Tyndale Open Study NotesRomains 11

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Romains 11:1-32

Dans cette section, Paul aborde le problème posé par l’incrédulité de tant de Juifs. Si Dieu avait promis le salut à Israël, et que pourtant si peu d’entre eux ont été sauvés, comment Jésus peut-il être l’accomplissement parfait du plan divin (9.1–5) ? Pour répondre à cette objection, Paul cite l’Ancien Testament, qui témoigne que Dieu a toujours eu l’intention de garder une partie fidèle d’Israël (9.6–29), et il reproche aux Juifs de refuser de recevoir le Christ (9.30–10.21). Il montre ensuite que Dieu n’a nullement écarté Israël de son dessein salvifique, puisque de nombreux Juifs ont déjà cru en Christ (11.1–10), et que beaucoup d’autres y croiront à l’avenir (11.12–26).

Romains 11:2

qu’il a connu d’avance : avant même qu’Israël ne puisse accomplir quoi que ce soit pour mériter son statut, Dieu l’a choisi pour être son peuple, uniquement par grâce. • d'Élie : dans 1R 19.1–18, le roi apostat Achab avait fait massacrer de nombreux prophètes du Seigneur, et sa femme, Jézabel, menaçait Élie de mort. Fuyant dans le désert, Élie se lamenta sur son sort, mais Dieu lui répondit en lui assurant que de nombreuses personnes lui restaient fidèles. Paul voyait une certaine analogie avec sa propre époque : bien que de nombreux Juifs ne croyaient pas, et que certains étaient même hostiles, Dieu continuait d’agir (et continue de le faire) pour préserver un reste fidèle.

Romains 11:5

il y a un reste : Paul reprend ici le concept du « reste » issu de l’Ancien Testament, qu’il a déjà mentionné en 9.27–29. Ce noyau fidèle d’Israélites pieux témoigne de la fidélité constante de Dieu à ses promesses et à son peuple.

Romains 11:7-8

tandis que les autres ont été endurcis : c'est l'œuvre de Dieu ; il les a plongés dans un profond sommeil et a fermé leurs yeux (voir Ac 13.46–48 ; 18.6).

Romains 11:11

Mais, par leur chute, le salut est devenu accessible aux païens : l'offre du salut aux nations n’est pas seulement une conséquence de la désobéissance d’Israël, mais aussi un dessein divin. Paul souligne que, dès le début, Dieu avait prévu d’inclure les païens dans son plan de salut, tout en ouvrant aussi la voie au salut de nombreux Juifs. • afin qu’ils fussent excités à la jalousie : ce thème de la jalousie provient de Dt 32.21, cité par Paul en Rm 10.19. En voyant les païens bénéficier des bénédictions du salut promises à Israël, les Juifs allaient être incités à rechercher eux aussi ce salut, afin d’y participer pleinement.

Romains 11:13-14

Je vous le dis à vous, païens : Paul s’adresse aux chrétiens d’origine païenne à Rome dans un but précis : les mettre en garde contre toute arrogance (11.20), en particulier envers leurs frères et sœurs juifs. Il leur rappelle que leur salut repose entièrement sur la bonté de Dieu (11.22) et que son dessein ultime est d’amener les Juifs à se repentir (11.23). • en tant qu’apôtre des païens : Paul s’est consacré à la conversion des païens, sachant que leur salut contribuerait finalement aussi au salut des Juifs.

Romains 11:15

Le contexte met en avant le rôle de Dieu dans l’endurcissement de nombreux Juifs (11.7–10), ce qui suggère que « leur rejet » désigne probablement le rejet par Dieu des Juifs incrédules. • la proposition « leur réintégration » fait alors référence à l’accueil des Juifs dans le Royaume de Dieu (voir aussi 14.3 et 15.7). • Alors que l'expression « une vie d’entre les morts » peut désigner la nouvelle vie spirituelle des Juifs après leur conversion au Christ (voir 6.13). Toutefois, le langage semble plus naturellement évoquer la résurrection physique des morts, qui aura lieu lors du retour glorieux du Christ (voir par exemple, 1Th 4.13–18).

Romains 11:16

Or, si les prémices sont saintes, la masse l’est aussi : cette image provient de Nb 15.17–21, où Dieu ordonne aux Israélites de prélever une portion de leur première pâte comme offrande consacrée. De même, les promesses et bénédictions accordées à Abraham, Isaac et Jacob servent d’acompte, garantissant l’accomplissement du plan de Dieu pour son peuple.

Romains 11:17-24

Dans la métaphore développée par Paul, l’olivier choisi par Dieu représente son peuple. Cette image est naturelle, car l’olivier, l’arbre fruitier le plus répandu dans le bassin méditerranéen, servait déjà de symbole d’Israël dans l’Ancien Testament (Jr 11.16 ; Os 14.5–6). Paul compare les chrétiens d’origine païenne à des branches d’un olivier sauvage, car ils n’étaient pas initialement intégrés au peuple de Dieu.

Romains 11:18

sache que ce n’est pas toi qui portes la racine, mais que c’est la racine qui te porte : Lorsque Paul a écrit à l’Église de Rome, celle-ci était principalement composée de chrétiens d’origine païenne, une situation courante dans les premières communautés chrétiennes. Ce rôle dominant incitait certains à se vanter de leur statut et à mépriser les Juifs ainsi que leur héritage religieux. Paul leur rappelle alors que s'ils pouvaient bénéficier des bénédictions de Dieu, c'est uniquement parce qu’ils avaient été greffés au peuple unique de Dieu, enracinés dans les promesses faites à Israël.

Romains 11:20

mais crains : dans les Écritures, la crainte désigne souvent un respect profond et révérencieux envers Dieu, impliquant aussi la conscience que nous devrons un jour comparaître devant lui en jugement (voir 2Co 5.11 ; 7.1, 11, 15 ; Ph 2.12 ; Col 3.22).

Romains 11:22

si tu demeures ferme dans cette bonté; autrement, tu seras aussi retranché : l’Écriture insiste sur le fait que seuls ceux qui persévèreront dans la foi jusqu’à la fin seront sauvés. Cependant, cette mise en garde de Paul suscite un débat théologique. Certains y voient la possibilité pour de véritables croyants d’abandonner la foi et de ne pas être sauvés. D’autres estiment qu’il ne faut pas pousser la métaphore trop loin et que Paul parle plutôt de personnes qui semblent croire, mais dont l’absence de foi authentique finit par se manifester.

Romains 11:24

naturellement ... contrairement à ta nature : La méthode traditionnelle pour améliorer le rendement des oliviers consistait à greffer une branche d’olivier cultivé sur un arbre sauvage afin de profiter de sa vigueur. Or, en greffant des branches d’olivier sauvage (les païens) sur l’olivier cultivé (le peuple de Dieu), Dieu a agi d’une manière contraire aux pratiques naturelles.

Romains 11:25

Paul utilise généralement le mot "mystère" pour désigner un événement des derniers jours, déjà déterminé par Dieu. Ce mystère existe déjà au ciel et est révélé au peuple de Dieu à l’ère chrétienne (voir 16.25; 1Co 2.1, 7; 4.1; 15.51; Ep 1.9; 3.3, 4, 9; 6.19; Col 1.26, 27; 2.2; 4.3; 1Tm 3.9, 16). Ici, le mystère concerne la relation entre Juifs et païens dans le plan du salut, un thème central de tout ce passage (Rm 11.11–32).

Romains 11:26-27

L'expression « tout Israël » peut désigner l’ensemble des croyants, juifs et païens, soulignant ainsi la manière dont Dieu accorde le salut à tout son peuple. Elle peut aussi faire allusion soit à tous les Juifs appelés à croire tout au long de l’ère chrétienne, soit à un nombre significatif de Juifs se tournant vers le Christ dans les derniers jours. Selon cette dernière interprétation, « ainsi » aurait un sens séquentiel : une fois que le nombre complet de païens sera venu au Christ, alors le nombre complet de Juifs sera sauvé. Toutefois, cela ne signifie pas que tous les Juifs seront sauvés (voir 2.17–29) • Dans l'Ancien Testament, celui qui sauve est le Seigneur, et il est presque certains que Paul fait allusion à Jésus-Christ (voir 1 Th 1.10). • de Sion : Le texte hébreu d'Es 59.20 indique que le rédempteur viendra à Jérusalem. Paul pourrait avoir modifié cette formulation pour évoquer soit la première venue de Jésus parmi le peuple d’Israël, soit la seconde venue, lorsqu’il reviendra de la Jérusalem céleste (voir Hé 12.22).

Romains 11:32

pour faire miséricorde à tous : tous signifie « toutes sortes de personnes ». Dans le contexte de Romains, et plus particulièrement dans ce chapitre, cela fait allusion à l'inclusion des païens aux côtés des Juifs, illustrant que le salut par la foi transcende les origines ethniques.

Romains 11:36

C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses : cette affirmation rappelle celles que formulaient les philosophes stoïciens grecs lorsqu'ils décrivaient Dieu. Paul s'inspire fréquemment de la littérature gréco-romaine pour exposer et éclairer la vérité sur Dieu et sur ses desseins (voir Ac 17.24–29).

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