Dictionnaires bibliques
Siècle
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Siècle », un article après l’autre.
Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Soeculum, se prend d’ordinaire pour une durée de cent ans ; mais je ne crois pas qu’il se trouve en ce sens dans l’Écriture.
Siècle est mis pour un long temps. Par exemple (Genèse 6.4) : Les géants sont ces hommes fameux depuis longtemps. On donne aussi ce nom au temps qui s’écoule d’un jubilé à un autre. L’esclave hébreu qui ne voulait pas profiter du privilège que lui donnait l’année sabbatique pour rentrer en liberté, demeurait chez son maître pour toujours, c’est-à-dire jusqu’à l’année sabbatique (Exode 21.6 comparé à Lévitique 25.8).
Siècle soeculum, se met pour toujours, pour l’éternité (Genèse 3.22) : éloignons Adam du jardin d’Éden, de peur qu’il ne prenne du fruit de l’arbre et qu’il ne vive, in sœculam, dit l’Hébreu, c’est-à-dire pour toujours. L’Écriture appelle souvent une alliance du siècle, foedus sœculi, une alliance qui doit durer toujours. Les Hébreux appellent le tombeau (Ecclésiaste 12.5) la maison du siècle, parce qu’on y demeure toujours et qu’on n’en revient point ; et les bornes anciennes, les bornes du siècle, terminos sœculi (Proverbes 22.28 ; 23.10) ; et d’anciennes ruines (Isaïe 58.12), des ruines du siècle ; et ceux qui sont dans le tombeau, le peuple du siècle (Ézéchiel 26.20) ; et les jours du siècle (Amos 9.11) marquent les temps passés ; l’Hébreu, diebus soeculi. Voyez aussi Michée (Michée 7.14), comme autrefois ; et (Malachie 3.4).
Le siècle, sœculum, marque le monde, la vie. Les inquiétudes de ce siècle (Matthieu 13.22) les enfants de ce siècle (Luc 16.8) ; la consommation de ce siècle (Amos 9.11) ; la sagesse de ce siècle ; les princes de ce siècle ; ne vous conformez point à ce siècle corrompu, etc, Ces expressions sont fréquentes dans les livres du Nouveau Testament.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Le siècle, durée de cent ans, n’est pas connu des auteurs bibliques, pour qui il n’existait guère de période plus longue qu’une génération (voir Temps). L’hébreu ôlam de l’Ancien Testament comme le grec aïôn du Nouveau Testament sont rendus au pluriel par « siècles », au sens indéterminé d’« âges » incommensurables, soit dans le passé soit dans l’avenir, exprimant ainsi l’idée d’éternité ; exemples :
- l’Éternel, « rocher des siècles » (Ésaïe 26.4),
- son règne « de tous les siècles » (Psaumes 145.13 ; cf. 1 Timothée 1.17),
- et les expressions : « avant [tous] les siècles » (1 Corinthiens 2.7 ; Tite 1.2 ; 2 Timothée 1.9),
- « dans tous les siècles » (Romains 11.36),
- « aux siècles des siècles » (Romains 16.27 ; 1 Pierre 4.11 ; 1 Pierre 5.11 ; Apocalypse 1.6-18 ; Apocalypse 22.5 etc.).
Au singulier, « ce siècle » représente le monde (voir ce mot) considéré comme l’époque en cours, avec une nuance de blâme contre sa vanité (Luc 16.8 ; 1 Corinthiens 1.20 ; 1 Corinthiens 2.6 ; 2 Corinthiens 4.4 ; Galates 1.4 ; Éphésiens 1.21) ; il est souvent opposé au siècle à venir (Marc 10.30 ; Éphésiens 2.7 ; Hébreux 6.5) et parfois appelé avec plus de précision le présent siècle (Romains 12.2 ; Tite 2.12 ; 2 Timothée 4.9).
L’accomplissement des antiques prophéties par Jésus-Christ donnait aux chrétiens l’impression d’être à la fin des siècles, ou des âges, ou des temps (1 Corinthiens 10.11 ; Hébreux 9.26).
Les apocalypses reposaient sur la division absolue de l’histoire en deux âges ou siècles (éons), le siècle présent et le siècle à venir, celui du règne de la force brutale et celui du règne éternel de Dieu, séparés par le grand jugement (cf. Daniel 7.26 et suivant).
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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