Dictionnaires bibliques

Vocation

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Vocation », un article après l’autre.

Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

Ce terme est consacré principalement pour marquer la grâce de la vocation à la foi et à la religion chrétienne, vocation toute gratuite de la part de Dieu, puisque, comme dit saint Paul (1 Timothée 1.8-9), il nous a appelés par sa vocation sainte ; non selon nos œuvres, mais selon le décret de sa volonté, et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant tous les siècles. La grâce de la prédestination précède celle de la vocation, et celle de la vocation celle de la justification. Tel est l’enchaînement des grâces que Dieu nous fait, pour nous conduire au salut : car il a appelé ceux qu’il a prédestinés ; il a justifié ceux qu’il a appelés, et il a glorifié ceux qu’il a justifiés (Romains 8.30). C’est à nous, aidés du secours de Dieu d’assurer notre vocation par la pratique des bonnes œuvres (1 Pierre 1.20), et de vivre d’une manière qui soit digne de l’état auquel nous avons été appelés (2The 1.11) : car, comme dit notre Sauveur, il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus (Matthieu 22.14).

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

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Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

Du latin vocatio, de vocare = appeler, interpeller, inviter ; en français, s’emploie au figuré : appel, invitation, sollicitation intérieure. On peut distinguer deux sens.

1° Sens laïque : « Inclination décidée et même parfois impérieuse pour une profession, un art, une forme déterminée d’étude ou d’action chez un individu qui possède les aptitudes correspondantes. Il faut remarquer que l’une ou l’autre condition sont nécessaires pour qu’il y ait vocation. D’un mauvais compositeur acharné à produire, on pourrait dire qu’il a le goût ou même la passion, mais non la vocation d’écrire des œuvres musicales » (A. Lalande, Vocab. de la Philosophie p. 1064s).

2° Mais ce mot a un sens éminemment religieux : appel, invitation de Dieu à l’homme. Suivant que la vocation a en vue le salut de l’âme humaine, ou une mission spéciale, un apostolat, le mot est pris dans une acception générale ou particulière.

1. Acception générale

C’est l’appel divin au salut (2 Timothée 1.9 ; Éphésiens 4.1).

Dans l’Ancien Testament, la vocation divine est conçue comme s’adressant au peuple d’Israël dans son ensemble, peuple choisi pour être le dépositaire des révélations de Yahvé et l’organe de sa volonté (Exode 19.5 ; Deutéronome 7.6 ; Deutéronome 14.2 ; 1 Rois 8.53 ; Psaumes 135.4 ; Ésaïe 41.8 ; Ésaïe 44.1 et suivant, etc.). Incorporé à la nation, l’individu participe avec elle au salut contenu dans l’appel (Ésaïe 45.17, cf. Ésaïe 43.3 ; Ésaïe 43.11 ; Ésaïe 63.8-16), salut dont les modalités évoluent au cours des siècles. Ainsi l’idée d’une rémunération future ne se présente que très tardivement. Avec les prophètes apparaît une conception universaliste de la vocation divine, laquelle est adressée à tous les peuples (Psaumes 22.28 ; Ésaïe 49.6 ; Ésaïe 55.1). Mais l’Ancien Testament nous rapporte d’autre part des expériences religieuses où l’appel paraît revêtir, comme dans l’Évangile, un aspect individuel, personnel (Psaume 51 Psaume 86 Psaume 130 ; Ézéchiel 18.1-28 ; Ézéchiel 33.7 ; Ézéchiel 33.20; Joël 2.32).

Dans le Nouveau Testament, l’invitation de Dieu à s’approprier le salut en Jésus-Christ est purement personnelle (Marc 16.16 ; Matthieu 16.25 ; Luc 15 ; Jean 10.9 ; Actes 2.21-47 ; Romains 10.9 ; Romains 10.13 ; 1 Timothée 4.16 ; Hébreux 7.25). Mais le chrétien doit faire part aux autres des dons qu’il a reçus (Matthieu 25.14 ; Matthieu 25.30 ; Romains 14.7 ; 1 Corinthiens 12.7 ; 1 Pierre 4.10) et se conduire d’une manière digne de sa vocation (Éphésiens 4.1 ; 1 Thessaloniciens 2.13 ; 2 Thessaloniciens 1.1), affermir celle-ci (2 Pierre 1.10), tendre à sa réalisation toujours plus parfaite (Philippiens 3.14). Le salut est destiné à tous les hommes, sans distinction aucune (Actes 10.9 ; Actes 10.48 ; Romains 3.29 ; Romains 10.12). Les desseins d’amour du Père céleste manifestés et réalisés en Christ embrassent l’humanité entière (Jean 3.16 ; Actes 17.30 ; Romains 3.22 ; Romains 11.32 ; 1 Timothée 2.4 ; Tite 2.11 ; 2 Pierre 3.9 ; 1 Jean 2.2). Tous sont appelés, mais tous ne répondent pas (Matthieu 13.4-8 ; Matthieu 22.2-14; Luc 13.23 ; Luc 13.30). Faut-il en conclure qu’il y aura des âmes à jamais privées du salut ? (Matthieu 21.43; Luc 14.24 ; Actes 13.46) Seul est exclu celui qui s’exclut lui-même en toute connaissance de cause, et chacun encourt une responsabilité proportionnée à l’intensité, à la clarté de l’appel qu’il a reçu (Matthieu 11.20-23 ; Matthieu 23.37-39 ; Luc 10.10-16 ; Luc 12.47). La volonté de Dieu c’est que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (1 Timothée 2.4). Voir Universalisme, Prédestination, Repentir.

2. Acception particulière

Certains hommes sont sollicités par l’appel divin pour une mission spéciale (Matthieu 20.1 ; Romains 1.1).

Cette vocation est reconnue comme une volonté directe de Dieu (Ésaïe 6.8 ; Jérémie 1.4 ; Jérémie 1.10 ; Ézéchiel 2.3 ; Ézéchiel 3.4 ; Ézéchiel 3.10 ; Ézéchiel 3.16 ; Matthieu 3.17 ; Matthieu 21.37, cf. Genèse 12.1 ; Exode 3.4-10 ; Juges 6.14). Cependant — ce qui revient au même — , c’est la voix de Jésus que l’apôtre Paul entend (Actes 9.3-6 et parallèle), et c’est le Saint-Esprit qui désigne Barnabas et Paul pour un apostolat spécial (Actes 13.2).

Parfois la vocation est adressée par l’intermédiaire d’un être humain (1 Rois 19.19 ; 1 Rois 19.21 ; Matthieu 4.18-22 ; Matthieu 9.9) mais quand même c’est toujours de Dieu que vient l’appel (Galates 1.15 et suivant).

La vocation éclate dans une crise soudaine (Actes 9.3 ; Actes 9.6 et parallèle), dans une vision (Exode 3.2 et suivant, Ésaïe 6.1 ; Ésaïe 6.4 ; Ézéchiel 1), au milieu de luttes intérieures (Exode 3.11 ; Exode 4.1 ; Exode 4.10 ; Exode 4.13 ; Juges 6.15 et suivants, Jérémie 1.6 et suivant).

Elle peut cependant se développer graduellement et s’éclairer lentement à travers des tâtonnements et des reculs (Luc 22.31 et suivant, Actes 10.9 ; Actes 10.17 ; Actes 11.16 et suivant, Galates 2.11 ; Galates 2.14).

Elle est longuement préparée par le milieu, la recherche de la vérité (Moïse, Paul) sous la direction providentielle de Dieu. Impérieuse (Genèse 12.1 ; Ézéchiel 3.11), irrésistible même (Jérémie 20.7 ; Jérémie 20.9) et cependant pas contraignante (Ésaïe 6.8), elle a toujours un aspect individuel, un cachet personnel.

Elle vise des hommes de conditions très diverses : Esaie, qui semble avoir appartenu à l’aristocratie ; Amos, le berger ; Ézéchiel, le prêtre ; Pierre, le pêcheur ; Saul, le rabbin cultivé. Moïse et Jérémie ne savent pas parler (Exode 4.10 ; Jérémie 1.6), Gédéon doute (Juges 6.13-15), Paul manque de prestige extérieur (2 Corinthiens 10.1 ; 2 Corinthiens 10.10), mais la force de Dieu agit dans la faiblesse humaine (2 Corinthiens 12.9). Voir Prophète, III Alc. R.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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