Seventh-day Adventist Bible CommentaryJob 1

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

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Introduction

Le livre de JOB INTRODUCTION 1. Titre. Le livre porte pour titre le nom de son personnage principal—Job, héb. ’Iyyob. 2. Auteur. La tradition juive ancienne, bien qu’elle ne fût pas unanime, attribuait la rédaction du livre à Moïse. Le Talmud babylonien affirme : « Moïse a écrit son propre livre, ainsi que les passages concernant Balaam et Job » (Baba Bathra, 14b, 15a). Cette affirmation est rejetée par la plupart des spécialistes modernes, ainsi que par beaucoup de ceux d’une époque antérieure. Certains proposent Elihu, Salomon et Esdras comme auteurs possibles. D’autres pensent que le livre est l’œuvre d’un auteur anonyme, peut-être de l’époque de Salomon, de celle de David ou de l’ère de la Captivité. Toutes ces hypothèses, développées longuement par divers auteurs, sont conjecturales et ne reposent pas sur des preuves suffisantes, internes ou externes, permettant une identification certaine. Il reste beaucoup d’arguments en faveur de la tradition qui attribue le livre à Moïse. Moïse passa 40 ans en Madian, ce qui lui aurait fourni un contexte suffisant pour la forte coloration arabe qui se manifeste dans tout le livre. Les origines égyptiennes de Moïse expliquent également les allusions à la vie et aux pratiques égyptiennes qui apparaissent dans le livre. La représentation de Dieu comme créateur et soutien s’accorde bien avec le récit de la création conservé dans un autre livre écrit par Moïse (voir Ed 159). Certains spécialistes s’opposent à l’attribution mosaïque en raison de la dissemblance de style entre Job et les autres livres attribués à Moïse. L’argument stylistique est fragile. Désigner Moïse comme l’auteur du livre de Job n’exclut pas la possibilité qu’une grande partie du matériau ait déjà existé sous forme écrite—rédigée peut-être de la main de Job lui-même. Le sujet de Job est entièrement différent de celui des autres livres de Moïse et nécessiterait un traitement différent. En revanche, on peut démontrer de frappantes similitudes de style. Par exemple, certains mots employés dans le livre de Job apparaissent également dans le Pentateuque, mais nulle part ailleurs dans l’Ancien Testament ; beaucoup d’autres mots communs à Job et au Pentateuque sont rarement utilisés par les autres écrivains de la Bible. Le titre ’El–Shaddai, « le Tout-Puissant » (voir vol. I, p. 171), est utilisé 31 fois dans le livre de Job et 6fois dans le livre de la Genèse, mais n’apparaît sous cette forme particulière nulle part ailleurs dans la Bible. 3. Cadre historique. Le livre de Job est un poème de l’expérience humaine, dont l’auteur est un prophète de Dieu. Les commentaires ci-dessus révèlent l’époque approximative de la rédaction du livre—durant le séjour de Moïse en Madian. Job a peut-être été contemporain de Moïse. Cette conception de la date de rédaction explique pourquoi le livre ne mentionne pas l’Exode ni les événements qui l’ont suivi. Ces événements ne s’étaient pas encore produits. Les spécialistes qui cherchent à situer Job à l’époque de Salomon ou plus tard doivent expliquer l’absence de telles allusions historiques dans Job. La ressemblance entre Job et la littérature sapientielle n’indique pas que Job ait copié le style de Salomon ou de ses contemporains. Il est tout aussi raisonnable de supposer que Salomon ait été influencé par un chef-d’œuvre tel que Job que de supposer l’inverse. Nous n’avons besoin d’adopter aucune de ces positions. Le cadre évident de Job est celui de la culture du désert d’Arabie. Chose étrange, ce n’est pas un cadre israélite. Il y avait des adorateurs de Dieu en dehors des limites des descendants d’Abraham. Le cadre n’est ni politique, ni militaire, ni ecclésiastique. Job apparaît plutôt dans un contexte domestique, commun à son époque. Il était riche

propriétaire terrien, honoré et aimé de ses compatriotes. On ne peut l’identifier à aucune dynastie ni à aucun clan dirigeant. Il se détache dans l’histoire, figure solitaire et majestueuse, important en raison de son expérience personnelle plutôt qu’en raison de ses rapports avec son époque ou ses contemporains. 4. Thème. C’est l’histoire d’un homme qui retrouve le chemin d’une vie normale après une série de revers terribles et inexplicables. Les éléments de fond qui rendent la situation dramatique sont (1) le contraste entre la prospérité de Job et son abaissement, (2) la soudaineté de son malheur, (3) le problème posé par la philosophie de la souffrance courante à son époque, (4) la cruauté de ses amis, (5) la profondeur de son découragement, (6) l’ascension progressive vers la confiance en Dieu, (7) l’apparition spectaculaire de Dieu, (8) la repentance de Job, (9) l’humiliation de ses amis, (10) le rétablissement de Job. Aucune affirmation isolée ne suffit à rendre compte de l’enseignement complexe du livre. De nombreux thèmes secondaires s’intègrent au thème principal, faisant ressembler le livre dans son ensemble à une symphonie d’idées. L’une des plus grandes contributions du livre est le portrait qu’il donne de Dieu. Jamais la gloire et la profondeur de Dieu n’ont été exprimées avec plus d’éloquence, si ce n’est dans la personne de Jésus-Christ lui-même. Satan tente de diffamer Dieu, les circonstances incitent Job à douter de l’amour de Dieu, ses amis interprètent mal Dieu ; pourtant, à la fin, Dieu se révèle si magnifiquement que Job est amené à s’exclamer : « Maintenant, mon œil te voit » (ch. 42:5). Il est significatif que, même au plus profond de sa douleur, Job pleure davantage ce qui lui semble être la perte de Dieu que la perte de ses biens et de sa famille. Dieu se tient au centre du livre, parfois caché par les nuages de l’incompréhension, mais finalement reconnu comme un Créateur juste et aimant. Le problème de la souffrance occupe également une place importante dans le livre. Dès le début, le lecteur du récit connaît la raison des malheurs de Job. Job n’était pas au courant des intrigues de Satan contre lui. Au contraire, Job et ses amis étaient profondément imprégnés d’une tradition qui affirmait que la souffrance était toujours le châtiment d’un péché précis. Job n’avait pas conscience d’un tel péché et se trouvait confronté à la difficulté de trouver une explication à son malheur. Face aux obstacles de l’incompréhension et de la déformation de la vérité, placés sur son chemin par la tradition dominante, Job dut passer du désespoir à la confiance. Dans sa maladie, Job fut confronté à la mort. Il fut ainsi amené à réfléchir à la condition de l’homme après la mort. Job considérait la mort comme un sommeil (ch. 14:12), suivi d’une résurrection (v. 14, 15). La présence de cette affirmation a été une pierre d’achoppement pour les commentateurs qui croient à l’état conscient des morts. De nombreuses interprétations fantaisistes ont été proposées des références de Job à la vie future, bien que ces références soient pleinement en harmonie avec l’enseignement d’autres Écritures. Un autre thème secondaire est la personnification de la Sagesse. Comme Salomon le fit plus tard, Job exaltait la sagesse comme le bien suprême. Les deux auteurs associent la sagesse à « la crainte de l’Éternel » (Job 28:28; Prov. 15:33). Pour interpréter le livre de Job, il faut distinguer les idées qui expriment la vérité divine des déclarations de sentiments et d’opinions personnels exprimées par les divers personnages du récit. Par exemple, la philosophie de la souffrance exposée par les amis de Job n’est pas correcte. Elle reflète la pensée erronée de l’époque. Les discours amers ne sont pas en harmonie avec la volonté de Dieu. L’inspiration a rapporté les conceptions erronées de certains hommes, mais cela ne rend pas ces idées justes. Le lecteur de Job doit toujours distinguer les vérités que Dieu enseigne des idées erronées souvent

exprimé par les porte-parole humains. Utiliser, par exemple, une déclaration de Bildad pour établir une doctrine, c’est suivre un principe d’interprétation discutable. Dans le commentaire du livre, des interprétations différentes sont données pour certains passages. La principale raison en est l’obscurité du texte hébreu. Les mots hébreux ont souvent plusieurs sens. Ces sens sont fréquemment très dissemblables, voire opposés. Dans certains cas, une déclaration peut être interprétée de plusieurs façons. Dans de telles situations, différentes interprétations possibles sont proposées. Parfois, l’hébreu est si obscur qu’il faut recourir à la conjecture. Ces difficultés, toutefois, n’affectent pas matériellement le sens général du texte. L’élément étonnant du livre de Job est l’habileté littéraire avec laquelle le thème est développé. Le professeur George Foot Moore, de l’Université Harvard, considère cette composition comme la plus grande œuvre de la littérature hébraïque qui nous soit parvenue, et comme l’une des plus grandes œuvres poétiques de la littérature mondiale. Un autre élogiste l’appelle « le Cervin de l’Ancien Testament ». Le livre de Job ne peut être bien compris sans prêter attention à sa structure. Le livre est manifestement un poème. La base de la poésie hébraïque est le parallélisme. Il s’agit d’une forme poétique dans laquelle une idée est exprimée en deux courtes phrases. Parfois, les deux phrases sont presque identiques, comme au chap. 3:25. Parfois, la seconde expression développe la première et ajoute une pensée supplémentaire (voir chap. 5:12). Pour une discussion des parallélismes hébraïques, voir p. 24–27. Le livre comporte trois divisions : prologue, poème, épilogue. Le poème est divisé en trois parties : les dialogues entre Job et ses amis, le discours d’Élihu, l’intervention de Dieu. Dans les échanges de Job avec ses amis, il y a trois cycles, chacun contenant trois discours de Job et un discours de chacun de ses amis (à l’exception de l’absence du discours de Tsophar dans le troisième cycle). Dans le dernier discours de Job, il y a trois prises de parole. Dieu est présenté comme prononçant trois discours. L’épilogue est divisé en trois parties. Cette structure peut même se retrouver dans la construction de certains discours individuels du livre. Un tel agencement n’a rien de surprenant ; il est en parfaite harmonie avec le génie de la poésie hébraïque. (Voir le commentaire du chap. 27:13 pour l’opinion selon laquelle Tsophar a prononcé un troisième discours.) Quelques mots s’imposent au sujet de la répétition dans le livre de Job. Le lecteur moyen est impressionné — et parfois découragé — par les nombreux cas où la même idée est répétée. Il faut se rappeler que tous les discours des amis de Job visaient à prouver une seule idée : le malheur doit être interprété comme une punition. Élihu a également développé un thème principal : le malheur doit être interprété comme une discipline. Job, en revanche, poursuivait un seul objectif : la justification de son intégrité contestée. Dans chaque cas, toutes les ressources sont exploitées pour démontrer la thèse. Cela conduit à exprimer la même pensée dans de nombreux contextes différents ; par exemple, chacun des amis parcourt le même terrain, insiste sur les mêmes idées et emploie souvent les mêmes expressions. Il faut observer que la répétition cesse de dominer lorsque Dieu commence à parler. Les discours des amis ont été comparés à autant de roues tournant autour du même axe. Leur uniformité rend cette comparaison pertinente. Le discours d’Élihu représente l’émotion contenue d’un jeune homme enthousiaste à propos de ce qu’il considère comme une grande idée. Les discours de Dieu sont différents. Ils forment une catégorie à part. Tout au long des paroles divines, il y a une progression. Chaque phrase est pleine de sens. Les discours de Dieu sont une révélation claire de l’Être divin, qui utilise les objets de la création comme moyen de

expression. Ces faits doivent être reconnus par l’étudiant du livre de Job afin que le plan du livre puisse être interprété correctement. 5. Plan. I. Prélude en prose, de 1:1 à 2:13. A. Job et sa famille, 1:1–5. B. Satan obtient la permission d’affliger Job, 1:6–12. C. Satan afflige Job, 1:13–19. D. Démission de Job, 1:20–22. E. Satan frappe Job d’une maladie, 2:1–10. F. Arrivée des trois amis, 2:11–13. II. Les dialogues entre Job et ses amis, 3:1 à 31:40. A. Le premier cycle, 3:1 à 11:20. 1. Premier discours de Job : son profond découragement, 3:1–26. 2. Discours d’Éliphaz : Job réprimandé, 4:1 à 5:27. 3. Deuxième discours de Job : la gravité de son affliction, 6:1 à 7:21. 4. Discours de Bildad : Job accusé d’être un pécheur, 8:1–22. 5. Troisième discours de Job : plainte concernant la manière dont Dieu agit envers lui, 9:1 à 10:22. 6. Discours de Tsophar : un appel à la repentance, 11:1–20. B. Le deuxième cycle, 12:1 à 20:29. 1. Premier discours de Job : il maintient son intégrité, 12:1 à 14:22. 2. Discours d’Éliphaz : il réprimande Job pour son impiété, 15:1–35. 3. Deuxième discours de Job : il accuse ses amis d’être sans compassion, 16:1 à 17:16. 4. Discours de Bildad : il insiste sur le fait que le malheur atteint les méchants, 18:1–21. 5. Troisième discours de Job : il exprime sa foi en la résurrection, 19:1–29. 6. Discours de Tsophar : il décrit le châtiment présent et futur des méchants, 20:1–29. C. Le troisième cycle, 21:1 à 31:40. 1. Premier discours de Job : il soutient que les méchants prospèrent parfois, 21:1–34. 2. Discours d’Éliphaz : il exhorte Job à se repentir, 22:1–30. 3. Deuxième discours de Job : il exprime son désir d’avoir l’occasion de comparaître devant Dieu, 23:1 à 24:25. 4. Discours de Bildad : il affirme que l’homme ne peut être justifié devant Dieu, 25:1–6. 5. Troisième discours de Job, le plus long : il passe en revue son expérience et maintient son innocence, 26:1 à 31:40. III. Les discours d’Élihu, 32:1 à 37:24. A. Introduction et premier discours : il présente une nouvelle philosophie de la souffrance, 32:1 à 33:33. B. Deuxième discours : il s’efforce de justifier Dieu, 34:1–37. C. Troisième discours : il estime que Dieu n’a pas prêté attention Job, 35:1–16. D. Quatrième discours : il présente le Dieu de l’orage, 36:1 à 37:24. IV. Réponse de Dieu, 38:1 à 41:34. A. Première adresse : l’univers physique révèle Dieu, 38:1–41. B. Deuxième adresse : la vie animale révèle Dieu, 39:1–30. C. Troisième adresse : le béhémoth et le léviathan révèlent Dieu, 40:1 à 41:34. V. Épilogue en prose, 42:1–17. A. Reconnaissance de Dieu par Job, 42:1–6. B. Job prie pour ses amis, 42:7–9. C. Rétablissement de Job, 42:10–17.

Job 1:1

1. Uz. Cette localisation géographique n'a pas été identifiée avec certitude. Selon Lam. 4:21, "le pays d'Uz" à l'époque de Jérémie était assimilé à Edom, ou bien la "fille d'Edom" habitait loin de chez elle, dans un pays qui avait peut-être été conquis par Edom. Cette dernière hypothèse est probablement correcte, car "le pays d'Uz" et Édom sont mentionnés séparément dans un long catalogue de nations qui devaient subir la vengeance divine(Jérémie 25:20, 21). Cependant, les rares données scripturaires concernant la résidence des compagnons de Job, Eliphaz, Bildad et Zophar(Job 2:11), semblent indiquer qu'ils venaient de quelque part dans les environs d'Édom. Par exemple, Eliphaz était un Témanite. Edom et Teman sont cités d'une manière qui les relie étroitement (voir Jér. 49:7, 20; Eze. 25:13; Amos 1:11, 2; Obadiah 8, 9). La tribu de Bildad, comprenant les Shuhites, est probablement issue de Keturah, la concubine d'Abraham(Gen. 25:2). Buz, la maison du quatrième compagnon de Job, Elihu(Job 32:2), est également liée à Tema, la ville natale d'Eliphaz (voir Jer. 25:23).

Malgré ces preuves qui indiquent que la région d'Édomite est le lieu d'Uz, d'autres facteurs ont conduit certains à des conclusions différentes. Les LXX pour Uz ont Ausites, qui serait une région située dans la partie nord du désert d'Arabie entre la Palestine et l'Euphrate. Gesenius défend cette localité comme étant l'Uz de Job 1:1. Sa proximité avec la Chaldée, d'où sont venues les bandes de maraudeurs qui ont emporté les chameaux de Job(v. 17), tend à accréditer cette théorie. D'autre part, on ne peut pas toujours se fier au témoignage des LXX, comme par exemple à l'affirmation de l'appendice des LXX de Job qui prétend que Job était un des rois d'Edom.

D'autres traditions, conservées par les Arabes, situent Uz dans les environs de Damas. En fait, une localité située à 40 miles au sud-ouest de Damas porte encore le nom de Deir Eiyub, perpétuant ainsi le nom de Job. Ce lieu et celui du nord de l'Arabie ont été défendus dans la mesure où Job est décrit comme le plus grand des "hommes de l'Orient"(v. 3). On suppose que ce terme s'applique au territoire situé à l'est de la Palestine. Les environs d'Edom ne seraient donc pas qualifiés géographiquement. D'autre part, si l'on considère que Moïse est l'auteur du livre (voir Introduction, p. 493), son orientation géographique peut avoir été celle de l'Égypte ou de Madian plutôt que de la Palestine

Il y a peu d'autres éléments dans le livre lui-même pour aider à identifier Uz. Les fils et les filles de Job vivaient dans une région où un "grand vent du désert" les frappait(v. 19). Ils vivaient dans une région cultivée où "les bœufs labouraient, et les ânes paissaient à côté d'eux"(v. 14). La maison de Job se trouvait dans ou près d'une ville(ch. 29:7). L'image, aussi fragmentaire soit-elle, semble être celle d'une zone marginale de fermes et de villes en bordure d'un désert. Une telle situation ne serait pas rare dans de nombreuses régions de l'Est.

Job. Heb. 'Iyyob, que certains considèrent comme provenant de la racine 'ayab, signifiant " être hostile ", " traiter comme un ennemi ". Par conséquent, " Job " peut signifier " l'assailli "."Gesenius suggère que l'idée première de 'ayab peut être celle de respirer, de souffler ou de souffler sur quelqu'un, pour exprimer la colère ou la haine. Cependant, il n'est pas possible d'établir que le nom " Job " provient de cette racine. Néanmoins, il n'est pas rare dans les Écritures que le nom d'un homme décrive sa principale caractéristique. Ces noms ont sans doute été attribués plus tard dans la vie, comme le nom "Israël"(Gen. 32:28). Le nom de "Job" est inconnu dans la littérature hébraïque, mais il apparaît dans les Lettres d'Amarna du XIVe siècle avant J.-C., sous la forme Ayyâb. Le nom est également attesté dans des documents cunéiformes de Mari, où il est écrit Ayyâbum. Le "Job" de Gen. 46:13 ne vient pas de l'héb. 'Iyyob mais de Yob.

Dans le cimetière de Rock Creek à Washington, D.C., se trouve la célèbre statue du chagrin réalisée par Augustus Saint-Gaudens. Elle est censée être l'incarnation de tout le chagrin humain. Un critique français a déclaré à son sujet : "Je ne connais pas d'œuvre aussi profonde dans ses sentiments, aussi exaltée dans son art, et exécutée par des méthodes aussi simples et larges". La Bible a son "incarnation du chagrin" en la personne de Job. En paraphrasant le critique d'art, il n'y a rien de plus profond dans le sentiment ou de plus exalté dans son art que ce livre.

Parfait. Héb. tam. Ce mot n'implique pas nécessairement l'absence absolue de péché. Il signifie plutôt la complétude, l'intégrité, la sincérité, mais dans un sens relatif. L'homme "parfait" aux yeux de Dieu est celui qui a atteint le degré de développement que le Ciel attend de lui à un moment donné. Le terme hébreu tam est équivalent au grec teleios, qui est souvent traduit par "parfait" dans le NT mais qui est mieux traduit par "adulte" ou "mûr" (voir 1 Cor. 14:20, où teleioi est traduit par "hommes" par opposition à "enfants"). Il est difficile de trouver un mot qui soit adéquat pour traduire tam. Certains traducteurs, suivant les LXX, ont utilisé le mot "irréprochable", ce qui ne semble pas suffisant pour impliquer la connotation positive de plénitude et d'intégralité présente dans tam.

Droit. Heb. yashar, "droit", "niveau", "juste", "droit".

Craint Dieu. Une expression biblique commune dénotant la loyauté et la dévotion envers Dieu. Ici, le contraste est voulu entre Job, qui était fidèle à Dieu, et ceux qui adoraient d'autres divinités.

Il s'est détourné. L'idée est d'éviter le mal, de s'en détourner comme de la présence d'un danger. Les quatre idées incluses dans ce verset ne sont pas de simples répétitions pour faire comprendre au lecteur que Job était un homme bon. Au contraire, elles se complètent les unes les autres pour former une image totale d'un caractère exceptionnel.



Ellen G. White


1. Moïse écrivit le livre de Job—Les longues années passées dans la solitude du désert ne furent pas perdues. Non seulement Moïse se préparait pour la grande œuvre qui l’attendait, mais durant cette période, sous l’inspiration du Saint-Esprit, il écrivit le livre de la Genèse ainsi que le livre de Job, qui serait lu avec le plus vif intérêt par le peuple de Dieu jusqu’à la fin des temps (The Signs of the Times, February 19, 1880).

Job 1:3

3. Substance. Héb. miqneh, "bétail", de la racine qanah, "acquérir des biens" La richesse de l'Orient se comptait en grande partie en termes de bétail.

Mouton. Heb. so'n, mot désignant à la fois les moutons et les chèvres. Ces animaux fournissaient nourriture et vêtements.

Chameaux. Ils permettaient le commerce avec les régions éloignées.

Les ânes. Bêtes de somme domestiques habituelles.

Grande maison. Les nombreux serviteurs qui effectuaient le travail.

Job 1:4

4. Festoyé. Le mot hébreu pour "banquet" vient d'une racine signifiant "boire", indiquant ainsi une occasion de boire

Son jour. Beaucoup ont supposé que cette expression pouvait se référer aux anniversaires, tirant la conclusion du chapitre 3:1, où Job est dit avoir "maudit son jour". D'autres ont imaginé que ces fils et filles festoyaient tous les jours et que cette description symbolisait leur richesse. D'autres encore ont pensé que les jours de fête habituels étaient évoqués. La question ne peut être tranchée de manière définitive

Job 1:5

5. Avaient fait le tour. L'image est celle d'un cycle de jours qui se succèdent en rotation

Il les a sanctifiés. En tant que prêtre patriarcal de la maison, il "consacre" ses enfants. Il semble que Job ait convoqué ses enfants dans sa maison, où se déroulait une sorte de cérémonie religieuse

Mes fils ont péché. Les fils menaient apparemment une vie de luxe insouciant. Job, dans sa sensibilité spirituelle, reconnaît leurs dangers et implore le pardon divin en leur faveur. Le péché que Job craignait chez ses fils, étrangement, était le même que celui qu'il fut tenté de commettre plus tard. Ils étaient tentés par la facilité ; il était tenté par la difficulté

Maudits. Héb. barak, plus de 200 fois traduit par "bénir", mais ici et dans Job 1:11; 2:5, 9; 1 Rois 21:10, 13, le sens requis semble être exactement le contraire. Plutôt que d'attribuer directement à barak des significations opposées, de nombreux spécialistes préfèrent considérer l'emploi ici comme un euphémisme. D'autres traduisent barak par son sens habituel "bénir" et traduisent 'Elohim "dieux" au lieu de "Dieu", impliquant ainsi que les fils ont béni de fausses divinités. Il semble cependant que l'on veuille dire "malédiction" et que 'Elohim signifie le vrai Dieu. Des mots ayant des significations exactement opposées se retrouvent également dans d'autres langues anciennes comme l'égyptien

Continuellement. Littéralement, "tous les jours" Bien qu'il soit un homme riche et influent, Job ne permet pas que ses responsabilités diminuent sa préoccupation pour ses enfants, qu'il tient continuellement devant son Dieu



Ellen G. White


5. Job, prêtre fidèle—Il serait bon que les parents apprennent de l’homme d’Uts une leçon de constance et de dévouement. Job ne négligeait pas son devoir envers ceux qui ne faisaient pas partie de sa maison ; il était bienveillant, bon, soucieux des intérêts des autres ; et en même temps, il travaillait avec ardeur au salut de sa propre famille. Au milieu des réjouissances de ses fils et de ses filles, il tremblait à la pensée que ses enfants puissent déplaire à Dieu. En fidèle prêtre de la maisonnée, il offrait des sacrifices pour chacun d’eux individuellement. Il connaissait le caractère offensant du péché, et la pensée que ses enfants puissent oublier les exigences divines le conduisait à Dieu comme intercesseur en leur faveur (The Review and Herald, August 30, 1881).

Job 1:6

Il y eut un jour. La tradition juive suggère que ce « jour » était le Nouvel An religieux juif. Certains interprètes chrétiens voient dans cette expression le jour annuel du jugement. Il n’est pas nécessaire de faire coïncider ce jour avec une quelconque fête humaine. Il semble inutile que les rendez-vous de Dieu avec ses êtres célestes correspondent aux calculs terrestres. L’expression implique évidemment que la réunion eut lieu au moment fixé par Dieu (voir chap. 2:1). Fils de Dieu. La LXX traduit l’expression par « anges de Dieu ». Il s’agit manifestement des anges (voir DA 834; GC 518; 6T 456). Les anges, comme les hommes, sont des êtres créés (Col. 1:16), et dans ce sens, des fils de Dieu. Devant le Seigneur. Le lieu n’est pas précisé et ne peut donc être connu. Il ne semble pas raisonnable que la scène se soit déroulée au ciel même, car Satan avait été exclu de ses limites (Rev. 12:7–9; SR 26, 27). Il avait cependant un certain accès aux autres mondes (voir EW 290). Satan. Héb. haśśatan, littéralement « l’adversaire ». De là vient le verbe ́satan, « être un adversaire » ou « agir en adversaire ». Le verbe et le nom apparaissent ensemble dans Zech. 3:1, qui se lit littéralement : « l’adversaire se tenant à sa droite pour s’opposer à lui ». Le mot anglais « Satan » vient directement de l’hébreu. Satan ne fait pas partie des « fils de Dieu ». Il est venu parmi eux, mais il n’était pas l’un d’eux (voir GC 518).

Job 1:7

Aller çà et là. Héb. shut, « aller de-ci de-là » ou « errer ». Par exemple, le mot est employé pour décrire la recherche de la manne (Num. 11:8), le recensement (2 Sam. 24:2), et la recherche d’un homme de bien (Jer. 5:1). Aller et venir. Comparez l’expression : « Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer » (1 Peter 5:8).

Job 1:9

9. Pour rien. Heb. chinnam, " gratis ", " pour rien ", " sans réserve ", " en vain ". Le même mot est utilisé au ch. 2:3, où le Seigneur dit à Satan : "Tu m'as poussé contre lui pour le faire périr sanscause" ; et encore au ch. 9:17, où Job se plaint que Dieu a multiplié ses blessures "sans cause".

Satan insinue que Job a servi Dieu pour des motifs égoïstes, pour le gain matériel que Dieu a permis d'accumuler en guise d'incitation et de récompense pour son service. Il a tenté de nier que la vraie religion naît de l'amour et d'une appréciation intelligente du caractère de Dieu, que les vrais adorateurs aiment la religion pour elle-même - et non pour une récompense -, qu'ils servent Dieu parce qu'un tel service est juste en soi, et pas seulement parce que le ciel est plein de gloire, et qu'ils aiment Dieu parce qu'il est digne de leur affection et de leur confiance, et pas seulement parce qu'il les bénit.

Job 1:10

10. A propos de sa maison. Satan mentionne trois éléments qui font l'objet d'une protection : Job lui-même, sa maison et ses biens. Le malheur a frappé, d'abord ses biens (vs. 15-17), puis sa maison(vs. 18, 19), et enfin Job lui-même(ch. 2:7, 8).

Substance. Heb. miqneh. Voir v. 3.

Augmenté. Héb. paraá¹£,"percer", "éclater" Paraá¹£ est utilisé dans l'expression "tes pressoirs déborderont de vin nouveau"(Prov. 3:10). La prospérité de Job était phénoménale.

Job 1:11

11. Mais. héb. 'ulam. Un adverbe fort pour souligner le contraste entre la félicité actuelle de Job et son attitude prévue dans l'adversité. L'hébreu peut être traduit de manière emphatique par " certes, il te maudira " Voir v. 5 concernant la traduction de barak par " malédiction ".

Job 1:12

12. En ton pouvoir. Dieu a relevé le défi. Il lève sa protection sur les biens de Job, permettant à ce dernier de démontrer qu'il est à la hauteur de l'épreuve. Le Seigneur voulait montrer que les hommes le serviraient par pur amour. Il était nécessaire de prouver que les sarcasmes de Satan étaient injustes. Pourtant, à travers tout cela, Dieu l'emportera dans un but de miséricorde (voir DA 471).

Job 1:13

13. Il y avait un jour. Voir sur v 6; cf. ch. 2, 1. Ces trois passages, introduits par la même clause temporelle, présentent le cadre de trois scènes successives. La première et la troisième de ces scènes se déroulent en un lieu inconnu, peut-être dans le royaume céleste (voir sur v 6), celui qui nous occupe maintenant, sur terre. La scène s'ouvre sur l'une des fêtes habituelles des enfants de Job, cette fois chez le frère aîné. La vie des enfants est insouciante et heureuse, celle de Job, tranquille

Job 1:14

14. Labouraient. Cela indique que ce jour n'était pas un jour férié.

Job 1:15

15. Les Sabéens. Peut-être des descendants de Cush(Gen. 10:7), ou d'Abraham par Keturah(Gen. 25:3). Les Sabéens ont été identifiés comme vivant dans diverses régions de l'Arabie. Par conséquent, l'emplacement du pays d'Uz (voir sur v 1) ne peut être déterminée en localisant les Sabéens

Job 1:16

16. Le feu de Dieu. Ce feu est considéré par de nombreux commentateurs comme la foudre, mais cette hypothèse n'est pas nécessaire. Quel que soit l'agent destructeur, les anciens le considéraient comme venant de Dieu. Les faits de la grande controverse, démontrés de façon si frappante dans l'expérience actuelle, n'étaient pas compris, et les hommes attribuaient à Dieu ce qui était souvent l'œuvre de l'adversaire. Même lorsque les artifices de Satan sont révélés, les actes que Dieu permet sont souvent attribués à Dieu.

Job 1:17

Les Chaldéens. Héb. Kaśdim. La LXX lit « les cavaliers », mais il s’agit probablement d’une interprétation indiquant que les traducteurs pensaient que les bandes itinérantes de Kaśdim utilisaient la cavalerie. Fondirent sur. Ou « firent un raid contre ». De tels raids ont toujours été courants en Arabie et dans d’autres régions du Proche-Orient.

Job 1:19

Du désert. Littéralement, « d’au-delà du désert. » L’expression semble décrire un vent balayant le désert et s’abattant avec toute sa force sur la région habitée. Les première et troisième tragédies furent perpétrées par des hommes avides — les Sabéens et les Chaldéens. Les deuxième et quatrième tragédies résultèrent du feu et du vent — des forces échappant au contrôle humain. Jeunes hommes. Hébreu ne‘arim, littéralement, « garçons », « jeunes ». Les âges allant de la petite enfance (Ex. 2:6) jusqu’à l’âge adulte peuvent être compris. Ne‘arim est traduit par « serviteurs » dans Job 1:15, 16, 17. Au v. 19, cela inclut les fils et les filles (v. 18) ainsi que les serviteurs qui s’occupaient d’eux. Job n’eut aucune occasion de retrouver son équilibre entre les coups. Le caractère poignant des tragédies fut accentué par le moment impitoyable où les événements se produisirent. En quelques courtes minutes, son monde s’effondra.

Job 1:20

20. Il déchire son manteau. Gestes habituels de deuil (voir Gen. 37:29, 34; 44:13; 1 Rois 21:27; Ésa. 15:2; Jér. 47:5).

Vénéré. Héb. shachah, " se prosterner ", " se prosterner ". Job aurait pu maudire les Sabéens et les Chaldéens. Il aurait pu maudire le feu et le vent. Il aurait pu maudire le Dieu qui a permis de telles catastrophes. Comparez l'expérience de David, qui, après la mort de son enfant, "est entré dans la maison du Seigneur et s'est prosterné"(2 Sam. 12:20).

Job 1:21

21. Retournez-y. La langue ne doit pas être forcée. Il s'agit de poésie et non de prose. C'est simplement une façon poétique de dire que l'homme quitte ce monde aussi nu et impuissant qu'il y est entré. Job ne parlait pas ici dans le langage technique de la théologie, de la métaphysique ou de la physiologie.

Le Seigneur a donné. Cette phrase est devenue l'expression classique de la résignation chrétienne. Depuis la chute, Satan a calomnié le caractère de Dieu. Pire encore, il a cherché à faire croire que les mauvaises actions qu'il a commises devraient être imputées à Dieu (voir CG 534).

Béni. La conduite de Job est un démenti spectaculaire à l'insinuation de Satan(v. 11). A la question " Job craint-il Dieu sans se soucier de son intérêt personnel ? ", Job répond " oui ". Satan est perplexe. Il en avait vu beaucoup qui auraient maudit Dieu dans des circonstances semblables, mais l'attitude de Job était inexplicable.

Un incendie ravagea la paroisse d'un pasteur allemand, réduisant en ruines sa maison et celles de ses concitoyens. Puis la mort a emporté sa femme et ses enfants. La maladie l'a terrassé, puis la cécité l'a emporté. Sous cette avalanche d'ennuis, il dicta ces mots :

"Mon Jésus, comme tu veux ;

Que Votre volonté soit la mienne !

Dans Votre main d'amour

Je remettrais tout ce que j'ai."

Job 1:22

22. Il n'a pas non plus chargé Dieu à tort et à travers. L'expression en hébreu est idiomatique. Littéralement, "n'a pas attribué à Dieu de tiphlah ", ce qui semble se référer à ce qui n'est pas en harmonie avec le caractère de Dieu. Dans sa réaction à la tragédie initiale, Job n'a rien dit qu'il doive regretter par la suite ; il ne s'est pas abaissé à s'apitoyer sur son sort ou à se lamenter de façon mélodramatique ; il a gardé la tête froide alors que des hommes de moindre importance se seraient désintégrés sous les coups stupéfiants.

Seventh-day Adventist Bible Commentary — Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs. Review and Herald Publishing Association · tous droits réservés