Dictionnaires bibliques
Colombe
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Colombe », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
Oiseau trop connu pour qu’il soit nécessaire de le décrire ; nous nous bornerons aux observations que nous fournissent sur cet animal les données bibliques. La colombe qui est répandue dans tout l’Orient, où elle niche dans de vieux murs, sur des rochers ou dans le creux des arbres, s’appelle en hébreu, Iona, nom qui ne dérive point, ainsi que le veut Bochart, de l’Ionie, mais d’un mot arabe qui indique la douceur, la grâce. C’est à l’aube du nouveau monde et sur les flots du déluge, qu’elle apparaît pour la première fois dans l’Écriture (Genèse 8.8-12), comme si cet animal, dont l’apparition précéda celle de l’arc-en-ciel, devait déjà nous annoncer par avance que la terre serait gouvernée par des lois plus douces, et sauvée par la bonté du Créateur, malgré les péchés des hommes ; la branche d’olivier qu’elle rapporte semble renfermer la même pensée et dire aux hommes que « Dieu ne frappera plus toute chose vivante comme il l’a fait » (8.21), et qu’il attendra le jugement final avant d’accabler de son juste courroux les pécheurs impénitents.
Elle joue le même rôle encore dans la loi mosaïque où, déclarée animal pur, elle se trouve mêlée à tous les sacrifices, et sert à remplacer, pour les pauvres, les victimes plus considérables exigées en holocaustes pour le péché (Luc 2.24 ; cf. Lévitique 1.14 ; 5.8 ; 12.8 ; Nombres 6.10). À cause de la grande consommation de colombes qui devait se faire pour le service du temple, et comme il n’était pas toujours facile à ceux qui devaient en offrir, de se les procurer et surtout de les apporter à Jérusalem s’ils en étaient éloignés, les prêtres avaient permis qu’on vendît de ces oiseaux dans les parvis du temple ; c’est à cause des abus et des illégalités de ce trafic que notre Sauveur chassa un jour ceux qui faisaient ce commerce d’une manière indigne, ne voulant pas qu’on fit de la maison de son père une caverne de voleurs (Matthieu 21.12). Le nom de la fille aînée de Job (42.14), Jémima, vient probablement d’un mot arabe qui signifie colombe. En Orient, on donne ce nom aux femmes de la plus grande beauté. Sémiramis fut appelée Sémir Jemamah, la colombe brune, ou, selon Hésychius, la colombe de la montagne, et les Babyloniens portaient une colombe sur leurs enseignes en l’honneur de cette princesse. Quant aux retraites choisies par ces oiseaux, on peut voir Ézéchiel 7.16 ; Jérémie 48.28 ; Cantique 2.14 ; Psaumes 11.1).
Le vol de la colombe est quelquefois considéré par les poètes comme l’image de la rapidité (Psaumes 55.7 ; Osée 11.11 ; Ésaïe 60.8) ; la colombe, en effet, dépasse au vol tous les animaux de sa taille et de sa grandeur, et c’est ainsi que, sans défense, elle peut échapper fort souvent à ses persécuteurs. Salomon, dans le Cantique (1.14 ; 4.1 ; 5.12), compare à des colombes les yeux innocents et tendres de celle qu’il aime : « ils sont comme des colombes sur les ruisseaux d’eaux, baignées dans du lait, se reposant au milieu de la plénitude de la beauté ». Chacun sent tout ce qu’il y a de gracieux dans cette image, qui s’attache cependant de si près à la réalité, en nous montrant les prunelles nageant dans le blanc de l’œil comme dans des flots de lait, et si fraîchement entourées d’un cadre de visage au milieu duquel elles reposent comme dans le sein de la beauté. Nos versions ont mal à propos, dans ces trois passages, mis « tes yeux sont comme ceux des colombes : » ceux n’est pas dans le texte, et ne fait que nuire à l’idée.
Le roucoulement de la colombe est dans presque toutes les langues appelé un gémissement (en latin, gemere, etc.), et les prophètes hébreux ont exprimé la même pensée (Ésaïe 38.14 ; 59.11 ; Nahum 2.7 ; cf. Ézéchiel 7.16).
Cet animal est le symbole de la candeur et de la simplicité (Matthieu 10.16), quelquefois aussi du peu d’intelligence (Osée 7.11-12).
Il reste encore quatre passages qui ont besoin d’une explication particulière, et qui, ordinairement mal traduits, plus souvent encore mal compris par certains interprètes, ont donné lieu à diverses méprises.
Martin : Quand vous auriez couché entre les chenets arrangés, vous seriez comme les ailes d’un pigeon couvert d’argent, et dont les ailes sont comme la couleur jaune du fin or.
Luther : Quand vous êtes aux champs, cela resplendit comme les ailes des pigeons qui brillent comme l’argent et l’or.
Anglais : Quoique vous ayez été au milieu des pots (en Égypte, cf. Psaumes 81.6), cependant vous serez comme les ailes des colombes, recouvertes d’argent, etc.
Calvin : Quand bien vous seriez entre les pots aux cendres, si (cependant) serez-vous comme les ailes de la colombe couverte d’argent, et laquelle par derrière est comme le fin or bien jaune.
Quelque différentes que puissent paraître ces traductions, elles se réduisent pourtant, une fois qu’on peut les comprendre, à une même signification générale que voici : « Quand vous seriez couchés entre des chenets (marmites, objets qui ont senti la suie), vous n’en sortiriez pas moins blancs comme les plumes argentées d’une colombe, comme leurs ailes dorées ». Quelles que soient vos afflictions, quelles que soient les ténèbres dans lesquelles vous gisez, vous ne cesserez jamais de reluire, de briller, d’être heureux : la délivrance dissipera toujours les taches que vous aurez contractées dans l’adversité. Celui qui gouverne l’Église la tirera de tous les dangers auxquels elle sera exposée. On peut citer comme parallèle à ce passage le verset d’Ésaïe 1.18 : « Quand vos péchés seraient rouges comme le cramoisi, ils seront blanchis comme la neige ».
Il est dit que lors de la famine de Samarie, le quart d’un kab de fiente de pigeon se vendait cinq pièces d’argent. Le savant Bochart, qui a consacré dix-sept pages à l’examen de cette question, pense qu’il faut entendre par les mots fiente de pigeon une espèce de légume, de pois chiches, qui porte encore un nom semblable en arabe ; mais il paraît que Bochart a fait une confusion de mots, et que ses conclusions d’analogie doivent être abandonnées. D’autres, surtout des interprètes anglais, ont essayé de paraphraser, en disant que l’on vendait pour cinq pièces d’argent un kab de balayures, de rebuts, d’ordures, de débris réservés aux pigeons, etc. ; mais c’est forcé, et l’on doit conserver la version ordinaire, qui est appuyée par toutes les traditions juives, et par le fait bien connu, qu’en maint et maint cas de siège, les habitants au désespoir ont été réduits à se nourrir de fiente d’animaux.
– Jérémie 25.38 ; 46.16 ; 50.16
On lit dans le premier de ces passages, en parlant des ravages que Nebucadnetsar fera dans la Judée, que la terre sera dévastée « à cause de l’ardeur de la fourrageuse » ; les deux autres versets indiqués finissent par « l’épée de l’oppresseur ». Dans ces trois passages, on peut traduire par colombe les mots marqués en italiques : c’est ainsi qu’a fait la Vulgate, et ceux qui adoptent cette manière de voir, l’expliquent en rappelant que les Assyriens et les Babylonniens avaient sur leurs drapeaux une colombe en souvenir de Sémiramis, et qu’ils sont fréquemment désignés sous l’emblème de cet animal. On peut comparer encore les passages du Nouveau Testament qui parlent de la colère de l’agneau, et penser que le prophète annonce aux Hébreux, que le Seigneur, doux comme une colombe, finira par s’embraser dans sa colère contre eux. Cependant, quoiqu’à la rigueur cette traduction et ces interprétations soient possibles, elles ne sont pas probables, et les auteurs catholiques eux-mêmes traduisent par oppresseur, ravageur, ou fourrageur, laissant au masculin ce dernier nom que Martin a mis au féminin sans trop de raison. On comprend comment l’épithète de ravageur pouvait bien se rapporter à l’ennemi de la Judée, Nebucadnetsar.
– Matthieu 3.16 ; Marc 1.10 ; Jean 1.32
Au baptême de Jésus-Christ il est dit que le Saint-Esprit descendit sur lui comme une colombe, et Luc (3.22), nous dit plus positivement encore : « Le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme celle d’une colombe ». On peut admettre que le Saint-Esprit qui, dans d’autres occasions, se présentait sous d’autres formes (cf. Actes 2.3), ait, cette fois peut-être, pris en effet la forme matérielle d’une colombe ; et les rabbins, dans leurs explications (Genèse 1.2 ; Cantique 2.12), ont toujours représenté l’Esprit de Dieu sous cette image : le symbolique Orient devait représenter le Saint-Esprit sous la figure d’un oiseau, comme descendant du ciel, et la colombe devait être choisie naturellement à cause de son innocence et de sa pureté. Cependant la plupart des interprètes modernes, surtout les protestants, repoussent cette idée comme trop matérialiste, et ne considèrent dans l’image que l’image seule, c’est-à-dire la vitesse, la douceur et la grâce. Pour pouvoir obtenir un résultat quelconque, une solution quelconque aux questions que soulève cette descente du Saint-Esprit, il faut remarquer que non seulement Jésus, mais Jean-Baptiste lui-même (au moins lui), a vu descendre le Saint-Esprit, que, par conséquent, le Saint-Esprit a dû revêtir une forme : on ne saurait admettre une vision, une vue, sans que l’objet vu ait des contours, un dessin, une forme : quelque vague qu’on veuille se le représenter, quelque nuageux, quelque vaporeux qu’on veuille supposer le Saint-Esprit dans cette occasion, encore faut-il qu’il ait eu une forme ; et l’on doit se demander maintenant s’il a une forme ordinaire, habituelle, constante, ou si, son essence étant invisible, il prend quelquefois, pour se manifester, des apparences terrestres : il nous semble que la première hypothèse est bien plus matérialiste que la seconde, et nous croyons beaucoup plus naturel, comme aussi beaucoup plus d’accord avec le texte sacré, d’admettre que le Saint-Esprit, impalpable sans doute, mais visible, a revêtu ostensiblement l’apparence de la colombe.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
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La tourterelle proprement dite (Jérémie 8.7 ; Septante τρυγών, όνος, ἡ), est un oiseau de passage qui apparaît en Palestine avec le printemps (Cantique 2.12), et qui devait être offert par les pauvres en holocauste et dans les sacrifices d’actions de grâces (Lévitique 1.14 ; 5.7). Il était offert aussi comme sacrifice de purification (Lévitique 12.6-8 ; cf. Luc 2.24), et par le nazarien après une violation de son vœu (Nombres 6.10). D’après Sonnini, il y a en Égypte une espèce de tourterelle qui y habite toute l’année, dont l’espèce est très nombreuse, et qui peut être celle dont parle Moïse dans ses préceptes de purifications (cf. Lévitique 14.22 ; 15.14-29). La tourterelle, columba turtur de Linnée, est un peu plus petite que le pigeon, le dos gris, le poitrail rose-chair, des taches noires avec des raies blanches au cou, et pareillement à la queue, dont les extrémités sont blanches. Cet animal, au dire de Buckingham, est encore très commun en Palestine. Dans le second temple il y avait toujours une très grande provision de tourterelles, que chacun pouvait acheter pour les sacrifices ; elles étaient confiées aux soins d’un præfectus turturum (Mishna Shekal 7.7).
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
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Columba, dénomination générique des pigeons, oiseaux de l’ordre des gallinacées.
Pigeon, oiseau domestique, déclaré pur par la loi de Moïse, qui ordonne (Lévitique 12.8 Nombres 6.10) que quand une femme allait au temple au temps marqué après ses couches, elle devait offrir au Seigneur un agneau et une colombe, ou une tourterelle, ou bien un jeune pigeon, ou un petit de tourterelle l’agneau était offert en holocauste, et le pigeon en hostie pour le péché. Que si la personne n’était pas aisée, au lieu d’un agneau elle offrait deux pigeons ou deux tourterelles. Il n’importait de quel sexe ils fussent, ni peut-être de quel âge ; car pullus columboe peut marquer ou un pigeon en général, ou un jeune pigeon. La sainte Vierge, pour satisfaire à cette loi, quoiqu’elle n’y fût pas obligée en rigueur, offrit deux pigeons (Luc 2.24), ou deux tourterelles, parce qu’elle était pauvre. Et comme il aurait été malaisé que toutes celles qui venaient de loin pussent apporter des colombes pour les offrir au temple, les prêtres avaient permis qu’on vendît de ces oiseaux dans les parvis du lieu saint. Ce que Jésus-Christ ne put souffrir. Étant un jour entré dans le temple, il fit un fouet avec des cordes et en chassa tous ceux qui y faisaient trafic de colombes (Matthieu 20.12 ; Marc 11.15 ; Jean 2.14).
Il y avait encore d’autres occasions, où l’on pouvait offrir au Seigneur des oiseaux en holocauste, même pour l’expiation de quelque péché. Ceux qui étaient riches offraient des animaux à quatre pieds ; les pauvres ne présentaient que des colombes. Voici les cérémonies avec lesquelles on les sacrifiait (Lévitique 1.14-17). Le prêtre prenait la colombe, lui tordait avec violence le cou et la tête. Quelques interprètes croient même qu’il lui arrachait entièrement la tête ; d’autres veulent qu’il lui tordit simplement le cou : et c’est ce qui paraît le plus certain. Voyez (Lévitique 5.8). Il lui faisait avec les ongles une ouverture, pour faire couler le sang sur le bord de l’autel. Il jetait les plumes et la petite vessie du gosier, c’est-à-dire, le jabot, à l’orient de l’autel, lieu où l’on mettait les cendres qu’on ôta de l’autel. Après cela, il rompait les ailes de l’oiseau ; et sans diviser l’hostie avec le fer, il la mettait sur le feu de l’autel, où elle était entièrement consumée. Si c’était un sacrifiée pour le péché (Lévitique 5.8), on y observait les mêmes cérémonies qu’on vient de marquer, à la réserve que le sang de l’hostie était répandu, non-seulement aux côtés, mais aussi aux pieds de l’autel.
Il est dit dans le quatrième livre des Rois (2 Rois 6.25) que pendant le siège de Samarie, sous le règne d’Achab, roi d’Israël, la famine fut si grande, que l’on vendit jusqu’à cinq sicles, ou environ huit livres de notre monnaie, le quart d’un cab de fiente de pigeons (2 Rois 6.23) ; c’est-à-dire, une mesure qui tenait un demi-setier, un poisson, un pouce cube et un peu plus. Mais nous croyons, avec Bochart, que cette fiente de pigeons n’était autre chose qu’une espèce de pois chiche, nommé par les Ara bes Usnen, ou Kali. Or, les Hébreux appellent Kali les pois chiches rôtis à la poète, dont on use beaucoup dans l’Orient, et dont il y a des boutiques au Caire et à Damas, où l’on ne fait autre chose que frire des pois chiches, pour la provision des voyageurs. Voyez ci-devant Cicer. Les autres endroits de l’Écriture où il est parlé de colombes, ne sont point fort difficiles. Par exemple, à est dit dans le Cantique des cantiques (Cantique 2.14) que l’Épouse est semblable à une colombe dans son trou de rocher ; parce que dans l’Orient il y a ainsi beaucoup de pigeons sauvages et même privés, qui se retirent dans des creux de rochers.
Jérémie (Jérémie 25.38), parlant des ravages que Nabuchodonosor devait faire dans la Judée dit : La terre a été désolée par la colère de la colombe. Et encore (Jérémie 46.16) : Fuyons dans notre pays, pour éviter le glaive de la colombe ; et ailleurs (Jérémie 50.16) : Chacun fuira devant l’épée de la colombe. Quelques-uns, sous le nom de colombe, entendent en cet endroit le Seigneur, qui de colombe était devenu un lion rugissant, armé de glaive et prêt à saccager tout le pays d’autres entendent Nabuchodonosor, roi des Chaldéens, lequel portait, dit-on, une colombe dans ses enseignes, en mémoire de Sémiramis, que l’on disait avoir été métamorphosée en colombe, ou qui est appelée colombe par antiphrase [Voyez Ascalon, à la fin de l’article et de l’addition]. Mais il est plus simple et plus naturel de traduire l’Hébreu jona, par un ennemi, un destructeur, un ravageur. C’est une épithète qui convient admirablement à Nabuchodonosor. La terre a été désolée par ce ravageur ; fuyez devant l’épée de ce prince, qui porte la terreur et le fend dans tous les lieux où il va. On ne nous prouve pas bien que les Chaldéens portassent la colombe dans leurs étendards. [Vid infra].
La colombe est le symbole de la simplicité et de l’innocence. Le Saint-Esprit paraît dans le baptême du Sauveur sous la forme d’une colombe (Matthieu 3.16). Jésus-Christ recommande à ses disciples la prudence du serpent et la simplicité de la colombe (Matthieu 10.16). Le prophète Osée compare les Israélites à une colombe séduite (Osée 7.4-11), qui n’a point de cœur ou d’intelligence. La colombe est un animal sans défense, sans ruse, sans fiel, exposé à la poursuite des hommes et des animaux, qui ne sait ni se défendre, ni défendre ses petits, ni se précautionner contre ceux qui en veulent à sa liberté et à sa vie. Ainsi les Israélites, malgré les châtiments dont Dieu les avait frappés, et les captivités où il les avait réduits, ne laissaient pas de retomber toujours dans leurs dérèglements et de s’exposer de nouveau aux mêmes disgrâces.
L’Écriture, en quelques endroits, semble attribuer à la colombe de la réflexion et de la méditation (Isaïe 38.14 ; 59.11) : Meditabor in columba (Nahum 2.7) ; et : Et quasi columboe meditantes, etc. Mais on l’entend ordinairement de ses gémissements (Cantique 1.15 ; 2.10-14) : Gementes ut columboe. La colombe et la tourterelle gémissent et roucoulent l’Épouse du Cantique est souvent comparée à la colombe, à cause de son innocence, de sa douceur, de sa candeur et de sa fidélité. Noé fit sortir la colombe de l’arche, pour savoir si les eaux du déluge s’étaient retirées (Genèse 8.8-10). Il choisit la colombe comme un oiseau domestique, ennemi du carnage et de l’ordure ; elle revint à lui d’abord, n’ayant pu trouver où asseoir son pied, parce que les eaux du déluge ne s’étaient pas encore retirées. Il la renvoya une seconde fois, et elle revint, portant en son bec un jeune rejeton d’olivier vert, qui avait déjà poussé depuis le déluge ; enfin, il l’envoya une troisième fois, et elle ne revint plus, parce que le déluge était entièrement cessé.
La troisième Personne divine s’exprima, dès l’origine de l’Église, par une colombe de feu, planant sur le monde. Déjà pris pour emblème de l’amour divin chez les Indiens, comme le prouvent les sculptures de leurs pagodes, cet oiseau était principalement vénéré des Assyriens qui le portaient sur leurs étendards, depuis que leur reine Sémiramis nourrie, suivant eux, dans son berceau par des colombes, avait fini par être métamorphosée en l’une d’elles.
Chez les Juifs, la colombe était de même honorée, mais comme emblème du saint amour :
Alba Palestiuo sancta columba Syro
Dit Tibulle. Puis les Grecs vinrent consacrer aux voluptés ce symbole que les chrétiens élevèrent enfin comme tout le reste au-dessus des sens.
Dans toutes les cryptes, la colombe suspendue couvait, comme l’Esprit-Saint, la cendre des morts purs. On en mettait dans les tombeaux, au-dessus des sarcophages des martyrs. Grégoire de Tours parle d’une tentative faite pour enlever la colombe d’or appendue dans la tombe de saint Denis, évêque de Paris. À partir du quatrième siècle, on commença à renfermer les hosties consacrées dans des colombes de métal enrichies de diamans ; on en plaçait d’autres au-dessus des fonts baptismaux. Le pape Innocent à l’entrée du cinquième siècle, fit présent à l’Église des saints Gervais et Protais d’une colombe en métal doré, pesant trente livres. Enfin, on en surmonta les chaires des évêques. Celle en marbre qu’on a trouvée dans la catacombe des saints Marcel et Pierre avait à son sommet cet oiseau ceint du diadème. Byzance faisait de même dans ses églises.
Plusieurs anciennes peintures montrent l’oiseau sacré sur la tête ou l’épaule droite de saint Grégoire le Grand, pour signifier l’inspiration du Saint-Esprit.
Il écrivait lui-même que les prédicateurs du Verbe sont comme la colombe qui plane au-dessus de la terre, lui annonçant la paix, mais sans la toucher, sans lui demander de nourriture.
Ce docteur est représenté écoutant la colombe qui lui parle à l’oreille sur un bas-relief des cryptes vaticanes, bien postérieur, il est vrai, a saint Grégoire ; mais cette légende ne s’applique pas qu’à lui seul. Saint Ephrem de Syrie prétendait avoir vu aussi une colombe lumineuse sur l’épaule de saint Basile le Grand, et qui lui dictait ses écrits. C’est de là sans doute que le plagiaire Mahomet aura emprunté sa science.
Cet oiseau est l’emblème qui se retrouve le plus souvent sur les sarcophages primitifs. Là, on le voit emporter dans son bec une palme, une branche d’olivier ; ou percer des raisins, figure de l’âme des confesseurs qui s’envole innocente, versant comme un vin précieux son sang sur la terre. C’est ainsi qu’on voit monter en colombe au-dessus de son corps décapité, l’âme de sainte Reparata, vierge et martyre, qui avait refusé de sacrifier aux idoles. La même chose se répète pour saint Potitus et l’évêque saint Polycarpe décolés, du sang desquels l’oiseau blanc comme la neige s’élance, et vole à tire d’ailes vers les cieux. Les actes du martyre de saint Quentin disent avec une suavité de paroles et un élan de foi remplis de charme : Visa est felix anima velut columba, candida sicut nix, de collo ejus exire et liberrimo volatu cœlum penetrare.
Pour les esprits grossiers, encore offusqués par les ténèbres de l’idolâtrie, on exprimait ainsi la survivance et l’immortalité de l’âme ; comme plus tard, lorsque parut dans l’art l’anthropomorphisme, on l’exprima par un petit enfant, sortant quelquefois de la bouche même du décédé.
À San-Clemente, l’abside offre une mosaïque, mais déjà barbare, où les douze apôtres en colombes environnent Jésus crucifié. Souvent, au nombre de deux sur les sarcophages, ces oiseaux signifient la fidélité et l’indissolubilité du lien des époux ; mais seuls, c’est toujours l’âme qui s’envole.
Ainsi, prêtant son Image hiératique aux âmes qu’il échauffait de son amour, le Saint-Esprit était censé habiter dans chaque créature fidèle. Ce ne fut que bien tard, à Byzance, quand l’expreâsion morale brisa impatiente les bandelettes de l’hiéroglyphe, qu’on cessa de figurer ainsi les âmes bienheureuses ; mais cette image continua de rester consacrée à l’Esprit-Saint. Les deux ailes étendues et pleurant, la tête penchée sur le monde, il dessine au sommet des ogives mauresques d’Orient, en Grèce et en Russie, aussi bien que dans nos tableaux gothiques, un trèfle mystérieux, qu’on trouve parfois enveloppé de neuf chœurs d’anges, disposés à l’entour en trois grands cercles. Car sans cesse revient la triade.
Quand on approche des temps modernes, le génie de l’innovation cherche à représenter l’Esprit-Saint comme un beau jeune homme, comme l’Éternel adolescent, dont est éprise la nature. Mais le pape, dans un bref qu’on verra cité ailleurs, prohiba cette icone comme contraire aux traditions. À la rigueur, il n’y a que le Verbe qui devrait revêtir la forme humaine ; car toute révélation extérieure de la divinité se fait par lui ; le Créateur dans le paradis terrestre, et le Jéhovah du Sinaï, ne sont que lui-même. Pourtant, on comprend’qu’alors il apparaisse sous la figure d’un vieillard, et soit ainsi confondu avec le Père éternel. Mais pour le Saint-Esprit, il n’est aucun moyen de lui donner forme humaine sans tomber à l’instant dans les méprises les plus graves. Ainsi la papauté eut raison de tenir ferme et de maintenir l’antique colombe.
Dans l’Orient, surtout dans la Syrie, dans l’Arabie et dans l’Égypte, on dresse des pigeons à porter des billets sous leurs ailes, et à rapporter la réponse à ceux qui les ont envoyés. Le Mogol fait nourrir en beaucoup d’endroits des pigeons qui servent à porter les lettres dans les occasions où l’on a besoin d’une extrême diligence ; ils les portent d’un bout de ses États à l’autre. Tous les jours le consul d’Alexandrette envoie des nouvelles à Alep en cinq heures, quoique ces villes soient éloignées de trois journées de cheval. En Hollande on s’est quelquefois servi de cette invention dans les occasions de siège. Les caravanes qui voyagent en Arabie font savoir leur marche aux souverains arabes avec qui elles sont entrées en alliance, par des pigeons à qui on met un billet sous l’aile. Ces oiseaux vont avec une rapidité et une promptitude extraordinaire, et reviennent encore avec plus de diligence, pour se rendre au lieu où ils ont été nourris, et où ils ont leurs nids. On a souvent vu de ces pigeons couchés sur le sable, le ventre en l’air et le bec ouvert, attendant la rosée pour se rafraîchir et reprendre haleine.
Il y a dans les villes d’Égypte certaines gens qui font métier de dresser les pigeons à ce métier ; et d’autres dont le principal exercice est de voler des pigeons et de les attirer des colombiers des autres dans les leurs. Les Hébreux excluent de l’entrée du Sanhedrin ceux qui s’exercent à de pareilles choses.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
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Oiseau pur dont il est assez souvent parlé dans les livres saints, et qu’on offrait quelquefois en sacrifice. On pouvait offrir ou des tourterelles, ou de jeunes pigeons. Ces sacrifices étaient institués en faveur des pauvres qui n’avaient pas de quoi donner de plus grosses victimes. Dès avant la loi, Abraham offrit à Dieu (Genèse 15.9) un holocauste d’une vache, d’une chèvre et d’un bélier, ayant chacun trois ans, et de deux oiseaux, savoir : une tourterelle et une colombe, et lorsqu’il coupa en deux les autres victimes, il laissa entiers les deux oiseaux. Moïse avait ordonné (Lévitique 12.6-8) qu’une femme qui venait après ses couches au tabernacle pour se purifier, si elle n’avait pas, de quoi offrir un agneau pour le péché, et un autre en holocauste, elle présentât deux tourterelles ou deux petits de colombe, l’un en holocauste, et l’autre pour le péché. C’est ainsi qu’en usa la sainte Vierge au jour de sa purification (Luc 2.24).
Les nazaréens (Nombres 6.10) offraient deux tourterelles ou deux petits de colombe à la porte du tabernacle, l’un pour être immolé pour le péché, et l’autre en holocauste, lorsque pendant leur nazaréat ils avaient été souillés malgré eux par la présence d’un mort. Lorsqu’un lépreux (Lévitique 14.22) était pauvre et ne pouvait offrir de plus grandes victimes, la loi lui ordonnait, au jour de sa purification, d’offrir deux tourterelles ou deux petits de colombe, l’un pour le péché, et l’autre en holocauste. Un homme qui était incommodé de la gonorrhée, ou une femme qui souffrait un flux déréglé, étaient obligés l’un et l’autre d’offrir deux tourterelles ou deux petites colombes, l’une pour le péché, et l’autre pour l’holocauste,.et cela au huitième jour qui suivait leur guérison. Un homme qui avait touché sans y penser quelque animal immonde, ou qui avait proféré sans réflexion quelques promesses ou quelques serments inconsidérés, lorsqu’il s’apercevait de sa faute, s’il était pauvre, il offrait au Seigneur deux tourterelles ou deux petits de colombe, l’un pour le péché, et l’autre pour l’holocauste, Voilà les endroits et les cas où l’on offrait des tourterelles en sacrifice.
Jérémie (Jérémie 8.7) dit que la tourterelle, l’hirondelle et la cigogne ont connu le temps de leur retour. En effet la tourterelle est un oiseau de passage, aussi bien que l’hirondelle et la cigogne. L’Époux du Cantique compare les joues de son Épouse (Cantique 1.9) à la beauté de la tourterelle ; mais l’Hébreu porte : Vos joues sont belles dans les colliers. Les femmes de ce pays-là portent des espèces de colliers autour du visage. Voyez le Voyage de M. Darvieux au camp du grand émir, page 27, 28.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Voir Colombe.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans WestphalDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Nom du pigeon dans la langue religieuse ou poétique (hébreu yânâh ; grec peristera), s’applique en Palestine à quatre espèces du genre columba, dont les plus communes sont le pigeon de roche ou bizet (columba livia) et le pigeon des bois ou ramier (columba pahimbus). Il faut y joindre la tourterelle (hébreu thôr ; grec trugôn), représentée par trois espèces, dont la tourterelle commune (turtur comniunis) et celle du Sénégal, celle-ci très familière aujourd’hui dans les rues de Jérusalem.
Ces oiseaux durent être un important objet d’élevage en Israël, si l’on en juge par leur emploi dans les sacrifices et par les mentions fréquentes qu’en fait la Bible. L’Ancien Testament évoque : les migrations de la tourterelle (Jérémie 8.7 ; Cantique 2.12), le vol puissant et rapide de la colombe (Psaumes 55.7), la beauté de ses plumes (Psaumes 68.14) et de ses yeux (Cantique 1.15 ; Cantique 4.1) ; les risques qu’elle court, oiseau sans défense, d’être stupidement prise au piège (Osée 7.11), les volées de pigeons en troupes, auxquels sont comparés les captifs libérés revenant d’Assyrie (Osée 11.11) ou ramenés sur les navires aux voiles blanches (Ésaïe 60.8), la position des nids aux flancs des précipices (Jérémie 48.22), les roucoulements gémissants (Ésaïe 38.14 ; Ésaïe 59.11, Nahum 2.8), et l’allure tendre qui a fait prendre le nom de la colombe pour un terme d’affection (Cantique 2.14 ; Cantique 5.2 ; Cantique 6.8), encore très usité aujourd’hui comme prénom des Juives. Le nom de Jémima, fille de Job (Job 42.14), doit signifier aussi colombe.
Tourterelles et jeunes pigeons étaient les seuls oiseaux tolérés dans les sacrifices (cf. Lévitique 1.2 ; Lévitique 1.14), mais exclusivement pour un holocauste (Lévitique 1.14-16) ou une purification (pécheur, mère, lépreux, naziréen, etc. : Lévitique 5.7 ; Lévitique 12.6-8 ; Lévitique 14.21-23 ; Lévitique 15.14 ; Lévitique 15.29 ; Nombres 6.10) ; les oiseaux admis sans spécification dans Lévitique 14.4 et suivant, 49 et suivant devaient être aussi des pigeons. Tel avait été le cas dans un sacrifice d’alliance d’Abram (Genèse 15.9). Cette exception mettait le sacrifice à la portée des pauvres ; c’est celui qu’offrit la mère de Jésus (Luc 2.24), et c’est pour la clientèle des petits que les marchands du temple vendaient des pigeons (Marc 11.15 ; Matthieu 21.12 ; Jean 2.14).
On s’est demandé (Robertson Smith, Rel. Sein., pages 202, 275) si le fait que ces oiseaux étaient réservés à des sacrifices extraordinaires (holocaustes, purifications) ne provenait pas de leur caractère sacré dans le paganisme sémitique : quoique animaux « purs » (voyez Lévitique 11.13 et suivant, la liste des oiseaux impurs), ils ne paraissent jamais dans la Bible comme nourriture des Israélites, alors qu’ils sont aujourd’hui l’une des principales ressources alimentaires en Palestine ; les Syriens non plus n’en mangeaient pas, et leur contact rendait impur pour la journée ; de même Phéniciens et Philistins les vénéraient comme sacrés, ce qui fit accuser les Samaritains par les Juifs d’adorer la colombe.
Son nom grec, peristera, de provenance sémitique, en fait l’oiseau d’Istar (ou Astarté). Presque toutes les religions, d’ailleurs, lui ont attribué un rôle important : des colombes avaient nourri Jupiter, ainsi que plus tard la légendaire Sémiramis, qui avait été enlevée au ciel sous la forme d’une colombe ; c’est l’oiseau de Vénus, dont le temple à Chypre était rempli de colombes ; ces oiseaux servaient à rendre des oracles en Libye, à Dodone, etc. L’origine de tous ces cultes ne peut guère se trouver ailleurs que dans les caractères les plus apparents de la colombe : mœurs douces, paisibles, inoffensives, monogamie, blancheur de certaines espèces, tout assurait à cet animal l’attention et la sympathie.
Mais, tandis que les peuples païens en faisaient un objet d’adoration ou de superstition, la Révélation biblique devait en faire un touchant emblème : la colombe de l’arche apparaît la première, opposée au corbeau (voir ce mot), symbolique porteuse du rameau d’olivier. La tourterelle de l’Éternel représente les siens, persécutés mais fidèles, qu’il n’abandonne pas (Psaumes 74.19) ;
Jésus prescrit à ses disciples la simplicité, l’innocence de la colombe, unie à la clairvoyance du serpent (Matthieu 10.16) ; et les quatre Évangiles rapportent qu’après le baptême du Seigneur le Saint-Esprit apparut sur lui sous la forme d’une colombe (Marc 1.10 ; Matthieu 3.16; Luc 3.22 ; Jean 1.32), alors qu’une voix du ciel proclamait sa sainteté (cf. Hébreux 7.26).
L’art chrétien a développé cette symbolique : la colombe rayonnante représente le Saint-Esprit ou le Seigneur lui-même ; des colombes en nombres divers représentent les dons du Saint-Esprit, les douze apôtres, l’eucharistie, la fidélité, la paix, le martyre, la résurrection, etc.
Jean Laroche
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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