase papale, se poursuivant jusqu’à nos jours et dans l’avenir, faisant la guerre à la véritable Église. Sur cette double application, voir sur les v. 13 et 23. Excessivement. Héb. yether, signifiant essentiellement « reste ». Dans quelques cas, il désigne, comme ici, ce qui est au-delà de toute mesure, au sens de laisser un reste. Il est traduit par « excellence » (Gen. 49:3), « abondamment » (Ps 31:23), « beaucoup plus abondant » (Isa. 56:12). Le mot traduit par « très » dans Dan. 8:8 est me’od, le mot plus courant pour « extrêmement ». Dans l’AT, me’od est traduit par « excessif » ou « extrêmement » 22 fois (Gen. 13:13; 15:1 ; etc.) sous sa forme simple et 9 fois sous sa forme répétée. On ne peut pas soutenir que yether (Dan. 8:9) représente un degré supérieur à me’od. Toute supériorité remarquable de Rome sur la Grèce doit être prouvée historiquement, et non sur la base de ces mots. Vers le sud. L’Égypte a longtemps été un protectorat officieux de Rome. Son destin était déjà entre les mains de Rome en 168 av. J.-C., lorsque Antiochos Épiphane, qui cherchait à faire la guerre aux Ptolémées, reçut l’ordre de quitter le pays. L’Égypte, toujours sous l’administration de ses souverains ptolémaïques, fut pendant de nombreuses années un pion de la politique romaine en Orient avant de devenir, en 30 av. J.-C., une province romaine. Vers l’est. L’Empire séleucide perdit ses terres les plus occidentales au profit de Rome dès 190 av. J.-C., et devint finalement la province romaine de Syrie en 65 av. J.-C. ou peu après. Terre agréable. Hébreu ṣebi, « ornement », « décoration », « gloire ». Il est fait référence ici soit à Jérusalem, soit au pays de Palestine. Ṣebi est traduit par « glorieux » au chap. 11:16, 41. Cependant, à cet endroit, l’hébreu contient le mot pour « terre », tandis qu’ici, « terre » est sous-entendu. La Palestine fut incorporée à l’Empire romain en 63 av. J.-C.

Daniel 8:10

10. L'armée du ciel. Daniel décrit encore ce qu'il a vu en vision. Dans la mesure où l'ange fournit ensuite l'interprétation(v. 24), nous ne sommes pas laissés dans l'obscurité quant à la signification de ce qui est décrit ici. L'"armée" et les "étoiles" représentent évidemment "le peuple puissant et le peuple saint"(v. 24)

Frappés sur eux. Ceci fait référence à la fureur avec laquelle Rome a si souvent persécuté le peuple de Dieu au cours des siècles. Aux temps des tyrans Néron, Dèce et Dioclétien, à l'époque païenne, et à nouveau à l'époque papale, Rome n'a jamais hésité à traiter durement ceux qu'elle choisissait de condamner

Daniel 8:11

Prince de l’armée. Le verset 25 parle de cette même puissance qui s’élève contre le Prince des princes. La référence est au Christ, qui fut crucifié sous l’autorité de Rome. Voir les commentaires sur les chapitres 9:25 ; 11:22. Par lui. Héb. mimmennu, qui peut aussi être traduit par « de lui », c’est-à-dire du « prince de l’armée ». L’hébreu de ce passage présente certaines difficultés considérables de traduction. On trouve une lecture très différente dans la version grecque de Théodotion. Elle se lit ainsi : « Et [cela sera] jusqu’à ce que le chef de l’armée ait délivré la captivité ; et à cause de lui le sacrifice fut interrompu, et il prospéra ; et le lieu saint sera désolé. » Il est impossible de déterminer dans quelle mesure, s’il en est ainsi, cette

version reflète plus parfaitement le texte original de Daniel. Le texte massorétique, tel qu’il est rendu par la KJV et la RSV, semble dans l’ensemble constituer la lecture la plus naturelle. Sacrifice quotidien. Héb. tamid, un mot qui apparaît 103 fois dans l’AT, employé à la fois comme adverbe et comme adjectif. Il signifie « continuellement » ou « continuel », et s’applique à diverses notions, telles qu’un emploi continuel (Ézé. 39:14), une subsistance permanente (2 Sam. 9:7–13), une tristesse continuelle (Ps. 38:17), une espérance continuelle (Ps. 71:14), une provocation continuelle (És. 65:3), etc. Il est fréquemment employé en rapport avec le rituel du sanctuaire pour décrire diverses caractéristiques de ses services réguliers, comme le « pain continuel » qui devait être conservé sur la table des pains de proposition (Nomb. 4:7), la lampe qui devait brûler continuellement (Ex. 27:20), le feu qui devait rester allumé sur l’autel (Lév. 6:13), les holocaustes qui devaient être offerts chaque jour (Nomb. 28:3, 6), l’encens qui devait être offert matin et soir (Ex. 30:7, 8). Le mot lui-même ne signifie pas « quotidien », mais simplement « continuel » ou « régulier ». Sur les 103 occurrences, il n’est traduit par « quotidien » que dans Nomb. 4:16 et dans ses cinq occurrences dans Daniel (chapitres 8:11, 12, 13 ; 11:31 ; 12:11). L’idée de « quotidien » ne dérivait manifestement pas du mot lui-même, mais de ce à quoi il était associé. Au chapitre 8:11, tamid porte l’article défini et est donc employé comme adjectif. En outre, il se tient indépendamment, sans substantif, et doit soit être compris subjectivement comme signifiant « continuité », soit être complété par un substantif. Dans le Talmud, lorsque tamid est employé indépendamment comme ici, le mot désigne toujours le sacrifice quotidien. Les traducteurs de la KJV, qui ont ajouté le mot « sacrifice », croyaient manifestement que l’holocauste quotidien était le sujet de la prophétie. Quant à la signification de tamid dans ce passage, trois grandes interprétations ont été proposées : 1. Le terme « quotidien » désigne exclusivement les sacrifices offerts dans le Temple de Jérusalem. Certains commentateurs qui adoptent ce point de vue appliquent la suppression du « quotidien » à l’interruption du service du Temple par Antiochos Épiphane pendant une période de trois ans, 168–165 ou 167–164 av. J.-C. (voir le commentaire sur le chapitre 11:14). D’autres l’appliquent à la désolation du Temple par les Romains en 70 apr. J.-C. 2. Le terme « quotidien » désigne le « paganisme », par opposition à « l’abomination qui cause la désolation » (chapitre 11:31), ou la papauté ; les deux termes identifient des puissances persécutrices ; le mot traduit par « quotidien », qui signifie correctement « continuel », se rapporte à la longue durée de l’opposition de Satan à l’œuvre du Christ par l’intermédiaire du paganisme ; la suppression du quotidien et l’établissement de « l’abomination qui cause la désolation » représentent le remplacement de la Rome païenne par la Rome papale, et cet événement est le même que celui décrit dans2 Thess. 2:7 et Apoc. 13:2. 3. Que le terme « quotidien » — « continuel » — se rapporte au ministère sacerdotal continuel du Christ dans le sanctuaire céleste (Héb. 7:25; 1 Jean 2:1) et au véritable culte du Christ à l’époque de l’Évangile ; que la suppression du « quotidien » représente le remplacement, par la papauté, de l’unité volontaire de tous les croyants en Christ par une unité obligatoire dans une Église visible, de l’autorité d’une tête visible — le pape — par celle du Christ, tête invisible de l’Église, d’une hiérarchie sacerdotale par l’accès direct de tous les croyants au Christ, d’un système de salut par les œuvres ordonné par l’Église par le salut par la foi en Christ et, plus particulièrement, du confessionnal et du sacrifice de la messe par l’œuvre médiatrice du Christ comme notre grand souverain sacrificateur dans les parvis de

ciel ; et que ce système détournait complètement l’attention des hommes du Christ et les privait ainsi des bienfaits de son ministère. En outre, puisque cette troisième interprétation soutient que la petite corne est un symbole de Rome impériale aussi bien que de Rome papale (voir sur les versets 9 et 13), les prophéties concernant ses activités peuvent également être comprises comme s’appliquant à la Rome païenne aussi bien qu’à la Rome papale. Ainsi, le « perpétuel » peut aussi désigner le Temple terrestre et ses services, et l’enlèvement du « perpétuel », la désolation du Temple par les légions romaines en l’an 70 apr. J.-C. et la cessation consécutive des services sacrificiels. C’est à cet aspect de l’activité de « l’abomination de la désolation » que le Christ faisait référence dans sa description des événements futurs (voir sur Dan. 11:31 ; cf. Matt. 24:15–20; Luke 21:20). Pour commenter ces trois interprétations, on peut dire que l’interprétation concernant Antiochus doit être écartée, car Antiochus ne correspond pas aux périodes prophétiques ni aux autres spécifications de la prophétie (voir sur Dan. 9:25). Les deuxième et troisième interprétations ont toutes deux été soutenues par divers exégètes compétents du mouvement adventiste. Certains étudiants fervents de la Bible ont considéré que le « perpétuel » désigne le paganisme, tandis que d’autres étudiants tout aussi fervents ont considéré que le « perpétuel » désigne le ministère sacerdotal de notre Seigneur. Il s’agit peut-être de l’un des passages de l’Écriture pour lesquels nous devons attendre un jour meilleur avant d’obtenir une réponse définitive. Comme pour les autres passages difficiles de l’Écriture, notre salut ne dépend pas de notre compréhension complète du sens deDan. 8:11. Pour le développement historique des deuxième et troisième interprétations, voir p. 60–64. Place. Hébr. makon, « emplacement ». Makon est employé dans l’expression « pour que la maison de Dieu l’établisse à son emplacement » (Ezra 2:68). La référence première ici peut être la destruction de Jérusalem (voir Dan. 9:26).

Daniel 8:12

12. Hôte. Héb. á¹£aba', signifiant généralement "armée", et quelques fois "service", tel que le travail militaire ou obligatoire (voir Job 7:1; 10:17; 14:14; Ésa. 40:2). Interprétée comme "armée", la prédiction peut faire référence aux multitudes qui tombent sous l'influence de cette puissance. La puissance deviendra puissante, "mais pas par sa propre puissance"(Dan. 8:24). Voir plus loin sur Dan. 10:1

Abattre la vérité. La papauté a chargé la vérité de traditions et l'a obscurcie par la superstition

Daniel 8:13

13. Combien de temps ? La question est formulée de manière laconique dans l'hébreu, qui se lit littéralement : "Combien de temps durera la vision, la transgression continuelle et dévastatrice, qui livrera au piétinement le sanctuaire et l'hostie ?".

Sacrifice quotidien. Voir v. 11.

La transgression de la désolation. Ce terme couvre à la fois les systèmes païens et papaux de fausse religion en conflit avec la religion de Dieu (voir vs. 9, 11).

Le sanctuaire. Voir v. 14.

Hôte. Voir v. 10.

Daniel 8:14

À moi. La LXX, Théodotion et la version syriaque lisent : « à lui ». Jours. Héb. ‘ereb boqer, littéralement « soir matin », expression comparable à la description des jours de la création : « le soir et le matin furent le premier jour » (Gen. 1:5), etc. La LXX place le mot « jours » après l’expression « soir et matin ».

Dans le but de faire approximativement correspondre cette période aux trois années de la dévastation du Temple par Antiochus IV, certains ont ingénieusement attribué à l’expression « 2300 soirs-matins » seulement 1150 jours littéraux. À ce sujet, Keil a fait remarquer que la période prophétique des 2300 soirs-matins ne peut être comprise comme « 2300 demi-journées ou 1150 journées entières, car le soir et le matin de la création constituaient non pas la moitié, mais la journée entière ». Après avoir cité la déclaration précédente, Edward Young dit : « Nous devons donc comprendre cette expression comme signifiant 2300 jours » (The Prophecy of Daniel, p. 174). Les commentateurs ont essayé, sans succès, de trouver dans l’histoire un événement qui corresponde à une période de 2300 jours littéraux. Comme l’observe Wright : « Tous les efforts visant à harmoniser cette période, qu’elle soit interprétée comme 2300 jours ou comme 1150 jours, avec une époque historique précise mentionnée dans les Livres des Maccabées ou chez Josèphe se sont toutefois révélés vains. … Le professeur Driver est fondé à déclarer : “Il semble impossible de trouver deux événements séparés par 2300 jours (= 6 ans et 4 mois) qui correspondraient à la description” » (Charles H. H. Wright, Daniel and His Prophecies, 1906, pp. 186, 187). La seule manière de donner une cohérence à ces « jours » consiste à les appliquer dans un sens prophétique, en recourant au principe jour-année. Le temps concerné ici est précis et défini, mais au ch. 8 aucune date n’est indiquée pour son commencement. Cependant, au ch. 9, une telle date est expressément mentionnée (voir le commentaire sur le v. 25). Il sera démontré qu’il s’agit de 457 av. J.-C. À partir de cette date, les 2300 jours prophétiques, désignant autant d’années solaires (voir le commentaire sur le ch. 7:25), s’étendent jusqu’à l’année 1844 apr. J.-C. Pour l’examen des éléments contextuels montrant que le ch. 9:24–27 fournit une explication de la vision du ch. 8:13, 14, et situe ainsi le point de départ des 2300 jours ou années, voir le commentaire sur le ch. 9:21. Pour un commentaire sur la validité de la date de 457 av. J.-C., voir le commentaire sur le ch. 9:25. Pour un commentaire sur une lecture inexistante de la LXX donnant « 2400 » au lieu de 2300, autrefois souvent citée mais fondée sur une coquille d’impression, voir p. 58). Sanctuaire. Puisque les 2300 années nous projettent profondément dans l’ère chrétienne, le sanctuaire ne peut désigner le Temple de Jérusalem, qui fut détruit en 70 apr. J.-C. Le sanctuaire de la nouvelle alliance est clairement le sanctuaire céleste, « que le Seigneur a dressé, et non un homme » (Héb. 8:2; GC 411–417). De ce sanctuaire, Christ est le souverain sacrificateur (Héb. 8:1). Jean a entrevu une époque où une attention particulière serait accordée au « temple de Dieu, à l’autel et à ceux qui y adorent » (Apoc. 11:1). Les symboles employés par le révélateur sont remarquablement semblables à ceux employés dans Dan. 8:11–13. Sera purifié. Du terme héb. ṣadaq, « être juste », « être intègre ». Le verbe apparaît sous la forme employée ici (niphal) une seule fois dans l’AT, ce qui peut suggérer qu’un sens particulier du terme est indiqué. Les lexicographes et les traducteurs proposent diverses significations, telles que « être remis en ordre », « être placé dans une juste condition », « être rétabli », « être déclaré juste », « être justifié », « être disculpé ». La traduction « sera purifié » est celle de la LXX, qui emploie ici la forme verbale katharisthēsetai. On ignore si les traducteurs de la LXX ont donné un sens adapté à l’héb. ṣadaq ou s’ils ont traduit des manuscrits employant un autre mot hébreu, peut-être ṭahar, le mot hébreu courant pour « être propre », « purifier ». La Vulgate emploie la forme mundabitur, qui signifie également « purifié ». Voir le commentaire sur le ch. 9:24.

Pour aider à déterminer à quel événement lié au sanctuaire céleste il est fait référence ici, il est utile d’examiner les services du sanctuaire terrestre, car les prêtres du sanctuaire terrestre servaient « d’exemple et d’ombre des réalités célestes » (Héb. 8:5). Les services du tabernacle du désert et du Temple comprenaient deux grandes divisions : le service quotidien et le service annuel. Le ministère quotidien de Christ comme notre souverain sacrificateur était préfiguré par les services quotidiens. Le jour annuel des expiations préfigurait une œuvre que Christ entreprendrait à la fin des temps. Pour une étude détaillée de ces deux phases du service, voir le commentaire sur Lév. 1:16; voir également GC 418–432. La prophétie de Dan. 8:14 annonce le moment où commence cette œuvre spéciale. La purification du sanctuaire céleste englobe toute l’œuvre du jugement dernier, qui commence par la phase investigatrice et s’achève par la phase exécutive, laquelle aboutit à l’éradication définitive du péché dans l’univers. Un aspect important du jugement dernier est la justification du caractère de Dieu devant toutes les intelligences de l’univers. Les fausses accusations que Satan a portées contre le gouvernement de Dieu doivent être démontrées comme totalement infondées. Il faut montrer que Dieu a été parfaitement équitable dans le choix de certains individus pour constituer son futur royaume et dans l’interdiction faite à d’autres d’y entrer. Les actes finaux de Dieu susciteront chez les hommes les confessions suivantes : « Tes voies sont justes et véritables » (Apoc. 15:3), « Tu es juste, Seigneur » (Apoc. 16:5), et : « Tes jugements sont véritables et justes » (Apoc. 16:7). Satan lui-même sera amené à reconnaître la justice de Dieu (voir GC 670, 671). Le mot traduit par « juste » et « droit » est dikaios, équivalent de l’hébreu ṣaddiq, dérivé de ṣadaq, dont une forme est traduite par « sera purifié » dans Dan. 8:14. Ainsi, l’hébreu ṣadaq peut aussi suggérer que le caractère de Dieu sera pleinement justifié, au point culminant de « l’heure de son jugement » (Apoc. 14:7), qui a commencé en 1844. Voir Problems in Bible Translation, p. 174–177.

Daniel 8:15

15. Cherche le sens. Daniel ne comprenait pas la signification de ce qu'il avait vu. Souvent, les porteurs d'un message prophétique ont besoin d'étudier eux-mêmes ce message pour en découvrir le sens(1 Pierre 1:10-12). Il est du devoir du prophète de rapporter fidèlement ce qu'il a vu et entendu (voir Apoc. 1:11).

Daniel 8:16

16. Gabriel. Dans l 'AT, le nom de Gabriel n'apparaît qu'ici et au chapitre 9, 21. Le NT rapporte l'apparition de cet être céleste pour annoncer la naissance de Jean-Baptiste(Luc 1:11-20), puis pour annoncer à Marie la naissance du Messie(Luc 1:26-33). Le visiteur angélique a déclaré : "Je suis Gabriel, qui se tient en présence de Dieu"(Luc 1:19). Gabriel occupe la position d'où Satan est tombé (voir DA 693; cf. DA 99). Gabriel est également le porteur des messages prophétiques à Jean(Apoc. 1:1; cf. DA 99). Voir aussi Luc 1:19.

Daniel 8:17

Le temps de la fin. La vision s’étendait jusqu’au moment où la puissance dévastatrice devait être détruite, événement associé à la venue de Jésus (2 Thess. 2:8). Il faut garder à l’esprit, lorsqu’on cherche à interpréter les symboles de la vision, que les derniers événements qu’elle représente s’accompliront à la fin de l’histoire de ce monde. Toute explication qui trouve un accomplissement complet de la vision dans une période antérieure, comme à l’époque des Maccabées (voir Dan. 8:25) ne répond pas pleinement aux indications de l’ange et doit être considérée comme erronée et trompeuse.

Daniel 8:19

Fin de l’indignation. Voir le commentaire du v. 17.

Daniel 8:20

20. Le bélier. Voir vs. 3, 4.

Daniel 8:21

Rugueux. Hébreu śa‘ir, « velu » ou « hirsute ». Śa‘ir est également employé seul pour désigner un bouc (Gen. 37:31; Lév. 4:23 ; etc.). Pour l’interprétation, voir le commentaire de Dan. 8:5. Grande corne. Symbole d’Alexandre le Grand, le « premier roi » de l’empire gréco-macédonien qui devait remplacer l’Empire perse (voir le commentaire des v. 5–8 ; ch. 7:6.

Daniel 8:22

22. Quatre royaumes. Comparez v. 8; ch. 11:4. Sur les royaumes hellénistiques qui se sont développés à partir de l'empire d'Alexandre, voir ch. 7:6. L'accomplissement précis de ces éléments de la vision nous assure que ce qui suit s'accomplira sûrement comme prévu.

Daniel 8:23

Le temps de la fin. C’est-à-dire après que les divisions de l’empire d’Alexandre eurent subsisté pendant un certain temps. L’empire romain s’éleva progressivement et n’atteignit la suprématie qu’après l’affaiblissement des divisions de l’Empire macédonien. La prophétie s’applique à Rome sous ses formes païenne et papale. Il semble y avoir un mélange d’applications : certains traits s’appliquent aux deux formes, d’autres plus particulièrement à l’une ou à l’autre (voir le commentaire du ch. 8:11). Le fait que Rome papale ait été, à toutes fins pratiques, la continuation de l’Empire romain est un fait historique bien établi : « Quels que soient les éléments romains que les barbares et les ariens laissèrent … furent … placés sous la protection de l’évêque de Rome, qui devint le personnage principal après la disparition de l’empereur. … L’Église romaine s’insinua ainsi secrètement à la place de l’Empire romain universel, dont elle est la continuation effective ; l’empire n’a pas péri, mais a seulement subi une transformation. … Ce n’est pas une simple “remarque ingénieuse”, mais la reconnaissance de l’état réel des choses sur le plan historique, et la manière la plus appropriée et la plus féconde de décrire le caractère de cette Église. Elle gouverne encore les nations. … C’est une création politique, aussi imposante qu’un empire universel, parce qu’elle est la continuation de l’Empire romain. Le pape, qui se nomme lui-même “Roi” et “Pontifex Maximus”, est le successeur de César » (Adolf Harnack, What Is Christianity? [New York ; G. P. Putnam’s Sons, 1903], p. 269, 270, italiques dans l’original). Les transgresseurs. Les versions grecques lisent « péchés », traduction que l’on peut obtenir de l’hébreu en modifiant la vocalisation massorétique. Atteindre leur comble. Il peut être fait ici référence à diverses nations, ou peut-être spécifiquement aux Juifs, remplissant la coupe de leur iniquité (voir Gen. 15:16 ; Ed 173–177). Visage farouche. Il s’agit probablement d’une allusion à Deut. 28:49–55. Paroles énigmatiques. Hébreu chidoth, « déclarations énigmatiques », comme dans Nomb. 12:8, « énigmes », comme dans Juges 14:12; Ézéch. 17:2, ou « questions déconcertantes », comme dans 1 Rois 10:1. Certains estiment que le sens est ici « langage ambigu » ou « duplicité ». Se dresser. C’est-à-dire, assumer le pouvoir.

Daniel 8:24

24. Pas par sa propre puissance. Comparez : " une armée lui fut donnée "(v. 12). Certains y voient une référence au fait que la papauté a réduit le pouvoir civil à la soumission et a fait en sorte que l'épée de l'État soit brandie au nom de ses objectifs religieux.

Détruire merveilleusement. Cette puissance a persécuté jusqu'à la mort ceux qui s'opposaient à ses prétentions blasphématoires, et elle aurait fait disparaître "le peuple saint" si le Seigneur n'était pas intervenu en sa faveur.

Daniel 8:25

25. L'art. Les méthodes de ce pouvoir sont la perfection de la subtilité et de la tromperie.

Par la paix. Mieux, " pendant qu'ils vivent dans l'aisance ", c'est-à-dire pendant que beaucoup croient vivre en sécurité, ils seront détruits sans qu'on s'en aperçoive.

Prince des princes. Il s'agit manifestement de l'être désigné comme "le prince de l'armée" au v. 11, qui n'est autre que le Christ. C'est un gouverneur romain qui a condamné le Christ à mort. Des mains romaines l'ont cloué sur la croix, et une lance romaine a transpercé son côté.

Sans main. Cela implique que le Seigneur lui-même finira par détruire cette puissance (voir ch. 2:34). Le système ecclésiastique représenté par cette puissance perdurera jusqu'à ce qu'il soit détruit sans main humaine lors de la seconde venue du Christ (voir 2 Thess. 2:8).

Un certain nombre de commentateurs ont avancé l'idée que la puissance de la " petite corne " du chapitre 8 symbolise la carrière d'Antiochus Épiphane (voir ch. 11:14). Cependant, un examen attentif de la prophétie met en évidence l'incomplétude avec laquelle ce roi séleucide persécuteur a rempli les conditions énoncées. Les quatre cornes du bouc(ch. 8:8) étaient des royaumes(v. 22), et il est naturel de s'attendre à ce que la petite corne soit aussi un royaume. Mais Antiochus n'était qu'un roi de l'empire séleucide, et donc une partie d'une corne. Il ne pouvait donc pas être une autre corne complète. De plus, cette corne s'agrandit vers le sud, l'est et l'agréable pays de Palestine(v. 9). L'avancée d'Antiochus en Égypte s'est soldée par une humiliation de la part des Romains, ses succès en Palestine ont été de courte durée et sa poussée vers l'est a été interrompue par sa mort. Sa politique d'hellénisme imposé échoue totalement, et son artisanat ne lui apporte pas une prospérité exceptionnelle(v. 12).

En outre, Antiochus n'est pas arrivé à la fin(v. 23), mais vers le milieu de la période des royaumes hellénistiques divisés ; sa puissance ne pouvait guère être attribuée à autre chose qu'à son propre pouvoir(v. 22) ; son art et sa politique ont échoué plus qu'ils n'ont prospéré(v. 25) ; il ne s'est opposé à aucun "prince des princes" juif(v. 25) ; son rejet de la vérité par terre(v. 12) a été temporaire et complètement infructueux, car il a poussé les Juifs à défendre leur foi contre l'hellénisme. Bien qu'il ait prononcé des paroles orgueilleuses, opprimé le peuple de Dieu et brièvement profané le Temple, et bien que d'autres points puissent être considérés comme partiellement vrais dans ses activités, l'inadéquation d'Antiochus en tant qu'accomplissement de nombreuses spécifications de la prophétie est évidente. Voir plus loin le v. 14; ch. 9:25; 11:31.

Daniel 8:26

26. Le soir et le matin. Une référence claire à la prophétie temporelle du v. 14 (voir les commentaires à ce sujet). Pour l'instant, l'ange ne s'étend pas sur la vision des 2300 jours, mais se contente d'en souligner la véracité.

Tais-toi. Comparer avec les instructions similaires données au chapitre 12:4 (voir les commentaires).

Pendant de nombreux jours. L'accomplissement des divers détails de la vision de ce chapitre se prolongerait dans un avenir lointain.

Daniel 8:27

27. I Daniel s'est évanoui. Daniel était sans doute très préoccupé par les événements qui lui avaient été révélés. Au lieu de prédire une fin immédiate à l'indignation, Gabriel informa le prophète que la fin ultime se situerait dans de nombreuses années.

Personne ne le comprit. D'autres informations ont été données plus tard (voir ch. 9:23).

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés