Dictionnaires bibliques
Ciel
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Ciel », un article après l’autre.
Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Le ciel et la terre sont mis (Genèse 1.1) pour toutes les créatures sensibles. Le ciel se met aussi fort souvent pour l’air : Les oiseaux du ciel sont les oiseaux qni volent dans l’air ; les eaux du ciel, les cataractes du ciel, sont les eaux des pluies. Dieu fit pleuvoir le soufre et le feu du ciel sur Sodome (Genèse 19.24), c’est-à-dire, il fit descendre tout cela de l’air. La rosée du ciel, la manne qui tombait du ciel ; les nuées du ciel, les vents du ciel. Dans tous ces passages, le ciel est mis pour l’air.
Les étoiles sont placées dans le ciel, ou clans le firmament. Les Hébreux concevaient le ciel des étoiles comme une voûte solide et étendue. Dieu plaça le soleil et la lune dans le firmament du ciel (Genèse 1.14-17). Les astres sont nommés la milice du ciel (Deutéronome 17.3). Dieu, comme un puissant monarque, impose les noms aux étoiles (Psaumes 146.4), et leur donne ses ordres.
Le Dieu des Hébreux est nommé, non-seulement par les Juifs ; mais, aussi par les païens et par les peuples étrangers, le Dieu du ciel (Esdras 1.2 ; 5.11 ; 6.9-10 ; 7.12 ; Jonas 1.9), parce que les Juifs n’adoraient rien de sensible, et qu’ils disaient que leur Dieu était au ciel, qu’il y avait son trône, et qu’il exerçait sa domination souveraine sur toutes les créatures.
Le ciel des cieux est le plus haut des cieux, comme, le Cantique des cantiques est le plus excellent cantique ; le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs : le plus grand des dieux, le plus puissant des seigneurs. C’est aussi le troisième ciel dont parle saint Paul (2 Corinthiens 10.1-2) ; car les Hébreux connaissent trois cieux : 1° le ciel aérien, où les oiseaux volent, où les vents règnent, et où les pluies se forment ; 2° le ciel des étoiles, ou le firmament ; 3° le ciel des cieux, ou le troisième ciel, qui est la demeure de Dieu, des anges et des bienheureux.
Les noms des saints, prédestinés sont écrits dans le ciel (Luc 10.20 Hébreux 12.23), dans le livre de vie. Les Tables du ciel, dont il est fait mention dans le Testament des douze Patriarches, et dans quelques autres anciens ouvrages étaient apparemment certains livres apocryphes, où l’on avait ramassé diverses prétendues prophéties d’autres croient que c’étaient des secrets, de l’astrologie judiciaire ; d’autres, que c’étaient les prototypes des lois de Moïse, et même du Nouveau Testament, que l’on croyait être dans le ciel.
Le royaume des cieux, se prend en différents sens, que l’on peut voir sous l’article royaume.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetLexique de la Bible (Lelièvre)
Les Israélites, comme tous les peuples orientaux, attachaient une grande importance à la contemplation du ciel et des étoiles, « nombreuses comme les grains de sable au bord de la mer » (Ge 15.5 ; 22.17 ; 24.6 ; Jer 33.22). Leur cosmologie ressemblait à celle des Babyloniens. La terre était pour eux une surface plate partout entourée par les eaux de la mer, et le ciel une voûte solide reposant sur de hautes montagnes qui se dressent au bord de ces eaux et forment les colonnes du ciel (Job 26.11 ; 2Sa 22.8). Les poètes comparaient cette voûte à une tente (Esaïe 40.22 ; Ps 19.5) qui peut être « roulée » ainsi qu’un parchemin (Esa 34.4). Au-dessus d’elle les eaux encore : les eaux d’en haut, opposées aux mers, qui sont les eaux d’en bas (Ge 1.6-8). Au-dessous de la terre se trouvait le « séjour des morts » (voyez ces mots). Au-dessous de tout, les eaux toujours, celles de l’abîme (Ge 7.11 ; 8.2 ; Am 7.4).
Les mouvements des astres sont réglés par les lois immuables de Yahvé (Jer 31.35-36) que l’homme, dans sa faiblesse, ne saurait connaître (Job 38.33), mais qu’il ne cesse d’admirer, en louant la toute-puissance de son Dieu (Esa 40.26). Le soleil, la lune et les étoiles ont été créées pour servir à diviser le temps en périodes (Ge 1.14 ; Psaumes 104.19) : les jours et les mois.
Par opposition à la merveilleuse régularité des mouvements célestes les plus fréquemment observables, tous les phénomènes astronomiques qui semblaient échapper à cette régularité, parce qu’on ne savait pas encore les prévoir et qu’on n’en connaissait pas les causes, passaient pour avoir une signification redoutable : les éclipses du soleil ou de la lune, les étoiles filantes et les comètes (Amos 8.9 ; Esa 13.10 ; Eze 32.7 ; Joe 2.10 ; 2.31 ; 3.15).
Pour les esprits primitifs, tout ce qui se meut est vivant et les corps célestes ne font pas exception à la règle. « L’armée des cieux », qui désigne les étoiles, est adorée par les peuples voisins d’Israël comme un ensemble imposant du divinités, et les prophètes condamnent sévèrement ce culte (Deutéronome 4.19 ; 17.3 ; Jer 8.2 ; 19.13, etc.) qui s’était introduit en Israël (2Ro 21.5 ; 23.4, 5, 11). Au VIIe siècle, en particulier, les habitants de Jérusalem et de quelques autres villes de Juda, un peu plus tard les Judéens réfugiés en Egypte faisaient des offrandes de gâteaux « à la Reine du Ciel », que l’on identifie soit avec la Lune, soit, plus justement sans doute, avec Vénus (Jer 7.16-20 ; 44.15-19). Mais certains textes nous montrent que cette condamnation ne visait pas l’idée même que les astres étaient des êtres doués de vie : on pouvait, en ce sens, les considérer comme soumis à Yahvé, qui leur a donné la vie (Ne 9.6) et qui peut avoir à les châtier (Esa 24.21). Il semble bien qu’on les confondît avec les êtres qu’on appelait « les Fils de Dieu » (Job 38.7). Et d’ordinaire quand on parlait du « Dieu des Armées » (voir ce mot), on faisait allusion à cette domination de Yahvé, qui est le Seigneur du ciel et de la terre, des vivants d’en haut et des vivants d’en bas.
Les Israélites avaient des noms pour les diverses constellations. Nos versions françaises mentionnent « la Grande Ourse avec ses petits », Orion et les Pléiades (Job 38.31-32 ; Amos 5.8) ; mais il est loin d’être certain que cette traduction soit exacte.
Lexique de la Bible — Charles Lelièvre, source levangile.com
L’article dans LelièvreDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Dans la cosmologie des anciens, en particulier chez les Hébreux, la terre était plate, s’étendant au-dessus du gouffre où descendaient les ombres des morts (voir Hadès), et recouverte par une voûte immense. Ce dôme, posé sur des piliers plantés à l’extrême horizon (2 Samuel 22.8 ; Proverbes 8.27-29), était considéré comme solide, d’où le mot firmament (signifiant : ce qui est ferme, solide) qui désigne la voûte céleste et que nous employons encore. Le ciel, ainsi conçu, c’est la demeure de Dieu et des anges ; c’est là que vont les justes après leur résurrection.
Les Hébreux, comme les autres peuples anciens, croyaient à une pluralité de cieux (Deutéronome 10.14) ; la littérature judaïque en compte sept ; le plus élevé, Aravoth, contenait le trône de Dieu. Bien que les descriptions de ces différents cieux varient souvent, c’est dans le troisième qu’on plaçait en général le Paradis. C’est jusqu’à celui-là que saint Paul dit avoir été ravi (2 Corinthiens 12.2). Ces cieux superposés étaient regardés comme habités par des êtres surhumains de différentes sortes. Dans la pensée juive tardive, le deuxième ciel était la demeure des esprits mauvais et des anges déchus attendant leur punition. Le Nouveau Testament ne se risque guère dans ces spéculations hasardeuses, bien qu’il soit question, dans Éphésiens 6.12, « des esprits méchants dans les lieux célestes » (cf. Éphésiens 2.2).
Cette conception d’un ciel localisé au-dessus d’une terre plate explique bon nombre d’expressions religieuses encore courantes, dont nous n’avons retenu que le sens imagé. C’est dans cet esprit qu’il faut également accueillir les innombrables spéculations qui prétendent faire connaître d’une manière sensible l’existence dans les cieux. Les descriptions du ciel que donne la Bible ne sont pas scientifiques mais symboliques, et ces symboles sont d’une richesse magnifique pour qui sait y chercher l’esprit, sans s’arrêter à la lettre. À cet égard, l’Apocalypse de saint Jean contient des beautés incomparables parce qu’animées du souffle chrétien. Mais pour en saisir toute la vraie valeur, il est bon de connaître les idées eschatologiques des premiers chrétiens et des milieux juifs contemporains (voir Eschatologie). On sera frappé de constater combien les auteurs du Nouveau Testament restent sobres, excluant les exagérations apocalyptiques, si fréquentes dans les écrits juifs, et plus tard chez les Musulmans. Certes, ils ont des conceptions eschatologiques, mais ils gardent une grande réserve dans toutes leurs descriptions de la vie des rachetés. D’ailleurs, des paroles comme celles de Jésus sur les conditions du mariage dans l’au-delà (Marc 12.25), ou de saint Paul sur la résurrection des corps spirituels (1 Corinthiens 15.44), doivent rendre le chrétien attentif à ne pas dépeindre matériellement ce qui ne peut qu’être suggéré par des images et des symboles.
Edm. R.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal