Seventh-day Adventist Bible Commentary2 Chroniques 18
Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs
Lire 2 Chroniques 18 dans la Bible2 Chroniques 18:2
Après quelques années. C’est-à-dire « la troisième année » (1 Rois 22:2). C’était la troisième et dernière année d’une période de paix de trois ans entre Israël et la Syrie (1 Rois 22:1). C’était l’année de la mort d’Achab, 853 av. J.-C., selon la chronologie fondée sur la liste assyrienne des limmu (voir vol. II, p. 159). L’alliance entre Josaphat et Achab fut probablement conclue en 863 av. J.-C., ou peu avant, car Achazia, fils de Joram et d’Athalie (voir la note sur le v. 1), avait 22 ans la douzième année après la mort d’Achab et l’avènement de Joram (2 Rois 8:25, 26). Moutons et bœufs abattus. Achab accabla Josaphat d’hospitalité dans le cadre d’un plan délibéré visant à obtenir la participation du roi de Juda à la campagne projetée contre la Syrie.
2 Chroniques 18:3
Dit à Josaphat. Ce verset est similaire à 1 Rois 22:4. À partir d’ici, les récits des Chroniques et des Rois ne diffèrent que légèrement (voir la note sur 1 Rois 22). Mon peuple comme ton peuple. Le récit parallèle ajoute : « mes chevaux comme tes chevaux » (1 Rois 22:4). Les chars jouèrent un rôle important dans la bataille imminente. Lors de la bataille de Qarqar, dont Achab venait de revenir, Israël avait fourni, selon le récit assyrien, 2 000 chars et 10 000 fantassins, tandis que Ben-Hadad de Syrie avait 1 200 chars, 1 200 cavaliers et 20 000 fantassins.
2 Chroniques 18:4
Parole du Seigneur. Josaphat avait accepté imprudemment d’aller avec Achab contre les Syriens, mais maintenant, semble-t-il, sa conscience lui disait qu’il devait d’abord s’enquérir de la volonté du Seigneur.
2 Chroniques 18:5
Quatre cents prophètes. C’étaient de faux prophètes.
2 Chroniques 18:6
Prophète du Seigneur. Josaphat s’intéressait moins à un rapport favorable qu’à un rapport véridique. Il n’avait aucune confiance dans la parole des 400 faux prophètes de Samarie.
2 Chroniques 18:7
Ne prophétisa jamais de bonnes choses. Le prophète du Seigneur ne prophétisa pas de bonnes choses concernant Achab, car il n’y avait rien de bon à prophétiser. Il transmit à Achab les messages que Dieu lui donnait. Achab haïssait Michée parce qu’il haïssait la vérité et méprisait le Seigneur. La vérité reste la vérité, qu’elle soit appréciée ou non. Ce que le prophète du Seigneur avait dit s’accomplirait, qu’Achab le désire ou non.
2 Chroniques 18:10
Cornes de fer. Les cornes étaient souvent utilisées comme symboles de force ou de puissance (Deut. 33:17; Jér. 48:25; Amos 6:13).
2 Chroniques 18:11
Monte. Les prophètes prophétisaient ainsi parce que c’était le message qu’Achab désirait. Ils étaient au service du roi d’Israël, et non au service du Seigneur du ciel. En disant à Achab de monter à Ramoth de Galaad, ils lui disaient d’aller à sa mort (voir v. 34).
2 Chroniques 18:12
Dis du bien. Le messager d’Achab s’efforçait d’indiquer à un prophète du Seigneur le genre de message qu’il devait délivrer. Mais les prophètes de Dieu sont les porte-parole du Ciel et reçoivent leurs messages de Dieu, non des hommes. Les hommes doivent avoir une piètre considération pour un prophète du Seigneur lorsqu’ils pensent pouvoir influencer le message qu’il doit délivrer.
2 Chroniques 18:13
Ce que dit mon Dieu. Le Seigneur dit à Jérémie : « Voici, j’ai mis mes paroles dans ta bouche » (Jér. 1:9). Un vrai prophète ne parle pas en son propre nom, mais pour le Seigneur.
2 Chroniques 18:14
Montez. Voir le commentaire sur 1 Rois 22:15. Michée semble ici parler par ironie dramatique, se contentant de répéter le faux message des faux prophètes (v. 11). De toute évidence, son ton le rendait clair, comme le montre la réponse d’Achab (v. 15).
2 Chroniques 18:16
Pas de berger. Le roi tombera et le peuple restera sans chef.
2 Chroniques 18:17
Ne te l’avais-je pas dit ? Achab était un roi impie et savait qu’il ne pouvait s’attendre à recevoir un bon message du Seigneur. Mais il aurait dû savoir que le message du Seigneur n’en était pas moins vrai. Le fait qu’Achab ne l’ait pas accepté comme tel lui coûta la vie.
2 Chroniques 18:18
J’ai vu. Il s’agit d’une vision parabolique et elle doit être interprétée comme telle. Dieu y est représenté comme accomplissant ce qu’il ne retient pas. Dieu ne force pas la volonté. Lorsque des hommes mauvais choisissent délibérément de suivre la tromperie, il n’intervient pas. Puisque Dieu est souverain, son refus de retenir les forces du mal est souvent présenté comme s’il envoyait directement le mal. On peut trouver un exemple dans l’épisode des serpents brûlants (Nomb. 21:4–9). Selon le récit rapporté par Moïse, « le Seigneur envoya des serpents brûlants parmi le peuple » (Nomb. 21:6). Cependant, ces « serpents brûlants » ne furent pas soudainement créés ou transportés miraculeusement d’une autre région pour l’occasion ;
ils infestaient déjà la région désertique que traversaient les enfants d’Israël et auraient été une source de réel danger et la cause de morts fréquentes si Dieu n’avait, par un miracle, maîtrisé ces reptiles venimeux. Mais lorsque le peuple se retourna contre le Dieu qui le protégeait des nombreux dangers du désert, Dieu retira simplement sa protection, et la mort en résulta (voir PP 429). Il en fut ainsi dans le cas d’Achab. Satan était déjà à l’œuvre par l’intermédiaire des faux prophètes, et Dieu ne l’empêcha simplement pas de suivre la voie qu’il s’était choisie.
2 Chroniques 18:21
Fais de même. L’ordre divin dans la vision parabolique représente une permission divine. Satan désirait provoquer la mort d’Achab, et le Seigneur ne l’en empêcha pas. Tant que la main protectrice de Dieu est étendue, Satan n’est pas autorisé à tuer ; mais lorsque la main de Dieu est retirée, Satan se met alors à l’œuvre de mort et de destruction (voir GC 614).
2 Chroniques 18:22
Le Seigneur a mis. Michée, en tant que prophète du Seigneur, explique la véritable nature des faux prophètes de Samarie. Ils disent des mensonges, non la vérité. Leurs conseils conduisent à la mort, non à la vie. Dieu n’a pas mis cet esprit de mensonge dans la bouche des faux prophètes (voir le commentaire sur v. 18) ; il a simplement permis à ces émissaires de Satan de parvenir à leurs propres fins, car à ce moment-là il ne ferait rien pour empêcher la mort du roi impie d’Israël.
2 Chroniques 18:23
Frappa Michée. Cette insulte au prophète du Seigneur révèle bien l’esprit du malin. D’une manière ou d’une autre, Satan manifeste sa nature dans l’esprit de ses émissaires.
2 Chroniques 18:24
Tu le verras. Les émissaires du malin verraient eux-mêmes les résultats de leur mal. Sédécias serait bientôt contraint de chercher refuge face au désastre imminent en se cachant dans quelque chambre intérieure, où il aurait l’occasion de réfléchir à la question de savoir si c’était lui ou Michée qui avait dit la vérité.
2 Chroniques 18:26
Retourne en paix. Achab s’efforçait d’afficher un front courageux. Il tenta de montrer son mépris pour le message de Michée et endossait lui-même le rôle d’un prophète en prédisant son retour en paix. Mais il échoua en tant que prophète comme en tant que roi.
2 Chroniques 18:27
Si tu reviens vraiment. La prophétie serait mise à l’épreuve par son accomplissement (voir Deut. 18:22). La mort d’Achab (2 Chron. 18:34) fut la justification du prophète Michée.
2 Chroniques 18:28
Ainsi, le roi. Josaphat se trouva en étrange compagnie et dans d’étranges circonstances. Il avait demandé un prophète de l’Éternel, et ce prophète était venu lui transmettre son message. L’échec de la campagne projetée avait été clairement et solennellement annoncé. Si Josaphat avait alors accepté ce message et refusé d’accompagner Achab, il aurait peut-être pu contribuer à épargner la vie du roi d’Israël et à empêcher une défaite désastreuse et humiliante. Josaphat portait en cette occasion une lourde responsabilité, mais il échoua. Les hommes bons ne sont pas toujours bons, et les hommes sages ne sont pas toujours sages.
2 Chroniques 18:29
Déguisement. En dissimulant son identité, Achab pensait probablement pouvoir échapper au mal annoncé par Michée.
2 Chroniques 18:31
31. Le Seigneur l'a aidé. Ce détail ne figure pas dans Rois. Sans l'intervention du Seigneur, Josaphat aurait également perdu la vie à cette occasion. Il s'était engagé dans une entreprise insensée dans laquelle il savait que le Seigneur n'interviendrait pas. Il s'est placé sur le terrain de l'ennemi et a failli perdre la vie. Mais en dépit de son erreur, Dieu a été miséricordieux et est intervenu pour lui sauver la vie.
2 Chroniques 18:33
33. A l'aventure. L'homme qui a tiré la flèche qui a tué Achab ne savait pas sur qui il tirait, ni qu'il accomplissait une prophétie d'un messager du Seigneur. Mais Dieu avait prévu l'utilisation de l'arc et le tir de la flèche, et comme le Seigneur l'avait prédit, les choses se sont passées ainsi.
2 Chroniques 18:34
Se soutint. C’est-à-dire qu’il s’appuya. Achab fit courageusement de son mieux pour continuer le combat, afin que ses troupes puissent remporter la victoire. Il espérait aussi ne pas connaître lui-même le sort prédit par Michée. Il avait de sérieuses raisons de penser au prophète qu’il avait ordonné d’enfermer en prison jusqu’à son retour sain et sauf. Mais tout fut vain. Comme Dieu l’avait annoncé, ainsi arriva-t-il. Le courage d’Achab ne pouvait expier sa folie de n’avoir pas cru un message de Dieu. Le soir, il mourut. Bien que Michée fût en prison, sa prédiction s’était vérifiée.
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2 Chroniques 18:1
1. Affinité commune avec Achab. Ce chapitre est parallèle à 1 Rois 22:2-35. Dans Rois, l'incident apparaît en relation avec le récit du règne d'Achab, tandis qu'ici il se produit en relation avec le récit du règne de Josaphat. Le mot traduit par "joint d'affinité" signifie former une alliance de mariage. Le verbe est traduit par "faire des mariages" dans Gen. 34:9; Deut. 7:3; Josué 23:12. L'alliance entre les rois a été scellée par le mariage d'Athalie, la fille d'Achab et de Jézabel, avec Jéhoram, le fils de Josaphat (voir 2 Chron. 21:6; cf 2 Rois 8:26)