Dictionnaires bibliques

Géhenne

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Géhenne », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

Voir Hinnom.

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

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Lexique de la Bible (Lelièvre)

Nom donné par les Juifs, après l’exil et du temps de Jésus, au lieu où les méchants, après la mort, reçoivent leur châtiment. Les Israélites anciens (avant l’exil) ne paraissent avoir eu aucune conception analogue. Pour eux, le séjour des morts (voyez ce mot), appelé cheôl, était un lieu où se trouvaient réunis les bons et les méchants. 11 était situé dans les profondeurs de la terre (No 16.30 ; Job 11.8), à l’extrême opposé du ciel (Ps 139.8). C’était le séjour du silence (Ps 44.17), de l’obscurité (Job 10.22) et de la tristesse (Ps 6.6 ; Job 3.17-11 ; Esa 38.18). Les morts y avaient, croyait-on, la même apparence que sur la terre, quoiqu’ils ne fussent plus que des ombres (1Sa 18.14 ; Eze 32.27) et n’y poursuivissent plus qu’une vie réduite (Job 3.17 ; Ecc 9.10) où, même pour les âmes pieuses, il ne pouvait être question de vivre en communion avec Dieu (Ps 6.6 ; 30.10 ; 88.11 ; 115.17 ; Esa 38.18). Cette existence diminuée, la même pour tous, triste perspective d’avenir pour les bons et les méchants, ne comportait ni récompense ni châtiment. Deux ou trois passages, tout au plus, nous montrent dans l’Ancien Testament, qu’une idée différente de l’au-delà s’élaborait lentement dans la pensée juive d’après l’exil. Nous y trouvons, ici et là, comme un pressentiment que le juste reverra Dieu, sera reçu dans la gloire (Job 19.25ss ; Ps 73.23ss ; Esa 26.19) et que le temps viendra où la mort sera détruite (Esa 25.8 ; voir : Séjour des Morts).

L’idée de récompense et de châtiment d’outre-tombe apparaît pour la première fois d’une façon indubitable au IIe siècle avant J-C. dans le livre de Daniel (Da 12.3). On la voit se développer de plus en plus dans les apocalypses juives ultérieures (voyez notamment : Hénoch, 22).

On localisait le séjour où les méchants sont punis soit dans le cheôl (Hénoch 22.13 ; 63.10 ; 99.11 ; 103.7 ; Jubilé 7.29 ; 22.22 ; Psaumes de Salomon, 16.2), soit dans le Troisième Ciel (Secrets d’Hénoch 10.2ss ; Apoc. de Baruch, 4), soit plus ordinairement dans une vallée située au sud de Jérusalem, la « vallée du fils de Hinnom » ou « vallée de Hinnom » — en hébreu Géhinnom, en grec Géhenna, d’où les mots français Géhenne et gêne (tourment) — vallée maudite en raison des sacrifices d’enfants qui s’y célébraient autrefois. Cette dernière localisation est supposée déjà dans Esa 66.24 ; elle se retrouve dans Hén. 27.1-3 ; 48.7 ; 54.1-2 ; 62.12-13 ; 90.26-27). — Dans le Nouveau Testament, la transformation de la vieille idée hébraïque nous apparaît achevée. Les Juifs, au temps de Jésus — ceux du moins qui croyaient à un jugement d’outre-tombe — distinguaient dans le séjour des morts la demeure des bienheureux appelée « paradis » ou « sein d’Abraham » et celle où les réprouvés subissaient des tourments. Un abîme séparait les deux domaines (Luc 16.22-26 ; 23.43. Le mot Géhenne est souvent employé dans le Nouveau Testament pour désigner le lieu où les méchants seront châtiés soit avant soit après la résurrection (Mt 5.29-30 ; 10.28 ; 18.9 ; 23.15 ; Marc 9.48, 45 ; Luc 11.5 ; Jas 3.6).

Lexique de la Bible — Charles Lelièvre, source levangile.com

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Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

Mot dérivé de Gé-Hinnom (signifiant : vallée de Hinnom), l’une des vallées de Jérusalem ; on sait qu’elle aboutissait près de Siloé, à la jonction des trois vallées qui entourent la ville, mais les historiens n’ont pu déterminer s’il s’agit du Cédron, du Tyropoeon ou du ouâdi er-Rebâbi.

Il est probable que dans cette vallée on a adoré Moloch (2 Rois 23.10) et même Thammuz, désigné sous le nom de Baal (2 Chroniques 28.2 ; Jérémie 32.35). Le souvenir de ce culte donna un caractère sinistre à ce lieu, et amena Josias à le souiller pour empêcher le retour de ces rites païens (2 Rois 23.4-10).

Dès lors, le Gé-Hinnom devient l’endroit où le feu consume les détritus de la ville, les cadavres d’animaux et les corps des suppliciés. Ainsi Géhenne devient synonyme d’enfer (cf. Matthieu 5.29 et suivant, etc.). Dans son acception eschatologique, la Géhenne est le lieu des châtiments après la mort.

On situait cette région, en général, sous la terre, mais on la croyait plus vaste que la terre et pleine de feu, pour punir les pécheurs, qui y descendaient immédiatement après leur mort. Plus tard, la pensée rabbinique semble avoir supposé que des hommes qui ne furent ni de grands pécheurs ni des saints pouvaient être purifiés par ce feu ; seuls, pensait-on, les adultères et ceux qui déshonorent ou calomnient leur prochain, seront condamnés sans espoir à ces flammes. Selon une idée plus tardive, la Géhenne était destinée à disparaître à la consommation des siècles.

Rien ne prouve que la Géhenne fût regardée comme un lieu d’annihilation des méchants, bien que certains passages semblent permettre cette interprétation. Comme on le voit, il y a peu de précisions dans l’idée que les Juifs se faisaient de ce lieu de tourments ; d’ailleurs nous ne possédons aucun écrit qu’on puisse regarder comme un résumé authentique de l’opinion générale sur ces questions. Les auteurs du Nouveau Testament emploient le mot, dans un sens général, comme synonyme de châtiment définitif. Les descriptions qu’ils donnent de la Géhenne ne vont pas au delà des images du feu et des vers. Parfois le mot Géhenne signifie simplement la puissance du mal (Jacques 3.6). Voir Eschatologie. Edm. R.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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