Seventh-day Adventist Bible CommentaryNéhémie 2

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

Lire Néhémie 2 dans la Bible

Néhémie 2:1

1. Le mois de Nisan. Le mois de Nisan de l'an 20 d'Artaxerxès Ier commençait le 2 avril 444 av. J.-C. selon le tableau de la page 108. Ce texte, pris avec le ch. 1:1, montre que Néhémie a compté les années régnales d'un roi perse selon le calendrier civil juif, qui commençait en automne (voir pp. 102, 103 ; aussi vol. II, pp. 110, 116)

Il peut sembler étrange que Néhémie ait attendu trois ou quatre mois après avoir reçu le rapport de Jérusalem avant de présenter sa requête au roi. Plusieurs raisons peuvent être à l'origine de ce délai. Tout d'abord, il se peut que le roi ait été absent de sa capitale. Mais même lorsque le roi était là, son caractère maussade (voir la note supplémentaire sur Esdras 4) peut avoir fait qu'il semblait souhaitable d'attendre un moment opportun pour lui présenter la requête . Pendant tout ce temps, Néhémie a cherché à dissimuler ses véritables sentiments, car on attendait de lui qu'il soit joyeux en présence de son roi

Le roi Artaxerxès. Le fait que l'Artaxerxès mentionné dans le livre de Néhémie est le premier roi perse qui a porté ce nom, et le même roi sous lequel Esdras est retourné à Jérusalem, peut être démontré par le témoignage des papyrus juifs d'Éléphantine (voir la note supplémentaire 2 à la fin du chapitre)



Ellen G. White


Les honteux signes d’apostasie à l’égard de Dieu et de conformité à un monde qui aime le péché et hait la vérité ? En ces jours de ténèbres et de péril, qui est capable de se tenir à la défense de Sion et de lui montrer quelque bien ? Son état spirituel et ses perspectives ne sont pas conformes à la lumière et aux privilèges accordés par Dieu (The Southern Watchman, March 22, 1904).
Nous avons besoin de Néhémie à notre époque, qui réveilleront le peuple afin qu’il voie combien il est éloigné de Dieu à cause de la transgression de sa loi. Néhémie était un réformateur, un grand homme suscité pour un temps important. Au contact du mal et de toute sorte d’opposition, un courage et un zèle nouveaux s’éveillèrent. Son énergie et sa détermination inspirèrent le peuple de Jérusalem ; la force et le courage prirent la place de la faiblesse et du découragement. Son saint dessein, sa grande espérance et son joyeux dévouement à l’œuvre étaient communicatifs. Le peuple s’empara de l’enthousiasme de son dirigeant et, dans sa sphère, chacun devint un Néhémie, contribuant à fortifier la main et le cœur de son prochain. Voilà une leçon pour les prédicateurs d’aujourd’hui. S’ils sont nonchalants, inactifs et dépourvus de zèle pieux, que peut-on attendre du peuple auprès duquel ils exercent leur ministère (The Southern Watchman, June 28, 1904)?

Néhémie 2:2

2. Pourquoi ton visage est-il triste ? Cette aimable question adressée par le grand roi à son humble serviteur est sa meilleure revendication pour un jugement plus favorable que celui qu'il a généralement reçu de la part des historiens. Il est connu dans l'histoire comme un souverain faible qui a souvent compromis la dignité royale en s'arrangeant avec des sujets rebelles et qui a volontiers déshonoré cette dignité en rompant la foi avec les hommes une fois qu'ils étaient en son pouvoir. Bien qu'il ait été un roi faible, il a parfois fait preuve de bonté et de gentillesse. Peu de monarques perses se seraient intéressés à leurs assistants personnels au point de remarquer s'ils étaient tristes ou non ; ils auraient été encore moins nombreux à leur témoigner de la sympathie. Alors qu'un Xerxès aurait pu ordonner une exécution immédiate, Artaxerxès a éprouvé de la compassion et s'est montré disposé à soulager le chagrin de son serviteur.

Une grande peur. Malgré les paroles aimables et compatissantes du roi, Néhémie sentait le danger. Il semblait triste en présence du roi et s'apprêtait à demander la permission de quitter la cour. Ces deux attitudes étaient contraires à l'hypothèse fondamentale de la vie de cour en Perse, selon laquelle se prélasser dans la lumière de la face royale était le summum du bonheur. Le roi allait-il être mécontent, refuser la demande, le démettre de ses fonctions et le jeter en prison, ou allait-il pardonner l'apparente impolitesse et accéder à la demande ?

Néhémie 2:3

Que le roi vive éternellement. Formule courante d’adresse orientale à un roi (1 Kings 1:31; Dan. 2:4; 3:9; etc.). Lieu des sépulcres de mes pères. Cette déclaration implique que la famille de Néhémie avait vécu à Jérusalem. Comme d’autres nations anciennes, les Perses avaient un grand respect pour les tombeaux et désapprouvaient leur profanation. Néhémie pesa sagement ses paroles afin de s’attirer la sympathie d’Artaxerxès pour sa demande concernant la ville où ses ancêtres avaient été inhumés.

Néhémie 2:4

J’ai prié. Néhémie était un homme de prière. Dans chaque danger, dans chaque difficulté, plus encore dans chaque crise, des prières montaient de ses lèvres (chap. 4:4, 9 ; 5:19 ; 6:14 ; 13:14 ; etc.). Par moments, comme maintenant, sa prière était offerte en silence, dans un instant fugitif. 6. La reine. Selon les historiens anciens, les femmes jouaient fréquemment un rôle majeur dans les décisions prises par le roi. On raconte de Xerxès qu’il était un jouet entre les mains de ses femmes, et que les aventures amoureuses et les intrigues du harem l’intéressaient davantage que la politique et l’administration. Darius II était entièrement gouverné par sa femme traîtresse et cruelle, Parysatis, qui était en même temps sa sœur, et dont on dit qu’elle se distinguait par sa soif de pouvoir. Le mot hébreu shegal est habituellement traduit par « reine », ici et dansPs. 45:9, le seul autre endroit où il est employé dans l’AT. Il vient de la racine shagal, « violer », « avoir des rapports sexuels », et signifie « concubine », comme la LXX l’a correctement traduit dansNeh. 2:6. La discussion rapportée ici eut lieu en présence de la reine. Néhémie décida probablement que c’était une occasion favorable pour présenter sa requête — peut-être avec le soutien manifeste de l’une des concubines d’Artaxerxès, qui pouvait être favorablement disposée envers Néhémie. Je lui fixai un délai. Il n’est pas précisé combien de temps Néhémie demanda, mais il semblerait probable que cela n’excédait pas deux ou trois ans, ce qui aurait suffi pour faire le voyage et achever les travaux. Le chap. 5:14 montre clairement que Néhémie fut absent de la cour pendant 12 ans, probablement bien plus longtemps qu’il ne l’avait prévu au départ. Il a peut-être obtenu des prolongations de son congé de temps à autre. Il est peu probable que Néhémie ait demandé un congé de 12 ans, car une si longue période ne lui aurait probablement pas été accordée. 7. Lettres. Il est significatif que Néhémie n’ait demandé aucune lettre pour les gouverneurs entre Suse et le nord de la Syrie. Il devait considérer cette partie de son voyage comme relativement sûre, car il n’y avait besoin d’aucune protection spéciale. Ses ennemis, toutefois, vivaient en Samarie, en Ammon et dans d’autres provinces entourant la Judée, qui appartenaient toutes à la satrapie « Au-delà du Fleuve ». Pour son voyage à travers cette région, il demanda une protection spéciale et des documents royaux autorisant son déplacement. Voir la Note additionnelle 1 à la fin du chapitre. 8. Forêt. Héb. pardes, mot d’emprunt perse. En grec, ce mot devint paradeisos, d’où dérive le mot « paradis ». En persan, le mot désigne un parc royal plutôt qu’une forêt. Néhémie mentionne trois usages auxquels le bois était destiné : (1) « Pour les portes du palais qui dépendait de la maison. » La « maison » est sans aucun doute le Temple, et le « palais », la forteresse à l’angle nord-ouest de l’enceinte du Temple. Cette forteresse à la fois

dominait et protégeait le Temple. La forteresse semble avoir été construite entre l’époque de Zorobabel et 444 av. J.-C., l’année du retour de Néhémie, et fut apparemment le précurseur de la forteresse Antonia construite par Hérode, selon Josèphe (Antiquités xv. 11. 4). Elle s’appelait à l’origine Baris, ce qui semble refléter l’hébreu birah, « palais », employé ici par Néhémie. (2) « Pour la muraille de la ville », en particulier pour les portes. (3) « Pour la maison où j’entrerai. » Néhémie pensait soit à son ancienne demeure familiale, qui pouvait être en ruines, soit à une nouvelle habitation qu’il avait peut-être prévu de construire. Il supposait apparemment que les pouvoirs qu’il demandait impliquaient sa nomination comme gouverneur de Judée et, à ce titre, il projetait de construire une maison convenable. Le roi m’accorda. Le fait qu’un roi aussi changeant ait accordé toutes les requêtes de Néhémie, sans réserve, ne pouvait s’expliquer que par l’influence divine. Néhémie le reconnut et rendit gloire à Dieu pour son succès (voir le commentaire surEzra 8:18). 9. Je me rendis auprès des gouverneurs. De son voyage à Jérusalem, Néhémie rapporte seulement qu’il rendit visite aux différents gouverneurs dont il traversa les territoires, en particulier dans la satrapie « Au-delà du Fleuve ». Ce faisant, il rencontra les ennemis des Juifs, qui allaient dès lors devenir ses ennemis mortels. En possession de lettres royales d’autorisation et accompagné d’une escorte de soldats perses, il ne rencontra en chemin ni difficulté ni danger. 10. Sanballat. Certaines remarques faites par Néhémie (voir chap. 4:1, 2) furent longtemps interprétées par les spécialistes comme indiquant que Sanballat était gouverneur de Samarie. Or, l’un des papyrus d’Éléphantine (Cowley, Aramaic Papyri, n° 30), rédigé en 407 av. J.-C., tranche définitivement la question en mentionnant directement Sanballat comme « gouverneur de Samarie ». Ce fait explique pourquoi il était un adversaire si dangereux pour Néhémie. Étant plus qu’un simple citoyen et disposant d’une armée (ch. 4:2), il était en mesure de causer beaucoup de tort et était déterminé à faire échouer les plans de Néhémie. Le Horonite. Néhémie ne révèle pas la fonction officielle de Sanballat et l’appelle seulement « le Horonite ». On ne sait pas si cette appellation est méprisante. On ne sait pas non plus si cette désignation indique que Sanballat venait de la ville moabite de Horonaïm (Jer. 48:34), qui n’a pas encore été identifiée ; ou s’il venait de l’une des deux villes de Beth-Horon (Joshua 16:3, 5; etc.), aujourd’hui Beit ‘Ur el–Foqa et Beit ‘Ur et– Ṭahta, à environ 12 mi au nord-ouest de Jérusalem à vol d’oiseau, et qui, du temps de Néhémie, appartenait à Samarie. Certains commentateurs suggèrent que le mépris de Néhémie pour Sanballat s’explique au mieux si ce dernier venait de Moab et n’était donc même pas un véritable Samaritain. Serviteur. Héb. ‘ebed, « serviteur », parfois employé dans des documents bibliques et extrabibliques pour désigner de hauts fonctionnaires (2 Kings 24:10, 11; Lam. 5:8). Ainsi, Tobiah a peut-être été un haut fonctionnaire de la province d’Ammon en Transjordanie. La famille de Tobiah devint plus tard l’une des familles les plus influentes de Transjordanie. L’un de ses descendants possédait un château en Ammon à l’époque des premiers Ptolémées et fournissait au roi d’Égypte des onagres (ânes sauvages), des chevaux et des chiens. Les ruines de son château à ‘Arâk el–Emir sont encore visibles, à mi-chemin entre Jéricho et Amman, et le nom de Tobiah est gravé sur les murs, à l’extérieur de l’entrée d’une grotte.

Les affligea grandement. Lorsque Zorobabel refusa la coopération des Samaritains pour la reconstruction du Temple (Ezra 4:3), un esprit d’animosité se développa entre les deux peuples et persista jusqu’à la destruction de Jérusalem par Titus. Cette inimitié a peut-être atteint d’autres nations voisines, telles que les Ammonites et les Arabes (voir Neh. 2:19; 4:7), surtout pendant la réforme d’Esdras (Ezra 9, 10). Lorsqu’ils apprirent les raisons du voyage de Néhémie et comprirent qu’il était venu favoriser les intérêts du peuple de Juda, ils lui firent probablement clairement comprendre qu’ils avaient des relations influentes à Jérusalem (Neh. 13:4–8, 28). Cela expliquerait le grand soin et le secret avec lesquels Néhémie mena ses premières investigations à son arrivée. 11. Trois jours. Comparez Ezra 8:32. Quelques jours de repos furent nécessaires après le long voyage. 12. Je me levai pendant la nuit. Jusqu’alors, Néhémie n’avait communiqué son projet à personne, excepté au roi de Perse. Il s’attendait à de l’opposition et avait décidé de déjouer ses adversaires aussi longtemps que possible en dissimulant ses plans précis. En inspectant la muraille de nuit, il espérait échapper aux regards. Pour cette raison également, il n’emmena avec lui que quelques serviteurs et une seule monture. Désireux de voir de ses propres yeux l’étendue des dommages causés à la muraille et l’ampleur des réparations nécessaires, il chercha aussi à attirer le moins d’attention possible. 13. La porte de la vallée. Pour comprendre l’inspection nocturne de Néhémie (v. 13–15), les différentes sections de la muraille au cours de la reconstruction (ch. 3) et la cérémonie de dédicace (ch. 12:27–43), il est essentiel de disposer d’une description des caractéristiques topographiques de Jérusalem. À ce sujet, voir la Note additionnelle sur le ch. 3 et Les murailles de Jérusalem à l’époque de Néhémie. Ceux qui incluent la colline occidentale dans la ville de Jérusalem à l’époque de Néhémie situent la porte de la Vallée près de l’angle sud-ouest de Jérusalem, en face de la vallée de Hinnom. Ceux qui limitent la ville de Néhémie aux deux collines orientales de Jérusalem situent la porte de la Vallée à peu près au milieu du mur occidental. C’était l’une ou l’autre de ces portes qu’Ozias avait fortifiées deux siècles plus tôt (2 Chron. 26:9). Il s’agissait très probablement de cette dernière porte, dont les vestiges furent découverts lors des fouilles anglaises de 1927, et qui donnait accès à la ville depuis la vallée du Tyropœôn. Le puits du Dragon. Le nom « Puits du Dragon » n’apparaît nulle part ailleurs dans la Bible. Ce puits est généralement identifié à l’En-Roguel (Joshua 15:7; etc.), aujourd’hui appelé le puits de Job, ou le puits de Néhémie, à la jonction des vallées de Hinnom et du Cédron. Cette identification ne peut être retenue que si l’expression hébraïque ’el–pene, traduite par « avant » dans la KJV, peut avoir le sens de « dans la direction de », ce qui est loin d’être certain. Cependant, si cette expression signifie « [en passant] par » ou « en face de », alors le puits du Dragon a dû se tarir depuis l’époque de Néhémie. Dans ce cas, il se trouvait soit dans la partie occidentale de la vallée de Hinnom, soit à mi-chemin dans la vallée du Tyropœon, selon l’opinion retenue concernant l’étendue de Jérusalem à l’époque de Néhémie. La porte du Fumier. Cette porte se trouvait à 1 000 coudées (environ 1 458 pieds ; 444,4 m) de la porte de la Vallée (ch. 3:13). La « porte du Fumier » a apparemment reçu son nom du fait que les déchets de la ville étaient transportés par cette porte jusqu’à la vallée de Hinnom. Examina les murailles. En sortant de la ville par la porte de la Vallée, Néhémie inspecta la muraille depuis l’extérieur afin d’évaluer l’étendue des dégâts infligés à cette partie de la muraille. Les sections de muraille qui entouraient la partie nord de la ville, Néhémie a peut-être

pu observer discrètement en approchant de Jérusalem, ainsi que pendant ses visites au Temple et aux fonctionnaires, qui vivaient apparemment dans le quartier nord de la ville. 14. La porte de la Fontaine. Cette porte se trouvait à l’angle sud-est de la ville, en face du puits d’En-Roguel, aujourd’hui appelé le puits de Job, ou le puits de Néhémie. Le bassin du roi. Ce nom n’apparaît nulle part ailleurs dans la Bible. On ne sait pas avec certitude si Néhémie fait référence au bassin de Siloé, alimenté par la source de Siloé au moyen du tunnel d’Ézéchias (voir l’explication sur 2 Rois 20:20), ou le bassin de Salomon, qui, selon Josèphe (Guerres v. 4. 2), se trouvait dans la partie basse de la vallée du Cédron. S’il est question du bassin de Siloé, Néhémie a dû rentrer dans la ville par la porte de la Fontaine, mais il rencontra tant de décombres dans cette partie de la ville qu’il revint sur ses pas sans pouvoir achever son inspection. S’il est question du bassin de Salomon, Néhémie passa alors devant la porte de la Fontaine et rencontra une quantité inhabituelle de décombres infranchissables dans la partie basse de la vallée du Cédron. 15. Le torrent. Probablement la vallée du Cédron. En remontant la vallée à cheval, Néhémie pouvait voir très haut au-dessus de lui les murailles en ruine de Jérusalem. C’était probablement une nuit de pleine lune. Sinon, il n’aurait pas pu voir grand-chose, car une distance considérable séparait la muraille orientale située sur le versant de la colline méridionale du lit de la vallée du Cédron, où il chevauchait. Revint sur ses pas. On ignore jusqu’où Néhémie suivit la vallée du Cédron vers le nord. Son inspection de la muraille n’incluait probablement pas la partie située à l’est du Temple. Il connaissait peut-être déjà l’étendue des dégâts qui s’y trouvaient, grâce à ses visites précédentes dans la zone du Temple. Après avoir repris ses pas jusqu’à la porte de la Vallée, Néhémie et ses quelques compagnons (v. 12) rentrèrent dans la ville sans être remarqués. 16. Les chefs. À son arrivée à Jérusalem, Néhémie n’avait trouvé personne exerçant seul l’autorité, mais plusieurs personnes appelées « chefs » et « nobles ». La différence entre ces deux classes n’est pas claire. La première pouvait être constituée de fonctionnaires nommés, et la seconde de chefs de famille. Les autres. Soit des administrateurs de la ville qui n’étaient pas compris parmi les « chefs » et les « nobles », soit des hommes auparavant occupés à reconstruire la muraille. 17. Je leur dis alors. Néhémie n’attendit pas longtemps avant de passer à l’action. Le lendemain de son inspection nocturne des murailles, un groupe représentatif des anciens des villages et des villes se réunit pour entendre son rapport. Dans son discours, il leur rappela la situation honteuse qui régnait dans la nation, relata l’aide divine dont il avait bénéficié dans ses rapports avec le roi et exposa l’étendue de son autorité. Son discours eut l’effet escompté et aboutit à une résolution enthousiaste et apparemment unanime de « se lever et de bâtir ». 19. Sanballat. Sur Sanballat et Tobija, voir l’explication au v. 10. Guéshem l’Arabe. Lorsqu’il devint évident que Sanballat était gouverneur de Samarie (voir l’explication au v. 10) et que Tobija était peut-être gouverneur d’Ammon, ou du moins un chef influent de cette nation, on avança également que Guéshem (ou Gashmu ; voir ch. 6:6) avait pu occuper une position similaire dans la province perse d’Arabie. Cette dernière comprenait apparemment Édom, car Néhémie ne mentionne jamais Édom. Cette supposition est corroborée par la découverte récente d’inscriptions gravées par les Lihyanites, qui chassèrent les Édomites au Ve siècle av. J.-C., et dans lesquelles un Guéshem est mentionné comme souverain de Dédan.

Se moqua de nous. Soit en envoyant des messagers, comme le fit Sennachérib (2 Rois 18:17–35), ou par une communication écrite officielle. 20. Alors je répondis. Il convient de remarquer que Néhémie ne prêta aucune attention à la grave accusation portée alors contre lui, celle de comploter une rébellion. Il ne fait pas non plus référence à l’autorisation royale qu’il détenait, mais laisse plutôt ses ennemis supposer qu’il agissait de sa propre autorité. Il devait certainement avoir ses raisons d’envoyer à ses adversaires la réponse qu’il leur fit. Le Dieu des cieux. Néhémie, homme profondément religieux, savait compter sur Dieu. Au lieu d’invoquer un décret royal, il se référait à la plus haute autorité possible, celle dont l’autorisation était venue. Comparez la réponse de Zorobabel à Tattenaï : « Nous sommes les serviteurs du Dieu des cieux et de la terre, et nous bâtissons la maison » (Esdras 5:11). Vous n’avez aucune part. De même que la prétention des Samaritains à avoir le droit d’intervenir dans les affaires juives fut rejetée lorsqu’ils vinrent offrir leur aide (Esdras 4:2, 3), de même maintenant, lorsque leur ingérence prit un caractère hostile, elle fut rejetée avec encore plus de vigueur et d’indignation. On leur dit que ce qui se passait à Jérusalem ne les regardait en rien, et qu’ils n’avaient même pas la moindre place dans la mémoire des habitants. Néhémie expliqua clairement qu’il n’attendait aucune intervention de leur part et qu’ils devaient s’occuper des affaires de leurs propres communautés, sans troubler les adorateurs du vrai Dieu. Jusqu’alors, Néhémie avait évité l’opposition en dissimulant ses plans, mais dès que l’opposition apparut, il l’affronta courageusement. NOTES ADDITIONNELLES SUR LE CHAPITRE 2 Note 1 Un groupe de documents araméens publié en 1954 (voir la discussion p. 80) en comprend un que l’on peut comparer à un passeport officiel. Il fut rédigé par Arsham, le satrape d’Égypte, qui se trouvait à Suse ou à Babylone au moment de sa rédaction, à l’usage de certains de ses hommes se rendant en Égypte pour affaires officielles. Ce document est sans aucun doute semblable à celui que Néhémie reçut du roi, et il est donc important pour en comprendre la nature. Bien que le document ne soit pas daté, il appartient à l’époque de Néhémie, car Arsham, contemporain de Néhémie, fut satrape d’Égypte pendant de nombreuses années au cours de la seconde moitié du Ve siècle av. J.-C. Le document est adressé à plusieurs fonctionnaires responsables de villes ou de provinces situées sur la route entre la Perse et l’Égypte, auxquels il est demandé de fournir des provisions aux détenteurs de ce permis de voyage. Parmi les villes mentionnées, seuls les emplacements d’Arbel, l’Erbil moderne dans le nord de l’Irak, et de Damas en Syrie sont connus. Puisque ce document illustre le type d’autorisation que Néhémie reçut d’Artaxerxès pour son voyage en Judée, nous en présentons ci-dessous une traduction complète (voir G. R. Driver, Aramaic Documents of the Fifth Century B.C. [1954], p. 20) : 1. D’Arsham à Marduk, l’officier qui est à A[..]kad, à Nabu-dala, l’officier qui est à Lair, à Zatuhay, l’officier qui est [à] Arzuhin, à Apastabar, l’officier qui est à Arbel, à Hala et Matilabashi, et à Bagapat, l’officier(s) 2. qui sont à Salam, à Pradaparna et à Guzan, les officiers qui sont à Damas. Et maintenant, voici ! Un nommé Nehtihur, [mon] officier, se rend en Égypte. Donnez-lui [en guise de] provisions sur mes domaines dans vos provinces 3. chaque jour deux mesures de farine blanche, trois mesures de farine inférieure (?), deux mesures de vin ou de bière, et un mouton, et pour ses serviteurs, 10 hommes,

4. une mesure de farine par jour pour chacun, (et) du foin selon le nombre de ses chevaux ; et fournissez des provisions à deux Ciliciens (et) à un artisan, tous trois mes serviteurs qui l’accompagnent en Égypte, pour chacun et



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4 (Romains 12:12). Prier avec instance—Dieu, dans sa providence, ne nous permet pas de connaître la fin dès le commencement ; mais il nous donne la lumière de sa Parole pour nous guider au fil du chemin et nous demande de garder nos pensées fixées sur Jésus. Où que nous soyons, quel que soit notre travail, nos cœurs doivent être élevés vers Dieu dans la prière. C’est cela, prier avec instance. Nous n’avons pas besoin d’attendre de pouvoir nous agenouiller avant de prier. Un jour, lorsque Néhémie se présenta devant le roi, celui-ci lui demanda pourquoi il avait l’air si triste et quelle requête il avait à lui présenter. Mais Néhémie n’osa pas répondre immédiatement. Des intérêts importants étaient en jeu. Le destin d’une nation dépendait de l’impression qui allait alors se faire dans l’esprit du monarque ; et Néhémie adressa rapidement une prière au Dieu du ciel avant d’oser répondre au roi. Le résultat fut qu’il obtint tout ce qu’il avait demandé, et même désiré (Historical Sketches of the Foreign Missions of the Seventh-day Adventists, 144).

Néhémie 2:5

chaque homme, chaque jour, une mesure de farine ; et donnez-leur ces provisions, chacun de vos officiers à tour de rôle, selon l’étape de son voyage de province en province jusqu’à ce qu’il atteigne l’Égypte ;

Néhémie 2:6

et, s’il séjourne plus d’un jour dans (n’importe quel) endroit, ne leur attribuez ensuite plus de provisions pour ces jours. Bagasaru a connaissance de cet ordre. Dusht est le scribe. Note 2 Le doute quant à savoir quel Artaxerxès est le monarque perse du livre de Néhémie a presque entièrement disparu depuis la découverte des papyrus d’Éléphantine. Les preuves contenues dans certains de ces papyrus établissent pratiquement que Néhémie exerçait sa fonction de gouverneur de Judée sous Artaxerxès Ier. Selon deux papyrus d’Éléphantine (Cowley, papyrus nos 30 et 31), Johanan était grand prêtre à Jérusalem en 410 av. J.-C. Il est également mentionné dans Néh. 12:22, 23 (voir Esdras 10:6) en tant que fils du grand prêtre Éliashib, qui exerçait ses fonctions sous Néhémie (Néh. 3:1). Josèphe (Antiquités xi. 7. 1), toutefois, affirme que Johanan était le petit-fils d’Éliashib, ce qui semble concorder avec la déclaration faite dans Néh. 12:22 que Joiada était grand prêtre entre Éliashib et Johanan. Que Johanan ait été le fils ou le petit-fils d’Éliashib est toutefois sans importance pour notre argument, car nous cherchons à établir que, selon les deux sources, la Bible et Josèphe, le grand prêtre Éliashib de l’époque de Néhémie a précédé le grand prêtre Johanan, qui exerçait ses fonctions en 410 av. J.-C. Cela exige que Néhémie soit rattaché au règne du roi Artaxerxès Ier, puisque Artaxerxès II ne commença à régner qu’après l’époque de ces documents, contemporains du fils ou du petit-fils d’Éliashib. Un argument supplémentaire vient de la mention de « Delaiah et Shelemiah, les fils de Sanballat, gouverneur de Samarie » (Cowley, n° 30, ligne 29). Cela montre que Sanballat, l’ennemi le plus acharné de Néhémie, était encore gouverneur de la province de Samarie en 407 av. J.-C., lorsque la lettre fut écrite (voir l’explication du ch. 2:10). Étant donné que la lettre adresse son appel aux fils de Sanballat, il semble que celui-ci devait être un homme âgé et qu’il leur avait transféré l’administration. L’époque où Sanballat réglait seul les affaires semble avoir été révolue et, puisque l’œuvre de Néhémie se situait clairement à l’époque où Sanballat était activement chargé des affaires de l’État en Samarie, il devient évident que le seul Artaxerxès sous lequel Néhémie aurait pu exercer ses fonctions était Artaxerxès Ier, mort en 423 av. J.-C. Ces dernières années, peu de spécialistes ont mis en doute le fait que l’Artaxerxès de Néhémie était Artaxerxès Ier.

Néhémie 2:8



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8, 18. La bonne main de Dieu reconnue—Le Seigneur nous demande de renoncer au moi en Jésus-Christ et de laisser toute la gloire revenir à Dieu. Notre vie appartient au Seigneur et elle est investie d’une responsabilité que nous ne comprenons pas pleinement. Les fils du moi se sont tissés dans l’étoffe, et cela a déshonoré Dieu. Néhémie, après avoir acquis une si grande influence sur le monarque à la cour duquel il vivait et sur son peuple à Jérusalem, au lieu d’attribuer les louanges à ses propres qualités éminentes, à son aptitude remarquable et à son énergie, exposa la chose telle qu’elle était. Il déclara que son succès était dû à la bonne main de Dieu qui était sur lui. Il chérissait la vérité selon laquelle Dieu était sa sauvegarde dans toute position d’influence. Pour chaque trait de caractère par lequel il avait obtenu la faveur, il louait la puissance agissante de Dieu par l’intermédiaire de ses agents invisibles. Et Dieu lui donna la sagesse parce qu’il ne s’était pas exalté lui-même. Le Seigneur lui enseigna comment utiliser au mieux les dons qui lui étaient confiés et, sous la supervision de Dieu, ces talents en acquirent d’autres. Cet agent humain pouvait être mis à l’œuvre par des agents divins (Letter 83, 1898).

Néhémie 2:12



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12-15. Les anges voient l’Église comme Néhémie voyait Jérusalem—Le cœur accablé de tristesse, le visiteur venu de loin contemplait les défenses en ruines de sa bien-aimée Jérusalem. N’est-ce pas ainsi que les anges du ciel considèrent la condition de l’Église du Christ ? Comme les habitants de Jérusalem, nous nous accoutumons aux maux existants et nous nous contentons souvent de ne rien faire pour y remédier. Mais comment ces maux sont-ils considérés par des êtres divinement éclairés ? Ne regardent-ils pas, comme Néhémie, avec un cœur accablé de tristesse, les murs en ruines et les portes brûlées par le feu ?

Néhémie 2:17



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17, 18. Nécessité : des Néhémie—L’Église a besoin aujourd’hui de Néhémie, non pas seulement d’hommes capables de prier et de prêcher, mais d’hommes dont les prières et les sermons soient soutenus par une ferme résolution et un zèle ardent. La conduite suivie par ce patriote hébreu dans l’accomplissement de ses plans est une conduite que les prédicateurs et les hommes dirigeants devraient encore adopter. Après avoir établi leurs plans, ils devraient les présenter à l’Église de manière à gagner son intérêt et sa coopération. Que le peuple comprenne les plans et participe à l’œuvre, et il s’intéressera personnellement à sa prospérité. Le succès qui accompagna les efforts de Néhémie montre ce que la prière, la foi et une action sage et énergique peuvent accomplir. Une foi vivante poussera à l’action énergique. L’esprit manifesté par le dirigeant se reflétera dans une grande mesure chez le peuple. Si les dirigeants qui professent croire aux vérités solennelles et importantes destinées à mettre le monde à l’épreuve en ce temps ne manifestent pas un zèle ardent pour préparer un peuple à se tenir au jour de Dieu, nous devons nous attendre à ce que l’Église soit insouciante, indolente et portée aux plaisirs (The Southern Watchman, March 29, 1904).

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