Barnes’ Notes on the BibleLuc 16

Albert Barnes

Lire Luc 16 dans la Bible

Luc 16:1

Ses disciples - Le mot "disciples", ici, ne doit pas être limité aux douze apôtres ou aux soixante-dix. La parabole semble avoir été adressée à tous les disciples professés du Sauveur qui étaient présents lorsqu'elle a été prononcée. Elle est liée à celle du chapitre précédent. Jésus y avait discuté avec les scribes et les pharisiens, et justifié sa conduite en recevant avec bonté les publicains et les pécheurs. Ces " publicains et ces pécheurs " sont ici particulièrement désignés par le mot " disciples ", et c'est à propos d'" eux " que tout le discours a été tenu. Après que Jésus eut montré aux Pharisiens, dans le chapitre précédent, la justesse de sa conduite, il était naturel qu'il se retourne et s'adresse à ses disciples. Parmi eux, il y avait peut-être des gens riches. Les "publicains" étaient chargés de percevoir des impôts, de collecter de l'argent, et leur principal danger venait de là, de la convoitise ou de la malhonnêteté.

Jésus adaptait toujours ses instructions aux circonstances de ses auditeurs, et il était donc approprié qu'il donne à "ces disciples" des instructions sur leurs devoirs et leurs dangers "spéciaux". Il a donc raconté cette parabole pour leur montrer "le danger de l'amour de l'argent", la culpabilité à laquelle il conduit Luc 16:1; les perplexités et les changements auxquels il conduit un homme qui a déjà été malhonnête Luc 16:3-7; la nécessité de bien utiliser l'argent, puisque c'est leur principale activité Luc 16 :9; et le fait que s'ils voulaient servir Dieu correctement, ils devaient renoncer à l'attachement suprême à l'argent Luc 16 : 13; et que le premier devoir de la religion exigeait qu'ils se résolvent à servir Dieu, et à être honnêtes dans l'emploi des richesses qui leur étaient confiées. Cette parabole a suscité une grande perplexité, et l'on a imaginé de nombreuses façons de l'expliquer. La solution ci-dessus est la plus simple de toutes ; et si l'on garde à l'esprit ces principes clairs, il ne sera pas difficile de donner une explication cohérente de ses parties particulières. Il ne faut pas oublier, cependant, que dans cette parabole, comme dans les autres, nous ne devons pas nous efforcer de spiritualiser chaque circonstance ou allusion. Nous devons garder à l'esprit la grande vérité morale qui y est enseignée, à savoir que nous ne pouvons servir Dieu et Mammon, et que toute tentative en ce sens nous entraînera dans la difficulté et le péché.

Un intendant - Celui qui a la charge des affaires d'une famille ou d'un ménage ; dont le devoir est de subvenir aux besoins de la famille, d'acheter des provisions, etc. Il s'agit, bien sûr, d'une fonction de confiance. Il s'agit bien sûr d'une fonction de confiance. Elle offre de grandes possibilités de malhonnêteté, de gaspillage et de détournement de biens. Le maître ne peut pas toujours avoir l'œil sur l'intendant, et celui-ci peut donc dilapider les biens ou les amasser pour son propre usage. Il s'agissait d'une fonction couramment conférée à un esclave pour le récompenser de sa fidélité, et elle était bien sûr attribuée à celui qui, au cours de ses longs services, s'était montré le plus digne de confiance. Par "l'homme riche", ici, est sans doute représenté Dieu. Par "l'intendant", ceux qui font profession de le suivre, en particulier les "publicains" qui étaient avec le Sauveur, et dont le principal danger provenait des tentations d'un mauvais usage de l'argent qui leur était confié.

A été accusé - On s'est plaint.

Avait gaspillé - L'avait dilapidé ou dispersé ; n'avait pas été prudent et épargnant.

Luc 16:2

Rendre compte - Rendre compte de vos dépenses et de votre conduite pendant que vous étiez intendant. Il ne s'agit pas de se référer au jour du jugement. Il s'agit d'une circonstance introduite dans la parabole pour préparer la voie à ce qui suit. Il est vrai que tous seront appelés à rendre compte au jour du jugement, mais nous ne devons pas tirer cette doctrine de passages comme celui-ci, ni interpréter cela comme enseignant que notre conscience, ou la loi, ou tout autre être nous "accusera" au jour du jugement. Tout cela sera vrai, mais ce n'est pas la vérité enseignée dans ce passage.

Luc 16:3

Se dit en lui-même - Pensé, ou considéré.

Mon seigneur - Mon maître, mon employeur.

Je ne peux pas creuser - Cela peut signifier soit que son emploi était tel qu'il ne pouvait pas s'engager dans l'agriculture, n'ayant pas été familiarisé avec cette activité, soit qu'il ne voulait pas s'abaisser à un emploi aussi bas que celui de travailler quotidiennement pour subvenir à ses besoins.

Mendier - C'étaient les deux seuls moyens qui se présentaient pour gagner sa vie - soit travailler pour la gagner, soit mendier.

J'ai honte - Il était trop fier pour cela. D'ailleurs, il était en bonne santé et en pleine forme, et il n'y avait pas de bonne raison "pour" qu'il mendie - rien qu'il puisse donner comme motif. Il est convenable que les malades, les boiteux et les faibles mendient ; mais il n'est "pas" bon que les personnes valides le fassent, et il n'est pas bon de les aider, sauf en leur donnant un emploi et en les obligeant à travailler pour vivre. Le mendiant qui est capable de travailler fait preuve de la plus grande bonté en le mettant au travail, et, en règle générale, nous ne devrions pas aider un homme ou une femme valide d'une autre manière. Mettez-les au travail, et donnez-leur une juste compensation, et vous leur faites du bien de deux façons, car l'habitude du travail peut avoir plus de valeur pour eux que le prix que vous leur payez.

Luc 16:4

Je suis résolu - Il a pensé à son état. Il envisagea les projets qui lui venaient à l'esprit. Il avait été malhonnête et savait qu'il devait perdre sa place. Il aurait mieux valu qu'il "réfléchisse avant cela", qu'il décide de suivre une bonne ligne de conduite et qu'il soit fidèle à sa confiance. Sa perplexité nous enseigne que la malhonnêteté nous mènera tôt ou tard à des difficultés et que le chemin de l'honnêteté n'est pas seulement le "bon" chemin, mais qu'il est aussi le chemin qui apporte le plus de confort et de paix.

Quand je suis mis à l'écart - Quand je perds ma place et que je n'ai plus de maison ni de moyens de subsistance.

Qu'ils me reçoivent - Ceux qui sont maintenant sous mes ordres et que je suis résolu à favoriser. Il avait été malhonnête envers son maître, et, ayant "commencé" un parcours de malhonnêteté, il n'a pas hésité à le poursuivre. Après avoir fait du tort à son maître, et ayant été découvert, il était prêt à lui faire encore plus de mal, à se venger de lui pour l'avoir chassé de sa place, et à assurer son propre intérêt, toujours à ses dépens. Il était résolu à imposer à ces personnes de telles obligations et à leur témoigner tant de bonté, qu'elles ne pourraient refuser de lui rendre la pareille et de le soutenir. Nous pouvons en tirer une leçon,

1.Qu'un péché en entraîne un autre, et qu'un acte de malhonnêteté sera suivi de beaucoup d'autres, si l'occasion s'en présente.

2.Les hommes qui commettent un péché ne peuvent pas s'en sortir "régulièrement" sans en commettre beaucoup d'autres. Un mensonge en appelle beaucoup d'autres pour qu'il "apparaisse" comme la vérité, et un acte de tricherie en appelle beaucoup d'autres pour éviter d'être découvert. Le début du péché est comme l'écoulement des eaux, et nul ne sait, s'il se livre à un péché, où il s'arrêtera.

3.Les pécheurs sont égoïstes. Ils se soucient davantage d'eux-mêmes que de Dieu ou de la vérité. S'ils recherchent le salut, c'est uniquement dans un but égoïste et parce qu'ils désirent une "demeure" confortable dans le monde futur plutôt que parce qu'ils ont une quelconque considération pour Dieu ou sa cause.

Luc 16:5

Appelé chacun - Comme il était "intendant", il avait la gestion de toutes les affaires et, bien sûr, les dettes devaient lui être payées.

Débiteurs - Ceux qui "devaient" à son maître, ou peut-être "locataires" ; ceux qui louaient les terres de son maître.

Luc 16:6

Cent mesures - La mesure mentionnée ici est le "bain" qui contenait, selon les tables du Dr Arbuthnot, 7 12 gallons, ou, selon la note marginale, environ 9 gallons et 3 quarts.

Huile - Huile d'olives, ou huile douce. Elle était très utilisée pour les lampes, comme article de nourriture Exode 29:2, et aussi pour les onctions, et, bien sûr, comme article de commerce, 1 Rois 5:11. Il s'agissait de personnes, sans doute, qui avaient " loué " des terres au riche, et qui devaient lui donner une certaine proportion des produits.

Ton billet - Le contrat, l'obligation ou le "bail", probablement écrit comme une "promesse" par le débiteur et signé par l'intendant, et ainsi devenu obligatoire. Il avait donc le pouvoir de le modifier, sans supposer que son maître s'en rende compte. L'acte ou le contrat était entre les mains de l'intendant, et il le lui rendait pour en écrire un nouveau.

Vite - Il supposait que son maître allait bientôt le renvoyer, et il se hâtait donc de sécuriser toutes choses à l'avance. Il faut remarquer aussi que "tout" cela était faux. Son maître lui avait demandé des comptes ; mais, au lieu de les lui rendre, il s'occupa d'autres affaires, désobéit encore à son maître, et, au mépris de ses ordres, chercha son propre intérêt. Tous les pécheurs tarderaient à rendre leurs comptes à Dieu, s'ils le pouvaient ; et c'est seulement parce que, lorsque Dieu les appelle par la mort, ils "ne peuvent pas ne pas y aller", qu'ils ne s'occupent pas encore de leurs propres affaires et ne lui désobéissent pas.

Luc 16:7

Mesures de blé - La mesure mentionnée ici - le "kor" ou homer - contenait, selon les tables du Dr. Arbuthnot, environ 32 pecks, ou 8 boisseaux ; ou, selon la note marginale, environ 14 boisseaux et un "pottle". Un "pottle" représente 4 pintes. L'hébreu "kor", כר koror "homer", חמר chomer était égal à 10 bains ou 70 gallons, et la quantité réelle de la mesure, d'après cela, n'était pas loin de 8 gallons. Robinson (Lexicon) suppose cependant que le bain était de 11 à 12 gallons et le kor ou homer de 14 à 45 boisseaux. La quantité n'est pas importante pour la bonne compréhension de la parabole

.

Luc 16:8

Le Seigneur a loué - Loué, ou exprimé son admiration pour sa sagesse. Ce ne sont pas les paroles de Jésus qui le recommandent, mais une partie du récit ou de la parabole. Son "maître" le loua - Il vit qu'il était sage et prévenant, bien qu'il fût malhonnête.

L'intendant injuste - Il n'est pas dit que son maître l'a recommandé parce qu'il était "injuste", mais parce qu'il était "sage". C'est la seule chose dans sa conduite qui soit approuvée, et cette approbation a été exprimée par "son maître". Ce passage ne peut donc pas être utilisé pour prouver que Jésus a voulu recommander sa malhonnêteté. C'était un éloge de son "intelligence ou de sa prévoyance" ; mais le maître ne pouvait pas plus "approuver" sa conduite comme un acte moral qu'il ne pouvait approuver le premier acte de le tromper.

Les enfants de ce monde - Ceux qui sont "dévoués" à ce monde ; qui ne vivent que pour ce monde ; qui n'ont soin que d'obtenir des biens, et de pourvoir à leurs besoins temporels. Cela ne signifie pas qu'ils soient particulièrement méchants et prodigues, mais seulement qu'ils sont " mondains " et préoccupés des choses terrestres. Voir Matthieu 13:22; 2 Timothée 4:10.

Sont plus sages - Plus prudents, plus rusés et plus soucieux de leurs affaires particulières. Ils montrent plus d'habileté, étudient plus de plans, inventent plus de moyens pour subvenir à leurs besoins, que les enfants de la lumière ne le font pour promouvoir les intérêts de la religion.

Dans leur génération - Certains ont pensé que cela signifie "dans leur manière de vivre, ou dans la gestion de leurs affaires" Le mot "génération" désigne parfois la manière de vivre, Genèse 6:9; Genèse 37:2. Ils sont plus prudents et plus sages que les chrétiens à l'égard des gens de leur temps ; ils tirent parti de leurs relations avec eux et les font servir à leurs intérêts mondains, tandis que les chrétiens manquent beaucoup plus souvent d'utiliser le monde de manière à servir leurs intérêts spirituels.

Enfants de lumière - Ceux qui ont été éclairés d'en haut - qui sont chrétiens. Ceci peut être considéré comme l'application de la parabole. Elle ne signifie pas qu'il est plus sage d'être un homme du monde que d'être un enfant de la lumière, mais que ceux qui "sont" du monde font preuve de beaucoup de prudence pour subvenir à leurs besoins, saisissent les occasions de faire de bonnes affaires, sont actifs et laborieux, essaient de tirer le meilleur parti de chaque chose, et s'efforcent ainsi au maximum de faire avancer leurs intérêts, tandis que les chrétiens laissent souvent passer les occasions de faire le bien sans les améliorer, sont moins stables, moins fermes et moins soucieux des choses éternelles, et font ainsi preuve de moins de sagesse. Hélas ! cela n'est que trop vrai ; et nous ne pouvons que réfléchir ici combien le monde serait différent si tous les chrétiens étaient aussi soucieux, aussi diligents et aussi prudents dans les affaires religieuses que les autres le sont dans les choses du monde.

Luc 16:9

Je vous ledis - moi, Jésus, je vous le dis, mes disciples.

Faites-vous des amis - Certains ont compris le mot "amis", ici, comme se référant aux pauvres ; d'autres, aux saints anges ; et d'autres, à Dieu. Mais peut-être ne faut-il pas considérer ce mot comme se référant à des "personnes" particulières, mais il est utilisé conformément à la parabole précédente ; car dans l'application, notre Sauveur utilise le "langage" approprié à la conduite de l'intendant pour exprimer la vérité "générale" selon laquelle nous devons faire un bon usage des richesses. L'intendant avait géré ses affaires pécuniaires de manière à s'assurer un confort futur, ou à trouver des amis qui prendraient soin de lui "au-delà" du moment où il a été mis hors service. C'est-à-dire qu'il ne serait pas démuni, ni rejeté, ni sans confort, lorsqu'il serait démis de ses fonctions. Ainsi, dit notre Sauveur aux publicains et à ceux qui avaient des biens, utilisez donc vos biens pour "assurer" le bonheur et le confort au-delà du moment où vous serez retiré de la vie présente, "ayez une référence", dans l'utilisation de votre argent, à l'avenir.

Ne l'utilisez pas de manière à ce qu'il ne vous serve à rien dans l'avenir ; mais utilisez-le de manière à ce que, comme l'intendant a trouvé des amis, du confort et un foyer par "sa" sagesse dans l'utilisation de cet argent, de même "vous" puissiez, après votre départ pour un autre monde, trouver des amis, du confort et un foyer - c'est-à-dire être heureux au ciel. Jésus, ici, ne dit pas que nous devrions le faire "de la même manière" que l'intendant, car c'était injuste ; mais seulement que nous devrions "assurer le résultat"."Cela peut se faire en utilisant nos richesses comme nous "devrions le faire", c'est-à-dire en ne les laissant pas nous entraîner dans des soucis et des perplexités dangereuses pour l'âme, en absorbant le temps et en volant les affections ; en les employant dans des oeuvres de miséricorde et de bienveillance, en aidant les pauvres, en contribuant à l'avancement de l'Evangile, en les accordant là où ils feront le bien, et de telle manière que Dieu "approuve" l'acte, et nous bénisse pour cela. La richesse est souvent un "obstacle" à la piété. Pour beaucoup, elles sont des pièges ; et, au lieu de "profiter" positivement à celui qui les possède, elles sont une blessure, car elles absorbent le temps et les affections, et ne contribuent pas du tout au bien-être éternel de l'âme. Tout peut, par un usage approprié, être fait pour contribuer à notre bien-être dans le ciel. La santé, la richesse, les talents et l'influence peuvent être ainsi utilisés ; et c'est sans doute ce que notre Sauveur veut dire ici.

Du mammon- "Par le biais" du mammon.

Mammon - Un mot syriaque qui signifie "richesse". Il est aussi utilisé comme une idole, le dieu des richesses.

D'injustice - Ces mots sont une expression hébraïque pour "mammon d'injustice", le nom étant utilisé pour un adjectif, comme il est courant dans le Nouveau Testament. Le mot "injuste", ici, s'oppose à "la vraie richesse" dans Luc 16:11, et signifie "trompeur, faux, à qui l'on ne peut pas se fier", ce qui est souvent le cas. Voir 1 Timothée 6:17; Luc 12:33; Matthieu 6:19; Matthieu 19:21. Cela ne signifie donc pas qu'ils avaient acquis la propriété "injustement", mais que la propriété était "trompeuse" et qu'il ne fallait pas s'y fier. La richesse de l'intendant était trompeuse ; il ne pouvait pas compter sur son maintien ; elle était susceptible de lui être retirée à tout moment. La richesse du monde est donc trompeuse. Nous ne pouvons pas "calculer" sur sa pérennité. Elle peut nous apporter un soutien ou un réconfort maintenant, mais elle peut être bientôt retirée, ou nous en sommes privés, et nous devrions donc l'utiliser de manière à en tirer profit dans l'avenir.

L'expression est tirée de la parabole comme se référant à la "décharge" de l'intendant ; mais elle se réfère à la "mort", comme si Dieu avait alors "déchargé " son peuple, ou l'avait soustrait à son intendance et l'avait appelé à rendre des comptes.

Ils peuvent vous recevoir - Il s'agit d'une forme d'expression désignant simplement "afin que vous soyez reçus", la forme plurielle est utilisée car elle a été employée à l'endroit correspondant dans la parabole, Luc 16 :4. La direction est la suivante : utiliser nos biens matériels afin d'être "reçus" au ciel à notre mort, "Dieu" nous y recevra et nous utiliserons nos biens afin qu'il ne nous rejette pas pour en avoir abusé.

Les habitations éternelles - le ciel, la "maison" éternelle des justes, où tous nos besoins seront satisfaits, où il n'y aura plus d'angoisse et où nous ne serons plus privés de nos plaisirs, 2 Corinthiens 5:1.

Luc 16:10

Celui qui est fidèle - C 'est une maxime qui sera presque universellement vraie. Un homme qui fait preuve de fidélité dans les petites affaires le fera aussi dans les grandes ; et celui qui triche et escroque dans les petites choses le fera aussi dans celles qui impliquent plus de confiance et de responsabilité. La fidélité est nécessaire dans les petites affaires comme dans celles qui sont plus importantes.

Luc 16:11

Qui s'engage - Si vous n'êtes pas fidèle dans les petites affaires de ce monde, si vous n'utilisez pas correctement vos biens et votre influence, vous ne pouvez pas vous attendre à ce que Dieu vous engage les véritables richesses de sa grâce. Les hommes qui sont malhonnêtes et mondains, et qui n'emploient pas comme ils le devraient la monnaie trompeuse, ne peuvent pas s'attendre à croître en grâce. Dieu ne leur confère pas la grâce, et le fait qu'ils soient infidèles dans les affaires terrestres est la preuve qu'ils "le seraient" aussi dans des affaires beaucoup plus importantes, et qu'ils "malmèneraient" de même les vraies richesses.

Vraies richesses - Les grâces de l'évangile ; les influences de l'Esprit ; la vie éternelle, ou la religion. Les richesses de ce monde sont fausses, trompeuses, auxquelles il ne faut pas se fier Luc 16:9; les trésors du ciel sont "vrais", fidèles, sans faille, Matthieu 6:19-20.

Luc 16:12

D'unautre homme - Le mot "d'un homme" n'est pas dans l'original. Il s'agit de "Si vous avez été infidèles, prenez des gérants pour un autre". Il s'agit sans doute de "Dieu". La richesse du monde est "sienne". Elle nous est confiée en tant que ses gérants. Elle est incertaine et trompeuse, et à tout moment, il peut nous la retirer. Elle est toujours "sienne" ; et si, alors que nous sommes chargés de "cela", nous sommes infidèles, nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu'il nous confère les récompenses du ciel.

Ce qui est à toi - Les richesses du ciel, qui, si elles nous sont données une fois, peuvent être considérées comme "à nous" - c'est-à-dire qu'elles seront permanentes et fixes, et ne seront pas enlevées "comme si" au gré d'un autre. Nous pouvons "compter" sur elle, et regarder en avant avec l'assurance qu'elle "continuera" à être "nôtre" pour toujours, et ne sera pas enlevée comme les richesses de ce monde, "comme si" elles n'étaient pas nôtres. Le sens de toute la parabole est donc ainsi exprimé : Si nous n'utilisons pas les choses de ce monde comme nous le devons - avec honnêteté, vérité, sagesse et intégrité, nous ne pouvons pas avoir de preuve de piété, et nous ne serons pas reçus au ciel. Si nous sommes fidèles à ce qui est le plus petit, c'est une preuve que nous sommes les enfants de Dieu, et il confiera à notre confiance ce qui est d'une importance infinie, même les richesses et la gloire éternelles du ciel.

Luc 16:13

Voir les notes sur Matthieu 6:24.

Luc 16:14

Ils semoquèrent de lui - Le fait qu'ils étaient "cupides" est ici mentionné comme la raison pour laquelle ils se moquèrent de lui, ou, littéralement, "ils lui montèrent le nez" Ils méprisèrent la doctrine qu'il avait exposée, probablement parce qu'elle leur montrait qu'avec leur amour de l'argent ils ne pouvaient pas être les vrais amis de Dieu, ou que leur profession de religion était vraiment fausse et creuse. Ils "essayaient" de servir Dieu et Mammon, et c'est pourquoi ils considéraient sa doctrine avec mépris et dédain.

Justifiez-vous - "Tentez" de paraître justes ; ou bien vous cherchez à paraître justes aux yeux des gens, et vous ne tenez pas compte du coeur.

Ce qui esthautement estimé - C'est-à-dire les simples œuvres extérieures, ou les actions accomplies simplement pour "paraître" juste.

Est une abomination - Est abominable, ou haïssable. Le mot utilisé ici est celui qui, dans l'Ancien Testament, est généralement utilisé pour désigner les "idoles", et il indique la "répugnance" de Dieu à l'égard d'une telle conduite. Ces mots doivent être appliqués "principalement" à ce dont Jésus parlait. Il y a beaucoup de choses estimées par les gens qui ne sont pas des abominations aux yeux de Dieu, comme par exemple la vérité, l'affection parentale et filiale, l'industrie, etc. Mais beaucoup de choses, très recherchées et admirées, "sont" détestables à ses yeux. L'amour de la richesse et du spectacle, l'ambition et l'orgueil, les vices frivoles et splendides, et toute la méchanceté que les gens s'efforcent de "dorer" et de faire passer pour de la vertu - des actes extérieurs qui "paraissent" bien alors que le cœur est mauvais - sont abominables aux yeux de Dieu, et "devraient l'être" aux yeux des gens. Comparez Luc 18:11-14; 1 Samuel 16:7.

Luc 16:16

Voir les notes à Matthieu 11:12-14.

Tout homme - Beaucoup de gens, ou des multitudes. C'est une expression très courante, comme lorsque nous disons que tout le monde est occupé à une affaire, ce qui signifie qu'elle occupe l'attention générale.

Luc 16:17

Voir les notes à Matthieu 5:18.

Luc 16:18

Voir les notes à Matthieu 5:32. Ces versets apparaissent dans Matthieu dans un ordre différent, et il n'est pas improbable qu'ils aient été prononcés par notre Sauveur à des moments différents. Le but, ici, semble être de reprocher aux Pharisiens de ne pas observer la loi de Moïse, malgré leurs grandes prétentions à la justice extérieure, et de leur montrer qu'ils s'étaient "réellement" écartés de la loi.

Luc 16:19

Il y avait un certain homme riche - Beaucoup ont supposé que notre Seigneur se réfère ici à une "histoire réelle", et donne un compte rendu d'un homme qui avait vécu de cette manière ; mais il n'y a aucune preuve de cela. La probabilité est que ce récit doit être considéré comme une parabole, ne se référant pas à un cas particulier qui "s'était" réellement produit, mais enseignant que de tels cas "pourraient" se produire. Le "dessein" du récit doit être recueilli à partir de la conversation précédente. Il avait enseigné le danger de l'amour de l'argent Luc 16:1-2; la nature trompeuse et perfide des richesses Luc 16:9-11; que ce qui était en haute estime sur la terre était détestable pour Dieu Luc 16:15; que les gens qui n'utilisaient pas leurs biens correctement ne pouvaient pas être reçus au ciel Luc 16:11-12; qu'ils devaient écouter Moïse et les prophètes Luc 16:16-17; et que c'était le devoir des gens de montrer de la bonté aux pauvres. Le but de la parabole était d'imprimer toutes ces vérités plus vivement dans l'esprit, et de montrer aux Pharisiens que, malgré toute leur justice vantée et leur correction extérieure de caractère, ils pouvaient être perdus. En conséquence, il ne parle d'aucun grand défaut chez l'homme riche, d'aucun vice extérieur et dégradant, d'aucune violation ouverte de la loi, et nous laisse déduire que la "simple possession de richesses" peut être dangereuse pour l'âme, et qu'un homme entouré de toutes les bénédictions temporelles peut périr pour toujours. Il est remarquable qu'il ne donne aucun "nom" à cet homme riche, alors que le pauvre est mentionné par son nom. S'il s'agissait d'une parabole, cela nous montre à quel point il ne voulait pas fixer le soupçon sur quelqu'un. Si ce n'était pas une parabole, cela montre aussi qu'il ne voulait pas traîner les méchants devant le public, mais qu'il cachait autant que possible tout ce qui avait un rapport avec eux. Les "bons", il en parlait en bien par leur nom ; les méchants, il ne les "blessait" pas en les exposant à la vue du public.

Vêtu de pourpre - Une robe ou un vêtement pourpre. Cette couleur était aussi coûteuse que splendide, et était principalement portée par les princes, les nobles et les personnes très riches. Comparez Matthieu 27:28. Voir les notes d'Ésaïe 1:18.

Lin fin - Ce lin était principalement produit à partir du lin qui poussait sur les rives du Nil, en Égypte, Proverbes 7:16; Ézéchiel 27:7. Il était particulièrement doux et blanc, et était, par conséquent, très recherché comme article de luxe, et était si cher qu'il ne pouvait être porté que par les princes, les prêtres, ou par ceux qui étaient très riches, Genèse 41:42; 1 Chroniques 15:27; Exode 28:5.

Somptueusement nourri - Festoyé ou vécu d'une manière splendide.

Chaque jour - Pas seulement de temps en temps, mais constamment. C'était une marque de grande richesse et, aux yeux du monde, une preuve de grand bonheur. Il est intéressant de noter que Jésus ne l'a accusé d'aucun crime. Il n'a pas dit qu'il avait acquis ce bien par malhonnêteté, ni même qu'il était méchant ou peu charitable ; mais simplement qu'il "était un homme riche", et que ses richesses ne le mettaient pas à l'abri de la mort et de la perdition.

Luc 16:20

Mendiant - Homme pauvre. Le mot original ne signifie pas "mendiant", mais simplement qu'il était "pauvre". Il aurait dû être traduit ainsi pour maintenir le contraste avec "l'homme riche".

Nommé Lazare - Le mot Lazare est hébreu, et signifie un homme privé d'aide, un indigent, un pauvre. C'est un nom donné, par conséquent, pour dénoter sa condition de nécessiteux.

Déposé à sa porte - A la porte de l'homme riche, afin qu'il puisse obtenir du secours.

Plein d'ulcères - Couvert d'ulcères ; affligé non seulement de la pauvreté, mais d'ulcères répugnants et offensants, comme ceux qui accompagnent souvent la pauvreté et le besoin. Ces circonstances sont destinées à montrer combien sa condition était différente de celle du riche : "Il" était vêtu de pourpre ; le pauvre était couvert d'ulcères ; "il" était richement pourvu ; le pauvre dépendait même des miettes qui tombaient de la table du riche.

Les chiens sont venus - Son état misérable était tel que même les chiens, comme s'ils étaient émus par la pitié, sont venus et ont léché ses plaies en signe de bonté envers lui. Ces circonstances de sa misère sont très touchantes, et sa condition, contrastée avec celle de l'homme riche, est très frappante. Il n'est pas affirmé que le riche n'ait pas été aimable avec lui, qu'il l'ait chassé ou qu'il ait refusé de le secourir. Le récit est simplement destiné à montrer que la possession de richesses, et toutes les bénédictions de cette vie, ne pouvaient pas exempter de la mort et de la misère, et que la condition la plus basse parmi les mortels peut être liée à la vie et au bonheur au-delà de la tombe. En ce temps-là, rien n'était prévu pour les pauvres sans défense, et c'est pourquoi ils étaient souvent déposés aux portes des riches et dans les lieux publics, par charité. Voir Actes 3:2. L'Évangile a été le moyen de toute la charité publique faite maintenant pour les nécessiteux, comme il a été le moyen de fournir des hôpitaux pour ceux qui sont malades et affligés. Aucune nation païenne n'a jamais eu d'hôpital ou d'hospice pour les nécessiteux, les personnes âgées, les aveugles, les aliénés. Beaucoup de nations païennes, comme les Hindous et les habitants des îles Sandwich, détruisaient leurs vieillards ; et "toutes" abandonnaient leurs pauvres aux misères de la mendicité publique, et leurs malades aux soins de leurs amis ou à la charité privée.

Luc 16:22

A été transporté par les anges - Les Juifs étaient d'avis que les esprits des justes étaient transportés par les anges au ciel à leur mort. Notre Sauveur parle en accord avec cette opinion ; et comme il affirme expressément le fait, il semble aussi approprié de le prendre littéralement, que lorsqu'il est dit que l'homme riche mourut et fut enterré. Les anges sont des esprits tutélaires envoyés pour exercer un ministère auprès de ceux qui sont héritiers du salut Hébreux 1:14, et il n'y a pas plus d'improbabilité dans la supposition qu'ils accompagnent les esprits qui partent au ciel, que lorsqu'ils les accompagnent sur la terre.

Le sein d'Abraham - C'est une expression tirée de l'habitude de s'allonger lors des repas, où la tête de l'un reposait sur le sein de l'autre, et l'expression dénote donc l'intimité et l'amitié. Voir les notes relatives à Matthieu 23:6. Voir aussi Jean 13:23; Jean 21:20. Les Juifs ne doutaient pas qu'Abraham fût dans le paradis. Dire que Lazare était dans son sein revenait donc à dire qu'il était admis au paradis et y était heureux. Les Juifs se vantaient d'ailleurs beaucoup d'être les amis d'Abraham et d'être ses descendants, Matthieu 3:9. Être son ami était, à leurs yeux, le plus grand honneur et le plus grand bonheur. Notre Sauveur leur a donc montré que cet homme pauvre et affligé pouvait être élevé au plus haut bonheur, tandis que les riches, qui se targuaient de descendre d'Abraham, pouvaient être rejetés et perdus pour toujours.

Ilfut enterré - Ceci n'est pas dit du pauvre homme. L'enterrement était considéré comme un honneur, et les funérailles étaient, comme aujourd'hui, souvent coûteuses, splendides et ostentatoires. On le dit de l'homme riche pour montrer qu'il avait "tous" les honneurs terrestres, et tout ce que le monde appelle heureux et désirable.

Luc 16:23

En enfer - Le mot traduit ici par enfer ("Hadès") signifie littéralement un lieu sombre et obscur ; le lieu où vont les esprits disparus, mais surtout le lieu où vont les esprits "méchants". Voir les notes de Job 10:21-22; Esaïe 14:9. Les circonstances suivantes en sont relatées dans cette parabole :

1.Il est "loin" des demeures des justes. Lazare a été vu "au loin".

2.C'est un lieu de tourment.

3.Il y a un grand fossé fixé entre cela et le ciel, Luc 16:26.

4.La souffrance est grande. Elle est représentée par le "tourment" dans une flamme, Luc 16 :24.

5.Il n'y aura pas d'échappatoire, Luc 16: 26.

Le mot "enfer" signifie donc ici ce lieu sombre, obscur et misérable, loin du ciel, où les méchants seront punis à jamais.

Il a levé les yeux - Une expression d'usage courant chez les Hébreux, signifiant "il a regardé", Genèse 13:10 ; Genèse 18:2 ; Genèse 31:10 ; Deutéronome 8:3 ; Luc 6: 20.

Etre dans le tourment - Le mot "tourment" signifie "douleur, angoisse" Matthieu 4:24 ; en particulier la douleur infligée par les anciens afin d'inciter les gens à confesser leurs crimes. Ces "tourments" ou tortures étaient les plus vifs qu'ils pouvaient infliger, comme le râtelier, ou la flagellation, ou la brûlure ; et l'utilisation du mot ici indique que les souffrances des méchants ne peuvent être représentées que par les formes les plus extrêmes de la souffrance humaine.

Et voici qu'Abraham - C 'était une aggravation de sa misère. L'une des premières choses qui se sont produites en enfer a été de lever les yeux et de voir le pauvre homme qui gisait à sa porte complètement heureux. Quel contraste ! À l'instant même, il roulait dans la richesse, et le pauvre homme était à sa porte. Il ne s'attendait pas à ces souffrances : maintenant, elles sont tombées sur lui, et Lazare est heureux et fixé pour toujours dans le paradis de Dieu. C'est peut-être plus que ce que nous sommes autorisés à déduire, que les méchants "verront" ceux qui sont au paradis. Il est certain qu'ils "sauront" qu'ils y sont ; mais nous ne devons pas supposer qu'ils seront si proches les uns des autres qu'on puisse les voir ou qu'on puisse discuter avec eux. Ces circonstances signifient qu'il y aura une "séparation" et que les méchants en enfer seront conscients que les justes, bien que sur terre ils aient été pauvres ou méprisés, seront au ciel. Le ciel et l'enfer seront éloignés l'un de l'autre, et ce n'est pas la moindre partie de la misère de l'un qu'elle soit éloignée à jamais de l'autre.

Luc 16:24

Lepère Abraham - Les Juifs considéraient comme un signe d'honneur le fait qu'Abraham était leur "père", c'est-à-dire qu'ils étaient des "descendants" de lui. Bien que cet homme soit maintenant dans la misère, il ne semble pas avoir abandonné l'idée de sa relation avec le père des fidèles. Les Juifs supposaient que les esprits défunts pouvaient se connaître et converser entre eux. Voir Lightfoot sur cet endroit. Notre Sauveur parle en conformité avec cette opinion dominante ; et comme il n'était pas facile de transmettre des idées sur le monde spirituel sans une telle représentation, il parle donc dans la langue qui était habituelle à son époque. Nous ne devons cependant pas supposer que c'était "littéralement" vrai, mais seulement que cela a été conçu pour représenter plus clairement les souffrances de l'homme riche en enfer.

Ayez pitié de moi - Ayez pitié de moi. Le riche n'est pas représenté comme appelant "Dieu", la miséricorde de Dieu prendra fin lorsque l'âme sera perdue. Il n'a pas non plus "demandé" à être libéré de ce lieu. Les esprits perdus "savent" que leurs souffrances n'auront pas de fin, et qu'il serait vain de demander à échapper au lieu de tourment. Il ne demande pas non plus à être admis là où se trouvait Lazare. Il n'avait aucun "désir" d'être dans un lieu saint, et il savait bien qu'il n'y avait pas de restauration pour ceux qui avaient sombré dans l'enfer.

Envoyez Lazare - Cela montre à quel point il a été réduit et comment la situation des gens change lorsqu'ils meurent. Juste avant, Lazare était couché à sa porte, plein de plaies ; maintenant, il est heureux au ciel. Juste avant, il n'avait rien à donner, et le riche ne pouvait s'attendre à tirer aucun bénéfice de lui ; maintenant, il demande, comme la plus haute faveur, qu'il vienne le soulager. Bientôt, l'homme le plus pauvre de la terre, s'il est ami de Dieu, aura des miséricordes que le riche, s'il n'est pas préparé à mourir, ne pourra jamais obtenir. Les riches ne mépriseront plus de telles personnes ; ils seront "alors" heureux de leur amitié et demanderont la moindre faveur de leur part.

Trempez le bout - C'était une petite faveur à demander, et cela montre la grandeur de sa détresse quand une si petite chose serait considérée comme un grand soulagement.

Rafraîchir ma langue - L'effet d'une grande "chaleur" sur le corps est de produire une soif presque insupportable. Ceux qui voyagent dans des déserts brûlants souffrent donc de façon inexprimable lorsqu'ils sont privés d'eau. Ainsi, la "douleur", quelle qu'elle soit, produit la soif, et surtout si elle est liée à la fièvre. Les souffrances de l'homme riche sont donc représentées comme produisant une "soif" brûlante, à tel point que même une goutte d'eau serait rafraîchissante pour sa langue. On ne peut guère se faire une idée plus précise de la détresse et de la misère que lorsque ces souffrances se poursuivent d'un jour à l'autre sans soulagement. Nous ne devons pas supposer qu'il ait été coupable d'une quelconque méchanceté particulière dont sa "langue" serait la cause. C'est simplement une idée pour représenter l'effet naturel d'une grande souffrance, et surtout d'une souffrance au milieu d'une grande chaleur.

Je suis tourmenté - je suis dans l'angoisse - dans une détresse insupportable.

Dans cette flamme - Les perdus sont souvent représentés comme des souffrances "en flammes", car le "feu" est l'image de la plus grande douleur que nous connaissions. Il n'est cependant pas certain que les méchants soient condamnés à souffrir dans le feu "matériel". Voir les notes de Marc 9:44.

Luc 16:25

Fils - C'est une représentation destinée à correspondre au mot "père". Il était un descendant d'Abraham, un Juif - et Abraham est représenté comme rappelant cette chose à son souvenir. Cela n'atténuerait pas ses peines de se rappeler qu'il était un "fils" d'Abraham, et qu'il aurait dû vivre en étant digne de cette relation avec lui.

Se souvenir - Ce mot est très important à cet endroit. L'un des principaux tourments de l'enfer sera le "souvenir" de ce qui a été apprécié et de ce qui a été fait dans ce monde. Ce ne sera pas non plus une atténuation de la souffrance que de passer une "éternité" où il n'y aura rien d'autre à faire, jour et nuit, que de "se souvenir" de ce qui "a été" fait, et de ce qui "aurait pu être", si la vie avait été correcte.

Tes bonnes choses - C'est-à-dire les biens, la splendeur, l'honneur.

Lesmauvaises choses - La pauvreté , le mépris et la maladie.

Mais maintenant - Comme la scène a changé ! Comme la condition est différente ! Et combien la part de Lazare était "meilleure", après tout, que celle de l'homme riche ! Il est probable que Lazare a eu le bonheur le plus "réel" au pays des vivants, car la richesse sans l'amour de Dieu ne peut jamais conférer un bonheur comme la faveur de Dieu, même dans la pauvreté. Mais le confort de l'homme riche a disparu pour toujours, et les joies de Lazare ne font que commencer : l'un sera consolé, et l'autre sera tourmenté, pour l'éternité. Combien mieux vaut donc la pauvreté, avec l'amitié de Dieu, que la richesse, avec tout ce que le monde peut offrir ! Et combien il est insensé de chercher nos principaux plaisirs uniquement dans cette vie !

Luc 16:26

Un grand abîme - Le mot traduit par "abîme" signifie gouffre, ou espace large et béant entre deux objets élevés. Ici, il signifie qu'il n'y a pas moyen de passer de l'un à l'autre.

Fixe - Renforcé - Rendu ferme ou inamovible. Il est tellement établi qu'il ne pourra jamais être déplacé ou franchi. Elle divisera à jamais le ciel et l'enfer.

Qui passerait - Il ne faut pas prendre ce passage au pied de la lettre, comme si ceux qui sont au ciel "désiraient" aller rendre visite aux méchants dans le monde du malheur. Le sens simple de cette déclaration est qu'il ne peut y avoir de communication entre l'un et l'autre - il ne peut y avoir de passage de l'un à l'autre. Il est impossible de concevoir que les justes veuillent quitter leur demeure de gloire pour aller habiter dans le monde du malheur ; et nous ne pouvons pas non plus supposer qu'ils veuillent y aller pour quelque raison que ce soit, à moins qu'il ne soit possible de les soulager. Il n'en sera pas question. Pas même une goutte d'eau ne sera fournie pour soulager le souffrant.

d Ils ne peuvent pas non plus passer vers nous - Il ne fait aucun doute que les méchants voudront franchir le gouffre qui les sépare du ciel. Ils seraient heureux d'être dans un état de bonheur ; mais tous ces souhaits seront vains. Comment, face à la déclaration solennelle du Sauveur, peut-on croire qu'il y aura une "restauration" de tous les méchants au ciel ? Il nous assure solennellement qu'il ne peut y avoir de passage de ce monde de malheur vers les demeures des bienheureux ; pourtant, face à cela, de nombreux universalistes soutiennent que l'enfer sera encore vidé de ses millions de coupables, et que tous ses misérables habitants seront reçus au ciel ! Qui leur fera franchir ce gouffre, alors que Jésus-Christ dit qu'il est infranchissable ? Qui construira un pont sur ce gouffre béant dont il dit qu'il est "fixé" ? Non : s'il y a quelque chose de certain dans l'Ecriture, c'est que ceux qui entrent en enfer n'en reviennent plus ; ceux qui y sombrent y sombrent pour toujours.

Luc 16:27

Cinq frères - Le nombre "cinq" est mentionné simplement pour préserver l'apparence de vraisemblance de l'histoire. Il ne doit pas être spiritualisé, et nous ne devons pas supposer qu'il a une signification cachée ou impénétrable.

May testify unto them - Je peux leur porter "témoignage" ou les informer de ma situation et des conséquences terribles de la vie que j'ai menée. Il est remarquable qu'il n'ait pas demandé à partir lui-même. Il savait qu'il ne pouvait pas être libéré, même pour une période aussi courte. Sa situation était figée. Pourtant, il ne souhaitait pas que ses amis souffrent, et il supposait que si quelqu'un revenait d'entre les morts, ils l'entendraient.

Luc 16:29

Ils ont Moïse - Les écrits de Moïse. Les cinq premiers livres de la Bible.

Lesprophètes - Le reste de l'Ancien Testament. Ce que les prophètes ont écrit.

Lesécouter - Les entendre parler dans les Écritures. Lisez-les, ou écoutez-les lire dans les synagogues, et écoutez ce qu'ils ont dit.

Luc 16:30

Non- Non. Ils n'entendent pas Moïse et les prophètes. Ils les ont entendus si longtemps en vain, qu'il n'y a aucune perspective maintenant qu'ils s'occupent du message ; mais si quelqu'un devait aller vers eux directement depuis le monde éternel, ils l'entendraient. La nouveauté du message attirerait leur attention, et ils écouteraient ce qu'il dirait.

Luc 16:31

Soyez persuadés - Soyez convaincus de la vérité, du danger et de la folie de leur voie, de la certitude de leurs souffrances dans l'au-delà, et soyez incités à vous détourner du péché vers la sainteté, et de Satan vers Dieu.

De cette parabole impressionnante et instructive nous pouvons apprendre :

1.Que l'âme des gens ne meurt pas avec leur corps.

2.Que l'âme est "consciente" après la mort ; qu'elle ne "dort" pas, comme certains l'ont supposé, jusqu'au matin de la résurrection.

3.Que les justes sont transportés dans un lieu de bonheur dès leur mort, et que les méchants sont immédiatement condamnés à la misère.

4.La richesse ne protège pas de la mort.

"Que les richesses sont vaines pour protéger

Leurs propriétaires hautains de la tombe !"

Les riches, les beaux, les heureux, aussi bien que les pauvres, descendent dans la tombe. Tout leur faste et leurs vêtements, tous leurs honneurs, leurs palais et leur or ne peuvent les sauver. La mort peut aussi bien s'introduire dans les splendides demeures des riches que dans les chaumières des pauvres ; et les riches se tourneront vers la même corruption, et bientôt, comme les pauvres, ils ne se distingueront plus de la poussière commune et seront inconnus.

5.Nous ne devons pas envier la condition des riches.

"Je les vois se tenir sur des rochers glissants,

Et les flots ardents roulent en dessous.

"Maintenant, qu'ils se vantent de leur hauteur,

Je ne les envierai plus jamais ;

Ils peuvent se tenir là avec des yeux hautains,

Jusqu'à ce qu'ils plongent profondément dans une douleur sans fin.

"Leurs joies imaginaires, comme elles s'enfuient vite !

Comme des rêves, aussi fugaces et aussi vains ;

Leurs chants, d'une douce harmonie.

Ne sont que le prélude à leur douleur."

6.Nous devrions nous efforcer d'obtenir un meilleur héritage que celui que l'on peut posséder dans cette vie.

"Maintenant, je considère leur joie et leur vin.

Trop chers pour les acheter avec mon sang :

Seigneur, il suffit que tu sois à moi -

Ma vie, mon partage, et mon Dieu."

7.Les souffrances des méchants en enfer seront d'une grandeur indescriptible. Pensez à ce que représente le "tourment", la flamme brûlante, la soif insupportable, cet état où une seule "goutte" d'eau apporterait un soulagement. Rappelez-vous que "tout cela" n'est qu'une représentation des douleurs des damnés, et que cela n'aura aucune interruption, ni jour ni nuit, mais continuera d'année en année, et d'âge en âge, sans fin, et vous avez une faible idée des souffrances de ceux qui sont en enfer.

8.Il y a un lieu de souffrances au-delà de la tombe, un enfer. Si ce n'est pas le cas, alors cette parabole n'a aucun sens. Il est impossible d'en faire "quelque chose" à moins qu'elle ne soit conçue pour enseigner cela.

9.Il n'y aura jamais d'échappatoire à ces régions lugubres. Il y a un gouffre fixe - "fixe", non mobile. Aucun des damnés ne peut non plus se frayer un chemin à travers ce gouffre vers le monde de la sainteté.

10.Nous voyons l'étonnante folie de ceux qui supposent qu'il peut y avoir une "fin" aux souffrances des méchants, et qui, sur cette supposition, semblent prêts à descendre en enfer pour y souffrir longtemps, plutôt que d'aller immédiatement au ciel. Si l'homme ne devait souffrir qu'un millier d'années, ou même "une" année, pourquoi serait-il assez insensé pour choisir cette souffrance plutôt que d'aller immédiatement au ciel et d'être heureux dès sa mort ?

11.Dieu nous donne un avertissement suffisant pour nous préparer à la mort. Il a envoyé sa Parole, ses serviteurs, son Fils ; il nous avertit par son Esprit et sa providence ; par les supplications de nos amis et par la mort des pécheurs ; il nous offre le ciel, et il menace l'enfer. Si tout cela n'émeut pas les pécheurs, qu'est-ce qui le ferait ? Il n'y a rien qui puisse le faire.

12.Dieu ne nous donnera rien de plus pour nous avertir. Aucun mort ne reviendra à la vie pour nous raconter ce qu'il a vu. S'il le faisait, nous ne le croirions pas. La religion ne fait pas appel à l'homme par des fantômes ou des apparitions effrayantes. Elle fait appel à leur raison, à leur conscience, à leurs espoirs, à leurs craintes. Elle place sobrement la vie et la mort devant les gens, et s'ils "ne veulent pas" choisir la première, ils doivent mourir. Si vous ne voulez pas entendre le Fils de Dieu et les avertissements des Écritures, il n'y a rien que vous puissiez entendre. Vous ne serez jamais persuadés et vous n'échapperez jamais au lieu de tourment.

Barnes’ Notes on the Bible — Albert Barnes. Domaine public