Dictionnaires bibliques

Œil

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Œil », un article après l’autre.

Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

Tout le monde sait ce que c’est que l’œil. Les Hébreux donnent aux fontaines le nom d’yeux. Ils donnent aussi ce nom aux couleurs (Nombres 11.7) La manne avait l’œil de bdéllium. Cette expression est assez commune même dans noire langue. On dit d’une pierre précieuse et d’une belle étoffe qu’elle a un bel œil. L’on appelle en hébreu l’œil mauvais (Proverbes 22.6 ; 23.9 Matthieu 20.15 Romains 12.8 2 Corinthiens 8.2 ; 11.11-13 Ecclésiaste 14.8-10), pour dire l’envie, la jalousie, la mesquinerie, l’épargne mal placée. L’œil simple (Romains 12.8 2 Corinthiens 8.2 ; 9.11-13), le bon œil, marque la libéralité, l’aumône, l’inclination à faire du bien. L’œil de l’âme, dans le moral, marque l’intention le désir. Trouver grâce aux yeux de quelqu’un, être bon ou agréable aux yeux d’un autre, sont des expressions fort communes parmi les Hébreux, et qui sont plus claires que ne pourrait être l’explication qu’on leur donnerait.

Mettre ses yeux sur quelqu’un, lui faire du bien, le combler de faveur, ou simplement voir une personne avec amitié. Joseph dit à ses frères de lui amener Benjamin, son jeune frère, afin qu’il mette les yeux sur lui (Genèse 44.21). Dieu menace de mettre ses yeux sur les Israélites en mal, et non en bien (Amos 9.4). Le Psalmiste dit que les yeux du Seigneur sont sur les justes (Psaumes 33.16). Il promet d’affermir ses yeux sur ses amis (Psaumes 31.8) Nabuchodonosor recommande à Nabuzardan de mettre ses yeux sur Jérémie, et lui permettre d’aller où il voudra (Jérémie 39.12). Mais quelquefois de pareilles expressions se prennent en un sens opposé, pour la sévérité, de la vengeance ; par exemple (Amos 9.8).

C’est encore une expression fort commune : Votre œil ne pardonnera pas ; que votre œil ne pardonne pas ; mon œil vous a pardonné (Ézéchiel 5.11 ; 8.18), apparemment parce que l’œil dans ces rencontres est l’organe qui marque la compassion ou la fureur ; la vengeance ou le pardon ; la douceur ou la sévérité, que vos yeux s’adoucissent, ou s’irritent pour ou contre eux.

Être l’œil de L’aveugle, ou servir d’œil à l’aveugle, s’entend assez (Job 29.15). Les Perses appelaient les yeux du roi, les officiers qui veillaient sur ses intérêts, qui avaient le maniement de ses finances.

J’ai fait un pacte avec mes yeux, pour ne regarder pas même une Vierge (Job 31.1) : manière de parler fort expressive, que l’explication ne peut qu’affaiblir.

Servir l’œil (Éphésiens 6.6 Colossiens 3.22), c’est le propre d’un esclave, qui ne se conduit que par crainte, servi ad oculum.

La concupiscence des yeux (Ézéchiel 24.6-21,25), Ou le désir des yeux (1 Jean 2.16), comprend tout ce que la curiosité, la vanité, l’amour des créatures
l’amour du plaisir recherchent, les attraits du beau, du bon, de l’agréable, du flatteur, du superbe, en un mot tout ce que les yeux peuvent présenter à des yeux livrés à leurs passions.

Le scandale des yeux. Dans Ézéchiel (Ézéchiel 20.7-8) : Que les idoles des Égyptiens ne séduisent point vos yeux ; mais ils n’ont pas voulu abandonner ces abominations de leurs yeux. Salomon dit qu’il ne s’est rien refusé de ce que ses yeux ont désiré (Ecclésiaste 2.8).

La hauteur ou L’élévation des yeux, est mise pour l’orgueil (Ecclésiaste 23.5)

Les femmes se teignaient les yeux avec de l’antimoine. Voyez ci-devant Antimoine.

Saint Paul dit que les Galates (Galates 4.15) se seraient volontiers arraché les yeux pour lui, lorsqu’il commença à leur prêcher, pour exprimer d’une manière exagérée leur zèle, leur amour, leur attachement, leur reconnaissance. Dans un sens contraire, les israélites dans le transport de leur emportement disaient à Moïse Voulez-vous encore nous arracher les yeux (Nombres 16.14)?

Les Hébreux appellent la prunelle la noire fille de l’œil : Que votre prunelle ne se toise point, qu’elle ne cesse de pleurer. Garder comme la prunelle de l’œil (Deutéronome 32.10), garder précieusement : Qui vous touche, touche la prunelle de mon œil (Zacharie 2.8), m’offense dans ce que j’ai de plus cher.

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

L’article dans Calmet

Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

I Sens propre

L’œil est le principal organe de la perception, « la lumière du corps » (Matthieu 6.32). Il est souvent cité dans les locutions proverbiales du langage courant (Exode 21.24 ; 1 Corinthiens 2.9 ; 1 Corinthiens 12.16s etc.). Sa valeur inestimable est évoquée dans l’expression : la prunelle de l’œil (Deutéronome 32.10 ; Psaumes 17.8 ; Zacharie 2.8) ; le nom hébreu de la prunelle signifie littéralement « le petit homme », allusion au fait que l’on se voit réfléchi dans la prunelle qu’on regarde de près. La Bible mentionne :

II Sens figuré

L’œil est le révélateur le plus expressif des sentiments :

L’œil accueille la tentation (Genèse 3.6 ; Job 31.1) ; d’où l’expression « la convoitise des yeux » (1 Jean 2.16) et l’ordre imagé d’arracher l’œil qui fait tomber (Matthieu 5.28 et suivant).

À Dieu sont attribués les yeux qui voient tout (Psaumes 14.2 ; Ézéchiel 11.8 ; Matthieu 6.4-6 ; Matthieu 6.18), emblème anthropomorphique de son omniscience, inséparable de sa sainteté (Habakuk 1.13).

C’est le sens des « sept yeux », dans les visions d’apocalypses (Zacharie 4.10 ; Apocalypse 5.6 ; Apocalypse 1.14 ; Apocalypse 2.18).

Ce regard divin, suivant les circonstances, est favorable aux hommes (Deutéronome 11.12 ; Psaumes 33.18 ; Psaumes 101.6 ; Esdras 5.5 ; 1 Pierre 3.12) ou indigné contre eux (Amos 9.8).

Chez l’homme, le péché aveugle et fausse l’œil spirituel, le regard de l’âme (Ésaïe 5.21 ; Matthieu 13.14 ; Luc 19.42 ; Luc 24.16 ; Jean 12.40 ; Romains 3.18 ; Romains 11.8-10 ; 1 Jean 2.11). Dieu ouvre les yeux des croyants sur son œuvre et sa personne (2 Rois 6.17 ; Psaumes 119.18 ; Éphésiens 1.18).

Jésus, accomplissant les prophéties (Ésaïe 29.18 ; Ésaïe 35.5 ; Ésaïe 42.7), est venu pour donner conscience aux hommes de leur cécité morale et spirituelle et pour les guérir (Luc 4.19 ; Jean 9.39 ; Jean 20.29) ; il a déclaré que la pureté du cœur est la condition pour voir Dieu (Matthieu 5.8)

Et la foi chrétienne a pour principe directeur, non pas la faculté matérielle de la vue, mais la foi qui voit l’invisible (2 Corinthiens 5.7, cf. 2 Corinthiens 4.18 ; Hébreux 11.1 ; Hébreux 11.27). Voir Regard.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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