Tyndale Open Study NotesMarc 11

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Marc 11:1-25

Cette section se concentre sur les liens tissés entre Jésus et le temple de Jérusalem. Dans la manière dont Marc a rédigé son livre, tous les enseignements impliquant Jésus et les événements associés de près ou de loin à Jérusalem se trouvent dans le bloc 11.1–16.8. • La section se conclut (13.1–37) avec le deuxième grand discours de Jésus (voir 4.1–34), où il met l'accent sur la destruction du temple et la venue du Fils de l'homme. C'est le point culminant de nombreuses déclarations que l'on trouve dans 11.1–13.37, et qui concernent le jugement divin qui est sur le point de s'abattre sur Jérusalem et sur son temple (voir en particulier 11.12–25 et 12.1–12).

Marc 11:1

Le but final de Jésus a toujours été de se rendre à Jérusalem. Durant la semaine précédant sa crucifixion, Jésus est apparemment resté à Béthanie avec ses disciples (11.11–12; 14.3–9). • Le mont des Oliviers est fréquemment associé au lieu du jugement final (Za 14.4) et à l'endroit où le Messie devait se manifester (Ez 11.23; 43.1–5; voir aussi Flavius Josèphe, Antiquités juives 20.8.6). • Comme il a pu le faire par le passé, Jésus envoie deux de ses disciples en leur donnant une mission spéciale (voir Mc 6.7).

Marc 11:2-3

Jésus a déjà démontré à de nombreuses reprises sa connaissance d'ordre surnaturelle (2.8 ; 3.5 ; 5.30,32 ; 8.17,31). Dans ce passage, les personnes acceptent joyeusement le besoin de Jésus de se servir de cet ânon (11.3,6), ce qui suggère que Jésus l'avait prévu à l'avance (voir 14.13–16). Jésus avait intentionnellement prévu d'entrer à Jérusalem pour accomplir Za 9.9.

Marc 11:3

Les lecteurs de l'évangile de Marc ont pu remarquer que le mot Seigneur a déjà été utilisé pour désigner Jésus (1.3 ; 2.28 ; 5.19 ; voir aussi 12.36–37 ; 13.35). Ils comprennent donc que le terme Seigneur désigne ici Jésus-Christ, qui a besoin d'utiliser cet ânon (voir aussi Rm 10.9 ; Ph 2.11).

Marc 11:4-6

Les disciples s'exécutent pour suivre les instructions de Jésus, et ils trouvent les choses comme il les a dites.

Marc 11:7-8

Alors que Jésus s'approche de la ville assis sur un ânon (voir Za 9.9), certains doivent sans doute comprendre qu'ils assistent à l'arrivée du Messie. • Les disciples vont faire un siège pour Jésus en utilisant leurs vêtements, et d'autres étendent aussi leurs vêtements et des branches d'arbres en son honneur, pour faire une sorte de "tapis rouge" devant lui, alors qu'il s'apprête à monter à Jérusalem (voir 1R 1.38–48 ; 2R 9.13).

Marc 11:9-10

Au Ier siècle après Jésus-Christ, l'expression Hosanna n'était plus utilisée comme dans son ancien usage, pour marquer un cri et un appel au secours devant des ennemis, mais elle était devenue une expression idiomatique utilisée pour exprimer la joie et la jubilation (comme on pourrait dire aujourd'hui "loué soit le Seigneur !"). Pour le peuple, cette expression est ici utilisée pour accueillir avec joie et excitation (Lc 19.38–40) un célèbre pèlerin et prophète de Galilée (Mt 21.11). Le miracle de la résurrection de Lazare d'entre les morts a peut-être contribué à toute l'excitation entourant cette journée (Jn 12.9–11), mais les disciples eux-mêmes comprendront seulement bien plus tard le sens de cet événement (Jn 12.16). Jésus, lui, a bien conscience qu'il est en train d'accomplir une prophétie. Jésus s'est préparé soigneusement pour l'occasion et s'est offert au peuple d'Israël comme l'oint de Dieu, le Messie.

Marc 11:11

Le récit se termine de manière surprenante : la foule et son agitation se dissipe, et l'entrée de Jésus dans le temple se veut peu spectaculaire si on la compare à toute l'excitation qui accompagnait son approche. Dans l'esprit des gens, c'est comme si ce qui venait de se passer n'était pas vraiment d'une grande importance. Le regard que Jésus lance autour de lui prépare le lecteur au jugement de Dieu qui va s'abattre sur le Temple (11.15–17).

Marc 11:12-25

Dans les évangiles synoptiques, l'entrée messianique de Jésus à Jérusalem est intimement associée à la purification du temple (voir 11.15–17 ; voir Mt 21.1–17 ; Lc 19.28–48). Cependant, dans l'évangile de Jean, le récit de la purification est relaté plus tôt dans le ministère de Jésus (Jn 2.13–22). En réalité, il est difficile de savoir s'il y a eu deux purifications distinctes du Temple (une intervenant au début du ministère de Jésus, que l'on retrouve dans l'évangile de Jean ; et une autre intervenant plus tard, que l'on retrouve dans les évangiles de Matthieu, Marc et Luc), ou bien s'il y a eu une seule et même purification consignée en deux endroits différents par Jean et les rédacteurs des évangiles synoptiques. • Dans le récit de l'évangile de Marc, le récit de la malédiction du figuier (Mc 11.12–14,20–25) forme une inclusio autour de la purification du Temple (11.15–19). Ainsi, Marc indique que la purification du Temple par Jésus doit être interprétée à la lumière de la malédiction du figuier : comme un acte de jugement plutôt qu'un acte de réforme.

Marc 11:13-14

Si Jésus maudit le figuier, ce n'est pas simplement parce qu'il manque de fruits. Au contraire, il accomplit par là un acte prophétique similaire à ceux des prophètes l'ayant précédé (Es 20 ; Jr 13.1–11 ; 19.1–13 ; Ez 4). Tout comme Jésus a jugé le figuier ne portant pas de fruits, il a également jugé le temple et le culte d'Israël, dans lesquels il n'a trouvé aucun fruit. C'est en l'an 70 de notre ère que ce jugement s'est accompli, avec la destruction de Jérusalem et de son temple par les Romains.

Marc 11:15-16

En entrant dans le temple, Jésus est profondément choqué par le commerce des animaux destinés aux sacrifices, et par tout l'argent qui y transite. Ce trafic est supervisé par les prêtres, qui sont les seuls habilités à pouvoir légiférer sur le caractère "acceptable" de toute potentielle offrande sacrificielle. En contrôlant la vente des animaux destinés aux sacrifices, les autorités souhaitent garantir le caractère sans défauts des animaux utilisés pour le service du temple. Tout ce système est facilité par l'installation de tables pour réaliser ces transactions dans des zones dédiées autour de Jérusalem. Cependant, des tables d'échange sont installées à l'intérieur même du temple le quinzième jour du mois d'Adar, le mois précédant Pâque. Habituellement, le taux de change implique une commission de 4 à 8 %. En raison des grandes sommes financières impliquées (voir Ex 30.11–16) et du grand nombre de sacrifices, ces échanges financiers et la vente d'animaux sacrificiels sont des commerces très rentables. La littérature juive de l'époque était très critique envers les prêtres pour avoir accumulé de grandes richesses en volant les pauvres. Jésus ne s'est pas systématiquement opposé au temple et à son système sacrificiel (Mc 1.44 ; Mt 5.17–19,23 ; 17.24–27 ; Lc 17.14 ; Ac 6.7 ; 21.20–26), mais il considérait cette recherche du profit comme une forme de vol et comme une profanation du lieu saint. • Les actions de Jésus n'ont probablement pas affecté un aussi grand nombre de personnes que ce qui est parfois imaginé, puisque ces événements sont advenus dans un endroit restreint comparé à la vaste enceinte qu'est le temple (le parvis des Gentils), et n'ont pas été observés par la plupart des gens situés en d'autres parties du temple. On peut penser que les autorités romaines n'ont pas assisté à cet événement, ou qu'elles ne l'ont pas considéré comme relevant d'une émeute ou d'une insurrection, compte tenu du fait qu'elles ne sont pas intervenues. De plus, lors du procès de Jésus, cette action précise n'est jamais mentionnée. En agissant ainsi, Jésus ne cherche pas premièrement à ce que cesse toute activité marchande, mais il accomplit un acte symbolique préfigurant le jugement qui va bientôt s'abattre sur le temple et sur la ville.

Marc 11:15-19

Le parvis des Gentils (entouré d'un portique couvert) constitue la plus grande partie du temple de Jérusalem. C'est probablement ici que les ventes ont lieu.

Marc 11:16

Le temple a également été profané par l'utilisation de son enceinte comme d'un raccourci pour transporter des choses d'une partie de la ville à une autre. D'autres rabbins ont également interdit cette pratique (voir Mishnah Berakhot 9.5 ; voir Flavius Josèphe, Contre Apion 2.8).

Marc 11:17

Jésus cite Es 56.7 et Jr 7.11 pour défendre son action. La première citation souligne l'importance du temple pour les païens. La maison de Dieu était destinée, par son architecture même (avec le parvis des Gentils), à aider les païens à devenir des enfants d'Abraham. Jésus exerce un jugement sur les dirigeants d'Israël pour avoir entravé l'accès au temple pour les païens. Ils profanent le temple en prenant une partie spécifiquement désignée pour être une maison de prière pour toutes les nations, et la transforme en un repaire de voleurs en faisant un trafic lucratif.

Marc 11:18

Les principaux prêtres et les enseignants de la loi religieuse complotent pour tuer Jésus parce qu'ils le craignent. Sa grande influence parmi le peuple, l'étonnement créé par ses actions, et l'influence de son enseignement menacent leur position (voir 3.6 ; 12.12 ; 14.1–2,10–11). Leur réponse montre qu'une réforme n'est pas suffisante : le jugement de Dieu semble nécessaire et inéluctable.

Marc 11:19

Jésus et ses disciples partent de la ville, probablement pour retourner à Béthanie (11.11 ; 14.3).

Marc 11:20-21

Le pouvoir miraculeux dont témoigne Jésus en jugeant le figuier évoque son autorité pour amener le jugement sur Jérusalem, tel qu'il l'a prédit. Les destinataires originels de l'évangile de Marc, qui pouvaient entendre l'évangile être lu à la fin des années 60 de notre ère, savaient que les légions romaines étaient en train d'accomplir ce jugement prophétique contre Jérusalem.

Marc 11:22-23

En affirmant qu'il parle en vérité, Jésus souligne l'importance de ces paroles. • La montagne en question est probablement le mont du Temple, et non pas le mont des Oliviers. Le jugement sur le temple est au centre de 11.12–25 ; il sera de nouveau mentionné dans 12.9, et de manière plus détaillée dans 13.1–37. Lors de son procès (14.58) et de sa crucifixion (15.29), les paroles de Jésus concernant la destruction du temple seront évoquées.

Marc 11:24-25

Deux autres enseignements sur la prière sont liés par le mot "croire" en 11.23. Dans le premier (11.24), il est dit qu'on peut s'attendre à recevoir ce que l'on demande (voir Mt 7.7), si nous prions avec une foi telle que celle décrite dans Marc 11.23. • Le pardon est la deuxième condition pour qu'une prière soit exaucée. La prière la plus importante, celle où nous demandons à Dieu de nous pardonner, ne peut être exaucée que si nous pardonnons aux autres (Mt 5.23–24 ; 6.12,14–15 ; Lc 6.37 ; 11.4 ; voir Lc 7.41–43,47 ; Ep 4.32 ; Col 3.13).

Marc 11:27-33

Après la purification du temple (11.15–17 ; Mt 21.12–22 ; Lc 19.45–46), les opposants de Jésus vont remettre en question l'autorité le faisant agir de la sorte (voir aussi Mt 21.23–27 ; Lc 20.1–8 ; voir Jn 2.18–22).

Marc 11:27

Alors qu'ils reviennent à Jérusalem (voir 11.1,11,15), Jésus et les disciples entrent dans le temple. Cette insistance sur Jérusalem rappelle aux lecteurs ce qui va bientôt s'y passer (10.32–34 ; voir 8.31 ; 9.31 ; 14.1–16.8). • Dans le temple, Jésus rencontre les grands prêtres, les scribes et les anciens. Ces trois groupes forment le grand conseil de 71 membres (l'organe dirigeant de la nation). Compte tenu des rencontres antérieures avec eux (8.31 ; voir aussi 14.43,53 ; 15.1), on peut s'attendre à ce qu'ils s'opposent à Jésus.

Marc 11:28

Jésus a une autorité qui vient de Dieu, qui lui permet de chasser les démons (1.22,27 ; 5.1–13), de guérir les malades (1.29–2.12 ; 5.21–43), de pardonner les péchés (2.10), et maintenant de purifier le Temple. Il est incontestable que l'autorité de Jésus vient de Dieu, mais les chefs religieux sont réticents à l'accepter.

Marc 11:29-30

Jésus utilise un moyen efficace pour enseigner et réfuter, en répondant souvent à ses opposants par des contre-questions (par exemple , 2.8–9,19,25–26 ; 3.4,23 ; 10.3,38 ; voir aussi 12.16).

Marc 11:31-32

En les questionnant ainsi, Jésus met ses adversaires dans une situation délicate. Toute réponse qu'ils pourraient donner, que ce soit un "oui" ou un "non", nuirait à leur réputation et à leur autorité aux yeux du peuple. S'ils nient l'autorité prophétique de Jean, le peuple se mettra probablement en colère. S'ils affirment son autorité, ils doivent admettre par la même occasion qu'ils auraient dû accepter les paroles de Jean, y compris ce qu'il a dit à propos de Jésus. En réalité, répondre à cette question pourrait les aider à répondre à leur propre questionnement (11.28).

Marc 11:33

En ne parvenant pas à répondre à cette question, les dirigeants religieux de la nation admettent leur incapacité à répondre à une question simple, à laquelle le peuple n'a aucune difficulté à répondre : Jean a été envoyé par Dieu. Leur incapacité à répondre à cette question leur fait perdre du crédit en tant que chefs religieux de la nation. Leur cœur dur (3.5 ; 7.6), leur réticence à être éclairés (4.2), ainsi que leur refus délibéré d'accepter la vérité rend toute discussion ultérieure stérile. De toute évidence, ils font preuve d'aveuglement et d'hostilité envers les serviteurs de Dieu (Jean-Baptiste et Jésus), ils profanent le temple, et ils complotent pour tuer Jésus : autant d'éléments qui permettent de mieux comprendre pourquoi le jugement de Dieu va venir au sein même de cette génération (13.30).

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