Dictionnaires bibliques
Dent
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Dent », un article après l’autre.
Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Les Hébreux appellent l’ivoire dent ou dent d’éléphant (1 Rois 10.22). Ils donnaient aussi quelquefois aux rochers nus et escarpés le nom de dents (1 Samuel 14.4) : Quasi in modum dentium scopuli ; et le rocher dont Dieu fit sortir l’eau pour désaltérer Samson est nommé machtes, c’est-à-dire, la dent machelière (Juges 15.19). Moïse ordonnant la peine du talion, veut qu’on donne dent pour dent (Exode 21.24). Grincer les dents, frémir des dents, sont des marques de douleur, de dépit, de colère : Frenduerunt super me dentibus suis, dit le Psalmiste (Psaumes 34.16). Dieu brise les dents des méchants (Psaumes 57.7) il les met hors d’état de nuire aux gens de bien. Les méchants se plaignent que leurs pères ont mangé la grappe verte, et que leurs enfants en ont les dents agacées (Ézéchiel 18.2), comme pour accuser Dieu d’injustice, de ce qu’il punit l’innocent et épargne le coupable. Amos (Amos 4.6) dit aux Juifs prévaricateurs, qu’il leur a envoyé la netteté des dents ; c’est-à-dire, la famine. Vous n’aurez pas de quoi gâter vos dents : saint Jérôme traduit, stuporem dentium. L’Évangile parle en plusieurs endroits du grincement de dents des damnés, de leur désespoir, de leur rage. David dit que ses ennemis ont des dents aussi aiguës et aussi tranchantes que l’épée et que les flèches (Psaumes 56.5), dentes eorum arma it sagittoe.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
(héb. chén, de la racine chânan = aiguiser ; grec odous, de la racine édô = manger).
I Dents d’hommes
1.
Sens propre. Les dents humaines sont mentionnées en diverses circonstances (Genèse 49.12 ; Nombres 11.33 ; Lamentations 3.16) ; elles sont un élément de beauté (Cantique 4.2 ; Cantique 6.6) ; le rire d’un homme, c’est « le rire de ses dents » ( Siracide 19.30). Au contraire le grincement des dents, qui peut être l’effet de crises nerveuses attribuées aux démons (Marc 9.18), est une manifestation, commune en Orient, de haine violente, soit dans le triomphe de la méchanceté (Job 16.9 ; Psaumes 35.16 ; Psaumes 37.12 ; Lamentations 2.16 ; Siracide 51.3 dans LXX), soit dans la rage envieuse ou folle (Psaumes 112.10 ; Actes 7.54), soit dans la désolation sans remède, dans l’impuissance devant le malheur, que le Seigneur décrit comme l’état d’esprit des réprouvés (six fois dans Matthieu 8.12, etc. ; Luc 13.28). Quant à l’expression pénale : « dent pour dent », voir (Exode 21.24 ; Matthieu 5.38 etc.) Talion.
2.
Sens figurés. « Donner la pureté des dents », ou faire les dents nettes (Amos 4.6), c’est priver de nourriture. « Prendre sa chair entre ses dents » (Job 13.14), c’est défendre sa vie, comme un animal la proie qu’enserrent ses mâchoires. N’avoir plus que « la peau des dents » (Job 19.20), c’est avoir tout perdu (note de Version Synodale) ; mais d’autres interprètent : seules les gencives de Job n’ont pas été atteintes par la sorte de lèpre qui l’a frappé. La dent qui se casse est une image du perfide (Proverbes 25.19). L’effet des acides sur les dents représente des désagréments (Proverbes 10.26 ; Siracide 30.10), en particulier dans le célèbre passage où les deux grands prophètes de l’époque de l’exil proclament la responsabilité individuelle du pécheur et protestent contre le proverbe qui dénonçait des maux héréditaires : « Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées ! » (Jérémie 31.29 ; Ézéchiel 18.2).
II Dents d’animaux
1. Sens propre
Sont mentionnées : les dents du lionceau (Job 4.10), du crocodile (Job 41.5), des sauterelles, comparées à des lions (Joël 1.6 ; Apocalypse 9.8), des serpents venimeux (Sagesse 16.10), des bêtes sauvages en général (Deutéronome 32.24), nommées ailleurs « bêtes à dents » (Siracide 39.30). Dans Psaumes 22.21, Version Synodale traduit par « la dent des chiens » l’hébreu yâd = la main, au sens de : leur « pouvoir » (Segond). Pour les dents ou défenses d’ivoire, voir (Ézéchiel 27.15) ce dernier mot.
2. Sens figurés
Les dents des animaux sont toujours l’image d’une puissance hostile aux fidèles et que Dieu doit vaincre tôt ou tard : faux prophètes qui dévorent le peuple (Michée 3.5), oppresseur impitoyable (Job 29.17), ennemi sanguinaire (Zacharie 9.7), les méchants en général (Psaumes 3.8 ; Psaumes 58.7 ; Psaumes 124.6), leurs armes mêmes (Psaumes 57.5 ; Proverbes 30.14). L’apocalypse de Daniel (7.5,7) les dénonce dans les animaux aux dents redoutables, aux grandes dents de fer. Le Siracide (21.2) compare les effets du péché à la morsure du serpent ou du lion.
III Dents d’objets
Il est question d’une fourchette à trois dents (1 Samuel 2.13), et de deux dents de rocher (1 Samuel 14.4 et suivant) qui sont des cimes aiguës, comme dans Job 39.28, où l’expression littérale est « dents de la pierre » (Crampon).
Jean Laroche
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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