Seventh-day Adventist Bible CommentaryGenèse 7
Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs
Lire Genèse 7 dans la BibleGenèse 7:2
2. De tous les animaux purs. L'instruction d'emporter dans l'arche plus d'animaux purs que d'animaux impurs présuppose que Noé savait faire la distinction entre les deux catégories. Il est clair que cette distinction ne date pas de Moïse. Elle remonte aux temps les plus reculés, aux instructions divines concernant les sacrifices, pour lesquels seuls des animaux purs pouvaient être utilisés (voir ch. 8:20).
Depuis l'Antiquité, le nombre d'animaux purs à emporter dans l'arche a fait l'objet d'une controverse entre les traducteurs et les commentateurs de la Bible. Le texte hébreu, qui se lit littéralement : "Tu prendras avec toi sept sept, un mâle et sa femelle", peut être compris comme signifiant "sept paires" ou "sept de chaque espèce" d'animal. Les LXX, la Vulgate et de nombreux spécialistes anciens et modernes privilégient la traduction "sept paires", tandis que certains Pères de l'Église, les Réformateurs et, en fait, certains spécialistes de tous les temps, se sont exprimés en faveur de "sept individus". Quelle que soit l'explication exacte, il est évident que l'arche devait contenir plus d'animaux purs que d'animaux impurs. Prévoyant le besoin de nourriture d'urgence après que le déluge eut détruit toute végétation, Dieu savait que l'homme aurait besoin de manger, temporairement, la chair d'animaux purs. En outre, ces animaux étaient nécessaires à des fins sacrificielles. Pour ces raisons évidentes, Dieu a pris des dispositions pour préserver suffisamment d'animaux purs afin qu'ils ne s'éteignent pas. Le fait que, dans ses premières instructions à Noé(ch. 6:19), Dieu n'ait pas fait de distinction entre les animaux purs et impurs peut s'expliquer par le fait qu'à cette époque, 120 ans avant le déluge, des instructions aussi minutieuses n'étaient pas nécessaires (voir v. 9).
Genèse 7:5
Tout ce que le Seigneur lui avait commandé. Comme Noé avait accompli tous les commandements de Dieu pendant les 120 années précédentes (voir ch. 6:22), il agit de même durant les dernières heures avant l’arrivée du Déluge. Combien il a dû souffrir en voyant la multitude d’êtres humains avec lesquels il avait vécu pendant six siècles dériver indifféremment et insouciamment vers leur perte ! Sachant qu’ils allaient tous mourir au bout d’une semaine, et les voyant faire la fête comme si rien ne devait arriver (Matt. 24:37–39), il a dû redoubler d’efforts pour les avertir et les inviter à entrer dans l’arche avec lui. Mais tout cela ne servit à rien.
Genèse 7:6
6. Noé avait six cents ans. Voir sur le ch. 5:32.
Genèse 7:7
7. Noé y est entré. Le fait que Noé n'ait pas attendu le dernier jour avant le déluge pour entrer dans l'arche est évident si l'on compare les versets 7 et 10. Animés par la crainte et poussés par la foi, Noé et sa famille n'ont pas tardé à obéir à l'ordre d'entrer dans le bateau de refuge. Pierre nous dit que huit personnes seulement furent sauvées du déluge(1 Pierre 3:20) ; il est donc évident que Noé et ses trois fils n'eurent chacun qu'une seule femme. La polygamie, courante chez les caïnites, n'était pas encore pratiquée par les disciples du vrai Dieu.
Genèse 7:9
Ils y entrèrent deux par deux. En obéissant à une impulsion mystérieuse, des animaux de toutes sortes se dirigèrent vers l’arche. Rien de moins que la puissance divine n’aurait pu permettre une entrée aussi opportune et ordonnée dans l’immense embarcation. Quel avertissement saisissant cela a dû être pour les impies qui en furent témoins ! Voici des bêtes domestiques et sauvages, des animaux rampants et volants, qui entraient tous dans l’arche, apparemment de leur propre gré. Quel contraste : des bêtes privées de raison obéissant à leur Créateur, et des êtres intelligents refusant d’écouter son appel miséricordieux ! Si quelque chose pouvait y parvenir, cela aurait dû faire impression sur les pécheurs ; mais ils avaient si longtemps endurci leur cœur que même ce miracle les laissa indifférents.
Genèse 7:11
11. Six centième année. C'est la première des nombreuses déclarations chronologiques exactes de l'AT. Cette précision quant au jour, au mois et à l'année du déluge contraste fortement avec les récits légendaires des anciens peuples païens concernant l'activité de leurs dieux en relation avec ce monde.
Les sources du grand abîme. Cette terre, qui n'avait jamais connu la pluie auparavant (voir sur Gen. 2:6), fut soudain inondée par d'énormes masses d'eau. Une pluie abondante et incessante s'installe. Simultanément, l'écorce terrestre se fendit, de sorte que des masses d'eau jaillirent de dessous la surface de la terre pour faire des ravages et inonder complètement la terre autrefois sèche.
Genèse 7:16
16. Le Seigneur l'enferma. Cette déclaration souligne la nature miraculeuse des événements survenus au cours de la semaine précédant immédiatement le déluge. Cet acte divin signifiait également que le temps de grâce pour la race déchue était arrivé à son terme. De même qu'à l'époque de Noé la porte de la miséricorde s'est refermée peu de temps avant le jour de la visite de Dieu, de même en ces derniers jours le peuple de Dieu doit être averti : "Ferme tes portes autour de toi, cache-toi"(Esaïe 26:20, 21; Matthieu 24:37-39; 2 Pierre 3:6, 7).
Genèse 7:17
17. Les eaux augmentèrent. L'étendue et l'intensité considérables du déluge sont bien exprimées par une série graphique de verbes et d'adverbes : les eaux " augmentèrent "(v. 17), " s'accrurent " et " s'accrurent beaucoup "(v. 18), " s'accrurent extrêmement "(v. 19), et même " s'accrurent " de 15 coudées (environ 26 pieds) au-dessus des montagnes(v. 20). La description est simple, majestueuse et vivante. Un volume d'eau incommensurable a recouvert la terre entière. L'étendue universelle du déluge aurait difficilement pu être exprimée avec des mots plus forts que ceux-ci.
Cette description rend tout à fait absurde et impossible l'idée avancée par certains que le déluge était une affaire locale dans la vallée de la Mésopotamie. Les dépôts de limon découverts par les archéologues à Ur de la Chaldée, par exemple, ne peuvent en aucune façon répondre au récit du Déluge de la Genèse(PP 107, 108).
Partout sur la surface de la terre, nous trouvons des restes fossiles de plantes et d'animaux manifestement déposés par l'eau. Ces dépôts s'étendent, en certains endroits, à des profondeurs d'au moins trois milles, mais la profondeur moyenne est d'un peu plus d'un demi-mille. La répartition universelle de ces restes et la profondeur de leur enfouissement témoignent indubitablement de l'étendue mondiale et de la terrible violence du déluge noachien.
L'universalité de cette catastrophe est également attestée par les légendes du déluge conservées chez les peuples de presque toutes les races de la surface de la terre. Parmi ces récits, le plus complet est celui des anciens Babyloniens, qui s'établirent à proximité du lieu où l'arche reposa après le déluge et d'où la race humaine commença à se répandre à nouveau. L'épopée de Gilgamesh présente de nombreuses similitudes probantes avec celle de la Genèse, tout en s'en distinguant de manière à prouver qu'il s'agit d'une version corrompue de la même histoire. Une comparaison des deux récits présente des preuves impressionnantes de l'inspiration du récit de la Genèse.
L'arche est mentionnée deux fois aux versets 17 et 18 comme étant "portée" ou "soulevée" ; le fait qu'elle ait "marché" en toute sécurité "à la surface des eaux" donne à toutes les générations futures l'assurance de la capacité de Dieu à sauver ceux qui lui font confiance et lui obéissent. Les éléments mêmes qui se sont déchaînés pour détruire les méchants ont porté en toute sécurité la famille fidèle de Noé. Dieu n'est jamais à court de moyens pour sauver les siens. En même temps, il veut que l'homme exerce pleinement l'intelligence et la force que Dieu lui a données. Dieu a miraculeusement préservé l'arche, mais il a demandé à Noé de la construire.
Genèse 7:21
21. Toute chair est morte. Le mot "tout" est utilisé trois fois et accompagné d'une liste détaillée des différentes formes de vie : "oiseaux", "bétail", "bêtes", "reptiles" et "hommes" ; et, pour insister davantage, le mot "tout" est utilisé deux fois.
Ellen G. White
21-23. Gardés par la foi en Christ—C’est Christ qui garda l’arche en sécurité au milieu des flots mugissants et bouillonnants, parce que ses occupants avaient foi en Sa puissance pour les préserver (The Review and Herald, March 12, 1901).
Genèse 7:24
Les eaux montèrent. Le fait que les 150 jours comprennent les 40 jours des v. 4, 12, 17 et doivent donc être comptés à partir du début de cette période ressort du v. 11 et du ch. 8:4, où il est dit que l’arche se posa sur les montagnes d’Ararat le 17e jour du 7e
mois, exactement 5 mois après le début de la pluie. Le calcul se fait en mois de 30 jours.
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Genèse 7:1
1. Viens, toi. Pendant 120 ans, Dieu a fait preuve d'une longanimité sans borne(1 Pierre 3:20), et la vie et le travail de Noé ont "condamné le monde"(Héb. 11:7). Mais les êtres humains se sont hâtés avec insouciance et indifférence vers leur perte. En sauvant une famille et en détruisant toutes les autres, Dieu n'a pas fait preuve d'arbitraire. Noé seul était qualifié pour être admis sur la nouvelle terre qui devait suivre la purification de la terre par l'eau.